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Témoignage de Maurice Chauvet Caporal, 1er Bataillon Fusilier Marin, N°4 Commando |
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Maurice Chauvet est l'un des 177 Français du Commando Kieffer, qui débarque le 6 juin 1944 à Sword Beach. Il appartenait alors à la section de renseignement et il devait effectuer la liaison entre L'état-major et les troupes. (Pour en savoir plus sur le 1er Bataillon Fusilier Marin, cliquez ici.) Blessé, il est évacué en Angleterre cinq jours plus tard. A Londres, le Quartier Général des Opérations Combinées le mandate pour réaliser un reportage sur son expérience personnelle et ses souvenirs du Jour J. |
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| Avec un excellent souci de réalisme, il réalise ainsi un article en commentant des images prises par des cinéastes militaires le 6 juin sur les lieux où Maurice Chauvet a combattu.
Cet article que le site DDay-Overlord.com vous propose est publié le 14 juillet 1944 dans le premier numéro de la revue "Ensemble", un magazine destiné à être distribué aux Français tout juste libérés par les forces alliées. Après la guerre, Maurice Chauvet a été l'un des conseillers militaires du film Le Jour le Plus Long et a décidé, constatant que les réalisateurs prenaient trop de libertés vis-à-vis de l'Histoire du Débarquement, de quitter l'équipe du film lors du tournage. Pour Maurice, l'Histoire ne doit pas être mal réécrite et c'est son combat actuel de faire respecter la vérité des faits. Maurice Chauvet est le créateur de l'insigne des commandos français qui est aujourd'hui porté sur les bérets des Fusiliers Marins Commandos de la Marine Nationale française - cliquez ici pour voir l'insigne. Maurice Chauvet se rendait chaque année en Normandie afin de commémorer la mémoire de ses amis, une mémoire qu'il voulait véritable et sans modification dans le futur. Pour lui, le devoir de mémoire représentait le devoir de la véritable Histoire. Il est décédé le 21 mai 2010 à l'Hôtel des Invalides. Maurice Chauvet a écrit des ouvrages sur cette période : cliquez ici pour consulter ses livres. |
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"Nous avons vécu un moment qui sera certainement en bonne place dans l'histoire, mais nous ne nous en sommes aperçus qu'après. Nous, ce sont les commandos français du capitaine Kieffer, lui-même intégré à la brigade de Lord Lovat. Nous avons débarqué à Ouistreham faisant ainsi l'extrême gauche de tout le débarquement. A notre camp, un mois avant l'ouverture du second front, nous avions étudié des photos aériennes et des plans détaillés en relief de l'endroit où nous devions débarquer. Nous ne savions rien de son emplacement sinon qu'il était sur la côte française. Très vite nous avons connu le terrain par coeur, et ce plan très incomplet, que nous savons depuis être un plan de Ouistreham, n'était destiné qu'à rappeler la position des points particulièrement importants. J'ai ajouté les noms au plan, ainsi que des chiffres pour situer les photos qui suivent et vous permettre de comprendre l'action. Les défenses allemandes ne sont pas indiquées, nous les connaissons si bien. Elles consistaient en blockhaus et pille-box le long du boulevard Aristide Briand, avec un point fort au casino (x). Entre le casino et l'avant-port, une fosse anti-char et sur cette pointe des lance-flammes. La mission des deux troupes françaises consistait à nettoyer les pilles-box à partir de B, de boulevard Aristide Briand sur le plan jusqu'au point fort du Casino, soit une douzaine d'ouvrages répartis sur cinq cent mètres environ.
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La planche du débarquement de la barge du second plan est en train de tomber ; une douzaine d'hommes seulement l'ont empruntée, dont les deux officiers de la première troupe française, ils ont tous été blessés en mettant le pied à terre, par une seule bombe de mortier tombée au milieu d'eux. Si la coupée n'était pas tombée, j'aurais été avec eux.
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