• Rivesaltes pendant la deuxième guerre mondiale

     

     

      

     

      

      

    Au bord de l’autoroute, à dix kilomètres de Perpignan, on peut apercevoir, si l’on est attentif, derrière quelques éoliennes, des dizaines (des centaines ?) de baraques en ruine.

    Si on prend la peine de s’en approcher, on voit qu’il s’agit d’un camp, érigé sur une terre aride, où s’emmêlent aujourd’hui ronces et fil de fer barbelé.


    Nous sommes au camp Joffre de Rivesaltes où furent tout d’abord internés les "étrangers indésirables" en application du décret du 12 novembre 1938 (c’était sous la IIIe République, il ne s’agissait pas encore du régime de Vichy !).

      

    Couvrant 615 hectares sur les communes de Rivesaltes et de Salses, à une trentaine de kilomètres de la frontière franco-espagnole du Perthus, il a été construit en 1938, après trois ans d’étude, afin de servir à l’instruction et à l’acclimatation des troupes en provenance d’outre-mer (tirailleurs sénégalais). Sa situation géographique le rend accessible aux navires, le littoral méditerranéen étant proche, et au reste de la France par la gare ferroviaire de Corbières.

      

    La surface bâtie est de 13 hectares environ.

      

    Les baraques, au nombre de 150, sont construites en fibrociment, et les toits recouverts de briques. Le plancher est en ciment et les fenêtres suffisamment grandes pour permettre une aération et un éclairage satisfaisants.


    Le cadre : une plaine aux rudes conditions climatiques, marquée par l’aridité et où sévit fréquemment un vent froid et parfois violent : la tramontane.

      

    L’été règne une chaleur souvent torride.


    C’est pourquoi l’armée a renoncé à son premier projet, l’installation d’écuries, estimant que les caractéristiques du lieu étaient trop extrêmes pour des chevaux. Toutefois, elles vont être jugées suffisantes pour les populations humaines internées ou regroupées ensuite en cet espace.


    Connu avant tout pour son rôle dans la concentration et la déportation des juifs du Sud de la France en 1942, et pour celui joué dans le regroupement des combattants algériens ayant choisi la France après 1962 (les "harkis"), le camp de Rivesaltes a, depuis son origine et jusqu’à l’intégration de l’Espagne dans la Communauté européenne (1986), son histoire liée à celle des citoyens espagnols.



    L’INTERNEMENT DES RÉFUGIÉS ESPAGNOLS


    Les premiers seront les Républicains espagnols, défaits par l’armée franquiste, venus chercher refuge en France, terre d’asile, pays des Droits de l’homme.


    Au début de l’année 1939, un demi million d’hommes, de femmes et d’enfants franchissent les Pyrénées dans des conditions particulièrement difficiles. Une grande partie d’entre eux est d’abord internée sur les plages du Roussillon dans des camps de fortune. Ainsi, ils seront 100 000 sur la plage d’Argelès, cette même plage où tant de touristes séjournent aujourd’hui... Rien - ou si peu - ne rappelle leur présence en ce lieu : tout juste une stèle évoquant la "Retirada" de février 1939, et, un peu plus dans l’intérieur, un petit cimetière, sans tombe indiquée, avec un monument aux morts... Quelques noms ... Gomez ... Lobato ... Montero... Torres... Tudela... Vigara... et, pour finir, ces quelques mots "et tous ceux qui sont demeurés inconnus".

      

    A côté, a été planté en 1999 un arbre à la mémoire des soixante-dix enfants de moins de 10 ans morts dans le camp d’Argelès. En mars, 264 000 Espagnols se serrent dans les camps érigés à la hâte en Roussillon. Il s’agit autant d’accueillir les réfugiés que d’appliquer le décret du 12 novembre 1938 relatif à l’internement des "indésirables étrangers".


    Face à l’engorgement des camps, est envisagé de verser au camp militaire Joffre plus de 15 000 réfugiés catalans.

      

    Cela reste à l’état de projet, néanmoins en 1940 un millier de jeunes Espagnols sont au camp, placés sous l’autorité militaire française au sein de Compagnies de Travailleurs Etrangers.

      

    Les travaux d’aménagement du site sont réalisés dans des conditions épouvantables par des ouvriers espagnols issus des autres camps.

      

    Les premières familles de leurs compatriotes arrivent le 14 janvier 1941. Dès le 31 mai 1941, le "Centre d’hébergement de Rivesaltes", appelé aussi "camp de regroupement familial" compte 6 475 internés de 16 nationalités principales ; plus de la moitié est espagnole, les juifs étrangers représentent plus du tiers.

      

    Composé de 16 îlots comprenant 150 baraques, il possède une capacité d’accueil de 17 à 18 000 personnes. Le camp, de par sa rudesse climatique, n’offre déjà pas lors de son implantation, les structures suffisantes pour permettre aux internés un séjour dans des conditions acceptables. Nommé dès 1940 par la population locale "le Sahara du Midi", il manque autant de végétation, que de ressources sanitaires, alimentaires et humaines.



    DES CONDITIONS DE VIE EFFROYABLES


    En effet, l’administration du camp n’est pas adaptée, le rapport fait par le CICR (Comité International de la Croix-Rouge) en 1941, constate "une impression pénible d’un manque de direction générale" laissant aux subordonnés, une trop grande liberté d’action. Le personnel de surveillance apparaît comme inapte dans une grande majorité, les chefs d’îlots ne se distinguent que par la brutalité et l’amoralité. L’antisémitisme règne parmi les surveillants qui n’hésitent pas à priver les Israélites "des mêmes droits que les internés aryens".


    L’administration du camp déplace les Juifs dans l’îlot K, prétextant qu’à l’occasion de la "Pâques juive", une nourriture casher leur sera servie.

      

    Les conditions de vie dans l’îlot K sont encore pires que dans le reste du camp, la vermine grouille dans les baraques délabrées, privées d’électricité. Plus tard l’îlot F3 regroupera les juifs raflés le 26 août 1942...

     


    La médiocrité de l’administration du camp prend une autre ampleur alors que se développe rapidement une situation alimentaire préoccupante.

      

    Les internés souffrent avant tout d’une faim extrême. En juin, les services sanitaires constatent que les travailleurs espagnols pèsent en moyenne une vingtaine de kilos de moins que ce qu’ils devraient faire relativement à leur taille, et il suffit d’une simple épidémie de diarrhée pour qu’en une semaine meurent sept d’entre eux.

      

    L’eau manque tant que la douche, collective, n’est assurée que tous les quinze jours. Seules les pouponnières (et les bureaux) bénéficient du chauffage.

    Les Groupes de Travailleurs Etrangers espagnols sortent du camp pour réaliser travaux et vendanges.

    Des hommes profitent de ces mouvements pour parvenir à s’enfuir et rejoindre les maquis de la Résistance française.

      

    Le camp est récupéré par l’armée allemande en novembre 1942 : à cette date 215 internés sont morts, dont 51 enfants d’un an et moins.

    Les Espagnols représentent 26,5% de la totalité de ces décès.


    Les internés figurent parmi la dernière priorité du Gouvernement français quant à l’alimentation générale du pays ; dans l’ordre des priorités de ravitaillement l’armée est première, viennent ensuite les hôpitaux et la population civile.

      

    Ces conditions déjà difficiles ne peuvent que s’aggraver alors que l’administration du camp, choisit volontairement de ne dépenser qu’un cinquième des 11,50 francs d’allocation d’alimentation journalière, prévue par le gouvernement pour chaque interné.


    Le Comité International de la Croix-Rouge constate à ce sujet "qu’une véritable famine règne dans certains camps et nous avons vu à Rivesaltes des enfants dans un état de sous-alimentation tel que l’on n’en avait pas vu depuis de nombreuses années en Europe."


    Les nourrissons sont les plus touchés par le manque de soins et la misère du camp. Pour le seul îlot B, dont les baraques sont décrites comme de véritables cages à bétails, trente personnes décèdent entre mars et juillet 1941 ; 31% de cette mortalité concerne des enfants dont la majorité a moins de un an et est atteinte par une épidémie de gastro-entérite infectieuse.


    Les moustiques qui infestent le camp sont aussi responsables d’un paludisme endémique.


    Eva Lang, qui avait 10 ans lorsqu’elle est arrivée à Rivesaltes avec toute sa famille évoque l’atmosphère du camp :


    "La nourriture manquait de plus en plus. On avait terriblement faim, et tout autour que des rangées de barbelés, et là a quelques mètres, des tours de garde. Tout était gris, lugubre, malsain. Le bruit incessant du vent qui sifflait entre les baraques, une terre boueuse semée de pierre pendant les jours de pluie et ensuite une chaleur torride et sèche car c’était encore l’été.


    Les gens toussaient, erraient, mourraient. J’ai sur le haut de ma jambe une cicatrice d’un énorme panaris plein de pus dont j’avais souffert à Rivesaltes. J’avais 10 ans et j’allais toute seule à l’infirmerie faire la queue et attendre pour que quelqu’un vienne nettoyer la plaie avec de l’alcool. Pourtant ma mère et ma grande sœur faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour maintenir une certaine propreté."


    Le manque d’eau et sa médiocre qualité durcit encore ces conditions hygiéniques déplorables, ce qui favorise la propagation d’autres épidémies telles que la dysenterie. Mis à part les cachectiques et les internés qui travaillent hors du camp, le reste des internés a néanmoins été vacciné contre la fièvre typhoïde, mais la mortalité reste élevée surtout chez les enfants.

      

    Le rapport du CICR tire la conclusion qu’il est "déplorable d’avoir réuni plus de 2 000 enfants dans un même camp, ce qui ne peut que contribuer à créer des épidémies".
    Le problème du chauffage se pose lui aussi de manière dramatique.

      

    Les internés souffrent du froid. Vivette Hermann-Samuel, assistante-résidente de l’OSE à Rivesaltes, le constate :

      

    "Tout au long de la baraque, des deux côtés, deux étages de bat-flanc séparés de deux mètres en deux mètres par de vieilles couvertures, compartiments où grouillent pêle-mêle des familles entières, pères, mères, enfants, grands-parents parfois, vautrés, agglutinés pour avoir plus chaud, dans une promiscuité indescriptible. Il fait froid et humide, et il n’existe aucun moyen de chauffage. Et, vous saisissant à la gorge, dès l’entrée, une odeur aigre de sueur humaine qui flotte dans cet antre jamais aéré. J’ai honte pour la France, honte pour l’humanité." Pendant l’hiver 41-42, les rares douches qui fonctionnent à Rivesaltes sont glacées :

      

    il se pose également un problème d’approvisionnement en eau.



    Les conditions de vie y sont tellement effroyables, que l’administration en vient à craindre que des adultes ne cherchent à voler de la nourriture à des enfants sous-alimentés.


    Cette morbidité va soudainement se transformer en une mortalité élevée alors que le camp ne cesse de se remplir.

    Les 7 et 14 janvier 1941, 1500 personnes arrivent du camp d’Agde, le 28 février c’est encore 793 internés qui sont transférés depuis Brens et, le 10 mars, 1226 depuis Gurs ; parmi ces derniers, on trouve 570 enfants de moins de 16 ans.

      

    Quelques jours plus tard, ce sont encore 1160 internés d’Argelès qui arrivent à Rivesaltes. Il s’agit de familles juives internées en application de la loi du 4 octobre 1940, de Tsiganes et d’Espagnols. Les femmes sont regroupées avec leurs enfants de sexe féminin et leurs fils de moins de 14 ans. A partir de cet âge, les jeunes gens vivent avec les hommes.

    Permettre aux familles juives de se réunir plus longuement pour célébrer ensemble la fête de la Pâque juive, telle est la raison invoquée par le commandant du camp pour transférer, en avril 1941, tous les internés juifs dans l’îlot B. Ce dernier est particulièrement inconfortable : les baraques sont aménagées avec des couchettes superposées, infestées de vermine, et l’électricité en est absente. La nourriture allouée à l’îlot B est très insuffisante.

      

    Le gestionnaire refuse de fournir des denrées de remplacement aux 300 internés pratiquants qui ne mangent pas de viande non casher. Quant aux enfants, entre le dîner qui a lieu à 18 h 00 jusqu’au repas du lendemain à 11 h 30, ils ne touchent pas de pain, le petit déjeuner du matin se composant uniquement de café noir pour les enfants de plus de six ans et de café au lait pour les moins de 6 ans.

      

    Cette absence de nourriture solide pendant plus de 17 h est péniblement ressentie par les tout-petits. D’autre part, les distributions de lait ont lieu à l’îlot J qui se trouve à environ 1 km de l’îlot B, ce qui s’avère une corvée très pénible pour les enfants en cas de mauvais temps. De plus, ils sont contraints à des attentes prolongées dans la pluie, la boue, le vent, de sorte que beaucoup d’enfants préfèrent renoncer à leur ration de lait plutôt que de s’imposer les désagréments d’une marche et d’une attente pénibles.

     



    QUID DES ÉVASIONS ?


    Il est difficile de retracer l’histoire des évasions. C’est un sujet sur lequel on ne peut guère avoir recours qu’aux témoignages personnels. Entre avril 41 et juillet 42, les départs clandestins de Rivesaltes sont de l’ordre de 30 à 40 par mois. Les internés tziganes prennent souvent la fuite par familles entières, accompagnées d’enfants en bas âge. Les internés juifs sont proportionnellement beaucoup moins nombreux à tenter de s’échapper.

      

    Ils le font souvent par deux (deux frères, un père et son fils, une mère et sa fille, deux hébergés d’un même îlot,... Ils sont le plus souvent assez jeunes (moins de 40 ans), mais certains emmènent avec eux leur enfant ou un parent âgé. En avril 42, Hélène Bronstein, alors âgée de 18 ans, est partie ainsi avec sa fille d’un an dans les bras :

      

    "Je n’ai pas décidé de partir parce que je sentais un danger quelconque fondre sur nous. Mon bébé était rachitique, malade, et j’avais deux idées fixes : elle allait mourir, ou bien on allait me l’enlever pour l’envoyer à l’hôpital. J’étais moi-même très jeune, presque encore une enfant.

      

    Je n’ai pas réfléchi aux risques que je lui faisais courir en m’enfuyant du camp avec elle. Je l’ai enveloppée dans une couverture, j’ai pris quelques réserves de nourriture que j’avais mises de côté au cours des jours précédents (surtout des morceaux de pain) et je me suis sauvée. Ce n’était pas très difficile, je connaissais bien le camp et je savais par où passer pour arriver tout de suite dans un champ couvert de buissons et d’épines où il n’y avait jamais personne. J’ai marché jusqu’à Perpignan. Je savais qu’il fallait trouver une cachette avant le lever du jour et éviter le centre-ville."


    Les témoignages concordent :

      

    jusqu’à l’été 42 et au "bouclage" des îlots de déportation (3 août), il est relativement aisé de quitter le camp en trompant la surveillance des gardiens, d’autant plus que certains d’entre eux ferment volontiers les yeux. Objectif prioritaire des évadés : une gare, et notamment celle de Perpignan. C’est parfois une erreur. Ainsi, un tiers des fugitifs de Rivesaltes sont repris le jour même dans cette dernière.

     


    Certains savent où se rendre car ils ont des contacts à l’extérieur. Carla Levinger rejoint le village de Salses d’où est originaire un gardien de Rivesaltes : accueillie chez l’épouse de celui-ci, qui la présente comme une lointaine cousine, elle franchit les Pyrénées quelques jours plus tard grâce à un passeur ami du couple.

     

     

      

    Il faut du reste souligner que, bien qu’elles n’organisent ni même encouragent de telles évasions, le organisations caritatives comme l’OSE (Œuvre de secours aux enfants, , qui tout comme le Secours suisse a, depuis décembre 1940 fait de la libération des enfants internés la priorité absolue)ou la FSJF (Fédération des sociétés juives de France) accueillent ceux qui ont tenté l’aventure et leur trouvent des lieux d’asile.

      

    Mais il y a aussi des internés qui, isolés dans un pays où ils ne connaissent personne et dont ils ne parlent pas la langue, n’ont guère de chance d’échapper aux recherches. Essayer seul de prendre contact avec un passeur et tenter de rejoindre avec lui la frontière espagnole est une entreprise hasardeuse. Par l’intermédiaire de camarades espagnols, 35 internés de Rivesaltes parviennent à s’enfuir du camp et entrent en contact avec des passeurs de Perpignan. Parmi ces derniers, un seul s’acquittera de sa mission et conduira huit personnes à travers les Pyrénées.

      

    Les 27 autres évadés (parmi lesquels quatre enfants) sont abandonnés par leurs guides, arrêtés et renvoyés à Rivesaltes.


    Il ne leur est pas possible non plus de se cacher : sans papiers d’identité, sans argent la plupart du temps, vêtus de guenilles qui attirent l’attention, ils sont à la merci de n’importe quelle dénonciation. Hélène Bronstein doit à la commisération d’une religieuse de ne pas avoir été mise à la porte d’un couvent de Perpignan par la mère supérieure.

     


    DE RIVESALTES À DRANCY...


    La déportation des Juifs de France commence en mars 42. En août, une partie du camp devient "Centre National de Rassemblement des Israélites". Six semaines après la rafle du Veld’Hiv à Paris, les rafles de la Zone Sud sont organisées par Vichy, Rivesaltes devient selon Serge Klarsfeld "le Drancy de la Zone sud".

      

    "La dernière période de Rivesaltes est significative pour toute la mutation dans laquelle s’engage le système d’internement de Vichy.

      

    Du 4 août 1942 jusqu’à la fermeture du camp, fin novembre de la même année, deux îlots de l’ancien "camp de regroupement familial" serviront de "centre national de triage" de la zone sud et de camp central pour le départ des convois à destination de Drancy et des camps allemands." Ce sont ainsi 9 convois qui quittent Rivesaltes pour Drancy entre le 11 août et le 20 octobre 1942, emmenant plus de 12 000 personnes.


    Il est difficile d’appréhender avec précision ce que ressentent et pensent alors les internés. Il semble que l’information d’une déportation prochaine en Pologne ait filtré par le biais de la radio anglaise.

      

    Mais, même pour ceux qui y ajoutent foi, il ne peut s’agir que d’un transfert dans un camp de travail particulièrement dur dans une région au climat rigoureux. A cette époque précise, le programme nazi d’extermination massive des Juifs d’Europe n’est pas connu dans le camp, et même ceux qui en entendent parler se refusent à y croire.

      

    Aux yeux de la plupart des internés déportables, l’avenir s’annonce donc extrêmement difficile, mais bien rares sont ceux qui, en ce début d’août 1942, envisagent de ne plus avoir d’avenir du tout. "Il se peut que je change de résidence et même que j’entreprenne un voyage un peu long", écrit M. P., en instance de départ de Rivesaltes. "Si vous n’avez pas de mes nouvelles, vous saurez que je suis parti."

      

    Et l’un de ses compagnons note dans l’ultime message qu’il adresse à sa famille : "Nous devons partir aujourd’hui, mais nous ne savons pas au juste si c’est pour l’Allemagne ou pour la Pologne."


    Le camp est récupéré par l’armée allemande en novembre 1942 : à cette date 215 internés sont morts sur place, dont 51 enfants d’un an et moins. Les Espagnols représentent 26,5% de la totalité de ces décès. Le millier d’internés qui s’y trouve encore est envoyé à Gurs, sauf les Tziganes qui sont expédiés vers le camp de Saliers (Bouches-du-Rhône) construit à leur intention.

      

    À partir de février 43, les Allemands y logent leurs troupes et y hébergent des employés de l’Organisation Todt (organisation nazie en charge de la réalisation d’un grand nombre de projets de construction, dans les domaines civil et militaire, tant en Allemagne, durant la période qui a précédé la guerre et pendant celle-ci, que dans les pays d’Europe sous domination nazie).

     

     SOURCES

     

     

     
    « Qu'est-il arrivé aux Tsiganes en France pendant l'Occupation ? rafle du Vélodrome d’Hiver (16-17 juillet 1942) »
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