• RESISTANCE en DORDOGNE le GROUPE PAUL-HENRI

     

     

    L'organisation de la résistance dans la Double.

     Origine et évolution du groupe PAUL-HENRI

     

    le groupe .gif (62537 octets)Cette description s'inspire trés largement et trés librement de celle donnée dans : 1944-1945. La résistance en Dordogne. Du groupe Paul-Henri à la 7ème compagnie par M.D et l'Amicale des Anciens du Groupe Paul-Henri.

     

    En juin 43, Goldmann dit "Mireille" fonde le maquis Sanglier dans la forêt de Liorac en Dordogne. Ce maquis accueille les réfractaires au STO. En août, il s'installe à St Alvère et deviendra le Poste de Commandement départemental. La 2ème section de la compagnie est commandée par le lieutenant "Roland" Clée.

     

    Le 17 août 43, le camp ayant été encerclé, ils déménagent près de Neuvic, au Thoriac. Mais après une dénonciation d'un dénommé Bodin, le groupe se disperse. 45 hommes s'installent à St Vincent de Connezac, au lieu-dit le Maine du Puy.

     

    A cause de Bodin, le camp est encerclé : les Allemands font 2 morts, 2 blessés et 36 prisonniers qui seront déportés. Bodin est lui décoré par Vichy.

     

    En novembre 43, Roland devient le chef du camp.

     

    Un groupe franc se forme, il est composé de 8 hommes et d'un officier (Roland) déterminés et entrainés aux actions de commando ; il accompagne tous les camps qui se déplacent.

     

    Le bataillon (Jean Bart) s'installe à Mensignac en juin 44. Ils sont rejoints par la section de gendarmerie de Ribérac, menée par le chef Labadie, avec son matériel et par la police urbaine de Périgueux.

     

    Le camp comprend 40 hommes, plus le corps franc et les services. Il est trés bien organisé et la discipline y règne.

     

    Mais aprés le combat de La Feuillade ( 22 juin 1944) qui fait 4 tués et de gros dégâts matériels, il faut renoncer aux grandes concentrations de FFI et revenir au système des maquis. Le camp Jean Bart se divise en plusieurs groupes. Le lieutenant Henri Merle et le chef Paul Labadie, assistés de l'adjudant-chef Denis, gagnent la Double et forment le groupe Paul-Henri qui prend naissance à la Servantie, sur la commune de Saint-Germain du Salembre.

     

    La petite compagnie composée de 3 sections commandées par Labadie et Merle, stationne à la Servantie une quinzaine de jours. Mais elle est repérée et doit opérer une série de déplacements dans la Double. Elle participe à des cérémonies patriotiques à l'occasion du 14 juillet et à un parachutage important près de Douzillac le 18 juillet.

     

    Vers le 20 juillet, les effectifs ont grossi et le commandement décide de disperser les troupes: la 1ère section, commandée par Denis, se rend à la Martinière. La 2ème section dont le chef est Plumard, s'installe à la Servantie. Le PC s'installe à la Siboutie, sur la commune de Saint-Jean d'Ataux. Les 3 centres sont à quelques kilomètres les uns des autres et restent constamment en liaison.

     

    roland.jpg (38164 octets)

     

     

     

    http://webetab.ac-bordeaux.fr/Etablissement/CHBretinNeuvic/resist03/resist/legroupe.htm

     

     

    ESPINASSE: un désastre dans la Double

     

     

      

      

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    Le groupe Paul-Henri est cantonné à la Servantie. Les hommes se doutent que l'occupant bouge beaucoup dans la Double et que partout où il passe, il laisse des traces indélébiles. En juin 1944, les nazis avaient brûlé Oradour et exterminé les habitants. Le groupe est sur ses gardes, fébrile et anxieux.

     

     

    Les hommes chargés du ravitaillement ne sortent plus et depuis trois jours, ils ne mangent que de la confiture.

     

    Le matin du 27 juillet, quelques camarades d'un autre groupe viennent les voir à leur campement pour les informer de l'attaque de la Martinière où se trouvent leurs copains. La veille, ils ont capturé un dénommé Duriez et l'adjudant-chef, persuadé qu'il est leur ami, a fait l'erreur de le libérer. La vengeance ne va pas tarder.

     

    Leurs chefs les font mettre en embuscade. Plusieurs barrages sont mis en place sur tous les axes routiers principaux, chemins de repli possible de l'ennemi. Quant au groupe Paul-Henri que peut-il faire d'autre? Une trentaine d'hommes se retrouve face à une colonne allemande armée jusqu'aux dents. Enfin, avec un fusil mitrailleur sur le capot du camion, le groupe est dirigé vers la cabane de Cranillière, située au carrefour de la route allant du Moulin de Landry à St Astier.

      

    C'est le chemin de repli possible et même probable des Allemands venant de la Martinière. En bons patriotes, ils sont persuadés qu'avec leurs faibles moyens, leur action fera partie d'un ensemble qui permettra de chasser hors de France ces hordes de sauvages nazis.

     

    En descendant de la Servantie, en passant par le bourg de Saint-Germain du Salembre, un maquisard du groupe voit son frère et lui crie: "Surtout ne dis pas à la maman que tu nous a vus..."

     

    Le groupe en embuscade surplombe la route; les bois à côté permettant un repli éventuel, il attend le passage des Allemands.

     

    Pendant ce temps, une trentaine de patriotes du camp de Virolles -le groupe François- arrive au secours du groupe de la Martinière.

     

    La suite des évènements est connue par le récit qu'en a fait Bordage, du groupe François, seul rescapé de la bagarre d'Espinasse.

     

    Le groupe est transporté par un camion conduit par Jeannot Magne. Le curé de Chantérac qui se trouve à St Germain (et qui les rejoindra plus tard) les arrête et leur dit : "N'y allez pas les gars, ils sont trop nombreux vous serez tous tués.

      

      

    Ils brûlent les villages et massacrent tout sur leur passage".

      

    Mais ils ne croient pas les paroles du curé et partent quand même.

     

    Arrêtés à la fontaine de Maillepot, ils rencontrent le dénommé Bénard. Cet homme était arrivé à St Germain en 1940. Par ses flatteries et sa "gentillesse" il avait, durant des années, mis la jeunesse en confiance et les moins jeunes aussi. Il passait dans les villages avec son vélo pour vendre des journaux: on le surnommait "Paris Soir". Jeannot Magne le connaissait bien.

      

    Il leur dit: "Ecoutez les gars, n'allez pas à la Martinière! cachez vous plutôt dans le lit du Salembre. Les Allemands vont passer sur cette route: vous pourrez arroser et ensuite vous cachez dans les champs de maïs." L'idée paraissant logique, les hommes du groupe François, se mettent en position.

     

    Le groupe Paul-Henri attend toujours à la cabane de Cranillière. Les ventres sont creux et l'après-midi avance. Tout à coup, le groupe voit les Allemands au village de Parantie où ils prennent position. Ils sont abasourdis, car les Allemands ne passent pas sur la route où ils les attendent.

     

    Que se passe-t-il? Le groupe regarde, de plus en plus inquiet. Bientôt des rafales de mitrailleuse leur percent les tympans.

     

    Parentie est un village sur la colline de la rive droite du Salembre: cette position domine l'autre versant et la vallée du Salembre où se trouvent les 30 gars du groupe François. Ils se replient en se camouflant dans les maïs vers le village d'Espinasse mais les Allemands les poursuivent par un mouvement tournant. C'est le massacre.

     

     

    rolandstgermain.jpg (20852 octets)

     

    Le groupe sait que l'ennemi a été informé de la présence des maquisards dans le lit du Salembre.

     

    La colonne ennemie arrive au village, avec à sa tête le fameux Duriez ( libéré la veille ). Les nazis capturent les habitants, les alignent contre le mur. Certains essaient de fuir ... en vain.

      

    Il n'y a qu'un seul survivant.

      

    Puis les Allemands mettent le feu aux maisons.

     

    Un officier se charge de donner le coup de grâce aux jeunes maquisards étendus dans les champs de maïs ou de pommes de terre.

     

    C'est là que Bordage a la vie sauve.

     

    Blessé aux jambes il ne peut guère bouger.

     

    Voyant que l'officier allemand s'approche de lui,

    les bottes lui touchant la tête, il fait le mort.

      

    Au moment où le revolver va lui éclater la tête,

     

    un ordre impératif de quitter les lieux est donné et il est sauvé.

     

    Il peut donc raconter ce pénible évènement.

     

    Les Allemands redescendent vers St-Germain, ramassant leurs morts et leurs blessés car les vaillants camarades du groupe François vendent chèrement leur peau.

     

    Les chefs prudents ne peuvent faire intervenir ceux de la Cranillière car ils ignorent totalement ce qui se passe dans la vallée et leur mission est celle

    d'une embuscade.

     

    Marie-France, l'agent de liaison du groupe, vient les informer des évènements d'Espinasse.

     

    De la cabane de Cranillère, ils sont dirigés aussitôt vers la

    Croix de Fer mais la fusillade a cessé.

     

    Ils descendent au village et là, c'est l'horreur!

     

    Leurs copains sont étendus, massacrés ainsi que les habitants du hameau.

     

    Sur les lieux, le trop fameux Bénard est occupé à détrousser et fouiller les morts!...Il n'y a pas de pitié pour lui.

     

    Les corps des maquisards sont enterrés et

    Bénard est hissé sans ménagement dans un camion.

     

    Il est promené dans St-Germain pour montrer à la population le traître qu'il est. Le soir-même, il est jugé et fusillé à la Mondille.

     

    Jeannot Magne est trouvé dans le bas du village, massacré parmi les genévriers et son camion incendié.

     

    Quant à Duriez, qui est à l'origine de ce massacre, il sera pris, emprisonné, puis jugé à Périgueux.

     

    Condamné à mort, il sera fusillé.

     

    C'était le 27 Juillet 1944.

     

    Un monument est érigé au village d'Espinasse, où chaque année les anciens du groupe Paul-Henri rendent un émouvant hommage à leurs camarades de combat.

     

     

     

     

     

     

     

     

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