• RENEE...30 ans en 44

     

    Madame POREE Renée : en 1944, mariée et âgée de 30 ans , résidant à St Laurent / mer

     

    "Ils voulaient les fusiller " "J'ai vu le premier américain le 6 juin 1944 vers 9 heures du matin, chez moi, rue du Val.

     

    Les américains pensaient qu'il n'y avait plus de civils et que ceux qui restaient dans la commune étaient des espions ! Ce qui était faux... Alors lorsqu'ils sont entrés par derrière la maison, ils ont pris mon mari et ma belle mère en otage et voulaient les fusiller !

     

    Ma belle mère a eu le réflexe de dire à mon mari de faire voir sa carte d'identité et de dire qu'il n'était pas un espion .

     

    Les américains ont regardé la carte d'identité et ont parlé entre eux . Moi j'avais les enfants avec moi, j'en avais quatre.

     

    Les américains les ont relachés et sont partis.

    "Ou sont les allemands ? " Ils sont revenus l'aprés midi vers 2 heures ; c'était un officier qui parlait trés bien le français et nous demandait s'il restait des allemands. Je lui ai dit qu'il en restait encore. Il m'a demandé où était la Kommandatur et je lui ai expliqué la route pour y aller en lui disant de se méfier car il y avait un dépôt d'armement à un endroit et que si jamais ils approchaient, tout allait sauter dans la commune . La kommandaur était à proximité de la mer, en face des PTT actuels et le dépôt de munitions était sur la route de Vierville.

     

    Ils y sont allés, bien entendu mais ils ont fait attention et pris des précautions et là, les allemands n'ont pu rien faire car ils sont arrivés par surprise. Ils sont revenus par la maison puisque leur camp de prisonniers était au Ruquet.

    "Pour moi, c'est fini la guerre ! " J'ai vu beaucoup de prisonniers allemands passer.

     

    Un allemand, les mains en l'air, a dit " Pour moi la guerre est finie, c'est fini la guerre ! " en français .

    "Rembarquer ? " Un américain m'a demandé pour se rendre à Vierville car il avait rendez vous à 4 heures avec son capitaine : " Si je ne suis pas là-bas à 4 heures, nous sommes obligés de rembarquer ! " Ah , je peux dire que j'ai tremblé mais heureusement il est rentré à temps ! et nous avons vu le débarquement se faire car tout se passait devant chez nous . Les américains venaient de par le Ruquet, de par la plage,plein de chars passaient.

    "Des repris de justice ? " Le lendemain, j'ai vu le capitaine Fazer. Nous étions traumatisés, il était très gentil, quand j'ai voulu lui expliquer qu'ils avaient voulu fusiller mon mari et ma belle mère, il m'a écouté et m'a dit : " Madame, ce n'est pas surprenant car tous les premiers soldats que l'on a mis au débarquement c'était des repris de justice."

    "Un tour en avion " Beaucoup plus tard les américains qui avaient installé une piste d'atterrissage derrière, prenaient les jeunes enfants et leur faisaient faire un tour en avion, même pour faire un tour jusqu'en Angleterre. Les enfants étaient heureux et joyeux ; les américains leur donnaient des bonbons, du chocolat, des poupées et même des petits chats qui venaient d'Angleterre. Les américains étaient très gentils et sûrs d'eux. Je me souviens du pain, trés bon et bien blanc et des pâtisseries. Eux, ils ont fait des abus de calva ! "

     

     

    Interwiew du 17/02/94 à St Laurent/ mer R ecueilli par Maud Cook,Sébastien Picant,Sébastien Zévaco,Nicolas Bégue Transcrit par Maud Cook

      

      

     

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