• Marcel Weinum et la "main noire" - Des adolescents en Résistance


     

     
      
    A Strasbourg, en septembre 1940, Marcel Weinum, un garçon de 16 ans, rassemble une vingtaine d'adolescents avec un objectif courageux :
     
     
    combattre Hitler et le nazisme.
     
    Ils se donnent un nom : « la Main noire ».
     
    Très vite, ils s'organisent et réussissent à se procurer armes, argent, locaux.
     
    A leurs côtés, on ne compte aucun adulte pour les conseiller.
     
    Tous sont fils d'ouvriers et ouvriers eux-mêmes.
     
    70 ans plus tard, cet acte héroïque semble presque complètement oublié.
     
    Quatre anciens camarades de « la Main noire » témoignent.
     
    Marcel Weinum et ses camarades ont porté les couleurs de la Résistance en Alsace qui, après l'annexion, fut soumise à une nazification intensive.

     

     

    La Main Noire est un réseau de jeunes résistants créé en septembre 1940 à Strasbourg par Marcel Weinum.

     

    Il se compose de jeunes garçons de 14 à 18 ans. Certains sont enfants de chœur et membres de la Maîtrise de la cathédrale de Strasbourg.

     

    Presque tous sont apprentis et fils d’ouvriers et ils agissent le plus souvent à l’insu de leurs parents. La plupart sont des membres contraints des jeunesses hitlériennes du fait de l’annexion de l’Alsace-Moselle.

    Constitué sans le soutien d’aucun adulte, structuré en cellules étanches, doté d’armes et de locaux, ce réseau s'est spécialisé dans la contre-propagande, le sabotage et le renseignement.

    Jugé avec neuf de ses camarades par un tribunal spécial à Strasbourg en mars 1942, Marcel Weinum a été condamné à mort et décapité le 14 avril 1942 à Stuttgart, en Allemagne

     

     

      
      
    Histoire 
     
     
    Dès octobre 1940, la Main Noire multiplie sur les murs de
    Strasbourg croix de Lorraine et inscriptions patriotiques.
     

    À partir de novembre, l’organisation sabote installations de chemin de fer et postes de transmission de la Wehrmacht, pille les automobiles allemandes en stationnement, crève les pneus et récupère armes, papiers et bons d’essence.

     

    En décembre 1940, la Main Noire commence à lancer des grenades contre les vitrines qui exposent le buste ou la photo d’Hitler : plusieurs commerçants préfèrent dès lors prendre le risque de lourdes amendes plutôt que de voir voler en éclats leur devanture.

     

    Le groupe explore les fortins abandonnés de la ligne Maginot et y trouve toutes sortes de munitions – cartouches, grenades, dynamite – qui sont cachés près du domicile des parents.

     

    Marcel Weinum loue en 1941 un appartement qu’il paie avec l’argent récolté lors des cambriolages de bureaux d’organisations nazies.

     

    Équipé d’une machine à écrire, il rédige des tracts, qui sont éparpillés dans la rue, distribués dans les boîtes à lettres, collés aux murs des immeubles ou même expédiés par la poste à certaines personnalités allemandes.

     

    En avril 1941, Marcel Weinum et Lucien Entzmann récupèrent dans un fort des stocks de munitions. Le 8 mai 1941, Marcel Weinum et Albert Uhlrich réalisent leur attentat contre le gauleiter Robert Wagner, le plus haut représentant de Hitler en Alsace.

     

    Alors que ce dernier se trouve dans un café, les deux hommes jettent une grenade dans sa voiture et prennent la fuite.

     

    C'est un attentat à caractère dissuasif.

     

    Après l’arrestation à la frontière suisse de Marcel Weinum et de Ceslav Sieradzki qui tentaient de rejoindre Bâle pour trouver des fonds afin de continuer la lutte contre le nazisme, l’ensemble du réseau est arrêté. Une partie de ses membres est internée au camp de Schirmeck.

     

    Le 12 décembre 1941 au matin, Ceslav Sieradzki est lui aussi transféré au camp de Schirmeck.

     

    Le même jour, les haut-parleurs annoncent que Ceslav Sieradzki a été fusillé

    « pour cause de résistance ».

     

    C’est la première fois qu’est utilisé en Alsace par les nazis le terme de « résistance ». Ceslav Sieradski, orphelin polonais, est ainsi le premier résistant d’Alsace mort pour la France.

     

    Dix membres du réseau sont traduits devant un tribunal spécial à Strasbourg en mars 1942.

    Marcel Weinum est condamné à mort et décapité le 14 avril 1942 à Stuttgart, en Allemagne.

     

    Certains de ses camarades sont libérés et enrôlés de force dans le Reichsarbeitsdienst (RAD), le service paramilitaire de travail du Reich.

     

    Les 14 jeunes de la Main Noire qui n’ont pas été jugés apprennent au camp de Schirmeck l’exécution de Marcel Weinum.

     

    Douze d’entre eux sont libérés et aussitôt incorporés de force dans le Reichsarbeitsdienst (RAD).

     
      
      
     
    Liste des membres de la Main Noire :
    • Robert Adam
    • Lucien Albrecht
    • Jean-Jacques Bastian
    • Robert Bildstein
    • Lucien Entzmann
    • Marcel Keller
    • René Kleinmann
    • André Kleinmann
    • Jean Kuntz
    • Charles Lebold
    • Aimé Martin
    • Bernard Martz
    • André Mathis
    • René Meyer
    • François Mosser
    • Xavier Nicole
    • Ceslav Sieradzki
    • René Spengler
    • Albert Uhlrich
    • Jean Voirol
    • Marcel Weinum

     

    Les hommages aux survivants du réseau 

    C’est la publication en octobre 2007 de l’ouvrage de Gérard Pfister Marcel Weinum et la Main Noire, avec une préface de Pierre Sudreau, Président de la Fondation de la Résistance et une introduction d’Alfred Grosser qui a permis d’appeler à nouveau l’attention sur le réseau de la Main Noire, presque totalement tombé dans l’oubli, et de rendre enfin l’hommage qui leur était dû à Marcel Weinum et à ses compagnons.

     

     

    Cet ouvrage a pu être écrit grâce aux précieux documents et témoignages conservés par René Kleinmann, frère de lait de Marcel Weinum et, avec son frère André Kleinmann, l’un des tout premiers membres du réseau, décédé en 2009.

     

    Il doit également beaucoup aux recherches menées durant de longues années par

    Marie Brassart-Goerg, journaliste aux Dernières Nouvelles d'Alsace, en particulier pour perpétuer la mémoire de Ceslav Sieradzki.

    À la suite de ce livre, les cinq survivants du réseau ont reçu en novembre 2007 des mains de M. Robert Grossmann, Président de la Communauté Urbaine de Strasbourg, la médaille d’honneur de la Ville de Strasbourg et Jean-Jacques Bastian a été fait chevalier dans l'ordre de la Légion d’honneur.

    C’est aussi à la suite de cette publication que le principe d'une plaque commémorative a été décidé par M. Robert Grossmann en 2007, plaque qui fut apposée à l’entrée du

     

    Collège Épiscopal Saint-Étienne et inaugurée après les élections municipales de 2008 par le nouveau maire de Strasbourg M. Roland Ries.

      

      

    Filmographie :

    Un documentaire de 52 minutes a été réalisé en 2010 sous le titre La Main noire par Jean-Baptiste Frappat (auteurs : Jean-Baptiste Frappat et Daniel Psenny) d’après le livre de Gérard Pfister Marcel Weinum et la Main Noire. Il a été coproduit par JEM Productions et France 3 Alsace avec le soutien de la Région Alsace.

     

    http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782845901094.jpg

      

    Document 2007 - Septembre 1940 : à l'appel d'un garçon de 16 ans, près de trente jeunes âgés de 14 à 16 ans se rassemblent d'enthousiasme pour une grande entreprise. Ces trente-là ont un objectif : combattre Hilter et le nazisme.

    Un chef : Marcel Weinum.

    Un nom : « la Main Noire ».

    Une organisation structurée.

    Ils savent se procurer armes, argent, locaux. Propagande, action psychologique, sabotage n'ont pas de secrets pour eux.

    Ils sont conscients de risquer leur vie. Le premier d'entre eux, l'orphelin polonais Sieradzki, abattu à bout portant en décembre 1941, et Weinum décapité en avril 1942.

     


    Tous fils d'ouvriers :

    cheminots, traminots, électriciens...

    Parmi leurs parents aucun dont l'attitude politique ait pu les influencer.

     

    D'ailleurs, pour la quasi totalité, ils ne sont pas même au courant des activités de résistance de leurs petits.

     

    Quant à ces enfants, ils sont tous eux-mêmes apprentis :

    futurs boulangers, mécaniciens, dessinateurs...

    Parmi eux aucun intellectuel.

     

    Et à leurs côtés pas un adulte - professeur ou religieux - pour les inspirer ou les conseiller.

    Une « Croisade es enfants » contre Hitler, à Strasbourg, entre septembre 1940 et avril 1942.

    Et pourtant : oubliée !

    Extrait du livre : Une « Croisade des enfants » contre le nazisme

     

     

    Septembre 1940 

     

    à l'appel d'un garçon de 16 ans, près de trente adolescents eux-mêmes âgés de 14 à 16 ans se rassemblent d'enthousiasme pour une grande entreprise.

    Comme une nouvelle «Croisade des enfants».

    Mais leur but n'est pas aussi chimérique que celui de leurs malheureux devanciers du moyen âge, abusés de paroles spécieuses et partant à pied pour la Terre Sainte... Non, ces trente-là ont un objectif simple et clair : combattre Hitler et le nazisme.

     

    Ils ont un chef : Marcel Weinum.

    Ils ont un nom : la Main Noire.

    Ils ont une organisation structurée.

    Ils savent se procurer armes, argent, locaux.

    La propagande, l'action psychologique,

    le sabotage n'ont guère de secrets pour eux.

    Et ce n'est certes pas un jeu. Ils sont bien conscients qu'ils s'exposent à la mort.

     

    Et ils y font face avec courage, le premier d'entre eux abattu à bout portant en décembre 1941, le deuxième décapité en avril 1942.

    Tout sauf des enfants de chœur, voudrait-on dire !

     

    Et justement non : enfants de chœur, ils le sont tous, ou presque.

     

    C'est là et nulle part ailleurs qu'ils se sont connus : à l'église de Brumath ou à la maîtrise de la cathédrale de Strasbourg.

    Tous fils d'ouvriers : cheminots, traminots, élec­triciens... Parmi leurs parents aucun dont l'attitude politique ait pu les influencer. D'ailleurs, pour la quasi totalité, ils ne sont pas même au courant des activités de résistance de leurs fils.

    Quant à ces jeunes combattants, ils sont tous eux-mêmes apprentis : futurs boulangers, mécaniciens, dessinateurs...

    Parmi eux aucun intellectuel. Et à leurs côtés pas un adulte - professeur ou religieux - pour les inspirer ou les conseiller.

    Une croisade des enfants contre Hitler, à Strasbourg, entre septembre 1940 et avril 1942. L'affaire semble extraordinaire.

     

     

    Mémorable. Et pourtant, soixante ans après, il semblerait qu'elle soit déjà presque complètement oubliée … (…) -

     

    Gérard Pfister

    Gérard Pfister

      

      

    SOURCES : article Gérard PFISTER - et WIKIPEDIA

    Photos google

      

      

    http://www.souvenir-francais67.fr/homagemarcelweinum.htm

      

      

      

     

     

     

     
     
    « Désobéir à Vichy : la résistance civile de fonctionnaires de police juin 1940, ile de Sein »
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