• Maquis et résistance, renseignements, débarquement des alliés et libération du Calvados

      

      

    Maquis et résistance, renseignements, débarquement des alliés

    et libération du Calvados

      

    Beaucoup de gens, et qui se croient souvent très bien informés pensent qu'il n'y a eu que peu de mouvements de résistance dans le département du Calvados.

    C'est un fait que l'application de la loi militaire allemande sur une bande côtière profonde de 30 à 35 Km dans la zone la plus peuplée du Calvados a sérieusement limité les possibilités d'organiser des maquis.

    (voir la carte de l'effectif des résistances armées en juillet 1944, par exemple)

    Mais en revanche, on peut légitimement se demander si le débarquement des alliés aurait pu être organisé avec des chances sérieuses de succès sans le travail de deux réseaux de renseignements, à savoir le réseau Centurie, organisé pour "écrémer" les renseignements collectés par l'OCM (Organisation civile et militaire) et proche de la Confrérie Notre-Dame (CND) dirigée par Rémy d'une part, et le réseau Nord "des Sosies" dirigé par Dominique Ponchardier, d'autre part. La notion de résistance armée ne se différencie pas en réalité de la notion de prudence.

    Le Calvados
    La carte à gauche a été fabriquée à l'aide de Google map

    Les maquis

    Parmi les maquis organisés, il faut bien signaler les maquis FTP du Champ-du-Boult dans le sud du département du Calvados qui dépendait du Commandant Louis Petri, et étaient placés sous le commandement, de René BERJON (Emile), chef départemental des groupes de F.T.P., de Claude de BAISSAC, de Jacques NAVIER et d'Alice BOUGOURD, agents de liaison.

      

    Si le capitaine britannique J.B. HAYES a été parachuté à Feugerolles du Plessis dans la nuit du 8 au 9 juillet 1944, c'est à Champ-du-Boult que l'essentiel des armes et explosifs nécessaires aux FTP de Louis Petri ont été massivement parachutés afin de couvrir La Mission dite Helsman, qui a permis à l'état-major du général Bradley d'être sûr de réaliser avec succès la percée des divisions blindées américaines suivant l'opération Cobra.

    C'est également sur la colline de Champ-du-Boult que l'essentiel des armes et explosifs alimentant les maquis FTP du sud Calvados, de Mayenne et de la Manche était parachuté.

    Organisation de la Résistance en Normandie
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    A ce propos, une page web donne des renseignements très intéressants sur l'organisation de la Résistance dans le Calvados et la Mayenne, organisation liée au réseau SOE Buckmaster, dont l'influence s'étendait également à L'Ille-et-Vilaine.

    Un autre maquis a joué un rôle actif dans l'attaque des parachutistes britanniques: le maquis de Saint-Clair opérant au sud de Caen et qui comptera une centaine de membres dont la moitié environ était affectées aux opérations actions sous la direction Capitaine Jean Renaud-Dandicolle du Spécial Opération Exécutive (S.O.E.), britannique, qui a été parachuté en Mayenne pour y unir les maquis.

    Il a ensuite organisé tous les parachutages pour un maquis dans la Manche, avant de placer sous son commandement trois groupes de résistants qui ont formé le maquis : le groupe d’André Lenevez, le groupe de Jean Foucu, et le groupe d’André Masseron,

    André Lenevez est en relation avec l’Intelligence Service, il ramasse les armes, donne des renseignements sur les troupes et sur l’aviation allemandes, fabrique de fausses cartes d’identité et d’alimentation et organise toute une filière de cache pour les réfractaires au S.T.O. dans les fermes du secteur.

    Il aurait également existé un réseau "Scamaroni" réunissant quelque 80 résistants œuvrant dans la ville de Caen. Par ailleurs, il faut citer le rôle essentiel joué par tous les petits réseaux locaux pour entrer en liaison avec les forces alliées afin d'éviter les destructions massives urbaines. Tel fut le cas à Caen, Lisieux, Evreux et sans doute dans beaucoup d'autres cités de moindre importance.

    D'autres actions sont citées par Robert Aron dans son «Histoire de la Libération de la France» (Tome 1) (pp. 63 à 68 de l’édition Arthème Fayard). Il cite le réseau de Jean Sainteny, créé dès septembre 1940 et rallié au réseau Alliance, dont la plupart des membres seront arrêtés en avril 1944 et massacré le 7 juin 1944.

      

    Parmi ces résistants opiniâtres eux, un professeur de dessin du lycée de Caen qui va dresser une carte détaillée des défenses allemandes depuis l’embouchure de la Dives jusqu’au Cotentin, une carte détaillée de… 16 m2 qui parviendra aux alliés et leur servira à établir les opérations du D-day, ou encore l’activité du pêcheur Thomime qui prélève sur les panneaux d’affichage des mairies côtières tous les avis de zones d’interdiction de la navigation en mer à l’occasion des essais de tirs des batteries côtières allemandes.



    Quant à la Résistance dans la zone de Bayeux, ajoute Robert Aron, elle était représentée par une poignée de résistants sous la coupe du marchand de cycles de Bayeux, Mercader, délégué de l’OCM qui n’eut pas à intervenir au soir du 5 juin 1944.

      

    Quant à Tony Mercader, frère cadet du délégué de l’OCM, Pierre D esprairies, agrégatif réfractaire au STO, Braneler, Lelandais, et Berthonet, ils passèrent plusieurs fois le front le 6 juin pour informer les Officiers de renseignement anglais, ce qui permit à l’aviation anglaise de détruire une formation importante de chars allemands.

     

     

     

    Les réseaux de renseignement

    D'une manière générale, la plupart des réseaux de résistance étaient implantés dans le Calvados. Mais la résistance était typiquement une affaire de famille en Normandie (voir par exemple "La résistance du bocage" d'André Debon et louis Pinson, ou encore l'exemple de Jacques Vicot. Le Réseau Alliance était implanté à Vierville-sur-mer.

    Mais les réseaux les plus remarquables et dont les renseignements se sont montrés les plus décisifs dans le choix des plages de débarquement et la réussite du plan "Neptune" (opération d'assaut et de débarquement d'Overlord) sont certainement ceux de la filiale de la Confrérie Notre-Dame, c'est à dire le réseau "Century" dirigé par Rémy, et la branche normande du réseau des Sosies dirigée par Dominique Ponchardier et son second, le lieutenant de vaisseau Rivière, alias "Dood".

      

    Comment La carte du mur de l'Atlantique en projet est-elle parvenue aux Alliés?

    Effectivement, l'intégralité de la carte du mur de l'Atlantique en construction est parvenue entre les mains des alliés par l'intermédiaire de Rémy, nom de guerre de Gilbert Renault, officier de renseignements de 2ème classe des Forces françaises libres. Voici comment!

    Rémy raconte comment, alors qu'il était pourchassé par la Gestapo, il a dû quitter la France accompagné des plusieurs membres de sa famille et le jeune Alain de Beaufort, il a embarque à Pont-Aven, sur un bateau de pêche, les Deux Anges, le 17 juin 1942 pour l'Angleterre en transportant jusqu'en Grande-Bretagne le plan des défenses allemandes du mur de l'Atlantique allant de Cherbourg à Honfleur, dont il n'avait même pas pu prendre connaissance avant son embarquement.(1)

    Le Vendredi 19 juin 1942, Rémy monte avec sa petite famille à bord du Motor Torpedo Boat commandé par le lieutenant Dunstan Curtiss, et son courrier comportant une grande carte frappée des mots

    "Sehr Geheim" (très secret).

      

    Il s'agit de la carte du mur de l'Atlantique (dessinée de Cherbourg jusqu'à Honfleur) «que notre camarade René Duchez a dérobé le mois précédent sur la table du commandant de l'organisation Todt à Caen,» récupérée par le réseau Centurie travaillant en concertation avec l'O.C.M., lui-même lié à la confrérie Notre-Dame.(ndr: au départ, le réseau Centurie était un réseau de ramassage des informations recueillies par l'O.C.M.)

      

    C'est Lavoisier, qui avait remis à Rémy la veille de l'arrestation, le 15 mai 1942, de François Faure, alias Paco, auquel avait été confié la mission d'amener la précieuse carte dans les bureaux de Rémy (p. 15) Dès le début des années 50, Rémy avait raconté par le menu comment cette carte lui était parvenu (2)   dans un livre qui a donné lieu à un célèbre film où Bourvil tient le rôle

    du peintre Roger Duchez.

      

    Il raconte donc qu'un mois environ avant son embarquement, le café « chez Paul », à l'enseigne du «café des touristes» à Caen était fréquenté par un peintre en bâtiment d'origine Lorraine, Duchez, qui savait dissimuler combien il détestait les Allemands.

      

      

    Les agents d'un petit réseau créé par Girard, du réseau Centurie, lui-même rattaché à la Confrérie Notre-Dame, fréquentaient également assidument ce café ainsi qu'un capitaine médecin de la Wehrmacht, le Hauptmann «Albert».

    Ayant entendu marmonner par les membres du réseau de Girard, qui jouaient aux cartes que l'organisation Todt, sise rue de la Geôle à Caen, était chargée de mener des travaux gigantesques de construction du mur de l'Atlantique, le peintre eût l'idée de forcer l'adjudication de travaux de peinture décrit dans un avis affiché à la mairie de Caen, bien que les délais de cette adjudication soient expirés. Après diverses péripéties et quiproquos comiques, Duchez réussit à obtenir l'adjudication des travaux et propose d'y ajouter gracieusement le retapissage du bureau du Bauleiter Schnedderer.

    Or, alors que, dès le lendemain, il montrait les échantillons de papiers peints au Bauleiter, un sous-officier apporte justement une pile de documents dont émergeait une grande carte pliée frappée du sigle gothique «SEHR GEHEM». Pendant que l'officier allemand était occupé à dicter un courrier urgent entre deux portes à sa secrétaire, le peintre réussit, sans se faire remarquer, à subtiliser cette carte et à la glisser derrière un grand miroir, de telle sorte qu'elle soit invisible.

    Le lendemain, il se mettait au travail pour le compte cette fois de Keller, un nouveau Bauleiter remplaçant le précédent et le surlendemain, 13 mai 1942, ayant achevé son travail supplémentaire de retapissage du bureau Keller, il a emmené la carte secrète des travaux sur le mur de l'Atlantique avec les chutes de papier peint, aidé au demeurant par les soldats allemands, tant leur patron était enchanté du travail de Duchez.

     



    Bien sûr, la ville a été très vite quadrillée par la police allemande ce qui n'empêcha nullement Duchez de livrer son trophée à Girard, alias Malherbe du réseau Centurie, attablé au café « chez Paul », lequel trophée était passé préalablement, par mesure de sécurité, par la poche du manteau du Hauptmann Albert, lequel manteau était pendu à la patère à l'entrée du café...

      

    L'odyssée de cette carte va durer près d'un mois avant de trouver le chemin de l'Angleterre parmi les sacs de courrier convoyés par Rémy, qui emmenait en même temps son épouse et ses enfants.

      

    Rémy voulait en effet les mettre à l'abri à la suite de la trahison de Pierre Carton, alias Capri, et de l'arrestation de Faure, alias PACO, lequel, n'ayant pas confiance en sa mémoire, notait toutes ses tâches sur son calepin...

    Sous la plume de Rémy, voici l'épilogue de la destinée de cette carte que le réseau Nord des Sosies dirigé par Dominique Ponchardier fût chargé de mettre à jour jusqu'au débarquement des alliés.(2):

    "A la fin du mois d'août 1944, un général américain entouré de plusieurs officiers est entré dans un restaurant de la rue de Lille en réclamant le « colonel Personne ». Jacques Piette, qui appartenait au mouvement de l'OCM, qui déjeunait en compagnie du futur ministre des Finances du premier Gouvernement de de Gaulle, se leva pour demander « Que puis-je faire pour vous? »
    « Glad to see you! Je suis le général Omar Bradley et je vous cherche depuis quatre jours. C'est bien vous qui vous occupez de la région Nord? »
    « -Oui, mon général. Je suis inspecteur régional des Forces françaises de l'Intérieur de la région A qui comprend la zone allant de l'embouchure de la Seine à la Frontière belge », répondit Jacques Piette.
    « - Good, Dites moi où je puis trouver là-bas des responsables militaires? »
    « Le poste de commandement de notre état-major est situé à l'abbaye de Marest, à la limite des départements du Nord et de l'Aisne. Il suffit de demander le prieur de ma part »
    « Excellent, a conclu Bradley, Maintenant j'ai une autre chose à vous dire. J'ai à vous témoigner la satisfaction de l'armée américaine à l'égard de votre réseau. C'est en effet à la suite de la réception à Londres du plan des défenses côtières de la Manche que nous avons choisi la zone de débarquement et que nous avons fait notre planning. Les renseignements qui figuraient sur ce plan étaient d'une telle valeur que nous avons pu réussir l'opération du débarquement avec le minimum de pertes en hommes et en matériel.» (Citation littérale extraite des pages 279 et 280 de «La dernière carte ») (2).

    La mise à jour des défenses du mur de l'Atlantique

    Mais posséder deux ans avant l'intervention du débarquement la carte du mur de l'Atlantique ne suffisait pas. Il fallait mettre à jour les notables modifications réclamées par le feld maréchal Erwin Rommel. Les frères Ponchardier avaient dédié une bonne partie de l'activité "des sosies" à cette œuvre ainsi que Dominique Ponchardier l'a écrit dans «Les pavés de l'enfer»(3).

    -«Tu penses ! Le guide de l'Atlantic Wall était une des grosses artères de Sosies. Les feuillets de renseignements 323 nous arrivaient tout prêts, conçus en formulaires que nous pouvions immédiatement insérer dans l'ouvrage. Ce guide comportait, en particulier, les angles de tir, la qualité du tir, les espaces morts et leurs plans de minage, les plans de voies de concentration, les équipements de manœuvres et les défenses des ports, mobiles et statiques. Nous avions ce mur dans les yeux avec son picasson d'ouvrages et ses transformations incessantes. C'était notre "mur".
    «Louis, un crayon sur l'oreille et un autre à la main, voltigeait avec ses appareils de dessin pour mettre à jour les croquis. Je m'extasiais sur M. A. 1. (marine n° 1: depuis Ostende jusqu'à Nantes) (4) dont nous pressentions l'importance capitale pour le débarquement. Depuis plusieurs semaines déjà, Sosies s'était définitivement réalisé. Il n'y avait plus de rue de Rennes, plus de cabinet Bompaix. Pierre ne commandait plus la zone sud. Je ne commandais plus la zone nord. Il y avait simplement un être unique, le tandem Pierre et Dominique , se doublant ou se dédoublant, mais toujours identique un être en soi. Néanmoins, nous avions gardé, Pierre et moi, une grosse vanité pour nos anciennes équipes respectives «sud» et «nord». Nous étions restés "chauvins", nous échangions des flèches acérées:
    «- Ah ! Quand même, j'ai des équipes du tonnerre ! Ton Midi, c'est de la petite bière ! Tout le monde y va, parce qu'il y fait beau et il n'y aura rien à foutre. Pour moi, il fait trop chaud là-bas.
    «- De la petite bière ? Non, mais regarde : Arsenal, arsenal, arsenal, Saint-Raphaël, cap Dramont, Agay... Tiens ! Anthéor, Théoule, le Var, Sète, Alès... Il s'extasiait en entassant les rapports.
    «Oeil de Velours allait et venait dans ce tourbillon de paperasses : Flack et contre-espionnage étaient ses afines maîtresses. On recoupait M. A 1. avec 1342 et M. A. 2. avec Hector. On perdait les fils, on les retrouvait. Cayeux, cotes X et Y passent en cotes W, Z, doubles coupoles à décaler 15" W.,...»

    Mais D. Ponchardier, Pépé et son groupe normand firent encore mieux en allant récupérer dans une usine désaffectée, sans doute aux confins des département de l'Eure, de la Seine inférieure et du Calvados, des notes de Rommel critiquant les insuffisances du mur de l'Atlantique. Il écrit toujours dans «Les pavés de l'Enfer» (pp. 310 et 311):

    «L'épluchage des papiers fut un travail considérable. Tout ce qui pouvait parler allemand dans la région parisienne fut convoqué. Il ne resta d'intéressant, sur le mètre cube de papiers que nous avions ramené, que la valeur d'une serviette. Cette serviette m'était précieuse : elle recelait des notes manuscrites de M. Rommel, soi-même. Ces notes contenaient une critique abondante sur le mur de l'Atlantique.
    «Elles ne révélaient aucun secret extraordinaire, mais elles disaient ce que Rommel pensait du mur et il en pensait beaucoup de mal, ce qui était quand même intéressant pour les Alliés. Il parlait du bluff des constructions, révélant que certaines coupoles ne permettaient même pas le recul de leurs canons. Il y avait des remarques exquises et très vaches (c'était un seigneur, M. Rommel) sur les angles ridicules qui avaient été laissé à des batteries. Il y avait une sorte de formulaire de méchancetés, d'une sévérité féroce, au sujet du responsable qui avait conçu les espaces morts entre les lignes fortifiées et les charnières.
    «Ce formulaire à lui seul valait la visite. Finalement, on y trouvait, noir sur blanc, la preuve, par le propriétaire lui-même, que les maçons avaient disposé de trop peu de moyens pour construire la fameuse barrière, que la main-d'œuvre utilisée était lamentable et les matériaux de très mauvaise qualité. Je me souviens textuellement de ceci: un bétonnage, du côté de Saint-Valéry-en-Caux, avait été construit sans armature de fer. Il n'était pas bâti sur un radier et Rommel prévoyait qu'une bonne saison de pluie le ferait s'enfoncer de lui-même dans le sol.
    «Le surlendemain, à Paris, fut un bon jour. N'aurait été ce putain de cœur qui battait comme un moteur à compression, j'aurais été parfaitement heureux. Tout y était, j'avais gagné.»

    Ce qu'il ne dit pas mais qu'il laisse entendre à l'occasion de l'arrestation sur dénonciation par la police française de son second, le lieutenant de vaisseau Rivière, alias DOOD, c'est qu'en outre les Alliés ont pu bénéficier des cartes des courants côtiers et des niveaux des marées levées par le service hydrographique de la marine nationale. En effet, non seulement Rivière avait pu communiquer les cartes officielles levées par les services de la marine, qui intéressaient les alliés aussi bien pour le débarquement des hommes de l'assaut que pour l'implantation des mulberries (les ports artificiels préfabriqués), mais encore par ses seules connaissances, il pouvait deviner quelles étaient les zones côtières les plus favorables à leur implantation.

    Telles sont les raisons pour lesquelles le centre du vieux Rouen et sa prison où Rivière avait été transféré ont été durement bombardés le 19 avril 1944 par les Anglais afin de détruire à tout prix, le centre des interrogatoires et les archives de la police nazie. Sur ce point, l'opération fut d'ailleurs un succès puisque faute de preuves, Doods fut finalement libéré après avoir subi plus de 60 interrogatoires de la police SS.

    La préparation des troupes alliées au débarquement

    Elle a porté sur les moyens à mobiliser pour assurer les débarquements des troupes, du matériel et leur approvisionnement, sur les moyens mis en œuvre pour tromper l'ennemi sur les intentions des alliés, et sur la préparation aérienne et l'isolement de la zone d'évolution des opérations dédiées au plan OVERLORD. Au préalable, il parait tout de même indispensable de rappeler qu'avant même de penser à débarquer en France, il fallait que les alliés conquièrent la maîtrise des mers. Là encore, le concours des réseaux de renseignements français se révèlera important, aussi bien en ce qui concerne l'élimination ou la neutralisation des cuirassés allemands que celle des meutes de sous-marins allemands (voir opération "Cerberus"). Le réseau nord des sosies contribuera également à faire disparaître la menace que pouvait faire peser la concentration de sous-marins en meute dans la baie du Mont-Saint-Michel en alertant les alliés et en leur livrant les cartes hydrographiques de cette zone.

    Mais c'est à coup sûr La technique de développement des radars équipant et des avions patrouilleurs, éventuellement à long rayon d'action comme les hydravions Catalina équipés de mines et de bombes spécifiques, qui va permettre aux alliés de maîtriser la sécurité des convois, l'invention du "snorckel" permettant aux sous-marins allemands de réduire considérablement la trace détectable de leurs sous-marins, qui nécessitait des travaux importants, intervenant trop tard dans le cours de la guerre pour en influencer le cours de façon décisive.

    Il restait également aux alliés à acquérir la maîtrise de l'espace aérien qui n'était pas encore acquis au début de l'année 1944. La maîtrise de l'air, indispensable pour le plein succès d'OVERLORD, a au demeurant coûté très cher en vies humaines. Aussi bien pour les armées aériennes alliées que pour les victimes civiles des bombardements.

    La stratégie allemande d'Hitler pour prévenir le débarquement des alliés.

     

     

    Les structures et chaîne de commandement
    des armées allemandes sur le front de l'Ouest

    Documents extraits de "CROSS-CHANNEL ATTACK",
    par Gordon A. Harrison.
    Pour mieux les apprécier cliquer deux fois sur l'image.

     

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

    C'est seulement à partir du début de l'année 1943, c'est à dire bien après l'entrée en guerre des USA et même la guerre en Tunisie qu'Hitler s'est préoccupé de prendre véritablement le contrôle du front de l'Ouest via l'OKW, laissant l'OKH se débrouiller avec le front de l'Est.

      

    En effet, après les conférences de Moscou puis de Téhéran, le sentiment général était qu'un débarquement à l'ouest paraissait imminent au printemps, à deux ou trois mois à partir du mois de février 1944.

      

    A ce moment là, Hitler s'était borné à émettre les deux directives n° 40 du 23 mars 1942.


    C'est justement vers la fin du mois d'octobre 1943, et plus précisément le 25 octobre, que von Rundstedt a mis la dernière main à un rapport quelque peu explosif dans lequel le commandant d'OB West mettait en exergue les faiblesses de la défense allemande à l'Ouest. Hitler y répondra de deux manières:

     

      1. d'abord en émettant sa directive n°51 du 3 novembre 1943 au demeurant entre les mains des alliés. L'armée disposerait d'un plan pour équiper chaque division de panzer et de panzer grenadier de quatre-vingt-treize chars Mark IV ou de canons d'assaut et des défenses antichars fortes pour la fin décembre 1943. Des divisions de panzer de réserve devraient être entièrement équipées; des canons antichars et des mitrailleuses devaient être livrés en quantité aux unités d'OB OUEST. Il était interdit de transférer les unités blindées hors de l'ouest sans approbation personnelle d'Hitler.

      

      1. Enfin, OB OUEST devrait organiser des exercices pour planifier le décalage des unités partiellement mobiles des parties de côte non menacées par l'invasion. (Hitler n'avait pas prévu que le carburant allait manquer dramatiquement aux divisions allemandes à la suite du bombardement systématique de toutes les sources de production de l'Allemagne, y compris le bombardement de Ploestie.)

     

      1. Alors qu'il avait l'intention de nommer Rommel au commandement des opérations allemandes en Italie (commandant d'OB SUD), Hitler a changé complètement d'avis et trois jours après avoir nommé à sa place le feld maréchal Kesselring, il a désigné Rommel pour assurer la contre-attaque allemande en cas d'invasion avec l'idée de lui confier les réserves chargées de repousser l'ennemi. Mais il y avait loin de l'intention aux actes: Rommel se rendra bien vite compte qu'il ne dispose des panzers que si Hitler y consent, et que les marges de manœuvres et de déplacement des panzers à sa disposition sont réduites par l'absence de la maîtrise de l'air.

     

    1. Les seules fonctions qu'il peut remplir effectivement consistent donc à renforcer autant que possible le mur de l'Atlantique.

     

    Casematte d'un canon de gros calibre
    en cours de bétonnage dans le Pas-de-Calais
    Documents extraits de "CROSS-CHANNEL ATTACK",
    par Gordon A. Harrison.

    Dès sa nomination, et avant même son entrée en fonction officielle, Rommel a donc entrepris de visiter le mur de l'Atlantique, d'abord au Danemark, puis les fortifications de "Kanalkuest" défendant les plages de la Côte d'Opale. Le 23 décembre 1944, il quittera brusquement la zone de Fort-Mahon pour se rendre via Abbeville à Amiens où il rencontrera le 24 décembre 1944, l'état-major de la 2ème Panzer Division de la Wehrmacht.

    De son côté, Von Runsted approuvera un plan de renforcement des fortifications et de constructions de casemates pour l'artillerie côtière et les canons antichars, et il entreprit de constituer une réserve d'unités blindées.

      

    Tout en sachant que le commandement de ces réserves et la conduite de la bataille devait être confiée au "renard du désert" sous le contrôle d'Adolf Hitler. On devine déjà quelle sera la réponse des alliés aux mesures adoptées par Adolf Hitler, mesures au demeurant parfaitement connues des alliés grâce au système de décodage "Ultra".

    Chaîne de commandement et organisation alliée

     

    Les chaînes de commandement
    du COSSAC et du S.H.A.E.F.

    Pour mieux apprécier ces documents
    cliquer deux fois sur l'image.
    Pour prendre connaissance de
    la directive du 12 février 1944,
    cliquer sur le lien.

    Alors que l'on peut constater, dans le schéma des chaînes de commandement allemand, que les responsabilités stratégiques et militaires, théoriquement concentrées entre les mains d'Hitler, sont en réalité parfaitement diluées jusqu'au niveau des unités militaires, on observe que la chaîne de commandement alliée est parfaitement intégrée dans les états-majors mixte du COSSAC puis du S.H.A.E.F. Ce schéma était annexé à la directive au Commandant en chef du corps expéditionnaire allié, c'est à dire, Dwight D. Eisenhower, établie le 12 février 1944 et communiquée deux jours plus tard à l'Intérressé.

      

    Cette directive intègre donc les directives d'Hitler à ses troupes, mais également, les modifications apportées au plan d'assaut du COSSAC, et le plan de tromperie du commandement allemand. Il intègre également la connaissance qu'avaient les alliés des concentrations de troupes

    supplémentaires allemandes opérées au nord d'Abbeville par 127 trains T.C.O. (trains de l'armée allemande en cours d'opération).

    La seule exception à cette règle sera le commandement centralisé des forces aériennes alliées, oublié dans le schéma initial prévu à Casablanca que Dwight D. Eisenhower, en sa qualité de commandant suprême du corps expéditionnaire allié, résoudra vers la mi-avril 1944 au prix d'un débat particulièrement dur avec Winston Churchill, le Premier ministre britannique, au cours duquel le commandant suprême de forces alliées mettra sa démission dans la balance.

    Il résultera de l'intégration parfaite des officiers alliés au sein du S.H.A.E.F. et dans les états-majors chargés notamment des missions aériennes et également des missions de support aux troupes alliées et aux maquis de la Résistance française une grande cohésion dans l'action et l'application de la stratégie adoptée.

      

    Cette cohésion va jouer un rôle majeur dans l'exécution et la réussite totale des plans de tromperie de FORTITUDE et QUICKSILVER, destinés à préserver la sécurité de NEPTUNE et d'OVERLORD. (NDR: Ce principe a été conservé dans l'organisation de l'OTAN).

    Un entraînement à munitions réelles au débarquement
    sur une plage anglaise
    Document extrait de "CROSS-CHANNEL ATTACK",
    par Gordon A. Harrison.

    Autre avantage résultant de la cohésion alliée, la permanence des responsables militaires pérennisés dans leur poste, tel le lieutenant général Omar N. Bradley, commandant la première armée US. Les mutations aux postes de responsabilité d'armes se comptent sur les doigts d'une main.

      

    On peut citer le remplacement du général Paget par le Maréchal Sir Bernard L. Montgomery à la tête du 21ème groupe d'armées britannique. Dans la marine US, la nomination, le 9 septembre 1943, de l'amiral Stark ne se fit pas aux dépens de son prédécesseur, l'Amiral King, car ce dernier a été désigné pour commander, former et entraîner les forces américaines chargées de l'assaut des plages du débarquement d'Utah et d'Omaha.

      

    Seule, la nomination le 1er avril 1944 de l'Amiral Sir Bertram H. Ramsay à la tête des forces navales du Corps expéditionnaire allié (ANCXF) paraît d'autant plus tardive que la tâche de préparation des opérations était engagée depuis le mois de janvier 1944; Mais un contrôle pointilleux et opérationnel paraissait indispensable pour mener à bien toutes les opérations programmées, y compris celles de tromperie de l'ennemi.



    Il faut dire que l'ajout de deux nouvelles plages de débarquement (celle d'Utah beach et de Sword), réclamées par Montgomery avec l'accord du major général Sir Francis de Guingand, chef d'Etat-major du général Eisenhower, dès le début du mois de janvier 1944, bouleversait complètement les prévisions établies par le COSSAC: il allait falloir augmenter sérieusement la préparation des unités chargées de l'assaut, y compris celles de parachutistes et des unités de planeurs, accroître le nombre des barges, des péniches de débarquement, et des Liberties'ships, et encore celui des navires de protection et de soutien...

    Tout cela en même temps que les marines US et britanniques devaient assurer des tâches d'entraînement de nuit et de jour au débarquement avec des tirs réels afin d'entraîner et de durcir les troupes d'assaut...



    A l'exemple des centres d'entraînement britanniques gérés par le Combined Operations Headquarter, l'armée US avait ouvert en septembre 1943, à Woolacombe, un centre d'entraînement à l'Assaut, dirigé par le lieutenant colonel Paul W. Thompon dans lequel ont bientôt défilé les unités prévues pour l(assaut en Normandie à l'exception de la 82ème Airborn, qui, elle, s'était entraînée en Sicile... Ont également été ouverts un centre d'entraînement pour les sauts à basse altitude des parachutistes, un autre pour le pilotage des planeurs...



    Pour donner une idée de la nature des tâches qui se répartissaient entre les états-majors aux différents niveaux de la chaîne de commandement, voici la chronologie des tâches accomplies à partir du 1er janvier 1944 jusqu'à la fin mai au niveau des seules armées US, sachant que des travaux analogues étaient conduits simultanément par les états-majors de l'armée britannique:

     

    Le général Dwight D. Eisenhower,
    commandant suprême
    du Corps expéditionnaire allié
    Document extrait
    de "CROSS-CHANNEL ATTACK",
    par Gordon A. Harrison.

     

      1. 01/01/1944: Réorganisation des armées aériennes américaines. Il est en outre établi une section de contrôle des 8ème et 15ème US Air Forces .au niveau de l’Etat-major (Bomber Command) afin d’étudier la pertinence des bombardements, y compris des bombardements stratégiques, à l’aide d’outils de calculs opérationnels et d’études statistiques. Cette pratique sera pérennisée ultérieurement au sein du Strategic Air Command (S.A.C.).

     

      1. 13/01/1944: Un radiogramme émanant du réseau France zéro ZW, (et donc ajoutons noustransmis par Elizabeth du réseau Alibi pour le MI5) annonce des mouvements de trains TCO (Transports commandés en opération) de la Wehrmacht, pour 62 trains réalisés (dont 24 TCO "Preiselbeers" et 33 TCO Edelkirsch") et auxquels s'ajoutent à venir 9 trains TCO "APT" et 10 trains TCO "PAPST" pour les 16 et 17 janvier.

     

      1. "Il semble, ajoute la dépêche, qu'il se produit en ce moment et depuis le début du mois une importante concentration de troupes dans le Nord du département de la Somme et la zone contiguë du département du Pas de Calais". (5)

     

      1. Du 17 au 22 janvier 1944:
      2. Eisenhower prend connaissance à Norfolk House des projets de plans d'induction en erreur des allemands (BODYGUARD et FORTITUDE) et donc nécessairement des mouvements de trains allemands sur le littoral de la Côte d'Opale émanant du réseau France zéro ZW (6).
      3. 23/O1/1944: Décision d'Eisenhower: le Commandant Suprême (qui avait longtemps soutenu ANVIL) était également convaincu ainsi qu'il l'a indiqué au Conseil mixte des opérations,

     

      1. son autorité exécutive, en précisant que le plan d' OVERLORD devait être amplifié et celui d'ANVIL réduit, s’agissant simplement de le maintenir comme une menace; et, au besoin, OVERLORD lui-même doit être lui-même repoussé d'un mois.(7)

     

      1. 31/01/1944: FUSAG: Planification de la directive pour OVERLORD.(8)

     

      1. 01/02/1944: esquisse des grandes lignes du plan initial de Neptune par les états-majors combinés du Commandement mixte allié (Joint Commanders).

     

      1. 3 février 1944: Lancement de l'ordre de bataille fictif du FUSAG daté du 3 février 1944 sous la référence SHAEF/18201/6/OPS.(8).

     

      1. 04/02/1944: Agrément par les chefs d’état-major combinés des opérations amphibies confiées à la deuxième Armée.

     

      1. 10/02/1944: Plan préliminaire "OVERLORD" établi par le TF 122 du FUSA.
      2. 12/02/1944:
      3.  
          • Plan préliminaire d'Overlord du Vème Corps de l'Armée US.
         
          • Publication du plan d'isolement de la zone de débarquement en Normandie élaboré par l'Air Marshall Leigh-Mallory, pour l'A.E.A.F.
         
      4. 13/02/1944: Une nouvelle directive des chefs d'état-major mixte (combined) donne pour consigne aux formations de bombardement US et britanniques de réduire les forces aériennes allemandes... par tous les moyens possibles.

     

      1. Cette directive modifie donc sérieusement les objectifs entérinés par la conférence de Washington du 18 mai 1943, et ne change rien à la mission de l'Air Marshall Portal qui reste chargé de la directio stratégique des opérations de bombardement "combinées". [consulter notamment à ce sujet le site "hyperwar" de l'US Air Force.]

     

      1. 14/02/1944: Le général Eisenhower et son état-major reçoivent la directive du 12 février 1944 des état-majors généraux britanniques et américains.Le COSSAC devient officiellement le SHAEF sous le contrôle d'Eisenhower.

     

      1. 22/02/1944: Le Q.G. de la 8ème Air Force est redésigné comme le QG de l’USTAF (incluant la 15ème Air Force).

     

      1. 25/02/1944: planification de "NEPTUNE" par le FUSA.
      2. 26/02/1944: Directive SHAEF 44-21 de FORTITUDE.

     

      1. 27/02/1944: mise en service au départ pour la 9ème US Air Force (chasseurs et chasseurs bombardiers) du centre de contrôle opérationnel mixte (avec le 11 gp de la RAF d'Uxbridge, sous l'autorité provisoire du général Quesada. L'actvité de ce centre sera finalement étendue à toutes les missions concernant OVERLORD.

     

      1. 28/02/1944:
          • Plan Guide de l'Operation “OVERLORD"pour le Vème Corps de l'armée US
          • Plan naval de l'Operation “NEPTUNE" de l'ANCXF (forces navales du Corps expéditionnaire allié).
         
      2. 10/03/1944: Directive du SHAEF au 21ème groupe d'armée, à l'AEAF, et à l'ANCXF.
      3. 20/03/1944: Plan combiné applicable au 2nd TAFF du 83ème Groupe de la 2ème Armée.
      4. 25/O3/1944: Approbation définitive de l'accord qui confie l'exécution du plan de bombardement du réseau ferré français et belge càonjointement à l'Air Marshall Portal, représentant les Etats-majors combinés américain et britannique et à l'Air chief Marshall Tedder, en tant que délégué du Commandant suprême.

      

      1. Acquis le 9 mars 1944, cet accord n'a été définitivement approuvé que le 25 mars 1944 afin de substituer le terme de "commandement" au terme de supervision... C'est également le même jour que Tedder exposera les grandes lignes du plan de bombardement du réseau ferré aux états-majors des formations aériennes au linistère de l'Air britannique. Le plan "oil" proposé le même jour par le général Spaatz a également été appouvé le même jour comme plan alternatif au plan rail.

     

      1. 26/03/1944: Plan NEPTUNE du Vème Corps d'armée US.

     

      1. 27/03/1944: Plan Neptune du VIIème Corps d'armée US.

     

      1. 8/04/1944: Plan de feu combiné de Neptune applicable par le 21ème Groupe d'armées et l'ANCXF.
      2. 10/04/1944: ordre d'opération navale de l'ANCXF.

     

      1. 13/04/1944: Le Général Eisenhower assure formellement la direction des opérations aériennes en dehors du Royaume uni à Minuit (toutefois, il avait exercé déjà son autorité dès la fin du mois de mars 1944). L’autorité d’Eisenhower s’étend désormais à l’ AEAF, au bomber

     

      1. Command de la RAF et à l’USSTAF (les 8ème et 15ème US Air Force, cette dernière conservant un certain degré d’indépendance) ainsi qu’au 1er groupe d’armées US, au 21ème groupe d’armées britannique, et aux forces navales alliées.

     

      1. 14/04/1944: Eisenhower fixe la mission particulière des forces aériennes stratégiques: d'abord détruire les forces aériennes allemandes et leurs moyens de maintenance, ensuite détruire les moyens de communication par chemin de fer.

     

      1. 15/04/1944: Plan aérien global de l'opération NEPTUNE applicable par l'E.A.E.F.

     

      1. 17/94/1944: Le général Dwight D. Eisenhower impose aux formations aériennes alliées le plan "rail" de paralysie des réseaux de la SNCF en France.

     

      1. 16/04/1944: Ordre de bataille No. 35 de la 1ère D.I. US.

     

      1. 21/04/1944: Plan d’Operation No. 2-44 (ONWEST 2)de la WNTF (sigle dont la traduction littérale n'a pas été retrouvée et ne figure dans aucun glossaire...) Il s'agit probablement d'un plan de mouvement de débarquement sur l'une des plages américaine

     

      1. 24/04/1944: Plan des mouvements communiqué au War Office (ministère de la guerre britannique).

     

      1. 28/04/1944: Directive amendée au FUSAG (1st US Army group) 21ème Groupe d’Armées britannique.

     

      1. 01/05/1944:
      2.  
          • Amendement N°1 à l’ordre de bataille (ON)à l'ANCXF.
         
          • L'état-major du S.H.A.E.F. demande que la combativité de la résistance et le plan "vert" soit testé en Bretagne. Ce test sera exécuté dans la nuit du 6 au 7 mai 1944 sur la ligne Paris Quimper et maintenu pendant une semaine.
         
      3. 02/05/1944: Constitution du IXème Tactical Air Command pour Neptune au sein de la 9ème U.S A.F.
      4. 06/05/1944:
      5.  
          • Directive "Fortitude South" SHAEF/24132/4/SM/OPS
          • (grandes lignes du plan pour les moyens spéciaux). (8)
          
          • Ordre de bataille N°6 de la 82ème Airborn Division.
         
      6. 08/05/1944: Plan révisé des operations combinées des Armées US pour l’opération OVERLORD concerne FUSAG, 9ème USAF, WNTF.

     

      1. 09/05/1944: Ordre de bataille n°1 du VIIème Corps d’armée US.

     

      1. 12/05/1944: Ordre de bataille n°1 de la 4ème Division US.

     

      1. 15/05/1944: Ordre d’opération n° 3-44 (opération combinée navale N°3-44 ON-WEST/U-3) ordonnançant l'assaut d'Utah Beach.

     

      1. 18/05/1944:
      2.  
        • Lettre d’instruction au Vème Corps d’armée US (Omaha)amendant le plan Neptune.
        • Ordre de bataille n°1 à la 101ème Airborn division.
      3. 20/05/1944: Ordre d’opération n° BB-44 (ON-WEST/0) ordonnançant l'assaut Assault de la force O (Omaha).

     

    1. 27/O5/1944: Révision n°2 vers l’Annexe 12 (appui feu) au FUSA (1rst US Army).
    2. 28/05/1944: Révision de l’ordre de bataille n°6 de la 82ème Airborn Division.
    3. 28/05/1944: Révision de l’ordre de bataille n°1 du VIIème Corps d'armée US.
    4. 19/07/1944: Directive SHAEF/18250/op(B) du plan Fortitude II.(8)

    Quelles premières conclusions tirer des travaux de préparation du débarquement?

    On voit très bien comment le général Eisenhower a su mener à leur terme des opérations particulièrement complexes avec obstination, diplomatie et tenacité. Les termes "de main de fer dans un gant de velours" correspond très bien à son personnage.

    Ike avait très bien compris que le problème central que devrait affronter les alliés serait l'étranglement possible des troupes alliés faute du contrôle d'un port facilitant le débarquement des troupes et des approvisionnements [NdR:

    cette situation sera aggravée par la destruction du mulberry d'Omaha et la destruction de nombreuses barges de débarquement par la tempête survenue huit jours après la mise en service du mulberry d'Omaha]. Telle est la véritable raison pour laquelle il tenait à enclaver le champ de bataille normand en détruisant les moyens de communication ferrée à la disposition de l'ennemi. Et son raisonnement a été parfaitement validé par le déroulement des combats.

    En revanche, le déclenchement de l'opération GROG, qui a suivi la mission COONEY de paralysie du réseau ferré breton les 5 et 6 juin 1944, a été une erreur, dès lors que la percée du front allemand n'était pas réalisée.

    Il est certain que si l'opération avait été reportée après l'opération Cobra, alors le maquis de Saint-Marcel soutenu par la 4ème DB US ne serait pas tombé et qu'en revanche la baie de Quiberon serait tombée comme un fruit mûr entre les mains des alliés qui en aurait fait un port de débarquement précieux en attendant la reconstruction du port de Cherbourg.

    Le général Wood, à la tête de la 4ème DB US, avait très bien vu le problème (sans savoir que s'il fonçait sur Lorient il pouvait conquérir le port) et l'absurdité de sa mission initiale dès lors que les groupes de combat de sa division ne pouvaient compter sur l'appui des maquis dès leur entrée dans le département du Morbihan.

     

     

    http://museevirtuelmilitaire.centerblog.net/6544253-rare-livre-der-kampf-im-westen-1940 

     

     

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