• Les SOLDATS d'OUTRE MER à l'HONNEUR

     

     Le 14 juillet 1944, à Alger, le Bataillon de Marche des Antilles (BMA) constitué d’Antillais défile devant le Général de Gaulle.

     

    Par volonté d’assimilation et aussi reconnaissance pour le pays qui a aboli l’esclavage au XIXe, ces soldats venus des «vieilles colonies» se sont engagés dans les troupes françaises défendre une terre qu’ils ne connaissaient même pas.

     

     

    Durant les deux conflits mondiaux du XXe siècle, l’apport des soldats ultramarins fut déterminant pour l’armée française. L’engagement des hommes et des femmes nés dans ce que l’on appelle alors les « vieilles colonies »

     

    (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion) a une valeur hautement symbolique.

     

    Il témoigne de l’attachement aux valeurs républicaines portées par un pays qui, au XIXe siècle, a aboli l’esclavage et fait des anciens esclaves des citoyens français.

      

    Dans leur volonté d’assimilation à ce pays, ces nouveaux citoyens entendent avoir les mêmes droits et devoirs que les métropolitains.

      

    Quant aux habitants de Polynésie française et de Nouvelle-Calédonie, même si leur histoire et leur situation administrative différaient, ils se sont aussi loyalement et massivement engagés dans les troupes françaises.

     

    Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, des milliers de citoyens des « vieilles colonies » répondent à l’ordre de mobilisation, prêts à rejoindre une terre qu’ils n’ont jamais foulée. C’est la première fois de leur histoire qu’ils se trouvent en situation de remplir ce devoir.

      

    Nombreux sont ceux qui, oubliés par l’administration, ne sont recensés sur aucune liste. Pourtant, des centaines d’hommes se portent volontaires, dont beaucoup trichent pour pouvoir s’engager.

     

     

    Un rapport parlementaire de décembre 1924 chiffre les contingents ultramarins en Europe pendant la guerre à plus de 10 000 pour La Réunion, le double pour les Antilles et la Guyane. Ils combattent sur les théâtres les plus durs : la Somme, Verdun, le Chemin des Dames, et en Orient à partir de 1915, sur les fronts des Dardanelles et en Macédoine.

      

    D’abord intégrés dans les troupes coloniales (bataillons de tirailleurs et régiments d’infanterie coloniale), ces soldats sont versés dans les troupes métropolitaines et en Afrique du Nord.

     

     

    Plus de 1 400 Guadeloupéens, 1 700 Martiniquais, environ 300 Guyanais et 3 000 Réunionnais y perdent la vie. Leur valeur est saluée par leurs chefs : plus de 300 citations individuelles ont été obtenues par des soldats réunionnais ou guyanais, plus de 700 par des Martiniquais.

     

    En Polynésie et en Nouvelle-Calédonie, les populations ne possédant pas encore le statut de citoyen français ne sont pas soumises à la mobilisation.

      

    Cela étant, des centaines de volontaires se présentent. D’ailleurs, au mois d’août 1914, deux croiseurs allemands se positionnent devant Papeete.

      

    La défense s’organise dans la hâte mais le lieutenant de vaisseau Destremau, à la tête des forces locales, met en déroute les deux navires après de violents échanges.

      

    En tout cas, le gouvernement recrute un bataillon de 500 soldats canaques à la fin de 1916, bientôt rejoint par un groupe de 500 Tahitiens.

     

      

    Intégrés au « Bataillon mixte du Pacifique – (BMP) », ces hommes reçoivent de rudes missions en 1918, d’intensité et d’importance égales à celles confiées aux meilleures troupes, alors que c’est leur baptême du feu. Le BMP participe à la défense de Compiègne, aux combats de l’Aisne et de Champagne. Près de 400 soldats y laissent la vie, plus de 300 autres sont décorés au front.

      

    Le BMP lui-même est cité à l’ordre de la 10e armée pour son comportement exemplaire.

     

     

    Des soldats guadeloupéens du 2e Génie escortent des prisonniers allemands en partance pour Rouen.

      

    L’« impôt du sang » est une nouvelle fois payé à l’occasion de la Seconde Guerre mondiale. Mobilisés en 1939, les soldats de l’Empire représentent une force non négligeable.

    Sur plus de cinq millions de mobilisés, 300 000 proviennent des « vieilles colonies ».

     

    Les ultramarins joueront un rôle important après la défaite de la France au mois de juin 1940. Ils connaîtront la gloire au sein des Forces françaises libres (FFL) du général De Gaulle, qui avait d’ailleurs annoncé : « Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. […] Car la France n’est pas seule ! […]

      

      

    Elle a un vaste Empire derrière elle. »

     

     

    Les premiers à rallier les FFL sont la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie, les 2 et 20 septembre 1940. Un corps expéditionnaire est rapidement constitué, le « Bataillon du Pacifique » de seconde génération. Le 21 avril 1941, un contingent de 300 hommes quitte Tahiti pour Nouméa où 300 autres soldats, Canaques notamment, se joignent à eux.

      

    Le Bataillon rejoint la Libye, passe son baptême du feu à Tobrouk puis s’illustre dans sa défense acharnée de Bir Hakeim en juin 1942 au sein de la 1e BFL de Koenig.

     

      

    Sa campagne se poursuit de l’Egypte à la Tunisie.

    En avril 1944, le Bataillon débarque à Naples, perce la ligne Gustav et entame sa campagne de France au sein de la 1re Division française libre (DFL), qui le mènera jusque dans les Vosges.

      

    Aux Antilles et en Guyane, des voix s’élèvent rapidement pour rallier de Gaulle. Mais les gouverneurs locaux, favorables au régime de Vichy, exercent une forte pression.

      

    Si les insurrections débutent en Guyane en mars 1943 et aux Antilles entre mai et juillet 1943, à cette date plusieurs milliers d’Antillais sont déjà allés rejoindre les îles anglaises voisines de la Dominique et de Sainte-Lucie. Ces « dissidents », que l’on estime à environ 5 000, sont pris en charge par les recruteurs FFL.

     

      

    Après sélection, ils sont dirigés vers les Etats-Unis et le camp de Fort Dix. Guyanais et Antillais sont envoyés en Afrique, en septembre 1943, en tant que « Bataillon de Marche des Antilles n°1 ». Après avoir traversé le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, le BMA 1 est intégré à la 1re DFL au mois de décembre et devient le 21e groupe antillais de DCA. Il débarque à Naples le 3 mai 1944 et participe à tous les combats de la libération.

      

    Après Pontecorvo, Montefiascone, Bolsena, Hyères, Fresse, il se distingue en Alsace lors des combats d’Herbsheim et de Benfeld.

     

      

    Après la libération des îles, à l’été 1943, le BMA 1 est rejoint par les volontaires intégrés au BMA 5. Des Antilles, celui-ci part pour l’Afrique. Rattaché à l’armée B, il débarque à Marseille le 15 septembre 1944 et participe à la campagne de France. Ses hommes combattent, en avril 1945, dans la poche de Royan, où leur valeur est saluée par une citation à l’ordre de la Division.

     

    La Réunion n’est pas en reste. Soumise à la loi d’un gouverneur vichyste, la population de l’île demeure favorable au général De Gaulle, la Résistance s’organise.

      

    Tout s’accélère après la prise de Madagascar par les Anglais le 5 novembre 1942. Le 28 novembre, le navire de guerre des Forces navales françaises libres (FNFL) Léopard prend le contrôle du port puis de la ville. Des volontaires se pressent pour poursuivre la lutte, partent sur le Léopard ou rejoignent le 1er Régiment blindé de fusiliers marins de la 2e DB et combattent jusqu’en Allemagne.

      

    Le panorama de la participation des troupes ultramarines à ces hauts faits ne serait pas complet si l’on passait sous silence le parcours de centaines de combattants engagés individuellement ou par petits groupes au sein des Forces aériennes françaises libres, des Forces navales ou des Cadets de la France Libre.

     

    En cette année célébrant l’outre-mer, un juste hommage doit être rendu à ces dizaines de milliers d’hommes et de femmes, qui, bien que séparés de la métropole par des milliers de kilomètres, furent toujours au premier rang des combattants de la liberté, faisant la fierté de leurs chefs et de la nation.

     

     

    sources

     

    http://www.defense.gouv.fr/actualites/dossiers/2011-annee-des-outre-mer/les-outre-mer/perspectives/histoire

     

     

     

      

      

     

     

     

     

     

     

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