• LE MARCHE NOIR......les B.O.F. ( Beurre, oeufs, fromage )

     

      
      
      
    LE MARCHE NOIR sous l'occupation..... les prix exhorbitants....1942 - On offre dans certains restaurants des repas à quatre cents francs, près de la Porte Saint-Denis un margoulin vend le plat de viande cent vingt fran...cs ...

    Français et Françaises ! Formez dans chaque arrondissement et dans chaque municipalité un comité local de ravitaillement ...

    Ménagères ! Dans chaque quartier formez votre comité local de ménagères ...

    Ecrivez à l'Humanité les noms et adresses des margoulins du marché noir. Notre journal se chargera de faire à ces affameurs toute la publicité nécessaire.
     
     
      
      
    LES BOF... les EPICIERS font fortune... 
     
    1942... Paradoxalement en ce temps de pénurie, des épiceries s'ajoutent à celles qui existent et deviennent très importantes. La famille des « Beurre, Œufs, Fromages », des B.O.F. , naît, fait souche; son cercle s'agrandit.
    Elle a un grand appétit. d'argent vite gagné, elle exhibe un luxe tout neuf. Elle ne discute pas « affaires » dans l'arrière-boutique mais dans les bars des Champs-Elysées. 
    Un de ses représentants vend, notamment en 1941, 980 kilos de gruyère à 50 francs l'un au lieu de 21 ; 66 kilos de parmesan à 70 francs au lieu de 40... entre autres denrées.
      
    Tarifs qui trois ans plus tard paraîtront d'ailleurs bien faibles. Des produits seront vendus jusqu'à trente fois plus cher que leur valeur. 
    Les trafiquants cherchent aussi dans le Nord des articles de ménage et des textiles car on ne vend, avec tickets, que du tissu... sans textile, qui a une fâcheuse tendance : celle de se ratatiner à l'humidité.
      
    Tous se démènent, les uns pour nourrir leurs femmes, leurs enfants, leurs amis avec un petit bénéfice saris doute; les autres dans un but lucratif. 
             
    Les uns se déplacent par le train, les autres en voiture ou en camion que déforme, puisque l'essence est rationnée, l'installation du gazogène. Ceux-là ont monnayé au prix fort la possibilité de rouler, ce qui surenchérit d'autant le prix des denrées qu'ils ramènent. 
             
    D'autres encore ont adopté la bicyclette. On compte, en 1942, 10 711 808 « petites reines » contre 8 320 042 en 1939.
    On transporte, on stocke de tout dans n'importe quoi... 38 kilos de sucre dans un piano à queue; un petit veau dans une voiture d'enfant, où déjà est installé un bébé; on cache des pâtes alimentaires et de la viande dans un caveau du cimetière de Saint-Germain-en-Laye.
      
    Beaucoup de Français "éleveront" des lapins, poules dans leurs appartements... dans leur jardin... pour se nourrir.. 
     
      
      
    restaurants pendant l'occupation
      
    LES RETAURANTS
      
     
    La réglementation des restaurants est d'une complication qui serait décourageante ... si elle était observée.
    Classés en quatre catégories : A de 35,10 francs à 50 francs ; B de 25,10 francs à 35 francs ; C de 18,10 francs à 25 francs ; D égal ou inférieur à 18 francs, ils doivent afficher à partir de 10 heures, non seulement le menu, mais aussi la valeur des tickets à remettre par le client. 
     
    Pour la composition des menus (tout service à la carte étant interdit), quatre formules sont admises entre lesquelles le consommateur a le choix. La nature des hors-d'oeuvre, qui doivent obligatoirement être servis froids; est déterminée : pas de poissons, pas de salades contenant des oeufs. Ni beurre, ni sucre à la disposition des clients. 20 centilitres de vin seulement à chaque repas.
      
    Enfin, le restaurateur n'a même pas le droit de tenter un éventuel client.
    Tous les fruits et plats doivent être rigoureusement invisibles de l'extérieur.
      
    C'est le temps des vaches maigres. Des inspecteurs du ravitaillement. Le temps où, dans les prisons et les écoles, la nourriture devient une obsession, où, dans les foyers, elle ne cesse d'être l'unique pensée de millions de mères de famille soudain esclaves de l'épicier, du boulanger. du boucher, du crémier, de tous ces puissants barons qui ont pouvoir de vie et de mort sur une population tremblante, haineuse, courbée, révoltée.       
      
    C'est le temps où les enfants apprennent à voler pour manger et où les pères se vantent des scandaleux tours de force qui ont amené jusqu'à la table familiale le pain et le vin.
     
     
      
     
    restrictions en 1940
      
      
      
      
    Chaque Français reçoit de la mairie des cartes de rationnement à son nom, frappées de la lettre correspondant à sa catégorie . Des tickets sont joints par feuilles périodiquement renouvelables pour les principaux produits.   Chaque mois, les services du ravitaillement fixent la quantité de denrées concernées, quantité à laquelle chacun de ces tickets donne droit.   
     
    En échange des produits fournis, les commerçants prélèvent les tickets correspondants. Ceux-ci les reversent aux services économiques afin d'être réapprovisionnés le mois suivant.   Si toutefois les arrivages - et les incohérences de l'administration le permettent. Ainsi, entre le moment de la distribution des cartes, de l'inscription pour une denrée et celui de sa distribution, il s'écoule souvent des semaines, parfois des mois...
     
     

     
    Le temps des restrictions pendant l'occupation 
      
      
    Le temps des restrictions est bel et bien installé : les corbeaux et les pigeons remplacent désormais le poulet dominical, le haricot grillé, la fève cuite, l'orge et le gland à cochon relèguent bientôt le café au rang des souvenirs, les gâteaux sont servis en guise de plat principal...
     
      
    Le rationnement des produits va se généraliser progressivement entre l'été 40 et l'automne 41. Il concerne non seulement la nourriture dans sa totalité, le tabac ou le vin, mais aussi les vêtements, les chaussures, le chauffage  
     
     
     
     
     
    requisitions de l'armee allemande en 1940
      
      
      
      
    Les représentants français à la Commission d'armistice de Wiesbaden ont beau attirer l'attention sur la disparité des rations françaises et des rations allemandes, réclamer l'arrêt des exportations hors de France de toutes les denrées alimentaires, solliciter une réduction des achats des troupes ainsi que des livraisons de compensation de pommes de terre et de sucre allemand, la plupart de ces réclamations restent sans effet. Elles provoquent même la colère du maréchal Gôring qui, le 6 août 1942, expose, devant les commissaires du Reich pour les territoires occupés, sa conception de la situation alimentaire en France. 
      
    La France ? Il en vient. Les paysans français ? Tous des paresseux. Les citadins ? Des gens qui s'empiffrent de nourriture, que c'en est une honte. Le gros maréchal bien nourri tremble de colère et pointe un index accusateur.
     J'ai vu des villages où ils ont défilé avec leurs longs pains blancs sous le bras. Dans les petites villes, j'ai vu des oranges à pleins paniers, des dattes fraîches d'Afrique du Nord... Je vais envoyer une quantité d'acheteurs en France qui auront tout loisir, d'ici Noël, d'acheter à peu près tout ce qu'ils trouveront dans les belles boutiques et les beaux magasins et, cela, je le ferai mettre en vitrine pour le peuple allemand dans les boutiques allemandes, et il pourra se le procurer.
     
     
     
       

    soldats allemands à Paris 

      

      

    Les Français ne sont pas les seuls consommateurs. A côté d'eux, disposant de priorités indiscutables, de moyens d'achat puissants et d'un change scandaleusement favorable :

    l'armée allemande.
     

    Non plus l'armée allemande de juin 1940, où des soldats de légende dévorent des omelettes de vingt-quatre oeufs et meurent étouffés pour avoir mangé trop de pêches. 
     

    Mais, très vite, une armée allemande organisée qui, dès le 25 août 1940, à Bordeaux, réquisitionne caoutchouc et savon, et, le 12 septembre, commande 20 000 caisses de Bénédictine dont 300 livrables immédiatement. Ses réquisitions et ses achats ont pour but, non seulement de nourrir les troupes campant sur le sol français, mais aussi les civils allemands et, plus tard, les soldats de l'Est. 

     


     

    ravitaillement pendant l'occupation      

     

     

       Lorsqu'on effectuera le recensement des denrées emportées (achats amiables, prises de guerre, réquisitions), on arrivera, pour la période allant de juin 1940 à juin 1944, à 2 845 000 tonnes de blé (la moitié d'une récolte annuelle) et presque autant d'avoine, 845 000 tonnes de viande (soit plus que la consommation de 40 millions de Français pendant l'année 1941), 711 000 tonnes de pommes de terre, 220 millions d'oeufs, 750 000 chevaux, etc.  Les Français vont apprendre à gérer ce quotidien extraordinairement difficile. Ils appliquent scrupuleusement deux grands principes sans cesse rabâchés par la presse : "Ne rien perdre, faire durer".

     

     

      

      

      

    Ainsi apprennent-ils par exemple à n'utiliser qu'1 g du savon de 100 g auquel ils ont droit chaque mois. Les "recettes de bonne femme" triomphent. En séchant, l'ail soude aussi bien que la colle forte. En faisant bouillir du lichen blanc et des graines de lin dans de l'eau, que l'on écrase et que l'on filtre, on obtient de l'huile. Plus de chocolat ? Qu'importe, la France regorge de châtaignes dont la farine sert aussi à fabriquer... de l'eau de vie... 

      
     
      marche clandestin sous l'occupation
     
     
     
    MARCHE CLANDESTIN :
     
     
    La vente des savonnettes, 8 francs l'une, est pratiquée dans la rue... à la sauvette par des vendeurs qui ne se sauvent même plus, par les garçons de café, par les dames des vestiaires... également pourvoyeuses de bas de soie. 
             
    On trouve chez les concierges tout ce qui peut être stocké vingt-quatre à quarante-huit heures : des légumes, des fruits, de la viande, et l'on peut chanter, comme sous le Directoire :
      
    « Le cordonnier vend des rubans et le coiffeur du fromage. »
     
    Le marché clandestin de l'ail se tient au métro Saint-Augustin et celui du tabac à la station Strasbourg-Saint-Denis; on se heurte un peu partout dans les couloirs aux vendeurs d'éponges métalliques, de sucres d'orge, de produits d'entretien, d'enveloppes. 
             
    Les commerçants du marché noir, dit-on, peuvent, dans la rue Robert-Houdin, à Belleville, fournir en un clin d'oeil un repas de noce et habiller le cortège.
     
     
      
      Le systeme D pendant l'occupation
      
      
      
    Pauvres ou riches, tout le monde essaye de se débrouiller et le système D est à l'honneur.
     
    Les produits de remplacement, les ersatz, tiennent une grande place dans la vie quotidienne. Le docteur de Pomiane publie un livre de recettes où l'on apprend à faire de la bonne cuisine avec ces fameux ersatz.          
      
    On rit beaucoup en lisant dans un journal cette légende dans laquelle une femme répond à son mari qui lui reproche le goût de rose de ses frites : - Que veux-tu, j'ai eu la chance de trouver un peu de brillantine dans un tiroir... 
             
    On apprend à faire une mayonnaise sans oeufs, avec de la moutarde, de la farine, de l'huile et beaucoup d'eau froide; et du café sans café, avec des graines de lupin, des châtaignes, des glands, des peaux de pommes séchées; on sucre le café... sans sucre, avec de la saccharine qui n'est pas toujours de la saccharine, mais une décoction de bois de réglisse; on mange du pâté de foie sans foie, qui n'est autre que de la mie de pain étroitement mêlée à de l'oignon et à de la levure; on découvre dans le Midi, le millas, sorte de pâte de maïs. 
             
    Pendant que les ménagères et leurs familles expérimen-tent ces mélanges inat­tendus d'ingrédients, un diététicien, qui fait autorité, affirme dans un quotidien que la viande n'est pas nécessaire à l'organisme, tandis que sur la page même où il explique ce point de vue, une publicité pleine d'humour involontaire recommande un produit qui permet de maigrir...tout en mangeant à sa faim ce que l'on veut. 
             
    On fait cuire le ragoût de rutabagas dans la marmite norvégienne qui triomphe depuis que l'usage du gaz et de l'électricité est réglementé; on fume des feuilles d'ortie et de marronnier séchées qui font illusion, et de l'eucalyptus, mais certains, les connaisseurs, préfèrent s'en tenir à la récupération des mégots.
      
    Parce que la Wehrmacht ne laisse aux Français que 12 % d'une production de cuir déjà réduite, les énormes semelles de bois des chaussures de femmes ou des galoches des enfants claquent sur l'asphalte.
     
     
     
     Marché noir pendant l'occupation
      
      
      
      
    Les Français ont vécu tant bien que mal pendant l'occupation. Certains, en exploitant les besoins des autres, se sont enrichis. On dit que les fortunes prodigieuses, acquises au cours de cette période, n'ont pas toutes tenu après la guerre, et que, leurs bénéficiaires y étant mal préparés, elles ont été dilapidées aussi vite qu'elles se sont faites.
      
    En tait, la majorité a duré et a été socialement consacrée.
    Quoi qu'il en soit, le marché noir ayant plus de consommateurs que de producteurs n'a pu qu'appauvrir la grande masse. Il a faussé non seulement les valeurs économiques, mais les valeurs morales. On se vantait à la maison des « combines » apprises dans la journée et on se promettait d'en profiter.
      
    Des jeunes gens faisaient parfois des « coups » dont ils tiraient argument pour battre en brèche l'autorité des parents honnêtes ou non informés, qui s'escrimaient à des besognes peu rémunératives. On « considérait », et on était flatté de connaître les nouveaux messieurs issus de tous les milieux, qui régnaient sur le marché noir... Ce marché qui regorgeait de clientèle, qui pourtant se dérobait à toute publicité, qui était partout et nulle part.
     
     
      
      
    PENURIE DE TISSU
      
    La penurie de textile pendnat l'occupation
     
     
     
      
      
    La pénurie de textile touche de plein fouet la capitale coupée de ses approvisionnements habituels du nord et de la région de Lyon et de Roanne située en zone sud. La production des usines de la région parisienne ou de Normandie est en grande partie réquisitionnée par l'armée alleman­de.
              
    Les premiers tickets de textile apparaissent le 18 juillet 1941 et une réglementation sévère règle le volume de la matière première livrée aux fabricants d'habits et les lots d'habits distribués aux commerçants. Pour faire face à la pénurie, des ersatz très divers font leur apparition : tissus de remplacement fabriqués avec de la fougère, des poils de lapin, des crins d'acétate et même des cheveux dont un décret de mars 1942 ordonne la récupération, etc. 
             
    Le lanaté qui est sensé remplacer la laine se compose de 15 % de laine, de 80% de fibrane et de 5 % de poils de lapin. Mais les résultats sont généralement décevants. Les nouveaux tissus sont de très mauvaise qualité, ne sont pas chauds et ne résistent pas à l'eau... 
             
    Toutes les astuces sont bonnes pour faire face à la pénurie de textile. On rajeunit ou transforme ses habits. On utilise ses vieux rideaux pour tailler une veste, une robe. Edmond Dubois cite le cas de deux femmes de la même taille qui achè­tent à elles deux un seul tailleur qu'elles porteront à tour de rôle avant de se brouiller au bout de quelques mois !
      
    Les vieux tissus sont récupérés. Ils peuvent être échangés contre des bons de textile.
      
    Le secours national organise des collectes de vieux vête­ments qu'il lave, trie et recoupe avant de les distribuer aux plus nécessiteux....(certains se servent avant.....)
     
     
      
      
    MINISTERE du RAVITAILLEMENT....
      
      
    Le premier rôle du ministère du Ravitaillement est d'interdiction et de rationnement. 
      
    La liste des denrées alimentaires rationnées s'allongera avec les mois. Après le pain, les pâtes alimentaires, le sucre (2 août 1940), c'est le tour (23 octobre 1940) du beurre, du fromage, de la viande, du café, de la charcuterie, des oeufs, de l'huile, puis du chocolat, du poisson frais (juillet 1941), des légumes secs, de la triperie (octobre 1941), des pommes de terre, du lait, du vin et même, à certaines époques, des légumes frais. 
             
    Les rations diminuent d'année en année, et les difficultés de production ou de transport entraînent souvent, en dehors de toutes dispositions légales, des restrictions supplémentaires. 
             
    Anodines, au début, les interdictions se précisent et se précipitent rapidement. 
             
    De plus en plus rare, le pain devient également de plus en plus noir. On institue des jours sans viande : les mercredi, jeudi et vendredi.
    Peu de pain, pas de viande, et, lorsque les fruits sont abondants, peu de sucre.
      
    Dès le mois de juillet 1940, les consommateurs sont avertis qu'il leur faut renoncer aux confitures familiales.
     
      
    La confiserie est interdite, mais les mères de famille qui mettent au monde des jumeaux ont cependant droit à 2 kilos de dragées !
     
     
     
     
     
    rationnement en 1940 et 1941
     
     
     
    Entre 1940 et 1941, la liste des denrées rationnées s'est allongée. Après le pain, c'est le sucre, puis le beurre, la viande, le café, la charcuterie, les oeufs, l'huile, le chocolat, le poisson frais, le lait et, enfin, les pommes de terre.
      
    Au cours du premier hiver les Français sont relativement favorisés pour les rations. Ils ont, par mois, 450 g de beurre et 1 kilo de viande, et par jour 350 g de pain. Mais ils sont peu à peu amenés à la portion congrue au cours des années suivantes : 150 g de beurre en 1943 et 50 g en 1944; 400 g de viande ; 275 g de pain ensuite.
      
    Les Français ont d'abord une réaction psychologique qui se traduit par un rush sur tous les magasins dans lesquels ils sont décidés à tout acheter, y compris les rossignols dont sont trop heureux de se débarrasser les vendeurs.
     
    Mais qu'importe, pour les avoir, ils attendent leur tour... ils font la queue.
    C'est une sujétion, c'est parfois un amusement, mais cela devient aussi un métier puisqu'en le pratiquant on peut gagner 4 à 5 francs de l'heure si l'on remplace une personne que ce stationnement ne divertit pas.
     
    Les membres d'une même famille se relaient devant la porte de l'épicier en attendant que la voiture de celui-ci revienne de l'approvisionnement.
     
    Quelquefois le véhicule est vide, mais les heures passées en vain ont permis aux ménagères de bavarder, d'échanger des recettes et de tricoter en dépit du froid et de la pluie.
     
     
     
     
    les commercants en 1940 et 1941
     
     
    LES COMMERCANTS SONT ROIS !!
     
    A la fin du mois d'octobre, et surtout dès novembre 1940, avec l'apparition du froid et des journées plus courtes, voici le train des restrictions. Comme il arrive nécessairement dans les périodes de disette. l'Administration réglemente : les cartes d'alimentation mettent en évidence la raréfaction des denrées ; les prix étiquettent la réalité : trois jours sans viande ; on s'inscrit dans les boutiques pour essayer d'échapper à la queue ; les restaurants sont classés en quatre catégories.
      
      
    Les commerçants prennent de l'importance.
     
    L'Etat se sert du commerçant comme d'un pourvoyeur, d'un répartiteur, d'un percepteur, d'un contrôleur ; et celui-ci saisit la balle du profit au bond. L'épicier, le crémier deviennent de petits princes : non contents de répartir, ils font la morale, au nom du Maréchal, leur grand homme ; n'est-ce pas lui qui est resté près d'eux, qui a prononcé les paroles les plus humaines, qui a révélé aux Français les fautes dont ils paient le prix amer ?
     
    Donc, finie la vie large, les vitrines garnies ! Se restreindre, calculer, économiser, faire des provisions, voilà la doctrine, et patienter, attendre d'être servi à son tour ; si on n'a pas sa ration aujourd'hui, tâcher d'être parmi les premiers à faire la queue demain. Oui, finie la vie de château, dont notre peuple n'a que trop joué (dixit Pétain) !
     
    La vie de château, le mot le dit, sera réservée aux féodaux de cette nouvelle société — les paysans et les commerçants, fournisseurs et distributeurs, avec la cohorte louche des intermédiaires. Contrairement à la courbe des échecs familiaux, la courbe des faillites commerciales tombera presque à zéro. Les épiceries, les entreprises de transport, les vendeurs de textile vont se multiplier.
     
    Dans cette nouvelle jungle, les lois ne sont pas appliquées, parce que la situation est fausse : l'Occupation n'a jamais été et ne sera jamais un régime normal ; le véritable maître, l'Allemand, se cache derrière l'Administration française à laquelle il n'a qu'apparemment confié les rênes. Mais il se sert d'abord et l'Administration ne dispose que des restes, sur lesquels des millions de Français se jettent voracement. Dans cette ruée, pas de sentiment Les plus malins l'emportent.
     
     
     
    cartes de ravitaillement sous Vichy en 1940
     
     
     
     
     
    Les cartes de ravitaillement classent les Français en huit catégories. 
             
      
      
    Désormais, on n'est plus bourgeois ou prolétaire, mais A ou T.
    L'adolescence, cet anonymat aux frontières troubles, se voit arbitrairement découpé et le législateur, aidé par la longueur des restrictions, fera passer le mot J 3 du langage administratif à celui du théâtre et du cinéma.
    Voici quelles sont les catégories de rationnaires : 
             
    E : Enfants âgés de moins de 3 ans.
    J 1: Enfants âgés de 3 à 6 ans.
    J 2 : Enfants âgés de 6 à 13 ans.
    J 3 : Adolescents de 13 à 21 ans.
    A : Consommateurs de 21 à 70 ans, ne se livrant pas à des travaux donnant droit aux catégories T ou C.
    T : Travailleurs de force (de 21 à 70 ans).
      
    La carte T donne droit à des suppléments de pain, de viande, de vin, etc. Objet, à ce titre, de bien des convoitises, elle est attribuée suivant des règles parfois incompréhensibles. Y ont droit ceux qui fabriquent des billards ou des armures de théâtre, mais non les fabricants de parapluies : ceux qui travaillent dans une usine de conserves de poisson, mais non ceux qui sont employés par une usine de conserves de légumes ; ceux qui confectionnent des yeux de poupées, mais non les horlogers 
             
    C : Consommateurs de plus de 21 ans se livrant à des travaux agricoles.
    V : Consommateurs de plus de 70 ans
     
     
     
     
    cartes d'alimentation sous le regime de Vichy
     
     
     
     
    Les possesseurs de cartes d'alimentation, 40 millions de Français, dont le plus connu, le maréchal Philippe Pétain a la carte n° 50 084 T, doivent tenir une très sérieuse comptabilité.
      
    Entre le moment de la distribution (les cartes, de l'inscription pour une denrée et celui de la distribution, il s'écoule souvent des semaines, parfois des mois.
    I
    l faut donc veiller attentivement à ne pas égarer ces légers tickets de couleur qui, même inutilisés (mais non détachés par d'autres ciseaux que ceux de l'épicier) peuvent, un jour, se voir dotés de quelque valeur par un ravitaillement soudain généreux.
      
    La perte des tickets représente, dans les foyers modestes, un véritable drame, et l'on imagine sans peine le désespoir de cette Parisienne, Mme Vicieux, qui, ayant déposé ses cartes d'alimentation près de son lapin domestique, arriva trop tard pour les disputer au rongeur
      
    Dans un très gros portefeuille, la mère de famille range donc, côte à côte, les cartes de vêtements et d'articles textiles, les cartes d'alimentation, les cartes de tabac, de jardinage, de vin, les bons d'achat pour une veste de travail ou une culotte de bain, les coupons permettant l'acquisition d'une paire de chaussures et de produits détersifs, les tickets pour les articles de ménage en fer et les articles d'écoliers, etc.
      
    Il faut se tenir au courant des « déblocages » annoncés par la presse ou l'épicier, tenir à jour ses inscriptions, deviner l'heure à laquelle commencera la queue favorable, surveiller le compteur à gaz et le compteur d'électricité, marchander une fausse carte de pain moins chère qu'une vraie, mais plus difficile à faire passer.
     
     
     
     
    le troc sous l'occupation
    LE TROC
     
     
    Le troc, aux lois mouvantes, naît avec les premières restrictions. Un chroniqueur de la Petite Gironde en révèle les mystères à ses lecteurs, le 26 septembre 1940 :
      
    Ma voisine, de retour de son voyage stratégique en Dordogne, a retiré 20 litres d'essence de sa voiture, vouée désormais au repos. 20 litres d'essence, c'est pour l'instant, une valeur-or, une petite fortune !
      
    II est naturellement facile de trouver un acquéreur. Vendre de l'essence, vous plaisantez, c'est une monnaie d'échange trop précieuse ; j' aurai, en la divisant en plusieurs lots, des pôles, du beurre et ces merveilleuses denrées que sont le café et le sel !
      
    Dans ces négociations ténébreuses, il doit y avoir, pensez-vous, quelques cours réglant les échanges ?
    Détrompez-vous. Les cours s'établissent suivant la rareté momentanée des denrées en cause.
    Cependant, les statisticiens essaient de saisir sur le vif, et de fixer pour la postérité, le cours de ces échanges. I
      
    ls ont entendu parler de ce négociant en vins de Sète qui expédie des fûts à Pau et les récupère lestés de jambon, de lard, d'avoine, de pommes de terre ; ils relèvent dans le journal de l'Indre, le Département, cette annonce significative : Echangerais belles oies contre poste T.S.F. avec ondes courtes. Ils savent que, dans le Puy-de-Dôme, on obtient un kilo de beurre avec deux kilos de sucre ou quatre paquets de cigarettes, un porc avec un costume, que l'on paie le menuisier, le maréchal-ferrant en lait, beurre, oeufs.
      
    Mais, un jour ou l'autre, les ressources officielles, comme celles du troc, ne suffisent plus et les Français, tous les Français, riches ou pauvres, font connaissance avec le marché noir.
     
     
     
    ravitaillement des français pendant l'occupation
     
     
     
    C'est l'âge d'or des intermédiaires. N'importe qui trafique de n'importe quoi. Un Russe blanc, Szokolnikov, amassera, au service des Allemands, une fortune de 8 milliards de francs anciens ! Le commerce de détail prospère, de façon souvent paradoxale.
      
    L'irrégularité, au double sens du terme, des approvisionnements dirige la viande chez le mercier, les légumes chez le boucher. Parmi les temples parisiens du marché noir figurent en bonne place les loges de concierge.
      
    Mais ravitaillement officiel et marché noir ne peuvent s'organiser en un jour. Et l'hiver 1941 est très dur.
    Aussi, dès le printemps, les habitants des grandes villes, ceux de Paris surtout, se souviennent de leurs parents et amis de province, ou s'en découvrent.
     
    Les week-ends sont consacrés aux expéditions de ravitaillement . Les trains du samedi partent, débordants de familles avec vélos, valises, havresacs. Il faut avoir vécu ces retours du dimanche soir, avec des voyageurs sur les tampons ou les marchepieds des vieilles voitures !
    Le problème est de ne pas se faire prendre. Dans les campagnes, il y a les Feldgendarmen, avec leurs massifs hausse-cols. Les gendarmes français, eux, ferment volontiers les yeux. Mais l'octroi ceinture encore Paris ; les gabelous, surveillés par les Allemands et le réflexe professionnel aidant, se montrent parfois indiscrets.
     
    On descend à contre-voie, on cherche des sorties interdites. Gare Montparnasse, il est facile de se faufiler par le dépôt des bagages. Une fois en ville, on se heurte parfois à des contrôles de police. On ne se sent sauvé qu'une fois rentré.
     
    On se délasse enfin, car le trajet, souvent debout, dans des wagons bondés, ne repose pas des kilomètres à bicyclette, avec 40 ou 50 kilos de victuailles sur le dos ou sur le porte-bagages.
     
     
     
    les citadins sous le gouvernement de Petain
     
     
     
    Les prélèvements de denrées alimentaires deviennent tels que la population commence à souffrir, dans les villes surtout.
     
     
    Le paysan devient roi.
     
    Pour se faire pardonner ses gains, il est relativement généreux : 300 000 Parisiens ont bénéficié en 1941 de ses « colis familiaux ». Les curés s'entendent fort bien à lui faire sortir un peu de ses surplus ; ne disposent-ils pas du secret de la confession ? Les paysans camouflent la plus grande partie de leurs réserves : il faut souvent la menace, surtout dans les régions ouvrières, pour les leur faire livrer.
      
    Par contre, ils ne s'opposent jamais à la réquisition des occupants qui paient bien. Et, dans les trains, on les voit tailler à même des miches de pain blanc et piocher dans des pots de beurre. Le paysan a conquis une sorte de royauté ; il en profite comme d'une revanche sur les temps anciens où il était le parent pauvre.
     
    A partir de 1942, les départements agricoles sont les seuls où les naissances l'emportent sur les décès ; et même, la paysannerie se nourrissant mieux qu'avant la guerre, la proportion de la mortalité régresse en son sein.
     
     
     
     
     
     
     le retour à la terre du gouvernement de Vichy en 1940
     
     
     
    Le gouvernement prône le retour à la terre et, malgré l'absence des 700 000 paysans prisonniers, tout le monde s'y met avec enthousiasme.
    Pendant quatre ans, être fermier sera la vocation rêvée.
     
    On élève des poules, on cultive des bacs de salades sur les balcons ; le rutabaga fleurit dans les jardins à la française ; au printemps, les jardins publics se hérissent de « rames » à petits pois, on récolte des pommes de terre dans les jardins du Luxembourg et des Tuileries ; les fumeurs entretiennent amoureusement quelques plants de tabac.
     
    Le Maréchal lui-même loue une propriété à Charmeil, près de Vichy, où il fait élever les agneaux enrubannés qu'on lui offre à l'entrée des villes.
     
     
     
     
    paysan pendant l'occupation
     
     
     
    Vichy ordonne la mise en culture (volontaire ou forcée) des terres abandonnées et particulièrement des grands espaces de Sologne et de Grau. Les jardins ouvriers sont encouragés, dotés de subventions, de conseils, d'instruments.
      
    Sous la surveillance plus ou moins exacte de commissions de contrôle, on voit se grouper dans les établissements religieux, les usines, les bureaux, tous ceux qui n'ont pas oublié leurs origines paysannes. 
     
    Financièrement et psychologiquement, le gouvernement encourage également le retour à la terre.
     
     
     
     
    jardins ouvriers du gouvernement de Vichy
     
     
     
     
     
      
    les journaux chantent le courage et l'intelligence de ceux (ils sont 25 000 paraît-il) qui ont su revenir à la terre pour mieux manger sans doute, mais aussi pour faire revivre une parcelle de sol français .
      
    Afin de réduire le gaspillage , on mobilise les enfants des écoles pour la récolte des châtaignes et des glands.
      
    La lutte contre le doryphore est intensifiée.
      
    Le service civique rural organisé. Le remembrement favorisé.
      
    Dans la volonté de ne laisser aucun lopin de terre inutilisé, on ira jusqu'à mettre en culture le jardin des Tuileries. Une fois mûres, les tomates, poussées à la place des fleurs, seront distribuées au Secours national.
     
    Mesures spectaculaires à l'influence limitée.
     
     
     
     
    surfaces cultivees pendant l'occupation
     
     
     
     
    De 1940 à 1944, les surfaces cultivées diminuent de 16 % pour le blé, de 22 % pour les betteraves sucrières, de 29 % pour l'avoine et l'orge. Elles n'augmentent sensiblement que pour les légumes frais et pour les cultures oléagineuses (colza, oeillette, navette) où elles passeront de 9 000 hectares à 267 000.
      
    Quant aux récoltes, comment ne diminueraient-elles pas dans un pays où les engrais font défaut ainsi que les machines neuves, l'essence, les semences sélectionnées et jusqu'aux fers à chevaux depuis que l'armée allemande s'est emparée des stocks de l'unique usine de Duclair ?
      
      
      
      
    la queue devant les boutiques sous l'occupation
      
      
      
    Pour contrarier quelque peu l'effet des hausses, le gou-vernement s'efforce de favoriser les familles nombreuses, ainsi que les catégories sociales financièrement les plus démunies. 
             
    Il institue la carte nationale de priorité accordée aux mères de famille ayant au moins 4 enfants de moins de 16 ans (ou 3 de moins de 14 ans, ou 2 de moins de 4 ans), aux femmes enceintes et aux mères allaitant un enfant.
      
    Ces cartes permettent d'échapper (parfois non sans querelles et incidents) aux queues qui rassemblent des centaines de personnes devant la boutique, souvent close du boucher, de l'épicier, du charcutier. 
     
     
     
     
     
    files d'attente pendant l'occupation
     
      
      
      
    Elles ont pourtant été interdites, ces files d'attente (à Lyon d''abord, puis à Paris, le 1" juillet 1941) ;
    on croit les éviter en multipliant les inscriptions, mais elles se reforment chaque fois que la plus petite denrée en vente libre apparaît dans un quartier.
     
     
     
    Faire la queue
     
     
    Faire la queue est devenu une sujétion, un divertissement, un métier.
    Il y a la queue à relais faite par les membres d'une même famille qui se succèdent d'heure en heure le long du trot-toir:
      
    La queue à surprise qui consiste à attendre la voiture de l'épicier sans savoir ce que la voiture lui apportera. Et parfois, elle est vide... 
             
    Les mères de famille nombreuse échappent du moins à cette astreignante discipline où les bavardages, la lecture et le tricot ne font oublier ni le froid ni la pluie...
     
     
     
    LE TABAC
      
      
    Ce sont sans doute les fumeurs qui déploient l'ingéniosité la plus étonnante pour satisfaire leur passion. Tabac et ci-garettes sont sévèrement rationnés. Les femmes françai ses (contrairement aux allemandes) n'y ont pas droit. Les fumeurs ramassent précieusement leurs mégots... ou ceux des autres. 
     
    Correction d'un visiteur qui a vécu pendant cette période:
    Contrairement à ce que vous dites, les femmes françaises recevaient elles-aussi une ration de tabac comme les hommes. C'est même à ce moment-là que ma mère a commencé à fumer, au grand dépit de mon père qui espérait récupérer sa ration ! 
     
     
     
     
    les fumeurs sous l'occupation
      
      
      
      
    On vend de jolies petites boîtes pour les conserver et de petites machines à rouler les cigarettes, pour les maladroits. Il y a ceux qui cultivent du tabac dans leur jardin ou sur leur balcon et le préparent eux-mêmes. On voit, ou plutôt on sent pire : d'étranges mélanges de végétaux, offensants à l'odorat le plus endurci.
      
    Les Belges se vantent qu'aussi longtemps qu'il poussera de l'herbe en Belgique, les Français ne manqueront jamais de quoi fumer !   
     
     
     
     
    les cigarettes sous l'occupation
      
      
      
    santé des français sous le regime de Vichy
      
    LA SANTE
      
      
      
    Malgré les distributions officielles, la débrouillardise individuelle, le rationnement sévère des spiritueux et autres mesures contre l'alcoolisme
      
    — qui le feront pratiquement disparaître avec ses plus graves séquelles, comme certaines maladies mentales —, la santé de la population des grands centres urbains se détériore gravement, surtout en zone Sud, moins favorisée par la nature.
     
    La mortalité augmente, prélevant un lourd tribut sur les vieux, les malades, les jeunes enfants.
     
    Les citadins perdent du poids, même à Paris, avec son énorme marché noir. 24 % des Parisiens adultes pèseront 8 kilos de moins que le poids normal, 38 % de 4 à 8 kilos : effet cumulé d'un régime insuffisant et d'un exer­cice inhabituel.
     
    Comparé aux années d'avant guerre, le taux de mortalité s'accroîtra également de 24 % pour le Grand Paris, de 29 % à Marseille et jusqu'à 57 % pour le Grand Lyon, entouré de vignobles et de montagnes. En revanche, dans les terres plantureuses de l'Ouest, la mortalité décroîtra de 11 %...
      
    La santé morale se détériore en proportion de la santé physique.
     
      
       
     
      
    trafics alimentaires dans les annees 1940 - 1945

      

      

      

    Le système D se joue des lois et des règlements, sans souci de leur origine française ou allemande.

      

    La génération des moins de vingt ans, souvent privée de père, prisonnier de guerre, s'y adonne allégrement. On peut encore s'estimer heureux si ces J3 ou zazous, avec leurs cheveux longs, leur pantalon trop étroit et leur amour de la musique américaine se confinent dans les activités excitantes du marché noir.
               

    Des individus jusque-là honnêtes se mettent à chaparder des produits alimentaires, surtout du pain, ou à acheter des cartes de pain volées, ou fausses dont la fabrication est passible de la peine capitale.
               

    Les personnes de moralité irréprochable considèrent tous ces trafics avec indulgence. L'Église catholique pardonne à ceux qui ne le font pas à des fins lucratives.Au « ils nous prennent tout » s'ajoute maintenant « c'est toujours ça qu'ils n'auront pas ».

      

      

     

     

      

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    Parodie de "ça fait d'excellents français " de Maurice Chevalier (voir chansons historiques de France 75), par Pierre Dac , authentique héros de la première guerre mondiale et chansonnier anti nazi en Angleterre, au micro de radio Londres (octobre43/ juin 44) voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Dac

    interprétation : Pierre Dac, 1944, "les chansons de Londres" , à noter que le premier couplet de cette version chantée datant probablement de 44 est différent du texte publié en mars 1945 dans le recueil "les chansons de Pierre Dac à la radio de Londres" (ed. Masspacher)

      

    Le créateur de cette chansonnette
    Passait jadis pour un vrai chevalier
    D'autres encore parmi tant de grosses têtes
    Ont dans lépreuve complètement perdu pied
    On les croyait très bien, ils étaient moches
    Et cest ainsi quils se sont révélés
    En préférant faire des sourires aux boches
    Par calcul ou stupidité

    (couplet de la version 1945 qui ne fait plus allusion à Chevalier !)
    parmi les noms qui tenaient la vedette
    certains d'entre eux se sont bien rap'tissés

    Et tout ça , ça fait
    De mauvais français
    Pour lesquels il nest
    Que le porte monnaie
    Faut savoir être opportuniste
    Afin dsauvgarder ses petits intérêts
    Et ils se sont mis à grands coups de vichy
    Au régime collaborationniste
    Bien sur maintenant , ça devient gênant
    Car tout de même ces saletés là
    Quoi quon puisse dire ça ne soublie pas

    Mais à coté de cette racaille honteuse
    Dont la conscience est un billet de mille francs
    Il y a la France, fière , digne et douloureuse
    Toute la France et ses millions de braves gens
    Parmi ceux-ci est une élite rude
    Vivant symbole des vertus du pays
    Qui préférant tout à la servitude
    Armes à la main , à pris le maquis

    Et tout ça , ça fait d'excellents français
    Des hommes au grand cœur,
    sans reproche et sans peur
    Qui combattent pour que notre France
    Soit toujours à lavant-garde de lhonneur
    Nayant simplement , Pour tout ralliement

    Qu'un seul mot, rien qu'un seul , résistance !
    Étroitement unis comme des amis
    Oui ceux là , ce sont de vrais, de bons et d'excellents français !
    Étroitement unis comme des amis
    Oui ceux là , ce sont de vrais, de bons et d'excellents français !

     

      
      
      
      
      
      
      
      
     
      
     
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  • Commentaires

    1
    mathusalem
    Vendredi 9 Novembre 2012 à 14:39

    Bonjour,

    J'ai trouvé cette page très intressante, mais pourquoi vous êtres-vous senti(e) obligé(e) de vieillir artificiellement ces photos, en leur faisant subir à toutes le même traitement (virtuel j'ose espérer ...) ? On voit bien que ce sont les mêmes taches et les mêmes "contours brûlés" qui apparaissent sur toutes ces photos, qui n'en avaient pourtant pas besoin pour paraître "d'époque" ! (on a fort heureusement gardé quantité de photos de très bonne qualité de cette époque-là)

    J'espère que vous pourrez leur ôter cet aspect "abîmé" pour les présenter sous leur meilleur jour !

    Merci.

    Mathusalem

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