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    LES TEMOIGNAGES

     

    Ces témoignages ont été recueillis auprès de messieurs Darouzès, Audemard et Lestang, nés en 1926.

     

    >Pourquoi vous êtes-vous engagés dans la Résistance ?

     

    Nous avions peur des Allemands, nous avions des amis juifs persécutés, nous subissions le rationnement, toutes les meilleures denrées étaient réservées aux occupants... Nous nous engagions le plus souvent dans la Résistance sur un coup de tête, car nous étions pour la plupart très jeunes et nous ne mesurions pas le danger.

      

    De plus, nous avions le choix entre le maquis et le STO (Service du Travail Obligatoire). Nous avons vite appris à nous en méfier car nous savions que cela nous aurait amenés à nous éloigner de chez nous et que les promesses allemandes de libérer à chaque fois un prisonnier français n'étaient jamais respectées.

      

    Tout cela, ainsi que nos opinions politiques (nous avions des opinions différentes, mais aucun de nous n'acceptait la défaite), nous a amenés à nous révolter contre le nazisme. Les brutalités, les vexations de l'armée d'occupation ont également contribué à notre engagement. Enfin, nous avions honte de la collaboration du gouvernement de Vichy et de l'attitude de certains de nos compatriotes.

     

     

     

    >Comment s'est organisée la Résistance ?

    Comment y êtes-vous entrés ?

     

    Tous les jeunes devaient entrer dans les "camps de jeunesse".

     

    C'est à partir de là que les jeunes ont commencé à constituer des groupes de résistance pour ne pas partir en Allemagne. Nous avions pour la plupart une vingtaine d'années lors de notre entrée dans la Résistance.

      

    Des Républicains espagnols, fuyant le régime franquiste, nous ont rejoints et nous ont beaucoup aidés car ils étaient habitués aux combats, au maniement des armes, aux conditions de vie difficiles et à la clandestinité.

      

    Nous étions organisés en groupes et sous-groupes cachés dans les bois (d'où le nom de "maquis, maquisards"). Les sous-groupes étaient constitués de

    15 à 30 personnes en général.

     

    Les groupes ont grossi par le système du "bouche-à-oreille", toujours le plus discrètement possible, après une enquête sur les "candidats".

     

     

     

    >Quelles étaient vos conditions de vie dans le maquis ?

     

    Nous étions sans cesse pourchassés par la GMR (Garde Mobile Républicaine), police sous les ordres de Vichy. Nous utilisions des pseudonymes qui nous permettaient de conserver notre anonymat, pour préserver la sécurité de nos familles, qui auraient sans cela subi de graves représailles.

      

    Nous nous cachions dans les bois, par tous les temps, et nous n'aurions pas pu survivre sans l'aide de la population civile qui nous fournissait de quoi manger, nous couvrir, nous déplacer, cacher nos armes et nos munitions ...

      

    Nous les appelions les "Légaux" et nous devons les remercier et leur rendre hommage. Ils nous permettaient également de garder des contacts avec nos familles et les autres groupes de Résistance en nous donnant de leurs nouvelles.

     

     

     

    viemaquis.jpg (22128 octets)

     

      

      

    Certains nous considéraient à tort comme des voyous ou des va-nu-pieds, mais nous n'avons jamais pris quoi que ce soit sans l'avoir demandé au propriétaire. En effet, nous n'avions pas fière allure, pas d'uniforme, pas d'armement récent (du moins au début) ...

      

    La vie quotidienne au maquis était monotone : nous passions notre temps à attendre le moment d'agir. Nos combats prenaient la forme d'embuscades : attaques de trains, de colonnes allemandes, sabotages de voies ferrées ...

      

    Nous guettions aussi le moment des parachutages qui nous apportaient des armes, de la nourriture, de l'argent..., annoncés, par des messages codés, par la radio.

      

    Notre travail consistait alors à baliser le terrain pour que les avions larguent leur cargaison au bon endroit : cela se passait la nuit. Nous allumions, sur un terrain plat, dans un endroit reculé (à cause du bruit des moteurs), des feux dessinant au sol un Y .

      

    L'un d'entre nous communiquait avec l'appareil en morse à l'aide d'une lampe-torche. Il est déjà arrivé qu'un avion ne voit pas les signaux : vous pouvez imaginer tous les problèmes que cela a pu engendrer !...

     

    Nous recevions les ordres par le biais des "boîtes-aux-lettres" : c'était des membres de la Résistance, souvent des femmes, qui nous amenaient les messages cachés généralement dans leur bicyclette (selle, guidon, etc...)

     

     

     

    >Avec quel genre d'armes vous battiez-vous ?

     

    Nos armes étaient assez hétéroclites : en effet, nous possédions des Lebel, des mousquetons ... qui nous étaient le plus souvent fournis par des gendarmes ou des habitants du village, qui ne faisaient pas directement partie d'un réseau de Résistance mais qui résistaient à leur manière au nazisme.

      

    On oublie bien trop souvent le rôle qu'ont tenu les habitants, qui fut pourtant très important pour notre vie de tous les jours.

     

    Lors des parachutages, des gens des alentours venaient nous aider avec leurs charettes (c'était des containers d'environ 250 kg).

     

     

     

    >Comment se déroulaient vos opérations contre les Allemands ?

     

    C'était en fait ce qu'on pourrait appeler des petites opérations de "guérilla", des embuscades. Nous attaquions les Allemands par surprise, les mitraillons pendant environ quinze minutes puis nous détalions.

      

    C'était juste quelques coups de mitraillette, nous abandonnions tout de suite. Mais malheureusement, après, la population trinquait... Néanmoins, les Allemands ne rentraient plus dans les forêts, ils avaient trop peur de nous car nos attaques étaient imprévisibles et faisaient pas mal de dégâts...

      

    Souvent nous ne savions même pas si nous avions tué ou non des Allemands :

    nous tirions dans le tas !

     

     

     

    >Comment vous fournissiez-vous de la nourriture ?

     

    Pour cela, comme nous l'avons déjà dit, les habitants jouèrent un très grand rôle. Nous leur fournissions des tickets de rationnement, car nous n'avions, la plupart du temps, aucun argent. Nous attendions le prochain ravitaillement pour leur rembourser l'argent que nous leur devions.

      

    Nous avions à leur faire confiance et le plus souvent nous n'avions pas trop à nous plaindre de leur discrétion, mais il est déjà arrivé que l'un de nous se fasse dénoncer par un paysan trop bavard...

     

     

    organisation de la résistance 1.jpg (40995 octets)

     

     

    SOURCES 

    http://webetab.ac-bordeaux.fr/Etablissement/CHBretinNeuvic/resist03/resist/temoignages.htm 

     

     

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    La carte de FFI de Georges Humbert

      

    Comment s'organise la Résistance ?

    En France, lors de la domination nazie, deux types d'armée se sont formés:

    -la FFL: Forces Francaises Libres, qui se trouvent à Londres et sont dirigées par Charles De Gaulle.
    -la FFI: Forces Francaises de l'intérieur, qui se trouvent en France et sont dirigées dès 1942 par Jean Moulin.


    Le signe de la FFL:



    Le signe de la FFI:

    Par Thibault Dudognon

     

    * La Résistance intérieure:

    C'est la resistance la plus risquée puisque les résistants sont traqués par les allemands (la Gestapo) et par le régime de Vichy (la Milice).
    Il y a deux types de Résistance :
    -Les Résaux => leur but est généralement militaire ; ils font du sabotage et du renseignement.
    -Les Mouvements => ils font souvent de la propagande à travers la diffusion de journaux (ex: Libération) et de tracts.

      
    Un résistant était une personne qui s'oppposait au régime de Vichy et l'occupation allemande durant la guerre.
    Ils
    pouvaient être des hommes ou des femmes de tous âges, mais souvent jeunes.
    Moins nombreuses que les hommes, les femmes participaient également à la résistance mais dans des rôles différents.
    Ils étaient issus de tous les milieux sociaux.
    Tous les partis politiques de gauche comme de droite, toutes les religions étaient représentées au sein de la résistance.
     
    Volontaires engagés dans l'action clandestine, les résistants risquaient à tout moment d'être dénoncés, arrêtés, torturés, emprisonnés, exécutés ou déportés.
    Ils constituaient une toute petite minorité courageuse, qui a suscité à la fin de l'Occupation un mouvement social beaucoup plus vaste, entraînant l'adhésion de la majorité des Français.
    En pratique la résistance a revêtu quatre formes principales : la collecte de renseignements utiles aux alliés. La lutte politique par la distribution de tracts ou de journaux clandestins, l'assistance aux juifs, aux réfugiés, aux parachutistes alliés, etc.., grâce aux filières d’évasions, et la lutte par les armes, à base de guérillas, d’exécutions et de sabotages. Ces trois derniers modes ont été dominants en France et plus globalement en Europe de l’Ouest.
      
    Dans le cas Français, les résistants se sont rassemblés dans trois types d’organisations différents. Les réseaux, qui sont des groupes restreints ( 7 à 88 personnes maximum ), souvent en contact avec la France libre, à Londres, et les services secrets alliés; les mouvements qui comptent parfois plusieurs milliers de militants, visent d’avantage à informer la population, à lutter contre la propagande de Vichy et du Reich. Les plus importants s’appellent Combat, Libération-sud, Franc-Tireur, Défense de la France... ;
      
    Ils éditent des journaux du même nom et se montrent plus indépendants à l’égard de Londres. Les maquis, souvent organisés par les mouvements, rassemblent des combattants dans des zones difficiles d’accès : marécages, forêts, montagnes,… Ce sont des bases de départ pour mener des opérations de guérilla.

    On ne trouvait pas des résistants qu’en France, il y en avait aussi en URSS, en Italie, aux Pays-Bas, en Yougoslavie, en Pologne, en Grèce, et même en Allemagne. Mais ces derniers furent rares et impitoyablement réprimés. Le nombre de résistants ayant participé de façon militaire sont estimés à 300 000 par les historiens.


     Définition du mot "répression" : c'est l'action de réprimer (=empêcher quelque chose de se développer). Elle a donc pour but d'empêcher tout soulèvement de la part des opposants du régime et peut être sous forme de sanction punitive ou pénale.



    Avant le 11 Novembre 1942, seuls les communistes de zone Nord et Sud sont arrêtés parla police vichyssoise. La police allemande capture les résistants en zone Nord afin de les emprisonner, les déporter ou les exécuter. Ceux de le zone sud sont arrêtés par la police française et emprisonnés.
    Suite aux accords de Bousquet-Oberg, en Novembre 1942, la police française travaille aux côtés des polices allemandes.
    C'est à partir du 11 novembre 1942 que la poursuite des résistants devient identique sur tout le territoire.
    Les forces de répression allemandes se durcissent, le gouvernement de Vichy emploi donc des forces de répression de plus en plus brutales.
      
      
      
      
    Par Alice Stenhouse
      
      
      
     
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