• Historique du 12ème R.C.A.

     

     

    12_RCA_DASSE__________insigne_fond_Noir_copie

     Historique du 12ème R.C.A.

     

    L'HISTORIQUE DU 12ème REGIMENT DE CHASSEURS D'AFRIQUE EST EN ECRITURE ET SERA DEPOSE PEU A PEU DANS CE BLOG.

    Cet historique n’est pas figé, mais sera évolutif en fonction des témoignages, des documents qui nous parviendront et des archives qui seront analysées .

     

    Formation au Sénégal

     

    Le 22 février 1941, le 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique basé à Casablanca au Maroc reçut l’ordre de constituer un Groupe d’Escadrons Chars-motos destiné à l’Afrique Occidentale Française qui prit la dénomination de " Groupe Autonome du 1er Régiment de Chasseurs d'Afrique ". Celui-ci fut formé le 16 mars 1941 et prit stationnement au camp de la Jonquière à Casablanca. Il fut mis sous les ordres du chef d’escadrons Paul GIROT de LANGLADE, cavalier compétent, et composé d’un escadron hors rang et de deux escadrons de combat : Au premier Escadron, sous les ordres du Capitaine de VERDELON, étaient attribués des motos et des side-cars. Etaient également présents dans cet Escadron: Le Lieutenant du HAYS, le Lieutenant MILLET et le S/Lieutenant ZAGRODSKI. Le second Escadron était commandé par le Lieutenant GRIBIUS, qui fut nommé Capitaine en décembre 1941. Il avait en compte 23 chars Somua S 35 rendus par les Allemands au gouvernement de Vichy qui avaient été déposés dans des parcs en Métropole, contrôlés par les Allemands, en vue d'une mission très précise.

     

    Ces chars, en très mauvais état, car ils avaient été sabotés, purent être récupérés et envoyés à Casablanca, au camp de la Jonquière, où ils furent remis en état de combattre, mais avec un canon de 47 portant à 1000 mètres, armement insuffisant, et un équipement radio inexistant ! Avant l'embarquement au port de Marseille, les Allemands avaient pris soin de retirer tous les lots de rechange. Pendant la nuit, après le départ de la Commission d'Armistice, des contrôleurs italiens négligents et incompétents prirent le relais. L'équipe d'embarquement, profitant de leur inattention, récupéra tous ces lots de bord et matériel de réparation et chargea dans les soutes du bateau des caisses de moteurs, d'embrayages, de morceaux de chenilles et de munitions.

     

    Afin de mettre tout ce matériel hors de portée des commissions de l'armistice qui commençaient à enquêter, ce Groupe d'escadrons préféra pendre le large et embarqua à Casablanca à bord du s/s "Montesquieu" le 8 juin 1941, pour débarquer huit jours plus tard à Dakar, au Sénégal.

     

     

    12_RCA_historique_1

    Le 1er escadron motos à Thiès.

     

     

    De Dakar, le 19 juillet de la même année, il fut mis en route sur un petit train de brousse et le PC s’installa à Thiès avec le 2ème Escadron Somua, bourgade ingrate à quatre vingt kilomètres de Dakar, composée de cases individuelles et de quatre maisons de colons en dur, dans un ancien cantonnement de gendarmes : « La Tropicale », le bien nommé. Le premier Escadron motos et side-cars cantonna à quelques kilomètres, au camp "Faidherbe".

     

    Le 1er septembre 1941, ce groupe d’escadrons fut rebaptisé « 12ème Groupe Autonome de Chasseurs d’Afrique » (12ème G.A.C.A.). Le Chef d’escadrons de LANGLADE lui donna son insigne définitif : un cheval dressé, accompagné de sa devise « Audace n’est pas déraison ». Entouré et aidé d’officiers tels que le Capitaines GRIBIUS et ROUVILLOIS, les Lieutenants COUPE, du HAYS, MILLET, BAILLOU, ZAGRODSKI des S/Lieutenants ISSAVERDENS, BAILLOU, BRIOT de la CROCHAIE, DOUBOSTER, il fit bâtir logements et hangars en banco recouverts de palmes séchées et organisa l’instruction des hommes au combat avec très peu de moyens, dans un paysage aride et par une chaleur torride. L'eau et le pain étaient rationnés, les moustiques apportaient le paludisme, les premiers morts furent à déplorer. Il fallait compléter avec des patates douces, de la viande de buffle et autres produits locaux. Le personnel provenait soit des 1ère et 2ème Divisions légères mécanisées mises en déroute en 1940, soit d’anciens de la Campagne de France, soit du 1er et du 5ème RCA, mais également de jeunes engagés évadés venus de France, via l'Espagne. Le Chef d'escadrons de LANGLADE en fit, en peu de temps, une Unité homogène prête à servir, dans un esprit exemplaire d'amitié, de camaraderie et de confiance les uns avec les autres.

    Le Chef d'escadrons GIROT de LANGLADE fut promu Lieutenant-colonel le 21 mars 1942 et attendit les ordres...

     

    12_RCA_SOMUA

     

     

    Char SOMUA S 35.

     

    Après 18 mois passés au Sénégal, le 6 janvier 1943, le 12ème G.A.C.A. reçut enfin l’ordre de mouvement du général GIRAUD, Commandant en Chef des Forces Françaises en Afrique, récemment évadé de sa prison de Kaiserslautern en Allemagne, et qui venait d’arriver à Alger : « Il n’est pas concevable que l’on attende davantage pour faire intervenir le dernier escadron de chars de l’empire français. C’est maintenant qu’il lui faut être engagé dans les difficiles combats de Tunisie, que mènent les alliés aux Forces de l’axe. ».

     

    Le 12ème G.A.C.A. quitta Thiès le 12 janvier 1943 pour embarquer le 13 janvier 1943 sur les s/s "Cephée", "Champollion" et "Fomalhaut", resta quatre jours à Casablanca, puis fut dirigé vers l'Algérie, à Alger qu’il atteint le 5 février 1943. Par convoi routier, il rejoignit Boufarik, puis Rio-Salado où là, à partir du 14 février 1943, il remit en état son matériel qui avait souffert de la chaleur et du sable du Sénégal, puis du transport sur mer.

     

    Le Groupe Autonome fut rebaptisé le 15 février 1943 : « 12ème Régiment de Chasseurs d’Afrique ».

     

    Le 19 février 1943, le 2ème escadron, commandé par le Capitaine André GRIBIUS, sur ordres du Général GIRAUD, avec ses chars Somua, fut détaché du Régiment et dirigé vers la Tunisie pour combattre les forces de l’Axe. La mise en route se fit le lendemain.

     

    A ce moment, l'Ordre de Bataille de cet Escadron était le suivant :

     

    Capitaine Commandant l'Escadron : Capitaine GRIBUS

    1er Peloton : Lieutenant COUPE

    2ème Peloton : Lieutenant BAILLOU

    3ème Peloton : Lieutenant DOUBOSTER

    4ème Peloton : Adjudant/Chef TITEUX

    P.H.R. : Adjudant THOMAS

    Sous/Officiers : 21

    Brigadiers/Chef, Brigadiers, Hommes de Troupe : 133

    .

    Combats de Tunisie

     

    12_RCA_carte_Tunisie_2

     

     

    Le 2ème Escadron, avec ses chars Somua, arriva dans la région de Chéria le 24 février 1943, et se porta à Metlaoui. Présentement, la situation n’était pas brillante car les forces américaines étaient sévèrement attaquées au sud de Tebessa par les forces allemandes aux ordres de Rommel, pour le contrôle des portes de l’Algérie.

     

    Incorporé au sein d’un groupement " Nord " de fortune composé d'un bataillon de chars Valentine du 5ème RCA et du Maghzen mobile du Maroc, commandé par le Colonel DALMAY de la GARENNIE, le 17 mars, le 2ème escadron participa à l’attaque victorieuse de Gafsa, pénétrant en premier dans la ville. Du 20 mars au 6 avril, il remplit de courtes, mais dangereuses missions, dont le combat au Djebel Asker le 6 avril, puis fonça sur les arrières de l’ennemi. Il revint à Gafsa, fit route sur Tebessa, le Kef, Siliana. Il fut alors inclus au Groupement Blindé Français sous les ordres du Général LE COUTEULX de CAUMONT qui l’envoya vers Pont-du-Fahs en relève du 3ème R.E.I. qui venait de mener une attaque frontale contre les chars Tigres allemands et avait besoin de souffler. Le 8 mai 1943, l'Adjudant/Chef TITEUX en tête suivi des pelotons BAILLOU, COUPE et DOUBOSTER, l’escadron fut engagé dans de rudes combats autour du Pont-du-Fahs tenu par une forte résistance allemande, au cours desquels furent tués l’Aspirant MARS, adjoint du Lieutenant COUPE qui venait le jour même d'être nommé, le brigadier VELARD et les chasseurs GOLINSKI et DELSAUT, ce dernier était l'ordonnance du Capitaine GRIBIUS. Trois chars furent détruits pendant ces combats.

     

    Regroupé à M'Cherga, l'escadron pensa ses plaies et soigna son matériel. Le 11 mai 1943, le Capitaine GRIBIUS reçut sa nouvelle mission : s'emparer de la ville de Sainte-Marie du Zit. Après un débordement par les crêtes, l'affaire était réglée ! Toute l'intendance italienne se trouvait entre les mains de l'Escadron. A 13 heures, le Lieutenant DOUBOSTER, sur une piste avec son Peloton, faillit percuter une jeep allemande sur laquelle flottait un drapeau blanc et dans laquelle se trouvait un représentant du général Von ARNIMM, Commandant supérieur des troupes en Tunisie qui demandait à se rendre avec tout son Etat-major et un bataillon de la division Goering. Le Lieutenant DOUBOSTER se porta auprès du Général pour recevoir sa reddition. Le véhicule Daimler de ce dernier devint l'un des trophées du 12ème RCA ! Rejoignant Tunis, l'escadron au complet s'installa en bivouac dans les jardins du Belvédère.

     

    Sous l'uniforme américain, la chéchia aux trois bandes noires fut alors abandonnée au profit du calot bleu et jonquille.

     

    Sur ses 23 chars Somua ayant parcouru mille deux cents kilomètres, il restait 19 chars ; 4 chars avaient été détruits au combat au cours des trois mois de campagne.

    .

    12_RCA_somua_4

     

     

    Collection Chars-français.net Revue à Tunis, les "Somua" du 12ème RCA

    .

    Le 20 mai 1943 à midi, André GRIBIUS, avec son escadron, participa à Tunis à la revue victorieuse des troupes alliées, toutefois sans défiler mais seulement pour faire la haie ! Après avoir quitté Tunis pour Medjez el Bab, tout l’escadron embarqua sur voie ferrée pour rejoindre, le 14 juin 1943, le régiment qui se trouvait alors à Rio-Salado, dans l’Oranais en Algérie. Le 2ème escadron s'installa à la Briqueterie de la Mitidja à 2 km NNE de Rio-Salado.

     

    Le 19 juin 1943, au cours d'une Prise d'Armes à Rio-Salado, le Général DARRIOT remis de nombreuses décorations en présence du Général Le COUTEULX qui commandait le Groupement Blindé Français.

    .

    12_RCA_Somua_3

     

    Collection Chars-français.net Chars "Somua" du 12ème RCA prêts à être embarqués.

    .

     

    12_RCA__2eDB_insigne Intégration dans la 2ème Division Blindée 12_RCA__2eDB_insigne

    .

     

    12_RCA_de_LANGLADE

     

     Paul de LANGLADE Colonel

    .

     

    Fin Juin 1943, de LANGLADE, maintenant Lieutenant-colonel, rencontra par hasard le général LECLERC, qu'il connaissait déjà, dans un restaurant à Alger. Ce dernier lui proposa d’intégrer le 12ème Régiment de Chasseurs d’Afrique dans la division qu’il était en train de constituer. Immédiatement, de LANGLADE accepta et se mit sous ses ordres. Du premier septembre à décembre 1943, le 12ème R.C.A. fut formé de quatre escadrons de combat et donna naissance, par dédoublement, au 12ème régiment de Cuirassiers qui a pour devise: " "Au danger mon plaisir". Suivit une longue phase de préparation, d’organisation, de montée en puissance des hommes et du matériel. Laissant son dépôt à Rio-Salado, le régiment fut envoyé près de Rabat au Maroc, en forêt de Témara au bord de l’océan Atlantique, pour parfaire son instruction sur le matériel américain nouvellement perçu, qui sortait des chaînes de montage de Casablanca.

    Hiver rigoureux sous des tentes suant d’humidité parmi les chênes-lièges aux troncs tordus. Printemps hâtif tapissé de fleurs et de senteurs d’oliviers sauvages.

    La fusion des différents régiments composant la 2ème D.B., dont les cadres venaient de tous les horizons politiques, fut difficile et longue à se faire. Le 12ème RCA fut raillé et surnommé le « 12ème Nazis » par certains du 501ème Régiment de Chars de Combat, car il provenait de l’armée d’armistice fidèle au général GIRAUD.

    .

    12_RCA_insignes_de_la__2_DB

    .

    Insignes des Unités composant la 2ème Division Blindée.

    .

    .

    Le 13 février 1944, une commission américaine commandée par le général KLINGMAN vint inspecter la 2ème D.B. pour constater son aptitude à aller au combat. Après un examen draconien de quarante huit heures, le feu vert fut donné, salué par tous les hommes de la division. Les manœuvres reprirent de plus belle, axées sur le binôme chars-infanterie.

     

    Puis le général de GAULLE vint lui-même en inspection le 7 avril 1944. Douze milles hommes, trois milles véhicules lui furent présentés. De GAULLE rassembla les Chefs de Corps : de LANGLADE pour le 12ème R.C.A., MALAGUTTI pour le 501ème R.C.C., WARABIOT pour le 12ème Cuirassiers, MAGGIAR des fusiliers marins etc. pour leur affirmer que la victoire était non seulement possible, mais certaine et que la 2ème D.B. débarquerait bientôt en France.

     

    Effectivement, deux jours plus tard, jour de Pâques, le premier détachement embarqua à Casablanca pour l’Angleterre, puis le reste suivit et cela pendant plusieurs jours. le débarquement se fit à Swansea le 22 avril, après plusieurs jours de très mauvaise mer.

    .

    12_RCA_embar_DB_modifi__1

     

    .

    12_RCA_GALVEZ_DB_embarqu_e_copie

    Collection J.C. Galvez

    .

    Le 30 avril, 238 chars gagnèrent Dalton-Hall, dans la région de Hull, sur la côte est, dans le Comté d'Yorkshire. Le programme d'instruction et d'entrainement intensif, grandeur nature, préparatoire au débarquement, put débuter. Les camps étaient répartis en étoile sur 40.000 hectares, champ de manoeuvres idéal pour les chars de la division Leclerc. Le Poste de Commandement du Colonel de LANGLADE se déploya dans une demeure réquisitionnée, considérable et confortable, du nom de Sonderlandwick Hall à quelques kilomètres de la petite ville de Great Driffield.

    .


    Le 17 mai 1944, de LANGLADE, promu Colonel, rédigea l'Ordre du Jour suivant: " Par ordre du Général Leclerc, commandant la 2ème Division Blindée, je quitte le Commandement du 12ème Chasseurs d'Afrique à la date du 16 mai 1944. Groupe Autonome du 1er Régiment de Chasseurs d'Afrique le 1er mars 1941, puis Groupe Autonome du 12ème Régiment de Chasseurs d'Afrique, enfin 12ème Régiment de Chasseurs d'Afrique au Maroc, en Afrique Occidentale Française, en Tunisie, en Angleterre, j'ai aidé aux premiers pas du régiment et j'ai été son premier colonel. Il m'a donné sa confiance et son affection, qu'il sache aujourd'hui, que mon coeur est à lui sans partage.

     

    12_RCA_GALVEZ_JC_Site_2CB_3_Sanderlandwich_Juin_1944

    La jeep du Colonel de LANGLADE conduite par son neveu, Lucien LE LASSEUR.

    .

    12_RCA_GALVEZ_JC_Cl_de_LANGLADE

    12_RCA_GALVEZ_JC_Site_2DB_2_Chateau_de_Sonderlandwick_Driffield_ANGLETERRE_Juin_1944_2__Cnl_De_Langlade

    Juin 1944 - Le Colonel de LANGLADE à Sonderlandwick Collection J.C. Galvez

    .

    En remettant le commandement entre les mains du Chef d'escadrons Minjonnet, j'adresse à lui, aux Officiers, Sous-officiers, Brigadiers-chefs, Brigadiers et Cavaliers, à tous mes vieux compagnons, l'expression de ma gratitude émue. Le régiment détient deux vertus essentielles: l'esprit de sacrifice, l'esprit d'obéissance. C'est pourquoi je lui dis ma foi dans la victoire et ma certitude de ses exploits dans la bataille imminente qu'il va livrer pour la libération de la Terre de France".

     

    12_RCA_GALVEZ_Etat_Major_de_de_LANGLADE_Chateau_de_Sonderlandwick_Juin_1944

    Etat Major du Colonel de LANGLADE Collection J.C. Galvez

     

    Le même jour, de LANGLADE prit à sa charge un des trois Groupements Tactiques, le Groupement « L ». Le 3 juillet, le général LECLERC, lors d’une prise d’armes s’avança avec un petit insigne dans sa main représentant une croix de Lorraine dorée sur fond bleu, créé par lui-même, et déclara : « Voici l’insigne de la division choisi par vous. Il est à l’image de la France, marquée de la Croix de Lorraine. Chacun d’entre vous en recevra un exemplaire numéroté. Je réserve le numéro 1 pour le capitaine DIVRY qui nous a déjà précédés, parachuté sur le sol de la Patrie. Je m’attribue le numéro 2. Prenez soin du vôtre. Portez-le toujours.» Au cours de cette même cérémonie qui eut lieu dans le parc de Dalton-Hall, le général KOENIG, commandant les Forces Françaises en Grande-Bretagne, remit son nouvel étendard au 12ème Régiment de Chasseurs d'Afrique, où était déjà inscrit son premier titre de gloire : " Tunisie", qui avait été fabriqué et offert par l'association des Français de Grande-Bretagne. Pour la première fois, le régiment portait le calot bleu ciel à fond jonquille.

    C’est à partir de ce jour que l’on peut considérer que l’union de tous les régiments composant la 2ème D.B. fut véritablement concrétisée.

    .

    12_RCA_GALVEZ_JC_Site_2DB__1

    Dalton-Hull (Angleterre) - Garde à l'Etendard du 12ème R.C.A.

    .

     

    Les jours passèrent sous le crachin, entre manœuvres et préparatifs. Enfin, le 20 juillet, l’ordre fut donné par LECLERC de rejoindre les ports d’embarquement.

     

    Après trois mois passés en Angleterre, à l’aube du 31 juillet, alors que la mer était belle, les colonnes d’hommes du 12ème R.C.A. s’engouffrèrent dans les bateaux L.S.T. (bateaux à fonds plat pouvant transporter une vingtaine de chars) et L.C.T. qui se trouvaient à quai à Weymouth et Southampton, au son de la musique américaine.

    .

     

    Le Débarquement en Normandie

    .

    Au large, la mer devint très agitée et la traversée de la Manche fut éprouvante. Après s'être regroupé près des côtes de Cherbourg, il fallu attendre deux jours pour que le convoi puisse accoster à Utah-Beach. Chaque L.S.T et L.C.T. vomit sur les plages sécurisées, après les combats qui avaient eu lieu depuis deux mois, son contingent d’hommes et d’engins chenillés, chars, jeeps, half-tracks. Sitôt débarqué, le Groupement Tactique "L" rejoignit son point de rassemblement près de Saint-Germain-de Varreville, puis prolongea jusqu'a Vesly (Manche).

     

    12_RCA_d_barquement

    .

    1er août 1944. le Sherman "Ile de France" du 3ème Escadron du 12ème R.C.A....

    12_RCA_d_barquement_de_la_Tarentaise_du_2eme_Peloton

    ...et de la "Tarentaise" du 2ème Escadron.

    .

    Le G.T. Langlade se mit en ordre de bataille au milieu des carcasses tordues des panzers et des cadavres pourrissant au soleil du mois d’août dans un paysage ravagé et, en tête de la division, fit rapidement mouvement, en longues colonnes, vers Avranches et St Hilaire-du-Harcouet. Le 8 août, il fut aux portes de Sablé-sur-Sarthe sans avoir eu de véritables contacts avec les Allemands, si ce n'est le peloton de l'Aspirant NOUVEAU du 12ème RCA qui fit quelques prisonniers. Là, de LANGLADE attendit que le génie américain ait jeté des ponts sur la Sarthe. Il reçut alors les ordres de LECLERC : « Ne vous attardez pas sur les résistances rencontrées. Manœuvrez-les si vous ne pouvez les réduire du premier coup. Votre premier souci, votre souci constant est celui de la vitesse. Au-delà des simples objectifs tactiques, souvenez-vous que le but stratégique consiste à faire, au plus tôt, liaison avec les Britanniques."

    .

    Le 10 août, le G.T. Langlade fut divisé en deux sous-groupements. Le premier aux ordres de MASSU, reçu les 1er et 2ème escadrons du régiment, le second revenant au chef d'escadrons MINJONNET, le patron du 12ème R.C.A. qui conserva les 3ème et 4ème escadrons, ce qui permettait d'avoir des chars Shermans répartis dans les deux sous-groupements. La mission consistait à couper l'axe Falaise-Argentan-Alençon tenu par la 9ème Panzer-division allemande. Le terrain composé de bocages rendait les manoeuvres de chars très difficiles. En tête du sous-groupement MASSU, le 2ème escadron du lieutenant COUPE du 12ème R.C.A., avec ses deux chefs de peloton, l'Adjudant/chef TITEUX sur son char "Corse" et DOUBOSTER, deux anciens de la campagne de Tunisie.

    12_RCA_Sherman_du_2

     

    Les Shermans s'ébranlèrent sur un front de six kilomètres, par quatre itinéraires parallèles. Sur sa droite le sous-groupement de MINJONNET, surnommé le "Père Mégot" à cause de la cigarette suspendue continuellement à ses lèvres, avec à sa tête, le char "Bordelais" du lieutenant ZAGRODSKI du 4ème escadron, suivi de ceux du 2ème peloton du sous-lieutenant d'ARCANGUES, et derrière eux les Half-tracks des Marsouins.

    .

    12_RCA_carte_Sablons

    .

    Tous étaient aux aguets, prêts à intervenir dès le contact avec l'ennemi. Soudain, à la hauteur des Sablons, sur la D6 entre les villages de Ballon et de Bonnétable (Sarthe), le bruit d'un tir de canon et aussitôt le Sherman de ZAGRODSKI s'enflamma. Le copilote DIONNET et le tireur CLEMENT furent tués sur le coup, le pilote et le chargeur purent s'éloigner rapidement, le lieutenant ZAGRODSKI sauta du "Bordelais", mais à ce moment même, il fut fauché par un tir de mitrailleuse. Il mourut immédiatement au bas de son Sherman. Les deux chars suivants, "Armagnac" et "Labourd" flambèrent, également touchés, tirés à mort par un Jagd-panther allemand bien camouflé. Le char "Navarre" du sous-lieutenant d'ARCANGUES et son peloton qui les suivait, commencèrent une manoeuvre de contournement, mais à son tour, un nouveau tir de cinq obus perforants disloqua le "Navarre". Le Sous-lieutenant fut éjecté. Avant de mourir, il eut encore la force de donner ses derniers ordres. Périrent également dans le char "Navarre", le 1ère classe PONTNEAU et le Chasseur BAYONA.

    Il fallut beaucoup de temps et plusieurs morts pour libérer l'itinéraire de ce premier obstacle. MASSU, et son sous-groupement, reprit provisoirement la mission à sa charge.

    12_RCA_photo_bordelais_12rca

     

    12_RCA_photo_labourd_12rca

    Collection Chars-français.net

    Le 12 août 1944, Le G.T. Langlade contourna la forêt d’Ecouves de l’ouest vers le sud. Le terrain était difficile, les combats furent sporadiques. Les unités des deux sous groupements s'entremêlèrent fréquemment dans cette immense forêt.

     

    Le 13 août, l’escadron COUPE du 12èmeRCA rattrapa et doubla une colonne ennemie en la mitraillant à bout portant, avant d’atteindre Chahains (Orne). Bilan de la journée : huit chars ennemis et vingt voitures détruits, 600 ennemis tués et 150 prisonniers. Le lendemain et les quelques jours qui suivirent, les différents pelotons du 12ème RCA écrasèrent les éléments allemands dispersés qui cherchaient à sortir de l'encerclement des armées alliés. Á Omméel et Chambois dans l'Orne, notamment, MINJONNET et son sous-groupement furent confrontés à une résistance accrochée au terrain dont, après bien des difficultés, ils finirent par avoir raison.

     

    Une vingtaine de jours après le débarquement, le 20 août 1944, le 12ème R.C.A. avait terminé la bataille de Normandie. Pour LECLERC, et malgré l'avis des Américains, le prochain bond devait être Paris !

    .

    La Libération de Paris

    .

    12_RCA_Carte_liberation_Paris

     

    .

     

    Après bien des difficultés pour arracher l'accord des autorités américaines, ayant enfin reçu le feu vert le 23 août, le G.T. de Paul de LANGLADE se déplaça rapidement jusqu'à Rambouillet. Dans le parc, LECLERC donna l'Ordre d'Opération pour le lendemain :

     

    Mission:

    1) s'emparer de Paris.

    2) Tenir Paris, en occupant les ponts entre Yvry-sur-Seine et Neuilly-sur-Seine. En poussant des éléments dans la banlieue nord-est de Paris. En maintenant un élément réservé au centre de Paris.

    Renseignements: L'ennemi dispose d'un certain nombre de points d'appui sans liaison les uns avec les autres. Ces points d'appui sont plus denses dans la région sud-ouest de Paris.

     

    Mission secondaire de diversion du G.T. "L " :

    a) Pousser sur l'axe Dampierre-Chevreuse, Châteaufort, Toussus-le-Noble, les Loges, Jouy-en-Josas, Villacoublay, Bois de Meudon, Pont de Sèvres.

    b) Tenir Sèvres et pousser le Sous-groupement sur Versailles et en direction de Paris.

    c) En fin d'opérations et après relève par éléments réservés à Versailles, pousser l'ensemble de son Groupement au Centre de Paris (Place de la Concorde) en réserve mobile.

    P.C. : Initialement au Pont de Sèvres. Ultérieurement à l'Hôtel Crillon à Paris.

    Heure de début des opérations: 7 heures.

    .

    Le lendemain, donc, le G.T. se mit en route, dans l'ordre: Sous-groupement Massu, PC Langlade, Sous-groupement Minjonnet. C'est en vue de Toussus-le-Noble que les premiers tirs nourris s'abattirent sur les éléments de tête. Massu attaqua de front appuyé par l'escadron de BORT du 12ème RCA. MINJONNET avec son Sous-groupement déboitât de la route principale pour s'emparer de Jouy-en-Josas, quand dans un champ où les shermans s'étaient engagés, trois détonations déchirèrent l'air: deux coups au but sur le char "Ardennes" qui prit feu immédiatement. Son équipage arriva à s'extraire et se sauver. Il fallut plus de deux heures de combat farouche pour réduire cette importante résistance ennemie. Dans ce combat, malheureusement, le 12ème RCA perdit notamment l'Aspirant ZAGRODSKI, frère du Lieutenant tué aux Sablons, qui reçut, alors qu'il était sur son char " Lt ZAGRODSKI ", un obus de 20 mm dans la tête. Furent également tués dans ce même char, les chasseurs VIRICEL et PELISSIER, ainsi que sur le char "Aquitaine", le Chasseur Jacques LESUEUR, copilote. MINJONNET dut à nouveau casser des résistances pour arriver au rond-point du petit Clamart, tout en maintenant des éléments en arrière à Jouy-en-Josas et à Villacoublay.

    Parallèlement, le Sous-groupement Massu fut arrêté à la hauteur de Toussus-le-Noble par un barrage de canons 88mm ennemis qui détruisirent trois chars Shermans du 12ème RCA, dont le char "Barfleur" du 2ème escadron, avec deux de ses occupants, le MDL Georges CASTANER et le chasseur Jacques POULIN.

    .

    12_RCA_char_BARFLEUR

     

    Collection Chars-français.net . le char "Barfleur"

    Parvenu au pont de Sèvres le 25 août, le PC de Langlade donna l'ordre de rentrer dans Paris, avec la Place de la Concorde comme point à atteindre. Après bien des difficultés pour rejoindre la Place de l'Etoile à cause d'une foule enthousiaste, voire délirante, qui grimpait sur les chars, entourait les soldats, manifestait sa joie bruyamment de voir Paris libéré sous un carillon de cloches provenant de toutes les églises avoisinantes, les véhicules du PC se positionnèrent finalement en défensive autour de l'Arc de Triomphe, MASSU vers l'est, MIJONNET vers le sud-ouest et le PC devant le n° 10 avenue de la Grande Armée.

    .

    12_RCA_GALVEZ_Paris_25_aout_44_Arc_de_Triomphe

    Le Peloton de Protection du PC du Colonel de LANGLADE Collection J.C. Galvez

    .

    12_RCA_LECLERC___de_LANGLADE

    Le Général LECLERC & le Colonel de LANGLADE devant l'Arc-de-Triomphe à Paris.

    Le 26 août, le GT " L" était aligné près de l'Arc de Triomphe, à l'angle de l'Etoile et de l'avenue des Champs Elysées, lorsque le Général de GAULLE, et à coté de lui le Général LECLERC et le Général KOENIG, alors Gouverneur Militaire de Paris, passa une partie de la 2ème D.B. en revue avant de descendre à pied l'avenue des Champs Elysées. Enfin d'éviter les débordements d'une foule en délire, les chars légers du GT " L" durent escorter le Général de GAULLE jusqu'à Notre-Dame.

    12_RCA_GALVEZ_Paris_25_aout_44_Limagne__Lauraguais__Mac_de_Verdelon__Limousin

    Collection J.C. Galvez

    A ce moment, une mitrailleuse allemande installée dans un blockhaus situé à l'angle de la rue de Presbourg, se mit à crépiter. Le char " Bourgogne" du 3ème escadron du 12ème RCA se détacha, fit tourner sa tourelle, et d'un coup de canon de 75 fit taire ladite mitrailleuse. Un peu plus tard, le même "Bourgogne" arrivé place de la Concorde reçu de son chef de peloton, l'Aspirant NOUVEAU à bord de son Sherman " Champagne", l'ordre de se méfier des snipers de la cinquième colonne. Prenant cet ordre à la lettre, le tireur pointa et abattit la cinquième colonne de l'hôtel Crillon ! Au grand dam de son chef de peloton. Un peu plus tard, avenue Victor Hugo, le Maréchal des Logis Chef André JONNIAUX, chef du char" Camargue" du 3ème peloton du 2ème escadron du 12ème RCA, fut victime d'un de ces tireurs des toits allemands qui pullulaient et faisaient feu de partout. Il fallut ensuite détruire une à une les poches de résistance dans Paris, actions périlleuses contre des "jusqu'au-boutistes".

    .

    12_RCA_char_champagne_2

    Collection Chars-français.net l'Aspirant Nouveau sur son char " Champagne "

    .

    Le 27 août, le G.T. " L", avec le 12ème RCA, quittait les Champs Elysées et Paris vers 6 heures du matin par les portes de Saint-Ouen et de la Chapelle, avec pour mission de libérer la banlieue Nord. De brefs et violents combats eurent lieu dans Enghien les Bains et Montmorency (Val d'Oise), les blindés du 12ème RCA prirent leur part de l'action puis poussèrent jusqu'à Ermont. Le 30 au soir, toute la région était libérée et le Groupement Tactique fit relâche pendant quelques jours dans la région de St Denis. La Bataille de Paris était terminée, la marche vers l'est allait suivre.

    .

    12_RCA_Char_camargue

    . Collection Chars.français.net Char "Camargue" du Mdl/Chef André Jonniaux.

    .

    A l'aube du 8 septembre 1945, quittant Villetaneuse (Seine-Saint-Denis) et la banlieue nord de Paris par les grandes routes, le 12ème RCA avec le GT Langlade en "formations administratives" traversant Lagny, Coulommiers, Provins, arriva au plus vite à Nogent-sur-Seine. Le lendemain, il atteignait Clervaux sur Aube (Aube) dans la soirée, et reçut l'ordre d'atteindre la Moselle le 12, soit un bond de 140 kilomètres à réaliser en deux jours. Le GTL fut divisé en deux Unités: les Sous-groupement Massu qui comprenait, entre autres, les 17 Shermans du 2/12ème RCA commandé par le Capitaine COUPE, et le Sous-groupement Minjonnet qui comprenait, entre autres, le peloton d'éclairage et le 4/12ème RCA du lieutenant BAILLOU. Le 3/12 RCA restant à la botte du PC du GTL. En pointe de la 2ème D.B, le Chef d'escadrons MINJONNET avait eu l'idée de créer un peloton d'éclairage de 5 jeeps armées, qui, devant les chars, serait chargé de déceler les armes anti-chars ennemies.

    Le 11 septembre au petit jour, partant de Bayel, le Chef d'escadrons MINJONNET constata que tous les ponts sur la Marne étaient détruits. Il fallut trois heures pour réaliser la traversée sur des troncs de peupliers verts posés par l'unité de Génie. A Prez-sous-Lafauche (Haute-Marne), le Sous-lieutenant Jean BAILLOU de MASCLARY, de l'Escadron Hors Rang du 12 RCA, fut tué sur sa jeep d'une rafale de mitrailleuse à l'approche de ce village occupé par l'ennemi. Une rapide manoeuvre d'encerclement puis de nettoyage mirent fin à toute résistance. Au bilan, une centaine de prisonniers allemands.

    .

    12_RCA_carte_Dompaire

     

    Le lendemain, MINJONNET et le 12ème RCA furent envoyés à Contrexéville puis à Vittel (Vosges) et nettoyèrent au passage quelques automoteurs tenant les carrefours. C'est à un de ces carrefours, à Valleroy-le-Sec, que le MDL de WARRENS et les Brigadiers BEAUGEZ et ROTH du 4ème escadron furent tués, et quelques kilomètres plus loin, à Ableuvenettes, le Brigadier LANDON du 1er escadron.

    .

    La Bataille de Dompaire

     

    Au plus vite, contournant les quelques éléments ennemis rencontrés, le sous-groupement Minjonnet arriva en vue des lisières sud de Dompaire (Vosges), où le sous-groupement Massu était stoppé par des éléments lourds d'une division allemande. Immédiatement, l'engagement fut total, devint un véritable combat de chars rappelant les combats de cavalerie de jadis, ne cessant qu'à la nuit noire. Le Capitaine de COURSON du 12ème RCA qui commandait le 4ème bureau du sous-groupement Minjonnet fut blessé mortellement alors qu'il arrivait à Gelvécourt, petit village à trois kilomètres de Dompaire. Cette même nuit, le Sherman "Corse" de l'Adjudant TITEUX fut victime d'un début d'incendie vite éteint grâce aux extincteurs. Il fallut immédiatement changer le moteur.

     

    12_RCA_char_Corse

    Collection Chars-français.net le Sherman "Corse" de l'Adjudant Titeux.

    A l'aube du 13 septembre, la bataille pour Dompaire reprit de plus belle avec l'assistance déterminante de l'aviation anglaise, puis américaine avec leurs Thunderbolts, et l'exploitation immédiatement après par les Shermans du 12ème RCA. De nombreux Panzers se trouvaient dans et autour de la ville, et également au village voisin de Damas (Vosges), agissant par coups de boutoirs contre les deux sous-groupements. Le 2ème escadron du 12ème RCA fut prêté à MASSU, alors que les 3ème et 4ème escadrons attaquaient Damas. Des duels Shermans contre Panzers se livraient dans tous les compartiments de terrain. Une trentaine de Panzers furent détruits par les chars embusqués des escadrons Baillou, Desrousseau et de Bort du 12ème RCA. Puis, l'escadron de Bort dut aller se porter de toute urgence près de Ville-sur-Illon (Vosges) pour dégager les éléments du PC menacés par les chars ennemis. Le 12ème RCA avait été impliqué totalement dans ces combats et il pouvait revendiquer la victoire. Malheureusement, le MDL Chef Yves FERRAND et le Chasseur GARNICHAT du 4ème escadron du 12ème RCA périrent dans ces combats.

    12_RCA_DOMPAIRE

     Collection J. Verbruggen

    Profitant de la nuit, les restes de la 112ème Panzer-Brigade abandonnèrent le terrain pour se replier vers l'est. A l'Aube, le spectacle des carcasses de chars était inimaginable ! Entre autres débris de véhicules de toutes sortes, 51 chars allemands plus ou moins détruits jonchaient les champs et les bois. Deux chars "Panther" neufs, laissés intacts par leurs équipages, acheminés par route, furent remis comme trophées par le Général LECLERC au Général KOENIG. Ils furent exposés en septembre 1944 et pendant de nombreuses années dans la cour de l'Hôtel des Invalides, avant de rejoindre le Musée des Blindés à Saumur. L'un de ces deux Panzers était piloté par le Brigadier Ange GALVEZ.

    Du 15 au 20 septembre 1944, le Groupement Tactique " L" fut maintenu sur place dans la région de Dompaire ce qui lui permit de reprendre des forces et réparer son matériel. Ce qui ne l'empêchât pas de détruire trois chars Marck IV qui contre-attaquaient sur Damas, et d'accrocher l'ennemi lors de patrouilles journalières. Puis, le 21 septembre, il franchit la Moselle près de Charmes, pour s'établir à l'ouest de Baccarat (Meurthe-et-Moselle). Puis s'ensuivit une longue période de remise à niveau dans la pluie et le brouillard. Les chars réparables étaient remis en état, des Shermans neufs arrivèrent de l'arrière pour compléter les Unités, les hommes reprenaient des forces après bien des nuits sans repos.

     

    Vers l'Alsace et Strasbourg

    Enfin, les ordres arrivèrent. La mission de la 2ème D.B. était d'attaquer le 31 octobre, par surprise, pour s'emparer de Baccarat, puis au-delà sur un axe Baccarat-Montigny-Domèvre. Le Groupement Tactique "L" à l'arrière de la division, devait se tenir prêt à intervenir au profit d'un des deux autres groupements. Le 1er novembre, il reçut mission de s'emparer des villages de Ogéviller, Herbéviller et Fréménil. L'attaque sur Ogéviller fut menée par le sous-groupement Minjonnet qui malheureusement eut un tué, le chasseur André RAVIER, et perdit deux chars, dont le "Sologne III" du 1er escadron et le "Franche Comté" du 3ème.

    .

    12_RCA_char_Sologne_III

    Collection Chars-français.net Char " Sologne III "

     

    Le Chef d'escadrons de FÜRST, en tête d'un quatrième sous-groupement formé pour l'occasion, bouscula et rentra dans le village d'Herbévilller. De FÜRST, progressant à pied derrière ses hommes, sauta sur une mine, fut criblé d'éclats dans le foie, dans les poumons. L'antenne chirurgicale américaine lui sauva la vie. Suivirent quelques journées de harcèlements ennemis, tirs de batteries entre positions opposées parfois distantes de moins de 200 mètres !

    Le 12 novembre, après une valse-hésitation du commandement américain, LECLERC obtint enfin sa mission : Libérer la plaine d'Alsace, s'emparer de Strasbourg avec la 2ème D.B, et rejeter l'ennemi au delà du Rhin. L'attaque alliée se remit en marche le lendemain à l'aube. Le Groupement Tactique "L" devait opérer dans un couloir entre la N4-Sarrebourg-Saverne exclue et les contreforts des Vosges, avec un axe de progression : Trois-Fontaines, Carrefour de Rethal, Dabo, Marmoutier. Le 19 et le 20 novembre, MINJONNET et son sous-groupement se déplaçant sur des petits chemins à peine carrossables, furent stoppés aux lisières de Niderhoff, puis de Voyer. Attaques longues et brutales qui, bien entreprises, permirent de passer outre et de rejoindre le reste du groupement "L" à Dabo, porte de l'Alsace. Furent tués lors de ces engagements : le chasseur Pierre BOULANT de l'E.H.R., le MDL/Chef René TESTA du 3ème escadron, le Sous-lieutenant François VAULTRIN et le Brigadier/Chef Mohamed CHOUICHA du 4ème escadron. Le 22 novembre, MINJONNET arriva à Saverne par le sud et butta contre une forte résistance qu'il prit à revers, et réussit à anéantir après plus de quatre heures de combat, mettant en déroute tout le dispositif allemand et faisant de très nombreux prisonniers. Le lendemain, ce même sous-groupement Minjonnet, après être entré dans Phalsbourg, reçut mission de rester au col de Saverne, puis le 24, participa au "nettoyage" des résistances dans Strasbourg. La veille, le Colonel ROUVILLOIS avec le 12ème Cuirassiers avait libéré Strasbourg.

    12_RCA_NACH_STRASBOURG

    Musée de Turckheim

    Dans ces derniers combats, dans le brouillard et sous la pluie, périrent le Lieutenant Edmond BISSIRIER Officier de l'Etat Major du Colonel de LANGLADE de l'Escadron Hors Rang brulé dans son char, le Brigadier/Chef Luc COUDERC, et les Chasseurs Jean GROS et Edmond JUIF du 2ème escadron.

    .

    12_RCA_GALVEZ_G_n_eal_Leclerc_Strasbourg_26_nov

    Collection J.C. Galvez

     

    Puis, le 26 novembre 1944, ce fut la Revue des troupes par le Général LECLERC sur la place Kléber à Strasbourg, au centre de la ville, qui proclama réalisé son serment de Kouffra de délivrer Strasbourg. Des éléments du 12ème RCA occupèrent, pendant plus d'un mois, en partie Strasbourg et le Bas-Rhin jusqu'à Sélestat, par des conditions météo exécrables. C'est dans cette dernière ville que le Chasseur Roger ALEXANDRET du 1er escadron fut tué.

    12_RCA__1_janvier_1945

    Collection Association Historique de Kalhausen

    A Postroff, à proximité de Fénétrange (Moselle),le 1er janvier 1945, le Chef d'escadrons GRIBIUS, le lieutenant BAILLOU, commandant le 4ème escadron du 12ème RCA, le Sous-lieutenant PIQUET et l'Aspirant CATALA du 4ème escadron. Un peloton de cet escadron sera engagé le 3 janvier 1945 à Achen (Moselle). 

    Le 12ème RCA, avec toute la 2ème D.B., quitta de toute urgence le 2 janvier 1945 la région de Strasbourg pour se porter entre Sarreguemines et Bitche où les divisions américaines étaient sérieusement accrochées dans les Ardennes par des troupes d'élite allemandes. Dans la nuit du 2 au 3 janvier, une attaque allemande particulièrement violente se déclencha, enfonçant les lignes de défenses américaines. Ordre fut alors donné au Groupement Tactique de LANGLADE, nommé Général depuis quelques jours, de colmater la brèche qui venait de s'ouvrir. Le froid était intense, autour de moins 17° ! Les moteurs étaient récalcitrants au démarrage, tout gelait. Il fallait utiliser les lampes à souder pour dégeler...Le peloton du Lieutenant de MISCAULT du 4ème escadron reçut l'ordre d'attaquer le village d'Achen avec un bataillon américain, là où quelques instants plus tôt le MDL/Chef QUEFFELEC du Sherman "Saintonge" du peloton DUFOUR venait d'être tué par une grenade, alors qu'il effectuait une reconnaissance à pied ! L'offensive alliée sur le village fut meurtrière. Puis LANGLADE envoya le sous-groupement Massu avec mission de se déployer à vue du village voisin de Gros-Réderching enfoui sous la neige, et de l'investir si possible. MASSU avec, entre autres, le 2ème escadron du 12ème RCA, réussit à bouter les Allemands hors de Gros-Réderching. Or en pleine nuit, les fantassins allemands revêtus d'uniformes américains et escortés de chars Shermans, phares allumés, abusèrent les éléments du groupement restés sur place, en leur criant " Ne tirez pas, nous sommes des amis, nous venons vous relever...! " Le peloton de Shermans du Lieutenant RIVES-HENRY du 12ème RCA ne se méfia pas et laissa s'approcher cette relève, qui, parvenue à 150 mètres, fit feu de tous ses canons et de ses tubes de mitrailleuses, détruisant immédiatement quatre chars du 12ème RCA, " Languedoc" "Savoie II" "Iseran" et "Maurienne". Le Lieutenant RIVES-HENRY, sur son char le "Savoie II", fut tué sur le coup, ainsi que le Chasseur Alexandre HALBERT. Les allemands, après avoir semé la mort pendant une heure, quittèrent le village avec leur matériel américain.

    12_RCA_Char_SAVOIE

    Collection Chars-français.net le char "Savoie" du Lieutenant RIVES-HENRY

    .

    Le 20 janvier 1945, de retour dans les environs de Strasbourg, le Lieutenant-Colonel MINJONNET céda le commandement du 12ème RCA et du Sous-Groupement au Chef-d'escadrons GRIBIUS, l'ancien capitaine du 2ème escadron pendant la campagne de Tunisie. Le 22 janvier, faisant partie de la contre-attaque du Maréchal Von RUNDSTEDT de reconquérir l'Alsace et Strasbourg, une attaque allemande se déclencha au nord de Strasbourg, l'ennemi investit le village de Kilstett. GRIBIUS et son Sous-Groupement reçut alors la mission de le reprendre. La bataille fut très rude et dura toute la journée contre deux bataillons fanatisés du régiment Marbach, composés entièrement d'élèves Sous-Officiers allemands, appuyés par des chars. Avec d'autres unités du Sous-Groupement Gribius, les 3ème et 4ème escadrons et le peloton obusiers du 12ème RCA furent impliqués et finirent par nettoyer la place. Le 12ème RCA eut malheureusement à déplorer la mort du Chasseur Pierre GIL. Puis, pendant deux mois, le GTL participa, au sein de la 2ème DB, à réduire la poche de Colmar dans des conditions climatiques très difficiles et dans des conditions de combat imprécises.

    .

    Repos dans l'Indre

     

    Epuisée par des mois de combats continus, la division se retira d'Alsace le 16 février 1945 et fut mise au repos dans la région de Châteauroux. Le 12ème RCA profita de cette accalmie pour remettre à neuf son matériel. Lors d'une prise d'Armes à Mezières en Brenne, le 15 mars 1945, le Général LECLERC décora l'étendard du Régiment et remis la Légion d'honneur au Capitaine de BORD et à l'Adjudant Chef TITEUX.

    12_RCA_Gal_LECLERC_remet_Etendard_copie_modifi__1

    12_RCA_Caravane

    .

    La Poche de Royan

     

    12_RCA_Poche_Royan

     

    Depuis Septembre 1944, une poche de résistance allemande existait à Royan. Malgré les troupes FFI et le bombardement aérien du 5 janvier 1945 qui a détruit presque entièrement la ville, et l'arrivée de nouvelles unités, les défenses militaires allemandes restaient très actives. Cette situation ne pouvant perdurer, le 8 avril 1945, une partie de la 2ème DB fut mise à la disposition du Général de LARMINAT qui commandait l'ensemble, par l'Etat-Major de la Défense Nationale contre l'avis du Général LECLERC qui préférait reprendre le combat en Allemagne. Le 12ème RCA, commandé par le Lieutenant-colonel MINJONNET, assisté du Chef d'Escadrons GRIBIUS, puis du Capitaine d'ALENCON, vint occuper son cantonnement dans le secteur de Gémozac (17) le 12 avril 1945. L'opération " Vénérable" débuta le 14 avril, le 12RCA appuyant de ses feux la progression de l'Infanterie. Le lendemain, le Régiment fut engagé dans un dur combat devant les villages de Fontbedeau et de Saint-Georges de Didonne (17). Lors de ses combats, le Chef d'escadrons GRIBIUS fut grièvement blessé par un sniper. Le 12ème RCA déplora la mort du S/Lieutenant BOUDOUX d'HAUTEFEUILLE, du MDL Chef Lucien LYZE et du Chasseur Albert TRAVAUX. La reddition des forces allemandes retranchées eut lieu le 18 avril au matin. Le 22 avril, une prise d'armes clôtura cette opération, et le 24 avril, le régiment embarqua ses chars sur train en direction du Rhin et de l'Allemagne, pendant que le reste du Régiment faisait le même trajet par la route.

    12_RCA_Poche_Royan

     

    Le 12ème RCA se regroupa près d'Augsburg (Bavière) le 1er mai1945. Il n'ira pas plus loin, les troupes alliées ayant déjà investi tout le sud de l'Allemagne. Le 19 mai, le Général de Gaulle, avec à ses cotés le Général LECLERC, se fit présenter la 2ème Division Blindée, y compris le 12ème Régiment de Chasseurs d'Afrique, à Klosterhufeld, au cours d'une belle Cérémonie militaire. Puis, le Régiment revint à Nemours en Région Parisienne.

    Le 18 Juin, avec toute la 2ème DB, à Paris, il défila avec ses chars, du Pont de Neuilly à la Place de la Concorde devant une foule enthousiaste et qui voulait fêter ses libérateurs.

    Le 22 juin 1945, à Fontainebleau, devant toute la 2ème DB, le Général LECLERC fit ses adieux à sa division. Au cours de cette prise d'armes, il accrocha la deuxième palme à l'Etendard du Régiment, déclarant :

    "Régiment de Cavalerie d'élite qui, sous les ordres du Lieutenant-colonel MINJONNET et du Chef d'escadrons GRIBIUS, n'a cessé depuis le début de la Campagne de donner les preuves de sa magnifique tenue au feu. A pris part à la libération de Strasbourg par ses chars qui en tête de la 2ème D.B., ont traversé les Vosges, pris Saverne et son col, ouvrant la route aux Divisions Alliées. Pendant la période du 18 novembre 1944 au 16 février 1945, libère de nombreux villages de Lorraine et d'Alsace, battant, malgré de dures pertes, l'ennemi partout où il résistait, lui faisant 2.580 prisonniers, dont 2 généraux, lui détruisant 24 chars, 39 canons de différents calibres, de nombreuses mitrailleuses, et plus de 200 véhicules automobiles ou hippomobiles. "

    .

    DOCUMENTS

    .

    Juin à Août 1944 - Diaporama US sur le débarquement et la Libération de la Normandie.

    12_RCA_Diaporama_US

     

    .

    Avril 1944 à Août 1944 - La 2ème D.B. de l'Angleterre à Paris.

     

    Sur ce petit film, quelques images concernent le 12ème RCA. On remarquera les Shermans : "MOGHRANE" "ISERAN" et "ESTEREL" du 2ème Escadron, et "TARDENOIS" et "BOURGOGNE" du 3ème Escadron.

    .

    .

    31 août 1945 - 1er anniversaire de la libération de Paris.

     

    .

    .

    .

    Le 12ème R.C.A. à Rambouillet

     

    En novembre 1945, le 12ème RCA vint établir ses quartiers à la "caserne de la Vénerie",(Renommée "Quartier Estienne" dans les années 50), remplaçant le COAB 422 (Centre d'organisation de l'Arme Blindée). Le Colonel MINJONNET s'évertua à reconstituer son régiment avec le peu de matériel qui lui restait. En plus du P.H.R., trois escadrons de combat furent formés avec des chars Shermans. Le Colonel MINJONNET quitta son commandement le 1er mars 1946, étant admis à la retraite.

    .

    1946 - Rambouillet - Caserne de la Vénerie - Quartier du 12ème R.C.A.

    Des appelés des Beaux-Arts avaient décoré les chambres de très belles fresques murales.

    12_RCA_REZE_2

    Collection P. Reze

    1946 - Rambouillet - La Vénerie.

    12_RCA_REZE_9

    Collection P.Reze

    Sherman "Thunderbolt" au nom des avions américains présents à la bataille de Dompaire.

    12_RCA_REZE_4

    . Collection P Reze

    12_RCA_REZE_8

    Collection P. Reze

     

    12_RCA_REZE_5

    Collection P. Reze

     

    12_RCA_REZE_7

    Collection P. Reze

     

    12_RCA_REZE_10

    Collection P. Reze

    12_RCA_REZE_6

    Collection P. Reze

    Fin avril 1946, le 501ème RCC vint s'établir dans le quartier de la Vénerie de Rambouillet, prenant en charge les chars du 12ème RCA. Pour les remplacer, le 12ème RCA dut, courant mai 1946, aller percevoir le vieux matériel de la 2ème DB qui venait d'être dissoute; des chars légers, des Half-tracks, des Scout-cars etc...Qu'il fallut d'urgence remettre en état de marche.

    .

    Juin 1946 - Rambouillet - Le 2ème Escadron avec deux de ses chars légers M5A1.

    12_RCA_DELCAMPE_Rambouillet_copie

    Collection C. Auboin

    .

    Le 13 juillet 1946, le Lieutenant-colonel MARION, nouveau Chef de Corps, reçut le Lieutenant-colonel d'ANDOQUE qui prit les fonctions de Commandant en second du Régiment. Courant juillet 1946, le Lieutenant-colonel MARION reçut l'ordre de mouvement pour le Maroc.

    .

    Juillet 1946 - Rambouillet - Revue du 12ème RCA par le Général de LATTRE de TASSIGNY, avec le Lieutenant-colonel MARION, allée de la Chasseuse face au Château.

    12_RCA_MESMOUDI_1

    12_RCA_MESMOUDI_2

      Collection M. Mesmoudi

    .

    Juillet 1946 - Rambouillet - Suite de la revue, dans la Cour d'honneur du 501éme RCC, à droite de l'horloge.

    12_RCA_MESMOUDI_3

     Collection M. Mesmoudi

    12_RCA_MESMOUDI_4

     Collection M. Mesmoudi

    .

    Le Régiment embarqua du 21 au 23 juillet 1946 en gare de Rambouillet, dans l'ordre : 1er, 2ème, 3ème, EHR, chacun dans un train différent. Arrivés à Marseille les 24 et 25 juillet 1946, les 1er et 2ème escadrons cantonnèrent au camp de Ste Marthe, alors que le 3ème et l'EHR allèrent au camp Mirabeau. Le 16 août 1946, le 6ème régiment de Spahis marocains fut dissous pour former le nouveau 12ème RCA.

    Puis, Le déplacement de Marseille vers le Maroc se fit en 5 détachements; deux par bateaux, 3 par avions. L'entrée officielle dans Meknès eut lieu le 25 août 1946, le jour anniversaire de la Libération.

    .

    ( Pour la suite de l'Historique , voir l'onglet "ECS" de ce blog, ainsi que les onglets de chaque Escadron ).

    .

    TEMOIGNAGES

     

    Capitaine Jacques ROUILLON, 1944, 3ème Escadron.

    J'ai été deux fois au 12ème R.C.A.. La première fois en 1944, en Lorraine. La seconde de 1951 à 1954 au Maroc.

    Septembre 1944, après le rude combat de blindés à Dompaire (Vosges), dans lequel le 12ème s'est distingué, j'ai été affecté à l'Escadron BAILLOU, puis d'ALENCON, après la mort de BAILLOU et faisait partie du Sous-Groupement MINJONNET, surnommé le "Père Mégot. J'étais S/Lieutenant au Peloton de Commandement avec mon char "Lieutenant Zagrodski II", du nom d'un Officier du 12ème tué un mois plus tôt. Avec ce Sherman de 32 tonnes, j'ai pris part à la libération de Baccarat,

    Le 1er novembre, on attaque la position allemande de la Blette (Meurthe et Moselle). Mon cher Camarade VAULTRIN commandait un Peloton de chars qui subit quelques pertes par mines ou fusils anti-chars. D'ALENCON avait pris ma place dans le char "Lieutenant Zagrodski II" et mis sa jeep à ma disposition. Dans le feu de l'action, j'ai avancé à pied avec les fantassins et capturé 11 Allemands. D'ALENCON m'a félicité, tout en me faisant remarquer que j'avais délaissé sa jeep... Il m'a fait citer pour la Croix de Guerre (Combats d'Herbéviller en Meurthe et Moselle). Le 8 novembre, à Fréménil (Meurthe et Moselle), l'Escadron étant en stationnement, d'ALENCON et VAULTRIN jouaient aux cartes dans une maison, lorsque le village fut bombardé par l'artillerie allemande. Un obus éclata près de la maison et VAULTRIN fut tué. Ce fut pour moi qui avait échappé à l'explosion, une grande peine...

    .

    .

    Divers

     

    Musique de la 2ème D.B.

     

    .

    1945 - Photo symbolique. A l'avant, le Général de LANGLADE ancien Chef de Corps du 12ème R.C.A. A l'arrière, le Général LECLERC ancien commandant de la 2ème D.B. et le Général de GAULLE Chef de l'Etat.

    12_RCA_LANGLADE__LECLERC_et_de_GAULLE_50__me_ann_Dompaire

    .

    .

    Sherman exposé à Mezieres-sur-Ponthouin en souvenir des combats qui ont eu lieu sur la D6 entre Ballon et Bonnetable le 10 août 1944.

    12_RCA_AUBOIN_Lo_c_Sherrman

     Collection L. Auboin

    .

    Avril 1945 - Le char Sherman "Moghrane" du 2/12ème RCA.

    12_RCA_Moghrane

    Collection Chars-français.net

    .

    Juillet 2011 - Le même char Sherman " Moghrane" du 2/12ème RCA.

    12_RCA_Moghrane_1

    Journal l'Union Collection M. Mériot

    .

    Quelques "Sherman" du 12ème RCA, qui ont fait partie de la 2ème D.B. et qui ont été détruits au combat, ont été préservés jusqu'à aujourd'hui :

    le M4A2 " VALOIS" détruit le 13 août 1944 est présenté dans la forêt d'Ecouves.

    le M4A3 " CHAMPAGNE" détruit le 13 septembre 1944 est présenté à Ville-sur-Illon.

    le M4A2 " CORSE" ayant notamment participé à la bataille de Dompaire est présenté au Musée des Blindés à Saumur.

    le M4 obusier " MOGHRANE" ayant combattu à Paris et Dompaire se trouve dans une collection privée (voir ci-dessus).

    D'autres chars "Sherman" du 12ème RCA sont présentés comme monuments, mais ce ne sont pas les véhicules originaux.

    .

    .

    Concernant le "Marquage" des chars du 12ème RCA pendant la seconde guerre mondiale, je propose ce Site qui l'explique.

    Site chars français

     

    Citation Chasseur Roger BASSET.

     

    12_RCA_BASSET_Roger_Citation

    Collection André Massot

     

     

     

    SOURCES http://12rcahistorique.canalblog.com/

      

     

    « La 90th Infantry Division, de la Normandie, la Mayenne et l'Orne en photosMARIE MADELEINE FOURCADE »
    Partager via Gmail Delicious Pin It

    Tags Tags :
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :