• Création et Organisation des réseaux de Résistance P.T.T.

    Création et Organisation des

    réseaux de Résistance P.T.T.

     

     

    Et voici un résumé assez complet du thème
    Textes et contenus aimablement fournis par L’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) de la Manche et l’Association Libération Nationale PTT



    Il faut attendre la fin de l’année 1940, pour que prennent forme les premiers réseaux PTT (celui de Normandie est certainement le premier créé sur le plan national).

    Dans le département du Calvados, c’est Henri LE VEILLÉ (photo), employé du service des mesures, qui en est à l’origine. Il en sera le pilier central et en deviendra le chef régional.

    Le service des mesures ou service des réclamations (qui jouera un rôle très important pendant l’Occupation) procédait aux recherches ou au contrôle des pannes signalées. Le technicien recherchait immédiatement d’où venait la panne et jugeait s’il devait intervenir sur la ligne ou les installations.

    C’est au cours d’un déplacement professionnel en septembre 1940, qu’Henri LE VEILLÉ entre en résistance après avoir fait connaissance de la directrice de la maternité départementale à Bénouville, Mme VION. Depuis plusieurs mois, elle travaille avec l’une des organisations de résistance implantées dans le Calvados « L’armée des Volontaires », dont les liaisons sont assurées par René DUCHEZ, peintre en bâtiment.

     

    La confiance s’installe, et Henri LE VEILLÉ en parle à des amis résolus à lutter comme lui contre l’occupant :

     

    Achille NIARD, et Gustave MADELEINE, agents des installations, Paul MARIE, vérificateur, Mlle TESNIÈRES, dame commis aux mesures, Gaston BARATTE, chef d’équipe du service des lignes, Mmes DESMONT et RENAULT également du service des mesures.

    À la fin de l’année 1940, le groupe est déjà à l’œuvre.

     

     

    Afficher l'image d'origine

     

    Fin janvier 1941, avec la complicité de Mlle TESNIÈRES, Henri LE VEILLÉ s’introduit dans le bureau réservé au personnel de la FNK, déserté entre 19 et 20 heures, et y relève tranquillement les demandes de constructions allemandes ainsi que le schéma des circuits en projet. Il remet ce document à son contact permanent, le peintre René DUCHEZ.

    La FNK (Service des Transmissions de l’Armée allemande), une par région, avait la main haute sur toute l’infrastructure des LSGD (Lignes Souterraines à Grandes Distances). Son rôle était de recenser soigneusement les disponibilités de chaque dépôt : nombre de voitures, essence, câbles, rouleaux de fils de cuivre. Une course de vitesse s’engagea alors entre les commissions de visite de la FNK et les gérants de stocks. Les postiers camouflaient tout le matériel qu’ils pouvaient, ou faisaient le jeu du truquage des stocks

    En mars 1941, le réseau se développe avec l’adhésion de plusieurs agents. Des antennes sont créées dans le secteur de Condé-sur-Noireau par Jacques CHARLES, à Saint-Pierre-la-Vieille ; une à Mathieu par LEUDIÈRE et l’autre à Bénouville par LEGRANDOIS, tous les trois facteurs, qui interceptèrent et détruisirent de nombreuses lettres délatrices.

    En effet, c’est dans le département du Calvados qu’on trouve le plus grand nombre de bureaux de poste ayant soustrait une importante partie de la correspondance délatrice adressée aux Allemands.

    Dans le département de la Manche. En septembre 1941, Henri LEVEILLÉ rencontre Marcel RICHER(photo), agent des installations à Saint-Lô, rencontre qui débouchera sur la constitution du groupe des PTT de Saint-Lô. Avec l’implantation de cette formation, le réseau va acquérir une dimension régionale, complétée par une liaison avec le département de l’Orne en décembre 1941.
    Les Résistants ROBIN, SANSON, BOBOEUF et LERABLE sabotent les installations et le matériel susceptibles d’être utilisés par le génie allemand dans les locaux des services techniques.

    Marcel RICHER a formé, lui-même, son équipe. A l’été 1942, celle-ci comprend une trentaine de personnes de l’administration des PTT, ainsi que quelques personnes extérieures dont le concours est nécessaire à la bonne marche de l’organisation. GAUTHIER, qui vient d’être nommé inspecteur principal à Saint-Lô, apportera son concours au groupe de RICHER, et grâce à lui, l’antenne d’Action-PTT se développera en Normandie (voir plus loin).

    La première opération importante effectuée par le groupe de RICHER, est la communication aux Alliés du plan des lignes souterraines et aériennes du département de la Manche. Ce plan a été minutieusement établi par Clément SEGER, François RICHER et CHIVET. Un peu plus tard, Charles MARCHESSEAU, contrôleur, avec Jean SAMSON, commis, dresse le schéma des dérangements à opérer sur les circuits allemands reliant le port de Cherbourg aux PC ennemis de Saint-Lô, Fougères et Rennes. Au moment du débarquement allié, l’application de ce programme isolera les unités de la Wehrmacht et les bases de la Kriegsmarine du Cotentin.

    Début 1943, l’arrivée à Saint-Lô de René CROUZEAU, inspecteur, va donner une impulsion nouvelle au groupe car c’est lui qui va entreprendre une action continue et systématique à l’encontre de l’occupant. Comme un peu partout, les postiers ont commencé à soustraire à la FNK tout ce qu’il était possible de dissimuler : du simple appareil téléphonique aux grandes couronnes de câbles, en passant par les consoles, les bobines de fil de cuivre, l’essence, les véhicules… on en trouvait partout : des bâtiments aux greniers.

    René CROUZEAU, quant à lui, va se livrer à un véritable trafic des stocks, par le jeu truqué des entrées et des sorties, de substitution du matériel déclassé, usé, réformé ou neuf. Parallèlement, il assure avec Marcel RICHER la liaison avec les responsables d’ACTION-PTT, mouvement que vient de créer Ernest PRUVOST (voir plus loin, le paragraphe qui concerne la création du réseau à Paris : « À Paris, au ministère des PTT… »)

    Le groupe de Saint-Lô est particulièrement en pointe dans la lutte clandestine, et les dirigeants de Paris, dont Ernest PRUVOST, en feront l’un de leurs points d’appui pour étoffer leur action. René CROUZEAU et Marcel RICHER mettent donc au point un discret réseau de sabotages. Grâce à la complicité de Mme BESSY, contrôleur à Avranches, de CHIVET, chef de centre, et de BLIN, rédacteur à la Direction de Saint-Lô, ils opèrent avec un minimum de sécurité sur les bobines techniques, les standards, les relais et les batteries de têtes de câbles.

    Malgré tout, des bavardages ne peuvent être évités et sont la cause de l’arrestation d’Augustin LEMARESQUIER, à Cherbourg. Le mutisme de ce postier lors des interrogatoires lui vaudra le transfert à la prison de Fresnes, mais aucun de ses camarades ne sera jamais inquiété. Belle preuve d’héroïsme.

    À l’automne 1943, CROUZEAU et RICHER doivent procurer de fausses cartes d’identité à plusieurs réfractaires du STO venus s’enrôler dans la Résistance. Après les avoir dotés de papiers en règle, ils les expédient à Gathémo, où ils seront pris en charge par un maquis local.

    Le nombre grandissant de jeunes gens réfractaires, oblige les responsables du groupe à envisager la création d’un maquis de réserve. Ce qui n’est pas facile. Mais des complicités apparaîtront un peu partout, notamment chez le monde rural, ce qui facilitera le problème des caches et du ravitaillement, notamment par Alphonse FILLATRE, agriculteur, qui apportera aux postiers un concours vital pour leurs projets. Ce dernier prend en charge le radio et son poste-émetteur et héberge et nourrit plusieurs volontaires en attente d’affectation.

    Le maquis de réserve, dit de « Beaucoudray » s’est formé le 6 juin 1944 par le regroupement des postiers de Saint-Lô (10 hommes), de 2 jeunes : LE COUTURIER et ALBERTINI et de Raymond ABDON, soit un total de 13 hommes. Alphonse FILLATRE était épicier, un peu quincaillier, et à l’occasion tenait pension de famille. Il était également le voisin de Raymond ABDON.

    De même, René CROUZEAU et Marcel RICHER organisent un véritable service de tri postal occulte. Le courrier de dénonciation facile à repérer, est détruit. Certains receveurs, demeurés à l’écart des réseaux de résistance, se sont longtemps demandé pourquoi les canalisations des toilettes étaient si souvent bouchées.

    Par ailleurs, un contrôle des communications téléphoniques allemandes existe, mais ne fonctionne que par intermittence. Après l’arrestation d’Augustin LEMARESQUIER, cette activité fut mise en veilleuse, pour ne reprendre qu’à partir du débarquement allié en juin 1944.

    À Paris, au ministère des PTT, Ernest PRUVOST (photo), dit « POTARD » assisté de Simone MICHEL-LÉVY et de Maurice HORVAIS, tous trois rédacteurs, créent un groupe de Résistance de niveau national baptisé ACTION-PTT, auquel se joindront un peu plus tard Edmond DEBEAUMARCHÉ, et Ferdinand JOURDAN. Les fondateurs de ce groupe de résistance au sein de l’administration postale ont établi un plan qui vise essentiellement à offrir aux grands mouvements clandestins une toile d’araignée de complicités dans toutes les régions, et qui prévoit :

    ● La constitution d’un réseau très serré et tendu de liaisons postales et télégraphiques clandestines, permettant de joindre entre elles toutes les villes de France.

    ● Le sabotage des lignes souterraines à grande distance au moment du déclenchement des opérations de débarquement, paralysant ainsi les communications de l’ennemi.

    ● La protection des grands centraux téléphoniques de Paris et de province par des groupes armés, afin de s’opposer aux tentatives de destructions de la part des Allemands.

    ● La transmission de renseignements d’ordre général.

    ● L’écoute et la surveillance des communications téléphoniques de l’ennemi.

    ● La saisie et la destruction du courrier de dénonciation.

    Bien accueillie dans les milieux syndicaux clandestins, la création de ce groupe suscite beaucoup de sympathie parmi le personnel des travaux, et les employés des centraux téléphoniques et télégraphiques.

    En peu de temps, PRUVOST, qui sera le Chef de ce réseau national, dispose de liaisons postales établies à partir de Paris avec de nombreuses villes de Province. Edmond DEBEAUMARCHÉ (dit « DURY »), et les ambulants, assurent le transport de l’ensemble du courrier des organisations de Résistance. Le courrier, enfoui dans des sacs postaux plombés, passe très facilement toutes les barrières à la barbe des contrôles allemands.

    Malgré les difficultés pour pouvoir parcourir les distances du fait des restrictions dans l’approvisionnement des carburants et de l’usage des véhicules administratifs, tous ces hommes et ces femmes vont réussir à relier ces réseaux de résistance et à les mettre au point.

    Ainsi la première liaison avec Henri LE VEILLÉ est établie par Simone MICHEL-LÉVY (dite EMMA et/ou Mme FLAUBERT), qui débarque fin janvier 1942 à Caen avec la phrase de reconnaissance : « Je viens vous parler du livre Salambo », ce qui paraît normal pour une femme voyageant sous le nom de Mme FLAUBERT. Les relations qui se nouent avec ACTION-PTT vont avoir pour conséquence de mettre le groupe PTT du Calvados en contact avec le réseau CND (Confrérie Notre-Dame) du Colonel RÉMY, puisque PRUVOST et son équipe assurent les transports de courrier ainsi que les filières de RÉMY.

    Le Colonel RÉMY, responsable du réseau CND (Confrérie Notre-Dame) et Castille sera le premier à utiliser ces filières. Dans un de ses ouvrages, il explique comment s’effectuaient ces transports : « Les courriers et le matériel arrivant de Londres par voie maritime étaient transportés depuis Pont-Aven jusqu’au plus proche ambulant qui les enfermait dans un sac postal plombé. A Paris, ce sac était chargé dans une camionnette des PTT qui en faisait la livraison à l’adresse indiquée. Le même procédé était employé pour nos courriers à destination de l’Angleterre, et la chose devenait plus simple encore s’il s’agissait d’une opération aérienne : une camionnette des PTT, qui était autorisée à circuler partout, à toute heure de jour ou de nuit, se rendait à proximité du terrain, emportant le courrier et les passagers «départ» et ramenait le courrier et les passagers « arrivée ». L’agent PTT employé aux liaisons maritimes était Maurice CANON. ACTION-PTT fonctionnera très bien jusqu’en juillet 1943. Puis elle se transformera en État- Major PTT (EM-PTT), organisation centrale de la Résistance dans les PTT.

    Dans les premiers jours de 1942, Simone MICHEL-LÉVY amène à Henri LE VEILLÉ deux opérateurs radios : «JACOT » et « OLAF », dans une ambulance de la maternité. Les deux pianistes seront hébergés quelques jours chez SAVARD, cultivateur, à Villon-les-Buissons (près de Caen), le temps d’établir un contact radio avec un navire britannique en mer.

    Toutefois, la nécessité de recruter du personnel s’impose en raison de l’élargissement de l’action et du besoin de complicités dans tous les services. Successivement entrent dans le réseau : BOURDON, contrôleur principal au Central téléphonique de Caen ; HOUSSARD, chef de Centre ; LE BOSQUAIN, chef des LSGD; Emile PLANCHAIS du service téléphonique ; Mme BOULANGER du Central téléphonique ; Mme FOURRET, employée à la Direction départementale ; Albert LAUNAY, surveillant chauffeur, RÉMOND, receveur principal à Caen ; Pierre CORNILLET, agent des installations.

    LSGD (Lignes Souterraines à Grandes Distances) : Le réseau des lignes souterraines était très important pour les Allemands, à savoir par la qualité de la communication et aussi parce qu’il jouait un rôle très important puisque c’est le plan de lignes souterraines reliant les ouvrages de défense de l’armée allemande ainsi que plusieurs codes de leurs transmissions.

    Ce réseau s’étendra toujours et gagnera d’autres villes du Calvados : avec CAMPS et ANSET, agents à Bayeux ; avec le receveur FRAUNIER et les agents QUENET et MANCEL à Lisieux ; avec JUDIBERT et LE RÉVÉREND à Trouville ; avec BROUCK, receveur à Estry.

    En 1942, la construction du Mur de l’Atlantique par les Allemands le long des côtes de la Manche et du Calvados, entraîne l’évacuation des bureaux de poste de la zone côtière. Les postiers de ces bureaux sont donc affectés en zone non occupée, ce qui entraîne une nouvelle réglementation téléphonique, à savoir : le trafic reste libre à l’intérieur des réseaux locaux, mais au-delà l’autorisation allemande est nécessaire. Un laissez-passer pour les personnes civiles comme pour les facteurs se rendant dans les communes situées le long du littoral est donc obligatoire.

    L’utilisation des cabines demeure interdite. Le dépôt des télégrammes est soumis à autorisation. Le chauffage des centraux étant inexistant en hiver, les câbles prennent l’humidité. Plus les mois d’occupation passent, plus les circuits réquisitionnés par les Allemands augmentent et plus le service se dégrade.

    Le manque de bicyclettes, de pneumatiques et de chambres à air conduit de nombreux facteurs à effectuer leurs tournées à pied. En juillet 1941, la distribution dominicale est définitivement supprimée. Fin 1943, des trains et des cars sont supprimés. Certaines tournées trop pénibles à effectuer à pied sont supprimées ou scindées en deux : le facteur ne passait dans ce cas qu’un jour sur deux.

    Cependant, malgré les mauvaises conditions d’acheminement et de distribution, le trafic augmente. On écrit beaucoup plus du fait que les déplacements sont très réduits, mais surtout on envoie beaucoup de colis pour pallier le manque de ravitaillement. Malgré toutes ces restrictions, les Résistants poursuivent toujours leurs tâches, dont Simone MICHEL-LÉVY qui mène remarquablement à bien les missions qui lui sont confiées.

    En novembre 1942, Maurice HORVAIS vient à Caen, accompagné du responsable régional GIRARD (dit « MOREAU ») de l’OCM (Organisation Civile et Militaire).

    OCM (Organisation Civile et Militaire) est spécialisée dans la propagande, le renseignement, la préparation des sabotages. Ce sont des militaires de réserve qui la composent. L’OCM ne dépendait pas directement du BRCA, mais de la France Combattante.

    Une réunion se tient rue Richard LENOIR avec LE VEILLÉ, NIARD et MARIE, afin de mettre au point le système des télécommunications et de définir les plans de sabotages. Sur les recommandations d’HORVAIS, il est décidé que ces sabotages devront isoler les lignes sans leur causer de dégâts irrémédiables afin qu’elles puissent être rétablies rapidement pour les Alliés au moment du débarquement et également à la Libération. Avant de repartir, Maurice HORVAIS manifeste sa confiance au réseau en donnant à Henri LE VEILLÉ le code permettant de joindre Mme HORVAIS, téléphoniste à Saint-Lô, et pivot des relations entre le groupe RICHER et l’état-major parisien d’ACTION-PTT. A compter de ce jour, les contacts seront presque quotidiens entre tous les groupes de Basse-Normandie.

    Au début de l’année 1943, le réseau parvient à se procurer un certain nombre de plans de lignes souterraines reliant les ouvrages de défense de l’armée allemande, ainsi que plusieurs codes de leurs transmissions. Entre mars et juin 1943 , l’équipe de corps-francs mise sur pied par Gaston BARATTE, GUEROULT, Robert CASTEL et Emile ISIDOR, Désiré LEMIÈRE et Arsène TRÉVÈLE, effectue plusieurs sabotages sur les LSGD et dynamite un relais de transmissions de l’ennemi près de Ver-sur-Mer.
    En juillet 1943, le service des Ambulants créé par Edmond DEBEAUMARCHÉ pour l’acheminement du courrier clandestin touche la Normandie. Le responsable principal est le contrôleur Louis LETASSEY (dit LE PÈRE LOUIS), dont l’allure pépère, le calme et la jovialité dissimulent un formidable sang-froid et une témérité assez inattendue chez un homme aux manières si pondérées. Imperturbable, LETASSEY accumule dans son bureau-gare les sacs postaux en provenance de Paris et d’autres villes, contenant des tracts, des courriers, des journaux clandestins, des armes, des postes émetteurs et tout le matériel hétéroclite utilisé par la Résistance.
    Tous les mouvements et réseaux implantés en Normandie utilisent la filière des Ambulants pour leurs envois, lesquels sont répartis par laPeugeot 201 dont le sigle peint sur la carrosserie et l’uniforme du chauffeur constituent un véritable laissez-passer.
    Agrandir l'image (dimensions: 393 x 191)Image
    Peugeot 201

    Le réseau se renforce toujours, avec à Caen Maurice FOUQUES, Contrôleur principal au bureau des Mesures, ainsi que l’adhésion de M. VICTOIRE, Mme PERSON, dame commis, M. CHAUBOIS, chef d’équipe, et de Marcel GUILLOUET des LSGD.

    Le directeur départemental, BEAUFILS, qui a remplacé SAUGEON début 1943, favorise immédiatement le travail de la Résistance. Venant de la Manche, il a assisté le groupe RICHER de Saint-Lô et se montre, par conséquent, attentif au développement de la formation caennaise. Son concours va s’avérer précieux au moment des grandes actions entreprises dans la phase préparatoire du débarquement allié, ainsi que dans le contexte de la bataille.

    La fonction de la FNK était de veiller à ce que les transmissions téléphoniques se fassent dans les meilleures conditions possible. Mais les réseaux de résistance, très bien structurés, gênent énormément son activité, qui déplore les incidents volontaires qui surviennent et découragent ses autorités.

    C’est ainsi qu’un sous-officier allemand dans l’impossibilité d’accomplir sa tâche, se suicide « en raison des difficultés incessantes rencontrées auprès du service des mesures ». Aussitôt une enquête est déclenchée. Et pour la première fois, la Gestapo intervient. Sur les indications qui lui sont fournies par un collaborateur, elle vient à la Direction pour arrêter Mme BOULANGER. Mais le sang-froid et l’astuce d’Achille NIARD permettent à celle-ci de s’enfuir. Le personnel, même celui qui ne fait pas partie de la Résistance, fait bloc.

    Fin 1943, Maurice HORVAIS vient mettre au courant Henri LEVEILLÉ des plans « Potard » et « Violet » établis par l’EM-PTT, plans de sabotage adoptés par les Anglais pour le Débarquement, à savoir :

    ● 1. Après avoir coupé les câbles en plusieurs endroits sur le même parcours, les isoler à leurs extrémités pour gêner la recherche des dérangements par les tables de mesures.

    ● 2. Faire sauter les poteaux des circuits aériens dans les courbes.

    ● 3. Eviter la destruction totale des guérites, centraux, stations et câbles à grandes distances pour pouvoir rétablir les communications pour les Alliés.

    Henri LE VEILLÉ fait preuve d’une activité débordante.

     

    Couvert par ses supérieurs hiérarchiques, sauf un qui suit aveuglément les ordres des forces d’occupation, il passe d’une formation à une autre : de l’Armée des Volontaires à la CND, ou de la Centurie à Libération Nord, tous ces réseaux utilisent les services des postiers. Mais il vient un moment où les habitudes deviennent dangereuses.

    Le 5 novembre 1943, Simone MICHEL-LÉVY est arrêtée à Paris dans un café proche de son bureau où un guet-apens lui a été tendu. Elle connaît les rouages essentiels du réseau normand, comme celui de l’organisation nationale. Si elle parle sous la torture, c’est le démantèlement total d’ACTION-PTT et l’arrestation de centaines d’agents. Malgré d’épouvantables tortures, Simone ne livrera aucun nom.

    Ce même jour à 18 heures, PRUVOST a rendez-vous avec Simone MICHEL-LÉVY. Etonné de ne pas la voir, il se rend au ministère où un garçon d’étage l’informe qu’elle n’est pas rentrée. PRUVOST revient au café Le François Coppée, lieu habituel des rencontres. Personne. Toute la soirée, il essaiera de joindre la jeune femme. DEBEAUMARCHÉ également essaiera de la joindre. En vain.

    Le lendemain, PRUVOST visite le bureau d’EMMA au ministère. Il constate qu’elle a dû le quitter précipitamment. Ramassant alors les documents les plus compromettants, il prend le large. Son remplacement à Paris est assuré par Maurice HORVAIS qui cumule ainsi de lourdes responsabilités.

    DEBEAUMARCHÉ alerté par un membre de la CND. prend ses dispositions. Avec Maurice CANON, chauffeur attitré de la voiture postale assurant les transports, il embarque le plus gros des archives, le courrier et les émetteurs.

    Entre-temps, VERRIER, responsable du service à la gare de Lyon, est arrêté. MASUY, gestapiste, a saisi les sacs clandestins prêts à partir pour Marseille et Lyon et les 20 émetteurs qui s’y trouvaient.

    Pendant trois jours, Simone MICHEL-LÉVY et ses compagnons subiront la torture dans son repaire, au 101, avenue Henri Martin à Paris. Malgré quelques succès, MASUY ne peut remonter la filière. Une perquisition au domicile de Simone MICHEL-LÉVY permet tout juste de découvrir une photo de PRUVOST.

    Le 12 novembre, Maurice CANON est arrêté.

    Le 3 décembre, l’EM-PTT ne déplore que trois arrestations. Le cloisonnement des réseaux, d’une part, et l’attitude de ces patriotes, fait que MASUY ne pourra pas remonter la filière. Néanmoins, la Gestapo parviendra à remonter jusqu’au réseau à Caen en janvier 1944. Michel FOUQUES, contrôleur aux Mesures, est interpellé et incarcéré, mais le réseau n’est pas atteint. Fin janvier, une soixantaine de personnes sont arrêtées. Plusieurs agents du réseau sont pris : Gustave MADELEINE, Émile ISIDOR, Désiré LEMIÈRE, Félix ASSIE, Arsène TRÉVÈLE. La répression s’accentue. Un policier de Caen, Roger LEBLOND, qui travaille pour la Résistance, informe Henri LE VEILLÉ que la Gestapo le suspecte et qu’il va être arrêté.

    En catastrophe, celui-ci quitte son domicile et se replie dans une ferme sous le nom de DUVAL. Le surlendemain sa maison est cernée. Mais le réseau survit et va prouver son efficacité au moment du débarquement allié.

    Traqué par la Gestapo, PRUVOST va se réfugier chez Alphonse FILLATRE en février 1944. Là il prend le nom de DUCHÊNE. Puis il envisage de créer un maquis d’une vingtaine d’hommes en vue d’un éventuel débarquement maintes fois annoncé par les services londoniens.

    Avec René CROUZEAU, et l’aide de RICHER et SAMSON, ils aménagent une petite exploitation abandonnée "Le Village du Bois". Le ravitaillement sera assuré par Louis HAUPAIX, cultivateur. Le vétérinaire Philippe TEXIER-HUGOU procurera les soins urgents aux malades et au blessé. Tout s’arrange, sauf la question de l’armement. Quelques fusils de chasse ont bien été récupérés, mais ceci est insuffisant. Alors PRUVOST décide de demander à Londres un parachutage particulier. Celui-ci ne peut avoir lieu à moins de 35 km des côtes, limite considérée comme indispensable pour la sécurité des appareils.

    Par le truchement du docteur LEBRUN, le parachutage des armes aura lieu à Sainte-Marie-Outre-L’eau (Calvados) dans la nuit du 10 au 11 mai 1944 par l’annonce du message « AIMER, C’EST VIVRE ». PRUVOST envoie deux agents de liaison prévenir les hommes désignés pour la réception. De son côté, CROUZEAU mobilise ceux de son groupe. Les postiers prennent place à l’intérieur d’un camion à gazogène (modifié pour l’occasion pour fonctionner à l’essence, c’était plus sûr) avec leurs bicyclettes, prévues pour le retour. ROBIN au volant parcourt les 35 km les séparant du terrain où les armes doivent être parachutées. Mais le Maréchal ROMMEL est en tournée d’inspection dans la région, et les routes sont surveillées. A chaque carrefour, il faut se soumettre à un contrôle. Heureusement CROUZEAU a pensé à tout ; il s’est muni d’un ordre de mission parfaitement en règle.

    À 1h 30 du matin, l’avion largue son chargement (soit 3 tonnes d’armes et de munitions). Les containers atterrissent bien dans le périmètre prévu, sauf un, qui s’écrase assez loin et, de ce fait, s’éventre. Les Résistants ne pourront en récupérer le contenu. Ce sont les Allemands qui, au matin, ramasseront les débris et le matériel. Les Résistants chargent les armes dans le camion et s’en vont à bicyclette. Une partie de l’armement est stockée au Village du Bois, le reste part pour Saint-Lô.

    6 juin 1944
    "Les sanglots longs des violons de l’automne bercent mon cœur d’une langueur monotone"

    Le message informe les Résistants que le Débarquement aura lieu dans les 48 prochaines heures. Grâce aux relevés qui ont été effectués, les postiers possèdent pratiquement tous les plans des lignes reliant les principaux points de défense sur les côtes et même ceux de l’île de Jersey.

    Le 5 juin 1944 au soir : les opérations aéroportées par les Américains commencent.

    Les Résistants se tiennent prêts à passer à l’action, et donc sont très attentifs aux messages diffusés par la BBC, car parmi ceux-ci, certains sont destinés à tromper les Allemands.

    Le message : « LES DÉS SONT SUR LE TAPIS » ordonne la mise en application immédiate des plans de sabotage (plan Violet), et le message : « IL FAIT CHAUD À SUEZ » ordonne de rejoindre les centres de résistance pour entreprendre la guérilla. Aussitôt, les agents des PTT guident les équipes de sabotages sur les lieux des coupures prévues. Grâce à leurs voitures professionnelles, jamais soumises aux contrôles, ils se chargent des points les plus difficiles à atteindre.

    Dans le département du Calvados, l’équipe formée de LE VEILLÉ, LAUNAY, CORNILLET, de DELAHAIE, neutralise le câble spécial qui part du château de Basly, où stationne l’État-Major allemand de la zone côtière, en direction des postes de commandement du littoral. Une deuxième équipe sous les ordres de NIARD, interrompt la liaison souterraine Basly-Bernay ; une troisième équipe dirigée par BARATTE coupe les lignes Caen-Vire et Caen-Saint-Lô.

    Dans le département de la Manche, sous la direction de René CROUZEAU et Marcel RICHER, les résistants coupent les câbles des Lignes Souterraines à Grandes Distances, supprimant les communications entre Cherbourg et Le Mans, Carentan et Villedieu-les-Poêles, Saint-Lô et Avranches. Les lignes aériennes subissent le même sort. Privé de la quasi totalité de ses relations avec les points de défense du front de mer, le central allemand de Saint-Lô devient inopérant. Cette situation d’isolement va être cruellement ressentie par le commandement ennemi quelques heures plus tard, lorsque les parachutistes Américains de la 82e Division aéroportée sauteront sur Saint-Mère-Eglise.

    Le groupe de PRUVOST, en deux équipes, participe au sabotage des lignes entre Saint-Lô et Villedieu-les Poêles. C’est là que LECOUTURIER est blessé au pied par la chute d’un poteau.

    Les Résistants ROBIN, SANSON, BOBOEUF et LERABLE sabotent les installations et le matériel susceptibles d’être utilisés par le génie allemand dans les locaux des services techniques. Emportés par un enthousiasme communicatif, les Résistants multiplient toutes les formes d’action qui peuvent handicaper le mouvement et l’organisation des unités allemandes.

    Au matin du 6 juin, presque tout le réseau de communication reliant les points de défense aux PC de secteur est annihilé. CROUZEAU et ses hommes, après s’être regroupés, se replient à Villebaudon à la ferme du Village du Bois. Le groupe PTT de Saint-Lô, quant à lui, prend le maquis, et rejoint l’équipe de réfractaires qui séjourne déjà sur place. Ce sont eux qui formeront le maquis de Beaucoudray (soit 10 postiers et 3 hommes, ainsi que leurs camarades amenés par PRUVOST à la Ferme du Bois).

    Le maquis de Beaucoudray dont la fin fut tragique (voir plus loin) s’est formé le 6 juin 1944 au matin par le regroupement des postiers de Saint-Lô (10 hommes), de deux jeunes : LECOUTURIER et ALBERTINI, postier corse appelé au STO, qui s’était évadé et réfugié à Villebeaudon, et de Raymond ABDON, instituteur. Soit un total de 13 hommes. À ce petit groupe devait se joindre une autre formation : l’OCM de Villebeaudon. Cette dernière n’est pas venue.

    A Saint-Lô, les Allemands furieux des sabotages effectués dans la nuit, et de la disparition de nombreux agents et de leurs familles (qui s’étaient mises à l’abri des représailles), réagissent durement en arrêtant le personnel des services techniques resté à son poste.

    La ville de Saint-Lô présentait un intérêt stratégique : elle demeurait l’objectif principal de la 1re armée US, notamment pour la réussite du plan « Cobra », préparée par le Général BRADLEY.

    Les employés emmenés dans un camp aménagé au vieux-haras de Saint-Lô, parviendront à s’évader le lendemain lors des bombardements.

    À la ferme du Village du Bois, les postiers résistants de Saint-Lô, rejoints par plusieurs réfractaires au STO, mènent l’existence d’un groupe de maquisards. Sortant de leur base pour effectuer de rapides coups de mains ou effectuer un sabotage, ils rentrent aussitôt leur mission accomplie.

    Les hommes de PRUVOST se sont très rapidement adaptés à leur nouvel état de marginaux, et l’organisation de la vie quotidienne n’a pas posé de problèmes. À chaque sortie, deux ou trois jeunes sont incorporés à la section en mission et acquièrent progressivement les réflexes du combattant de guérilla. Grâce à cet entraînement régulier complété par les cours d’instruction sur l’armement, PRUVOST envisage la coopération de son groupe à la grande attaque qui doit être menée conjointement par plusieurs formations de francs-tireurs dans la première quinzaine de juillet sous les ordres du « CAPITAINE JEAN » (Renaud DANDICOLLE) en liaison avec une violente offensive alliée.

    Cette grande attaque s’inscrivait dans le cadre de l’opération COBRA. La disparition du capitaine Renaud DANDICOLLE, qui devait coordonner l’action des groupes maquisards de Saint-Clair, de Champ-du-Boult, de Gathémo, de Fougerolles-du-Plessis, de Saint-Hilaire du Harcouêt de Brécy, et de Villebaudon, obligea les Alliés à le modifier.

    Dans la nuit qui précéda cette offensive, le message suivant « QUELLE NE FUT LA SURPRISE » est transmis par la BBC. Les forces résistantes auront en effet à intervenir sur différents objectifs qui leur seront communiqués la veille.

    Malheureusement la mort de Renaud DANDICOLLE, puis le démantèlement du maquis de Saint-Clair le 8 juillet, quelques jours après la tragédie du 14 juin à Beaucoudray, anéantiront ce projet.

    La Libération de la Normandie par les Alliés

    Le 9 juillet, le premier drapeau tricolore qui apparaît sur les ruines de l’Hôtel de Ville de Caen est hissé par une poignée de résistants survivants : Léonard GILLES, DUCHEZ, LEBLOND, le capitaine POINLANE (qui sera tué quelques jours plus tard lors des combats pour la Libération de Lisieux auxquels il prenait part aux côtés des Alliés), et quelques autres, dont plusieurs membres du réseau PTT.

    Envoyé par Léonard GILLES à Condé-sur-Noireau afin de rétablir les liaisons coupées par la ligne du front, LE VEILLÉ ne rentrera que le 24 juillet à Caen, mais ce sera pour s’engager dans la Compagnie Scamaroni qui vient d’être formée avec des Résistants du Calvados et qui combattra aux côtés des Alliés.

    C’est ainsi que le 21 juillet, soit 12 jours après l’entrée des troupes britanniques, la recette principale de la Poste fonctionnait à nouveau. Le 22 août, la liaison Caen-Rennes était rétablie, et le 23 celle de Caen à Vire.

    La Résistance-PTT normande fut l’une des plus importantes de France. C’est sur elle que s’est appuyée l’EMP PTT. C’est en Normandie que s’est réfugié PRUVOST.

    C’est en Normandie dans le cadre de la bataille, que les postiers furent appelés aux plus grands sacrifices.

    La présence accablante des troupes d’occupation - du fait des plans hitlériens d’abord axés sur une vaste offensive en direction de l’Angleterre - , puis la construction du Mur de l’Atlantique, et la venue sur le sol normand d’un certain nombre d’agents de renseignements, Français des FFL ou Britanniques chargés de créer des réseaux d’espionnage, font qu’ils eurent besoin de complicités au sein de l’administration la mieux placée pour les renseigner : les PTT.

    Les Fusillés de Beaucoudray

    14 juin 1944. Vers 5 heures du matin, une voiture de l’armée allemande s’engage dans le chemin qui mène à la ferme du Village du Bois, où se trouvent les Résistants. A son bord, trois soldats et un sous-officier. Le gradé déploie sur ses genoux une carte d’état-major qu’il examine longuement. Puis, le véhicule repart. A l’intérieur de la petite maison du Guet, Mme LEBLOND a bien observé la manœuvre de cette Volkswagen. Amie des maquisards, elle s’inquiète de cette visite bizarre. Aussitôt, elle file prévenir les francs-tireurs. Sitôt informé, PRUVOST envoie patrouiller des hommes aux alentours, puis interroge les sentinelles de faction. Deux éclaireurs, rentrant de bonne heure, précisent qu’ils n’ont rien remarqué d’anormal. PRUVOST en conclut donc à une voiture isolée perdue.

    La manœuvre est très rapide. D’après Mme Leblond, ils devaient être bien renseignés.

    Mme LEBLOND est une institutrice qui a fui les bombardements sur la ville de Cherbourg. Son mari Marcel LEBLOND était un des principaux chefs de la résistance à Cherbourg. C’est sur le conseil de PRUVOST qu’elle est logée dans la maison du Guet avec son fils Gilles le 13 juin en fin d’après-midi. Mme ABDON se trouve avec elle.

    Mais PRUVOST, CROUZEAU, RICHER ont l’esprit davantage accaparé par le rôle important que leur formation aura à jouer dans les jours prochains. Or cette voiture n’est pas venue là par hasard. Il s’agit en fait d’un véhicule de pointe appartenant à une compagnie de la 2e Panzer S.S., plus connue sous le nom de Division Das reich. Cette unité d’élite de l’armée allemande vient d’arriver dans la Manche pour consolider le dispositif de défense face aux troupes américaines du général BRADLEY, et certains de ses régiments se sont vengés horriblement sur la population (voir le massacre d’Oradour-sur-Glane). Ces soldats aguerris ne laisseront pas la moindre chance aux maquisards.

    À 10 heures, Mme LEBLOND, dans sa maisonnette, est brusquement entourée par une dizaine de SS survenus silencieusement. Elle ordonne à son fils Gilles :

     

    « Va chercher le chat ».

     

    Aussitôt l’enfant, qui a bien compris le code, part vers la ferme.

     

    Mais le périmètre est déjà bouclé et l’enfant est refoulé. Les SS progressent sans bruit vers l’endroit où se trouvent les Résistants pour préparer l’encerclement.

    Les Résistants qui montent la garde ne les voient pas approcher.

     

    Soudain le premier coup de feu claque. CROUZEAU organise la défense, et avec beaucoup de sang-froid abat les deux premiers SS. A côté de lui, Alfred GUY s’écroule grièvement atteint. Marcel RICHER entraîne deux ou trois compagnons dans une sortie téméraire. Eraflé par les balles, il parvient à forcer le passage. ROBIN est cerné et désarmé. Maurice DESCHAMPS, Raoul et Pierre ALLIER parviennent à s’échapper ; mais pour les autres, la lutte devient inégale et, ayant épuisé leurs munitions, ils doivent se rendre. Ernest PRUVOST, occupé à se raser près du ruisseau, réussira à gagner les bois de Moyon, de même que Raymond ABDON, instituteur, parti en liaison, qui revient juste à temps pour entendre les échos du combat.

    Lorsque M. Raymond ABDON et son épouse sont revenus avec la brouette chargée de petit mobilier (chaises, matériel de cuisine, couvertures), le combat était terminé.

     

    Leurs camarades étaient prisonniers.

    A la ferme, les 10 maquisards font face aux SS triomphants. Après avoir fouillé la maison et récupéré les armes, le chef de la troupe emmène les prisonniers et Alfred GUY, qui n’a toujours pas reçu de soins, ainsi que Mme LEBLOND et son fils, dans une petite exploitation.

     

     

    Commence alors l’interrogatoire brutal réservé aux « terroristes ». Pour le chef nazi, le maquis devrait compter davantage de captifs. Puis il interroge l’enfant en le menaçant de faire fusiller tout le monde, s’il ne parle pas. Mais pressé par le temps, le bataillon doit retourner à Carentan pour participer à la contre-attaque. Les prisonniers sont transférés à la ferme de la Réauté.

    Enfermés dans la ferme, les dix Résistants, Mme LEBLOND et son fils, sont sévèrement gardés. À 3h30 du matin, on leur lie les mains derrière le dos. Escortés par une vingtaine de SS, ils sont emmenés jusqu’à un fossé où on les aligne, y compris Alfred GUY. Les premières notes de la Marseillaise s’élèvent, les mitraillettes crépitent, les corps basculent. C’en est fini.

    À Beaucoudray, est érigé un monument à l’endroit où sont tombés ces onze patriotes. Chaque année, au mois de juin, a lieu une cérémonie du souvenir.

     

    Mme LEBLOND, après de longs interrogatoires, sera internée.

     

    La déportation lui sera épargnée grâce à l’avance des divisions américaines.

     

    Quant à RICHER, RAOULT, PRUVOST, LE SÉNÉCAL, DESCHAMPS, ils s’intègreront aux formations les plus proches pour poursuivre leur combat.

     

     

    SOURCES

     

     

    http://www.39-45.org/viewtopic.php?f=1&t=31965
    ____________________________________________

    « LES HOMMES DU MAQUIS CONFIDENCES Du Commandant PETRI 180 rue de la Pompe »
    Partager via Gmail Delicious Pin It

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :