• Juno beach 

    la 3ème division d'infanterie canadienne,

    la 2ème division blindée canadienne

     

     

     

    The Lance Corporal ER Sandie, talks to civilians in front of the butcher's of E. Hore at 17, Rue de  Bayeux. (Caen):

    Juno beach est une plage de près de 10 km qui se situe entre la plage de Gold (à l'ouest) et la plage de Sword (à l'est).

     

    Elle s'étend des villages de Gray-sur-mer jusqu'à St Aubin-sur-mer, au milieu se trouve le petit port de pêche de Courseulles-sur-mer.

     

    L'assaut de la plage est confié à la 3ème division d'infanterie Canadienne (soucieux de venger leurs camarades tombés à Dieppe) ainsi que la 2ème division blindée canadienne sous les ordres du Général R.F.L. Keller.



    Les objectifs de la journée sont les suivants :


    1.Couper la Nationale qui relie Caen à Bayeux


    2.Réaliser la jonction avec les troupes débarquées sur Gold beach
    3.Réaliser la jonction avec les troupes débarquées sur Sword beach
    1.Prendre l'aéoroport de Caen-Carpiquet

     

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    Général R.F.L. Keller

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    Général Crerar


    Forces alliés:

    La plage est divisée en deux parties: le secteur "MIKE" (à l'ouest de Courseulles) et le secteur "NAN" (à l'est de Courseulles jusqu'à St Aubin-sur-mer).

     

    Le secteur "MIKE" est confié à la 7ème brigade sous les ordres du Brigadier H.W. Foster, tandis que le secteur "NAN" est confié à la 8ème brigade sous les ordres du Brigadier K.G. Blackader.


    Image


    Forces de l'Axe:

    La défense de la plage est tenue par la 716ème division d'infanterie composé du 726ème Régiment et du 736ème Régiment sous les ordres du Commandant :

    General leutnant Ludwig Richter. Son PC est installé au nord de Caen, à la Folie-Couvrechef


    L'assaut:

    La plage de Juno est en grande partie constituée de sable et de rochers.

     

    C'est pour cette raison que l'assaut de la plage commence à 7h55 soit 30mn plus tard que sur les plages voisines.


    Malgré les 14000 mines, des canons et des mitrailleuses, la défense Allemande est peu puissante.


    En effet les spécialistes Allemands de la Kriegsmarine estimaient que les rochers du Calvados empêcheraient à eux seuls toute tentative de débarquement.


     

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    Grayes-sur-mer

    A 9h00, la Royal Winnipeg Rifles libère le village.

     

    C'est à cet endroit que le Général de Gaulle débarque le 14 juin et retrouve le sol Francais.

    Churchill et le roi Georges VI en firent

    de même le 12 et 16 juillet.


    Courseulles-sur-mer.

    Ce petit port de pêche est la cible des Canadiens First Hussars, Régina Rifles et des royals Winnipeg Rifles.


    Le débarquement est difficile et les combats se font au corps à corps , maisons par maisons.

     

    Le Régiment Centaure perd 34 chars DD sur les 40 débarqués.

     

    A 8h30 le Sergent Léo Gariépy occupe la Kommandatur

    et à 10h00 le village est libéré.

     

    L'embouchure de la Seulles devient le 1er port de ravitaillement des alliés (2000 tonnes par jour), en attendant la construction d'Arromanches.

     

     

     

    Bernières-sur-mer.

    Cette plage de 2,5 kms fait l'objet d'intenses bombardements depuis 4h00 le 6 juin 1944.

     

    Les péniches débarquent à 8h10 en faisant face au nombreux obstacles qui jonchent la plage. Au total 90 embarcations seront coulées et s'échouent sur les îles Bernières.

    Les hommes du Queen's Own Rifles et de la Chaudière sont pris sous un déluge d'obus lors de la traversée de la plage(100m). A 9h30, le village est libéré et le général R.F.L. Keller installe son PC de commandement.

    Image

    St Aubin-sur-mer.

    Les nombreuses mitrailleuses et les canons de 50mm donnent de grosses difficultés aux hommes du Régiment North Shore.

    Après le nettoyage de la plage, les chars amphibies du Fort Garry affrontent les diverses casemates.


    La 48 Royal Commando est la 2ème vague qui débarque à cet endroit avec comme objectif la prise de Langrume-sur-mer.



    Langrune-sur-mer.


    Sur cette plage de sable fin la 48ème Royal Marine Commando fait l'objet de très violents combats. Les Allemands avaient équipé les pâtés de maisons avec des canons antichars de 50mm et fortifié les villas sur la plage.


    La résistance Allemande tient bon malgré les tirs navals et ceux des chars Centaures. Le village est libéré le 7 juin à 15h30, par les hommes du Lieutenant Colonel Moulton qui perd la moitié de ses hommes.

     

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    Douvres la délivrande 

    A 2 Km à l'intérieur des terres se trouve la station de

    radar Allemande nommée "Distelfrik" (Chardonneret).

     

    Cette station est équipée de 2 radars "FREYA", 2 radars "Wurzburg",

    et 1 radar "Wassermann" (portée 300km).

    Femmes de Imperial Military Nursing service de la reine Alexandra (QAIMS) posent pour une photo de groupe au n ° 88 à l'Hôpital général de Douvres-la-Délivrande, le 22 Juin 1944.

     

     


    Elle abrite également une centrale téléphonique, une station radio,

    une usine électrique et des soutes à munitions.

     


    Protégée par une DCA et des canons antichars, la station résiste 11 jours, le 17 juin les 238 hommes de la station signe la rédition.

     


    A partir de cette date, elle devient le quartier général du Général Major Canadien Georges Francoeur.


    Beny-Reviers

    La batterie des Moulineaux qui protège le village est détruite par les tirs navals des croiseurs Belfast et Diadem avant 6h00.

     

     

    Le village est libéré le 6 juin par le Régiment de la Chaudière.

    Un aérodrome de campagne t est construit.

     

    Sur la route de Bernières à Beny se trouve le château de Hettier de Boislambert.

     

    Libéré par les hommes de la 8ème brigade Canadienne, le château devient un lieu de repos pour les soldats Canadiens.

    Creully

    Le village de Creully sert de jonction avec les troupes débarquées à Gold et Juno.


    Fin de journée:


    Le soir du 6 juin, la 3ème division a débarqué 24000 hommes et plus de 3000 véhicules.
    A Creully la jonction est effectuée avec les troupes britanniques débarquées à Gold.

     

    Cependant la jonction avec les britanniques de Sword n'est pas possible suite à une contre-attaque Allemande de la 21ème Panzer Division.

     


    L'avancée sur l'aérodrome Caen-Carpiquet est stoppée et cet objectif fixé au 6 juin ne sera pas réalisé.

     


    Le débarquement à Juno est très satisfaisant, la plupart des objectifs ont été réalisés et une solide tête de pont a été réalisée (jusqu'à Creully). Les pertes humaines s'élèvent à 1150 tués et blessés sur un effectif de 15000 hommes.


    Merci à http://sites.estvideo.net

    A Suivre....

     

    Juno injustement oublié de l'histoire ?

    10 ans après, je suis retourné faire un séjour d'une semaine sur les plages du débarquement, et si beaucoup de choses ont changé, il y a notamment eu un gros travail sur les musées, neufs ou bien améliorés, j'ai eu envie de reprendre ce très long article pour ajouter une page : Celle sur Juno Beach.

    En effet, quand on parle débarquement de 1994, les gens oublient celui de Provence (pourtant tout aussi décisif) et le débarquement de Normandie se résume à Omaha Beach, Sainte Mère l'église, voir Pégasus Bridge pour les plus érudits, et Sword pour les franchouillards.

     

     

    dday-juno beach-bernières sur mer 1944

    Le sergent R. Gagnon du Régiment de la Chaudière avec un prisonnier allemand ... souriant. (Archives Nationales Canadiennes/Frank L. Dubervill)

     

     

     

    Dans l'imaginaire collectif, on pense avant tout aux sacrifices des soldats américains, puis celui des Anglais oubliant trop souvent les Canadiens...

     

     

    Et pourtant, Juno Beach était la seconde plage la plus fortifiée après celle d'Omaha, et ce fut également la seconde plus sanglante (340 tués, 739 blessés ou disparus), à l’instar de la première vague à Omaha, la première vague de Juno subit environ 50% de pertes !

     

     

    rgt la chaudière-juno beach-dday

    6 juin 1944 dans la Manche : les fantassins quittent le HMCS Prince David pour gagner le secteur Juno.

    (Archives Nationales Canadiennes)

     

    De  nombreux obstacles barrent l’accès à cette plage et dès 8h05, les membres du Queen’s Own Rifles of Canada puis de La Chaudière progressent difficilement sous une pluie d’obus et à travers les champs de mines. En effet, entre Courseulles-sur-mer et Bernières, les défenseurs ont posé plus de 14 000 engins explosifs et aucun char n’est présent pour soutenir les hommes. Dès les premières minutes, entre la plage et la digue, la compagnie B du Queen's Own Rifles perd 65 de ses soldats. Ces derniers font face au point fort de la Cassine, empêchement munit de 2 canons de 50 mm et 7 mitrailleuses. 3 canadiens, appuyés par la Royal Navy, s’en approchent et réduisent en 15 minutes le point de résistance.

     

     

    Résultats Google Recherche d'images correspondant à http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1d/Caen_gare_1944.jpg:

    Membres des "Green Howards" parlant à des civils français, le 23 août 1944.:
    Read more at http://www.plagesdu6juin1944.com/accueil/juno/itineraire-n-3/bernieres-sur-mer.html#uXoxLfy42YQhDAZj.99

    HMCS Prince david-juno beach-1944

    L'histoire :

    Le secteur de Juno était divisé en Love à l'ouest, Mike (Green et Red) au centre et Nan (Green, White et Red) à l’est. La météo défavorable a rendu la mer extrêmement houleuse. De ce fait, le pilonnage de la marine a été très peu efficace, puisque seulement 14% de fortifications ont été touchées.

     

    Toujours à cause houle, mais aussi à cause de dangereux récifs côtiers, le débarquement a prit du retard : 30 minutes (comme pour Omaha) durant lesquels les Allemands ont pu se réorganiser.


    Le débarquement commence donc à 8h, la marée montante a déjà recouvert bons nombre d'obstacles du mur de l'Atlantique, de nombreuses embarcations sautent sur les mines : sur les 306 embarcations de débarquement, 90 sont détruites avant même de toucher le sol !


    Pire encore, toujours à cause de la mer, les chars amphibies ne peuvent pas accompagner les premières vagues, ce qui laisse ces dernières sans appui, bloquées face à une digue de protection contre la mer haute de deux mètres. Il faudra attendre l'arrivée des char et le courage des canadiens, et notamment le régiment francophone de la Chaudière, pour percer le dispositif.

     

    Le soir du 6 juin, 21 000 hommes et 3 200 véhicules ont débarqué, et les troupes ont avancé d'une quinzaine de kilomètres, et la jonction est faite avec Gold, il faudra néanmoins attendre le lendemain pour faire la jonction avec Sword.

    Ce qui me frappe toujours lorsque je vais sur les plages du débarquement, c'est la différence de mise en valeur de la mémoire entre les plages de débarquement US (Omaha, Utah) et les autres, pour s'en convaincre il suffit de visiter le cimetière de Colleville-sur-Mer pour s'en convaincre.

     

    Ainsi, les plages de Sword, Gold sont beaucoup moins mises en valeur que leur homologues américaines.

     

    A Juno, le musée est relativement récent,

    puisqu'il a été inauguré le 6 juin 2003.

     

    Le Centre Juno Beach est plutôt bien fait, avec pas mal d'interactivité, tout en étant très personnel. Ainsi, à l'entrée on retrouve une série de croix correspondant à un soldat tombé le jour J, avec un flash code pour découvrir la vie du soldat.

     

    Tout le long de la visite, on apprend le rôle du Canada durant la Seconde Guerre mondiale, l'histoire du Canada avant et pendant la guerre. J'ai été franchement bluffée, je pensais plutôt bien connaitre l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, et pourtant j'ai vraiment appris pas mal de choses dans ce musée (d'où l'ajout de cette page d'ailleurs, d'où également le paragraphe suivant).

     

     

     

    Le rôle des Canadiens durant la Seconde Guerre mondiale :

    Je ne referai pas mieux que ce qui se trouve sur internet, ainsi je vous invite à lire les pages suivantes :

    Néanmoins, j'aimerai attirer votre attention sur les points suivants :

     

     

    Néanmoins, j'aimerai attirer votre attention sur les points suivants :

    • Le Canada est entré en guerre contre l'Allemagne dès le 10 septembre 1939, néanmoins, les soldats canadiens n'ont pu prendre part aux combats de la bataille de France que de manière anecdotique (1re brigade d’infanterie), au travers la visite du musée, on peut ressentir cette frustration.

     

    • En 1939, les force armées canadiennes partent du néant, en effet, durant l'entre deux guerres l'armée a été négligée.
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    • Néanmoins, l'effort de guerre considérable permit de renverser la situation.

     

    • Le Canada eu un rôle primordial aux premières années de la guerre en ravitaillant l’Angleterre en besoin urgent(nourriture, armes, matériel)
    • 50 000 aviateurs alliés furent formés au Canada.

     

     

    • Lors du débarquement de Dieppe en 1942, l'armée canadienne fournit le contingent le plus important : 5 000 hommes canadiens sur les 6 000 engagés alliés, environ 900 moururent et presque 2 000 furent prisonniers.
    • Plus d'un million de Canadiens prirent part au conflit, 45 000 perdirent la vie, 55 000 revenir blessé. Ce chiffre est à mettre en perspective avec la taille du pays à l'époque: en effet, en 1940, le Canada comptait 11 millions de citoyens, le nombre de soldat engagé représentait 1/4 de la population active.

     

     

    https://www.team-azerty.com/html/articles/article-11-page-5-normandie1944-2004.html

     

     

    http://monde-elodie.heberg-forum.net/ftopic9690-0-asc-0.html

     

     

     

     

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    Je suis Joséphine Baker, née Freda Josephine McDonald,

    fille d'Eddie Carson, métis espagnol inconnu de moi, et de Carrie McDonald, Noire américaine.

    On m'appelait « Tumpie ». Je viens d'être expulsée de mon château des Milandes, à Castelnaud-la-Chapelle, en Dordogne, ce 15 mars 1969. Je m'étais barricadée dans la cuisine depuis plusieurs jours avec mon chat. Les ouvriers du nouveau propriétaire m'ont poussée à l'extérieur.

     

    . Hé, Tumpie, tu as la Légion d'honneur mais elle ne pèse pas lourd.

     

    Je suis assise sur le perron, pieds nus, un bonnet de bain sur la tête.

     

    J'ai l'air d'une vieille esclave.

     

    Je pense à « Shuffle Along », la comédie musicale qui m'a fait connaître aux États-Unis.

    Il est si loin, mon quartier misérable de Saint Louis, Missouri.

     

    À 10 ans je faisais le ménage chez des Blancs racistes.

     

    J'ai encore dans les veines les émeutes

    raciales du 3 juillet 1917.

    J'entends les hurlements des Noirs

    que les Blancs voulaient tuer.

    Je les vois courir.

     

    « Elle gonfle ses joues à la mode des guenons

    qui cachent des noisettes »

     

    Une femme enceinte à qui on avait ouvert le ventre… C'était sur la terre. Depuis, je n'ai jamais cessé de courir.

     

    La danse m'a sortie du chaos.

    Un jour, j'ai réalisé que j'habitais dans un pays où

    j'avais peur de ma peau.

     

    D'ailleurs, j'étais trop noire pour les Blancs et trop claire pour les Noirs.

    « La Revue nègre », en France, m'a inventée. Pendant sept semaines, au Théâtre des Champs-Élysées, les critiques se sont déchaînés. Celui du « Figaro », membre de l'Académie française, y a vu « un lamentable exhibitionnisme transatlantique qui semble nous faire remonter au singe en beaucoup moins de temps que nous en avons mis à en descendre ». Et il ajoutait :

    « Elle gonfle ses joues à la mode  

    cachent des noisettes. »

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    La guerre aussi a changé ma vie.

     

    Quand le capitaine Abtey, chef du contre-espionnage militaire, est venu me solliciter, en 1939, je lui ai dit :

     

    « La France a fait de moi ce que je suis. Les Parisiens

    m'ont offert leur coeœur. Je suis prête à leur donner ma vie. »

     

    Il s'agissait d'utiliser ma notoriété pour récupérer des informations. Depuis 1936, je louais le château des Milandes, une merveille, à 16 kilomètres de Sarlat.

     

    Je m'y étais réfugiée quand les services de Goebbels à Paris me jugeaient décadente et proche des juifs.

     

    Nous avions caché aux Milandes du matériel radio et des armes. J'avais adhéré à la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme depuis la Nuit de cristal, en novembre 1938.

     

    Je n'ai jamais rien refusé à la Licra.

     

    J'en ai transporté, des messages secrets, sur mes partitions musicales ou à l'intérieur de mes robes.

    Personne n'a osé

    fouiller au corps Joséphine Baker.

     

    Pour alimenter les ressources des Forces françaises libres,

    j'ai même vendu aux enchères la croix de Lorraine en or

    que m'avait remise lui-même le général de Gaulle.

    La Terre peut s'arrêter de tourner.

     

    Assise sur ce perron où l'on a souillé mon âme, je sais que je porterai jusqu'à ma tombe l'ovation que m'a réservée Paris, le 15 août 1944, lorsque je suis revenue sous-lieutenant des filles de l'air.

     

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    Nous avions caché aux Milandes du matériel radio et des armes.

     

    J'avais adhéré à la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme depuis la Nuit de cristal, en novembre 1938.

     

    Je n'ai jamais rien refusé à la Licra.

     

    J'en ai transporté, des messages secrets, sur mes partitions musicales ou à l'intérieur de mes robes.

     

    Personne n'a osé fouiller au corps Joséphine Baker.

     

     

    Pour alimenter les ressources des Forces françaises libres, j'ai même vendu aux enchères la croix de Lorraine en or que m'avait remise lui-même le général de Gaulle.

     

    J'ai longtemps hésité à reposer le pied chez moi, en Amérique. À Broadway, en 1936, j'ai retrouvé tout ce que l'on pouvait infliger à un citoyen noir. Pour entrer dans un hôtel, je devais prendre la porte de service. Pendant que les Noirs de Harlem me reprochaient de jouer dans un théâtre de Blancs…

     

    J'étais très seule quand j'ai commencé à imaginer un monde sans couleur de peau. Le « Time », à cette époque, expliquait que je n'étais qu'une jeune négresse aux dents de lapin. J'ai gagné un premier combat en 1951 au Copa City de Miami, en conditionnant mon spectacle à la présence de Noirs dans le public. Cette clause de mixité m'a enlevé beaucoup de contrats. Quelle importance… Lorsque mon visa a été refusé en 1963, Bob Kennedy est intervenu en ma faveur. Ainsi ai-je pu accompagner Martin Luther King à la marche de Washington en uniforme de l'armée française.

     

    « Personne n'a empêché les vautours de détruire l'œuvre de ma vie »

     

    'ai acquis le château des Milandes en 1947 pour la somme de deux millions cinq cent mille francs, payés cash. Et avec lui la quasi-totalité du village de Castelnaud.

     

    Avec Jo Bouillon, mon mari, nous avons entrepris de créer un complexe touristique. Il y avait même une ferme modèle, une fabrique de foie gras, une station d'essence. Et un bureau de poste. Nous y avions installé des dizaines de familles. Il a fallu dix ans pour sortir tout cela de terre, goudronner, amener l'eau et l'électricité. J'ai fourni des éviers à ceux qui n'avaient pas les moyens.

     

    Dans les années 1950, les Milandes recevaient 300 000 visiteurs par an. C'était « le village du monde, capitale de la fraternité », ma conviction absolue. J'y ai fondé la tribu arc-en-ciel avec mes 12 enfants adoptés. Akio et Janot au Japon, Jari en Finlande, Luis en Colombie, Jean-Claude, Moïse et Noël en France, Brahim et Marianne en Algérie, Mara au Venezuela, Kofi en Côte d'Ivoire, Stelina au Maroc.

     

    Chacun a été élevé dans sa religion, avec son propre précepteur. Nous vivions dans un endroit perdu.

     

    Le tourisme n'existait pas. Ma première conférence antiraciste, le dimanche 13 janvier 1957, a fait sensation au pays. J'étais impliquée partout localement et je ne pense pas que l'on m'ait regardée seulement comme une négresse qui avait du fric. Peut-être l'ont-ils oublié, mais j'étais aux ventes de charité à Bergerac, dans toutes les kermesses que j'organisais au profit des écoles. Je donnais aux hôpitaux. J'achetais des tables, des chaises, des livres. J'ai même réussi en 1957 à placer le banquet annuel de l'Amicale du Périgord à Bordeaux, avec Chaban, sous le signe du « village du monde ».

     

    Dans les années 1950, les Milandes recevaient 300 000 visiteurs par an. C'était « le village du monde, capitale de la fraternité », ma conviction absolue. J'y ai fondé la tribu arc-en-ciel avec mes 12 enfants adoptés. Akio et Janot au Japon, Jari en Finlande, Luis en Colombie, Jean-Claude, Moïse et Noël en France, Brahim et Marianne en Algérie, Mara au Venezuela, Kofi en Côte d'Ivoire, Stelina au Maroc.

     

    Chacun a été élevé dans sa religion, avec son propre précepteur.

     

    Nous vivions dans un endroit perdu. Le tourisme n'existait pas. Ma première conférence antiraciste, le dimanche 13 janvier 1957, a fait sensation au pays.

     

    J'étais impliquée partout localement et je ne pense pas que l'on m'ait regardée seulement comme une négresse qui avait du fric.

     

    Peut-être l'ont-ils oublié, mais j'étais aux ventes de charité à Bergerac, dans toutes les kermesses que j'organisais au profit des écoles.

     

    Je donnais aux hôpitaux. J'achetais des tables, des chaises, des livres. J'ai même réussi en 1957 à placer le banquet annuel de l'Amicale du Périgord à Bordeaux, avec Chaban, sous le signe du « village du monde ».

    Jo m'a souvent reproché de mal compter.

     

    En 1954, nous avions 118 employés, dont 18 jardiniers.

     

    On me dit que j'ai payé plusieurs fois les mêmes factures.

     

    J'ai engagé trop de travaux. Je suis écrasée par les dettes.

     

    J'ai couru les cachets pour rembourser deux cents millions de centimes.

     

    Le Général avait suggéré qu'il était possible de m'aider. J'ai répondu que ce n'était pas à la France de payer mes bêtises.

     

    'ai perdu. Mon château a été vendu aux enchères un dixième de sa valeur. Ils m'ont tout arraché, mon parc, mes meubles. Personne n'a empêché les vautours de détruire l'œuvre de ma vie.

     

    Les gens du Périgord m'ont tourné le dos, mais je ne leur en veux pas. Ici, ils ont découvert avec moi une idée folle. Un village du monde, capitale de la fraternité, créé par une femme noire

    à Castelnaud-la-Chapelle, 500 habitants !

     

     

    Je ne reviendrai jamais aux Milandes, ni en Dordogne. Mais je demeure fidèle à ceux qui m'ont émue. Je suis devenue française et citoyenne du monde, ici, au cœur du Périgord noir.

     

    Jo m'a souvent reproché de mal compter.

     

    En 1954, nous avions 118 employés, dont 18 jardiniers. On me dit que j'ai payé plusieurs fois les mêmes factures. J'ai engagé trop de travaux. Je suis écrasée par les dettes. J'ai couru les cachets pour rembourser deux cents millions de centimes. Le Général avait suggéré qu'il était possible de m'aider. J'ai répondu que ce n'était pas à la France de payer mes bêtises.

    J'ai perdu. Mon château a été vendu aux enchères un dixième de sa valeur. Ils m'ont tout arraché, mon parc, mes meubles. Personne n'a empêché les vautours de détruire l'œuvre de ma vie. Les gens du Périgord m'ont tourné le dos, mais je ne leur en veux pas. Ici, ils ont découvert avec moi une idée folle. Un village du monde, capitale de la fraternité, créé par une femme noire à Castelnaud-la-Chapelle, 500 habitants !

    Je ne reviendrai jamais aux Milandes, ni en Dordogne. Mais je demeure fidèle à ceux qui m'ont émue. Je suis devenue française et citoyenne du monde, ici, au cœur du Périgord noir.

    Hé, Tumpie, tu as beaucoup combattu pour ne rien garder, mais cela valait le coup. Ton village témoignera un jour de la négresse inguérissable, qui n'écoutait qu'un seul battement

     

     

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    “Comme une histoire”

     

    est une nouvelle collection qui propose de raconter des épisodes de l’Histoire au grand public.

     

    Marie-Josephe Bonnet nous raconte le sombre parcours de criminels et de malfrats recrutés pour exécuter les bases besognes de la Gestapo pendant l'année 1944.

     

    Si l’épopée de la Libération de Paris est aujourd’hui bien documentée, il n’en est pas de même de sa face sombre, c’est-à-dire du tribut qu’ont dû payer les résistants arrêtés par les gestapos durant les trois mois de la bataille de Normandie.

     

    Celle de la rue de la Pompe est très peu connue alors qu’elle n’a rien a envier à celle de la rue Lauriston, ou de la rue des Saussaies.

     

     

    En quatre mois, du 17 avril au 17 aout 1944, une équipe de 44 auxiliaires français dirigés par l’Allemand Friedrich Berger a arrêté plus de 300 résistants, torturé la majorité d’entre eux pour leur extorquer des renseignements, déporté 163 hommes et femmes, sans parler de ceux qui sont morts sous la torture ou fusillés.

     

    Au cours du procès de la Gestapo de la rue de la Pompeau tribunal militaire, on dénombrera 110 morts dont 60 fusillés à Paris, parmi lesquels se trouvent les 42 jeunes gens fusillés à la cascade du bois de Boulogne le 16 aout 1944.

     

    C'est cette sombre histoire, de l'installation de la bande rue de la Pompe à son procès en 1952, que raconte Marie-Jo Bonnet en se basant sur des documents et des témoignages d'époque.

     

    • Auteur : Marie-Jo Bonnet
    • Editeur : Ouest France
    • Date de parution : 22/05/2013
    • Collection : Histoire
    • ISBN : 2737360420
    • EAN : 978-2737360428

     

     

     

    Pour l'affaire de la Gestapo de la rue de la Pompe le tribunal militaire de Paris a inculpé 23 personnes de trahison, espionnage, assassinat et complicité, association de malfaiteurs.

     

    L'acte d'accusation stipule que ce groupe a collaboré entièrement avec les services allemands de la rue des Saussaies et, surtout, du 31 bis avenue Foch.

     

    Il évoque aussi la carrière d'espion de Friedrich Berger, son chef. 

     

    Berger Friedrich

    Pendant l'Occupation, il était le dirigeant de l'antenne de la Gestapo de la rue de la Pompe, à Paris. D'abord engagé dans la Légion étrangère, il est recruté par l'Abwehr en 1933.

     

    Il participe pendant la guerre au marché noir pour l'armée allemande.

     

    Parallèlement, il collecte des informations pour faire tomber des réseaux de marché noir et de résistants.

     

    Il constitua une équipe d'une trentaine de personnes plus ou moins louches qui ont neutralisé plusieurs réseaux résistants.

     

    Son équipe était connue comme la « Gestapo de la rue de la Pompe » dont le siège était au no 180.

     

    Arrêté en 1947, il s'évade et sera condamné à mort par contumace en 1952. Il meurt à son domicile de Munich des suites de maladie le 10 février 1960.

     

    Né en Saxe en 1911, il entre à l'Abwehr en 1933. Il s'engage dans la légion étrangère française, en 1934. Réformé en 1937 il retourne en Allemagne. A la fin de 1940, il est envoyé en France avec pour mission de s'infiltrer dans le Deuxième Bureau. Il est presque immédiatement démasqué et condamné à mort. Envoyé à la prison d'Oran, il est rendu aux Allemands le 31 mai 1942. Il s'installe alors à Paris et vit du marché noir, notamment en travaillant pour le bureau Otto. Ses affaires devenant florissantes, il ouvre un bureau d'achats au 14 rue du Colonel Moll. Berger a un système efficace pour gagner du temps et de l'argent : il torture les vendeurs pour leur faire avouer les cachettes de leurs dépôts.

     

     

    Le 17 avril 1944, il s'installe au 180 rue de la Pompe.

     

    Il décime une quantité très importante de réseaux de résistance.

     

    Lors de la capitulation de l'Allemagne, il part pour l'Italie.

     

    Le 7 mai 1945, il est arrêté à Milan par les Anglais.

     

    En 1947, il s'évade de prison.

     

    Le 22 décembre 1952, il est condamné à mort par contumace, car il n'a jamais été repris. Berger est mort le 10 février 1960 à munich.

     

    Il existe des liens étroits entre Allemands et auxilliaires français et des étrangers.

     

    Le personnel de ce service étaient dotés de papiers les mettant « a l'abri de toute intervention de la police française » et leur permettant « d'intimider les personnes à qui ils s'adressaient ». Ils recurent des armes, et les permis nécessaires.

     

    Pour son financement on donna l'autorisation à Berger d'ouvrir son propre bureau d'achat, rue du Colonel-Moll à Paris. Grâce à l'appui des Allemands, la Gestapo du 180 rue de la Pompe peut exercer de grands ravages dans les rangs de la Résistance : ce bilan s'établit à plus de 300 arrestations, plus de 160 déportations (50 de ces déportés décéderont en Allemagne), 40 fusillés lors des guets-apens du 16 août 1944.

     

    Sans parler des expéditions de Roanne, Lille, Péronne, les arrestations de résistants des réseaux « Les Cloches des Halles », « Phalanx », « N.A.P. », « Voix du Nord », « Libération Nord », « O.C.M. », « F2 », « M.L.N. », « Résistance polonaise », « Organisation juive de combat », « Groupe de Chelles et de Draveil »,

    « Jeunesses catholiques combattantes »

     

    ... Sans parler des sévices, des tortures inqualifiables des gestapistes français, sans pitiés et les morts, sous les coups reçus.

     

    Le 16 août 1944, des résistants sont ainsi attirés, le même jour, passage Doisy, porte Maillot, au Ballon des Ternes et rue Leroux (n°4).

     

    La majorité de ces français sera assassinée près de la cascade du Bois de Boulogne, sans parler des exécutions dans les locaux du 42, avenue Victor Hugo...

    L'activité criminelle de la Gestapo de la rue de la Pompe se poursuit dans l'est de la France, après son repli de Paris, à Sainte-Menehould, dans la région des Islettes, d'Auzerville... Les arrestations de résistants sont opérés, contrôlées par les Allemands et, sur 27 patriotes arrêtés, 18 sont déportés et 5 meurent en camp de concentration. En septembre 1944, 12 personnes meurent à Celles-sur-Plaine, d'autres drames éclatent, ici et là, avant que la bande ne gagne l'Italie à San Rémo. Huit peines de mort sont prononcées, d'autres de travaux forcés à perpétuité, des peines de 20 à 5 ans et, par contumace, 7 condamnation à mort, dont celle de Berger.

    Sources

    • Parquet Général - Cour de Justice de la Seine dossier n° 3641 CJ 46 affaire Reymond Jacques - 3955 CJ 47 affaire Gestapo de la rue de la Pompe - Berger Friedrich - Kley -Stanziano Mario - Stcherbina Manuel - Zimmer Jean-Baptiste - Wentzel Fred - Schnell Christian - Vieillevoye Pierre, dossier comprenant divers états, notamment des inculpés français et étrangers, des principales opérations criminelles du groupe.
    • Parquet Général - Non lieu - Article 64 dossier 52430 affaire Cristol Joseph (Gestapo de la rue de la Pompe).
    • Sources : Archives de la Seine 1808 W Parquet Général - Cour de Justice de la Seine dossier n° 3641 CJ 46 affaire Reymond Jacques (secrétaire de Friedrich Berger).
    • Parquet Général - Cour de Justice de la Seine dossier n° 2896 CJ 45 affaire de la Gestapo de la rue de la Pompe - Gestapo de l'Avenue Foch.

     

     

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  • Une réponse organisée au sujet suivant :

    « La Résistance pendant la guerre et sous

    le régime de Vichy 1940-1945 »

     

    La France est divisée en deux grandes zones: zone occupée au nord (contrôlée par les Allemands) et zone libre au sud (contrôlée par le régime de Vichy), séparées par la ligne de démarcation nécessitant un laissez-passer (ausweis).

     

    Après son entretien avec Hitler, Pétain décide d'engager la France dans une politique de collaboration.

     

    De 1940 à 1945, des hommes et des femmes de tous milieux refusent de se soumettre aux soldats allemands qui occupent la France, ainsi qu’au gouvernement de Vichy, qui collabore avec l’Allemagne nazie.

     

    Ils forment la Résistance dans le but établi de nuire, par des actions de formes diverses, à des ennemis clairement nommés. Résister est donc un acte qui a obéi à des motivations variées et a pris des formes multiples.

     

    D’où notre problématique :

    Pourquoi et comment des hommes et des femmes en France ont participé à la Résistance ?

     

     

    Nous y répondrons en trois paragraphes : dans un premier temps nous verrons qui sont les membres de la résistance ? Puis dans un deuxième temps les raisons de l’engagement et les effectifs pendant cette période 1940-1944 et dans un dernier temps les formes d’action prise par celle-ci. **

     

    Les résistants étaient des hommes et des femmes de tous âges mais souvent jeunes voire très jeunes.

     

     

    Ce sont des volontaires engagés dans l'action clandestine.

     

    Moins nombreuses que les hommes, les femmes y étaient souvent cantonnées dans des rôles subalternes. Ils étaient issus de toutes les couches sociales.

     

    Toutes les sensibilités politiques de gauche comme de droite, toutes les sensibilités philosophiques et religieuses étaient représentées au sein de la résistance.

     

    Ce sont principalement des hommes de gauche, chrétien démocrate, socialiste et communiste et des anticonformistes des autres courants politiques y compris monarchiques !

     

    Les résistants se caractérisent par un anti-conformisme qui souvent les pousse à rompre avec leur milieu pour devenir des clandestins et à revêtir une autre identité. Des étrangers ont combattu aux côtés des résistants français :

     

    antifascistes italiens, antinazis allemands et républicains espagnols réfugiés en France ; immigrés polonais et arméniens ; juifs apatrides.

     

    Les résistants constituaient donc une toute petite minorité courageuse, qui a suscité à la fin de l'Occupation un mouvement social beaucoup plus vaste, entraînant l'adhésion de la majorité des Français.

     

    Cette minorité est entraînée par le général de Gaulle et son appel du 18 juin 1940.

     

    En effet, alors que Pétain demande à l’Allemagne l’armistice, le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance un appel radiodiffusé depuis Londres. Il pense contrairement à Pétain que la France a perdu une bataille et non la guerre et qu’elle doit poursuivre le combat ayant à ses côtés les Anglais, un vaste empire colonial et l’éventuel soutien des EUA. Par conséquent, il lance un appel à la résistance en demandant aux soldats et officiers de le rejoindre à Londres. Il a une idée de la France et pense qu’elle doit continuer le combat mais en appelant à la résistance, il entre dans l’illégalité. C’est le début de la Force Française Libre ou FFL.

     

    La France Libre est d’abord composée de 7000 soldats en août 1940 et rejointe par une partie des colonies. En effet une partie de l’Empire va se rallier à lui : Les Nouvelles Hébrides, le Tchad, le Cameroun, le Congo, et le 27 octobre 1940, de Gaulle gagne Brazzaville où est mis en place le Conseil de l’Empire, chargé d’administrer l’ensemble des territoires et des forces françaises engagés derrière lui. Puis les FFL comprennent également une marine et une aviation.

     

    Renforcées par les troupes des territoires coloniaux qui se sont ralliés à la France libre, les FFL comptent plus de 50 000 combattants en 1944. En France, la résistance se met aussi en place.

     

    C’est la Résistance intérieure ou Force Française Intérieure.

     

    En France, ces groupes de résistants se forment parfois autour d’anciens militants politiques, syndicaux, ou des droits de l’homme.

     

    C´est la période des actes spontanés, le plus souvent individuels comme par exemple tracer à la craie, sur les murs, la croix de Lorraine (symbole gaulliste), le V de victoire ou "A bas les Boches".

     

    Ceux-ci deviennent plus collectifs comme la manifestation lycéenne et étudiante du 11 novembre 1940 à l´Arc de Triomphe.

     

    Ainsi naquît la Résistance intérieure.

     

    Les résistants de la 1ère heure ne sont qu’une poignée et répertorie en 5 mouvements de la zone occupée.

     

    D’abord Libération Nord qui regroupe des syndicalistes de la CGT non communiste, CFTC et des membres de la SFIO clandestine, autour de Christian Pineau. Les socialistes sont hégémoniques dans ce mouvement. L’OCM ou Organisation civile et Militaire du colonel Touny et Maxime Blocq Mascart, plutôt orientée à droite. CDLR, « Ceux de la Résistance », dirigé par Jacques Lecompte-Boinet, où l’on trouve Michel Debré, futur premier ministre du général de Gaulle sous la Vème République. Enfin le Front National, mouvement communiste, dirigé par Jacques Duclos, s’engage dans la lutte armée et se doter d’une branche militaire les FTP ou Francs-Tireurs et partisans dirigés par Charles Tillon.

     

    Donc la résistance est très diverse mais les raisons du combat de l’ombre sont souvent similaires comme refus de la défaite, le patriotisme ou la volonté de rétablir la démocratie. Les motivations des résistants étaient diverses : refus de la défaite et de l'occupation allemande, refus du régime de Vichy et de la collaboration, refus de la répression et des mesures antisémites, volonté de combattre pour libérer la France.

     

    Les Résistants souhaitent libérer leur pays et participer à la victoire au même titre que les Alliés.

     

    L’entrée en résistance dès juin 1940 se fait pour deux raisons.

     

    À l’image du général de Gaulle qui, le 18 juin, lance un appel à poursuivre le combat, quelques Français et Françaises refusent, au nom du patriotisme, la défaite acceptée par Vichy et l’occupation allemande.

     

    D’autres s’engagent pour lutter contre des ennemis de la démocratie et des Droits de l’homme. Certains, par exemple les républicains espagnols réfugiés en France, avaient déjà l’expérience de la lutte contre le fascisme.

     

    Les contextes de la guerre font augmenter les raisons de s’engager dans la résistance.

     

    L'engagement dans la résistance a été plus ou moins précoce, dès 1940-1941 ou au contraire plus tardif, en 1943-1944.

     

    Les rares Français qui se sont engagés dans la résistance dès 1940 l'ont fait à titre individuel ou au sein de petits groupes isolés, agissant de façon spontanée, sans mots d'ordre, sans liens entre eux.

     

    Les effectifs de la Résistance s’accroissent à partir de l’été 1941 quand les communistes s’engagent massivement après l’attaque de l’URSS par Hitler, puis à partir de février 1943 quand les réfractaires au STO ou Service du travail obligatoire préfèrent la clandestinité au travail en Allemagne.

     

    En novembre 1942, l’invasion de la zone Sud par la Wehrmacht a discrédité le régime de Vichy incapable de s'y opposer, anéanti le mythe d'un « Vichy-bouclier », État indépendant et souverain jouant le double-jeu pour le plus grand intérêt de tous les Français, et elle a uniformisé les conditions de la résistance dans les deux zones.

     

    En février 1943, la capitulation de la VIème Armée allemande à Stalingrad a fait s'effondrer le mythe de l'invincibilité de la Wehrmacht et de la victoire définitive du Reich hitlérien auquel le régime de Vichy avait adhéré.

     

    Tout ceci fait augmenter les effectifs de la résistance et l’espoir de victoire. Mais la résistance c’est aussi un programme politique pour la libération. En effet, de Gaulle voulait que la France retrouve à la libération une place de 1er choix dans la gestion de l’après-guerre.

     

    C’est pour cela que le CNR (Conseil National de la Résistance) établit un programme qui prévoyait d’abord de punir les collaborateurs et les traitres et épurer l’Etat, le monde économique et le monde du spectacle. Il prévoyait aussi le rétablissement de la République et de la démocratie ainsi que toutes les libertés publiques.

     

    Dans le domaine économique des nationalisations et l’introduction de la planification étaient envisagés. Dans le domaine social, on veut créer une sécurité sociale pour tous et la reconnaissance des syndicats.

     

    On pense même à améliorer le sort des colonies. Ainsi les raisons et les motivations de la résistance expliquent son succès, ses effectifs et ses victoires. Encore faut-il en pratique savoir comment lutter pour sa liberté. Voyons les différentes formes d’actions menés par la résistance.

     

    La résistance a revêtu des formes multiples qui allaient de l'attentisme prudent ou l'écoute de la BBC, jusqu'à la l'action directe (attentats, sabotages) ou la lutte armée dans les maquis, en passant par les manifestations patriotiques, le renseignement, la diffusion de la presse clandestine, la participation à des réseaux d'évasion, le refus du Service du travail obligatoire (STO) mis en place à la fin de 1942 et au début de 1943. La distribution de tracts et de journaux clandestins visent à faire comprendre à l’opinion publique qui sont leurs ennemis et qui sont les responsables de leurs difficultés. L´une des plus grandes activités de la Résistance est l´essor de la presse clandestine: les journaux s´efforcent d´avoir une périodicité régulière.

     

    Leur tirage ne cesse d´augmenter (entre 20 et 50 000 en moyenne). Cette réussite tient du prodige, si l´on songe que le papier est introuvable sinon au marché noir. La fabrication de papiers devient aussi une de leur activité importante. Pour vivre, les Français ont besoin d´une multitude de cartes (laissez-passer, identité, etc) et pour ceux qui ne sont pas en règle, résistants clandestins, juifs, le seul moyen de survie est de se procurer de faux documents, fabriqués avec la complicité de la mairie. Dès 1941, sur le sol français se constituent des mouvements et des réseaux.

     

     

    En zone nord vont se former Défense de la France qu´anime Philippe Viannay, Libération-nord avec les syndicalistes Christian Pineau et Gaston Tessier.

     

    En zone sud, Combat, Franc-tireur et Libération avec Emmanuel d´Astier de la Vigerie, le plus important étant Combat fondé par Henry Frenay.

     

    Il faut distinguer entre réseau et mouvement qui sont souvent confondus. Un réseau est créé en vue d´un travail militaire précis: renseignement, évasion de prisonniers de guerre et de pilotes tombés chez l´ennemie, sabotage des moyens de transports et d´usines allemandes. Un mouvement entreprend ses tâches par rapport à la population. C´est elle qui est son objectif et sa préoccupation principale.

     

    Les étudiants rejoignent surtout les les mouvements et les militaires préfèrent les réseaux.

     

    Les résistants étaient isolés.

     

    Ils ne pouvaient guère compter sur la population accablée par la défaite, soucieuse d'assurer d'abord sa survie et terrorisée par les menaces de représailles, ni sur l'aide des Alliés qui a tardé à venir et est restée limitée.

     

    Il y avait des désaccord sur le plan stratégique entre ceux qui préconisaient le sabotage et la lutte armée immédiate, en particulier les communistes avec l'Organisation spéciale (OS), puis les Francs tireurs et partisans français (FTPF) et leurs groupes de la Main d'œuvre immigrée (MOI), et ceux qui privilégiaient le renseignement, la propagande, l'aide aux pilotes alliés abattus au-dessus du territoire français et aux prisonniers évadés, dans l'attente des troupes alliées.

     

    Certains maquis tentent de pratiquer la guérilla dès 1943, mais sont souvent anéantis. Certains groupes connurent un destin tragique comme aux Glières ou au Vercors. La Résistance se développa grâce à Jean Moulin qui l’unifia sous les ordres du général de Gaulle à partir du 1er janvier 1942.

     

    Jean Moulin est un ancien préfet d’Eure et Loire révoqué par Vichy parce qu’il avait refusé de signer un document mettant injustement les troupes sénégalaises. La création des maquis en 1942 accélère l’unification de la Résistance intérieure et extérieure.

     

    La France libre avait besoin de se faire reconnaître par la résistance intérieure et la résistance intérieure avait besoin de l'aide de la France libre.

     

    Le 27 mai 1943 se créé le Conseil National de la Résistance (CNR) qui coordonne l’ensemble des forces de l’intérieur regroupant les mouvements unis de la Résistance (MUR- c´est à dire Combat, Libération et FrancTireur).

     

    Le CNR est chargé d´assurer en France la coordination des mouvements de Résistance, des maquis, de la presse, des syndicats et des représentants. Présidé par Jean Moulin puis après son arrestation en juin 1943, par Georges Bidault, le CNR a élaboré un programme qui a été adopté en mars 1944.

     

    Ce programme fixait les conditions de la lutte immédiate pour la libération du territoire français et les mesures à appliquer après la Libération pour rétablir la légalité républicaine et promouvoir de profondes réformes sur le plan économique et social. Au début de 1944, a été créé le Mouvement de libération nationale (MLN) qui regroupait les MUR et plusieurs mouvements de la zone Nord.

     

    Dès septembre 1943, les résistants corses ont déclenché une insurrection qui a libéré leur île avec l'aide de commandos venus d'Afrique du Nord.

     

    Au début de 1944, les groupements armés issus des différents mouvements de résistance ont été unifiés au sein des Forces françaises de l'intérieur (FFI) placées sous le commandement du général Kœnig.

     

    Pour retarder l'arrivée des renforts allemands au lendemain du débarquement de Normandie, les forces armées de la résistance ont mis en œuvre les plans de sabotage des moyens de communication : Plan vert pour les voies ferrées, Plan violet pour les lignes téléphoniques et Plan bleu pour les installations électriques.

     

    En 1944, le débarquement en Normandie modifia totalement le rapport de forces: la majorité de la population française ne soutint plus Pétain et se rallia à la Résistance. À partir de juin 1944, FFI et FTP ont participé activement à la libération des autres départements français.

     

    Dans le même temps, elles ont été mobilisées dans l'application du Plan Paul, qui visait à détruire les dépôts allemands de munitions et de carburants, à harceler les renforts allemands et à préparer l'arrivée des troupes alliées.

     

    Elles ont subi l'assaut de la Wehrmacht appuyée par la Milice française au cours de batailles meurtrières livrées dans les Alpes sur le Vercors et le plateau des Glières, dans le Massif-Central au Mont Mouchet, et en Bretagne à Saint-Marcel. Elles ont déclenché l'insurrection parisienne qui a libéré Paris le 25 août 1944 avec l'appui de la 2ème Division blindée du général Leclerc

     

    Elles ont libéré la plus grande partie du sud-ouest et du centre de la France, et facilité dans le sud-est la progression de la 1ère Armée française du général de Lattre de Tassigny débarquée en Provence en août 1944.

     

    La fabrication de papiers devient aussi une de leur activité importante.

     

    Pour vivre, les Français ont besoin d´une multitude de cartes (laissez-passer, identité, etc) et pour ceux qui ne sont pas en règle, résistants clandestins, juifs, le seul moyen de survie est de se procurer de faux documents, fabriqués avec la complicité de la mairie.

     

    A l´occasion de l´énorme défilé du 26 août 1944 sur les Champs-Elysées, de Gaulle reçoit l´investiture d´un peuple vainqueur.

     

    Le 2 septembre 1944, s´installe le GPRF dans " Paris libéré".

     

    ** La période de l’Occupation a vu les Français se partager entre « collabos » et résistants, la majorité de l’opinion rejoignant progressivement la Résistance. L’action des résistants permet aux Français de faire partie des vainqueurs de l’Allemagne nazie le 8 mai 1945.

     

    La Résistance fut, jusqu´au mois d´août 1944, un choix risqué qui mettait en danger la vie de qui la faisait.

     

    On estime que la durée de vie d´un résistant à Paris en 1943-44 était de trois mois. La vie politique française allait être durablement marquée par l'héritage de la résistance, et dans l'immédiat, le programme du CNR s'est en partie concrétisé avec l'instauration du vote des femmes, la nationalisation des secteurs clés de l'économie et la création de la Sécurité sociale.

     

    Le bilan est lourd :

     

    20 000 FFI ou FTP tués au combat,

    30 000 fusillés, plus de 60 000 déportés,

    dont près de la moitié sont morts dans les camps.

     

     

     

    Mais le sacrifice des résistants n'a pas été inutile et l'action de la résistance, même si elle n'a été qu'une force d'appoint, a bien servi la France.

     

     

    Cette action a été reconnue par le commandant en chef des armées alliées en Europe, le général Eisenhower, et a contribué ainsi à épargner à la France d'être soumise à l'administration militaire américaine.

     

     

    Sources :

    http://www.jm.u-psud.fr/_resources/pdf/formation_continue/REPONSE_juin_2011.pdf?download=true

     

     

     

     

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  • Photo prise en mai 1945 à l'hôtel Lutetia de prisonniers libérés consultant la liste des personnes déportées recherchées après la libération des camps.

    Photo prise en mai 1945 à l'hôtel Lutetia de prisonniers libérés consultant la liste des personnes déportées recherchées après la libération des camps. AFP 

     

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    [Cet article a été publié dans Libération en janvier 2005, à l’occasion du 60e anniversaire de la liberation du camp d’Auschwitz]

    «Je n'osais leur dire ce qu'était réellement Auschwitz.»

     

    En 1945, Charles Palant, comme tous ceux qui reviennent des camps, préfère se taire plutôt que tuer l'espoir des familles qui attendent, nuit et jour, le retour d'un proche au centre d'accueil de l'hôtel Lutetia.

     

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    Les marronniers sont en fleurs sur le boulevard Raspail et une douceur printanière baigne la capitale française, qui profite de ses premiers mois de liberté.

    Mais devant l'hôtel Lutetia, une petite foule reste là jour et nuit, bloquée derrière des barrières, visages tendus, photos brandies à bout de bras, écriteaux portant les noms des leurs. Ils attendent le retour des déportés.

     

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    Photographie de déportés transportés en bus vers l'hôtel Lutetia, printemps 1945

     

    Même si la spécificité de l'extermination de cinq millions à six millions de juifs n'apparaît pas encore dans toute son évidence, l'horreur des camps commence à émerger avec les premiers témoignages et les images de corps squelettiques.

     

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    Ils viennent le matin avant le travail et reviennent le soir.

    Quand un convoi de bus arrive, déchargeant sa cargaison fantomatique, les conversations

     

     

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    Principal centre d'accueil des déportés rapatriés, l'hôtel Lutetia devient le lieu de rassemblement des familles dans l'attente de nouvelles. Un service de renseignement est installé pour tenter de coordonner la diffusion des informations. A.F.P.

     

     

    ARRIVEE à l'HOTEL LUTETIA

     

    Les uns et les autres arrivaient tout aussi maigres avec en main un paquet dans lequel ils avaient mis des bouts de sucre, un coupon de tissu, un gobelet, un morceau de couverture...

    Beaucoup trouvent l'appartement occupé ou pillé.

    Parfois, la concierge les accueille comme s'il ne s'était rien passé.

     

    «Elle m'a donné les clefs et même du courrier, l'appartement était vide avec la table encore mise, comme au moment de l'arrestation, et je n'ai pas supporté»

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    Ils pénètrent sous les dorures du grand hall de l'hôtel, puis direction la désinfection.

    Ensuite commencent les formalités d'enregistrement qui leur donneront des papiers provisoires après interrogatoire. «C'était une grande pagaille.

    On voyait de vrais déportés dénonçant du doigt des faux déportés qui s'étaient infiltrés dans leurs rangs afin de se refaire une virginité»,

    a raconté au Magazine littéraire Bertrand Poirot-Delpech, alors lycéen de philo à Louis-le-Grand et boy-scout qui, comme tant d'autres dont Michel Rocard, se porta volontaire pour aider les rescapés.

    Les interrogatoires de la police militaire sont méticuleux.

    «Un pyjama rayé, c'était facile à trouver.

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    On craignait l'infiltration d'ex-collabos ou même de SS dans cette masse de rapatriés sans papiers, raconte André Lafargue, rapidement identifié grâce à son réseau de résistance.

    Ebensee était un petit camp que personne ne connaissait, mais j'étais heureusement passé par Buchenwald et Mathausen.

    J'ai décrit l'entrée, les camarades avec qui j'étais.»

    Pour les juifs, surtout les étrangers livrés à la machine de mort par la police de Vichy, le moment est plus dur.

    «C'était des questions de flic, et on se méfiait»,

    reconnaît Charles Palant.

     

    Chaque histoire est une tragédie.

     

     

    Chaque survie un hasard ou un miracle.

    Chaque libération une épopée différente.

    Au Lutetia, ils ont reçu une carte de rapatriement. Ils ont mangé, parfois pris une veste ou un pantalon.

    Des chambres sont à leur disposition, mais la plupart préfèrent ressortir aussitôt.

    «Téléphoner, l'idée était impensable»
    C'est maintenant le moment le plus difficile, celui de la recherche des proches, le vrai retour tant attendu et tellement craint, en premier lieu pour les juifs.

    «Un prisonnier libéré téléphone tout naturellement chez lui, mais pour nous l'idée était impensable, probablement parce que, nous, tout le monde était mort», écrit la psychanalyste Anne-Lise Stern, arrivée à Lyon en juin 1945.

    C'est une amie qui téléphona pour elle. Ses parents avaient survécu. Joseph Bialot avait envoyé un télégramme dès son débarquement à Marseille, annonçant qu'il arriverait gare de Lyon : 
    «Mon père était venu, mais il ne m'a pas vu ou pas reconnu.» 
    Le ventre noué, il a quand même décidé de rentrer chez lui. Léopold Rabinovitch, lui, s'est précipité au centre d'accueil du XXe arrondissement pour retrouver des camarades :

    ------- là, il a vu son nom et celui de son frère sur la liste des probables fusillés.

     

     

    Beaucoup trouvent l'appartement occupé ou pillé.

     

    Parfois, la concierge les accueille comme s'il ne s'était rien passé.

    «Elle m'a donné les clefs et même du courrier, l'appartement était vide avec la table encore mise, comme au moment de l'arrestation, et je n'ai pas supporté», a raconté dans un documentaire Marcel Bercau, ancien d'Auschwitz et seul rescapé de sa famille.

    Pendant des mois, il a attendu en vain le retour des siens, laissant toujours la lumière allumée ou les fenêtres ouvertes s'il sortait, afin de leur montrer que quelqu'un était là.

    Dans l'appartement, Charles Palant a trouvé son frère Jean et sa belle-soeur.

    A la joie des retrouvailles se mêlait l'angoisse de l'insoutenable vérité qu'il portait en lui.

    Lors de la première «sélection» à son arrivée à Auschwitz-Birkenau, il a vu sa mère partir avec les autres femmes, les enfants, les vieux et tous ceux destinés à la chambre à gaz.

    «Sur le coup, je n'ai pas compris que cela signifiait une mort immédiate, et quand, au camp, j'ai appris le sort de ceux qui n'étaient pas là, je n'avais d'autre choix que de tenir et de renvoyer à plus tard le deuil.»

    A Auschwitz, il avait aussi vu mourir le frère de sa belle-soeur. «Comment lui expliquer que moi, freluquet, je suis vivant et que ce solide gaillard, lui, est mort ?

    Comment sauter au cou de mon frère en lui disant qu'ils ont été tous assassinés ?»,

    explique le survivant, convaincu encore aujourd'hui qu'il valait mieux que son frère et sa belle-soeur «se fassent peu à peu d'eux-mêmes à cette idée en voyant que les retours étaient de moins en moins nombreux».

    Pendant des semaines, Charles Palant a ainsi continué à se rendre au Lutetia pour pouvoir dire à sa belle-soeur qu'il allait «voir s'il y avait des nouvelles».

    «Ceux qui ont vu la Gorgone...»

    A chaque fois, il y retrouvait les mêmes scènes, les visages anxieux à la recherche désespérée d'un indice :

    «Je n'osais leur dire ce qu'était réellement Auschwitz.»

    Les rescapés ont commencé à reprendre du poids et leurs cheveux à repousser mais sont restés reconnaissables entre tous.

    Parfois s'exprime à leur égard un petit geste de solidarité, un poinçonneur qui refuse le ticket de transport, un fleuriste qui fait cadeau du bouquet.

    Souvent fusent les questions qui déclenchent l'angoisse de l'impossible réponse.

    La peur de ne pas être cru par ceux qui n'ont pas vécu l'horreur des camps comme la crainte de faire plonger dans l'horreur ceux qui sont impliqués au travers de leurs proches.

    «Ma femme s'est ainsi toujours refusée à savoir exactement quand et comment mourut sa mère, à devoir l'imaginer se déshabillant puis courant nue sous les coups jusqu'à la chambre à gaz», dit Léopold Rabinovitch.

    La différence est grande, souligne-t-il, entre les «politiques» et les «raciaux», entre ceux déportés pour avoir résisté et couru des risques assumés et ceux uniquement coupables d'être nés.

    «Pour moi, abonde André Lafargue, la déportation a signifié la fin des interrogatoires et la possibilité, en retrouvant des camarades, de continuer la lutte au camp.»

    Son matricule ­ 53 858 ­ lui vient encore aux lèvres en allemand, automatiquement.

    Pour les survivants d'Auschwitz, le principal des camps d'extermination, ce numéro est tatoué indélébilement dans leur chair et dans leur âme.

    «Il m'a fallu plus de vingt-cinq ans et une psychanalyse pour réussir à sortir du camp», souligne Joseph Bialot. Beaucoup y restent enfermés à jamais.

    «Nous, les survivants, nous sommes une minorité exiguë mais anormale : nous sommes ceux qui, grâce à la prévarication, à l'habileté ou à la chance, n'ont pas touché le fond.

     

     

    Ceux qui l'ont fait, ceux qui ont vu la Gorgone, ne sont pas revenus pour raconter», écrivait Primo Levi dans les Naufragés et les rescapés, quarante ans après Auschwitz.

    En 1987, il se jetait dans la cage d'escalier de son domicile turinois.

     

    Marc Semo

     

     

    http://www.liberation.fr/societe/2005/01/24/au-lutetia-le-silence-des-survivants_507114

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  • Joséphine Baker, la résistante

    Dès le début de la guerre, Joséphine Baker se montre une ardente patriote.

     

    Devenue française par son mariage, en 1937, avec Jean Lion (de son vrai nom Levy), un industriel juif, elle décide d'entrer en résistance contre les nazis et refuse de chanter à Paris tant que les Allemands y seront.

    Elle a plus de 4000 filleuls de guerre.

    Chaque soir, elle assure la gestion à ses frais d'un centre d'accueil de réfugiés à la Gare du Nord.

    A l'aube elle regagne au Vésinet sa maison lointaine. 
    Avant de se coucher elle s'astreint encore à une longue prière. Elle dort quelques heures et dès qu'elle a pris son bain, elle s'assoit à une table dans sa chambre ; elle écrit à ses soldats. Puis elle s'occupe de la préparation des colis qu'elle leur destine et finance elle-même. [1]

    Elle effectue dès 1939 plusieurs tournées le long de la frontière nord-est pour motiver les troupes.
    En septembre 1939, Daniel Marouani, frère de l'agent de Joséphine Baker, la présente à Jacques Abtey, officier du 2ème Bureau, le service de renseignement de l'Armée. Abtey, qui était chef du contre-espionnage militaire à Paris au moment de la déclaration de guerre, est alors chargé de recruter des « Honorables Correspondants » des personnalités bénévoles et dignes de confiance susceptibles de se rendre partout sans éveiller les soupçons afin de recueillir des renseignements sur l'activité des agents allemands. Jacques Abtey relate ainsi leur rencontre, à la villa Beau Chêne du Vésinet  :

    Grande fut ma surprise lorsque je l'aperçus… nous avancions par l'allée du parc, lorsque nous entendîmes un joyeux « Hello ! » Puis ce fut l'apparition, au-dessus des buissons, d'un feutre ratatiné…

    Souriant de toutes ses dents, elle était là, une main dans la poche d'un vieux pantalon, l'autre tenant une vieille boite de conserve rouillée remplie d'escargots … Je fus, dès le commencement de notre conversation, saisi par l'étrange rayonnement de mon interlocutrice…

     

    Parlant sans rechercher d'effet, d'une voix douce, égale… je dus faire un effort afin de ne pas laisser paraître mon émotion quand elle me parlait de la France, son pays d'adoption :

     

    « C'est la France qui m'a fait ce que je suis, je lui garderai une reconnaissance éternelle. La France est douce, il fait bon y vivre pour nous autres gens de couleur, parce qu'il n'y existe pas de préjugés racistes. Ne suis-je pas devenue l'enfant chérie des Parisiens. Ils m'ont tout donné, en particulier leur cœur. Je leur ai donné le mien. Je suis prête, capitaine, à leur donner aujourd'hui ma vie. Vous pouvez disposer de moi comme vous l'entendez. »

    Jacques Abtey

    Les Français Libres

    Il est alors convenu que Joséphine Baker se servira de ses relations pour se faire inviter aussi souvent que possible dans les cocktails donnés dans les ambassades afin d'y recueillir des informations sur les troupes ennemies.

     

    Elle réussit ainsi à obtenir, lors de réceptions données dans les ambassades d'Italie et du Portugal, de précieux renseignements sur les mouvements des troupes allemandes et les intentions de Mussolini au début de la guerre.

     

     


    Joséphine Baker lors d'un cocktail de l'armée de l'air (coll. S.H.A.A.)

    Titulaire d'un brevet de pilote, elle rejoint, pour masquer son engagement dans le contre-espionnage, les Infirmières Pilotes Secouristes de l'Air (IPSA) et accueille des réfugiés de la Croix Rouge.
    Début 1940, sur l'avis de Jacques Abtey, Joséphine Baker quitte Le Vésinet pour le château des Milandes en Dordogne où se formera autour d'elle un noyau de résistants.
    Lorsque le général de Gaulle lance son appel du 18 juin 1940, elle accepte avec enthousiasme de servir de couverture à Jacques Abtey, qui a reçu pour mission de transmettre aux services de renseignement de la France Libre, les renseignements recueillis en zone occupée sur les positions allemandes.
    Jacques Abtey voyagera sous la fausse identité de Jacques Hebert comme « artiste » qui « accompagne Madame Joséphine Baker » selon la mention portée sur son visa. Les renseignements sont transcrits en langage chiffré et à l'encre sympathique sur les partitions musicales.


    Le passeport au nom de Jacques Hebert avec lequel le commandant Abtey s'est rendu en Espagne, au Portugal et en Afrique du Nord.

    Soupçonnée par les Allemands de cacher des armes, Joséphine fait preuve d'un grand sang-froid lorsque ceux-ci demandent à perquisitionner sa propriété des Milandes, alors qu'elle y héberge des résistants : « Je pense que Monsieur l'officier ne peut être sérieux. Il est vrai que j'ai des grands-parents Peaux-Rouges mais il y a bien longtemps qu'ils ont enterré la hache de guerre, et s'il y a une danse que je n'ai jamais dansé, c'est bien la danse de guerre. »

    En 1941, Joséphine Baker et Jacques Abtey sont tous deux envoyés en Afrique du Nord en mission pour la France Libre. 
    Alors que Jacques Hébert ne parvient pas à obtenir de visa, Joséphine Baker part seule en Espagne donner des représentations et revient avec des notes d'informations qu'elle épingle dans son soutien-gorge. Elle évoque cette anecdote avec malice :

    « C'est très pratique d'être Joséphine Baker. Dès que je suis annoncée dans une ville, les invitations pleuvent à l'hôtel. A Séville, à Madrid, à Barcelone, le scénario est le même. J'affectionne les ambassades et les consulats qui fourmillent de gens intéressants. Je note soigneusement en rentrant… Ces papiers seraient sans doute compromettants si on les trouvait. Mais qui oserait fouiller Joséphine Baker jusqu'à la peau ? Ils sont bien mis à l'abri, attachés par une épingle de nourrice. D'ailleurs mes passages de douane s'effectuent toujours dans la décontraction… Les douaniers me font de grands sourires et me réclament effectivement des papiers… mais ce sont des autographes ! » [3]

    En juin 1941, Joséphine Baker tombe gravement malade. Son hospitalisation qui durera 19 mois ne met pas un terme à son activité de renseignement, bien au contraire puisque sa chambre devient un centre d'échanges d'informations secrètes. Elle s'emploie également à convaincre tous les officiels américains qu'elle rencontre de soutenir le général de Gaulle et la France Libre. 
    Lors du débarquement des Américains en Afrique du Nord, le 11 novembre 1942, elle quitte sa chambre d'hôpital pour vivre l'événement tant attendu.
    A peine rétablie, Joséphine Baker part soutenir le moral des troupes et organise des spectacles en remettant à l'armée française l'intégralité de ses cachets. Entre 1943 et 1944, elle mettra à la disposition des œuvres sociales de l'armée de l'air plus de 10 millions de francs. [4]
    Voyant l'effet que produisent les concerts de Joséphine sur le moral des troupes, un officier américain lui propose de signer un contrat pour la durée de la guerre, ce qu'elle refuse en soulignant qu'elle est un soldat de la France Libre et qu'elle chante bénévolement pour l'armée française [5]. Elle se met à la disposition du Haut Commandement des troupes pour donner des spectacles partout où on lui demande d'aller, finançant elle-même ses tournées. Elle n'a bientôt plus un sou mais ne se plaint jamais, convaincue de se battre pour une cause juste.
    Elle parcourt des dizaines de milliers de kilomètres en jeep à travers les déserts pour donner des spectacles dans les camps isolés de l'armée et dans les villes d'Alger, Agadir, Fez, Tunis, Benghazi, Alexandrie, Le Caire, Jérusalem, Haïfa, Damas et Beyrouth, partageant le quotidien des soldats avec ses risques et ses contraintes, au prix de sa santé.
    Lors de son passage à Alger en 1943, le général de Gaulle, reconnaissant, lui offre une petite Croix de Lorraine en or qu'elle vend par la suite aux enchères pour la somme de 350.000 francs au profit exclusif de la Résistance.
    Après avoir combattu l'occupation allemande en travaillant pour la Résistance, Joséphine Baker est, le 23 mai 1944, officiellement engagée pour la durée de la guerre à Alger, dans l'armée de l'air, et devient sous-lieutenant, rédactrice première classe, échelon officier de propagande. Elle débarque à Marseille en octobre 1944.


    Le commandant Alla Dumesnil-Gillet et le sous-lieutenant Joséphine Baker à Alger, 1944


    ... au débarquement allié, octobre 1944

    De nouveau hospitalisée en 1946, elle reçoit alitée, en présence de Mme de Boissieu, fille du Général de Gaulle, la médaille de la Résistance des mains du Colonel de Boissoudy.
    Les autorités militaires manifesteront cependant beaucoup de réticence à reconnaître son action, rejetant à deux reprises, en 1947 et en 1949 la proposition de sa nomination comme chevalier de la Légion d'Honneur. Il faudra l'intervention du général Billotte, chef d'état-major particulier du Général de Gaulle, du général Bouscat, chef d'état major général de l'armée de l'air et d'Alla Dumesnil-Gillet, supérieure hiérarchique de Joséphine Baker en Afrique du Nord, qui rédigent des rapports sur ses états de service pendant la guerre, pour que Joséphine Baker obtienne enfin la reconnaissance officielle qu'elle mérite pour son engagement patriotique. 
    Par décret du 9 décembre 1957 [JO du 14/12/1957], elle est faite chevalier de la Légion d'Honneur et reçoit la Croix de guerre avec palme. Le texte du décret est édifiant :

    " Dès 1939, se met en rapport avec les services du contre espionnage, fournissant de précieux renseignements, notamment sur l'éventualité de l'entrée en guerre de l'Italie, sur la politique du Japon et sur certains agents allemands à Paris. En octobre 1940, se met en rapport avec un officier du 2e Bureau. D'un courage et d'un sang-froid remarquables, transporte des messages secrets et continue à fournir des renseignements très utiles aux services alliés de l'intelligence service. Mobilisée pour la Croix Rouge, se dépense sans compter.
    Quitte Paris pour la Dordogne, soupçonnée par les allemands de cacher des armes, une perquisition est opérée dans sa propriété, fait preuve d'un courage et d'un sang-froid remarquables. Afin de faciliter le départ d'agents de renseignements pour l'Angleterre, monte une troupe artistique composée uniquement de gens désireux de rallier les F.F.L. ; passe en Espagne, soi-disant à destination du Brésil. A Lisbonne, reçoit un télégramme de Londres lui demandant d'organiser en France un nouveau service de renseignements. Rejoignant Marseille, mise en rapport avec un agent de renseignements est obligée de reprendre son activité artistique. Voulant quitter le sol de France part au Maroc en 1941, collabore avec les mouvements de résistance Française.
    Invitée dans les Ambassades et les Consulats lors d'une tournée en Espagne, recueille de précieux renseignements. Dès le débarquement allié en Afrique du Nord, à peine remise d'une longue maladie, s'engage dans les Formations Féminines des F.A.F.L. - Envoyée au Moyen-Orient, met son talent, son énergie au service des Combattants Français et alliés. Suit le corps Expéditionnaire Français en Italie. Belle figure de la femme française au service de la Résistance"
    . [6]

    Les médailles lui sont remises solennellement le 19 août 1961 dans le parc de son château des Milandes, par le général Martial Valin (1898–1980) commandant en chef des Forces aériennes françaises libres de juillet 1941 à juin 1944, puis chef d'état-major général de l'armée de l'air française d'octobre 1944 à février 1946 et enfin inspecteur général de l’armée de l’air jusqu'en 1957.


    Joséphine Baker reçoit la Croix de la Légion d'Honneur des mains du général Valin.

    Elle sera la première femme d'origine américaine à recevoir les honneurs militaires à ses funérailles en 1975.

    Et si Joséphine Baker entrait au Panthéon ? L'idée a été émise par l'écrivain Régis Debray dans une tribune du Monde en date du 16 décembre 2013. Cette « panthéonisation » de Joséphine Baker aurait le mérite d'éclairer un pan méconnu de son histoire, de rappeler au public qu'elle n'a pas été seulement une danseuse de music-hall devenue célèbre grâce à ses danses endiablées et ses pitreries. Son passé de résistante, sur lequel elle a toujours été discrète, ainsi que son combat contre le racisme méritent de rester dans nos mémoires.

    ****

    SOURCES: 

    http://histoire-vesinet.org/jbaker-resistante.htm

     

    Notes et sources :

    [1] Alain-Marie Foy et Jean-Marie Dumont, Hommage à Joséphine Baker, Bulletin Municipal du Vésinet n°31, juin 1975.

    [2] Jacques Abtey, La guerre secrète de Joséphine Baker, Editions Siboney, 1948, p 18 à 21.

    [3] Joséphine Baker et Jo Bouillon, Editions Robert Laffont 1976, p 177.

    [4] Charles Onana, Joséphine Baker contre Hitler, Editions Duboiris, 2006, p 98.

    [5] Ibid. p 89.

    [6] Colonel Rougier, Des Folies Bergère au ruban rouge, Lieutenant Joséphine Baker (1906-1975) chevalier de la Légion d'Honneur. La Cohorte n°159, 2000, p 31-32.

     

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    Par avidité ou par conviction, parce qu'ils étaient des ratés ou des racistes, certains Français ont commis pour le compte du IIIe Reich

    des crimes immondes.Portraits noirs.

     

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    Les profils des Français qui s'engagèrent dans la Collaboration

    sont aussi divers que leurs motivations.

    réactionnaires ou révolutionnaires, ils soutinrent les nazis par

    les armes ou furent ce que l'historien Pascal Ory a appelé,

    dans sa somme de 1979

    «Les Collaborateurs», des «assassins de plume».

     

     

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    Parmi eux, on trouvait des Rastignac n'envisageant que l'aubaine, des écrivains et des scientifiques méconnus en quête de reconnaissance, de grands bourgeois mus par l'appât du gain, des voyous propulsés chefs de police auxiliaires et quelques masochistes pour lesquels l'engagement tint lieu de suicide.

     

    Mais la France enfanta aussi d'authentiques fascistes et nationaux-socialistes.

    Dans cette cohorte de soldats fervents, l'anglophobe côtoyait

    l'anticommuniste et l'antisémite.

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    La plupart de ces damnés furent tués à la fin de la guerre

    ou exécutés à la Libération.

    D'autres en réchappèrent, graciés ou morts en exil.

    Et certains remirent après guerre le couvert de leur ignominie.

    Voici la monstrueuse parade des pro-nazis français.

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    MARCEL BUCARD [1895-1946]

    Les camps ? «Des endroits rêvés», disait-il

     

    Séminariste, il s'engagea comme volontaire en 1914.

     

    revenu des tranchées couvert de blessures et de médailles,

    Marcel Bucard fit ensuite le tour des mouvements d'extrême droite

    qui pullulaient dans les années 1920 - 

    l'Action française royaliste de Charles Maurras au Faisceau de Georges Valois, premier parti fasciste de France avant de fonder, en 1933, son propre mouvement.

     

    Anticommuniste, anti-franc-maçon et antijuif, le parti franciste se réclamait explicitement de Mussolini, dont il recevait des subsides. Membre de l'internationale fasciste aux côtés du Belge Léon Degrelle et de

     

    l'Espagnol Miguel Primo de rivera, Bucard aspirait à une «deuxième révolution française», instaurant une société hiérarchique où l'ordre primerait la liberté, et le corps national, l'individu.

     

    sous l'Occupation, ce proche du Maréchal milita pour la Collaboration, confondant la Légion des volontaires français (LVF) et vantant les camps de concentration,

    «endroits rêvés pour apprendre aux juifs à travailler pour les autres».

     

    La plupart des francistes s'enrôlèrent dans la Franc-Garde qui traquait les résistants. réfugié à Sigmaringen avec les derniers irréductibles de la Collaboration, Bucard fut arrêté en juin 1945, condamné à mort et fusillé en mars 1946, au fort de Châtillon.

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    PAUL CHACK [1876-1945]

    Ce militaire présidait le Cercle aryen

     

    Frais émoulu de l'Ecole navale, Paul Chack sillonna les océans avant de livrer une trentaine de romans, gorgés de patriotisme et d'anglophobie, célébrant l'épopée maritime nationale.

     

    Glissant de l'Action française au fascisme, il intégra en 1937 le bureau politique du parti populaire français, futur soutien du régime de Vichy.

     

    Pétainiste et anticommuniste, il lança sous l'Occupation des appels à la dénonciation dans la presse collaborationniste et au micro de radio Paris.

    Présidant à la fois le Cercle aryen et le Comité d'action antibolchevique, c'est encore lui qui organisa la grande exposition parisienne de 1942:

    «Le bolchevisme contre l'Europe».

    En février 1943, il rallia le Front révolutionnaire national, regroupant les militants de plusieurs partis (RNP, MSR, parti franciste...) qui finirent par intégrer les rangs de la Milice. Arrêté en août 1944, il fut jugé, condamné à mort pour intelligence avec l'ennemi et exécuté début 1945.

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    ALAIN LAUBREAUX [1899-1968]

    Il dénonçait des juifs dans son journal

     

    Natif de Nouméa, il devint, en 1936, critique théâtral du journal de politique internationale «Je suis partout», dans lequel il prôna dès avant guerre l'entente avec l'Allemagne.

     

    Puis, dans le Paris occupé, Laubreaux exerça sa redoutable influence bien au-delà du monde du spectacle.

    Enivré de sa puissance, il en joua sans retenue, rédigeant, entre deux critiques dramatiques fielleuses, les dénonciations antisémites anonymes de la page 3 de son hebdomadaire, et réclamant sur les ondes de radio Paris que l'on fusille

    le poète Robert Desnos (qui allait mourir en déportation) .

     

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    Ayant fui en 1944, il fut condamné à mort par contumace

    et s'éteignit en exil à Madrid en 1968.

    Dans son film «Le Dernier Métro», François Truffaut l'a représenté en lui donnant le nom de Daxiat, pseudonyme sous lequel Laubreaux signa la grande pièce antisémite de l'Occupation, «Les Pirates du ciel».

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    HENRY COSTON [1910-2001]

    Il est l'auteur d'une apologie des camps nazis

     

    Cet homme a consacré sa longue existence à dénoncer le

    «complot judéo-maçonnique».

    Militant de l'Action française, il fonda, à la fin des années 1920, les Jeunesses antijuives, au programme prémonitoire:

    exclusion des juifs de la communauté française et spoliation de leurs biens.

     

    Ayant repris «La Libre Parole», le journal antisémite d'Edouard Drumont, Coston organisa un éphémère Front national ouvrier-paysan, avant de rallier le parti populaire français, en tant que chargé du renseignement.

     

    Après l'avènement d'Hitler, il se rendit en Allemagne où, considéré comme un authentique idéaliste national-socialiste, il fut subventionné pour rééditer le célèbre livre antisémite «Les Protocoles des sages de Sion».

     

    En 1940, il rejoignit le minuscule parti national- socialiste français. sous l'Occupation, il coprésida l'association des journalistes antijuifs et multiplia livres et articles de presse.

     

    Chargé par Pétain, qui lui remit la francisque en 1943, de travailler sur la franc-maçonnerie, il anima le Centre d'action et de documentation, éditant deux bulletins «d'information antimaçonnique» et «d'information sur la question juive». il signa, dans la brochure «Je vous hais», une apologie des camps nazis.

     

    Arrêté en Autriche en 1946 et condamné aux travaux forcés à perpétuité, il bénéficia rapidement d'une grâce médicale, et lança en 1957 «Lectures françaises», une revue où signait, entre autres, Paul Rassinier, l'un des pères du négationnisme.

    Ayant fini sa carrière de haine comme chroniqueur à «Présent» et à «National hebdo», Coston mourut paisiblement

    en France à l'âge de 91 ans.

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    EDGAR PUAUD [1889-1945]

    Ancien poilu, il devient colonel chez les SS

     

    Passé par les tranchées de 14-18, puis par la Légion étrangère, Edgar Puaud s'engagea en juillet 1942 dans la Légion tricolore, prélude à la Légion des volontaires français (LVF) contre le bolchevisme que Laval souhaitait déployer sur le front de l'Est en renfort de la Wehrmacht.

     

    soutenue par Déat, Doriot et Deloncle, chefs des principaux partis collaborationnistes, qui y voyaient aussi une armée de partisans pour «nettoyer» la France, la LVF ouvrit ses rangs aux mercenaires, aventuriers et repris de justice.

     

    Fin 1943, au Vél'd'hiv de Paris, 6500 légionnaires prêtèrent serment à Hitler.

     

    Puaud, promu colonel de la Wehrmacht,

     

    prit la tête de trois bataillons rassemblés en Biélorussie.

     

    A l'été 1944, la LVF ayant subi d'énormes pertes, Himmler ordonna son démantèlement. La plupart des 1200 rescapés furent alors affectés à la 33e Division SS Charlemagne, commandée par l'Oberführer SS Puaud, et regroupant tous les Français combattant pour l'Allemagne.

     

    Début 1945, ses 10000 hommes furent décimés en Poméranie,

    lui-même y trouvant la mort.

    Les rescapés furent les ultimes défenseurs du bunker de Hitler à Berlin.

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    MAURICE SACHS [1906-1945]

    Cet escroc fut un indic pour la Gestapo

     

    Escroc, pédéraste», tel qu'il se présentait lui-même, et aussi collaborateur bien que d'origine juive, Sachs chercha dans l'expérience de l'infamie la matière d'une œuvre littéraire.

    Après une enfance très dure, il fut un temps le secrétaire de Jean Cocteau.

    Max Jacob l'encouragea à écrire.

    Après l'exode, il vendit tous les biens de sa grand-mère en exil et se fit trafiquant d'or.

     

    Epicentre du marché noir, son appartement rue de Rivoli devint le rendez-vous des escrocs et des gigolos.

    réfugié un temps en Normandie avec l'écrivaine Violette Leduc et un enfant juif recueilli qu'il abandonnera sans remords,

    il s'engagea ensuite pour le STO.

    A Hambourg, la Gestapo le recruta pour espionner ses compatriotes, tâche dont il s'acquitta avant que ses trafics ne le fassent interner au camp de concentration de Fuhlsbüttel. il fut abattu par un SS en 1945.

     

    La guerre avait empêché la publication de son grand œuvre, «Le sabbat»,

    qui parut en 1946.

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    MAYOL DE LUPÉ [1873-1955]

    Aumônier, il mit Dieu au service du Führer

     

    Né quatre-vingts ans jour pour jour après la décapitation de Louis XVI, cet aristocrate demeura toujours allergique à la république.

     

    Aumônier militaire pendant la Première Guerre, Mayol de Lupé suivit ensuite les troupes françaises en Bessarabie.

    Dans les années 1930, il effectua des voyages en Allemagne, s'y faisant un carnet d'adresses qui lui valut de nombreuses sollicitations.

     

    Hitler ayant lancé ses troupes sur l'Union soviétique en 1941, il bénit cette «croisade anti-bolchevique» en devenant l'aumônier de la Légion des volontaires français. servir sous l'uniforme allemand ne lui plaisait guère, mais face à l'antéchrist, qu'importait que la croix fut gammée.

     

    L'écusson bleu, blanc, rouge sur sa manche le tourmenta bien plus:

    «il n'y a qu'un seul drapeau, jugeait-il, le blanc fleurdelisé du comte de Chambord.»

     

    En 1943, il fit, avec sa Croix de guerre, la une du magazine allemand «signal». Célébrant la messe de Noël 1944 de la Division Charlemagne, il dédia son homélie à «Notre très saint-père le pape et à notre Führer Adolf Hitler».

     

    Mayol de Lupé fut arrêté en 1946 en Bavière, et condamné à 15 ans de réclusion.

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    HENRI LAFONT [1902-1944]

    Ce malfrat faisait parler les résistants

     

    Orphelin à 11 ans, Henri Lafont connut une enfance miséreuse, survivant de petits larcins qui le menèrent vite en colonie pénitentiaire.

     

    En 1940, son casier comptait une dizaine de condamnations.

     

    A la faveur du chaos de juin 1940, il s'évada d'un camp du Loiret en compagnie de deux Allemands.

     

    Ces agents de l'Abwehr le conduisirent à Hermann Brandl, alias «Otto», pour le compte duquel il ouvrit à Paris un «bureau d'achats».

     

    Ces officines avaient été mises en place par l'occupant pour rafler directement chez les particuliers les marchandises réquisitionnées par le Reich.

     

    Les affaires prospérant, Henri s'installa ensuite au 93, rue Lauriston, à l'ombre de la place de l'Etoile.

     

    sa bande - constituée de truands recrutés notamment à la prison de Fresnes - compta jusqu'à cent permanents, sur lesquels il régnait avec son bras droit,

     

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    l'ancien policier Pierre Bonny Dotés par les Allemands d'Ausweis et de cartes de police officielles, ses hommes écumaient la capitale, menaçant, dépouillant, assassinant.

     

    Ayant reçu la nationalité allemande et le grade de capitaine de la SS,

     

    «Monsieur Henri» roulait en Bentley s'entourait d'orchidées et invitait aux soirées du «93» le tout-Paris

    qu'il compromettait par ses faveurs.

     

     

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    son officine se mua alors en annexe de la Gestapo, traquant les résistants

    pour lesquels la rue Lauriston figurait la porte des Enfers.

     

     

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    Début 1944, Lafont créa une Légion nord- africaine qui multiplia les atrocités en Limousin et en Dordogne,

     

    puis il se cacha avec Bonny dans une ferme.

    Les deux hommes furent jugés et fusillés.

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    GEORGES MONTANDON

    [1879-1944] Il a osé l'expression «ethnie putain»

     

    Etabli à Paris en 1925, ce suisse, qui avait étudié la médecine et l'anthropologie, se fit spécialiste des «races» et spécialement de celle

    qu'il qualifia d'«ethnie putain», les juifs.

    Mais Georges Montandon resta aux portes de l'université.

     

    L'Occupation donna à ce correspondant de Céline - dont l'œuvre «Bagatelles pour un massacre» l'avait enthousiasmé - l'opportunité de faire triompher ses vues.

     

    investi dans toutes les instances antisémites de la Collaboration, il dirigea notamment «L'Ethnie française», revue financée par l'institut allemand de Paris, et publia un manuel intitulé «Comment reconnaître le Juif?».

     

    Membre du parti populaire français, il fut nommé en 1942 expert auprès du Commissariat général aux questions juives, délivrant, moyennant finances, des «certificats de non appartenance à la race juive».

     

    il trouva encore le temps de traduire le «Manuel d'eugénique et d'hérédité humaine» du nazi Otmar von Verschuer, avant de cosigner avec henry Coston (voir page 59) la brochure «Je vous hais», publication la plus violemment antisémite de la période.

     

    Cible d'un attentat des FFi, Montandon mourut dans un hôpital allemand.

     

    VIOLETTE MORRIS [1893-1944]

    On l'appelait «La hyène de la Gestapo»

     

    Fille d'un baron qui l' éleva comme un garçon, Violette Morris fut ambulancière en 1914-1918 avant de devenir célèbre dans les années 1920 en se forgeant un palmarès sportif d'exception:

    recordwoman du monde des lancers du poids et du disque, elle était aussi footballeuse, boxeuse, pilote automobile (vainqueur du Bol d'or 1927)...

     

    Bisexuelle affichée, Violette fit scandale en se faisant

    enlever les seins pour être plus à son aise au volant.

     

     

     

     

    Ce qui lui valut d'être privée des JO de 1928, les premiers ouverts aux femmes, par la Fédération française d'athlétisme qui l'accusait d'atteinte

    aux bonnes mœurs. Une injustice qu'elle crut laver en devenant espionne pour l'Allemagne.

     

    En 1940, Helmut Knochen, chef de la SS à Paris, la recruta.

     

    Elle rejoignit ensuite la rue Lauriston (voir Henri Lafont) , s'y taillant une réputation de tortionnaire émérite, avant d'être abattue en avril 1944 par des FFI sur une

    route de campagne normande.

     

    C'est l'écrivain Auguste Le Breton, qui l'avait connue en 1941, qui la surnommera pour la postérité «La hyène de la Gestapo».

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    JEAN FILLIOL [1909-?]

    Il tua pour Mussolini et pour Franco

     

    Il fut l'âme damnée d'Eugène Deloncle, le fondateur de la Cagoule. son épopée sanglante débuta le 6 février 1934.

    A la tête d'une section parisienne des Camelots du roi, Jean Filliol conduisit l'assaut manqué contre la Chambre des députés.

     

    Ayant outrepassé les consignes, il fut exclu de l'Action française.

     

    Avec Deloncle, autre dissident du mouvement royaliste, il fonda alors le Parti national révolutionnaire. inquiétés par les policiers, les deux hommes optèrent ensuite pour la clandestinité au sein du Comité secret d'action révolutionnaire (CSAR).

     

    Vite rebaptisée la «Cagoule», cette organisation structurée cherchait à entraîner l'armée dans un putsch militaire contre la république, en multipliant attentats et assassinats.

     

    En échange de mitraillettes Beretta, Filliol tua pour le compte de Mussolini deux antifascistes réfugiés en Normandie, puis il œuvra pour l'Espagne franquiste, où il se mit un temps au vert.

     

    rentré en France, il intégra le Mouvement social révolutionnaire que Deloncle venait de créer. Accusé par Vichy d'avoir fomenté une tentative d'assassinat contre Pierre Laval et Marcel Déat, il fut arrêté, puis interné près de Limoges.

     

    C'est Darnand, secrétaire d'Etat au maintien de l'ordre, qui le fit libérer début 1944 pour l'affecter à la Milice engagée en Limousin contre le maquis de Georges Guingouin. Filliol aurait alors indiqué aux SS de la division Das Reich le village d'Oradour-sur-Glane comme hébergeant un maquis.

    Condamné à mort en France, il avait fui en Espagne, où il y travailla pour L'Oréal, multinationale dont le fondateur Eugène Schueller était proche des Cagoulards. Puis on perdit sa trace.

    ----------------------
    ==> Article tiré du magazine GEO Histoire n°16,

    "La France sous l'Occupation" (sept. 2011) 

     

     

     


    En savoir plus sur http://www.geo.fr/photos/reportages-geo/seconde-guerre-mondiale-collaboration-ils-ont-pactise-avec-le-diable-127071#A8iRdOgHB4X4K3px.99

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    On a beaucoup écrit sur la collaboration d'État par ce qu'elle est la plus sensible en premier militaire puis ensuite policière conduisant à une dictature révolutionnaire dont les précédents articles ont montré l'importance sur la vie des Français, mais la question des entreprises collaboratrices semble avoir été mise à l'écart à la libération, et pourtant de nombreuses ont collaborés comme ces grandes entreprises

     

    Renault, Worms, Berliet ou les patrons se sont retrouvés en prison après la libération. Il apparait en effet que le patronat

    a bénéficié d'une certaine indulgence.

     

    Dans les faits, les entreprises Françaises n'avaient probablement pas d'autres possibilités que de collaborer, comment faire autrement pour exister, et pour eux ce fut une source de profits, le Reich payait bien, notre dette de l'armistice revenait sous une autre forme.

     

     

    On peut considérer, en se fiant aux meilleures estimations, qu'un bon tiers de la production industrielle Française ­ et plus de la moitié après la mi-1942 ­ a franchi le Rhin à cette époque. A titre personnel, certains patrons ont été résistants, et la proportion de ceux qui ont rejoint «l'armée de l'ombre» est peu différente, à en croire les statistiques disponibles, de celle que l'on rencontre dans les autres catégories sociales.

     

     

     

    Le Paris des collaborations

    Les Allemands à la Chambre des Députés


    Photographie anonyme, juillet 1940
    © Lapi/Roger-Viollet

    Le Paris des collaborations

    Capitale de la France allemande, Paris a perdu les lieux symboliques de la légitimité nationale. Le Palais de l'Élysée est fermé, la Chambre des députés est occupée par l'administration militaire allemande (MBF) et par la Kommandantur du Gross-Paris, et le Sénat, au Palais du Luxembourg, sert de quartier général à la Luftwaffe.
    Autour du pouvoir national-socialiste gravite un nouveau « Tout-Paris », société composite formée de Français de conviction nazie, d'opportunistes et d'hommes de main parfois libérés des prisons de la République par l'occupant. Des groupes et des partis rémunérés par les Allemands ont pignon sur rue, comme le Parti populaire français de Doriot ou le Rassemblement national populaire de Déat. Ils s'appellent eux-mêmes les collaborationnistes.


    Le gouvernement siégeant à Vichy, il lui faut ouvrir une ambassade à Paris. C'est le rôle de la Délégation générale du Gouvernement français dans les Territoires occupés (DGTO), qui occupe le ministère de l'Intérieur, place Beauvau.

    Présence allemande

    Ceux des ministères qui n'ont pas été réquisitionnés par l'occupant conservent leurs locaux et les ministres font la navette entre Vichy et Paris.
     

    Le ministère de l'Information finance une partie de la propagande.

     

    À regarder ses affiches, la souveraineté du gouvernement de Vichy semble réduite à l'action familiale et sociale. Les moyens de la Propaganda Abteilung sont autrement plus amples. Ils assurent le financement de campagnes d'affiches mais aussi d'expositions imposantes, conçues dans l'esprit et le style nazis.

     

    SOURCES /http://quotidien-parisiens-sous-occupation.paris.fr/chapitre_le-paris-des-collaborations

     

    1

     

    En revanche, et c'est ce qui explique l'ampleur des livraisons au Reich, très rares ont été les cas d'entreprises résistantes, comme Hispano-Suiza, célèbre pour ses automobiles, mais surtout fabricant de matériels de guerre, dont les dirigeants, sollicités par les Allemands, ont refusé de travailler pour eux, mettant en péril l'existence même de la société et de son outil de production.

     

     

    L'atelier des usines Berliet à Vénissieux

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    De la référence les patrons sous l'ocupation

    L'économie Française a donc travaillé presque pour l'Allemagne entre 1940 et 1944 devant s'acquitter d'abord de la dette de guerre fixée par l'armistice de juin 1940, mais pratiquement fixée au cours des ans de façon unilatérale par les Allemands qui établissaient arbitrairement le taux du franc par rapport au mark.

    Les maîtres de l’image

    Cette dette, censée correspondre à l'entretien des troupes d'occupation a été en moyenne de 400 millions de francs par jour, l'équivalent de quatre millions de salaires journaliers d'ouvriers.

     

    L'emploi du terme de «collaboration économique» signifie que la politique prédatrice de l'Allemagne s'est effectuée sous administration Française comme conséquence désastreuse de l'armistice de 1940.

    La collaboration économique pendant l'occupation.

     

    A cette ponction forcée on peut y ajouter le travail des prisonniers de guerre, qui sont 1,5 million à travailler pour l'Allemagne en Allemagne pendant presque toute la durée de la guerre.

     

    En octobre 1940, on comptait en France un million de chômeurs, conséquence de la désorganisation complète de l'économie due à la débâcle. Rapidement après l'armistice, le gouvernement de Pétain décida d'autoriser les entreprises Françaises à accepter des contrats avec les Allemands.

     

    Les commandes Allemandes seront le principal moteur du redémarrage de l'économie Française.

     

    4

    Il est évident que les condamner dans ce cas aurait été un non sens comment donner du salaire, donc de quoi vivre, si les entreprises ferment pour ne pas traiter des affaires avec les Allemands.

     

    Le nombre de chômeurs était descendu à 125 000 en 1942,

    et à la Libération, il était pratiquement nul.

     

     

    De façon générale, avec les indemnités d'occupation, l'Allemagne arrive à faire travailler l'agriculture et l'industrie Française en grande partie pour son compte, en 1943, d'après les statistiques de l'Office central de la production industrielle, 100 % de l'industrie aéronautique, 100 % de la grosse forge, 80 % des BTP, 60 % de l'industrie du caoutchouc travaille pour le compte de l'Allemagne.Henri Rousso note que les chiffres sont probablement surévalués, mais qu'ils donnent un ordre de grandeur correct.

     

     

    Brouillages du quotidien

     

    Brouillages du quotidien

    La réalité en clichés
    Depuis le XVIe siècle, les Cris de Paris et les petits métiers dont ils sont l'expression constituent un réservoir d'images convenues et rassurantes, propres à exprimer la permanence et l'enracinement social du peuple dans l'espace urbain.

     

    Ces stéréotypes contribuent à vider la réalité de toute force transgressive et présente du « petit peuple parisien » une version affadie et rassurante. Ils inspirent durablement la gravure ou la peinture avant de s'exprimer, selon
    des formes naturellement réinterprétées, par la photographie relevant de l'humanisme poétique.
     

     

    Les photographies réalisées à l'instigation des services de propagande de Vichy ou simplement marquées par les valeurs maréchalistes empruntent à ce répertoire convenu pour dire un Paris éternel que rien n'aurait affecté, Paris des humbles, ici figuré par des écoliers, éternels gavroches, sur les escaliers de Montmartre, des pêcheurs à la ligne
    ou la clientèle habituelle des bistrots.

     

    Ces clichés figurent un peuple de petites gens et offrent de la ville une image débonnaire, où le temps ne passe pas. Ils diffèrent de ceux qui donnent à voir ces « touristes pas comme les autres » que sont les soldats d'occupation. Ils participent d'une neutralisation de l'histoire et, par la même, d'une négation de la dureté des temps ainsi que des résistances qu'elle suscite.

     

    Sources - http://quotidien-parisiens-sous-occupation.paris.fr/chapitre_brouillages-du-quotidien

     

     

    Selon l'historien Allemand Eberhard Jäckel, « Au printemps de 1942, 170 000 Français travaillaient sur place dans les services de la Wehrmacht , 275 000 à la construction d'aérodromes et de fortifications comme le mur de l'Atlantique, 400 000 enfin à la fabrication d'armements», 

    Eberhard Jäckel ,

    «La France dans l'Europe de Hitler», Fayard, 1968, p. 320.

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    En outre, entre 1942 et 1944, le commissaire général du Reich pour l'emploi et la main d'œuvre, Fritz Sauckel 

    va exiger que la France envoie deux millions de travailleurs au titre du STO.

     

    Seuls 600 000 partent effectivement, qui s'ajoutent aux 700 000 travailleurs volontaires, volontaires et STO sont plus ou moins bien rémunérés.

     

     

    Selon le général von Senger und Utterlin de la Commission d'armistice Allemande,

    «l'industrie Française des armements de guerre fut remise sur pieds pour les armements Allemands.

     

    Sans le potentiel économique de la France, Hitler n'aurait pas pu faire durer la guerre aussi longtemps.

     

    C'est cela qui fut le grand profit qu'Hitler tira de la conquête de la France».

     

     

    Deux auteurs, Fabrizio Calvi et Marc Masurovsky ,

    montrent dans un ouvrage, Le Festin du Reich, 2006,

     

    que des banques Américaines à Paris «avaient continué à faire commerce avec les nazis pendant toute la guerre» malgré les «lois, ordonnances Américaines réprimant le commerce avec l’ennemi», et qu'elles ne furent guère inquiétées

    par la mission Matteoli.

     

     

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    Lire l'entretien avec Fabrizio Calvi sur Le Festin du Reich, mars 2007.

     

     

    * Louis Renault a été accusé à la Libération de collaboration avec l'armée Allemande. Les usines groupe Renault furent confisquées et nationalisées sous ce motif.
    * Gnome et Rhône fournissait des moteurs d'avions à l'Allemagne.

    Elle fut nationalisée à la Libération pour faits de collaboration et deviendra la Snecma, actuelle société Safran.

     

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    * Berliet
    * En mai 1941, après les premières arrestations de juifs, l'entreprise Photomaton propose ses services à l'occupant,

    «Nous pensons que le rassemblement de certaines catégories d'individus de race juive dans des camps de concentration aura pour conséquence administrative la constitution d'un dossier, d'une fiche ou carte, etc.

     

    Spécialistes des questions ayant trait à «l'identité», nous nous permettons d'attirer particulièrement votre attention sur l'intérêt que présentent nos machines automatiques Photomaton susceptibles de photographier un millier de personnes en six poses et ce en une journée ordinaire de travail», 

    Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera,

    Les Patrons sous l'occupation, Odila Jacob, 1995.


    * Des entreprises du BTP,

     

    comme Sainrapt et Brice, et des cimenteries ont participé à la construction du mur de l'Atlantique.
    * Banque Worms, bien introduite au sein du régime de Pétain, avec notamment Jacques Barnaud, 1893-1962, responsable des relations économiques Franco-allemandes et Pierre Pucheu, une présence qui a entraîné bien des fantasmes, voir la Synarchie.

     

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    La collaboration artistique

    Des hommes du monde du spectacle, par exemple Sacha Guitry, furent un moment taxés de collaboration parce qu'ils avaient, pendant l’occupation, continué à exercer leur métier et avaient entretenu des relations pour le moins cordiales avec l'occupant.

     

    De fait, si nombre d'autres artistes, comme Ray Ventura, avaient émigré à cette époque, un certain nombre d'autres ont, pour reprendre l'expression de Guitry, continué à exercer leur métier, comme tous les autres Français restés sur le territoire national, à la seule exception de ceux qui avaient pris le maquis.

     

    Il n'en reste pas moins que plus d'une personnalité des arts et des spectacles ne manifesta aucun état d'âme particulier à s'afficher régulièrement aux côtés des Allemands, et que ceux-ci furent largement mêlés pendant quatre ans à la vie d'un Tout-Paris pas toujours regardant.

     

     

    Quelques témoignages

    Panneau à l’exposition anti-juive de Paris, octobre 1941. © LAPI / Roger-Viollet 874-11, référence, La France pendant la seconde guerre mondiale.

    Je n'ai pu publier cette image, mais vous pouvez la consulter en cliquant sur la référence citée

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    Artistes de music hall rentrant d’Allemagne, Gian Roberte, Ginette Werden-Nello, Rinatis, Suscitio.... Paris. Juillet 1943.

    © LAPI / Roger-Viollet 2152-13, référence, 

    La France pendant la seconde guerre mondiale.

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    Retour d’Allemagne des écrivains Français.

    De gauche à droite, lieutenant Gehrard Heller, Pierre Drieu La Rochelle,

    Georg Rabuse, Robert Brasillach, Abel Bonnard, André Fraigneau et Karl Heinz Bremer. Paris, novembre 1941. © LAPI / Roger-Viollet 533-1, référence, La France pendant la seconde guerre mondiale.

    Charles Trenet sous l'occupation

     

     

    La presse collaborationniste

    Avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le décret-loi du 26 juillet 1936, décret Daladier, institue un «Commissariat Général à l'Information» qui dépend directement de la Présidence du Conseil. Dirigé par le diplomate Jean Giraudoux

     

    , il est chargé de contrôler les médias et mobiliser l'opinion contre l'Allemagne nazie. Pendant la Drôle de guerre, le commissariat est transformé par le décret du 1er avril 1940 en «Secrétariat d'État de l'Information et de la Propagande » du Ministère de l'Information sur lequel va s'appuyer la collaboration pour faire accepter aux Français la défaite à travers trois médias, France-Actualité pour les actualités cinématographiques, Radiodiffusion nationale et la presse écrite.

     

     

    Les principaux journaux de presse existant alors adoptent trois attitudes, soit ils se sabordent comme

    Le Canard enchaîné, l'Intransigeant, le Populaire ou l'Humanité, soit ils se replient en zone libre dès le 10 juin 1940, essentiellement sur Lyon où existent de nombreuses imprimeries, comme Le Journal, Paris-Soir ou le Figaro, soit ils décident de reparaître en zone Nord, comme Je suis partout ou Le Matin.

     

     

     

    La majorité des titres de la presse collaborationniste en zone occupée étaient subventionnés ou détenus en sous-main par l'ambassade d'Allemagne d'

    Otto Abetz, qui a créé à cet effet les Éditions Le Pont.

     

     

    La presse parisienne est dominée par la personnalité du patron de presse Jean Luchaire .

     

     

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    L'ambassade d'Allemagne exerce principalement la propagande et la Propaganda Staffel se spécialise dans la censure, notamment grâce à ses bureaux en province.

     

    A part les ultra-collaborationnistes, les journalistes agissent plus par opportunisme, appât du gain, ou lâcheté que par idéologie alors que les salaires en France sont bloqués, leurs appointements sont doublés par l'entremise de la Propaganda Staffel.

     

    La presse pétainiste en zone libre soutient majoritairement la politique collaborationniste et antisémite de Pétain en pratiquant l'autocensure car elle est contrôlée par le «Secrétariat d'État de l'Information et de la Propagande» du Ministère de l'Information, dirigé par Paul Marion puis Philippe Henriot.

     

     

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    Des dizaines d'écrivains ou journalistes de renom furent des collaborateurs. Les articles spécialisés permettent de connaître plus en détail la nature des engagements de différents écrivains de renom en faveur de l'occupant ou de la Révolution nationale.

     

     

    * Jacques Benoist-Méchin, historien
    * Henri Béraud, journaliste, écrivain
    * Abel Bonnard, académicien
    * Georges Albertini, journaliste et secrétaire général du RNP
    * Robert de Beauplan, journaliste, écrivain
    * Robert Brasillach, journaliste, écrivain
    * Charles Spinasse, député socialiste et fondateur

    de l'hebdomadaire collaborationniste Le Rouge et le Bleu
    * Louis-Ferdinand Céline, écrivain
    * Paul Chack
    * Jacques Chardonne, romancier
    * Alphonse de Chateaubriant
    * Pierre Drieu La Rochelle
    * Abel Hermant, académicien
    * George Montandon, ethnologue
    * Lucien Rebatet, romancier
    * Camille Mauclair, écrivain
    * Charles Maurras, directeur du journal L'Action française.
    * Maurice Sachs, écrivain, juif, collaborateur.

     

     

    Quelques témoignages

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    «Je suis partout», hebdomadaire politique et littéraire dirigé

    par Robert Brasillach, juillet 1941. © Roger-Viollet 11136-11, référence, 

    La France pendant la seconde guerre mondiale. 

     

     

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    Kiosque à journaux, Paris. © André Zucca / BHVP / Roger- Viollet 37817-2, référence, 

    La France pendant la seconde guerre mondiale.

     

     

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    Vente dans la rue du journal de Jean Luchaire. © André Zucca / BHVP / Roger-Viollet 37809-12, référence, La France pendant la seconde guerre mondiale.

     

     

    http://lhistgeobox.blogspot.fr/2011/06/238-pierre-dac-tout-ca-ca-fait-1944.html

     

    http://cinepsy.com/film/panique/#movie-review

     

     

     

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    Louis Delfino, probablement à Powanden

    (Poméranie orientale) en février 1945. 

     

     

    SHAA   

     

         

     

    Le 5 octobre 1912 naît, rue Arson, le jeune Louis Delfino, fils d'un ébéniste tué quelques années plus tard lors des combats de la Première Guerre mondiale. Le jeune orphelin, qui a débuté sa scolarité à l'école Risso, entre au lycée Masséna. Il y montre des qualités intellectuelles remarquables puisqu'il intègre Saint-Cyr en 1931.

    Mais c'est aussi un sportif accompli, qui joue sous le maillot de l'OGCN (Olympique gymnaste club de Nice), en compagnie de Numa Andoire.

     

    A 18 ans, « Fino » est de toutes les attaques !

     

    En 1931, il fait partie de l'équipe de foot qui affronte, à Colombes, le Club français pour la demi-finale de la Coupe de France. Le Gym s'inclinera 6 à 1.

    Sa passion le porte cependant vers l'aviation, à l'image de ses héros, Costes, Bellonte, Mermoz...

     

    En 1934, il obtient son brevet de pilote. A la déclaration de guerre, en 1939, il est capitaine aviateur à la tête de la 4e escadrille du Groupe de Chasse II/9 à Reims.

     

    Deux versions du yak3 de Louis Delfino. 

     

    Au cours de la campagne de France de mai 1940, il obtient huit victoires en combat aérien.

    Un accident l'éloigne des terrains au moment de l'Armistice, et il ne reprend du service qu'en 1942, à Dakar, en Afrique occidentale française, dans l'armée de Vichy. C'est dans ce cadre qu'au cours d'un combat aérien, il abat un appareil anglais ! Tragique incident qui l'empêchera de combattre aux côtés des Anglais dans les Forces aériennes de la France libre ! « J'ai cru, et je ne suis pas le seul, faire mon devoir en restant fidèle à Vichy. J'en suis revenu et je veux toujours combattre... »

    Le Groupe de Chasse « Normandie »

    A cette époque, en 1942, le général de Gaulle décide de la nécessité d'une présence française sur tous les fronts de combat contre les Allemands.

     

    A la fin de l'année, il décide de constituer une escadrille de chasse française pour combattre sur le front russe.

     

    Ce sera le Groupe de Chasse 3, constitué de 14 pilotes volontaires et 58 mécaniciens.

     

    Le groupe, constitué au Liban en novembre 1942, rejoint la base d'Ivanovo, proche de Moscou. Pilotes et mécaniciens décident de le baptiser du nom de

    « Normandie ».

    Après un entraînement intensif sur le célèbre avion Yak 1, les hommes de « Normandie », aux ordres du commandant Jean Tulasne, sont lancés avec succès dans la bataille de Koursk en juillet 1943. A la fin de l'année 1943, Delfino se porte volontaire et rejoint Normandie avec d'autres volontaires. Tulasne ayant été abattu, c'est Pierre Pouyade qui prend le commandement et il choisit Delfino comme second.

    Le 21 juillet 1944, pour sa participation aux combats du fleuve Niémen, le maréchal Staline confère au groupe, devenu régiment aérien, le nom de « Niémen », que les Français accolent au nom d'origine. « Normandie-Niémen » est né !

    Lors de la deuxième campagne de Prusse orientale, de décembre 1944 à mai 1945, Delfino prend le commandement de « Normandie-Niémen » et participe aux derniers combats.

    Après l'Armistice de mai 1945, le maréchal Staline décide d'offrir à chacun des pilotes de « Normandie-Niémen » son Yak.

     

    Et c'est donc aux commandes de leurs avions de combats que « Finochard » et les quarante pilotes français atterrissent au Bourget le 20 juin 1945".

    (1) Le boulevard Louis-Delfino portait initialement le nom de « boulevard Sainte Agathe ».

     


    Rocca Roger 

    Sacré Delfino hein!

    The Best pigiste

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  •  

     

     

    Saviez-vous que Fernandel et Elvire Popesco souriaient aux côtés

    de Goebbels à Berlin, en 1939?

    Que Martine Carol fut découverte par le «mystérieux Dr Greven»,

    patron de la firme allemande Continental à Paris?

     

    1916_7

     

    Que le 2 décembre 1940 Vichy créa le COIC, ancêtre du Centre national de la cinématographie, dont certains collaborateurs, comme Robert Buron

    et Christine Gouze-Rénal, résistèrent à partir de 1944 ?

     

    Qu'en novembre 1939 Jean Renoir publia un projet de réorganisation du cinéma français où

    il déclarait:

     

    «Quant aux producteurs en "ich" ou "zy",

    on ne veut pas les chasser, mais les employer à titre étranger»?

     

    Le Parfum de la dame en noir : photo Louis Daquin, Marcel Herrand

     

     

    Que Louis Daquin, principal épurateur communiste à la Libération, débuta en 1941 avec Nous les gosses, film patronné par

    patronné par Georges Lamirand, secrétaire général à la Jeunesse?

     

    Daquin, à qui je rappelais qu'il s'était porté volontaire en 1941 pour diriger les actualités de Vichy, avoua sa ? naïveté?

     

     

    34716830_L

     

    Des révélations de ce genre, l'album de René Chateau,

    Le Cinéma français sous l'Occupation (1940-1944), en apporte ou en confirme beaucoup, dérisoires, infâmes, petites et grandes.

     

    Elles sont d'autant plus irrécusables que l'auteur

     

    12337_20

    Danièle DARRIEUX 

     

     

    intervient à peine, préférant reproduire, en les mettant efficacement en page, près d'un millier d'affiches, de photographies et de documents, souvent inédits, d'articles de presse.

     

     

    Arletty

     

    On retient d'Arletty, qui n'a jamais tourné pour la Continental, sa Madame Sans-Gêne réalisée par Roger Richebé (1941) et ses rôles magnifiques chez Carné: Les Visiteurs du soir (1942) et Les Enfants du para­dis (1943-45). 
     

    Mais, à la Libération, elle est arrêtée et jugée à cause de sa liaison amoureuse avec un général de l'armée allemande.

     

     

    L'ensemble est captivant parce qu'il donne à voir, presque au jour le jour, l'évolution d'un cinéma qui fleurit sous la botte, utilise tous les talents (les dialogues de Nous les gosses sont de Marcel Aymé) et, malgré quelques «épurés» notoires, sort de la guerre sans trop de dommages. 

     

    Pourquoi René Chateau, distributeur des films de James Dean et de Bruce Lee, ancien associé de Belmondo et éditeur, en vidéo, de La Mémoire du cinéma français, est-il devenu historien?

     

    «Pour y voir clair, répond-il.

     

    Depuis plus de vingt ans, j'accumule des documents. J'achète des affiches à Drouot.

    On m'envoie des raretés de partout.

     

    J'ai aussi rencontré des témoins.

     

    Aucun, sauf Louis-Emile Galey, qui dirigea le COIC, ne m'a vraiment parlé.

     

    Amnésie? Honte?

    Pierre Chenal,

    Suzy Delair,

     

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    Guerre 1939-1945. Suzy Delair, Viviane Romance, Junie Astor et Albert Préjean partant pour la présentation à Berlin du film d'Henri Decoin "Premier rendez-vous". Paris, Gare de l'Est, mars 1942

     

    Louis Daquin, Arletty et 

     

    beaucoup d'autres n'avaient que de vagues souvenirs.

     

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    Charles Trenet, chanteur et compositeur français, et Corinne Luchaire. Paris, mars 1941

     

     

    Jean-Paul Le Chanois,

    qui, bien que juif et communiste, travailla à la Continental,

    affirmait qu'il était là pour "rouler" les Allemands!»

     


    Un ami de Göring Au-delà des anecdotes, l'ouvrage traite en détail des structures de la production française.

     

    On y apprend ainsi qu'en 1940 Tobis-Films, une maison allemande liée dès l'avant-guerre au cinéma français, a produit Nuits de feu, de Marcel L'Herbier,

     

     

    et Remontons les Champs-Elysées, de Sacha Guitry.

     

    «On ne comprend rien à cette histoire, insiste Chateau, si l'on ignore les liens étroits entre Berlin et Paris.

     

    Un homme joue un rôle déterminant.

    C'est Alfred Greven, un ami de Göring.

    Il a été le producteur

     


    du Domino vert, d'Henri Decoin, réalisé à Berlin en 1935, avec Danielle Darrieux, la vedette la mieux payée sous l'Occupation, et Charles Vanel, qui recevra la francisque.

     

     

     

    Le producteur français de ce film, Raoul Ploquin, sera l'un des plus actifs de 1940 à 1944.

     

    Le décor est planté. Ces gens s'apprécient déjà et font des affaires juteuses.

     

    La guerre va leur permettre d'écarter la concurrence des studios américains et des "métèques".»

    220 films furent produits sous l'Occupation.

    Chateau en publie la liste complète.

    Il a acquis les droits vidéo d'une centaine

     

    d'entre eux.

     

    Pense-t-il, comme certains critiques, que ce fut un âge d'or pour le cinéma français?

     

    «A lui seul, Greven a produit la moitié des meilleurs films français de cette époque.

     

     

     

    Il a "acheté" des gens comme Darrieux, Albert Préjean, Henri-Georges Clouzot, Simenon, Pierre Fresnay.

    la_main_du_diable01

    Il a permis à Clouzot de réaliser Le Corbeau, qui, jusqu'en septembre 1947, sera dénoncé par Joseph Kessel.

     

    Clouzot

     

    Son premier film, L'Assassin habite au 21, en 1942, est un policier anodin.

     

    Le Corbeau, en revanche, en 1943 (scénario écrit en 1937). est un film de rage et d'amertume, reconnu aujourd'hui comme le film le plus important (pour ne pas dire le plus juste) du cinéma de l'Occupation.

     

    Clouzot est, en 1945, la victime expiatoire des comités d'épuration. On lui fait grief d'une utilisation de son Corbeau à l'étranger pour déconsidérer l'image de la France, et d'avoir eu des relations d'amitié avec les dirigeants de la Continental.

     

    La première allégation est fausse.

     

    Dès 1945. Jacques Prévert et Jean-Paul Sartre prennent sa défense. Il faut attendre 1947 pour le revoir dans les studios.

     

     

    Quand on lui a demandé d'introduire de la propagande dans ses productions, il a répliqué: "La propagande, ce seront les Français qui la feront." Il s'est même passé quelque chose d'étonnant, que je signale.

    Ginette Leclerc

     

    Ginette Leclerc (à gauche), encore auréolée de sa pres-tation dans La Femme du boulanger (Pagnol,1939)  reprend des rôles de garce sensuelle dans Fièvres (Jean Delannoy, 1941), Le Mistral (Jacques Houssin, 1942) et

     

    Le Chant e l'exilé (André Hugon, 1942). 
    Pressée par Alfred Greven,qui la menace de lui faire retirer sa carte de travail, elle signe un contrat pour trois films à la Continental: Le Corbeau (Clouzot,1943) où elle est complètement métamorphosée, Le Val d'enfer (Maurice Tourneur, 1941 et Le Dernier sou (Cayatte, 1943).

     

    Ce n'est pourtant pas cela qui lui vaudra de sérieux ennuis à la Libération. La réponse est à chercher du côté de Lucien Gallas.

     

    Sans qu'elle s'en rendît bien compte.

     

    l'acteur lui avait fait acheter, en son nom propre, un cabaret qu'il voulait diriger.

     

    Mieux valait alors entretenir des relations «cordiales» avec les Allemands qui étaient les seuls habilités à délivrer une autorisation d'ouverture.

     

    Mêler la vie privée à la vie professionnelle pouvait se payer très cher.

     

    CELINE 

    Lorsque la Centrale catholique et le Cartel d'action morale ont voulu faire interdire de nombreux films "immoraux"... la profession s'est retranchée derrière la juridiction de la Propaganda Staffel.»

    Une photographie inédite résume les sentiments que provoque, en fin de compte, ce long voyage à travers quatre ans de cinéma occupé.

     

    Mireille Balin

     

    Mireille Balin, femme, fatale pour Gabin dans de grands films d'avant-guerre, échappe aux griffes de la Continental.

     

    On la voit, toujours séduisante et mystérieuse dans divers films, dont L'Assassin a peur la nuit (Delannoy, 1942) et Dernier atout (Becker, 1942).

     

     

    Balin 

    Amoureuse, elle aussi, elle vit une histoire passionnée avec un officier d'origine viennoise.

     

    Découverte à la Libération dans une cachette de la région de Nice avec son amant, elle est brutalisée, violée et jetée en prison.

     

     

    C'est plutôt la honte qui domine:

     

    à Berlin, le 19 mars 1942, Suzy Delair, René Dary, Junie Astor, Danielle Darrieux,

    Albert Préjean, Viviane Romance, souriants, les bras chargés de fleurs, sont accueillis par des Allemands en uniforme.

     

     

     

    «Vous avez vu, elle traîne partout, la photo de leur départ gare de l'Est. Celle que je donne avait été publiée avec des retouches: on avait maquillé les uniformes et remplacé les casquettes militaires par des chapeaux tyroliens.

     

    Le document est bien emblématique. L'épuration n'a pas épargné tous les visiteurs de Berlin, mais elle a frappé durement des acteurs moins habiles: Arletty, Le Vigan.

     

    Des victimes, le cinéma français, à ma connaissance, n'en a eu que trois:

    Aimos, tué sur les barricades à la libération de Paris,

     

    Robert Lynen, l'enfant de Poil de carotte, mort en résistant 

     

    sous la torture, et le pauvre interprète de Mermoz,

     

    Robert Hugues-Lambert, arrêté pour homosexualité et déporté.

     

    Quant aux archives de la Continental, on les cherche encore.»

     

     

    Harry Baur

     

    Tragique histoire que celle vécue par Harry Baur (à gauche) .

     

    Cet immense acteur de théâtre et de cinéma chez Duvivier, Chenal, Gance, Siodmak, l'inoubliable et inégalé Jean Valjean des Misérables de Raymond Bernard, est dès sa rentrée en scène, fin 1940, l'objet d'une campagne acharnée de journaux et hebdomadaires de la collaboration, l'accusant

    d'être juif et franc-maçon. 

     


    Pour se protéger, il produit une attestation de son origine aryenne et s'en va tourner à la Continental, L'Assassinat du père Noél (Christian-Jaque, 1941) et Péchés de jeunesse (Maurice Tourneur, 1941).

     

    Devenu malgré lui, une figure de la collaboration artistique franco-allemande, il est pris au piège d'un contrat de la Tobis pour tourner en Allemagne un drame romantique, Symphonie d'une vie (Hans Bertram, 1942). 
     

     

    Après son retour en France, il est arrêté le 30 mai 1942 avec son épouse, par la police.

     

    On les relâche plus tard. Mais, dénoncé comme juif et communiste, et mis au secret, Harry Baur est torturé par la Gestapo.

    Il rentre chez lui dans un état physique lamentable et meurt le 8 avril 1943,

    assisté par un prêtre.

     

    Les milieux du cinéma, craignant alors, de se compromettre, peu d'acteurs assistent à ses funérailles à Saint-Philippe-du-Roule.
     

     

     

     

    Read more at http://www.lexpress.fr/actualite/politique/sous-la-botte-le-cinema-francais_492483.html#6quQyXPIujJqOIdE.99

     

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    J'aime la résistance française! 

    La Résistance en France en 1944

    Au début de l'année 1944, la Résistance intérieure est bien mieux organisée et ses effectifs sont bien plus nombreux qu'à ses débuts dans l'automne 1940.

     

    Depuis mai 1943, grâce aux efforts déterminants de Jean Moulin, elle est unifiée au sein d'un Conseil de la Résistance (rebaptisé par la suite Conseil national de la Résistance ou CNR) qui reconnaît l'autorité du général de Gaulle. Emanations des services secrets britanniques et de la France libre, les réseaux pratiquent le renseignement, montent des filières d'évasion et assurent des actions de sabotage.

     

    Les Mouvements sont issus d'initiatives individuelles qui aboutissent à la naissance d'ensembles structurés en services de plus en plus différenciés (propagande-diffusion, groupes paramilitaires, groupes francs, faux papiers, filières d'évasion…) ; ils cloisonnent leurs activités pour être moins vulnérables en cas d'arrestation de certains de leurs membres.

     

    Leurs objectifs sont donc à la fois politiques et militaires.

     French Resistance #WWII #War #France

    Apparaissant à la fin de 1942, les maquis se développent, à partir de février 1943, grâce à l'arrivée d'une partie des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO). Situés dans des zones montagneuses et forestières, ils symbolisent progressivement la Résistance armée et payent un lourd tribut à la répression des forces de Vichy et de l'armée allemande.
     

    Faire l'état des lieux de la Résistance en France en 1944, c'est distinguer les réseaux des mouvements et ceux des maquis. La Résistance présente alors un tout autre visage qu'à ses débuts, au temps des pionniers de l'automne 1940. Non seulement elle s'est renforcée numériquement, mais elle s'est organisée et unifiée autour de la figure du Général de Gaulle. 
     
     
    French Resistance
    Paris 1944
     
     
    Les réseaux sont de véritables organisations paramilitaires créées pour la plupart par les services secrets britanniques et de la France libre.
     
     
    Leur objectif prioritaire est le renseignement. Ils mettent également en place des filières d'évasion de prisonniers de guerre et de soldats alliés, en particulier des aviateurs britanniques abattus au-dessus de la France et de la Belgique.
     
    Dès juillet 1940, de Gaulle a confié au capitaine André Dewavrin, alias Passy, les services de renseignement de la France libre.
     
     
     
     
    Celui-ci monte le Bureau central de renseignement et d'action (BCRA) qui, opérant de concert avec les Britanniques, envoie en France métropolitaine des agents chargés de se renseigner sur l'ennemi, son dispositif militaire et ses plans.
     
     
    On estime à 5 700 le nombre des agents des réseaux du BCRA en France et à environ 150 000 le nombre des résistants ayant œuvré dans les 266 réseaux homologués après-guerre.
     
     
     
     
     Les premiers mouvements de Résistance se développent, indépendamment de Londres, dans le climat de décomposition de la société française suite à la défaite de juin 1940.
     
     
    Les premiers actes de Résistance sont individuels et isolés. C'est l'agrégation de volontés et d'engagements individuels qui finit par constituer les noyaux des premiers mouvements de la Résistance intérieure. Ils accordent une grande importance à la propagande et publient des journaux clandestins au tirage conséquent (Combat, Libération, Le Franc-Tireur…).
     
     
     
    Mais ils forment également des groupes paramilitaires pour préparer les combats de la Libération.
     
     
    Leurs relations avec la France libre et avec les partis politiques résistants, partis socialiste et communiste, sont loin d'être harmonieuses.
     
     
     
    C'est l'action déterminée de Jean Moulin qui permet d'unir mouvements, partis et syndicats dans le Conseil de la Résistance, qui deviendra le Conseil national de la Résistance (CNR) en mai 1943.
     
    Jewish Resistance Fighters, France August 1944
     
    Après-guerre, une vingtaine de mouvements seront homologués. 
     
    Paris 1944 Resistance fighter
     
    Les premiers maquis apparaissent dès décembre 1942, de manière indépendante des mouvements de la Résistance. Ils sont composés de réfractaires qui entrent en clandestinité pour échapper à la mobilisation de la main-d'œuvre et ne pas aller travailler en Allemagne.
     
     
    French Resistance fighters in Paris, August 1944. pic.twitter.com/mdZgFPJX2s
    1944 Paris
     
     
     
    En février 1943, l'instauration du Service du travail obligatoire (STO), touchant trois classes d'âge, leur donne une accélération décisive, principalement dans les massifs montagneux mais aussi dans certaines zones forestières.
     
     
    French Resistance
     
     
    Au total, environ 10 % des réfractaires ont "pris le maquis".
     
     
     
    Leur intégration à la Résistance est progressive : il faut les encadrer, les prendre en charge, les armer sans perdre le soutien des populations. On peut distinguer les maquis de combattants des maquis-refuges composés de réfractaires qui veulent avant tout se cacher pour échapper aux autorités de Vichy et d'Occupation.
     
     
    WW2 French resistance poster
     
     
     
    Début 1944, les maquis voient leurs effectifs diminuer.
     
     
     
    La répression conjointe de Vichy et des Allemands a été brutale et l'hiver, rigoureux, suscite une forte détérioration des conditions de vie déjà très difficiles.
     
     
     
     
    D'autre part, nombre de maquisards ont mal vécu le report du débarquement allié qui avait été espéré pour l'automne 1943.
     
     
    One of the many women who played a vital part in the French Resistance during WW2
     
    Cependant, à partir d'avril 1944, un nouveau souffle anime les maquis qui se renforcent lorsque l'espoir du Débarquement reprend corps.
     
     
     
     
    C'est d'ailleurs le D-Day qui lance la grande montée au maquis, le nombre de maquisards décuplant en quelques jours dans un vaste mouvement de mobilisation populaire.

     

     

     
     
     
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    Parachutage d'armes aux maquisards français. (Commentaire d'époque)
     
     
     
     
     
      
    Discours du général de Gaulle, à Londres, le 11 novembre 1942 : "Un seul combat pour une seule patrie".
     

    informations

     
    La résistance fer sabote les transports  ...
    La résistance fer sabote les transports ...
     
    Lever des couleurs dans un maquis des Al ...
    Lever des couleurs dans un maquis des Al ...
     
    Tract de la Jeunesse communiste de la Ré ...
    Tract de la Jeunesse communiste de la Ré ...
     
    Parachutage d'armes sur le Vercors (juil ...
    Parachutage d'armes sur le Vercors (juil ...
     
    De jeunes maquisards français, 1944. ...
    De jeunes maquisards français, 1944. ...
     
    Un résistant français se prépare au comb ...
    Un résistant français se prépare au comb ...
     
    Maquisards de Cormeilles (Eure) ayant pa ...
    Maquisards de Cormeilles (Eure) ayant pa ...
     
     
     
     http://www.le70e.fr/fr/resistance/la-resistance-en-france-en-1944
     
     
     
     

     

     

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  • La Résistance dévoile ses derniers secrets

    Par Béatrice MICHEL, le 10 Mai 2011

     

     

    C’est au Château de Vincennes, et plus exactement au Service historique de la Défense qu’il faudra se rendre pour consulter les archives du Bureau Résistance, désormais accessibles au public.

      

    610 000 dossiers (soit l’équivalent de 1,5 kilomètre de linéaire) constituent ce fonds exceptionnel qui devait, à l’origine, permettre l’« homologation » des résistants.
     

      

    Parmi ces milliers de dossiers, beaucoup de noms célèbres

    (Joseph Kessel, Maurice Druon, Edgar Morin, René Char, Pierre Dac)

    mais aussi une foule d’anonymes qui ont combattu dans les maquis

    ou dans les Forces Françaises Libres.

     

     


    Les dossiers contiennent un descriptif des faits de résistance ainsi que des documents les authentifiant (témoignages, photos, notes secrètes, etc.).

      

    Sur les 610 000 dossiers, 443 000 ont abouti à une homologation et si cette dernière est forclose depuis 1951, le Bureau des archives constate néanmoins un regain de demandes pour des titres d’homologation, démarches souvent effectuées par des petits-enfants pour leurs aïeuls, signe que cette mémoire reste vive 70 ans après la Libération.

     

    Pour en savoir plus : Dans les archives inédites de la Résistance,

    Antoine Fouchet, La Croix.com, 6 mai 2011.

     

     


    carte de la France sous l'occupation
    Carte de la France de juin 1940 à novembre 1942 / source : Académie de Grenoble

    Pour aller plus loin :

    Catégorie :

    Le monde des bibliothèques, Conservation et Archivage, Services aux publics

      

      

    Tags :

      

    archives, Deuxième guerre mondiale, Résistance, Service Historique de la Défense

     

     

     

     

     

     

     

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  • ils ont consolé la france (1) par soleillevant32bis 

     

    Dès juin 1940, alors que l’armée allemande entre dans Paris,

    des garçons de 14 à 17 ans répondent à l’appel du Général de Gaulle et rejoignent l’Angleterre.

     

     

    Ces jeunes, appelés les Cadets de la France libre arrivent du monde entier (Amériques, Madagascar, Liban, Afrique du Nord, etc..) et évidemment de France (surtout de Bretagne) pour combattre le nazisme. Ils ont bravé mille dangers pour parvenir à rejoindre Londres, parfois sans l’accord de leur famille.

    Face à l’arrivée massive de ces galopins , certes pleins de fougue et de bonne volonté mais trop jeunes pour intégrer l’armée, le chef de la France libre ne sait que faire. De Gaulle décide alors de leur donner une véritable formation d’officiers, à la hauteur de la prestigieuse école Saint-Cyr, alors qu’on manquait d’encadrement qualifié sur le terrain.

    Le père de la réalisatrice était l’un d’entre eux.

    Ces gamins, qui ont su dire non à l’occupant, sont sans conteste d’un patriotisme à toute épreuve, mais pas toujours d’un comportement exemplaire. A l’école des Cadets, ils ne se sont pas privés de faire les 400 coups !

     

    La tendresse et la fierté que de Gaulle porte à ses cadets ne se démentiront jamais et il leur rendra après la guerre le plus beau des hommages :

      

    Les Cadets ! Parmi les Français libres, ces jeunes furent les plus généreux, autrement dit les meilleurs. Mais aussi dans son chagrin, aux pires jours de son Histoire, ils ont consolé la France !.

      

      

    Les personnages du film

     

     

    René Lemoine


    Fils d’un artisan de Soissons, le jeune René a 19 ans en 1942 quand il décide de partir en stop en Espagne, avec l’espoir de trouver un bateau pour l’Angleterre. Arrêté en Espagne, il passe six mois au camp d’internement de Miranda. Il finira par embarquer sur un paquebot anglais avec 42 autres jeunes Français.

    Le capitaine leur sert du champagne ! Arrivé en Ecosse il passe par la Patriotic school , école chargée de détecter les espions et les menteurs. Enfin René rejoint la France Libre et se voit affecter au BCRA. Il suit un entraînement de parachutiste et se blesse. A l’hôpital, il tombe amoureux d’une infirmière irlandaise qu’il épousera après la guerre.

      

    En 1943, René entre à l’école des Cadets, promotion 18 juin. Le 6 juin1944, il quitte l’école et rejoint le groupe Victory. Il revient en France à bord d’un destroyer. Il retrouve son père, en bleu de travail, en pleine rue ! Pendant la guerre, il avait envoyé à sa famille des ananas par la Croix-Rouge, qui étaient arrivés des mois plus tard tout pourris. Mais pour sa famille, ces fruits étaient la preuve que René était bien en vie…

     

     

    Etienne Laurent


    C’est une étrange histoire que celle d’Étienne Laurent, fils d’un médecin de Lorraine et d’une Africaine du Dahomey.

    Etienne est né en Afrique. En 1939, Etienne a 16 ans. Son père l’envoie en Angleterre étudier l’anglais et vivre dans une famille. La guerre éclate et le père fait rentrer son fils en France. Puis a lieu la débâcle.

      

    Le 5 juin 1940 son père lui donne quelques leçons de conduite et lui confie la voiture familiale avec l’ordre de gagner la côte et de là, prendre un bateau pour l’Angleterre. Après de nombreuses aventures sur la route, le jeune Etienne fait la connaissance, à Lorient, de six garçons qui veulent aussi partir pour la Grande-Bretagne et surtout de marins anglais qui veulent rentrer chez eux.

    La petite troupe finit par trouver un bateau qui les amène tous à Liverpool. Il arrive sur place le 17 juin et entend le discours du Général de Gaulle le lendemain, 18 Juin.

    Sa décision est prise ; Etienne Laurent se précipite à Londres, mais il est bien trop jeune pour être soldat dans l’armée.

    Il passera par l’École des cadets de la France Libre.

     

     

    Pierre Lefranc


    Après la guerre, Pierre a été chef de cabinet du Général de Gaulle.

    Il a écrit de nombreux livres de souvenirs et préside l’association des Cadets de la France libre. En 1940, il a 18 ans.

     

    Le 11 novembre 1940, le jeune Pierre organise avec ses camarades la première manifestation anti-allemande à Paris.

      

    Le groupe dépose une gerbe de fleurs avec Vive la France et Vive de Gaulle ! devant l’Arc de Triomphe ; ils arpentent les Champs-Élysées en criant des slogans patriotiques. Les Allemands les encerclent et blessent une dizaine d’étudiants dont Pierre, qui reçoit une grenade à la jambe. Arrêté, puis interné à la prison de la Santé, il est ensuite transféré à l’infirmerie de la prison de Fresnes.

      

    Il traverse la France et arrive en Espagne où il est interné six mois dans le sinistre camp de Miranda. Il parvient par la suite à rejoindre l’Angleterre et intègre l’école des Cadets. Aujourd’hui, sur le mur de la prison de la Santé, se trouve une plaque souvenir de cette manifestation du 11 novembre 1940.

     

     

    Jean-Paul Lavoix


    Pendant la débâcle, il trouve avec des amis deux canots sur la place de son village de Picardie. Le groupe les cache sans trop savoir ce qu’ils vont en faire.

      

    En 1941, les cinq garçons âgés de 17, 18 et 19 ans disent à leur famille qu’ils vont partir en Angleterre rejoindre la France libre.

      

    Le projet paraît tellement farfelu que personne ne les prend au sérieux. Après leur périlleuse traversée de la Manche en canots, ils débarquent tous en Angleterre (après un trajet de 32 heures) et deviennent les héros du jour, reçu par le couple Churchill. Une photo, utilisée pour la propagande, immortalise la rencontre.

      

    Pendant son séjour à l’école, Jean-Paul part en permission et des religieuses l’aident à envoyer un message à sa famille par la Croix rouge. La 2e D.B arrive en Angleterre et le jeune homme s’y engage.

     

     

    René Marbot


    Il a 18 ans en 1940.

    A cette époque, il vit au Liban avec sa famille. Il passe en Palestine (sous mandat britannique) pour tenter de s’engager dans les FFL.

      

    Trop jeune pour s’engager, il doit retourner au Liban pour former, sur place, une section scout gaulliste en attendant l’incorporation. René Marbot décide d’apprendre aux scouts la photographie ; il a déjà une idée derrière la tête quand il photographie des installations de fortifications.

    Et, en effet, l’armée de la France libre se servira, plus tard, des renseignements des scouts ! René rejoint Londres avec 18 autres jeunes français, venant du Liban mais aussi d’Egypte, de Turquie et de Syrie.

      

    90 jours de voyage en bateau en passant par l’Inde et l’Amérique du Sud. Il arrive à l’école des Cadets en mai 43. Il passe ensuite au BCRA afin d’être parachuté en France dans un maquis. Arrivé à Paris après la libération, son unité part vers l’Allemagne.

     

     

    Claude Voillery


    Son père, consul de France en Islande, s’est rallié dès les premiers jours à de Gaulle.

    Claude a 17 ans et veut partir se battre. Son médecin de famille diagnostique un début de tuberculose et brise ses rêves de combat. Claude éclate en sanglots et le brave docteur lui parle d’une école qui vient d’ouvrir, à Bewdley, pour les jeunes patriotes, persuadé qu’il s’agit d’une sorte de sanatorium…Et le voilà à l’école des Cadets !

     

    Jeune, chétif, Claude a beaucoup de mal à suivre les entraînements et enrage d’être chaque fois mal noté sur les épreuves physiques. Il décrit la vie de l’école comme personne et ne l’idéalise pas. Il rentre en France en 1946 après avoir été rattrapé par la maladie et envoyé deux ans dans un sanatorium.

     

     

    Serge Arvengas


    En 1940, il n’a que 15 ans. Son père, ambassadeur de France au Mexique était consul à Hambourg en 1938 et a pu constater le vrai visage du nazisme. Il est le premier ambassadeur à refuser l’allégeance à Pétain.

      

    En 1943, il a 18 ans et peut enfin s’engager. Serge passe par New York et demande à rejoindre la France libre.

     

    Les Américains essaient de le persuader de partir avec le général Giraud, leur favori. Serge refuse et embarque pour l’Angleterre avec une dizaine d’autres volontaires français. Le groupe arrive à Liverpool en avril 1943. Serge est envoyé immédiatement à l’école des Cadets et suit des cours de parachutisme. Serge est envoyé en France pour organiser les maquis. Il travaille en liaison avec les FFI.

     

     

    Rémi Dreyfus


    Il part pour Londres le 4 février 1942. En 1940, il a été mobilisé.

    Après la débâcle il entre dans une école française d’officiers, d’où il sera renvoyé parce qu’il est juif (décret de Vichy). Il est sous le choc de cette mise à l’écart et décide de rejoindre Londres et les FFL où se trouve déjà son frère.

      

    Il part en Espagne et de là part pour Lisbonne puis arrive enfin à destination.

    A Londres, les deux frères changent de noms pour ne pas causer d’ennuis à leur famille restée en France. Bien qu’un peu âgé pour intégrer l’école - il a 24 ans - il est tout de même envoyé à l’école des Cadets où il suit les cours de parachutisme. Rémi est parachuté en Bourgogne le 15 août 1944.

     

    Générique :

     

    Documentaire de Dominique Torres Produit par 13 Prod Alain Bastide avec la participation de France Télévisions Durée : 52’

     

     

     

     

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    français sous l'occupation de 1940 à 1945

      

    Providence pour de nombreux Français, le marché noir permettant de vivre comme avant reste le privilège de quelques-uns et toute la masse des ouvriers et petits bourgeois vit de plus en plus mal.

     

    Consacrant près de 70 % de leur budget à l'alimentation, n'achetant que rarement au marché noir, ils économisent principalement sur les vêtements, l'éclairage et le chauffage.

     

     

    première année de l'occupation

     

     

    Pendant la première année de l'Occupation, la société de marché noir se met en place, dans une immense combinaison clandestine qui n'a rien de politique.

    A côté des boutiques qui ont pignon sur rue, s'installe le troc ;

    quiconque a une monnaie d'échange finit toujours par dénicher l'objet ou la nourriture qu'il désire.


    Dans les villes, chaque immeuble a son petit dépôt, chez le concierge, ou chez n'importe qui.

      

    Les commerçants eux-mêmes, s'ils vendent les produits pour lesquels ils paient patente, disposent des marchandises les plus diverses.

      

     

    D'une zone à l'autre, il y a un appel constant :

     

    dans la zone nord, pas de vin, ni d'huile, ni de savon ; dans la zone sud, pas de farine, ni de sucre, ni de pommes de terre, ni de graines four­ragères,

    ni de charbon, etc.

     

    Quand la marchandise manque, apparaît l'ersatz ;

    c'est un mot allemand, car l'Allemagne a été obligée de fournir à ses citoyens des produits de remplacement.

     

    Chez nous, l'Occupation en impose la nécessité :

      

    la saccharine va nous donner l'illusion du sucre et des fabricants plus ou moins véreux vont, à coup de publicité éhontée, se gorger de profits avec des produits qu'ils vendront en réalisant d'énormes bénéfices, car les fonctionnaires du service des prix

    — recrutés au petit bonheur la malchance.

      

    — se laissent duper quant aux coûts de fabrication...

      ou bien se laissent acheter.

      

      

     

    premiere annee de l'occupation

    Les protestations contre I’insuffisance des rations se multiplièrent.

      

    Ainsi, en mars 1941, on lança des tracts dans les quartiers de Ménilmontant et de Belleville, qui mêlaient les premières accusations politiques à la disette: A manger aux Français... A bas le fascisme

    L'organisation du marché noir est la parade indispensable aux ponctions exorbitantes des occupants, masse improductive, jouisseuse, insolente, volontiers abusive. Ainsi comprend-on mieux l'absolution préalable et générale que le cardinal Suhard donne aux pratiquants de ce système individuel :
    «Ces modestes opérations extra-légales, par lesquelles on se procure quelques suppléments jugés nécessaires, se justifient tout à la fois par leur peu d'importance et par la nécessité de la vie. » L'Etat lui-même ferme les yeux : la loi du 15 mars 1942 sur le marché noir précisera : Les infractions qui ont été uniquement commises en vue de la satisfaction directe de besoins personnels ou familiaux sont exemptes de poursuite.

     

    Ils se découvrent des « cousins » qui habitent à la campagne et qui leur envoient des « colis familiaux ». Ces colis sont d'abord admis par le gouvernement sous certaines conditions :

    pas plus de 50 kilos, et ils ne doivent contenir ni farine, ni légumes, ni pommes de terre, ni matières grasses. Ils sont à la base d'un « marché gris », toléré et tolérable !

    le marché noir


    Puis, rapidement, ce « marché gris » vire au « noir » parce que les produits concernés changent... de direction et voisinent dans les paquets avec des produits... défendus.


    Ils ne sont plus réservés à la seule table familiale, ils servent aussi de monnaie d'échange.
    On troque de la matière grasse contre du tabac; du porc contre un cos­tume; on paie le menuisier et le plombier avec du lait, du beurre, des oeufs ou des lapins. Les « colis familiaux » sont l'avant-garde du marché noir.

     

    Paradoxalement en ce temps de pénurie, des épiceries s'ajoutent à celles qui existent et deviennent très importantes. La famille des « Beurre, Œufs, Fromages », des B.O.F. , naît, fait souche; son cercle s'agrandit.
    Elle a un grand appétit. d'argent vite gagné, elle exhibe un luxe tout neuf.

      

    Elle ne discute pas « affaires » dans l'arrière-boutique mais dans les bars des Champs-Elysées.

      


    Un de ses représentants vend, notamment en 1941, 980 kilos de gruyère à 50 francs l'un au lieu de 21 ; 66 kilos de parmesan à 70 francs au lieu de 40... entre autres denrées. Tarifs qui trois ans plus tard paraîtront d'ailleurs bien faibles. Des produits seront vendus jusqu'à trente fois plus cher que leur valeur.
    Les trafiquants cherchent aussi dans le Nord des articles de ménage et des textiles car on ne vend, avec tickets, que du tissu... sans textile, qui a une fâcheuse tendance : celle de se ratatiner à l'humidité.

     

     

     

     

    marche noir

     

     

    La vente des savonnettes, 8 francs l'une, est pratiquée dans la rue... à la sauvette par des vendeurs qui ne se sauvent même plus, par les garçons de café, par les dames des vestiaires... également pourvoyeuses de bas de soie.
    On trouve chez les concierges tout ce qui peut être stocké vingt-quatre à quarante-huit heures : des légumes, des fruits, de la viande, et l'on peut chanter, comme sous le Directoire :

      

    « Le cordonnier vend des rubans et le coiffeur du fromage. »

      


    Le marché clandestin de l'ail se tient au métro Saint-Augustin et celui du tabac à la station Strasbourg-Saint-Denis; on se heurte un peu partout dans les couloirs aux vendeurs d'éponges métalliques, de sucres d'orge, de produits d'entretien, d'enveloppes.


    Les commerçants du marché noir, dit-on, peuvent, dans la rue Robert-Houdin, à Belleville, fournir en un clin d'oeil un repas de noce et habiller le cortège.

     

     

    Pauvres ou riches, tout le monde essaye de se débrouiller et le système D est à l'honneur.
    Les produits de remplacement, les ersatz, tiennent une grande place dans la vie quotidienne.

     

    Le docteur de Pomiane publie un livre de recettes où l'on apprend à faire de la bonne cuisine avec ces fameux ersatz.

     

    On rit beaucoup en lisant dans un journal cette légende dans laquelle une femme répond à son mari qui lui reproche le goût de rose de ses frites :

     

    - Que veux-tu, j'ai eu la chance de trouver un peu de brillantine dans un tiroir...

     

    Marché noir pendant l'occupation

     

     

    On apprend à faire une mayonnaise sans oeufs, avec de la moutarde, de la farine, de l'huile et beaucoup d'eau froide; et du café sans café, avec des graines de lupin, des châtaignes, des glands, des peaux de pommes séchées;

    on sucre le café... sans sucre, avec de la saccharine qui n'est pas toujours de la saccharine, mais une décoction de bois de réglisse;

    on mange du pâté de foie sans foie, qui n'est autre que de la mie de pain étroitement mêlée à de l'oignon et à de la levure;

    on découvre dans le Midi, le millas, sorte de pâte de maïs.

     


    Pendant que les ménagères et leurs familles expérimen-tent ces mélanges inat­tendus d'ingrédients, un diététicien, qui fait autorité, affirme dans un quotidien que la viande n'est pas nécessaire à l'organisme, tandis que sur la page même où il explique ce point de vue, une publicité pleine d'humour involontaire recommande un produit qui permet de maigrir...

      

    tout en mangeant à sa faim ce que l'on veut.


    On fait cuire le ragoût de rutabagas dans la marmite norvégienne qui triomphe depuis que l'usage du gaz et de l'électricité est réglementé; on fume des feuilles d'ortie et de marronnier séchées qui font illusion, et de l'eucalyptus, mais certains, les connaisseurs, préfèrent s'en tenir à la récupération des mégots.

     

     

    Parce que la Wehrmacht ne laisse aux Français que 12 % d'une production de cuir déjà réduite, les énormes semelles de bois des chaussures de femmes ou des galoches des enfants claquent sur l'asphalte.

     

    Les Français ont vécu tant bien que mal pendant l'occupation.

     

    Certains, en exploitant les besoins des autres, se sont enrichis.

      

    On dit que les fortunes prodigieuses, acquises au cours de cette période, n'ont pas toutes tenu après la guerre, et que, leurs bénéficiaires y étant mal préparés, elles ont été dilapidées aussi vite qu'elles se sont faites.

      

    En tait, la majorité a duré et a été socialement consacrée.

     


    Quoi qu'il en soit, le marché noir ayant plus de consommateurs que de producteurs n'a pu qu'appauvrir la grande masse.

      

      

    Il a faussé non seulement les valeurs économiques, mais les valeurs morales.

     

    On se vantait à la maison des « combines » apprises dans la journée et on se promettait d'en profiter.

     

    Des jeunes gens faisaient parfois des « coups » dont ils tiraient argument pour battre en brèche l'autorité des parents honnêtes ou non informés, qui s'escrimaient à des besognes peu rémunératives.

     

    On « considérait », et on était flatté de connaître les nouveaux messieurs issus de tous les milieux, qui régnaient sur le marché noir...

      

    Ce marché qui regorgeait de clientèle, qui pourtant se dérobait à toute publicité, qui était partout et nulle part.

     

     

     

     

     

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    761st Tank Battalion
     

    Activé le 1er Avril 1942 comme bataillon léger , ce bataillon a la particularité d'être composé d'Afro Americains et il reçu ses premiers officiers noirs en Juillet 1942 .

     

    À partir de Novembre 1944, ils ont engagé l'ennemi pendant 183 jours consécutifs, le fer de lance de nombreuses offensives de Patton lors de la bataille des Ardennes et dans six autres pays européens.

     



    Le 761e a mis hors de combats plus de 6.000 soldats de l'axe , capturé trente villes, libéré des juifs de camps de concentration et est connu comme le premier bataillon de char afro americain de l'Histoire .

     





    www.761st.com

    en.wikipedia.org/wiki/U.S._761st_Tank_Battalion

    afroamhistory.about.com/od/761stbattalion/

    www.treefrogtreasures.com/forum/showthread.php?t=10237

     

     

     

     

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    Les maquis dans le Morbihan en 1944

      

      

    Si l'on se réfère à "l'Histoire de la Libération de la France" de Robert Aron(tome II juin 1944-mai 1945, chapitre III consacré à la "Libération de la Bretagne"), en juin 1944, notamment au moment dudébarquement, les effectifs des maquis combattant dans le Morbihan était estimé à 7.000 hommes en principe dotés d'armes, sur un total de 19.500 hommes pour l'ensemble de la Bretagne dont à peine la moitié au maximum était dotée d'armes.

    L'organisation F.F.I. de Londres inclut le département en tête de la région M3, ce qui le fait bénéficier de parachutages d'armes prioritaires. Mais dans la réalité, la région M3 dépend elle-même de la région M, la Loire-Atlantique, dépendant théoriquement de la région M2 avec la Vendée et le Maine et Loire se trouvant le plus souvent impliquées par les actions de combat en Bretagne.

    Carte du Morbihan

     

    Mobilisation et encadrement

    On dénombrait 10 bataillons F.T.P.(francs-tireurs et partisans d'obédience communiste) pour 9 bataillons F.F.I.(Force française de l'Intérieur, engendrées par la réunion des moyens humains de notamment l'Armée secrète (A.S.), de l'O.R.A. (Organistaion de résistance de l'Armée), du mouvement Libération, de l'O.C.M. (Organisation civile et militraire). Les F.F.I. étaient souvent plus âgés et encadrés par des militaires expérimentés. En revanche, les F.T.P. sont souvent âgés de 18 à 25 ans et manquaient d'encadrement militaire entraînés.

    En juillet 1944, l'effectif des maquis du Morbihan passeront à 9.000 hommes dont 2.000 hommes sans armes.

    En Morbihan, comme dans le reste de la Bretagne qui formait la région M3 pour le B.C.R.A., les F.F.I., plutôt gaullistes et les F.T.P. sous obédience communiste, collaborent sans arrière-pensée. Mais ces chiffres doivent être interprétés prudemment car l'effectif d'un bataillon pouvait varier de 400 à 1.200 hommes.

    Le commandant départemental de la gendarmerie, Guillaudot est passé dans l'action clandestine dès 1941, suivi par la totalité de ses brigades, de telle sorte que le maquis était dans la capacité d'assurer l'intégralité des parachutages d'armes, la formation à leur usage et la récupération des aviateurs alliés abattus. Chargé entre autres du réseau "Action du Morbihan", il était placé sous les ordres du général Audibert, chef de l'armée secrète pour la Bretagne. Arrêté le 10 décembre 1940, il sera remplacé par un officier de marine en retraite, Chenailler, plus connu sous le nom de colonel Morice.

    Autre collaborateur d'Audibert, le commandant Yacco, entré en résistance dès le mois d'octobre 1940, qui deviendra le chef du maquis de Loire-Atlantique, recevra le double des Instructions pour le jour J données au général Audibert, lui-même devenu adjoint pour l'Ouest du commandant de l'armée secrète à Paris, le colonel Alma, à Paris.

     

    Un test du Plan Vert

     

     

     

     

    Les actions des maquis du Morbihan ont été précédées, le 10 décembre 1943, par l'arrestation du Commandant Guillaudot, et le 1er janvier 1944, par celle du chef du 2ème bureau du général Audibert, Audren, qui a parlé sous la torture. C'est dans ce contexte que l'état-major du S.H.A.E.F. a exigé un test en grandeur nature du plan vert, en demandant, peu après le rétablissement des communications avec Londres et via le Comité d'Action immédiate de Paris, un ordre de destruction immédiate des moyens de communications ferrées à entretenir durant une semaine.

    Cet ordre sera exécuté à la lettre à partir de la nuit du 6 au 7 mai 1944. Plusieurs groupes FTP et corps francs vont couper, la ligne Paris-Quimper, celle de Ploërmel-Cuer, interrompue au niveau du camp de Coëtquidan, la ligne passant en gare d'Augan, et celle passant à Dol, sont coupées. Ces sabotages seront entretenus pendant huit jours au prix d'engagements meurtriers contre les troupes allemandes chargées de la sécurité des voies qui perdont une trentaine d'hommes, contre 22 maquisards tués. Mais ainsi, la preuve est gravée dans le sang de l'efficacité du maquis breton qui va se voir confier la destruction des voies ferrées de sa région et bénéficiera, en retour et autant que faire se peut, du soutien de l'aviation alliée.

    Le réduit du maquis de Saint-Marcel
    Le document ci-dessus, qui a une très haute valeur historique, figure
    sur la page "forum du 2ème R.C.P." (page bloquée)

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    Opérations Grog

    Mais l'entrée dans la guerre des maquis du Morbihan intervient véritablement juste après l'intervention dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 de l'opération GROG, par les parachutistes S.A.S français, c'est à dire après la réalisation de la mission Cooney qui a consisté à saboter les lignes de chemin de fer suivantes en Morbihan:

    1. Pierre 410 : Maire Louis (Lt) , Bourrec Pierre , Tauzin Félix: voies ferrées entre Redon et Questembert.
    2. Pierre 411 : De Kerillis Alain (Slt) , Morizur Ambroise , Terisse René: voies ferrées entre Questembert et Vannes.
    3. Pierre 412 : Bres Michel ( Slt) , Briand Georges , Plat Jean-Jacques: voies ferrées entre Ploermel et Messac.
    4. Pierre 414 : Larralde Gualberto (Cne) , Hartmanshenn Jean , Navailles Gaston: voies ferrées entre Auray et Pontivy.
    5. Pierre 415 : Corta Henry (Asp) , Caporal André Bernard , Folin Françis: voies ferrées près de Loyat, (Région de Ploermel).

    A l'écoute le 4 juin 1944 au soir, et après l'audition du message "La Flèche ne percera pas", les maquis de Bretagne et les F.F.I. passent simultanément à l'exécution des plans Vert (destruction des voies ferrées) et Violet (lignes téléphoniques aériennes et souterraines mises hors d'usage pour la Wehrmacht). Il faut compter 18 jours pour qu'un train militaire fasse le parcours Brest-Redon avec des risques d'interception par l'aviation alliée.

     

    Le maquis Saint-Marcel

     

     

     

     

    Un centre mobilisateur est créé tout près du village de Saint-Marcel, dans une ferme couvrant 70 hectares où est créée une drop zone et où affluent (au su de l'armée allemande qui n'attaquera que le 18 juin 1944) dans une atmosphère de kermesse, quelques 8.000 réservistes, répartis en 12 bataillons dont huit vont bientôt rejoindre leur zone.

    En effet, le maquis qui déborde littéralement d'hommes est renforcé chaque jour par les hommes encadrés du 4ème régiment de parachutistes (environ 4000 hommes encadrés) qui rejoignent le maquis Saint-Marcel après avoir réalisé leur mission de sabotage et de harcèlement des troupes allemandes. Le 10 juin 1944, le colonel Bourgoin, qui est manchot, est largué sur la drop zone du maquis de Saint-Marcel. Très vite, la tête du commandant des parachutistes français est mise à prix pour un million de Francs et tous les manchots du département sont arrêtés...

    La situation du camp de Saint-Marcel devient de plus en plus dangereuse: les Allemands ont en effet mis en place de fausses "drop-zones" afin de recueillir les containers d'armes et de munitions destinées au maquis. Du 8 au 17 juin, veille de la bataille, l'activité du camp peut se résumer ainsi:

    • préparation d'une action commune S.A.S - Résistance. Encadrement et instruction des volontaires avant l'envoi en mission.
    • forts largages quotidiens (de nuit) de logistique, armement et munitions afin d'équiper les bataillons présents sur le Camp (plus de 2500 hommes) , qui seront effectivement équipés avant le 18 juin.
    • parachutage des renforts S.A.S par groupes, dont le Commandant Bourgoin et son E.M dans la nuit du 9 au 10 juin.
    • récupération des sticks "Cooney-Parties" sur la Base établie à Saint-Marcel et des éléments de "Samwest" qui peuvent rejoindre après leur dispersion.
    • largage pour la première fois sur le théâtre européen de 4 jeeps armées (ndr: les jeeps armées généralement d'un bofor de 40 en déporté au lieu de deux mitrailleuses lourdes jumelées ont été utilisées pour la première fois à "El Alamein") dans la nuit du 17 juin.
    • réalisation d'opérations de guérilla depuis la Base.

    Le 18 juin, se trouvent sur le camp : 200 parachutistes de l'Etat Major et de la 2ème Compagnie (2è Squadron) du 4è B.I.A et un peu plus de 2500 F.F.I. formant principalement les 2ème, 8ème et 9ème Bataillons F.F.I. A 4h30 du matin, une patrouille motorisée de 8 feld gendarmes allemands est prise à partie. Le seul Allemand qui parvint à s'échapper et à donne l'alerte.

    Le lieutenent-colonel Bourgoin

    Deux heures plus tard, un bataillon de 200 Allemands tentent de s'infilter pour occuper le château "Les Hardys" à l'Est du camp et sont pratiquement anéantis. A neuf heures, c'est un régiment qui débarque des camions le long de la RN 774 et ne parvient pas à s'emparer du même objectif. Or des renforts estimés à une division, comprenant de l'artillerie, des unités de Géorgiens, des troupes anti-parachutistes et même des blindés venant de Coëtquidan et de La Baule commencent à affluer sur le secteur malgré le harcèlement de la RAF.

    La décision sage est prise par "le Manchot" d'abandonner le camp à partir de 22 h 30 et de disperser les troupes dans le Finistère et la Loire-Atlantique. A 23h 30, une demi-heure après le dernier décrochage des compagnies engagées, les munitions et les stocks sautent. Au bilan, l'opération a coûté 560 tués aux Allemands et de nombreux blessés, et la mort de 50 parachutistes et de 200 maquisards tués ou disparus. De faibles pertes par rapport aux 10.000 maquisards équipés et encadrés du département qui restent sur pied de guerre et la rage de la vengeance vissée aux tripes. Et ce, d'autant plus qu'une répression féroce s'abat sur la région: Le village de Saint-Marcel a été incendié et est pratiquement anéanti, les villages environnant sont soumis à un couvre-feu total et à l'interdiction absolue de circuler, mesures associées à des représailles féroces contre la population civile, dont le bilan ne semble jamais avoir été dressé.

    Mais, dans l'opération du maquis Saint-Marcel, il y avait finalement beaucoup plus que le sacrifice de 250 hommes soutenus par les alliés. Alors qu'une cinquantaine milliers de soldats d'élite allemands attendaient un débarquement hypothétique sur le littoral de la Côte d'Opale, elle crédibilisait la stratégie alliée d'un deuxième possible débarquement en Bretagne, dans la zone de la presu'ïle de Crozon, au lieu du du littoral de la Côte d'Opale... On se trouve alors en présence d'une opération prolongeant l'opération "Fortitude South". De quoi donner de fortes migraines à Adolph Hitler, en entretenant les hésitations du Führer, qui, depuis son nid d'aigle, ne tolérait plus la moindre contradiction de ses généraux opérant sur le terrain!

    Le plan Patton approuvé par le S.H.A.E.F.

    Un des maillons essentiels de la libération de la Bretagne s'est donc mis en place à la faveur de cette bataille, avec l'idée que les batailles rangées contre les formations allemandes devaient être évitées au profit d'un vraie Guerre de Chouans. Cette expérience, et son efficacité qui ont fortement influencé les alliés, va servir quelques semaines plus tard, et avec près d'un mois d'avance à la préparation de l'exploitation de la percée d'Avranches par la troisième Armée U.S. commandée officiellement par Patton à compter du 1er aoüt 1944.

    Parmi les ordres reçus par le capitaine Mercier dès le 10 juillet 1944, celui d'armer le maquis de Rosporden, dans les Côtes du Nord. Il s'y ajoutrera un programme d'équipement de 30.000 maquisards bretons, le parachutage de neuf équipes de Jetburghs chargées des liaisons avec les forces aériennes (PC d'Uxbridge), et celui d'un staff d'une vingtaine d'officiers à parachuter formant l'état-major du colonel Eon. Tel était la teneur de l'ordre de mission frappé du sceau "Bigot" (le sigle "Bigot" signifiait que la mission était approuvée par le S.H.A.E.F. et relevait du secret absolu), qui fut remis au colonel Eon, le 4 juillet 1944 à 10 heures par le chef d'Etat-major du général Koenig,chargé de réaliser cette mission, ainsi que le révèle Robert Aron dans son Histoire de la Libération de la France (juin 1944-mai 1945) qui constitue le meilleur document historique sur la collaboration entre les maquis bretons et le Commandement allié un mois avant la percée d'Avranches.

    Le général Patton avait-il à ce point confiance dans les qualités guerrières des maquisards bretons qu'il préparait dès le 21 juillet 1944 la savante manoeuvre n'engageant en Bretagne que le 8ème Corps de la 3ème Armée qu'il commandait au lieu des trois Corps d'Armées comme l'avait prévu OVERLORD? C'est la solution qui lui permettait de lancer respectivement les 15ème et 20ème Corps (encore incomplètement constitués) de son Armée sur Laval et Angers! C'est bien ce que laisse entendre Robert Aron dans son "Histoire de la Libération de la France" (juin 1944-mai 1945) et qui paraît parfaitement vraisemblable. D'autant plus que, quelques semaines plus tard, un autre général américain va étroitement collaborer avec les maquis alpins en appliquant le plan "Faisceau".

    Dès le 3 août 1944, en se conformant aux ordres reçus de la 3ème armée américaine, 6.000 maquisards occupent les hauteurs au Nord de Vannes et contiennent les attaques allemandes jusqu'à leur relève par l'Armée américaine.Mais les maquisards en ont fait plus puisqu'ils ont également occupé la zone de JOSSELIN. Dès le lendemain au soir, la quatrième division blindée qui avait traversé et libéré REDON, commence sa progression vers VANNES (flux en bleu marine sur la carte).

     

    L'intervention de la 4ème D.B. US

     

     

     

     

    Alors que Le 4 août 1944 des éléments de reconnaissance de la 6ème division blindée, théoriquement en route pour Brest atteignaient GOURIN, dans la partie Nord-Ouest du Morbihan, le major général Hugh J. Gaffey, Chef de l'État Major de la 3èmearmée, envoyait dans l'après-midi, au général Middleton un mémorandum indiquant que le Général Patton «supposait qu'en plus de bloquer les routes…, vous poussez la partie [de la 4ème division blindée] à l'ouest et au sud-ouest à la région de Quiberon, y compris les villes de Vannes et de Lorient, selon le plan d'armée.» A ce moment, les groupes de combat de blindés disposés autour de Rennes manquaient dramatiquement d'essence! mais les camions du train seront disponibles pour réapprovisioner l'ensenble des groupes de combat au cours de la nuit du 4 au 5 août 1944

    Les instructions du Commandement de la 3ème armée vont donc mettre fin, au moins provisoirement aux états d'âme du général Wood qui a donné l'ordre au matin du 5 août au Groupe de combat "A" (C.C.A.) de la 4ème DBUS de se dirigier vers Vannes, à 70 miles vers l'Ouest. Les unités de tête sont parties vers 14h00 pour entrer dans Vannes vers 21 heures. Elles ont trouvé sur leur chemin un bataillon de FFI, qui avait déjà capturé le terrain d'aviation de Vannes et ont guidé leur colonne par les approches les plus sûres. Il est vrai que quelque 6.000 maquisards avaient bloqué les allemands dans la ville en partie infiltrée. L'avance du CCA fut si rapide que les Allemands occupant la ville n’avaient pas eu le temps de mettre en oeuvre des démolitions. Le groupe de combat a capturé intacts tous les ponts et autres installations importantes.

    Après la capture de Vannes qui coupait la péninsule bretonne à la hauteur de la frontière Est du Morbihan, de sa base, les allemands ont contre- attaqué au matin du 6 août depuis Auray en s'infiltrant en arrière des avant-postes du C.C.A.. Le colonel Clarke a dû constituer une Task Force pour rétablir les positions et poursuivre l'ennemi jusque dans sa base de départ en prenant Auray le lendemain matin. Là-dessus, le colonel Clarke, a envoyé un groupe de la Task Force à quinze miles à l'ouest d'Auray pour capturer saisir un pont à Hennebont, près de Lorient. Menée Conduite par des chars légers, fonçant à travers des tirs d'artillerie, la colonne n'a pu que constater que les Allemands venaient juste de détruire le pont de Hennebont. Après un détour à deux miles au nord, le CCA a traversé le Blavet à Lochrist, et a établi sa jonction avec le Groupe de combat "B" (CCB) du Général Dager qui avait progressé directement sur Lorient.

    La poche de Lorient.
    Illustration de la page chemin de mémoire
    intitulée Libération de la poche de Lorient.

    En fait, les bataillons FFI du Morbihan avaient précédé les Américains d'abord à Vannes, puis à Lorient. il s'agit notamment des 1er ORA « Hervé », 2° ORA Le Garrec, 3° ORA Robo, 4° FTP Rucard, 5° FTP « Jacques », 6° FTP « Charles », 7° ORA Muller, 8° ORA Caro, 9° AS Le Gouvello, 10° Libé-Nord Le Coutaller, 11° FTP Icard, 12° OCM La Morlais, qui investissent les poches de Lorient et Saint-Nazaire aux côtés des Américains. Ils seront renforcés au fur et à mesure de la libération des villes bretonnes par les 1er, 2°, 3°, 4° et 17° bataillons du Finistère, et les 2°, 13°, 14°, 15°, 16° bataillons des Côtes du Nord et le corps franc de l'air Valin de la Vaissière (Loir et Cher).(11)

    Atteignant la périphérie de Lorient fortement défendue au matin du 7 août, le CCB a contourné la ville par le nord pour attaquer par le village de Pont-Scorff au Nord-Ouest semblant moins bien défendu. Mais quand l'avant-garde est entrée dans le village, elle a été accueillie par des tirs d'artillerie allemands très denses tuant 20 hommes, en blessant 85 autres, en détruisant également 5 half-tracks, 6 jeeps, 2 camions, et 2 véhicules blindés, et en endommageant une vingtaine d'autres véhicules. C'est également à partir de ce jour que les Forces françaises de l'Intérieur seront appelées officiellement par la troisième Armée US à entreprendre la fermeture et le siège des poches allemandes en Bretagne, en particulier celles de Saint-Nazaire, Lorient, Brest et Saint-Malo.

    De peur que la 4ème Division blindée ne soit entraînée dans une guerre statique à Lorient, le général Wood a reçu l’ordre de son supérieur Middleton de tenir les blindés hors de portée des armes de la forteresse. Un message écrit maunellement probablement par Middleton, daté du 8 août 1944 à 11h45 de tenir les blindés hors de portée des armes de la forteresse: « Ne pas être impliqué dans un combat pour Lorient sans attaques ennemies, et prendre une position de sécurité et observer simplement les développements.»

    A ce propos, Martin Blumenson écrit dans "Breakout and Pursuit" (Chapitre XIX, p.364, dernier alinéa):"En réalité, la forteresse de Lorient n'était pas aussi imprenable qu'il apparaissait aux Américains. Le commandant chevronné allemand de Lorient, Fahrmbacher, se sentait sérieusement menacé par une attaque puissante des blindés américains contre ses positions. Si Wood avait attaqué entre les 6 et 9 août, a indiqué plus tard Fahrmbacher, la forteresse serait probablement tombée. Les défenses de Lorient n'avaient pas été encore organisées; des secteurs entiers étaient encore inoccupés; plusieurs des troupes n’étaient pas encore formées. Même la chaîne de commandements n'avait pas encore été fermement établie. Des préparations avaient été faites pour une garnison de 12.000 hommes dans Lorient, mais à la place, il y avait environ 25.000 Allemands, plus 10.000 civils français qui constituaient un cheval de Troie potentiel et un certain doute sur les approvisionnements. Au lieu des 500 canons estimés par les Américains, Fahrmbacher n’avait que 197 canons dans la forteresse et 80 canons anti-chars. A partir du 10 août, quand Fahrmbacher a estimé qu'il avait mis en place une défense appropriée, au moins provisoire, la pression américaine a diminué au point qu'il ne s’attendait plus à une attaque." (*)

    Lors d'une conférence à une heure avancée du 8 août, Patton avait informé Middleton que le VIIIème corps avait toujours la mission de dégager la Bretagne. Le contrôle des ports de Saint-Malo et de Brest avait la priorité sur la capture de Lorient. Ainsi, Wood devrait continuer de contenir Lorient jusqu'à ce que Saint-Malo et Brest aient été prises. C’est seulement quand des forces suffisantes du VIII ème Corps en Bretagne pourraient être assemblées pour aider Wood «à prendre Lorient actuellement hors de l'épure.» Il était clair que le général Middleton ne disposait pas assez de troupes pour tout faire en même temps et qu'il devait exécuter un objectif après l'autre. Wood devrait donc attendre.

    Mais Patton avait été sensible aux états d'âme du général Wood, qui, à la tête de la 4ème Division blindée, avait parfaitement su tirer parti de l'opération Cobra. Patton avait donc souhaité que Middleton envoye quelques troupes vers Nantes pour soulager une Task Force américaine contenant les Allemands tenant cette ville portuaire. Bien sûr, Middleton a préféré garder la 8ème D.I. sous son coude à Rennes pour pouvoir l'employer afin de renforcer l'attaque contre Saint- Malo. Non seulement il a invité le général Wood à contenir Lorient, mais il lui a également suggéré d'envoyer un groupe de combat à l'est de Lorient vers à Nantes. Une unité américaine gardait Nantes, mais Middleton ne savait pas exactement laquelle et où elle étaitexactement.Il fallait donc envoyer de la cavalerie le long de la Loire pour soutenir l'unité de combat américaine à l'est de Saint-Nazaire et Nantes et établir le contact avec les troupes US à Angers. Des instructions qui ne pouvaient qu'apporter du baume aux états d'âme du Général Wood

    Le 11 août 1944, les Allemands ont évacué, (partiellement semble-t-il), BELLE-ISLE-EN-MER par la presqu'île de Quiberon. Alors que le groupe de Combat "B" de la 4ème Division blindée US entamait le siège de la poche de LORIENT avec l'aide des maquisards bretons, le groupe de Combat "A" est déployé au Nord de NANTES (flux en bleu ciel sur la carte). Le 12 août 1944, la groupe de Combat "B" de la 6ème Division blindée quittait le front de la poche de Brest pour la zone de LORIENT et VANNES (zone de réserve sur le front de la poche de Saint-Nazaire) afin de remplacer la quatrième division blindée U.S.(flux en rouge sur la carte), qui va être rattachée à la 9ème Armée U.S.

    La poche de Lorient

    Là, comme dans le reste des ports de la Bretagne, les Allemands se sont retranchés à Lorient, au détail près qu'en raison de l'importance de la base allemande de sous-marins, ils y étaient retranchés en force (26.000 militaires et 20.000 ouvriers civils) sous les ordres du général Fahrmbacher, promu commandant supérieur en Bretagne par Hitler et replié dans l’un des bunkers de la base de Keroman. Il semble que Fahrmbacher ait réussi à quitter (sur ordre du grand quartier général?) la garnison de Brest juste avant l'encerclement complet de la place fortifié par la 6ème Division US et les maquisards du colonel Eon, ce qui expliquerait le peu de temps dont il aurait disposé pour organiser la résistance de la poche de Lorient.

    Les Allemands, retranchés sur un front de près de 90 km menaient une guerre de tranchée et pouvaient dominer le terrain grâce à une artillerie de marine de gros calibre, en particulier des canons de 340 sur rails sous abris en béton armé dans la presqu'île de Crozon. De plus, ils pouvaient être assez facilement approvisionnés par sous-marins, voir par avions, malgré la poursuite du minage par la R.A.F. faute d'un blocus mobilisant suffisamment de bateaux. Le général Fahmrmbacher avait pour mission de tenir la base pendant au moins huit semaines. Contre les Américains et les F.F.I., il tiendra en fait jusqu'à l'Armistice et ne se rendra que, sur ordre, le 8 mai 1945.

    Sur la poche de Lorient, on peut consulter sur le web, les excellentes archives de la ville de Lorient (11), les archives "des chemins de mémoire"(12), la page web du service ministère de la Défense intitulée "Lorient et la Seconde Guerre Mondiale" (13),


    NDR: Le texte en Anglais de Martin Blumenson est exactement celui-ci:
    "Actually, the fortress of Lorient was not as impregnable as it appeared to the Americans. The senior German commander in Lorient, Fahrmbacher, was seriously concerned lest a strong attack by the U.S. armor carry his position. Had Wood attacked between 6 and 9 August, Fahrmbacher later stated, the fortress would probably have fallen. The defenses of Lorient had not yet been organized; entire sectors were still unoccupied; many of the troops were untrained. Even the chain of command had not yet been firmly established. Preparations had been made for a garrison of 12,000 men in Lorient, but instead, there were about 25,000 Germans, plus 10,000 French civilians who constituted a potential Trojan horse and a certain drain on supplies. Rather than the 500 guns estimated by the Americans, Fahrmbacher had 197 guns in the fortress and 80 antitank pieces. By 10 August, when Fahrmbacher felt that he had erected an adequate, if provisional, defense, the American pressure decreased to the point that he no longer expected an attack."


    L'opération "Jéricho" ou "Renovate" proprement dite

    Pour en revenir à l'opération Jéricho proprement dite, c'est le prermier lundi du mois de janvier 1944 (il y avait encore des aiguilles du sapin de Noël sur le vieux tapis usé de la salle à manger), que ce bombardement a été proposé au MI6 par Dominique Ponchardier (via Elizabeth S...) à l'issue d'une réunion qui s'est tenue au 105, chaussée Saint-Pierre à AMIENS. D. Ponchardier avait quelque raison de se préoccuper de la prison d'Amiens: onze membres du réseau Nord des Sosies (région de Mers-les-Bains) y compris l'Enseigne de vaisseau Le SEC qui les commandait, avaient été emprisonnés à la prison d'Amiens et fusillés dans les fossés de la citadelle au mois de décembre 1943. Et l'un des adjoints de Le Sec, Jean Beaurin, responsable de plusieurs déraillements mortels de trains transportant des SS notamment à Miraumont (sur la ligne Paris-Lille) et à Frireulles (près d'Abbeville sur la ligne Le Tréport-Abbeville) y était emprisonné et devait être passé par les armes le 20 février 1944.

    A la fin de cette réunion du 3 janvier 1944, M. Maurice FECAN, qui assurait également la liaison entre le réseau des cheminots de Longueaux et Amiens et Elizabeth S., a remis à Dominique Ponchardier les plans de la prison d'AMIENS qu'il avait retrouvés dans les archives de la Mairie d'AMIENS. (Avant 1940, la construction des prisons départementales était en effet ordonnancée par les chefs lieux de département).

    Il y avait un témoin muet, auquel D. Ponchardier avait remis une petite maquette de forteresse américaine, sous la table, sur laquelle les plans de la prison d'AMIENS avaient été étalés: l'auteur de ce témoignage. Pour sa part, Elizabeth S..., qui allait représenter le MI 6 dans la région Nord-Picardie après la réorganisation des réseaux anglais, avait reçu de Dominique PONCHARDIER un nouveau poste radio miniaturisé et peu gourmand en électricité, sans nul doute un de ceux à base de circuits imprimés (une arme secrète toute nouvelle), que les services du MI6 avaient commencé à distribuer à partir du mois de janvier 1944 en priorité à leurs agents les plus exposés et notamment aux réseaux en cours de reconstitution de l'Organisation MARCO POLO, devenue l'Organisation PROMONTOIRE, après l'arrestation de l'essentiel de la Centrale de LYON.

    Les services de renseignements allemands avaient quelques soucis à se faire malgré les succès accumulés depuis 1942 et jusqu'au début de 1944, à un moment où les sites de lancement de V1 étaient bombardés systématiquement. A tel point que le colonel Watchel (dirigeant du régiment FLAK 155 W) avait noté dans son journal à la date du 7 janvier 1944, c'est à dire après la destruction le 25 décembre 1943, des sites de lancement de Bois Carré et des Loges mais avant celle du centre de formation à la mise en ouvre des V1 dans la Somme, installé près du château de RIBEAUCOURT, près d'Abbeville):
    " Si les bombardements alliés continuent pendant quinze jours au même rythme, il sera impossible d'utiliser opérationnellement l'ensemble des plates-formes de lancement tel que cet ensemble était prévu initialement."La concrétisation du bombardement de la prison d'Amiens est donc intervenue à un moment où les services de renseignement allemands affrontaient une crise profonde qu'Hitler avait une certaine propension à dénouer en expédiant les officiers qu'il jugeait responsables de ses échecs sur le front russe. Cette opération, fort complexe, puisque les britanniques ont imaginé et construit en un temps record des bombes qu'ils devaient larguer sur les murs d'enceinte particulièrement épais de la prison pour les traverser avant d'éventrer ceux de l'aile de la prison elle-même occupée par les résistants capturés et en particulier le quartier des interrogatoires des agents nazis, a ouvert un doute dans l'esprit des chefs militaires allemands entourant Hitler, dans celui de Rommel. Des pressions ont donc finalement été exercées sur le colonel Oscar Reile, grand admirateur de l'Amiral CANARIS, pour capturer les poste radio d'Amiens et son manipulateur.

     

    La prison d'Amiens
    après son bombardement
    en 1944
    L'Amiral W. CANARIS,
    Chef de l'Abwehr

    compromis quelques mois
    plus tard et exécuté suite
    à l'attentat du 20 juillet 44
    Contre A. Hiltler

    A la suite de la dissolution de l'Abwehr par le décret d'Adolf Hitler du 14 février 1944, qui a ordonné le rattachement des services de l'Abwehr au RSHA dirigé par Himmler, CANARIS a très vite démissionné de son poste de chef de l'Abwehr tout en persistant à soutenir le Maréchal Rommel dans sa tentative infructueuse de prendre le contrôle de toutes les armées de réserve inactives (donc de la quinzième Armée allemande chargée de défendre notamment, outre le littoral belge jusqu'aux confins des Pays-Bas, les départements de la Seine-Maritime et de l'Eure, la Somme, le Pas-de-Calais, le Nord et l'Aisne et donc de la 2ème division blindée de la Wehrmacht)) en cas de débarquement allié en Normandie(*).

    Quant au service de l'Abwehr, hélas très efficace, de détection radio-goniométrique des émetteurs radio dirigé par le Capitaine Frey, seul officier dirigeant ce service et grand spécialiste du "funkspiel", il a été immédiatement incorporé dans les armées allemandes sous la forme d'unités spéciales de reconnaissance uniquement reconnaissables par l'ancien sigle de l'Abwehr discrètement peint en jaune sur les véhicules utilisés et encadrés par des soldats d'élite (les Brandebourgeois avant qu'ils ne passent sous le contrôle de Skorzeny). Quand ils escomptaient se saisir d'un transmetteur radio, le service de détection radio de l'Abwehr utilisait des engins de transport blindés semi chenillés équipés d'une station radio prête à émettre sur les bandes de fréquence de l'ennemi (en général trois bandes de fréquences présélectionnées) en forçant l'émetteur à terminer son émission sous leur contrôle.

    Mais, dès lors qu'ils ignoraient que les membres des réseaux anglais et notamment les manipulateurs radios qu'ils recherchaient étaient concentrés dans l'aile civile de la prison qui était intacte après le bombardement, l'opération JERICHO (à l'origine opération "Renovate"), pouvait être rationnellement interprétée comme un geste désespéré des Alliés pour sauver les plans de débarquement dans le Pas-de-Calais. Il est intervenu à une époque où les services secrets alliés avaient subi quelques sérieux revers et en particulier, l'arrestation des membres de la Centrale lyonnaise du Réseau MARCO POLO à la fin de l'année 1943 (à l'exception d'Octave ou René Pellet, chef de MARCO POLO en mission en Angleterre au moment de la neutralisation de cette Centrale), celle, le 4 février 1944, de Michel Hollard, le chef du réseau Agir.

    Un peu plus tard au tout début d'avril 1944, c’est le lieutenant de vaisseau Rivière, employé par le service hydrographique de la Marine, qui avait transmis aux Alliés les cartes hydrographiques des plages du débarquement avec toutes les données indispensables qui sera arrêté, sur dénonciation par la police française et remis à la Gestapo. Détenu à la prison de Rouen, il sera libéré à la suite d'un sévère bombardement de la prison... et de la destruction de son dossier dans la succursale de la police SS en plein centre du vieux Rouen.

    Pendant plusieurs mois, il ne restera plus aux alliés pour les renseigner sur les armes V et notamment les V1 et sur les mouvements de la 15 ème Armée, outre le poste de radio d'Elizabeth S... (qui transmettra notamment les renseignements émanant de divers réseaux de résistance autour d'Amiens et du réseau France zéro ZW) que le réseau des sosies, les ex-réseaux de MARCO POLO reconditionnés en réseau PROMONTOIRE, les réseaux du SOE France dépendant de Rémy et l’impressionnant réseau polonais «Monica» avec des ramifications s'étendant depuis la Belgique jusqu'à la Pologne, rassemblant plus de 5.000 membres dans les seuls départements de la Somme, du Pas-de-Calais de l'Aisne et du Nord. C'est l'organisation "Monica" qui livrera aux Anglais, dans la nuit du 25 au 26 juillet 1944 sur un terrain d'aviation polonais, un V1 égaré et récupéré en parfait état de marche qui sera enlevé par un Dakota de la RAF... On le constate, l'opération Jericho est intervenue donc à un moment sensible où les services de renseignement alliés avaient un urgent besoin de transmetteurs radios aguerris pour rendre plausible un débarquement dans le Pas-de-Calais. Dès le débarquement en Normandie, Eisenhower se préoccupera d'envoyer à partir de la Somme (et dès le 28 juin 1944) des agents polonais (plus d'une centaine de ces précurseurs des commandos delta forces) parlant parfaitement le Français et l'Allemand et spécialement entraïnés. Une opération dont il ne dira mot en particulier dans son livre "Crusade in Europe" et qui a transformé l’avancée en France du 21 ème Groupe d’Armées de Montgomery en une simple promenade militaire seulement freinée... par le manque de carburant...

    La guerre du renseignement en Picardie

     

    Il existe plusieurs versions du Tiger Panzer, que les américains se sont efforcés de capturer intactes pour en étudier les caractéristiques et l'armement.
    Ci-dessus, c'est un K(önig)-Tiger lourd qui a été capturé par l'infanterie US. Un grand nombre des chars nouveaux du type Panzer 5 (chars Panthers) plus mobiles, plus rapides et utilisés en Normandie étaient baptisés de "Guêpes" par les allemands

     

     

    Mais pourquoi cette Guerre du renseignement? L'ouverture d'un nouveau front réclamé par Staline pour soulager le front EST aurait des conséquences lourdes pour l'Allemagne, qui va perdre la maîtrise de l'Air au printemps 1944, était bombardée sans relâche, et ne pouvait se venger qu'en expédiant aveuglément des avions robots V1 sur la région londonienne notamment depuis la région littorale d'Abbeville à Calais quelques jours après le débarquement en Normandie.

    C'est dans ce contexte, et afin d'éviter le bombardement par les V1 des sites où se préparaient les concentrations militaires indispensables pour un débarquement massif en Normandie que les alliés sous l'impulsion de Churchil et de la London controlling section (L.C.S.) ont inventé l'opération FORTITUDE SOUTH créant de toute pièce une concentration de troupes en carton pâte dans les campagnes du KENT environnant DOUVRES..., un moment sous le commandement du bouillant général PATTON, ce qui a eu pour effet d'immobiliser dans le Pas de Calais la redoutée quinzième Armée allemande.

    Pour crédibiliser cette opération, il fallait montrer aux Allemands des activités de renseignements et de résistance centrées sur la zone NORD c'est à dire au Nord de la Somme et sur Abbeville. Or, le MI 6 ne contrôlait plus qu'un seul moyen de communications dans le Nord, celui d'AMIENS, dont la manipulatrice, Elysabeth S..., ex-infirmière de l'Armée anglaise parlant parfaitement le Français, résidait ...au 105, chaussée Saint-Pierre, dans la maison du Dr Robert FECAN.Or, le MI 6 avait besoin de tous ses transmetteurs radios à rééquiper pour mener à bien les opérations CROSBOW et OVERLORD-DIVER.

    En créant une fausse destination du débarquement, l'Etat-major allié allait gagner un second avantage allant bien au-delà de la dissémination des chars tigres le long du littoral de la Manche et de l'Atlantique.

    La zone d'Abbeville était enclavée et dépourvue de communications par voies ferrées directes entre la zone Nord d'Abbeville et la Normandie. Or, le char Tigre n'était pas seulement lourd, (blindage épais de 10, à 15 cm d'épaisseur), il était gourmand en carburant, et en munitions et lent, très lent (35 km/h au maximum sur route) Et ses chenilles modifiées au début de l'année 1944 étaient particulièrement fragiles sur route. Pour transporter par voies ferrées les chars tigres et Panther et vers CAEN et la Normandie, il leur faudrait passer par la gare de Longueau, ce qui a entraîné un redoublement des bombardements, de jour comme de nuit, la plupart des bombardements lourds de nuit étant exécutés par le "Bomber command", en rasant une bonne partie du NORD EST de l'agglomération amiénoise dont notamment le quartier de la Gare.

    La triangulation
    radio-goniométrique
    implantée en secret
    à Amiens par l'Abwehr
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    Si le commandement allemand local l'ignorait, le poste émetteur miniaturisé, qui ne cessait de provoquer la police SS allemande, avait été conçu pour être déplacé, tant et si bien que la GESTAPO croyait à l'existence de plusieurs stations d'émission là où il n'y en avait en réalité qu'une seule. En revanche, les services de l'ABWEHR paraissent avoir vite reconnu que le manipulateur était unique (les services radiogoniométriques de l'Abwehr connaissaient le système de signature et de contresignature du MI6). Leur chef, le capitaine Frey en avait déduit que ce manipulateur connaissait vraisemblablement les intentions réelles des alliés.

    Capturer et retourner ce manipulateur devenait alors une affaire d'Etat essentielle. C'estpourquoi les ervices de l'Abwehr installèrent dans le plus grand secret un dispositif sophistiqué et autonome de détection radio goniométrique à partir de trois poles: l'aérodrome de GLISY, la citadelle et ... la prison d'AMIENS, déjà bombardée. Ce dispositif était complété par des stations de détection radio-goniométrique mobiles sous forme de transports blindés chenillés ou aptes à pénétrer les marais (on notera qu'un partie de la zone balisée par la goniométrie de l'Abwher comportait une partie des hortillonnages adossés au quartier Saint-Pierre.

    Pourquoi leur était-il indispensable de connaître le lieu du débarquement allié?

    Les sorties de bombardiers alliés
    dans le cadre des opérations "Pointblank" et "Crossbow"
    entre juin 1943 et mars 1944
     
    Ces données ne comportent pas les sorties de la Deuxième tactical Air force britannique
    qui n'ont pas été publiées en détail, mais elles incluent les sorties du "Bomber Command"
    Ces données inédites sont publiées sous copyright
    et sont librement reproductibles
    sous la seule condition d'en livrer l'origine

      

      

    Dès le mois de mars 1944, les généraux allemands ne pouvaient l'ignorer - que l'Allemagne perdait la maîtrise de l'Air au profit des Alliés. Malgré un effort de guerre sans précédent, le régime hitlérien ne pouvait plus parvenir à endiguer le flot des bombardiers alliés qui, de jour comme de nuit, bombardaient les cités urbaines et les zones d'industrie aussi bien en Allemagne (et en Autriche à partir de l'Italie) qu'en France dans le cadre de l'opération "Pointblank". Et la diversion que constituait la destruction par bombardement dans le cadre de Crossbow des sites d'armes V, ne constituait qu'une faible part de l'effort allié pour s'assurer la maîtrise totale de l'air comme le montre le diagramme livré ci-contre.

    Faute d'avoir la maîtrise de l'air, Hitler disposait d'une arme apte à repousser toute invasion si elle était concentrée là où il fallait et au moment où il le fallait: le char tigre armé d'un canon de 88mm tirant des obus à charge creuse et qui se payait le luxe de résister aux bombes alliées. Mais Hitler avait là encore commis une faute. Doutant déjà de la fidélité de l'armée allemande, il n'avait pleinement doté de cet engin que les Panzer divisions SS.

    Ouvrons une parenthèse pour dire que les obus à charge creuse, capables de transpercer la totalité des blindages de l'époque sont une invention en 1935 d'un polytechnicien français, redécouverte par les Allemands lors de l'occupation... (...Au su du réseau Marco Polo qui a adressé le détail des études techniques allemandes très poussées sur le sujet... aux alliés ...qui n'y ont cru que quand ils ont constaté les hécatombes de chars alliés provoqués par les divisions blindés SS, notamment à Caen et à St Lô).

    Si, au lieu de construire la ligne MAGINOT, on en avait équipé l'Armée française, l'Histoire eût été tout autre que celle de la débâcle de 1940 et ce, pour un prix certainement inférieur à celui d'une ligne fortifiée pas vraiment finie...

    Mais la construction de la ligne Maginot, cela valait beaucoup d'argent... dispensé en pure perte! A cet égard, on lit dans l'ouvrage du Major General Sir Kenneth Strong, (collaborateur en charge du renseignement à l'Etat-major de Dwight Eisenhower) « men of intelligence » (Les hommes du renseignement, p. 82, 2ème alinéa): «...A French 250mm anti-tank gun was captured and examined; to the Germans' surprise it was capable of piercing the armour of the majority of the tanks with which the German armoured divisions were equipped, although it appears to have had little effect against German armour when the offensive finally started...» (trad: ...Un canon antichar français de 250 mm a été capturé et examiné; à la surprise des Allemands, il était capable de percer le blindage de la majorité des chars équipant les divisions blindées allemandes, bien qu'il semble avoir eu peu d'effet contre les blindages allemands quand l'offensive a finalement commencé ...).

    On comprend mieux pourquoi la marine anglaise a lancé l'attaque surprise de Mers-el-Kébir et on constate que les spécialistes français de l'artillerie savaient, bien avant même l'achèvement de la construction de la ligne Maginot, que cette dernière ne pouvait pas résister à la nouvelle arme à charge creuse dont ils dotaient la marine de guerre française!. Force est de conclure que cette invention n'a servi en rien la France puisque la marine française, bien après Mers-el-Kébir, a dû se saborder à Toulon! Ce qui permet de conclure qu'en matière d'armements, il ne suffit pas de faire des découvertes mais d'en concrétiser l'efficacité dans l'esprit des stratèges militaires.

    Le site de lancement de V1 de Vignacourt (Somme)
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    Toujours est-il que le ministère de l'Intérieur NAZI avait délégué à AMIENS (*)(ville frontière de la zone spéciale Nord classée zone de guerre et rattachée au Groupe d'Armées géré depuis Bruxelles, et siège du QG de la deuxième Panzer division - relevant de la quinzième armée allemande - et du centre de mise en ouvre des armes V par le 155ème régiment W de la Flack), ses meilleurs limiers. Parmi eux, le capitaine Frey nanti de tous les moyens radio-goniométriques indispensables pour capturer ce poste intact et son manipulateur. Cette capture, le commandement allemand en était sûr, devait permettre de retourner la situation et d'opposer avec succès un Comité d'accueil aux troupes du débarquement. Cela ressortissait clairement d'un article d'un proche collaborateur de l'Amiral CANARIS, le colonel Oscar Reile que l'auteur de ce témoignage a adressé en mai 1956 au Général de Gaulle, alors à Colombey les deux Eglises, avec les explications y afférentes.

    Après vérification par "l'Alsacien" (sous ce nom de Guerre se cachait un des as du contre-espionnage français, spécialiste des trafics d'armes, qui fut, entre autres, le responsable du 2ème bureau français de la zone Nord de Haï-Phong pendant la Guerre d'Indochine) , ces documents ont été intégrés dans un dossier classé "secret défense", le 21 août 1961 par le Général de Gaulle, secret figurant dans les archives du PC Jupiter sous l'Elysée avant que d'en disparaître... dans des conditions ahurissantes.

    En effet, dans l'environnement d'Elyzabeth S... gravitait un enfant assez chétif et couvant une tuberculose larvée qui n'avait pas quatre ans. C'est lui seul, et personne d'autre, qui, le 2 avril 1944, va faire échouer le plan mijoté par HIMMLER et ses services pour capturer la manipulatrice radio hébergée à Amiens. Comme le dossier était suivi par le Général Dwight D. Eisenhower, on comprendra aisément pourquoi, la preuve du témoignage qui est écrit ci-après, a obligatoirement été délivrée au chef de l'Etat-Major allié en vertu des protocoles régissant les communications codées interrompues en cours de transmission et pourquoi elle fait partie des archives secrètes américaines à diffusion suspendue, suspension qui a été prorogée (pour 60 ans!) par le Président Ronald REAGAN au mois de septembre 1986.

    Un tout petit détail, on a seulement oublié d'informer le petit garçon; quand il a atteint sa majorité qu'il avait également le droit à la protection et à la citoyenneté américaine!

    La tuerie de Villeneuve d'Asq

    Pour en revenir à 1944, dans la nuit du Dimanche des Rameaux, la panne d'un train à la suite d'un sabotage raté transportant une unité de reconnaissance formée de SS venant d'Aarschot et probablement destinée à la zone Nord d'Abbeville, avait provoqué l'exécution sauvage, par les SS qui y étaient immobilisés, de 86 hommes valides du village de Villeneuve d'Ascq, proche de Lille. Rétrospectivement, ces exécutions constituaient en réalité des actes de vengeance et de représailles au télescopage d'un train de permissionnaires de la Wehrmacht avec un train de troupes SS et de chars à destination du front de l'Est provoqué sur la ligne Longueau-Lille à hauteur de Miraumont, tout près de la limite du département du Pas-de-Calais) sept mois plus tôt par le jeune Beaurin, alors âgé de 20 ans, sur l'ordre d'Elizabeth (alias Dominique Ponchardier).

    Ce télescopage avait provoqué la mort d'une centaine de sous-officiers et soldats SS, et celle de 90 officiers SS dont celle d'un général de division. La tragédie de Villeneuve d'Ascq représentait bien les dangers encourus par tous ceux qui, à AMIENS envahie par les pires tortionnaires nazis, ont poursuivi inlassablement ce travail de renseignement, à commencer par la reprise des émissions en direction de l'Angleterre, mais cette fois depuis des points différents en dehors d'AMIENS.

    Les risques étaient tellement sérieux que, dès le tout début d’avril 1944, Chobière avait été déplacé par le MI 5 … dans une maison close de Marseille (un comble pour une officier de Police judiciaire) d’où il s’est occupé de vérifier les innombrables renseignements indispensables au débarquement de Provence.

    Quant aux chefs du réseau des sosies, "Elisabeth" et "Geneviève"(les frères PONCHARDIER), le MI 6, qui a continué à les rémunérer pour les travaux de mise à jour du "Mur de l'Atlantique", leur a interdit de se rendre en zone Nord et les a mis à la disposition du bureau du BCRA de Genève…. Le MI6 avait été informé grâce au Dr Robert Fécan que les services de la Gestapo de la zone Nord avaient reçu l'ordre de tirer à vue sur Dominique Ponchardier dont ils avaient la description et dont le cabinet immobilier rue de Rennes à Paris sera perquisitionné le 4 juin 1944, c'est à dire deux jours avant le débarquement en Normandie.

    L'organisation des réseaux de l'O.R.A. décrite par Pierre Nord
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    Autres réseaux au nord de la France

    On aura garde d'oublier de citer comme réseau ayant joué un rôle important dans le Nord de la France les réseaux de l'O.R.A. (organisation de résistance de l'Armée) qui disposait d'une centrale de renseignement Eleuthère à Lille et qui collationnait également les renseignements collectés par Libération-Nord, comme il ressort d'un schéma publié par Pierre Nord dans le tome II de "Mes camarades sont morts", schéma qui est reproduit ci-après. Ces réseaux, auxquels il faut ajouter le réseau Zéro-France, composé de cadres des Directions nationales et régionales de la SNCF, ont joué un rôle important dans la précision des bombardements aériens du réseau ferré et dans la coordination des plans "verts" et "Tortue". Mon contact direct avec ce réseau, qui est resté fort discret après la guerre, est intervenu à la FIN du mois de juin 1961

    Pour s’occuper de la gestion et des liaisons des réseaux du MI6 dans la zone Nord, il ne restait plus sur place à AMIENS, qu’Elizabeth S… et le Dr Robert FECAN, auquel il a été enjoint, comme couverture, de continuer à cultiver la collaboration avec les Allemands.

    Tous ces agents qui renseignaient les alliés jouaient leur vie. Car, sous la houlette de Darnand, secrétaire au Maintien de l'Ordre, de nombreux services de police et notamment les renseignements généraux collaboraient activement à la répression sanglante mise en ouvre par le général des SS OBERG comme en témoignent les textes répressifs mis en ouvre par le Gouvernement de Vichy sous la houlette du général nazi que l'on peut consulter en cliquant sur ce lien. Il résulte historiquement de ces textes que les résistants et membres des réseaux alliés qui ont joué un grand rôle dans la libération de la France, n'avaient pas d'autre alternative, s'ils poursuivaient leur lutte contre les allemands et les collaborateurs, que de risquer leur vie. Et beaucoup de ces résistants, Français ou non, sont morts, soit fusillés, soit déportés. Tel fut bien le cas de Gastion Bleuet, qui a dirigé le réseau ZERO-FRANCE

    Témoignage:

    Ce dimanche des Rameaux 1944 était un jour de beau temps, mais assez frais et sec. Dans la cour de la maison du 105, chaussée Saint-Pierre, qui était en retrait en impasse, on avait mis dehors les enfants, qui, entre 10 heures et 10 heures trente s'esquivèrent les uns après les autres et disparurent à l'exception d'un seul, l'auteur de ces lignes. Cette matinée vibrait en effet au rythme de l'horloge de l'église Saint-Pierre, qui n'avait pas encore reçu le chapelet de bombes destinées à la gare de triage de Longueau qui l'a transformée pour plus de 15 ans en décombres.

    11 heures: dans le jardin, de cette maison isolée, le petit garçon blond et chétif est resté seul. Il a froid et il constate qu'il ne peut rentrer dans la maison: les portes sont fermées et il est trop petit, pour les atteindre facilement. Dans la maison, une seule personne, qu'il appelle "tatie zabeth", une femme blonde d'une trentaine d'années, Elizabeth S, ex-infirmière de l'armée anglaise qui était à peu près la seule à s'occuper de lui. Alors, le petit garçon doit bouger pour se réchauffer et bien qu'on lui ait enjoint de ne pas sortir de la propriété, il décide de descendre l'impasse pour voir revenir les familiers qu'il pense être à la messe.

    Il descend donc l'impasse par la gauche, et s'arrête sur le trottoir fort mal pavé au demeurant. Là, il commence par regarder à gauche du côté de l'Eglise, c'est à dire vers l'EST. Rien de spécial mis à part quelques personnes qui rentrent précipitamment chez elles après avoir regardé vers le bas de la chaussée St Pierre, c'est à dire vers l'Ouest. Il regarde lui aussi de l'autre côté vers l'Ouest et voit très loin tout au bas de la chaussée Saint-Pierre, juste au niveau du pont St-Leu un curieux cortège: un véhicule camouflé allemand, encadré par deux files d'hommes en armes lesquelles sont prolongées par des traits étincelants (des baïonnettes). Sur le véhicule allemand, assez impressionnant même de loin, un cercle tourne par saccade.

    Le petit garçon est lui aussi pris d'un irrépressible besoin de rentrer et de prévenir celle qui, pour lui, est "Tatie Zabeth". Il remonte l'impasse passe la grille et butte sur la porte de la cuisine dont il ne peut atteindre la poignée. Pas moyen d'ouvrir! alors il va voir s'il peut emprunter l'entrée du perron. C'est fermé également mais, traîne, sur la dernière marche, un morceau de planche dont il s'empare.

    Il revient encore vers l'entrée de la cuisine met la planche se hisse dessus mais, là encore, c'est trop juste. En se retournant, il voit le bûcher qui servait à alimenter la cuisinière: il trouve deux morceaux de bûche qu'il cale sous la planche. Cette fois-ci cela marche. La porte de la cuisine s'ouvre. Il crie mais ne reçoit aucune réponse.

    Le petit garçon se précipite pour affronter maintenant l'escalier, qui lui apparaissait aussi difficile qu'une montagne à gravir. La veille, il était tombé depuis la cinquième marche. Avec un peu d'appréhension, il commence à gravir l'escalier. Mais à la septième marche, patatras, il glisse sur le vieux tapis usé de l'escalier et tombe durement sur le sol carrelé. Cela fait mal! En tombant le dos de sa main droite s'est écorchée sur le décor en fer forgé de l'escalier. Rageur et entêté, il regarde sa main droite et se dit que s'il s'était accroché au fer forgé décorant la rampe de l'escalier, il ne serait pas tombé et il recommence en s'agrippant de la main droite au fer forgé. Cela marche!

    Enfin, il arrive en haut de l'escalier barré par une barrière en bois. Il lui faut bien encore vingt secondes pour ouvrir cette barrière. Et là, il s'affale sur le sol de l'étage: impossible de se relever tant il est fatigué. Qu'à cela ne tienne. Il marchera à quatre pattes et c'est à quatre pattes qu'il tembourine la porte de "tatie zabeth" parce qu'elle tardait à répondre. Enfin, elle ouvre la porte, fort courroucée d'être dérangée, et là elle entend ces mots: "des Allemands remontent la chaussée avec un gros camion et un rond qui tourne dessus".

    L'enfant commencait à tousser sérieusement. Cela faisait bien sept à huit minutes qu'il avait repéré le dispositif de détection allemand sans savoir ce que cela signifiait au juste . La signification de ces manouvres allemandes, il ne l'apprendra que douze ans plus tard.

    En un bond, Elizabeth ouvre la fenêtre remonte prestement un fil pendant à l'extérieur qu'elle enroule rapidement après l'avoir décroché d'un engin miniaturisé sur le bureau et cache le tout dans une cache quasiment invisible sous le plancher, puis elle empoigne l'enfant et redescend prestement l'escalier.

    Lorsqu'elle sort de la maison, les Allemands sont en armes, baïonnette au canon au bas de l'impasse et une sorte de véhicule vert camouflé imposant surmonté d'une antenne circulaire barre en partie la chaussée Saint-Pierre et surtout tout le bas de l'impasse. Elle hésite, d'abord, elle pense se réfugier dans le jardin quand l'enfant est pris d'une quinte de toux encore plus forte que les autres qui attire l'attention des militaires allemands dont celle de l'officier commandant l'opération qui est sorti de l'engin, révolver au poing. Il s'agit en réalité du brillant capitaine Frey, responsable du service de détection radiogoniométrique pour le front ouest qui va subir son premier échec de la guerre.

    Elle se rend bien compte que cela ne servirait à rien de chercher à se camoufler. Alors elle va changer de rôle et jouer celui d'une mère éplorée qui vient en urgence consulter le médecin pour son enfant en grave difficulté et ne sait que faire car il n'est pas là et il ne semble n'y avoir personne dans la maison.

    Les soldats en arme s'agitent de plus en plus et commencent à progresser vers la maison, alors, elle va au-devant d'eux et comble de chance, le petit garçon se met à cracher du sang. A l'époque, cracher du sang c'était le signe certain d'une atteinte grave de la tuberculose. Mais cela aurait pu être aussi bien une réaction d'allergie puissante. Du coup, Le capitaine Frey, accompagné de deux soldats en armes, visitent toute la maison de la cave au grenier à la recherche d'une installation radio puissante, qu'ils ne trouvent pas, et vérifient qu'il n'y a personne d'autre dans la maison, ce qui était vrai.Pedant toute la visite qui a duré près d'une demi-heure, le capitaine Frey a tenu son pistolet automatique en direction du petit bonhomme qui n'en pouvait plus, cela probablement afin d'intimider Elizabeth S.

    Aorès quoi, le capitaine Frey a conseillé à la "manipulatrice" de chercher ailleurs un médecin en urgence ou de se rendre à l'hôpital. Visiblement, les soldats prenaient bien soin de ne pas s'approcher de l'enfant et ne cherchaient pas vraiment à s'incruster. Le BK était certainement plus craint dans l'Armée allemande que le MI VI. Et c'est ainsi que le capitaine Frey et ses soldats d'élite ont laissé filer la manipulatrice radio qu'ils recherchaient.

    Elizabeth a pris l'enfant qui l'a sauvé dans ses bras et s'est éloignée éloigne, et l'a reposé au sol dèsqu'elle a tourné le coin de la rue. Pour l'heure, il n'était pas question de retourner sur place mais bien de trouver un refuge.

    Elle ne sait que faire et commence par emprunter le chemin de hallage en compagnie de l'enfant qui a de plus en plus de mal à la suivre. Puis, à la hauteur du Pavillon bleu, elle fait subitement demi-tour et se dirige vers le pont Saint-Leu. De là, elle peut voir tout ce qui se passe sur la Chaussée St Pierre. Le petit garçon est de plus en fiévreux. Un quart d'heure plus tard, elle constate que les Allemands sont partis, toujours vers l'Est, sans doute pour rejoindre leur PC sur l'aérodrome de GLISY. et décide de revenir au domicile du Dr Robert Fécan avant de déciser de faire le tour du quartier par l'Eglise Saint-Pierre

    C'était la sortie de la grande messe. A cette époque, les pratiquants étaient fort nombreux et c'était une bonne occasion de se mêler à eux. Pourtant, ils ne sauront rien de ce qui vient de se passer.

    Elle remonte la chaussée Saint-Pierre et là, à l'entrée de l'impasse, le petit garçon perd connaissance et entre probablement dans le coma, victime d'un choc anaphylactique, puisqu'il n'a plus aucun souvenir de ce qui s'est passé après, pendant plusieurs jours. Il lui restera de cette journée, outre la vision de deux paroissiennes chapeautées descendant la chaussée Saint-Pierre un bouquet de buis à la main, dont l'une lui évoquera huit ans plus tard ce qu'il s'était passé ce jour là.

    En définitive, le petit garçon se réveillera dans une ferme à Poulainville où on ne lui dira rien. Pas la moindre explication ne lui sera livrée! Il lui faudra trouver tout seul. Et jusqu'à la libération de la Ville d'AMIENS, on ne le reverra plus en compagnie de cette femme, qu'il a sauvée. Après la Libération non plus d'ailleurs!

    C'est ainsi que le secret le plus jalousement gardé, celui de l'opération Neptune du débarquement en Normandie échappera aux serres de l'Abwehr et de Himmler. Dès le 7 avril 1944 ,à l'école Saint-Paul de Londres, en présence exceptionnellem de CHURCHILL, qui n'était certes pas là par hasard, les alliés se répartissaient les grandes éléments du plan OVERLORD. Dwight EISENHOWER et son Etat-major avaient désormais la conviction que les services secrets allemands n'avaient rien percé des plans de l'opération OVERLORD et qu'ils seraient désormais informés à coup sûr des mouvements de la quinzième armée allemande. Il ne restait plus qu'à fixer la date du débarquement.

    Que serait-il passé si le petit garçon était resté passif et avait laissé les services de l'Abwehr s'emparer d'Elizabeth S.? Il est évident que toute la famille du Dr Robert FECAN aurait été prise en otage et probablement déportée et que le Dr Robert Fécan lui même aurait subi les pires sévices que les SS réservaient aux traîtres. Bien au-delà, les manipulations entreprises pour crédibiliser un débarquement dans le Pas-de-Calais auraient été éventées et les troupes nazies chargées de contrer le débarquement allié auraient renforcées en Normandie, comme cela avait été le cas le 19 août 1942 à Dieppe.

    Quant au petit garçon, il ne devait pas attendre la moindre reconnaissance de la famille Fécan, mais il connut en revanche les coups les plus tordus qui se puissent concevoir, dont certains auraient pu être mortels. Seul, un certain général de Gaulle, qui avait découvert l'affaire au cours du mois de mai 1956 parce que l'enfant devenu adolescent la lui avait racontée dans une lettre expédiée à Colombey-les-deux-Eglises, devait se souvenir de l'étrange rôle qu'avait joué ce petit garçon.

    Il reste à écrire l'épilogue de ce qui s'est passée après cette journée.

      

      

    Et la très étonnante histoire de ce petit garçon, qui fut secrètement hissé, dès le mois de mai 1945, au rang de citoyen d'honneur de l'Union soviétique, honneur dont il a été informé officiellement à l'Ambassade d'URRSS à Paris au cours d'un déplacement du chef de l'Etat soviétique, selon un protocole arrêté par G. Pompidou et en présence d'un mentor désigné par ce dernier.

      

      

    Plus tard encore, il apprendra également qu'il était censé avoir droit à la citoyenneté américaine par deux décisions secrètes, dont la première prise le 23 septembre 1944 dans le salon oval de la Maison Blanche, qui seront portées à sa connaissance beaucoup plus tard! Mais tout cela n'intéresse apparemment aucun éditeur dans le pays de France! Soixante neuf ans plus tard, le 1er avril 2004 Jean-Robert FECAN




    Jean-Robert FECAN

    (*) Ironie du sort, l'Amiral Canaris va déterminer, à partir d'une transmission radio du 4 juin 1944, que le débarquement aura lieu en Normandie. Voici à ce propos le commentaire du Major Général Kenneth Strong dans son livre « Men of intelligence » (p. 68 fin du premier alinéa):"In one respect at least the confusion caused by his falling from power unwittingly helped the Allied cause. Early in 1944 Canaris had discovered the text of the radio message that was to be transmitted from Britain shortly before the start of the invasion instructing the French resistance to stand by. The actual message was intercepted by a German Army station when it was transmitted on 4 June 1944, but no action was taken by the Germans. With Canaris in disfavour, apparently no one realized its true significance." (trad: "À ce propos au moins, la confusion provoquée par la chute de sa puissance a inconsciemment aidé la cause des Alliés. Au début de 1944, Canaris avait découvert le sens du texte d'un message radio qui avait êté transmis depuis la Grande-Bretagne, peu avant le début de l'invasion demandant à la résistance française de se tenir prête.
    Il s'agissait, on le sait, de la première strophe de la Chanson d'automne de Verlaine: "les sanglots longs des violons de l'automne..." qui devait mettre en alerte du débarquement sous 48 heures les réseaux du Nord de la France. Le message réel a été intercepté par une station d'écoute de l'armée allemande quand il a été transmis, le 4 juin 1944, mais seule, la 15ème armée allemande avait été mise en alerte en vue du débarquement allié. Aucune mesure particulière n'avait été prise par la septième armée allemande directement concernée... A part Canaris en disgrâce, personne à la tête de l'O.K.W. n'avait apparemment réalisésa vraie signification.")

     

    (**) A noter qu'AMIENS est également devenu un moment le siège du QG du Groupe ouest des armées de Panzer allemande juste après la bataille de Normandie puisque le général Eberbach, la commandant, et tout son état-major y ont été faits prisonniers le 31 août 1944, alors qu'ils prenaient leur petit déjeuner. En fait, le général des armées de Panzer était nu puisque sans aucun char ( Les opérations en Europe du corps expéditionnaire allié Editions Berger-Levrault, p. 94 fin du 1er alinéa sous la plume du Général Dwight D. Eisenhower)



    Les difficultés rencontrées par l'auteur de ces pages dans l'établissement des faits qu'il rapporte furent multiples et cumulatives. Ses chances de s'en tirer étaient quasiment inexistantes. Et pourtant... Ce sont d'abord les difficultés inhérentes à l'organisation des réseaux conçus pour résister aux investigations et aux tortures exercées par la police allemande et la collaboration comme l'a très bien décrit Marie-Madeleine Fourcade dans sa préface de l’Ouvrage "R5-Les SS en limousine, Périgord et Quercy" De Georges Beau et Léopold Gaubusseau (presses de la cité) telles qu'elles sont extraites ci-après:

    «De son côté, l'ennemi, qui avait successivement revêtu les apparences de commissions d'armistice, d'agents de la Gestapo camouflés, d'agents de l'Abwehr en uniforme, apparaissait maintenant en unités compactes vêtues de noir, assistées pour notre honte de « miliciens, ces soldats perdus du gouvernement de Pierre Laval».

     


    «Comment le commandement allié parvint à démêler l'écheveau des courants de la Résistance, qui s'entrechoquaient et parfois se gênaient, mais dont les troupes étaient cependant animées par l'unique désir de repousser l' envahisseur et, lorsque le moment fut venu, de lui barrer la route du front de Normandie, car c'était leur ultime mission; comment et avec quelle âpreté l'ennemi se défendit des pièges qu'il trouvait sur son chemin, tel est le puzzle reconstitué par Beau et Gaubusseau, avec une constance de bénédictins.
    «Tout clairvoyant et indépendant d'esprit que l'on soit, ce qui est incontestablement la marque des auteurs, il est difficile de cerner l'histoire qui entoure ces événements tragiques. Il faut suivre les écrivains dans le dédale de leurs recherches pour comprendre les motifs qui empêchent de découvrir la vérité et qui les ont amenés à bouleverser les hypothèses émises jusqu’à présent.
    «Fidèles aux principes cartésiens, ils « n'acceptent pour vrai que ce qui est évidemment tel », d' où leur refus systématique de se livrer au jeu hasardeux des déductions fondées sur des suppositions, pour reconstituer l' enchaînement des faits.(*) «Ils n'ont tenu compte, outre les rares documents officiels, que d'épisodes irrécusables, de récits soigneusement recoupés et de témoignages, que seules l'amitié ou la confiance leur ont permis d'obtenir, et que n'eût point recueillis une commission d'enquête...»

    A quoi s'est ajouté, faut-il le rappeler, le fait que les britanniques et les américains, ont cherché par tous les moyens à dissimuler aux Français à quel point ils avaient du bombarder le réseau ferré et ses gares de triage pour empêcher les renforts allemands de parvenir sur le champ de bataille normand au moment même où se révélait la guerre froide avec l'URSS dès l'occupation de la Pologne par l'Armée rouge?

    Dans le cas de l’auteur, qui avait assisté à la réunion du 3 janvier 1944 et avait fait échouer le 2 avril 1944 le plan de l’Abwehr pour capturer Elizabeth S… et son émetteur, c'est justement l'inverse qui s'est produit. Ce sont des résistants indignés par le comportement de la famille FECAN et notamment du Dr Robert FECAN, qui ont pris contact avec l’auteur, et l'ont puissamment aidé à se tirer d'un vrai traquenard. Mais la question se pose de savoir qui a coordonné les deux plus mystérieux réseaux de la Résistance. Bien peu de résistants avaient la capacité de coordonner le mystérieux réseau zero-France et celui des prêtres résistants amiénois afin d'assurer ma sauvegarde. L'auteur a tout lieu de penser que cette coordination des prêtres catholiques avec Zéro-France n'a pu qu'être réalisée par Marie-Madeleine Fourcade, sollicitée par Robert BOULIN, membre du réseau «Navarre», lui même sous réseau d'«Alliance », qui disposait du potentiel nécessaire, des comptes-rendus d'écoutes téléphoniques et de l'appui total du Président Charles de Gaulle, comme on le comprendra dans les développements qui suivent. Mais seul, le dossier secret disparu, ne peut qu'établir juridiquement cette implication formelle.


    (*) Note de l'auteur: Pour sa part, l'auteur a retenu pour vraies les seules déductions engendrées par la logique des implications (déductions qui ne sont au demeurant pas recevables en droit "dit positif" - voir par exemple l'instruction de l'assassinat de Robert BOULIN. Toutefois, un premier revirement vient de se réaliser avec les décisions prises en urgence depuis le 9 janvier 2014 par le juge des référés du Conseil d'Etat concernant les activités de M. Dieudoné. Ce revirement sur le droit positif mérite un jugement sur le fond pour être totalement valide). La pluralité des hypothèses révélées par la logique d'implications a donné lieu à des contrôles minutieux qui ont abouti au dossier Sherrington (M. Sherrington est un ancien fonctionnaire anglais spécialiste des chemins de fer qui fut chargé de la coordination avec le réseau nord de la SNCF des transports ferrés de l'armée anglaise en France en 1939 et 1940. De ce fait, il connaissait de nombreux cadres du réseau Nord, qui sont entrés en contact avec lui en lui adressant un courrier que la Poste réussit à acheminer!...). L'enquête que l'auteur a reprise à partir de l'année 2000 et le fait même qu'il soit resté en vie bien qu'il ait fait au même moment l'objet d'une nouvelle entreprise d'internement montre qu'il a eu raison.


     

    Une enfance piétinée

    Ma naissance a été déclarée le 7 juillet 1940 par Maurice FÉCAN à la mairie de Niort, ce qui supposait que ma mère ait accouché à Niort. Je passe sur le fait d’avoir entendu que Suzanne Giraudeau se serait trouvée à AMIENS le 3 juillet 1940 et à POULAINVILLE le 5, alors que l’armée allemande interdisait la traversée de la Somme. En revanche, et je prend ici un raccourci, je retiens que, selon deux membres éminents du clergé amiénois, ma situation à ma naissance était telle que le curé de Niort, qui a procédé à mon baptême, ce même 7 juillet 1940, m’avait consacré à la vierge Marie sur le maître autel de Notre Dame de Niort. Et pour ces ecclésiastiques amiénois, les événements du 2 avril 1944, dont ils avaient connaissance, n’en étaient que la conséquence.

    Une fois la famille réunie à Amiens avec Elizabeth S… et le Docteur R. Fécan, libéré, puisque ma naissance comme quatrième enfant lui conférait la qualité de soutien de famille, une cuisinière réfugiée espagnole, au demeurant atteinte de tuberculose, a été engagée par les époux Fécan, respectivement docteur en médecine et infirmière. Comme seule, la cuisinière réfugiée espagnole semblait s’occuper de moi, je ne manquais pas d’être atteint de cette maladie avant l’âge de six mois, ce dont je ne serai vraiment guéri qu’au mois d’août 1956 après un traitement à la streptomycine de deux mois consécutifs. Cela peut effectivement relever du miracle et ce ne sera pas le seul.

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    En gros, de janvier 1941, après le départ de la cuisinière espagnole, jusqu’à son départ, le 19 septembre 1944, (le lendemain de l'arrestation du Dr Robert Fécan condamné à mort cinq jours plus tard pour faits de collaboration voir extrait du journal Picardie Nouvelle) c'est Elizabeth S… qui s’occupera de moi en prenant d’ailleurs le risque d’une contamination par la tuberculose. Mais après son départ, et quand je toussais souvent la nuit, j'étais battu dans mon lit par mon père que j'empêchais de dormir. Je serais confié, soit à la garde grand-mère paternelle, soit à celle de sa sœur, épouse Dufour, qui était ma grand tante paternelle, à la moindre alerte qu’elle soit ou pas d’ordre médicale ou pas. ce sera en particulier le cas après la perte par Claudine FECAN d'une chevalière en or.

    Le «vol» de la chevalière en or de Claudine FECAN …
    Conséquences d'une haine tenace dans une famille d'enfer

    A l’occasion de sa première communion, ma sœur aînée, Claudine Fécan, reçut en cadeau une chevalière en or qu’elle perdit d’ailleurs le jour même de sa communion. Je devais alors être proche de mes 7 ans. Mon père, qui avait fait l’acquisition d’un nerf de bœuf, en principe pour se défendre quand il faisait ses tournée de visites, va l’inaugurer sur moi lorsque, quelques jours plus tard, Claudine m’accusa de lui avoir volé cette bague.

    Je reçus donc six coups de nerf de bœuf sur le dos et les fesses et six autres sur la poitrine et l’abdomen avant d’être enfermé dans la cave à charbon sans boire ni manger pendant huit heures d’horloge. Ces coups semblaient particulièrement amuser Christine et Claudine Fécan. Ces punitions devaient me forcer à avouer un vol que je n’avais pas commis. En fait, la fratrie ne faisait qu'amplifier le comportement de leurs parents. Et comme je persistais à refuser d’avouer ce vol, je fus expédié chez la grand-tante paternelle dès le lendemain, jusqu’à ce que ma grand-mère maternelle Giraudeau revienne à AMIENS et exige ma présence au domicile de mon père afin de m'emmener en vacance avec elle.

    Elle s’aperçut que j’avais des difficultés pour lever les bras et me déshabilla et fut scandalisée par l’étendue des hématomes qu’elle découvrit... Personne, à commencer par moi-même, craignant des représailles encore plus pénibles, n’osa lui avouer la vérité. Elle se rendit pourtant au Commissariat de police d’Amiens où elle porta plainte contre X, plainte qui, on s’en doute, fut classée sans suite. Puis elle m’emmena avec elle à Niort pendant le reste des mois de juillet et août. Mention et copie de sa plainte et des brutalités que j’avais subies, figuraient pourtant dans le premier dossier secret conservé dans le PC «Jupiter» depuis le 21 août 1961 avant que d'en disparaître en 1966. A défaut d'excuses, Claudine FECAN me voua une haine infinie à partir de cette époque. Et cette haine s'étend et se poursuit indéfiniment.

    Dès le mois de septembre 1947, je revenais chez ma grand-tante Dufour et rentrais à l’école communale. Le vendredi suivant la rentrée scolaire, je me rendis au 105 chaussée Saint-Pierre pour déposer la demande d’assurance à la MAE et la cotisation annuelle à la coopérative de l’école. A peine étais-je parvenu dans la salle à manger, que mon père y pénétra pour annoncer que la voyante qui venait de le consulter (elle habitait dans le quartier Saint-Leu tout près du pont traversant le canal) allait revenir avec sa baguette pour localiser dans le jardin la chevalière en or déclarée volée par Claudine.

    Il ne fallut pas plus de 10 minutes à cette personne, fort réputée à l’époque à Amiens, pour localiser avec sa baguette de coudrier la fameuse chevalière qui était enfilée sur la branchette d’un buisson. Une fois la bague découverte, elle a ajouté en me regardant et en répondant à une question de ma mère que je risquais de ne pas survivre à mes vingt et un ans, un avis que tout le monde relia à mon état de santé… Toujours est-il que sans le moindre regret ni même d'excuses de la part de mon père ou de Claudine, je compris que j’étais placé au ban de la famille Fécan, qui me tiendra à l’écart jusqu’à ma majorité et même après. Je ne reviendrai au 105 chaussée Saint-Pierre qu’après l’âge de 16 ans, quand toute la fratrie et ma mère seront parties soit à Neuilly, soit ailleurs, pour y poursuivre leurs études supérieures.

    Si je raconte ces faits c’est tout simplement que, vers la mi-avril 1961, cette voyante me croisa sur le pont de Saint-Leu et elle me rappela sa prévision de 1947. Elle ajouta qu’il me fallait absolument quitter le 105 chaussée St-Pierre avant ma majorité si je voulais rester libre et en vie… Or, cette femme connaissait beaucoup de monde et elle ne devait donc pas avancer une telle affirmation par hasard. Elle ne fut d’ailleurs pas la seule à me mettre en garde comme on le verra ci-après.

    C’est pourtant à partir de 1956 et de ma lettre au général de Gaulle que ma vie va être influencée par une multitude d'informations, dont voici l’essentiel. Lors d’un retour depuis Neuilly-sur-Seine, où j’avais séjourné pendant les vacances de Pâques 1956, et alors que j’avais retenu ma place dans le train, je trouvais bien en évidence, à la place que j'avais retenue, un journal qui relatait des déclarations à la presse du lieutenant-colonel Oscar Reile, chef de l’Abwehr sur le front Ouest et du capitaine Frey, chef des services de radiodétection de l’Abwher, quant à leur séjour à Amiens en 1944 et à l'importance qu'ils attribuaient au bombardement de la prison d'Amiens. Il en ressortissait que si l’Abwehr capturait le poste émettant à Amiens et son manipulateur, alors ils pourraient clairement déterminer le ou les points de débarquement des alliés. Et effectivement, il faut bien admettre que s’ils avaient capturé Elizabeth S… en train d’émettre, ils n’auraient pas manqué de découvrir l’objet principal du plan « Railways » d’Eisenhower, un plan qui avait été mis au point par le Allen Dulles, le futur Directeur de la CIA et simulé au Pentagone.

    Cet événement ne faisait que confirmer que le réseau (auquel j'attribuais le qualificatif de "gare du Nord" (alors qu'il était désigné par l’indicatif radio "zéro-France") en contact avec Elizabeth S… connaissait parfaitement mon existence. En clair, il devait être présent ou représenté à la réunion du 3 janvier 1944 au domicile paternel, qui le concernait au premier chef, soit en la personne de Gaston Bleuet, chef de gare à Amiens, soit également en celle de son successeur et adjoint. Mais surtout, cela me confirmait que bien peu de résistants, et certainement pas de Gaulle, dont je lisais justement les mémoires de Guerre, n’avait eu connaissance de l’importance stratégique du plan "Allen Dulles- Eisenhower" de destruction du réseau ferré français à la disposition de la Wehrmacht. Un plan qui avait fait plusieurs millions de victimes.

    Je me pénétrais des déclarations respectives et publiques de MM Reile et Frey (ce dernier détaillait les mesures de radio localisation prises par l’Abwehr pour capturer Elizabeth S.. et son poste radio, voir en page 1 ci-avant), et je concoctais une lettre à l’intention du général de Gaulle, alors retiré à Colombey-les-deux-Eglises à laquelle je joignis les déclarations des deux militaires allemands que j’avais découpées. J’expédiais à Colombey-les-Deux-Eglises, le 20 mai 1956, cette lettre qui contenait des indications fort précises sur la façon de solutionner la stratégie de dissuasion nucléaire de la France, qui pouvait très vite fabriquer des armes nucléaires et lui annonçait comme très probable son retour au pouvoir, étant donné le marécage politique lassant les Français que présentait la quatrième République. C'est très logiquement ce qui s'est passé.

    C’est encore à la fin du mois de juin 1956 que mon père fit une radio de mes poumons pour découvrir que mon arbre bronchique était équipé de multiples nodules infectés (15 en tout), sans autres complications ce qui signifiait que je résistais à cette infection depuis ma plus tendre enfance (c’est-à-dire depuis plus de 15 ans). Je fus traité avec succès pendant deux mois à la streptomycine tout en conservant une extrême sensibilité des bronches.

    Une adolescence solitaire de pauvre

    Une fois guéri de cette infecte maladie qui dévorait toutes mes forces et ma jeunesse, je repris ma croissance très retardée, et ma propre reconstruction en dehors du cercle familial, puisque je n’intéressais personne, surtout pas mon père qui affirmait à qui voulait l’entendre que je n’étais pas son fils. Un jour, il ajouta même qu'il avait le droit de vie ou de mort sur ma personne. Au XXème siècle, je vivais en quelque sorte à l'époque mérovingienne ou à celle du bas empire romain!...

    N’ayant d’autre argent de poche que celui qui m’était accordé à condition de laver les voitures paternelles, ni d’autre vêtement que ceux que je pouvais rapiner parfois jusque dans les poubelles du quartier cossu d’Henriville en montant à pied à la cité scolaire, (mon père m'avait supprimé tout abonnement aux transports communaux), je réussis dans mon entreprise de reconstruction. Anecdote : je me souviens que c’est en fouillant les poubelles sur le chemin de la cité scolaire que j’ai échangé mes chaussures sans semelle contre une magnifique paire de chaussures à semelle de crèpe de fabrication américaine quasiment neuve et à ma taille. Une semaine auparavant, j’avais montré au censeur du lycée qui m’avait convoqué pour me faire part des récriminations de mon père, mes vieilles chaussures, dans lesquelles j’étais contraint de glisser chaque matin depuis plusieurs mois un morceau de carton pour me rendre à pied au lycée distant de 8 km. Or, le censeur résidait à deux blocs de là et il savait donc que je faisais les poubelles...

    L’un des éléments de ma reconstruction fut constitué par l’achat à bas coût de quelques livres parmi lesquels la psychologie de la forme, un livre de combat à main nue (close combat) dont j’avais appris à exécuter les gestes devant une glace (exercice de katas en japonais) et un autre consacré à la logique des implications (découvert dans une poubelle en haut de la rue Lemercier (quartier d'Henriville), qui me passionna. Très vite, les mécanismes de la logique des implications (**) me servirent à vérifier la réalité des informations que je pouvais recueillir, les déductions logiques qu'il était possible d'en tirer et à coder mes archives (y compris le dossier que j’avais expédié au général de Gaulle) que je serrais, avec mes maigres économies, dans la cache utilisée jusqu'en septembre 1944 par Elizabeth, sous le plancher de la chambre au Nord Ouest de la maison du 105 chaussée Saint-Pierre à Amiens. Il est certain que, dès que le commissaire Chobières et mon père ont découvert cette codification, ils ont du me considérer comme fou dans la mesure où ils se sont trouvés incapables de les déchiffrer tout en retrouvant la découpe du journal concernant les déclarations publiques des lieutenant colonel Reile et capitaine Frey.


    (**) A ce propos, le rédacteur de ce site pense que les principes fondamentaux de la logique des implications (théorie de ensembles, calcul booléen et relations d'implications) devraient être enseignés dans les classes terminales du second degré, et qu'ils devraient être suffisamment développés dans tous les domaines de l'enseignement supérieur, aussi bien dans le renseignement ainsi qu'à l'E.N.A., tant cette technique scientifique d'investigation contraint celui qui l'emploie à réfléchir à la définition des limites dans laquelle s'appliquent les opérateurs logiques et leurs interactions. Cet algèbre logique correspond en fait à la démarche de la logique scientifique dans laquelle on remet en cause les principes qui sont déveeloppés à partir des connaissances existantes. Pour l'heure, elle ne semble s'imposer en France que dans l'électronique et vaguement dans l'informatique. Pour prendre un exemple, de deux observateurs regardant le même cliché, le premier le verra en deux D tandis que le logicien le verra en 3D. Sachant que, dans la réalité, il existe autant de dimensions que d'éléments appartenant à un ensemble déterminé par une relation logique stable ou cohérente. La connaissance de la logique des implications constitue un moyen d'approndissement et d'enrichissement extraordinaire des connaissances et des moyens de concevoir les relations logiques. Mais cette logique est très exigeante. Et il faut beaucoup de courage avant de parvenir à un résultat...


    Je parvins après mon bac à me faire inscrire au DEUG de Maths Physique, que j’obtins assez facilement avec mention malgré les évènements les plus éprouvants que je devais vivre. J'avais au demeurant une offre pour entrer à l'Ecole supérieure de chime de Lille. Entretemps est survenu, le 2 novembre 1960 vers 20 heures, un grave incident entre mes parents. Suzanne Giraudeau était venue quémander de l’argent à son époux pour ses enfants inscrits dans l'enseignement supérieur à Paris. Son visage avait été marbré de coups dans l'après-midi. Mon père, outre diverses menaces, intima l’ordre à son épouse de quitter le domicile conjugal et de n’y plus revenir. Il allait sortir quand sous l'influence d'une pulsion meurtrière, il se précipita vers son épouse un couteau de cuisine à saigner à la main. J’eus juste le temps de le désarmer sans ménagement avant qu’il n’éventre son épouse. Cette dernière a refusé de porter plainte et me demanda de taire cette scène, ce qui allait susciter à mes seuls dépens les plus sombres tracas. Dans la réalité, je savais, depuis le 1er janvier 1945, que c'était elle qui avait maintenu le contact avec le major traitant d'Elizabeth et que mon père lui devait en grande partie l'heureuse issue de sa libération, ce qu'il ne supportait pas.

    A partir du mois de novembre 1960, je ne revis quasiment plus mon père avant le mois de Juillet 1961. Il ne revenait à son domicile que pour assurer ses consultations dans l’après-midi (alors que j’étais absent) et la nuit pour consulter les demandes de visites de clients collectées par moi-même dans la soirée. En quelques mois, il congédia tout le personnel de service, d’abord les femmes de ménages, puis les bonnes à tout faire. Laissant la maison à l'abandon dans un état répugnant (il n'y avait même plus d'aspirateur ni de lave linge, ni de cumulus électrique... et seul fonctionnait encore le four à gaz avec un seul feu sur trois pour cuire ou faire réchauffer les repas, au risque de se faire sauter... ).

    Au début du mois de juin, et sans me prévenir, il est passé chez tous les marchands du quartier pour leur interdire de servir sans paiement toute personne résidant à son domicile (dont bien sûr moi-même et son épouse à laquelle il avait intimé l’ordre le 2 novembre 1960 de ne pas revenir à son domicile). Une seule personne refusa de se plier à ses exigences: Madame Fairwather mère, qui avait assisté et avait été témoin, le 2 avril 1944, de la visite du capitaine Frei et de son escorte dans la maison du 105, chaussée saint-Pierre. Elle me demanda de passer chaque jour après 18 heures pour me donner du pain invendu. A plusieurs reprises, je vis des larmes dans ses yeux quand elle ajoutait un croissant ou un petit pain au chocolat à la baguette invendu qu’elle me donnait.

    ...Plus surveillé par la Police qu’un dangereux malfrat

    … J’ai tout de même réussi à survivre chichement et à passer mes examens avec succès jusqu’à la fin du mois de juin 1961. Mais pour finaliser les concours auxquels je me présentais, il me fallait me rendre à Lille. Je passais donc le vendredi 30 juin 1961 à la gare du nord pour louer une place à destination de Lille lorsque le guichetier me demanda de me rendre au bureau du chef de gare qui m’attendait.

    Ce dernier me reçut avec un respect auquel je n’étais pas habitué et m’a indiqué sans ambage qu’il était indigné par le comportement de mon père, ce dernier entendant me faire enfermer à Dury à partir des 3 ou 4 juillet 1961, c’est-à-dire avant mes 21 ans. C’est à cette fin que mon père avait obtenu du Commissaire de police principal d’Amiens, agent du MI5, de me faire surveiller comme le plus dangereux des malfrats. Le successeur de Gaston Bleuet, m’a précisé que, depuis une semaine, une voiture de police stationnait tous les jours en permanence devant la gare du Nord spécialement pour me surveiller et m’arrêter au besoin et que le Commissaire de Police (dont il ne pouvait pas ignorer qu’il avait été le chef du réseau ALIBI et donc le supérieur d’Elizabeth S… en contact avec le réseau Zéro-France) lui avait enjoint de l’informer de tous mes déplacements par la SNCF. En foi de quoi, il ajouta qu’il s’interdisait de l’informer de la réservation de mon billet pour Lille. Il a précisé que je ne devais pas prendre le train à la gare d’Amiens mais à la gare Longueau qui n’était pas surveillée.

    Puis, il a ajouté, avant de prendre congé, que je devais bien me douter pourquoi il intervenait pour me prévenir. Ce sous-entendu me suggérait qu’il était probable que je sois au beau milieu d’un nid de frelons à vocation d’espionnage, si le Général de Gaulle avait pris ma lettre de 1956 en considération. J’aurai l’occasion de vérifier assez vite l’exactitude de cette déduction de la logique d'implication. Toutes les précisions qui m'étaient délivrées ne pouvaient résulter que d'une surveillance très étroite du Dr Robert FECAN et du commissaire de police Chobières.

    Bien sûr, j’avais préparé ma valise le jour même, sans trop m'en faire car, en raison du beau temps exceptionnel qui régnait sur la France, j'étais certain que mon père qui n'était pas de garde, tant pour lui même que pour son frère jumeau qu'il remplaçait jusqu'au 18 juillet inclu, était probablement sur la Cote d'Opale. En revanche, j’ai revu au 105 chaussée St Pierre, le dimanche 2 juillet 1961 vers onze heures, le même chef de gare, accompagné d’un autre homme plus âgé. Il me gronda d’être encore présent et seul au domicile de mon père.

    A la question que je lui posais de savoir qui pouvait m’accueillir hors la vue de la police, le chef de gare me répondit "voyez le bedeau de Notre-Dame, il est prévenu". Il m’apparut qu’il était de bonne guerre de quitter la maison dans ces conditions, très précisément à 18 heures de telle sorte que toutes les demandes de rendez-vous des clients figurent en bonne place sur le livre de visite et qu’il apparaisse ainsi que mon père était bien absent de son domicile au moment où je lui annonçais mon départ sur ce livre pour causes d’examens complémentaires à Lille. Ce raisonnement se révèlera exact et le livre des visites et demandes de rendez-vous ne sera pas fourni à l’appui de la plainte du Dr Robert FECAN accompagnant la demande de mon internement en service fermé puisque la demande d'internement ne pouvait qu'être fondée sur ma présence alors que j'énonçais mon absence. Cette simple mesure se révèlera efficace en plaçant le Dr Robert FECAN et son père en porte à faux.

    Toutefois, je ne trouvais pas le bedeau de la cathédrale dont les portes étaient fermées le dimanche après 18 heures et je dus prendre une chambre dans un hôtel borgne du quartier de la gare, où je n’eus pas trop de peine à dissimuler mon identité en payant en liquide, puisque je n'avais pas de compte en banque. A dix heures précises, le lendemain 3 juillet, après avoir accompli un grand détour m'évitant de passer devant l'esplanade de la gare du Nord, je me présentais au bedeau de la cathédrale qui, sans mot dire, me fit descendre dans une pièce voisine de la crypte. Il me montra un banc en pierre nanti de couvertures où il me pria de m’installer. Il m’annonça que le curé de la paroisse dînerait avec moi le soir même et que personne ne viendrait m’inquiéter là où j’étais, sous la protection de l’évêché. J'avais pris la précaution de me munir d'un sandwich. Je profitais de ce répit pour me plonger dans les révisions de mon programme de physique et de chimie.

    J’allais rester deux jours dans cet abri et je pris notamment un repas frugal avec le curé de Notre-Dame, qui me livra beaucoup d’informations. A savoir que le clergé amiénois était parfaitement au courant de ce qui s’était passé le 2 avril 1944 et qu’il en attribuait le miracle au fait que j’avais été consacré par le curé de Niort à la vierge Marie lors de mon baptême, le 7 juillet 1940, à Niort tant celui-ci était inquiet de ma situation (il y avait quelque 600 enfants abandonnés en très bas âge qui avaient été recueillis dans la ville). Je me demandais alors pourquoi le chef de gare d’Amiens, qui devait faire partie du réseau œuvrant au plan de destruction du réseau ferré décidé par Eisenhower, était en liaison avec le réseau amiénois des prêtres catholiques résistants (dont faisaient partie le chanoine Duhamel, l’abbé Dentin et... le curé de Saint-Pierre) la paroisse Saint-Pierre ayant été honorée d'un lancé de tracts britanniques à la sortie de la grand messe. Quelqu’un avait donc établi une liaison et je me demandais si ce n’était pas la lettre que j’avais adressée au mois de mai à Colombey les deux Eglises qui déclenchait cette aide aussi mystérieuse.

    Quelques semaines plus tard, je vérifierai que c’était bien le cas. En raison des complots qui régnaient dans l’armée au sujet de la dissuasion nucléaire de la France, il m’a paru plausible que, d’ores et déjà, le Dr Robert FECAN, voir sa famille, puisse se trouver sur écoutes téléphoniques. En tout état de cause je devais agir pour faire croire que je n’étais au courant de rien.

    Sur le fond, l’ecclésiastique insista sur le fait que mon internement (il avait manifestement une parfaite connaissance du dossier de demande de mon internement en service fermé) était demandé en tant que mineur. Selon lui, j’avais donc tout intérêt à réussir mes examens alors que, dans quatre jours, j’étais majeur et que ce dossier d’internement n’aurait plus le moindre fondement. Il avait parfaitement raison sur ce point…

    La véracité de ces renseignements me fit ultérieurement (en novembre 1966, lors du plasticage de la villa d'El Biar) comprendre qu’en réalité de Gaulle avait chargé Robert BOULIN, l’homme de ses secrets, d’assurer le contrôle de la véracité de mon courrier de mai 1956 et de veiller à ce que j’en garde le secret. Robert Boulin, comme ancien membre du réseau "Navarre", était en effet un spécialiste de la Résistance et de « l’action » et, comme le réseau Navarre était quasiment un sous-réseau du réseau « Alliance », il avait dû se faire assister par Marie-Madeleine FOURCADE, elle-même au contact avec de multiples réseaux et, en particulier, très bien introduite dans les milieux très fermés des résistants ecclésiastiques catholiques. Après exploitation des renseignements sur écoutes téléphoniques, Robert BOULIN, alors secrétaire d'Etat à la Santé, sera d'ailleurs chargé de poursuivre pénalement le Docteur FECAN pour de toute autre raison, lequel sera défendu par le futur Garde des Sceaux et avocat, Robert BADINTER.Pour un internement au seul bénéfice des comploteurs…A mon retour de Lille, le 8 juillet 1961 en fin d’après-midi, et précédé de mes succès aux concours et examens rapportés par le "Courrier picard", je me rendis au domicile de mon père en espérant négocier la suite de mes études. Je trouvais mon père et mon grand-père, qui faisaient le ménage, et me demandèrent de quitter sur le champ la maison du 105, chaussée Saint-Pierre. Alors que je reprenais ma valise pour partir, mon père m’asséna un violent coup de poing sur le nez, et je tombais à la renverse sur le sol. Encore une pulsion qui ressemblait étrangement à celle du 2 novembre 1960. Je dus procéder à l’immobilisation au sol de mon assaillant de père pour me relever. Quelques secondes plus tard, il se précipita sur moi un couteau de cuisine à la main tandis que mon grand-père me tenait les bras par derrière dont je me dégageais prestement. Cela, c’était une très mauvaise idée que de m'attaquer au couteau! Alors que mon grand-père m’avait relâché pour empoigner une chaise de cuisine qu’il levait au-dessus de ma tête pour m’assommer, il ne me fallut qu’une fraction de seconde pour désarmer mon père dont le pouce qui ne voulait pas desserrer le couteau, sera froissé. En même temps, j'effectuais un mouvement rotation de telle sorte que mon père prit ma place , cependant que son propre père abattait la chaise de cuisine, qui volait en éclat au contact de son propre fils. Sous traitement anti coagulant, mon père allait de ce fait être porteur de notables contusions et vastes ecchymoses dont il prit force photographies afin de m’accuser de l’avoir frappé sauvagement. Tels sont les faits.Je profitais de l’effet de surprise pour m’enfuir avec ma valise, me réfugiait chez le libraire Léveillard encore ouvert, et que mon père craignait parce que, incarcéré comme lui à la citadelle d’Amiens comme collaborateur notoire, il avait assisté, le 26 septembre 1944 à la scène de sa libération, sur un ordre de mission de Général Eisenhower (Depuis le 1er septembre 1944, le général Eisenhower avait seul le pouvoir d'ordonner une telle mission) par un détachement des Royal tanks conduit par un major anglais, dont la description qu'il m'avait faite, ressemblait trait pour trait à l'officier traitant d’Elizabeth S... Le libraire appela un médecin, un constat de coups et blessures fut établi et je fus admis en observation au nouvel hôpital.Le lendemain, mon père vint à l’hôpital avec ma sœur Christine, me fit des excuses et me demanda d’aller vivre à Neuilly-sur-Seine, dont l’appartement 3 pièces surpeuplé était en réalité impropre à m’héberger. Il me restait pourtant trois choses à accomplir à Amiens: récupérer le dossier, qui était caché sous le plancher de la chambre Nord-Ouest du domicile de mon père, les quelques vêtements et sous-vêtements indispensables me permettant de me vêtir avant de trouver du travail et enfin demander le plus vite possible la réexpédition de mon courrier. Je pris également la précaution de m’adresser en poste restante à Amiens un double de mon dossier. Mais les traumatismes crâniens dont j’étais affligé me faisaient, par moment et surtout la nuit, souffrir de maux de tête.Un procès-verbal de police truqué et sans date…s’appuyant sur un faux certificat médicalCe fut donc le dimanche 17 juillet que ma sœur Christine me conduisit à Amiens aux fins de reprendre mes hardes et, bien sûr, de vérifier l’état de ma cache dans la chambre nord-ouest de la maison du 105 chaussée Saint-Pierre. La cache était vide ce qui signifiait que son contenu était connu de mon père et du commissaire principal de police d’Amiens qui travaillait pour le MI5. Vers 18 heures, je demandais à ma sœur à repartir, cette dernière refusa au prétexte qu’elle devait voir son père pour lui demander de l’argent. Elle tenait à toucher le salaire de sa trahison. En fait, ce fut une escouade de quatre policiers qui arrivèrent en tube vers 21 heures pour m’emmener au poste central de police où l’on me fit attendre deux bonnes heures (mon père n'était pas là, ce qui permet d'affirmer que mon arrestation était préparée bien à l'avance. C'est à 23 heures que je vis arriver de concert le Commissaire de police Chobières et mon père, sans son frère jumeau et surtout sans son père, qui était mon principal accusateur.Robert FÉCAN se déshabilla dans le Commissariat de police pour montrer théâtralement ses ecchymoses qui, pour l’essentiel, avaient été provoquées par le choc de la chaise de cuisine qui avait éclaté sur lui le 8 juillet 1961 et non auparavant, alors que mon grand-père le destinait à mon crâne. Puis, le Commissaire de police me demanda de signer un procès-verbal de police ou, en alternative, d’être hospitalisé sur le champ en service fermé à Dury. Il m'a présenté un PV en liasse agraphée d’une dizaine de feuillets qui n’étaient pas datés et me demandait purement et simplement de signer la dernière page d'un PV daté en blanc, sans lire celles qui précédaient, en reconnaissant ainsi in fine que j’aurais attaqué mon père au couteau sous l’emprise de l’héroïne, alors que j’étais encore effectivement mineur avant le 7 juillet 1961. Or, de notoriété publique, je passais mes examens à Lille au moment des faits incriminés, et sous la garde de l'évêché les 3 et 4 juillet 1961, et au surplus, je suis mortellement allergique aux dérivés du pavot, comme je l'apprendrai plus tard. Il est certain que si j'avais lu ce PV censé être contradictoire, mes accusateurs auraient été tellement embarrassés qu'ils risquaient des poursuites pénales, Commissaire compris.Le dilemme fut rapidement solutionné. Je ne doutais pas que si je signais, et compte tenu du fait que le commissaire devait avoir connaissance du contenu de ma cache, je tomberai de De Charybde en Scylla et je gagnerai un lavage de cerveau aux fins de décrypter mes archives. Et il était très clair que le Commissaire de Police espion cherchait à valider frauduleusement le certificat d'internement en service fermé du Dr André FÉCAN en lui donnant un effet rétroactif.Parfaitement renseigné sur mes droits par le curé de Notre-Dame, je refusais de signer et fus conduit sur le champ en Tube Citroën de police, toute sirène hurlante, à l’hôpital Pinel de Dury où j’arrivais vers minuit et, comme je le prévoyais en service fermé. Je fus fouillé de telle sorte qu'on me retira mes papiers et mon portefeuille. Sur ce point, la présence des Dr FÉCAN Robert et André ivres lors de ma livraison à l'hôpital Pinel est une pure invention, qui est d'ailleurs contredite par les investigations conduites dans la procédure de divorce de mes parents devant la Cour d'Appel d'Amiens. Je refusais tout médicament à l’exception d’un cachet d’aspirine et finis ma nuit sans problème. Je notais le lendemain matin que j’avais bien été conduit en service fermé puisque toutes les portes et coursives du service où je me trouvais étaient bien fermées à clés. Je n'étais pas hospitalisé en service ouvert et rien de correspondait au bulletin de séjour qui m'a été délivré.Je ne rencontrais le Dr Margat que le lundi après-midi pour lui expliquer que j’étais quelque peu étonné du comportement de mon père lui expliquant que celui-ci avait donné son accord pour que je poursuive des études scientifiques à Paris après avoir passé avec succès mes examens oraux à Lille comme le « Courrier picard » l’avait signalé dans sa première édition du samedi 8 juillet 1961, jour où je suis revenu dans l’après midi à AMIENS avec la qualité civile de majeur. Au demeurant, j’avais pu lire dans le « Courrier picard » les résultats de mes examens, qui relevaient donc de la notorité publique.Le médecin chef eut le souffle coupé, ce qui me confirmait que le Docteur Robert FECAN utilisait bien le faux certificat médical de son frère demandant mon internement en service fermé alors qu’il était absent d’Amiens et remplacé par son frère jumeau Robert depuis trois semaines (après annonces publiées dans le Courrier Picard) et que, par conséquent, il n’avait pu à aucun moment me rencontrer, avant la délivrance de sa demande d'internement en service fermé, ce qui ne pouvait avoir aucune autre qualification pénale que celle d’un faux certificat pénalement répréhensible dans une affaire d'internement arbitraire (161 du C.P.). Avec obligation pour le Conseil de l'Ordre des médecins de radier le Dr André FECAN.A la question des médications qu'il voulait me prescrire, je lui répondis que je souffrais seulement de temps à autres de maux de tête consécutifs aux coups que j’avais reçus de mon père lesquels avaient entraîné ma mise en observation au Nouvel hôpital une semaine plus tôt et que je pensais que ces maux disparaîtraient dès que les conséquences des traumatismes seraient effacées.Pour justement les faire disparaître rapidement, je lui demandais, d’une part, de pouvoir m’entraîner à la course de fond tous les matins autour de la pelouse centrale, et d’autre part, de me rendre à Lille afin de mettre de l’ordre dans mon dossier universitaire qui requerrait la mise à jour de mon adresse, qui ne pouvait plus être celle du 105 chaussée Saint-Pierre. Pas banal de voir un fou cultiver son corps tous les matins... en faisant au moins dix fois le tour de la pelouse centrale de l'hôpital de Dury...Cela me fut accordé et le vendredi 21 juillet 1961, après restitution à 8 heures du matin de mon portefeuille, je me rendis à Lille pour effectuer mon changement de domiciliation, puis je revins vers 14 heures sur Amiens où je me rendis à la Poste centrale. J'y levais mon courrier en poste restante et récupérait, outre le dossier que je m’étais expédié en poste restante, un courrier de ma mère qui, en villégiature dans l’appartement de Sainte-Maxime, m’annonçait que mon oncle André Fécan était passé la voir le lundi 18 juillet pour lui dire que j’avais fait des bêtises…. J'appris par la même occasion du contrôleur principal chargé de la distribution du courrier, que, depuis le mois d'octobre 1944, mon père avait ordonné au service de distribution qu'on lui remette directement tout courrier à mon nom quel qu'il soit, et que de nombreuses lettres venant d'Angleterre, qui m'étaient destinées, avaient été capturées par mon père et ne m'avaient jamais été communiquées!...Je fis donc parvenir un télégramme à ma mère qui séjournait à Sainte-Maxime pour lui expliquer que, sur faux témoignage de Maurice Fécan, et sur un faux certificat d'internement d’André FÉCAN, j’avais été mis en service fermé à DURY et après copie du tout j’expédiais une lettre recommandée au Préfet de la Somme lui communiquant copie de mon télégramme et copie de la lettre de ma mère, qui démontrait qu’André Fécan se trouvait sur la côte d’Azur alors qu’il demandait mon internement en service fermé à Dury sur un faux certificat médical. Puis, je pris un rendez-vous pour suivre un stage rémunéré en entreprise à Paris, et je rentrais paisiblement à pied à l’hôpital Pinel de Dury, juste à 18 heures. Je passais encore paisiblement mon samedi et mon dimanche à l'hôpital Philippe Pinel, attendant la suite de mes initiatives épistolaires.... aux fins d'un internement arbitraire en service ferméLe lundi suivant, ma mère était dans le cabinet du Dr Margat. Puis, M. Larrieu, préfet de la Somme ès qualité appela le Dr Margat personnellement à 11 heures. M. Larrieu était très irrité. Il criait si fort dans l'appareil téléphonique que je pu entendre distinctement ses propos à quatre métres de distanxe. Il a précisé au Dr Margat que si j’étais encore à midi dans son service, il viendrait lui-même me chercher dès 14 heures avec un arrêté préfectoral le destituant sur le champ de son poste de chef du service fermé des aliénés de l’hôpital Pinel. Le Dr Margat avait un air complètement ahuri et penaud, cependant que je pris l'air de me trouver ailleurs.À midi, j'avais quitté l'hôpital dans la voiture de ma mère et, ne pouvant habiter Neuilly-sur-Seine déjà "surbooké", je me retrouvais à titre provisoire dans une chambre de la Cité universitaire, avec un pécule de 200 Francs. Heureusement, je rentrai la semaine suivante dans une entreprise, qui s'est révélée travailler pour la Défense nationale. Je me rendis compte très vite, qu'effectivement tous les méandres et tribulations que j'avais suivis ne devaient rien au hasard...! Comme par hasard, je travaillais tout le week-end du 15 août 1961, jour de l’Assomption, sur un dossier secret, dont je refis tous les calculs, qui s’avérait être le projet de stratégie de dissuasion nucléaire de la France et qui devait être soumis au prochain conseil de défense. Une ligne directe avait même été tirée avec Colombey. Comme le document était conforme à mon courrier du 19 mai 1956 au Général de Gaulle, je m’abstins de m'en servir d’autant plus que je me doutais, qu’après avoir fait main basse sur mes archives dans la cache d’Elizabeth S…, je devais être très surveillé. Effectivement, ma sœur Christine était apparue le vendredi de ce week-end. Mais je m’arrangeais pour que le Général connaisse oralement mon avis, un principe au demeurant édicté par la résistance gaulliste. J’appris finalement, le lundi 21 août 1961, que j’avais été classé « secret défense niveau 5 », c’est-à-dire le même niveau que celui du général de Gaulle sur l'ordre de ce dernier. En effet, seul le chef de l’Etat peut désigner une personne "secret défense" à son niveau.Quant à l'exploitation des concours que j'avais passés qui auraient dû me conduire à Lille, je dus y renoncer. En effet, le général Cogny, avait été nommé commandant de la deuxième région militaire. Or, il comptait parmi ses correspondants, le Docteur Robert Fécan dont l'entregent auprès d’Allen Dulles, Directeur de la CIA, et le passage à la Maison Blanche d’Eisenhower, avaient grandement facilité l'équipement de l'Armée française en Indochine, aussi bien pour équiper le contingent dirigé par le général Leclerc que le point d'appui de Diên Biên Phu. Cela me sera confirmé par la suite lors de l'envoi de ma feuille d'appel sous les drapeaux. Ce que je comprend moins bien, c'est pourquoi l'Alsacien, chef du 2ème bureau à Haïphong et spécialiste des traffics d'armes, faisait à Amiens en 1956 au fait d'enquêter sur sur le Docteur Fécan. Comme l'Alsacien était gaulliste, j'ai demandé à de Gaulle d'arrêter son bras vengeur... ce qui fut fait.François Mitterrand était-il informé de l’opposition de l’armée à la stratégie de dissuasion nucléaire mise en place par de Gaulle? Cela est tout à fait logique et vraisemblable puisque son frère cadet, Jacques Mitterrand, commanda la force de frappe aérienne, puis l’état-major de l’armée de l’Air, sans jamais connaître la méthodologie déterminant les cibles à atteindre. C’est sans doute la raison qui conduisit F. Mitterrand à abandonner le dispositif mis en place par de Gaulle comme il en avait parfaitement le pouvoir mais tout en faisant croire le contraire. En revanche, l’abandon de la stratégie de Gaulle, empreinte de l’expérience à l’issue tragique des erreurs de l’État-major général français commises en 1939 et 1940, qui ont abouti à la débandade militaire de mai-juin 1940, constituait un risque majeur qui ne manqua pas de me préoccuper. De Gaulle voulait avant tout que l'Elysée ne soit pas placé sous l'influence des Etats-majors.Dès la fin du mois d'août, mon père changea son fusil d'épaule et déclara qu'il me verserait chaque mois 500F pour ce faire. Cette promesse a duré exactement deux mois! Dès le mois de novembre, je lui renvoyais le chèque de 400 F au lieu de 500F qu'il m'avait adressé tardivement vers le 13 novembre au motif qu'il n'avait plus d'argent. Pourtant, il dépensera 15.000 F au début de l'année 1962, soit 30 fois plus, pour me faire attaquer dans la rue par un ancien jockey alcoolique qui faisait fonction de concierge de mon immeuble, ainsi que ce dernier s'en vantera dans un des troquets de la rue Blanche où il cultivait son éthylisme...! Je ne doutais pas que ma sœur Christine avait communiqué mon adresse à son père. Bien que deux témoins aient assisté à son attaque dans la rue et aient livré leur témoignage à la police, il osera porter plainte en se fondant sur le fait que son menton avait été ouvert et qu'il avait du supporter deux points de suture... Je devins donc étudiant salarié. Je travaillais en soirée ou de nuit, et j'allais en fac le jour. Je m'intéressais particulièrement aux algèbres logiques dont j'appris le maniement pratique notamment dans le cadre d'un DEST de calcul automatique qui, hélas pour moi, sera supprimé l'année suivante. Or, j'ai été victime juste au moment des examens de ce diplôme, d'une septicémie... au colibacille, qui sanctionnait un état de fatigue profonde et dont je mis plusieurs mois à me remettre. Je n'avais même pas de quoi acheter les antibiotiques qui m'avaient été prescrits et ne pus me soigner que quatre jours après les prescriptions médicales, non sans avoir négocié avec un pharmacien un paiement échelonné des prescriptions. Au total, mes études supérieures se terminèrent en fiasco, et ayant déménagé, j'adressais au centre de recrutement de Valenciennes un courrier recommandé lui demandant de m'adresser ma feuille d'appel sous les drapeaux à l'adresse où je résidais. Ce n'est nullement un hasard si ladite feuille d'appel fut délivrée à la fin de l'année 1963 à Amiens au domicile de mon père où je n'habitais plus depuis le mois de juillet 1961 au su dudit service. Je fus donc déclaré déserteur. Les gendarmes n'eurent pas de peine à me retrouver à l'adresse que j'avais indiquée dans mon courrier recommandé expédié au bureau de recrutement de Valenciennes dont ils me délestèrent en même temps qu'ils me délivrèrent la feuille d'appel, infructueusement réclamée au service de recrutement, au 405ème Régiment d'artillerie anti aérienne d'Hyères. J'y fis l'objet de mesures disciplinaires multiples jusqu'à ce que la Conseiller militaire du général de Gaulle débarque, le 15 août 1964 à 15 heures, pour prendre de mes nouvelles, juste au moment où je participais à un safari aux rats (deux morts) dans les geôles du régiment. La seule chose dont je suis sûr, c'est qu'il a révélé au colonel commandant le Régiment que j'étais classé "secret défense" au plus haut niveau, ce qu'il aurait mieux valu qu'il taise.

     

    La feuille d'appel délivrée le 14 janvier 1964 par la gendarmerie.
    En cliquant dessus, apparaitra le dossier de mon livret militaire,subtilisé dans
    un coffre-fort loué à mon nom dans l'Agence de la Société générale de Bergerac.
    Un détail plutôt surprenant? Non?
    En fait, ce livret prouve qu'entre 1956 et 1958, j'ai été en contact avec "l'Alsacien"!

    Après quoi, mon service militaire se déroula plus normalement et je fus libéré au mois d'août 1965 tout en constatant que tous mes dossiers personnels avaient disparu. Je ne m'inquiétais pas outre mesure puisque j'avais confié le dossier complet de mon internement à ma mère qui s'en servit et aurait du me le rendre après usage, alors qu'il ne me fut jamais restitué. C'est donc ma soeur Claudine qui le détient alors qu'elle prétend que je suis schyzophrène... Je trouvais du travail assez facilement et, au tout début de l'année 1966, je fus convoqué pour deux embauches sérieuses possibles. La première concernait un poste de rédacteur au "Moniteur des Travaux publics et du Bâtiment" et la seconde concernait le recrutement d'un spécialiste capable de détecter les pannes sur les systèmes électroniques embarquées sur la fusée "Diamant".

    Je me rendais aux deux premières convocations où je fus sélectionné lors de chacune. S'agissant de la détection des pannes sur le matériel électronique embarqué de la fusée Diamant, je devais me rendre à 8 heures du matin dans les locaux de la Télémécanique électrique en Seine-Saint-Denis le premier lundi de janvier 1966, un jour de grève des autobus de la RATP, qui entraina un retard de deux heures sur l'heure de ma convocation. Je fus reçu par le chef de projet qui me déclara qu'il y avait peu de chances que je trouve les erreurs des circuits électroniques qu'il me soumettait en moins de deux heures. Il me soumit les problèmes que je devais solutionner à 10 h 10. A 10 h 20, j'avais solutionné les deux problèmes grâce à mes connaissances en algèbres logiques. Très surpris, le chef de projet constata que mon diagnostic sur les deux modèles qui m'étaient proposés était exact. Il me demanda, entre autres, de développer mon analyse ce qui me prit plus de 90 minutes plusieurs tableaux dont il prit une copie complète.

    Il me demanda d'illustrer les critères et règles permettant de concevoir et mettre en place un système continu de contrôle des équipements électroniques embarqués en concevant la logique d'un mécanisme capable de substituer un circuit de remplacement à un circuit défaillant. Ce que je fis sur le champ et dans la foulée en moins d'un quart d'heure. Ainsi, le chaf de projet de "diamant" possédait tous les éléments indispensables à la détection du fonctionnement ou non des circuits électroniques par les algèbres logiques. En effet, comme je pratiquais les 7 algèbres logiques et les règles applicables pour passer d'un algèbre à l'autre, j'avais une propension certaine à simplifier les calculs en utilisant le mode de calcul le plus approprié...Nous nous quittâmes vers 13h 15 et je mis plusieurs heures pour rentrer chez moi... à pied. Trois jours plus tard, je recevais une nouvelle convocation.

    Je fus donc sélectionné et pris d'ailleurs connaissance huit jours plus tard du dossier de renseignements secrets me concernant, qui relevait chez moi une tendance certaine et apparente à la distraction. Et pour cause! Finalement, je déclinais l'offre d'embauche en raison de contraintes de secret défense, qui se cumuleraient avec celles qui m'affligeaient déjà depuis 5 ans, en tombant, entre autres, sous les fourches caudines de l’État-major général. Avec à la clé, le pénible souvenir de mon internement à DURY.

    Un second dossier secret, instruit sur ordre de de Gaulle
    par le premier juge d’instruction du TGI de Paris
    Jean BONNEFOUS, dérobé lui aussi

    Au demeurant, j'eus rapidement la preuve que mes craintes étaient fondées. A la mi-septembre 1966, j'appris que le dossier secret, censé me protéger, dans les archives du PC Jupiter, avait disparu. Cette information était complétée par une prescription formelle de ne pas me rendre au domicile de mon père et de me méfier de ma famille. On ne fait pas disparaître, par hasard ou par inadvertance, pour la seconde fois, un pareil dossier expliquant pourquoi le général de Gaulle m’avait classé secret défense à son niveau. Et celui qui avait le plus intérêt à la disparition de ce dossier, n'était ni plus, ni moins que le Dr Robert Fécan et les généraux comploteurs qui souhaitaient garder la haute main sur la stratégie de dissuasion nucléaire de la France afin d’assujettir celle-ci, entre autres, à l’OTAN.

    On me déclara que tous les suspects, parmi lesquels figurait Jacques Chaban-Delmas, étaient surveillés et placés sur écoute. Au même moment, les services "action" de l'Armée, qui avaient attendu que l'instruction des dossiers des généraux rebelles, confiée au Premier Juge d'Instruction du TGI de Paris, Jean BONNEFOUS, soit achevée, exercèrent leurs talents en les détruisant par le feu, au sein des combles du Palais de Justice de Paris, Or, je fréquentais à cette époque sa fille ainée, Joëlle. Coïncidence ou pas, le général de Gaulle fit délivrer vers le 20 septembre 1966 à Jean Bonnefous, magistrat habilité au secret défense, une lettre de mission le chargeant de rétablir mon dossier disparu, toute affaire cessante, pendant que l'on floquait à l'amiante son bureau et les combles du Palais de Justice de Paris.

    Le juge Jean Bonnefous s'acquitta de cette tâche dès la dernière semaine de septembre et la première semaine d'octobre 1966, au su de sa fille Joëlle et de son épouse. Il se rendit à Amiens ainsi qu'à Rouen. (où son passage a laissé des traces). Je sais, puisqu'il m'a interrogé à ce sujet, qu'il avait eu connaissance de mes préconisations techniques démontrées, au début du mois de janvier 1966, au polytechnicien chef de projet de la fusée Diamant quant au contrôle au moyen des algèbres logiques du matériel électronique embarqué.

    Je me souviens au demeurant que je lui avais exprimé les plus grandes craintes et mises en garde quant au risque d’exposition aérienne aux fibres d’amiante pendant les travaux de reconstitution des dossiers d'instruction des généraux détruits. Jean Bonnefous est décédé en 1986 après de multiples opérations aux poumons, non sans m'avoir rappelé au mois de septembre 1986, quelques semaines avant sa mort, alors que je lui avais rendu visite dans la clinique où il avait subi sa dernière opération: "Hélas si j'avais eu raison quant aux conséquences de son exposition à l’amiante", de son côté, "il avait également raison de m’avoir mis en garde contre l'inconstance de sa fille, qui, a-t-il ajouté, "n'attend que ma mort pour demander le divorce".

    Ce second dossier secret contrôlé par le juge Jean Bonnefous fut kidnappé lui aussi après le départ du Général de Gaulle de l'Elysée comme on le verra ultérieurement. Mais le résultat le plus clair des investigations de Jean Bonnefous fut qu'il ne s'opposa plus au mariage de sa fille.

    C’est par le biais des écoutes téléphoniques que fut interceptée et enregistrée une communication téléphonique entre la mairie de Bordeaux et les organisateurs d’une manifestation prévue le 6 mai 1967 en vue de l’inauguration du Grand pont de Bordeaux. Elle avait pour objet de m’attirer dans un piège, disons féminin, permettant de m’assassiner par une overdose d’héroïne, ce dont il était déjà question dans le PV en blanc que j’avais refusé de signer le 17 juillet 1961. Il y avait donc bien un lien constant entre cette manoeuvre et le Dr Robert Fécan.

    Effectivement, je fus bizarrement invité personnellement à la manifestation de l’inauguration du Grand pont de Bordeaux mais en étant particulièrement encadré sur l’ordre de l’Elysée. C’est ainsi que la veille, il me fut donné rendez-vous à la gare Austerlitz, dix minutes avant le départ du train. Un wagon de première non signalé avait été accroché à la queue du train, qui était réservé à ma seule personne. Quatre hommes étaient chargés de ma sécurité : deux fonctionnaires de la DST, armés de pistolets automatiques de gros calibre chargés de ma protection rapprochée et deux autres hommes encore plus lourdement armés puisque équipés, entre autres, de pistolets mitrailleurs UZI, qui prirent place devant chaque portière aux extrémités du wagon réservé. L’un d’entre eux était ni plus ni moins que Dominique Ponchardier, l’homme en charge du service d’ordre du mouvement gaulliste et celui là même qui m’avait donné la maquette d’un bombardier B17 au début du mois de janvier 1944!... Le Dr Robert Fécan se chargea lui-même de faire disparaitre cette maquette avec tous les cadeaux qu’Elizabeth avait pu me faire parvenir.(meccano, train Hornby...). Une forme d'aveu! En définitive, l'invitation à Bordeaux se révéla conforme à celle révélée par l'écoute téléphonique. Elle me fut bien délivrée et fut, bien sûr, refusée... Le PV d'écout e téléphonique était ainsi formellement validé.

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    C’est peu après l'équipée de Bordeaux que le cabinet du Général de Gaulle m’a offert la possibilité de me faire élire député du 12 ème arrondissement de Paris, offre que j’ai déclinée. Et pour cause, j’avais pris langue avec plusieurs socialistes mendésistes dont Pierre Bérégovoy. Alors que l’enseignement des logiques des systèmes avait été supprimé dans l’enseignement supérieur par G Pompidou, en 1963, j'avais demandé à participer à une commission du parti socialiste, fonctionnant auprès du Sénat, chargée d’étudier divers projets de loi dans le domaine économique et social. Avec le soutien de Pierre Bérégovoy, j’inventais le congé de formation des salariés qui, à mes yeux, devait permettre aux techniciens de tout grade et autres salariés de s’adapter aux chocs technologiques que ne manqueraient pas de déclencher l’intrusion de la logique des systèmes dans les processus de production, de leur conduite, de leur maintenance et de leur contrôle. Et le premier homme politique qui me faisait surveiller, non sans une certaine appréhension, fut justement le Général de Gaulle…, puis son successeur G. Pompidou, qui furent conquis d’office à l’idée de cette réforme et de celle de la formation professionnelle qui la complétait.

    Quatre années plus tard,j'eus, au demeurant, la preuve que la création du congé de formation était judicieuse et indispensable. Lors d'un déjeuner débat organisé à Marseille par le CNPF (maintenant le MEDEF), j'avais été placé, sur sa demande auprès d'un diplomate japonais. Entre la poire et le fromage, le diplomate japonais se présenta comme étant le deuxième attaché d'Ambassade du Japon à Paris. Et il se mit à affirmer que c'était moi et nul autre qui avait créé le congé de formation. Je lui ai demandé sur quoi il fondait son assertion. Et il me répondit que l'ensemble des dispositions de cette réforme avait été analysé très précisément dans mon journal en 15 lignes trois semaines semaines avant son examen en Conseil ds ministres. Et que ce résumé était nettement plus juste et concret que le communiqué officel du Conseil des ministres. Il en avait déduit que l'auteur de ce résumé ne pouvait être que l'inventeur du congé de formation. En foi de quoi, il l'avait traduit en japonais et adressé au ministre des affaires étrangères de l'Empire du Soleil Levant. Puis il conclut en précisant que toutes les informations économiques publiées en Europe, et an particulier celles diffusées par mon journal (Le Moniteur de Travaux publics et du Bâtiment) étaient expédiées et centralisées dans un ordinateur à OSAKA et mis à la disposition des entreprises exportatrices japonaises. Ce qui nécessitait des facultés d'adaptation des concepteurs et salariés japonais essentielles à la bonne fin de l'économie japonaise. (Voici donc l'explication de ce que l'on a appelé les entreprises "tournevis" japonaises, entreprises dont les lignes de production sont modélisées de façon à être facilement adpatables, démontables et transportables là où le marché le requiert). "Vous avez inventé le congé de formation en vue d'adapter le savoir et l'expérience des salariés à l'évolution du marché, Monsieur FECAN. Nous, on l'a fait",a-t-il conclu!"(voir encadré intitulé le fol dilemme à propos de l'économie française).

    La surveillance étroite dont je faisais l'objet à la fin du règne de Charles de Gaulle se poursuivit en effet sous celui de son successeur G. Pompidou, que j'ai tiré d'affaire quant à l'issue des accords de Grenelle (***). Finalement, bien qu'ayant refusé de me faire enbrigader dans les rangs du parti gaulliste, je fus encouragé par son cabinet à faire connaître ce projet, qui avait le soutien de l’Elysée avant même d’être porté à la connaissance du Premier ministre dont la feuille d’impôts devait être publiée dans « le Canard enchaîné ». Je communiquais le projet aux Présidents des assemblées parlementaires et de leurs Commissions compétentes. Un projet qui ne doit strictement rien à J. Delors qui m’avait, au demeurant, invité à son domicile pour le lui faire connaître. En définitive, ce projet de loi qui fut adopté en Conseil des ministres, et que j’estimais urgent, fut adopté à l’unanimité par les deux assemblées ainsi que la Réforme de la formation professionnelle qui en formait la suite logique. Hélas, analysé comme un simple instrument fiscal, il n'eut pas l'influence sur l'emploi que je lui prétais.


    (***) Note de l'auteur: Pour la petite histoire, l'auteur a appris d'un officier de transmission qui évacuait sa famille de Paris, que l'armée préparait l'entrée des chars dans Paris... sans doute pour reprendre la Sorbonne...
    Afin de contrarier une si folle entreprise, je veillais à ce que G. Pompidou garde le contact avec les syndicats présents à la négociation des accords de Grenelle. Le motif de mon entreprise reposait sur une alternative simple. Il fallait choisir soit les accords non signés de Grenelle et pas de char à Paris, soit les chars et plus d'accords de Grenelle. Et pour concrétiser, je délivrais le numéro de téléphone du fil directe de Pompidou (avec son accord...) aux secrétaires généraux des centrales syndicales, sauf celui de la CGT. En revanche, les fédérations CGT du BTP et de l'influent syndicat du livre en bénéficièrent afin d'être convaincues des intentions de G. Pompidou.
    Je me souviens que, au terme de ma discussion avec le glorieux représentant du Syndicat du Livre, ce dernier me posa la question suivante: "J'ai un ami cadre de la SNCF à la gare du Nord. Il m'a dit un jour qu'un fils de la famille FECAN avait sauvé son réseau de renseignement. Est ce que ce ne serait pas vous par hasard?" "Je lui répondis: A votre avis? Il me semble que vous avez la réponse!"
    Résultat: mon journal fut le seul à publier les accords de Grenelle en pleine grève perlée de la fabrication et de la distribution des journaux sur Paris surface. La rédaction se chargea de distribuer quelques 25.000 exemplaires à ses abonnés de Paris et de la région parisienne. L'approche des vacances, la perspective d'une augmentation des salaires et des élections firent que, bientôt, le quotidien "Libération" put titrer "augmentation du SMIC: les pauvres sont riches".


    De son côté, G. Pompidou devint un fervent partisan de la concertation. Souhaitant que la France suive les pas de la Suède, "avec le soleil en plus."

    Jacques Chirac en novembre 1967:
    "Plus de deux millions de chômeurs à l’horizon 2000?
    C’est impossible!"

    En novembre 1967, je fus sollicité par le cabinet de G. POMPIDOU pour interviewer «un jeune loup» sorti tout fringuant de la Cour des comptes qu’il fallait lancer dans les sphères supérieures de la politique. Je réussis à collecter toutes les statistiques existantes de chômage depuis 1958 et à les organiser logiquement sur critères afin de déterminer pourquoi le nombre des chômeurs indemnisés avait été multiplié par 10 en neuf ans. Je les traitais par projections sur chaque critère en fonction de suites non convergentes, pour parvenir à l’horizon 2000 à l’hypothèse de plus de 2 millions de chômeurs (hypothèse basse, près de 3 millions en hypothèse haute). Telle fut la question que je posais début novembre 1967 au jeune secrétaire d’État à l’Emploi Jacques Chirac: "Que faire pour éviter plus de deux millions de chômeurs à l'horizon 2000?". Seul, G. Pompidou, qui avait reçu le canevas de mes questions à son poulain, se préoccupa, vers la fin de son règne à l'Elysée, de cette inquiétante inadaptation de la population salariée française à l'évolution des métiers et des technologies.

    Jacques Chirac a refusé la question posée en affirmant « plus de 2 millions de chômeurs en l’an 2000, c’est impossible! ». Il n’a même pas cherché à se faire expliquer comment on pouvait parvenir à une telle conclusion. Et pourtant, les mêmes critères sont toujours valables et le resteront tant qu’ils ne seront pas pris en considération...

    Quelque temps plus tard, en 1968, je fus sérieusement mis en garde contre toute immixtion dans les procès de divorce de mes parents. On me fit savoir que c'est dans ce sens et à mon intention que G. Pompidou avait commandé à Guy Béart la chanson "La vérité".

    Du danger d'être citoyen d'honneur de l'URSS...

    Dans l’épilogue de la journée du 2 avril 1944 et la très étonnante histoire du petit garçon, qui sauva le secret du débarquement du 6 juin 1944, il faut ajouter que, dès le mois de mai 1945, il fut secrètement hissé… au rang de citoyen d'honneur de l'Union soviétique. Un honneur dont il a été informé officiellement, le 26 juin 1973 vers 19 h, par le chef de l'Etat soviétique, Leonid Brejnev, avant de clore son second voyage officiel en France. Cette rencontre eut lieu selon un protocole arrêté et en présence d'un mentor de la DST désigné par le Président de la République, Georges Pompidou.

    Je fus en effet informé de façon anonyme, le 26 juin 1973 vers 11 h 30, qu'une voiture de l’Élysée viendrait me chercher à 18 heures 30 à proximité de mon bureau, (pour une destination qui m'était dissimulée), je fus en réalité amené en présence de Leonid Brejnev, entouré des plus hauts dignitaires soviétiques encadrés par une centaine d'officiers de l'Armée rouge au garde à vous, pour m'entendre dire que j'avais été élevé à la dignité de citoyen d'honneur de l'URSS par le Soviet suprême dès le mois de mai 1945.

    Ceci me rappela qu'en 1948, vers la fin septembre un vendredi, à quelques jours de la rentrée scolaire, et alors que je marchais dans la rue Masséna en compagnie de Maurice Fécan, je fus abordé par Léon Dupontreué, avec cette exclamation : "Alors, comment se porte notre jeune résistant!...". La seule carte que j'avais à jouer devant les sommités soviétiques fut alors de forcer le respect de mes interlocuteurs, ce que je fis sur le champ alors même que mon "mentor" piaffait d'impatience en farfouillant dans sa poche pour que je me retire.

    De retour, dans la voiture de l'Elysée, mon "mentor" me dit avec le plus grand sérieux et le plus parfait cynisme qu'il avait l'ordre écrit de m'abattre si je faisais mine d'accepter la dignité soviétique. Et joignant le geste à la parole, il exhiba un pistolet automatique de 9 mm dont il dégagea la balle introduite dans le canon, ajoutant "avec çà, je ne vous aurai pas raté!"... Puis, il me demanda s'il devait me ramener à mon bureau. Je lui répondis que ce n'était pas la peine: il lui suffisait de me déposer, place du général de Gaulle... Il ne comprit probablement pas l'allusion, formant réponse à son cynisme. J'en déduisis que G. Pompidou, déjà très atteint par son cancer ignorait que Charles de Gaulle lui avait caché une bonne partie de ma vie qui lui avait été rapporté par le premier dossier disparu et qui l’avait conduit à me faire confiance. En conséquence, après le vol de mon premier dossier secret dans les archives du PC Jupiter, il pouvait être manipulé.

    En descendant dans le métro, je pensais que je ne devais pas être le seul menacé de telles manipulations. Celui qui me paraissait le plus en danger s'appelait Robert Boulin, l'homme de confiance et des secrets de de Gaulle. Trois ans et quelques mois plus tard, il était retrouvé mort après avoir été torturé... L’explication est pourtant simple : Robert Boulin, qui disposait des comptes rendus d’écoutes téléphoniques du Dr Robert FÉCAN et de Jacques Chaban-Delmas, était également en possession des preuves de mon classement «secret défense –niveau 5», décidé en août 1961 par le Général de Gaulle. Et c’est lui qui avait déclenché les procédures pénales contre le Dr R. Fécan, dans l’espoir de récupérer le dossier secret après lequel beaucoup de monde courrait. Bien sûr, le dossier « FÉCAN» disparut des archives de Robert BOULIN le jour même de son supplice mortel.

    Désormais, une partie de mon cerveau allait fonctionner de façon à déjouer les pièges qui risquaient de m'être tendus. Évidemment, je ne pourrais pas faire grand-chose si mes proches étaient manipulés. C'est très exactement ce qui s'est produit après la mort de Jean Bonnefous, magistrat habilité au «secret défense», qui avait travaillé à la reconstitution d’un second dossier secret sur lettre de mission de l'Elysée.

    Après le ralliement de P. Bérégovoy à François Mitterrand, j’ai quitté le parti socialiste bien que cosignataire avec Pierre Bérégovoy du manifeste pour la création de ce parti. On y faisait répandre le bruit, je pense par Maître Badinter interposé, ex-avocat du Dr Robert Fécan avant que de devenir celui de la famille Boulin, que j’étais fou (plus exactement schizophrène) à partir du dossier (avec photographies) constitué par le Docteur Robert Fécan pour neutraliser tout témoignage de ma part quant à son assaut armé d’un couteau à saigner contre son épouse le 2 novembre 1960 à 20 heures. Il reste à savoir qui a raflé illégalement, après sa mort (qui m’a paru provoquée), le dossier qui dormait dans ses coffres forts, pour en faire un usage non contradictoire et un outil de harcèlement judiciaire à mes seuls dépens, avec une intention de nuire permanente? Quand il a défendu devant le Parlement la suppression de la peine de mort, Maître BADINTER a omis d'expliquer devant le Parlement qu'un citoyen était résolument exclu du champ d'application de la loi. L'auteur de ces pages.

    Toujours est-il que les choses ont véritablement changé à partir du règne de François Mitterrand à l’Elysée.






















     

     

    dernière mise à jour le 12 octobre 2014.


                                    



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    On désigne par maquis des groupes de résistants opérant dans les régions peu accessibles, où une végétation abondante pouvant masquer des mouvements de groupes.

     

     

      

      

    Les massifs montagneux français, Alpes, Jura, Massif central, Morvan... sont souvent propices à de telles implantations.


    A quelques exception près, comme celle de Georges Gingoin, les résistants ne songent guère à créer des maquis avant 1943.

     

    C'est l'afflux de réfractaires qui tentent d'échapper au Service du Travail Obligatoire (STO) instauré à partir du 16 février 1943 qui suscite la création des maquis où des résitants plus chevronnés encadrent les jeunes refractaires.

     

     

    Par ailleurs, à cette même date, la Résistance a atteint un degré de maturité suffisant pour permettre d'envisager certains contrôles de territoires.

     

    Après que, sous l'impulsion de Jean Moulin, les trois mouvements de la zone sud aient fusionnés sous l'appellation de MUR, un Service national des Maquis (SNM) est mis en place en mars 1943, le SNM estime à 14 000 le nombre de maquisards FTP, peut être 5000 en zone sud et 6000 en zone nord.


    Surgissent alors des problémes de toutes sortes: motivation très variable de la part des refractaires pour adhérer à un projet de résistance, difficultés matérielles pour l'approvisionnement, armemant insuffisant, mais au cours du temps, un nombre assez considérables de maquis sont créés, au point qu'ils symbolisent, dans une certaine mesure, l'idée même de résistance.

     

     Les hommes du 6è bataillon du 25è RI

    Les hommes du 6è bataillon du 25è RI,
    en provenance du maquis de Scévolles
    et engagés devant Pornic en octobre 1944 (Coll. Versari)

     


    A travers le maquis, la résistance prend elle même des formes diverses, selon les tactiques adoptées. On y voit s'exprimer des divergences qui apparaissent dans la dernière année de l'occupation allemande.

      

    Les maquis "gaullistes", impulsés par les MUR et l'ORA préférent conserver leurs maquis en réserve pour une action généralisée et concentrer leurs effets sur la transmission de renseignements aux Alliés et aux FFL, alors que le maquis FTP prétendent se lancer dans des opérations de harcélement des forces allemandes et de la Milice.

      

      

    Selon les régions, les rivalités entre différents maquis de l'AS ou des FTP ont pu être intenses ou enexitantes.

      

    Sur la façon d'envisager la création de maquis, des différentes cultures séparant les anciens officiers de l'ORA qui considèrent avant tous les maquis comme une forteresse stratégique, une tête de pont ou un point d'appui et les partisans communistes qui pensent davantage au contrôle des populations.

     

     


    La milice crée le 23 janvier 1943 à la suite de la dissolution de l'armée d'armistice consécutive à l'invasion de la zone sud par les Allemands, va devenir un acteur important de cette période.

      

    Elle est engagée dans des opérations frontales de lutte contre les maquis, donnant ainsi à cette période de 1943-1944 une allure de guerre civile, qui ne se terminera qu'en fin 1944 avec l'arrêt de l'épuration et l'affirmation du gouvernement de De Gaulle.

     


    Le 11 novembre 1943, les Maquis de l'Ain et du Haut Jura, aux ordres du colonel Henri Romans-Petit, prennent le contrôle de la ville d'Oyonnax (Ain) et défilent jusqu'au monument aux morts.

      

      

    Devant les Oyonnaxiens qui s'approchent, enthousiastes, ils déposent une gerbe en forme de croix de Loraine portant l'inscription "Les vainqueurs de demain à ceux de 14-18". Les résistants quittent ensuite la ville.

     


    A trois reprises, des maquis subissent de lordes pertes pour avoir accepté un affrontement trop direct avec les troupes allemandes toujours supérieure. Les Gliéres, en Haute Savoie sont un maquis créé par l'AS en janvier 1944 et commandé par l'ancien officier d'active Tom Morel.

      

    Plus de 500 combattants, AS ou FTP, rejoignent le maquis. Ils reçoivent des parachutages d'armes, mais en mars 1944, le maquis est encerclé, attaqué et submergé par quelques milliers d'Allemands et 1000 miliciens. Au moins 100 maquisards y perdront la vie.

     


    Dès la fin mai 1944, 2500 hommes se sont rassemblés au Mont-Mouchet en Auvergne. Après une premiére attaque qui échoue le 2 juin, les Allemands attaquent à nouveau, le 9 juin.

      

      

    Les rescapés se regroupent vers la Haute- Truyère.

      

      

    Ce sont 5000 hommes que la wehrmacht attaque le 18 juin, faisant au moins 100 morts parmi les maquisards sans compter les victimes des actions de reperesailles. Le 20 juin, l'ordre de dispersion générale est prononcé.

      

    Les pertes seront encore plus lourdes au maquis du Vercors attaqué le 21 juillet 1944. 4000 hommes s'y sont concentrés, avec le soutien des différents mouvements de résistance intérieure, du BCRA et des Britanniques.

      

    Seuls les FTP se sont toujours opposés au projet.

      

    Le Massif du Vercors est complétement entouré de falaises, mais les planneurs de la wehrmach utilisent une piste d'aviation préparée pour recevoir des renforts alliés.

      

      

    En plus des 884 morts dont 200 civils, de nombreux maquisards sont déportés.

     

     

     

     

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    Témoignage et l' histoire d' un miraculeux survivant

      
    Arrêté en 1942, un jeune de 15 ans témoigne
    (Témoignage d'Herman Idelovici)
    L'ARRESTATION / L'ATLAS
      

    « Nous sommes en 1942, le 24 septembre, on frappe à la porte de notre appartement où nous habitons mon père, ma mère, mes soeurs et moi et dans l'encadrement de la porte, se présentent deux agents de police, de la police française, hélas. Mon père ouvre la porte et les deux agents présentent des fiches individuelles.
      
    Ils présentent quatre fiches individuelles aux noms de mon père, de ma mère, de ma soeur aînée et de moi-même. En ce qui concernait ma plus jeune soeur, née en France, les policiers n'avaient pas sa fiche. Mon père a fait remarquer que la fiche de ma jeune soeur n'existait pas et disant, voulant dire par là : et bien, elle est française, elle n'est pas concernée.
      
      
    Les agents de police, après un temps de réflexion très court ont répondu :
      
      
      
    “Si, si, elle est là, nous l'emmenons avec vous, vous verrez plus loin”. Ils ont même dit : “Vous vous débrouillerez plus loin”, comme s'il y avait quelque chose encore qui puisse être débrouillé. Et donc mon père... mon père nous avait fait préparer “a tout hasard” (entre guillemets), une petite valise d'effets personnels pour chacun d'entre nous.
      
      
      
    Nous prenons donc cette petite valise, puisqu'on nous avait demandé de les suivre et au moment où je prends cette petite valise, je me dirige vers mon cartable, vers ma serviette de lycéen, j'en sors un atlas, cet Atlas Pratique, et alors que personne ne me regarde, personne ne sait ce que je fais, les autres personnes sont occupées à autre chose, je l'ouvre à la page, à la double page qui contenait la carte de l'Allemagne, entre la page 20 et la page 25
      
      
    - il y avait donc deux double pages
      
      
    - j'arrache rapidement la carte de l'Allemagne, sans toucher au reste, je plie cette carte, cette double page en quatre et je la range dans ma veste.
      
      
    Expliquer pourquoi, à ce moment là, cette idée m'a traversé la tête, d'enlever la carte de l'Allemagne comme si, comme si je partais en voyage quelque part, comme on se munit d'une carte pour savoir où l'on va et par quel itinéraire on va passer, je ne saurais pas dire exactement, toujours est-il que j'avais quand même conscience que nous partions quelque part, vraisemblablement en Allemagne, et j'avais cette habitude de toujours essayer de me situer géographiquement et dans le temps et je voulais savoir par où on allait passer et éventuellement où nous arriverions.
      
      
      
    Cette carte, pliée en quatre et même plus tard en huit, j'ai réussi à la dissimuler pendant près de trois mois, très déchirée, très écornée à la fin, personne ne savait autour de moi, même pas mon père avec qui j'avais réussi à rester quelque temps, personne savait que j'avais ce morceau de papier que j'avais réussi à dissimuler à travers de nombreuses fouilles.
      
      
      
    Et puis un jour, par hasard, mon père voit ce papier dans mes mains, je ne sais pas pourquoi, j'ai voulu le regarder.
      
      
    Il me dit : “qu' est-ce que c'est que ça”, effrayé. “Tu vas détruire ça immédiatement”, parce que... qu'un déporté soit porteur d'une carte de l'Allemagne dans sa poche, c'était suffisamment grave pour me faire exécuter immédiatement.
      
    J'ai donc perdu cette carte... Mais, je reviens un instant en arrière, l'atlas, lui, il était resté dans l'appartement que nous avions quitté.
     
     
      
    Cet appartement, pour lequel mes parents avaient remis un trousseau de clefs à nos voisins de palier, de façon à ce qu'ils puissent, si quelque chose nous arrivait, essayer de sauver, de mettre à l'abri le maximum de ce qui pouvait se trouver dans l'appartement, le maximum utile.
      
      
      
    Cet appartement, effectivement, dès le lendemain matin de notre arrestation, donc le 25 septembre à 6 heures du matin il a été vidé.
      
    Un camion attendait au bas de l'immeuble et il a été vidé par les autorités allemandes, françaises, etc... Mais, entre temps, dans la nuit,(...) ma voisine est, en catimini, est entrée dans l'appartement et comme ça, à moitié dans le noir, a sorti les affaires qui lui tombaient sous la main dont, dont mon cartable de lycéen avec cet atlas que j'avais reposé sur mon cartable et c'est donc ainsi qu'en 1945 lorsque j'ai été rapatrié, fin mai, ma toute première visite a été évidemment pour l'immeuble que j'avais habité avec mes parents.
      
      
    C'était une certaine manière de fermer la boucle, “cet intermède” (entre guillemets) de trois années. Et puis, en parlant avec ma voisine, heureuse de me revoir évidemment, elle me dit : “Tiens Herman, j'ai des choses, des choses à vous rendre”.
      
    Je lui dis :
      
    “Vous avez des choses à me rendre ?”
      
    Et elle me sort un pardessus de mon père, enfin ce qu'elle avait pu vraiment attraper, attraper presque à la volée et en cachette, parce qu'elle a eu peur et elle me remet entre les mains cet atlas que j'ai été absolument étonné, étonné de revoir, alors que si il y a une chose à laquelle je n'avais pas pensé, c'était vraiment cet atlas. [...]
      
      
    LE VOYAGE EN TRAIN/ L'ARRIVEE
      
    Lorsque nous sommes sortis de notre immeuble, je me souviens que nous avons remonté à pied, encadrés par ces deux agents de police, nous avons remonté le boulevard de la Gare, en direction de la place d'Italie, nous sommes passés devant des commerçants et je me souviens bien, nous sommes passés devant la boulangerie, la boulangère était sur le pas de sa porte, elle nous a regardés et nos regards se sont croisés, je ne sais pas, je ne sais pas ce que cette femme a pu penser, ce que d'autres ont pu penser.
      
    Nous avons dépassé la rue Nationale, nous sommes arrivés au commissariat de police du passage Ricaut et là, mon père avait parmi ses clients, mon père était un artisan bijoutier-horloger, il avait parmi ses clients le commissaire de police et ce commissaire lui avait dit :
      
      
    “Monsieur David, (il l'appelait en général Monsieur David) si un jour, j'apprends quelque chose, ne vous inquiétez pas, je vous fait prévenir tout de suite”. Mon père aussitôt s'inquiète de savoir si ce commissaire était de service.
      
      
    “Ah non, il n'est pas de service aujourd'hui”.
      
      
    Mon père a eu beau supplier, ma mère a eu beau supplier, les inspecteurs qui étaient là :
      
      
      
    “Ah, ben, écoutez, vous vous débrouillerez plus loin”.
      
      
      
      
    Donc, après beaucoup de difficultés, on nous emmène avec les fameux autobus de sinistre mémoire, qu'on appelait les T N4 avec des plates-formes extérieures, on nous conduit au camp de Drancy qui devenait le grand camp de regroupement en vue des déportations, en direction de l'Est.
      
    Dans ce camp de Drancy, nous sommes arrivés vers 12 h 30 / 1h, on a commencé par nous dépouiller de tout ce que nous avions sur nous, en fait d'alliances, de bagues, de montres, de menue monnaie dans les poches.
      
      
    C'était d'ailleurs des agents de la milice, donc des Français, qui nous ont vidés complètement, nous ont dépouillés et puis on nous a fait monter dans un des blocs. Nous n'y sommes restés que quelques heures dans ce camp de Drancy puisque dès le lendemain, à cinq heures du matin, il y a eu un appel de fait dans la cour centrale et le convoi s'est préparé pour être conduit à la gare du Bourget-Drancy, qui servait de gare d'embarquement en direction de l'Est.
      
      
      
    Dans ces wagons de marchandises devenus célèbres depuis et dont on a montré pas mal de photos, wagons de marchandises qui étaient prévus pour, je crois, quatorze chevaux si je ne dis pas de bêtises, on a entassé soixante hommes, soixante personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards, malades, bébés, nourrissons, y' avait des nourrissons dans mon wagon.
      
      
      
      
    On nous a fait monter, les portes ont été cadenassées, l'aération ne se faisait qu'à travers de petits vasistas en hauteur, c'était l'aération pour les chevaux, bien entendu. Il y avait un bac vide, un genre de tonneau vide pour les besoins intimes et on nous a donné à chacun un pain, un morceau de saucisson et un morceau de margarine.
      
    Je dois vous dire que l'atmosphère qui régnait dans ce wagon, qui a commencé de régner depuis le 25 au matin - le train a quitté la gare du Bourget Drancy à 8 h 55 , je me souviens encore de l'heure, l'atmosphère qui a régné jusqu'au 28 à midi, c'est quelque chose qu'il est très difficile de décrire, des cris, cris des femmes, cris des malades et des nourrissons, la soif, fin septembre il faisait encore relativement chaud, la soif, l'ignorance, l'inquiétude, évidemment personne n'imaginait où nous allions, personne n'imaginait non plus ce que nous allions faire, personne n'imaginait non plus ce qu'on allait faire de nous.
      
      
      
    De temps en temps, je me souviens, la nuit surtout,
      
      
    je ne sais pas pourquoi, la moitié des gens ne dormait pas, je me suis haussé sur la pointe des pieds et j'ai, j'ai réussi à lire par les vasistas, de nuit, certains noms de gares que nous traversions à ce moment là.
      
      
    J'ai vu d'ailleurs, Strassburg qui était devenu le nom de Strasbourg la nouvelle appellation, j'ai vu Fulda, j'ai vu Erfurt , j'ai vu Weimar.
      
    Des noms que je ne connaissais qu'à travers mes cours de géographie et, curieusement, à un certain moment j'ai mis la main à la poche pour savoir si j'avais toujours la carte ; j'pouvais pas la déplier, il faisait noir, c'était la nuit mais j'ai cherché quelque chose comme si c'était pour me, me dire : “Bon ça va, la carte est là, je sais où je vais”.
      
    C'était, c'était, grosso modo, c'était quelque chose comme ça. Avec le, avec le recul, je pense que c'était vraiment comme ça que je peux l'interpréter. Et puis, le 28 en fin de matinée, nous sommes arrivés en Haute Silésie, Oberschlesien en allemand dans cette gare qu'on appelle Kosel.
      
      
    Depuis c'est territoire polonais.
      
      
    Et lorsque les wagons se sont arrêtés dans un bruit de ferraille, les wagons s'entrechoquant au moment du freinage, dans un bruit de ferraille, les SS. ont commencé à hurler sur le quai, curieusement, les premières phrases que j'ai entendues en allemand, c'était, c'était des hurlements, des gueulements, des gueulements .
      
      
    Alors n'ayant pas fait d'allemand, j'y comprenais strictement rien.
      
      
      
    Les wagons ont commencé d'être ouverts à grand fracas et ils ont passé l'inspection, wagon par wagon pour voir s'il y avait des morts, s'il restait encore des vivants.
      
      
    Beaucoup de gens étaient morts, d'autres étaient devenus fous.

      
      
    LA SEPARATION/ LES DERNIERES IMAGES/ LES DERNIERS REGARDS

    Passée cette première visite, les hurlements des SS., gueulent devant chaque wagon, en allemand évidemment, que tous les hommes de 18 à 55 ans descendent immédiatement sur le quai. Mon père, comme tous les hommes de sa tranche d'âge descend sur le quai.
      
    Mon père a, à l'époque, 43 ans, il descend sur le quai et se met, se regroupe avec les quelques dizaines d'autres, une petite centaine qui s'y trouvait déjà. Quelques minutes se passent, je reste donc dans le wagon, puisque j'avais 15 ans, je reste donc avec ma mère et mes soeurs.
      
      
      
      
    Quelques minutes se passent et on entend à nouveau les portes qui claquent, de wagon en wagon. Les SS. referment les portes et les recadenassent.
      
      
      
    Au moment où ils arrivent devant mon wagon, les yeux du SS. se portent sur moi et il commence à m'apostropher en allemand, en tout cas, je ne savais pas que c'était sur moi mais d'après mon père qui m'avait fait signe de loin, ses yeux se portent sur moi, il commence à m'insulter en allemand de tous les noms que je ne comprenais d'ailleurs pas, voulant dire par là que j'étais en train de resquiller, que j'étais pas descendu, que je n'avais pas obéi à son ordre.
      
      
    Alors, je suis un peu interloqué, je ne savais pas d'ailleurs que c'était moi qui était concerné par sa harangue et mon père de loin me fait signe “descend, c'est de toi qu'il parle, ne discute pas”.
      
      
      
    Donc, je descends, je, je ne me souviens pas si j'ai, si j'ai pu dire au revoir à ma mère, à mes soeurs, je crois que dans ces moments- là on ne dit rien, je suis donc descendu avec le menu bagage qui me restait encore dans les mains et je rejoins mon père sur le quai. A ce moment- là, les quelques uns que nous étions sur le quai, peut-être une petite centaine, nous regardons le train qui s'ébranle dans un nouveau vacarme de ferraille et puis , je, je me souviens que j'ai regardé à ce soupirail où ma mère se trouvait dans ce wagon.
      
      
      
      
    Elle n'a pas pu se hausser à hauteur, elle était pas assez grande pour cela mais, j'ai vu d'autres visages et, et vraiment, je crois que c'était surtout le, un sentiment de crainte, d'inquiétude, d'ignorance.
      
      
    Je, je commençais d'être plongé dans un monde qui n'était pas le mien mais, qui n'avait rien de logique à mes yeux, qui n'avait rien de ressemblant avec ce qui avait été ma vie pendant les quinze années auparavant.
      
      
    Lorsque le train est parti, quelques minutes seulement, on nous a embarqué sur des camions, des camions ouverts pour nous conduire vers un premier camp qui s'appelait le camp de Ottmuth, qui était un camp de triage dans lequel nous sommes restés deux petites semaines. La vie concentrationnaire commençait pour moi. [...] »



    Herman Idelovici,
     

    Un automne 1942, script complet de la cassette vidéo,
    CRDP de l'Académie de Nice
     

    Herman Idelovici sera le seul survivant de sa famille.
      
      
    Sa mère et ses soeurs seront gazées à Auschwitz.
      
      
    Son père l'accompagnera un long moment dans les camps successifs, l'aidant et lui soutenant le moral, mais sera finalement sélectionné pour la mort en 1945.

     
      
    La vie des enfants dans les camps
      

    Qu'est-ce que vous faisiez, vous, les enfants à Auschwitz ?
      
    Vous jouiez ?

    « Je souffrais davantage de la soif que de la faim. Tant qu'on n'a jamais vraiment et régulièrement souffert de la soif, on a plus de pitié pour ceux qui ont faim. Mais il suffit de songer au temps qui peut s'écouler avant qu'un homme meure de faim et au contraire à la vitesse avec laquelle on meurt de soif. On peut jeûner des semaines, et même des mois, et subsister quand même, alors qu'on meurt de soif en l'espace de quelques jours. Et la soif est aussi plus torturante que la faim.
      
      
    A Birkenau, la nourriture, cette soupe distribuée tous les jours, devait être très salée, car j'avais toujours soif, surtout pendant les longues heures chaudes de l'appel sous le soleil brûlant. « Qu'est-ce que vous faisiez, vous, les enfants, à Auschwitz ? » m'a demandé quelqu'un récemment. « Vous jouiez ? » Jouer ! On était à l'appel. A Birkenau, j'ai été à l'appel, j'ai eu soif et peur de la mort. C'était tout, et rien de plus. »
      
      
    Ruth Klüger,
    Refus de témoigner Viviane Hamy éditrice, 1997.
     


    Stefan-Jerzy Zweig, dit « Juschu » est né le 28 janvier 1941 dans une famille
    juive de Cracovie.
      
      
    Fin 1941 sa famille est parquée dans le ghetto de Cracovie
    puis déportée dans unKommando du camp de Plaszow et dans d'autres camps
    avant d'arriver à Buchenwald, sa mère est envoyée dans un Kommando de
    femmes, Juschu et son père sont immatriculés à Buchenwald le 5 août 1944.
      
      
      
      
    Le
    comité clandestin prend la décision de cacher Juschu, avec l'accord de son
    père, dans un bloc différent [...]. La solidarité des détenus sauva la vie de
    l'enfant, photographié ici à la libération du camp entre deux détenus au
    milieu des cadavres.
     

    Extrait du livre de Miriam Rouveyre, Enfants de Buchenwald, Paris, éditions Julliard, 1995. pp. 83,93.


     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    La chanson française sous l'Occupation

     

    Lorsque les Allemands débarquent en France, saccageant tout sur leur passage, réquisitionnant les moindres éléments pouvant servir leur soif de pouvoir, ratissant largement dans les garde-manger de la population effarée, plus rien ne sera jamais pareil. L'armistice du 22 juin 1940, signé par le gouvernement du maréchal Philippe Pétain (1856-1951) au profit du Troisième Reich permet aux troupes de ce dernier d'occuper une partie du territoire français.

      

    Désormais la France est divisée en deux zones : la zone occupée (le Nord, l'Ouest et l'Est) et la zone libre (le Sud). Le Régime de Vichy est instauré, toujours sous la férule de Pétain, et les ententes de collaboration entre certains locaux et les nazis sont désormais quotidiennes.

    Les Français vivent alors une sombre période les réduisant à de nombreuses privations et contraintes : pénurie alimentaire, servitude aux Allemands, peur des dénonciations, dépossessions de biens, rafles de juifs, agressions de la part des soldats allemands, etc. Mais les Français sont aussi des Gaulois, et tout bon Gaulois ne peut couler dans le désespoir sans réagir.

      

    Certes, il n'existe plus de bardes pour composer des œuvres lyriques racontant la tristesse du peuple, mais la France regorge alors d'artistes dynamiques qui vont résister contre l'ennemi à leur façon.

    À l'époque, les Français connaissent déjà Radio Paris, fondée depuis 1922. Toutefois, la radio parisienne passée sous la tutelle du Troisième Reich, elle est devenue un outil de propagande nazie, donc boudée par la population résistante. C'est la radio BBC de Londres qui diffuse donc pour les Français la musique et les chansons qui leur chauffent le cœur et les nourrissent d'espoir. La chanson française sous l'Occupation

    Une chanson marque d'ailleurs l'époque et résume à elle seule l'importance de la chanson dans les mœurs du peuple français, et aussi dans la constance de son courage aux moments les plus dramatiques de son histoire. La pièce, composée au Brésil en 1941 par Edgard Liger-Bélair, est interprétée par Marie Dubas (1894-1972) : "Notre chanson c'est notre histoire /D'aussi loin que nous existons. / C'est notre drapeau, notre gloire / Depuis Roland, Berthe et Magloire, / Charlemagne et les fils Aymon. / Qu'auraient fait en 1916, / Nos poilus sans la Madelon ? / Qu'auraient fait, sous Napoléon, / Les grognards sans la Marseillaise ? / Et vive, et vole, et vive la chanson / Et vive la chanson française !"

    Messagère privilégiée, la chanson devient rapidement un véhicule parfait pour attiser le sentiment de résistance français et pour alimenter le peuple d'une solidarité farouche. La chanson de variété devient aussi l'échappatoire idéale pour des millions d'individus contraints à la soumission. Charles Trenet (1913-2001) et Maurice Chevalier (1888-1972) sont deux figures majeures de ce mouvement de résistance par la chanson, malgré le fait que Chevalier sera plus tard taxé de collaboration après avoir chanté en 1943 pour "les p'tits gars du front" de Tunisie, donc pour les troupes vichystes alliées des Allemands. Alors que Trenet chante "Espoir" (1941) et "Douce France" (1943), Chevalier fait ses tours de chant avec des pièces comme "Ça fait d'excellents Français" (1939) ou "La Marche de Ménilmontant" (1941). Artisans d'une onde de solidarité qui circulera dans toute la France, les deux célèbres chanteurs se produiront partout où ils seront accueillis pendant l'Occupation.

    Édith Piaf (1915-1963), monstre sacré de la chanson française, jouera également un rôle important sous l'Occupation. À l'époque, Piaf continue de donner des spectacles auxquels assistent les Allemands mais les textes de ses chansons restent à double sens, exaltant la résistance française, allant même jusqu'à la faire incarner par un amant dans la pièce "Tu es partout" (1943). Une autre chanteuse fera les délices du Music Hall sous l'Occupation : Léo Marjane (1912-). Dénonçant la solitude des épouses dont les maris sont prisonniers en Allemagne, elle chante "Je suis seule ce soir" (1942). Toutefois, son succès sera de courte durée puisqu'à la Libération, on l'accusera d'avoir chanté pour les Nazis.

    Le Music Hall, parallèlement à la radio, reste le lieu privilégié de l'expression idéologique française. Même sous la censure, le texte de la chanson française dénonce, appelle au front commun, panse les blessures, réconforte, fait même un bras d'honneur à l'occupant qui l'écoute. Les plus grands noms de la chanson française s'y produisent avec la verve et l'arrogance naturelles que l'on connaît aux descendants des Gaulois : Bourvil (1917-1970), Suzy Solidor (1900-1983), Annette Lajon (1901-1984), Lucienne Boyer (1901-1983), Charpini (1901-1987), Fernandel (1903-1971), Tino Rossi (1907-1983), André Dassary (1912-1987), Georges Guétary (1915-1997), Georgette Plana (1917-), Yves Montand (1921-1991) et de nombreux autres dans les édifices les plus célèbres de Paris : l'A.B.C., l'Alhambra, le Bobino, l'Olympia, etc.

    Les Allemands, dans un souci d'éviter les soulèvements populaires et d'acquérir une sorte de tolérance à leur égard en ménageant un simulacre de retour à la vie normale, permettent alors aux Français de participer à la vie culturelle, incitant les artistes français à la création en leur fournissant les moyens nécessaires à leur épanouissement. Par ailleurs, la période concorde également avec l'essor de l'industrie du disque et du cinéma, ce qui permet à la chanson une diffusion à l'échelle mondiale. Les messages ne sont plus confinés à leur seul pays d'origine ; désormais, c'est la planète entière qui peut entendre l'appel au secours des Français.

    Grâce à ces nouveaux médias, les artistes français deviennent aussi des icônes vénérées dans une opinion publique qui tend à se faire mondiale. L'occupant allemand tient compte de ce phénomène. Sa position à leur endroit ne peut plus être radicale. Une liberté (qu'il croit contrôlée) est désormais acquise et des artistes audacieux tels que Joséphine Baker sauront en profiter. Devenant agent du contre-espionnage dans les services secrets de France Libre dès 1940, Baker chante pour les soldats, pour les Allemands aussi, mais utilise subtilement ses partitions musicales pour transmettre des messages contre l'ennemi. Elle acquiert une telle réputation que même Hermann Goering (1893-1946) n'osera l'arrêter, préférant l'inviter à un dîner-spectacle où l'on envisage de l'empoisonner. Heureusement, Joséphine Baker ne sera pas victime du poison et à la Libération, elle recevra successivement la Croix de guerre, la Médaille de la Résistance et plus tard la Légion d'honneur des mains même du Général de Gaulle (1890-1970).

    Pendant cinq interminables années, la France survit à l'envahisseur et espère grâce à l'entité invisible qu'est la Résistance. Or malgré qu'elle porte aussi le message propagandiste de l'ennemi, on retient surtout que la chanson française de l'époque est le héraut de cette Résistance… La chanson française n'aura certes pas gagné la guerre, mais son action prodigieuse, son effet catalyseur, son pouvoir rassembleur auront sans le moindre doute supporté le moral de tous les infortunés Français opposés à la collaboration et leur aura donné la fierté de résister ensemble…

     

    http://www.site-du-jour.com/dossiers/chanson-occupation.html

     

     

     

      

     

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    Le paysan devient roi ! 
     
    Pour se faire pardonner ses gains, il est relativement généreux : 300 000 Parisiens ont bénéficié en 1941 de ses « colis familiaux ». Les curés s'entendent fort bien à lui faire sortir un peu de ses surplus ; ne disposent-ils pas du secret de la confession ? Les paysans camouflent la plus grande partie de leurs réserves : il faut souvent la menace, surtout dans les régions ouvrières, pour les leur faire livrer.
     
    Par contre, ils ne s'opposent jamais à la réquisition des occupants qui paient bien. Et, dans les trains, on les voit tailler à même des miches de pain blanc et piocher dans des pots de beurre. Le paysan a conquis une sorte de royauté ; il en profite comme d'une revanche sur les temps anciens où il était le parent pauvre.
     
    A partir de 1942, les départements agricoles sont les seuls où les naissances l'emportent sur les décès ; et même, la paysannerie se nourrissant mieux qu'avant la guerre, la proportion de la mortalité régresse en son sein.
     
     
     
     
     
     
    le retour à la terre du gouvernement de Vichy en 1940
     
     
     
    Le gouvernement prône le retour à la terre et, malgré l'absence des 700 000 paysans prisonniers, tout le monde s'y met avec enthousiasme.
    Pendant quatre ans, être fermier sera la vocation rêvée.
     
    On élève des poules, on cultive des bacs de salades sur les balcons ; le rutabaga fleurit dans les jardins à la française ; au printemps, les jardins publics se hérissent de « rames » à petits pois, on récolte des pommes de terre dans les jardins du Luxembourg et des Tuileries ; les fumeurs entretiennent amoureusement quelques plants de tabac.
     
    Le Maréchal lui-même loue une propriété à Charmeil, près de Vichy, où il fait élever les agneaux enrubannés qu'on lui offre à l'entrée des villes.
     
     
     
     
    paysan pendant l'occupation
     
     
     
    Vichy ordonne la mise en culture (volontaire ou forcée) des terres abandonnées et particulièrement des grands espaces de Sologne et de Grau. Les jardins ouvriers sont encouragés, dotés de subventions, de conseils, d'instruments.
     
    Sous la surveillance plus ou moins exacte de commissions de contrôle, on voit se grouper dans les établissements religieux, les usines, les bureaux, tous ceux qui n'ont pas oublié leurs origines paysannes.
     
    Financièrement et psychologiquement, le gouvernement encourage également le retour à la terre.
     
     
     
     
    jardins ouvriers du gouvernement de Vichy
     
     
     
     
     
     
    les journaux chantent le courage et l'intelligence de ceux (ils sont 25 000 paraît-il) qui ont su revenir à la terre pour mieux manger sans doute, mais aussi pour faire revivre une parcelle de sol français .
     
    Afin de réduire le gaspillage , on mobilise les enfants des écoles pour la récolte des châtaignes et des glands.
     
    La lutte contre le doryphore est intensifiée.
     
    Le service civique rural organisé. Le remembrement favorisé.
     
    Dans la volonté de ne laisser aucun lopin de terre inutilisé, on ira jusqu'à mettre en culture le jardin des Tuileries. Une fois mûres, les tomates, poussées à la place des fleurs, seront distribuées au Secours national.
     
    Mesures spectaculaires à l'influence limitée.
     
     
     
     
    surfaces cultivees pendant l'occupation
     
     
     
     
    De 1940 à 1944, les surfaces cultivées diminuent de 16 % pour le blé, de 22 % pour les betteraves sucrières, de 29 % pour l'avoine et l'orge. Elles n'augmentent sensiblement que pour les légumes frais et pour les cultures oléagineuses (colza, oeillette, navette) où elles passeront de 9 000 hectares à 267 000.
     
    Quant aux récoltes, comment ne diminueraient-elles pas dans un pays où les engrais font défaut ainsi que les machines neuves, l'essence, les semences sélectionnées et jusqu'aux fers à chevaux depuis que l'armée allemande s'est emparée des stocks de l'unique usine de Duclair ?
     
     
     
     
    la queue devant les boutiques sous l'occupation
     
     
     
    Pour contrarier quelque peu l'effet des hausses, le gou-vernement s'efforce de favoriser les familles nombreuses, ainsi que les catégories sociales financièrement les plus démunies.
    Il institue la carte nationale de priorité accordée aux mères de famille ayant au moins 4 enfants de moins de 16 ans (ou 3 de moins de 14 ans, ou 2 de moins de 4 ans), aux femmes enceintes et aux mères allaitant un enfant.
     
    Ces cartes permettent d'échapper (parfois non sans querelles et incidents) aux queues qui rassemblent des centaines de personnes devant la boutique, souvent close du boucher, de l'épicier, du charcutier.
     
     
     
     
     
    files d'attente pendant l'occupation
     
     
     
     
    Elles ont pourtant été interdites, ces files d'attente (à Lyon d''abord, puis à Paris, le 1" juillet 1941) ;
    on croit les éviter en multipliant les inscriptions, mais elles se reforment chaque fois que la plus petite denrée en vente libre apparaît dans un quartier.
     
     
     
    Faire la queue
     
     
    Faire la queue est devenu une sujétion, un divertissement, un métier.
    Il y a la queue à relais faite par les membres d'une même famille qui se succèdent d'heure en heure le long du trot-toir:
     
    La queue à surprise qui consiste à attendre la voiture de l'épicier sans savoir ce que la voiture lui apportera. Et parfois, elle est vide...
     
    Les mères de famille nombreuse échappent du moins à cette astreignante discipline où les bavardages, la lecture et le tricot ne font oublier ni le froid ni la pluie...
     
     
     
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  • RESISTANCE

     

     

    Marcel BOULOT

     

    SOURCES: Collection Résistance et Mémoire.

     

     

    Bernard Boulot, né en 1925, est de ces jeunes gens qui acceptent très mal la présence de l'occupant. Son passage à l'école primaire supérieure de Caen, où règnent des idées patriotiques, le renforce dans ses convictions.

     

     

     

    Devenu ouvrier tourneur à la cartoucherie de Lébisey (hameau de Hérouville au Nord de Caen), il forme en 1942, avec quelques camarades: Roger Câtel, Bernard Duval , Jean-Pierre Voidies , Claude Lunois et Jean-Paul Mérouze, un petit groupe de Résistance rattaché au Front national. N'attirant guère l'attention sur eux en raison de leur âge, les jeunes gens se livrent à des activités de renseignement sur la côte.

     

     

     

    Mais au début de l'année 1944, l'un d'entre eux, en dérobant des documents importants au siège du RNP, attire l'attention de la Gestapo. Une série d'arrestations s'ensuit.

     

     

     

    Bernard Boulot est déporté à Neuengamme, puis Sachsenhausen (Kommando de Falkensee) où il est libéré par les Soviétiques en avril 1945.

     

     

     

    Sources:

     

     

     

    Archives Jean Quellien

     

     

     

     

     

     Bernard BOULOT

    Bernard Boulot est de ces jeunes gens qui acceptent très mal la présence de l’occupant. Son passage à l’école primaire supérieure de Caen, où règnent des idées patriotiques, le renforce dans ses convictions. Devenu ouvrier tourneur à la cartoucherie de Lébisey, il adhère en 1942, avec quelques camarades, à un petit groupe de résistance rattaché au Front national.

     

    N’attirant guère l’attention sur eux en raison de leur âge, les jeunes se livrent à des activités de renseignements sur la côte. Mais au début de l’année 1944, l’un d’entre eux, en dérobant des documents important au siège d’une organisation collaborationniste, attire l’attention de la Gestapo.

    Une série d’arrestation s’ensuit. Bernard Boulot est arrêté le 29 février 44 et est déporté à Neuengamme, puis Sachsenhausen (kommando de Falkensee) où il est libéré par les Soviétiques en avril 1945.

      

    Extrait de Victimes du nazisme dans le Calvados

      

      Sources

    http://sgmcaen.free.fr/resistance/boulot-bernard.htm

     

      

      

     

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