• ANTOINE de SAINT EXUPERY

    SAINT EXUPERY

     

     

    Saint-Exupéry

      

    Homme de lettres autant qu'aviateur, Antoine de Saint-Exupéry évoque pour de nombreuses générations d’enfants le Petit Prince publié en 1943.
    Sa disparition au cours d’une mission de reconnaissance aérienne, en 1944, a suscité de nombreuses interrogations.

    Cette mystérieuse disparition a été résolue en mars 2008.

     

      

    Saint-Exupéry l’aviateur

      

    Antoine de Saint-Exupéry n'est pas uniquement un écrivain pour enfants. Né en 1900 dans une famille noble désargentée, il fait ses études dans des pensionnats catholiques avant de préparer, sans succès, le concours d'entrée à l'École navale. Mais il a la passion de l'aviation et il obtient son brevet de pilote en 1921. En 1926, il entre à la compagnie Latécoère, où il est responsable des premiers long-courriers vers l'Afrique et l'Amérique du Sud.

      

      

      

      

    Aviateur, Saint-Exupéry a été un des pionniers de ce qui fut peut-être la dernière épopée de l’histoire de l’aviation.

    « Quelque chose s’était cassé dans mon moteur. Et comme je n’avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C’était pour moi une question de vie ou de mort... ».

    Saint-Exupéry avait neuf ans quand Blériot fit la première traversée de la Manche. Il en avait douze quand il prit son baptême de l’air, et il est aisé de comprendre combien la place décisive de l’aviation dans le déroulement de la Première Guerre mondiale a du le fasciner.

    Saint-Exupéry entreprend plusieurs raids, notamment entre Paris et Saigon. Il participe, avec jean Mermoz, aux premiers vols intercontinentaux de l'aviation postale, mais se fait surtout connaître, au cours des années 1930, par des oeuvres littéraires qui font de lui un écrivain pilote.

      

     

    Saint-Exupéry l’écrivain-pilote

    Parmi les œuvres les plus marquantes :

      

    Courrier Sud (1930), Vol de nuit (1931), dont l'action, largement autobiographique, se déroule en Amérique du Sud, et surtout Terre des hommes (1939), qui vaut à l'auteur le grand prix du roman de l'Académie française.

    Antoine de Saint-Exupéry a fait un récit très précis de l'accident qu'il a vécu le 30 décembre 1935, alors qu'il tentait de battre le record Paris Saigon : son avion, le Simoun F-ANXY s'est écrasé à la frontière de la Libye et de l'Égypte.

      

    Il erre trois jours dans le désert avant d'être sauvé par un Bédouin. C'est le quatrième accident de sa carrière, celui qui lui inspirera, entre autres, le début du Petit Prince. Pressé par d'importants besoins d'argent, il rédige dès janvier 1936 pour le journal l'Intransigeant plusieurs articles qui paraissent sous le titre Prison de Sable et formeront cinq chapitres de son livre Vol de Nuit.

    À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Saint-Exupéry, qui a toujours la passion de l'aviation, cherche à s'engager. Mais, en 1939, il est déclaré inapte au service actif et muté à l'arrière comme instructeur. Il revêt alors l'uniforme de l'armée de l'air et sert bientôt dans le groupe de reconnaissance 11/33, alors qu'il approche de la quarantaine.

    Après le débarquement en Afrique du Nord, Saint-Exupéry se rend à Alger en mai 1943 et multiplie les contacts pour servir de nouveau dans le groupe de reconnaissance où il a fait ses preuves au début de la guerre.

    Mais les temps ont changé: les engins utilisés par les aviateurs alliés sont beaucoup plus sophistiqués que ceux auxquels il est habitué. Grâce à ses relations, il vient à bout des réserves que son âge suscite et reçoit l'autorisation d'effectuer cinq missions de guerre au sein du groupe de reconnaissance 11/33 basé en Corse, qu'il réintègre.

      

    En tout, il mènera dix missions à bord d'un Lightning P-38, avion à double fuselage, très perfectionné et pouvant voler à 700 km/h, mis au point aux États-Unis avec la participation de Lindbergh.

      

     

    Le dernier vol de Saint-Exupéry

      

    Saint-Exépury outrepasse les limites de l'autorisation exceptionnelle qui lui avait été délivrée par le commandement allié. Lors de sa sixième mission, le 29 juin 1944, jour de son 44e anniversaire, il est menacé de suspension après s'être égaré au-dessus des Alpes et avoir oublié de déclencher son signal d'identification radio.

    Il atterrit en catastrophe à Borgo, aux environs de Bastia, en Corse. Sa dernière mission est prévue pour le 31 juillet: son supérieur hiérarchique devait lui annoncer à son retour le prochain débarquement allié en Provence ainsi que son interdiction de vol.

    Bien que non inscrit sur le tableau des vols, il a insisté pour décoller. Le nom de code de l'opération - une reconnaissance au-dessus de Grenoble et Chambéry - est Soda.

      

      

     

    Antoine de Saint-Exupéry, aviateur et écrivain français. (Collection musée de l'Air, Paris.)

    Saint-Exupéry monte dans l'étroite carlingue du Lightning n" 223. Toutes les vérifications d'usage ont été effectuées, la météo est bonne. Il est 8h45 du matin lorsque l'appareil décolle. Vingt-cinq minutes plus tard, le poste radar signale qu'il a dépassé les côtes françaises.

      

    A 13 heures, l'avion, qui doit être à court de carburant, n'est toujours pas réapparu sur l'aérodrome de Borgo. Il faut se rendre à l'évidence : le commandant Saint-Exupéry est porté disparu. L'épave de l'avion ne sera jamais retrouvée. Ainsi commence une énigme que plus d'un demi-siècle d'investigations n'a presque pas entamée.

      

    La disparition de Saint-Exupéry résolue

    On a longtemps cru qu'il avait été abattu par la chasse allemande au-dessus de la Provence, sur la foi d'une lettre, publiée en 1972, dans laquelle un aviateur allemand déclarait avoir abattu un P-38 le 31 juillet 1944: si ce document relate un certain nombre de faits vérifiés dans les archives de la Luftwaffe, il en présente d'autres qui ont été contestés par les spécialistes.

    En 1992, des recherches sont lancées dans la baie de Nice, où l'on suppose que l'appareil de Saint-Ex s'est écrasé. En vain. Mais cela ne signifie évidemment pas que l'épave ne dorme pas au fond de la Méditerranée: un avion qui heurte l'eau peut se désagréger, et ses débris sont difficiles à retrouver.

    L'affaire rebondit en septembre 1998, lorsqu'un chalutier naviguant entre Cassis et Marseille attrape dans ses filets une gourmette portant le nom de Saint-Exupéry et des débris d'aluminium (ceux d'un Lightning P-38). Cette zone n'avait jamais été explorée jusqu'alors, mais les espoirs s'évanouissent vite, car toutes les recherches effectuées dans un rayon de 100 km² demeurent infructueuses.

    En mars 2008, un ancien pilote de la Luftwaffe, sur Messerschmitt Bf 109, Horst Rippert, affirme dans le journal La Provence avoir abattu un avion de type P-38 lightning le 31 juillet 1944 dans la zone où Saint-Exupéry se trouvait.

    En mission pour retrouver un avion ennemi qui survolait la région d'Annecy, Horst Rippert tourne plusieurs minutes au-dessus de la Méditerranée sans rien repérer. Soudain, un avion allié le croise 3000 mètres au-dessous de lui. Horst Rippert tire et touche. L'avion s'enflamme et tombe à pic dans la Méditerranée.

      

      

    V.B (11.09.2006). M.à.J T4suki 04.2008

     

      

    ARCHÉOLOGIE CONTEMPORAINE

     

    En

     

    PLONGÉE PROFONDE

     

    Antoine de Saint-Exupéry

     

     

    D.R.

     

     

     

    Résumé

     

    Cette "Affaire St-Ex", comme l'appelèrent les médias, est en réalité une très longue enquête sur laquelle je me suis d'abord penché, un peu par hasard, mais surtout pour combler l'abîme sans fond de ma curiosité naturelle.

      

    C'est avec bien peu de moyens, mais riche du courage que m'ont insufflé mes proches, avec la patience de mon entourage, qui du et doit encore me supporter lorsqu'une passion me dévore (c'est à dire à peu près tout le temps) que j'ai pu trouver la ténacité nécessaire pour aller jusqu'au bout de cette aventure. Je tiens à rendre ici un hommage très particulier à mon ami Jocelyn Collerie de Borelly.

      

    Discret comme à son habitude, il a fuit le déferlement médiatique qui a suivit la déclaration. Son calme et sa maîtrise ont été souvent les garants de ma survie. Surtout lorsqu'il occupait le poste le plus important pour moi et psychologiquement le plus difficile pour lui : la veille surface, nos vies alors liées par notre confiance mutuelle et notre expérience.

      

    C'est lui qui pose ici, sur la première photo publiée dès le lendemain de la déclaration, il tient dans la main la solution de l'énigme, cette pièce ne pouvait se trouver que sur l'avion de Saint-Ex.

     

     

    copyright Luc Vanrell 05/2000

     

    Le Contexte :

     

    Fin juillet 1944. L’aviation alliée prépare le débarquement de Provence. La 1ère escadrille française du Groupe de Reconnaissance II/33 Belfort, placée sous tutelle américaine, est stationnée en Corse. Ses pilotes effectuent de périlleuses missions de reconnaissance au-dessus de la France. Le 31 juillet, le Commandant Antoine de Saint-Exupéry, malgré ses 44 ans, vole sur un F-5B, bimoteur monoplace Lockheed Lightning P-38, modifié pour la reconnaissance photographique. Ce type d’appareil, très en avance sur son époque est physiquement très éprouvant. Dans ces missions où l’aviateur est seul, sans aucun moyen de défense (l’armement étant remplacé par des appareils photographiques), tout repose sur le courage, la science du pilotage et aussi, la chance. Saint-Ex, à 44 ans, est déjà un homme fatigué, tant physiquement que moralement. Il souffre cruellement des séquelles de précédents crashes.

     

     

     

     

    Profil du F-5B N°42-68223 exécuté par Patrice Gaubert à notre demande. Nous le remercions et le félicitions pour la qualité et l'extrême fidélité de ce travail.

     

    © Patrice Gaubert

     

    Le Dernier Vol :

     

     C’est à force d’obstination qu’il obtient l’autorisation exceptionnelle d’effectuer 5 missions sur P-38. Par relations, il parviendra même à faire enregistrer des vols dits « bis ». Ce 31 juillet 1944, il décolle pour sa dixième mission sur P-38, la cinquième « bis » en fait, la dernière dont il dispose. D'autant que son chef d’escadrille, le capitaine René Gavoille, l'avait prévenu la veille que ce vol serait certainement le dernier de sa carrière militaire; les américains, responsables des opérations, ne souhaitant plus confier cet appareil si éprouvant au plus vieux pilote de guerre du monde, et, pour être sûr de le clouer définitivement au sol sans l’offenser, Gavoille avait décidé de l’informer, dès son retour, des préparatifs du débarquement de Provence. Ceci, pour des questions de sécurité militaire, l’aurait irrémédiablement confiné à sa base.

     

    Recherches :

     

    Malgré de nombreuses et coûteuses recherches, la disparition de l’auteur du Petit Prince va demeurer un mystère pendant 54 ans, jusqu’à ce jour du 7 septembre 1998, quand Jean-Claude Bianco, patron pêcheur marseillais, remonte miraculeusement dans les mailles de son chalut, la gourmette du pilote, lançant ainsi une piste imprévue : Marseille !

     

     

    copyright Alexis Rosenfeld 1998

     

    Je décidais alors de vérifier si des débris d’avion que j’avais précédemment repérés et photographiés dans cette même zone de pêche, pouvaient correspondrent au type de celui que pilotait Saint-Exupéry le jour de sa disparition soit, la version de reconnaissance F5-B d’un appareil américain ultra sophistiqué, le Lockheed P-38 Lightning.

     

    Des pièces caractéristiques me permirent de confirmer cette hypothèse, mais pas moins de 42 Lightning avaient disparu le long du littoral provençal durant le dernier conflit mondial… et 20 mois de travail furent nécessaires pour me documenter et connaître les moindres détails de toutes les versions de cet appareil. Les nombreux travaux de recherche déjà effectués par le passé me furent une aide précieuse, mais c’est principalement grâce aux travaux de l’historien Philippe Castellano que je pus aboutir dans mes conclusions. Saint-Exupéry volait sur une version récente et très évoluée du P-38. Il fallait donc démontrer qu’il s’agissait bien des restes d’un Lightning récent pour réduire ce nombre de 42 à 5 appareils. Or, les travaux menés par cet historien étaient suffisamment documentés sur 4 de ces 5 avions pour que l’on puisse les écarter.

     

    La Fin du Mystère :

     

    Ayant mis en évidence, lors d’une dernière plongée, qu’il s’agissait bien d’un modèle récent, je pus officiellement annoncer cette découverte le 25 mai 2000. En octobre 2003, une autorisation de fouilles sera enfin délivrée et Philippe Castellano trouvera sur les vestiges renfloués, un numéro de série confirmant définitivement l’hypothèse avancée

     

     

    copyright Philippe Castellano 10/2003

     

    Pendant toute la durée de cette enquête, je poursuivais mes travaux dans la grotte Cosquer. Pouvoir ainsi enjamber presque 30 millénaires d’un jour à l’autre, en passant du Gravettien à l’Histoire contemporaine, de la splendeur et de l’obscurité d’une des plus belles cavernes ornées au soleil éclatant des Calanques, fait parti du charme unique de Marseille.

     

    Luc Vanrell.

     

    Voici une liste des principaux protagonistes :

     

    Jean-Claude Bianco, inventeur de la gourmette, sans lui, et surtout sans son incroyable chance, rien n'aurait été possible.

    Philippe Castellano, pour lui sous l'eau il y a des avions et à terre des archives a étudier.

    Patrick Grandjean, conservateur du patrimoine, chef du DRASSM pendant l'affaire St Ex et donc en même temps mon "patron" d'alors pour Cosquer. Son soutien et sa confiance me furent précieux.

    Anne Delhomme et Jo Vicente (DRASSM) qui ont participé après la déclaration aux constatations in situ pour l'État.

    Jack T. Curtis, dit Cracker Jack, ancien pilote du 367ème Fighter Group, "The Dynamite Gang", véritable héro à la Buck Danny, il fit une carrière interminable comme pilote de chasse. Il fut le seul à s'acharner avec moi et à remuer toutes ses relations pour m'obtenir les documentations techniques qui me manquaient. Alors que je n'oubliais jamais de le citer, Jack répondra toujours aux journalistes de son pays :"je n'ai strictement rien, fait. Luc a plongé, photographié, étudié et trouvé la solution seul". Et bien non, Jack, pas seul car tu m'as insufflé ta force à travers tes encouragements, et, aussi par ton exemple. Jack est maintenant un redoutable chasseur de MIA (Missing In Action). En juin 99, pendant l'affaire Saint-Ex, il retournera, malgré son grand age, en Allemagne, pour conclure l'histoire tragique de son ailier, son copain de chambrée, James Robert Baxter, descendu à ses côtés en combat aérien, sur P-38, le 24 décembre 1944. J'imagine quelle fut son émotion lorsqu'il pu enfin faire rayer ce nom du mur des disparus. Chapeau bas Cracker Jack !

    Jack devant et son P-38

    Et plus tard

     

    P.S. : Cette affaire est longue, complexe, comporte maints rebondissements et même des fausses pistes. Deux livres l'abordent avec une assez bonne exactitude, je vous y renvoie donc :

     

    à paraître ( 06/2006 ), "Le Petit Prince et le Pêcheur" (Le titre n'est pas encore arrêté avec certitude) par Jean-Claude Bianco et Philippe Cousin aux éditions Ramsay et :

     

    Saint-Ex : La fin du mystère
    de Hervé Vaudoit, Philippe Castellano, Alexis Rosenfeld

     

     

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