• Juno beach 

    la 3ème division d'infanterie canadienne,

    la 2ème division blindée canadienne

     

     

     

    The Lance Corporal ER Sandie, talks to civilians in front of the butcher's of E. Hore at 17, Rue de  Bayeux. (Caen):

    Juno beach est une plage de près de 10 km qui se situe entre la plage de Gold (à l'ouest) et la plage de Sword (à l'est).

     

    Elle s'étend des villages de Gray-sur-mer jusqu'à St Aubin-sur-mer, au milieu se trouve le petit port de pêche de Courseulles-sur-mer.

     

    L'assaut de la plage est confié à la 3ème division d'infanterie Canadienne (soucieux de venger leurs camarades tombés à Dieppe) ainsi que la 2ème division blindée canadienne sous les ordres du Général R.F.L. Keller.



    Les objectifs de la journée sont les suivants :


    1.Couper la Nationale qui relie Caen à Bayeux


    2.Réaliser la jonction avec les troupes débarquées sur Gold beach
    3.Réaliser la jonction avec les troupes débarquées sur Sword beach
    1.Prendre l'aéoroport de Caen-Carpiquet

     

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    Général R.F.L. Keller

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    Général Crerar


    Forces alliés:

    La plage est divisée en deux parties: le secteur "MIKE" (à l'ouest de Courseulles) et le secteur "NAN" (à l'est de Courseulles jusqu'à St Aubin-sur-mer).

     

    Le secteur "MIKE" est confié à la 7ème brigade sous les ordres du Brigadier H.W. Foster, tandis que le secteur "NAN" est confié à la 8ème brigade sous les ordres du Brigadier K.G. Blackader.


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    Forces de l'Axe:

    La défense de la plage est tenue par la 716ème division d'infanterie composé du 726ème Régiment et du 736ème Régiment sous les ordres du Commandant :

    General leutnant Ludwig Richter. Son PC est installé au nord de Caen, à la Folie-Couvrechef


    L'assaut:

    La plage de Juno est en grande partie constituée de sable et de rochers.

     

    C'est pour cette raison que l'assaut de la plage commence à 7h55 soit 30mn plus tard que sur les plages voisines.


    Malgré les 14000 mines, des canons et des mitrailleuses, la défense Allemande est peu puissante.


    En effet les spécialistes Allemands de la Kriegsmarine estimaient que les rochers du Calvados empêcheraient à eux seuls toute tentative de débarquement.


     

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    Grayes-sur-mer

    A 9h00, la Royal Winnipeg Rifles libère le village.

     

    C'est à cet endroit que le Général de Gaulle débarque le 14 juin et retrouve le sol Francais.

    Churchill et le roi Georges VI en firent

    de même le 12 et 16 juillet.


    Courseulles-sur-mer.

    Ce petit port de pêche est la cible des Canadiens First Hussars, Régina Rifles et des royals Winnipeg Rifles.


    Le débarquement est difficile et les combats se font au corps à corps , maisons par maisons.

     

    Le Régiment Centaure perd 34 chars DD sur les 40 débarqués.

     

    A 8h30 le Sergent Léo Gariépy occupe la Kommandatur

    et à 10h00 le village est libéré.

     

    L'embouchure de la Seulles devient le 1er port de ravitaillement des alliés (2000 tonnes par jour), en attendant la construction d'Arromanches.

     

     

     

    Bernières-sur-mer.

    Cette plage de 2,5 kms fait l'objet d'intenses bombardements depuis 4h00 le 6 juin 1944.

     

    Les péniches débarquent à 8h10 en faisant face au nombreux obstacles qui jonchent la plage. Au total 90 embarcations seront coulées et s'échouent sur les îles Bernières.

    Les hommes du Queen's Own Rifles et de la Chaudière sont pris sous un déluge d'obus lors de la traversée de la plage(100m). A 9h30, le village est libéré et le général R.F.L. Keller installe son PC de commandement.

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    St Aubin-sur-mer.

    Les nombreuses mitrailleuses et les canons de 50mm donnent de grosses difficultés aux hommes du Régiment North Shore.

    Après le nettoyage de la plage, les chars amphibies du Fort Garry affrontent les diverses casemates.


    La 48 Royal Commando est la 2ème vague qui débarque à cet endroit avec comme objectif la prise de Langrume-sur-mer.



    Langrune-sur-mer.


    Sur cette plage de sable fin la 48ème Royal Marine Commando fait l'objet de très violents combats. Les Allemands avaient équipé les pâtés de maisons avec des canons antichars de 50mm et fortifié les villas sur la plage.


    La résistance Allemande tient bon malgré les tirs navals et ceux des chars Centaures. Le village est libéré le 7 juin à 15h30, par les hommes du Lieutenant Colonel Moulton qui perd la moitié de ses hommes.

     

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    Douvres la délivrande 

    A 2 Km à l'intérieur des terres se trouve la station de

    radar Allemande nommée "Distelfrik" (Chardonneret).

     

    Cette station est équipée de 2 radars "FREYA", 2 radars "Wurzburg",

    et 1 radar "Wassermann" (portée 300km).

    Femmes de Imperial Military Nursing service de la reine Alexandra (QAIMS) posent pour une photo de groupe au n ° 88 à l'Hôpital général de Douvres-la-Délivrande, le 22 Juin 1944.

     

     


    Elle abrite également une centrale téléphonique, une station radio,

    une usine électrique et des soutes à munitions.

     


    Protégée par une DCA et des canons antichars, la station résiste 11 jours, le 17 juin les 238 hommes de la station signe la rédition.

     


    A partir de cette date, elle devient le quartier général du Général Major Canadien Georges Francoeur.


    Beny-Reviers

    La batterie des Moulineaux qui protège le village est détruite par les tirs navals des croiseurs Belfast et Diadem avant 6h00.

     

     

    Le village est libéré le 6 juin par le Régiment de la Chaudière.

    Un aérodrome de campagne t est construit.

     

    Sur la route de Bernières à Beny se trouve le château de Hettier de Boislambert.

     

    Libéré par les hommes de la 8ème brigade Canadienne, le château devient un lieu de repos pour les soldats Canadiens.

    Creully

    Le village de Creully sert de jonction avec les troupes débarquées à Gold et Juno.


    Fin de journée:


    Le soir du 6 juin, la 3ème division a débarqué 24000 hommes et plus de 3000 véhicules.
    A Creully la jonction est effectuée avec les troupes britanniques débarquées à Gold.

     

    Cependant la jonction avec les britanniques de Sword n'est pas possible suite à une contre-attaque Allemande de la 21ème Panzer Division.

     


    L'avancée sur l'aérodrome Caen-Carpiquet est stoppée et cet objectif fixé au 6 juin ne sera pas réalisé.

     


    Le débarquement à Juno est très satisfaisant, la plupart des objectifs ont été réalisés et une solide tête de pont a été réalisée (jusqu'à Creully). Les pertes humaines s'élèvent à 1150 tués et blessés sur un effectif de 15000 hommes.


    Merci à http://sites.estvideo.net

    A Suivre....

     

    Juno injustement oublié de l'histoire ?

    10 ans après, je suis retourné faire un séjour d'une semaine sur les plages du débarquement, et si beaucoup de choses ont changé, il y a notamment eu un gros travail sur les musées, neufs ou bien améliorés, j'ai eu envie de reprendre ce très long article pour ajouter une page : Celle sur Juno Beach.

    En effet, quand on parle débarquement de 1994, les gens oublient celui de Provence (pourtant tout aussi décisif) et le débarquement de Normandie se résume à Omaha Beach, Sainte Mère l'église, voir Pégasus Bridge pour les plus érudits, et Sword pour les franchouillards.

     

     

    dday-juno beach-bernières sur mer 1944

    Le sergent R. Gagnon du Régiment de la Chaudière avec un prisonnier allemand ... souriant. (Archives Nationales Canadiennes/Frank L. Dubervill)

     

     

     

    Dans l'imaginaire collectif, on pense avant tout aux sacrifices des soldats américains, puis celui des Anglais oubliant trop souvent les Canadiens...

     

     

    Et pourtant, Juno Beach était la seconde plage la plus fortifiée après celle d'Omaha, et ce fut également la seconde plus sanglante (340 tués, 739 blessés ou disparus), à l’instar de la première vague à Omaha, la première vague de Juno subit environ 50% de pertes !

     

     

    rgt la chaudière-juno beach-dday

    6 juin 1944 dans la Manche : les fantassins quittent le HMCS Prince David pour gagner le secteur Juno.

    (Archives Nationales Canadiennes)

     

    De  nombreux obstacles barrent l’accès à cette plage et dès 8h05, les membres du Queen’s Own Rifles of Canada puis de La Chaudière progressent difficilement sous une pluie d’obus et à travers les champs de mines. En effet, entre Courseulles-sur-mer et Bernières, les défenseurs ont posé plus de 14 000 engins explosifs et aucun char n’est présent pour soutenir les hommes. Dès les premières minutes, entre la plage et la digue, la compagnie B du Queen's Own Rifles perd 65 de ses soldats. Ces derniers font face au point fort de la Cassine, empêchement munit de 2 canons de 50 mm et 7 mitrailleuses. 3 canadiens, appuyés par la Royal Navy, s’en approchent et réduisent en 15 minutes le point de résistance.

     

     

    Résultats Google Recherche d'images correspondant à http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1d/Caen_gare_1944.jpg:

    Membres des "Green Howards" parlant à des civils français, le 23 août 1944.:
    Read more at http://www.plagesdu6juin1944.com/accueil/juno/itineraire-n-3/bernieres-sur-mer.html#uXoxLfy42YQhDAZj.99

    HMCS Prince david-juno beach-1944

    L'histoire :

    Le secteur de Juno était divisé en Love à l'ouest, Mike (Green et Red) au centre et Nan (Green, White et Red) à l’est. La météo défavorable a rendu la mer extrêmement houleuse. De ce fait, le pilonnage de la marine a été très peu efficace, puisque seulement 14% de fortifications ont été touchées.

     

    Toujours à cause houle, mais aussi à cause de dangereux récifs côtiers, le débarquement a prit du retard : 30 minutes (comme pour Omaha) durant lesquels les Allemands ont pu se réorganiser.


    Le débarquement commence donc à 8h, la marée montante a déjà recouvert bons nombre d'obstacles du mur de l'Atlantique, de nombreuses embarcations sautent sur les mines : sur les 306 embarcations de débarquement, 90 sont détruites avant même de toucher le sol !


    Pire encore, toujours à cause de la mer, les chars amphibies ne peuvent pas accompagner les premières vagues, ce qui laisse ces dernières sans appui, bloquées face à une digue de protection contre la mer haute de deux mètres. Il faudra attendre l'arrivée des char et le courage des canadiens, et notamment le régiment francophone de la Chaudière, pour percer le dispositif.

     

    Le soir du 6 juin, 21 000 hommes et 3 200 véhicules ont débarqué, et les troupes ont avancé d'une quinzaine de kilomètres, et la jonction est faite avec Gold, il faudra néanmoins attendre le lendemain pour faire la jonction avec Sword.

    Ce qui me frappe toujours lorsque je vais sur les plages du débarquement, c'est la différence de mise en valeur de la mémoire entre les plages de débarquement US (Omaha, Utah) et les autres, pour s'en convaincre il suffit de visiter le cimetière de Colleville-sur-Mer pour s'en convaincre.

     

    Ainsi, les plages de Sword, Gold sont beaucoup moins mises en valeur que leur homologues américaines.

     

    A Juno, le musée est relativement récent,

    puisqu'il a été inauguré le 6 juin 2003.

     

    Le Centre Juno Beach est plutôt bien fait, avec pas mal d'interactivité, tout en étant très personnel. Ainsi, à l'entrée on retrouve une série de croix correspondant à un soldat tombé le jour J, avec un flash code pour découvrir la vie du soldat.

     

    Tout le long de la visite, on apprend le rôle du Canada durant la Seconde Guerre mondiale, l'histoire du Canada avant et pendant la guerre. J'ai été franchement bluffée, je pensais plutôt bien connaitre l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, et pourtant j'ai vraiment appris pas mal de choses dans ce musée (d'où l'ajout de cette page d'ailleurs, d'où également le paragraphe suivant).

     

     

     

    Le rôle des Canadiens durant la Seconde Guerre mondiale :

    Je ne referai pas mieux que ce qui se trouve sur internet, ainsi je vous invite à lire les pages suivantes :

    Néanmoins, j'aimerai attirer votre attention sur les points suivants :

     

     

    Néanmoins, j'aimerai attirer votre attention sur les points suivants :

    • Le Canada est entré en guerre contre l'Allemagne dès le 10 septembre 1939, néanmoins, les soldats canadiens n'ont pu prendre part aux combats de la bataille de France que de manière anecdotique (1re brigade d’infanterie), au travers la visite du musée, on peut ressentir cette frustration.

     

    • En 1939, les force armées canadiennes partent du néant, en effet, durant l'entre deux guerres l'armée a été négligée.
    • Afficher l'image d'origine
    • Néanmoins, l'effort de guerre considérable permit de renverser la situation.

     

    • Le Canada eu un rôle primordial aux premières années de la guerre en ravitaillant l’Angleterre en besoin urgent(nourriture, armes, matériel)
    • 50 000 aviateurs alliés furent formés au Canada.

     

     

    • Lors du débarquement de Dieppe en 1942, l'armée canadienne fournit le contingent le plus important : 5 000 hommes canadiens sur les 6 000 engagés alliés, environ 900 moururent et presque 2 000 furent prisonniers.
    • Plus d'un million de Canadiens prirent part au conflit, 45 000 perdirent la vie, 55 000 revenir blessé. Ce chiffre est à mettre en perspective avec la taille du pays à l'époque: en effet, en 1940, le Canada comptait 11 millions de citoyens, le nombre de soldat engagé représentait 1/4 de la population active.

     

     

    https://www.team-azerty.com/html/articles/article-11-page-5-normandie1944-2004.html

     

     

    http://monde-elodie.heberg-forum.net/ftopic9690-0-asc-0.html

     

     

     

     

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  • Le plus jeune Compagnon de la Libération

    Mathurin Henrio, né le 16 avril 1929 au lieu-dit Tallen Crann à Baud dans le Morbihan et tué d'une balle dans le dos le10 février 1944 également à Baud, était un jeune français devenu, à quatorze ans, le plus jeune Compagnon de la Libération

     

    Lors de la Seconde Guerre mondiale, le lieu-dit Poulmein, situé à environ deux kilomètres au nord de Baud, est choisi pour servir de base au maquis de la zone.

     

    Le 10 février 1944, dénoncés, des membres du maquis sont sur le point d'être arrêtés alors qu'ils sont en route vers Hennebont

     

    Une fusillade éclate et les maquisards se replient vers Poulmein pour alerter leurs camarades qui décident de fuir en effaçant les traces de leur passage dans la ferme qui leur sert de camp de base.

     

    La carte d'identité d'un des résistants est retrouvée sur les lieux du combat par un ouvrier ; un jeune homme nommé Louis Le Gal, connaissant la personne titulaire de cette carte, décide de la lui rapporter.

     

     

    Ce dernier en route rencontre à Tallen un jeune fils de cultivateurs, Mathurin Henrio, qui décide de l'accompagner.

     

    Arrivés à la ferme, les deux jeunes aident les maquisards à charger leurs affaires et leur armement mais ils sont surpris par les Allemands.

    La plupart des résistants parviennent à s'enfuir, mais deux sont faits prisonniers et deux autres abattus. Mathurin Henrio, lui aussi s'enfuyant à travers champ est abattu d'une balle dans le dos avant d'être achevé.

    Son corps est exposé le lendemain dans la mairie de Baud.

     

    Le surlendemain, près de 3 000 personnes participent à son enterrement.

    Il est fait compagnon de la Libération à titre posthume, par décret du 20 novembre 1944.

     

    C'est le plus jeune des 1038 résistants à avoir reçu cette décoration.

    Il est également décoré de la Croix de guerre 1939-1945

     

     

     

     

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  • « UN EPISODE MECONNU »

    « J’étais l’idole sauvage dont Paris avait besoin.

     

    Après quatre années de violence (la guerre 14-18), j’ai symbolisé la liberté retrouvée, la découverte de l’art nègre, du jazz. J’ai représenté la liberté de me couper les cheveux, de me promener nue, d’envoyer tous les carcans au diable, y compris le corset ».

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    Surnommée à l’époque, la « Vénus d’ébène », on ne retient souvent que son apparition fracassante au Théâtre des Champs Elysées, dans la revue nègre, en octobre 1925. Tout le monde connaît sa fameuse ceinture de bananes et sa chanson fétiche « J’ai deux amours », mais Joséphine Baker c’est aussi une légende aussi extraordinaire qu’attachante. Quel destin pour cette petite américaine née le 3 juin 1906 à Saint-Louis dans le Missouri, d’une noire pauvre et célibataire et d’un blanc inconnu ! 

     

    Subversive, rebelle, visionnaire, elle croisera Jean Cocteau, Pablo Picasso, Georges Simenon et Colette, condamnera le racisme et l’antisémitisme.

     

    Excessive et généreuse sur scène comme dans la vie, elle fondera sa tribu « arc-en-ciel », composée d’enfants qu’elle adoptera sur les cinq continents, malgré de sérieux revers de fortune.

     

    Mais il y a une époque de sa vie qui reste encore méconnu aujourd’hui : son engagement dans la Résistance Française …

    Maurice Chevalier et Joséphine Baker.

    Dès 1939, elle entre dans le contre-espionnage et devient, plus tard au péril de sa vie, l’agent de propagande du Général de Gaulle. Lors de son recrutement en 1939 elle dira :

     

    « C’est la France qui m’a faite ce que je suis. Je suis prête à lui donner aujourd’hui ma vie ». Naturalisée Française en 1936, Joséphine Baker donne de nombreux concerts pour récolter des fonds au profit de l’Armée Française. Elle parcourt le front et se produit devant les soldats qui souvent la préfèrent à Maurice Chevalier. Ses déplacements n’ont rien de discret : c’est ce qui attire Jacques Abtey, du 2ème bureau. Il prend contact sur « recommandation » et la recrute comme agent d’information.

     

    Cotoyant chaque soir Chefs d’Etat, ministres et diplomates étrangers, elle devient rapidement une source importante de renseignements pour le 2ème bureau.

     

     

    Afin d’obtenir des informations précieuses sur les intentions de Mussolini, la célèbre vedette de music-hall interroge l’attaché militaire italien qui lui voue une admiration sans bornes. Le 2ème bureau veut-il savoir ce que pense le gouvernement japonais de l’Indochine Française ?

     

    Joséphine Baker le demande négligemment à son ami Renzo Sawada, ambassadeur du Japon à Paris.

     

    Elle s’y prend de la même façon, concernant les projets secrets des allemands, détestant l’idéologie raciste des nazis. Ainsi elle recueille les petites confidences des diplomates, qui veulent parader devant elle et qu’elle manipule avec adresse …


    En juin 1940, Abtey et Baker veulent rallier le Général De Gaulle à Londres.

     

    Ce n’est pas une mince entreprise, car le 2ème bureau a encore besoin d’elle …

     

    En dépit de l’interdiction allemande, un service clandestin de contre-espionnage sous la couverture d’une organisation agricole, les « Travaux ruraux » est mis en place.

     

    Le capitaine Paillole ancien chef d’Abtey leur procure de faux passeports et trouve judicieux l’idée de Joséphine Baker : elle servira de couverture à Abtey, qui devient son « secrétaire » et organisera ses tournées au Portugal puis en Amérique du Sud.

     


    Sous l’identité de Jacques-François Hébert, Abtey reçoit des mains de Paillole, des informations secrètes.

     

    A la fin de novembre 1940, Joséphine Baker et Abtey munis de visas franchissent sans encombre la frontière Pyérénéenne avec les fameux documents (notamment la photo des péniches que les Allemands pensent utiliser pour envahir l’Angleterre).

     

    Les douaniers n’ont d’yeux que pour la vedette se fichant de l’homme qui la suit avec déférence.

     

    Arrivés à Lisbonne, ils tranmettent les documents à un agent de l’Intelligence Service.

     

    Mais Joséphine et son « secrétaire », qui voulaient rejoindre les Français Libres de Londres, reçoivent une nouvelle mission. ils doivent s’installer au Maroc et servir d’intermédiaire entre Paillole et l’Intelligence Service. Joséphine part à Marseille chercher un nouveau visa pour traverser l’Espagne.

     

    Elle l’obtient directement de l’ambassadeur d’Espagne au Portugal, qui n’est autre que Nicola Franco, le propre frère du Caudillo …

    Joséphine Baker reçoit la médaille de la résisance.

    En juin 1941, elle tombe gravement malade.

     

    Luttant contre la mort, elle demeure hospitalisée jusqu’à la fin 1942. A peine remise, Joséphine reprend ses activités de music-hall au profit des unités alliées. Tunis, Le Caire, Beyrouth, Tel-Aviv, Jaffa, Damas : partout, elle défend la cause du Général De Gaulle.

     

    La voici agent d’influence de la France Libre.

     

    Sillonnant le Maroc, la France, le Portugal et l’Espagne, Joséphine Baker donne de nombreux spectacles, glane des informations et transporte régulièrement des documents secrets cachés dans ses partitions avec un aplomb, une décontraction et une insouciance extraordinaire.

     

    En 1946, elle reçoit la médaille de la résistance.

     

    De Gaulle la félicite personnellement. La Légion d’honneur sera plus longue à venir récompenser ses services, mais grâce à l’insistance de ses anciens chefs, elle finira par l’obtenir en 1956. Joséphine Baker une espionne ? Elle sera au service de la France et des alliés dès 1939 et signera à Alger, le 23 mai 1943 « un engagement définitif pour la durée de la guerre » au sein de l’armée de l’air. Fermées jusqu’alors, les archives du renseignement français ont été ouvertes pour la première fois à un éditeur qui a travaillé en toute indépendance, il y a peu. 

     


    Cette descendante d’une humble famille d’esclaves noirs, devenue d’abord un phénomène du Tout-Paris, puis une véritable légende : la première star noire de l’Histoire des arts, fut pour un temps un agent de charme pour la France libre, ce que beaucoup de Français ignorent encore aujourd’hui …

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    Je suis Joséphine Baker, née Freda Josephine McDonald,

    fille d'Eddie Carson, métis espagnol inconnu de moi, et de Carrie McDonald, Noire américaine.

    On m'appelait « Tumpie ». Je viens d'être expulsée de mon château des Milandes, à Castelnaud-la-Chapelle, en Dordogne, ce 15 mars 1969. Je m'étais barricadée dans la cuisine depuis plusieurs jours avec mon chat. Les ouvriers du nouveau propriétaire m'ont poussée à l'extérieur.

     

    . Hé, Tumpie, tu as la Légion d'honneur mais elle ne pèse pas lourd.

     

    Je suis assise sur le perron, pieds nus, un bonnet de bain sur la tête.

     

    J'ai l'air d'une vieille esclave.

     

    Je pense à « Shuffle Along », la comédie musicale qui m'a fait connaître aux États-Unis.

    Il est si loin, mon quartier misérable de Saint Louis, Missouri.

     

    À 10 ans je faisais le ménage chez des Blancs racistes.

     

    J'ai encore dans les veines les émeutes

    raciales du 3 juillet 1917.

    J'entends les hurlements des Noirs

    que les Blancs voulaient tuer.

    Je les vois courir.

     

    « Elle gonfle ses joues à la mode des guenons

    qui cachent des noisettes »

     

    Une femme enceinte à qui on avait ouvert le ventre… C'était sur la terre. Depuis, je n'ai jamais cessé de courir.

     

    La danse m'a sortie du chaos.

    Un jour, j'ai réalisé que j'habitais dans un pays où

    j'avais peur de ma peau.

     

    D'ailleurs, j'étais trop noire pour les Blancs et trop claire pour les Noirs.

    « La Revue nègre », en France, m'a inventée. Pendant sept semaines, au Théâtre des Champs-Élysées, les critiques se sont déchaînés. Celui du « Figaro », membre de l'Académie française, y a vu « un lamentable exhibitionnisme transatlantique qui semble nous faire remonter au singe en beaucoup moins de temps que nous en avons mis à en descendre ». Et il ajoutait :

    « Elle gonfle ses joues à la mode  

    cachent des noisettes. »

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    La guerre aussi a changé ma vie.

     

    Quand le capitaine Abtey, chef du contre-espionnage militaire, est venu me solliciter, en 1939, je lui ai dit :

     

    « La France a fait de moi ce que je suis. Les Parisiens

    m'ont offert leur coeœur. Je suis prête à leur donner ma vie. »

     

    Il s'agissait d'utiliser ma notoriété pour récupérer des informations. Depuis 1936, je louais le château des Milandes, une merveille, à 16 kilomètres de Sarlat.

     

    Je m'y étais réfugiée quand les services de Goebbels à Paris me jugeaient décadente et proche des juifs.

     

    Nous avions caché aux Milandes du matériel radio et des armes. J'avais adhéré à la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme depuis la Nuit de cristal, en novembre 1938.

     

    Je n'ai jamais rien refusé à la Licra.

     

    J'en ai transporté, des messages secrets, sur mes partitions musicales ou à l'intérieur de mes robes.

    Personne n'a osé

    fouiller au corps Joséphine Baker.

     

    Pour alimenter les ressources des Forces françaises libres,

    j'ai même vendu aux enchères la croix de Lorraine en or

    que m'avait remise lui-même le général de Gaulle.

    La Terre peut s'arrêter de tourner.

     

    Assise sur ce perron où l'on a souillé mon âme, je sais que je porterai jusqu'à ma tombe l'ovation que m'a réservée Paris, le 15 août 1944, lorsque je suis revenue sous-lieutenant des filles de l'air.

     

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    Nous avions caché aux Milandes du matériel radio et des armes.

     

    J'avais adhéré à la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme depuis la Nuit de cristal, en novembre 1938.

     

    Je n'ai jamais rien refusé à la Licra.

     

    J'en ai transporté, des messages secrets, sur mes partitions musicales ou à l'intérieur de mes robes.

     

    Personne n'a osé fouiller au corps Joséphine Baker.

     

     

    Pour alimenter les ressources des Forces françaises libres, j'ai même vendu aux enchères la croix de Lorraine en or que m'avait remise lui-même le général de Gaulle.

     

    J'ai longtemps hésité à reposer le pied chez moi, en Amérique. À Broadway, en 1936, j'ai retrouvé tout ce que l'on pouvait infliger à un citoyen noir. Pour entrer dans un hôtel, je devais prendre la porte de service. Pendant que les Noirs de Harlem me reprochaient de jouer dans un théâtre de Blancs…

     

    J'étais très seule quand j'ai commencé à imaginer un monde sans couleur de peau. Le « Time », à cette époque, expliquait que je n'étais qu'une jeune négresse aux dents de lapin. J'ai gagné un premier combat en 1951 au Copa City de Miami, en conditionnant mon spectacle à la présence de Noirs dans le public. Cette clause de mixité m'a enlevé beaucoup de contrats. Quelle importance… Lorsque mon visa a été refusé en 1963, Bob Kennedy est intervenu en ma faveur. Ainsi ai-je pu accompagner Martin Luther King à la marche de Washington en uniforme de l'armée française.

     

    « Personne n'a empêché les vautours de détruire l'œuvre de ma vie »

     

    'ai acquis le château des Milandes en 1947 pour la somme de deux millions cinq cent mille francs, payés cash. Et avec lui la quasi-totalité du village de Castelnaud.

     

    Avec Jo Bouillon, mon mari, nous avons entrepris de créer un complexe touristique. Il y avait même une ferme modèle, une fabrique de foie gras, une station d'essence. Et un bureau de poste. Nous y avions installé des dizaines de familles. Il a fallu dix ans pour sortir tout cela de terre, goudronner, amener l'eau et l'électricité. J'ai fourni des éviers à ceux qui n'avaient pas les moyens.

     

    Dans les années 1950, les Milandes recevaient 300 000 visiteurs par an. C'était « le village du monde, capitale de la fraternité », ma conviction absolue. J'y ai fondé la tribu arc-en-ciel avec mes 12 enfants adoptés. Akio et Janot au Japon, Jari en Finlande, Luis en Colombie, Jean-Claude, Moïse et Noël en France, Brahim et Marianne en Algérie, Mara au Venezuela, Kofi en Côte d'Ivoire, Stelina au Maroc.

     

    Chacun a été élevé dans sa religion, avec son propre précepteur. Nous vivions dans un endroit perdu.

     

    Le tourisme n'existait pas. Ma première conférence antiraciste, le dimanche 13 janvier 1957, a fait sensation au pays. J'étais impliquée partout localement et je ne pense pas que l'on m'ait regardée seulement comme une négresse qui avait du fric. Peut-être l'ont-ils oublié, mais j'étais aux ventes de charité à Bergerac, dans toutes les kermesses que j'organisais au profit des écoles. Je donnais aux hôpitaux. J'achetais des tables, des chaises, des livres. J'ai même réussi en 1957 à placer le banquet annuel de l'Amicale du Périgord à Bordeaux, avec Chaban, sous le signe du « village du monde ».

     

    Dans les années 1950, les Milandes recevaient 300 000 visiteurs par an. C'était « le village du monde, capitale de la fraternité », ma conviction absolue. J'y ai fondé la tribu arc-en-ciel avec mes 12 enfants adoptés. Akio et Janot au Japon, Jari en Finlande, Luis en Colombie, Jean-Claude, Moïse et Noël en France, Brahim et Marianne en Algérie, Mara au Venezuela, Kofi en Côte d'Ivoire, Stelina au Maroc.

     

    Chacun a été élevé dans sa religion, avec son propre précepteur.

     

    Nous vivions dans un endroit perdu. Le tourisme n'existait pas. Ma première conférence antiraciste, le dimanche 13 janvier 1957, a fait sensation au pays.

     

    J'étais impliquée partout localement et je ne pense pas que l'on m'ait regardée seulement comme une négresse qui avait du fric.

     

    Peut-être l'ont-ils oublié, mais j'étais aux ventes de charité à Bergerac, dans toutes les kermesses que j'organisais au profit des écoles.

     

    Je donnais aux hôpitaux. J'achetais des tables, des chaises, des livres. J'ai même réussi en 1957 à placer le banquet annuel de l'Amicale du Périgord à Bordeaux, avec Chaban, sous le signe du « village du monde ».

    Jo m'a souvent reproché de mal compter.

     

    En 1954, nous avions 118 employés, dont 18 jardiniers.

     

    On me dit que j'ai payé plusieurs fois les mêmes factures.

     

    J'ai engagé trop de travaux. Je suis écrasée par les dettes.

     

    J'ai couru les cachets pour rembourser deux cents millions de centimes.

     

    Le Général avait suggéré qu'il était possible de m'aider. J'ai répondu que ce n'était pas à la France de payer mes bêtises.

     

    'ai perdu. Mon château a été vendu aux enchères un dixième de sa valeur. Ils m'ont tout arraché, mon parc, mes meubles. Personne n'a empêché les vautours de détruire l'œuvre de ma vie.

     

    Les gens du Périgord m'ont tourné le dos, mais je ne leur en veux pas. Ici, ils ont découvert avec moi une idée folle. Un village du monde, capitale de la fraternité, créé par une femme noire

    à Castelnaud-la-Chapelle, 500 habitants !

     

     

    Je ne reviendrai jamais aux Milandes, ni en Dordogne. Mais je demeure fidèle à ceux qui m'ont émue. Je suis devenue française et citoyenne du monde, ici, au cœur du Périgord noir.

     

    Jo m'a souvent reproché de mal compter.

     

    En 1954, nous avions 118 employés, dont 18 jardiniers. On me dit que j'ai payé plusieurs fois les mêmes factures. J'ai engagé trop de travaux. Je suis écrasée par les dettes. J'ai couru les cachets pour rembourser deux cents millions de centimes. Le Général avait suggéré qu'il était possible de m'aider. J'ai répondu que ce n'était pas à la France de payer mes bêtises.

    J'ai perdu. Mon château a été vendu aux enchères un dixième de sa valeur. Ils m'ont tout arraché, mon parc, mes meubles. Personne n'a empêché les vautours de détruire l'œuvre de ma vie. Les gens du Périgord m'ont tourné le dos, mais je ne leur en veux pas. Ici, ils ont découvert avec moi une idée folle. Un village du monde, capitale de la fraternité, créé par une femme noire à Castelnaud-la-Chapelle, 500 habitants !

    Je ne reviendrai jamais aux Milandes, ni en Dordogne. Mais je demeure fidèle à ceux qui m'ont émue. Je suis devenue française et citoyenne du monde, ici, au cœur du Périgord noir.

    Hé, Tumpie, tu as beaucoup combattu pour ne rien garder, mais cela valait le coup. Ton village témoignera un jour de la négresse inguérissable, qui n'écoutait qu'un seul battement

     

     

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