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    L'Europe avant-guerre, 1932-1939


    Hongrois, immigré, Endre Friedmann se jeta dans la photographie de reportage avec un talent, un brio, un courage qui ont fait de lui le père de tous les photojournalistes.

     

     

    En 1931, alors qu'il avait tout juste dix-sept ans, Endre fut arrêté en raison de sa participation aux activités hostiles au gouvernement conservateur de l'amiral Miklós Horthy.

     

     

    Un jeune immigré hongrois


    Il partit donc dès juillet pour Berlin où il s'inscrivit à la Hochschule für Politik, afin d'y étudier non le photoreportage mais le journalisme, qui lui aurait permis de concilier son amour pour la politique et la littérature. Peu après, la récession économique mondiale contraignit ses parents à ne plus payer ses études.

     

     

    Il quitta donc l'école et obtint un poste d'assistant à la Dephot (Deutscher Photodienst), une agence de photojournalisme de premier plan, fondée en 1928 par un de ses compatriotes, Simon Guttmann. Il y apprit les rudiments du tirage et du développement, fut rapidement promu assistant puis apprenti-photographe, Simon Guttmann l'ayant distingué.

     

    En novembre 1932, la Dephot, dont aucun des membres n'était disponible, envoya Friedmann à Copenhague, pour photographier Trotski donnant une conférence sur la révolution russe.

     

     

     

    Ce reportage sur le révolutionnaire en exil fut publié avec succès dans le Weltspiegel du 11 décembre suivant, avec comme

    crédit "Friedmann-Degephot".

     

     

    Si ces photographies laissent à désirer du point de vue technique, elles font déjà preuve d'une intensité et d'une proximité qui deviendront ensuite le "label" Capa.

     

     

    Avant qu'il ait pu tirer avantage de cette gloire naissante, il dut fuir l'Allemagne.

     

     

     

     

     

    La crise économique et financière qui frappait le pays depuis le début des années trente avait créé une situation favorable à la montée du national-socialisme et Hitler était devenu chancelier le 30 janvier 1933.

     

     

     

    Triplement inquiété comme immigré, comme juif et comme gauchiste, Endre s'enfuit à Vienne et de là, se rendit à Paris à l'automne 1933.

     

     

     

     

    Il fit la connaissance d'autres photographes dont certains devinrent ses amis : parmi eux André Kertész.

     

     

    Avec David Szymin (Seymour) dit "Chim", réfugié juif polonais, qui travaillait pour l'hebdomadaire communiste Regards,

     

     

    et Henri Cartier-Bresson, il constitua un trio d'amis qui répondait au surnom des "Trois mousquetaires".

     

     

    Tous trois, profondément différents par l'origine sociale, religieuse et géographique, étaient néanmoins unis par une amitié sincère, qui devait aboutir à la fondation de l'agence Magnum, avec quelques autres compères, après la Seconde Guerre mondiale.

     

     Robert Capa was one of the world’s most famous war photographers, but


    En septembre 1934, Endre, qui se faisait alors appeler André, fit la connaissance de Gerda Pohorylle, une réfugiée juive allemande d'origine polonaise, plus âgée que lui de trois ans, aux opinions politiques très marquées à gauche.

     

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    "La pequeña rubia"


    Profondément séduisante avec son minois aux yeux verts couronné de cheveux teints en roux (les Espagnols devaient la surnommer

    "la pequeña rubia"), elle fit la conquête d'André.

     

    Gerda Taro (© Robert Capa)

    GERDA (© Robert Capa)

     

     

    André rencontre Gerda, une femme de gauche engagée qui va devenir sa compagne et son agent, et avec qui il prévoit de se fiancer. Ils partagent ensemble la conviction que la photographie peut être un atout efficace dans la lutte antifasciste. En France, la mauvaise maîtrise de la langue d’André le dessert, ainsi que son nom « Friedmann » : sur la place de Paris, un photographe plus âgé que lui et bien implanté, Georges Friedmann, provoque la confusion dans les magazines qui ont pour usage de ne citer que les noms de famille…

     

    En 1936, André et Gerda décident donc de lui créer un personnage :

    « il sera américain, séduisant et apprécié, il s’appellera Robert Capa »

     

    Elle n'était pas seulement pour lui une compagne, mais aussi un agent avisé.

     

     Second Sino-Japanese        War

    Elle tapait à la machine les légendes de ses photographies, en retour il lui apprit la prise de vue.

     

     

    En octobre 1935, Gerda commença à travailler pour Maria Eisner, fondatrice d'Alliance-Photo.

     

     Gerda au front, à Brunete (© Robert Capa)

     

    Gerda au front, à Brunete (© Robert Capa)

     

     

    L'agence était assez florissante pour nécessiter l'emploi d'une assistante.

     

     Spanish Civil War

    Au printemps de 1936, les ventes se faisant rares, André et Gerda utilisèrent un subterfuge en forgeant de toutes pièces la légende d'un photographe américain prestigieux du nom de Robert Capa.

     

     

    Gerda proposa les photographies d'André comme celles de Robert Capa.

     

     

     

     

    Les rédacteurs furent tentés d'en acquérir et de les publier.

     

     

    La naissance de Robert Capa

     


    Pour son pseudonyme de Capa, André Friedmann s'inspira, semble-t-il, du nom de Frank Capra, metteur en scène américain d'origine sicilienne dont le film New York-Miami (It happened one night) avait obtenu en 1934 plusieurs oscars.

     

     

    Selon d'autres sources, il aurait été surnommé "Cápa" (requin en hongrois) dès son enfance.

     

     

    Quant au prénom, il est d'une origine semblable, puisqu'il est emprunté à Robert Taylor.

     

     

    À la même époque, Gerda prit le pseudonyme de Taro.

     

    Le nom de Gerda Taro avait une vague consonance avec celui de Greta Garbo.

     


    En 1934 ou 1935, Capa effectua un reportage à Lisieux, à l'occasion d'une des nombreuses cérémonies religieuses liées au culte de sainte Thérèse, dont un ensemble de "vintages" a pu être acquis au début de l'année 2004 par la Bibliothèque nationale de France.

     

     

    Ces photographies, d'une grande modernité, n'ont pas fait l'objet de publication dans la "bonne presse" ou dans la presse d'information générale de l'époque, qui préféra, plutôt que des sujets de proximité, des vues générales montrant l'ampleur des manifestations et l'affluence des pèlerins.

     

     


      

     

     

     

    En 1934 ou 1935, Capa effectua un reportage à Lisieux, à l'occasion d'une des nombreuses cérémonies religieuses liées au culte de sainte Thérèse, dont un ensemble de "vintages" a pu être acquis au début de l'année 2004 par la Bibliothèque nationale de France.

     

     

    Ces photographies, d'une grande modernité, n'ont pas fait l'objet de publication dans la "bonne presse" ou dans la presse d'information générale de l'époque, qui préféra, plutôt que des sujets de proximité, des vues générales montrant l'ampleur des manifestations et l'affluence des pèlerins.

     

     


    La guerre d'Espagne


    C'est la guerre d'Espagne qui permit à Capa, et dans une moindre mesure, à Gerda Taro, d'émerger comme photoreporters.

     

     

    La guerre avait éclaté le 17 juillet 1936.

     

     

    Dès le 5 août, Capa et Taro,

     

    envoyés par Lucien Vogel, rédacteur en chef de Vu, arrivèrent à Barcelone et commencèrent à photographier les combats, Capa avec un Leica et Taro avec un Rolleiflex.

     

     

    Dans l'esprit des jeunes gens, ces appareils photographiques n'étaient pas seulement un gagne-pain, mais une arme, afin d'obtenir l'appui international à la cause républicaine.

     

     

    À la gare de Barcelone, ils photographièrent les soldats partant pour le front d'Aragon, se séparant de leurs femmes ou de leurs fiancées.

     

    Ils se dirigèrent ensuite vers Huesca et Saragosse, région où servaient dans les milices beaucoup de réfugiés allemands, ce qui facilitait les échanges.

     

         
       
    Au verso, tampon à l’encre noire :
    Please credit ROBERT CAPA – MAGNUM / COURTESY – LIFE MAGAZINE.
    Légende dactylographiée sur papier collé :
    Panel 4. The moment of death, one of Bob Capa’s most dramatic photos, was taken in the instant a Loyalist soldier was dropped by a bullet through his head during the battle to defend Cadiz in the early part of the Spanish civil war, from the encircling insurgent forces.
    (Le moment de la mort, une des photos les plus dramatiques de Robert Capa, a été prise à l’instant où un soldat loyaliste fut frappé d’une balle en pleine tête pendant la bataille livrée au début de la guerre d’Espagne pour défendre Cadix encerclée par les troupes insurgées.)
     
    Photograph by Robert Capa
    © 2001 by Cornell Capa / Magnum Photos.

     

     

    Le milicien espagnol


    Dès son premier voyage Capa prit, sur le front de Cordoue, la fameuse photographie du milicien espagnol frappé par une balle, et la photographie fit le tour du monde, suscitant des commentaires enthousiastes.

     

    Bien qu'elle soit hautement controversée, elle est à l'origine du mythe Capa.

     

     

    Publiée pour la première fois par la revue française Vu et un an plus tard par Life, c'est l'une des images les plus importantes de l'histoire de la photographie. Ils arrivèrent à Madrid le 18 novembre ;

     

     

    Capa passait la majeure partie de son temps avec la XIIe Brigade internationale, dont le commandant, un homme énergique et charismatique, était le général Lukács, un Hongrois, et le commissaire politique Gustav Regler, dont Capa avait fait la connaissance à Paris, dans une association d'écrivains allemands émigrés. Ils photographièrent ensuite les réfugiés à Almeria et Murcia.

     

     


    Au début de mars 1937, Capa et Taro se mirent à travailler pour  Ce soir, un périodique du Front populaire de création récente dont le rédacteur en chef était Louis Aragon.

     

     

    Ils photographièrent les combats du côté de Bilbao (région industrielle dont les ressources intéressaient Franco) et, le 7 mai, la bataille du mont Sollube. Fin mai, ils retournèrent à Madrid et s'installèrent à l'hôtel Florida, quartier général des journalistes et des intellectuels, où ils rencontrèrent Hemingway.

     

     

     

    Le 31 mai, Capa et Taro étaient au Paso de Navacerrada près de Ségovie pour couvrir l'offensive républicaine malheureuse qu'Hemingway a décrite dans Pour qui sonne le glas.

     

     

    Hemingway lui-même n'était pas présent sur le théâtre des opérations et s'est fondé non seulement sur les photographies de Capa, témoin oculaire, mais aussi sans doute sur des compte-rendus écrits. De retour à Madrid, ils photographièrent la bataille de Carabanchel et couvrirent les funérailles du général Lukács, tué à Huesca le 12 juin.

     

     

    La disparition de Gerda Taro


    Quand Capa rentra à Paris pour affaires, Gerda, qui menait une carrière de photojournaliste indépendante, lassée sans doute de voir ses photographies signées du nom de son amant à côté du sien, voire à la place du sien, resta en Espagne, pour couvrir le congrès international des écrivains.

     

     

    Cerise sur la valise, l’une des trois boîtes retrouvées au Mexique contenait une série de portraits de Gerda Taro réalisés par Fred Stein, où l’on découvre une jolie fille, un peu garçon manqué, avec une belle aptitude à la pose.
      
      
    Sa carrière de photo reporter
    n’aura duré que onze mois.

     

     

    Derrière le photographe Robert Capa : cherchez la femme

     
    L'influence de Gerda Taro sur la vie et l'oeuvre du photographe : un extrait du film documentaire consacré à Robert Capa.
    ©Educational Broadcasting Corporation and Muse Film and Television

    Ses photographies de guerre l'ont rendu célèbre. Robert Capa est une légende.

    Une légende forgée par Gerda Taro, une toute jeune femme qui fut son grand amour, photo-reporter

     

    Pendant qu'elle suivait les violents combats de Brunete, à l'ouest de Madrid, pour le journal Ce soir, elle trouva la mort dans la collision avec un char loyaliste de la voiture sur le marchepied de laquelle elle était montée, le 25 juin 1937.

     

     

    Transportée dans un état désespéré à l'hôpital de l'Escorial, elle mourut le lendemain au petit jour.

     

     

    Ce drame suscita en France une vive émotion.

     

    Elle était la première femme photographe morte au combat.

     


    La mort de cette femme qu'il avait espéré épouser

    (il l'avait demandée en mariage au printemps 1937 mais elle avait refusé)

     

     

    laissa une blessure profonde dans le cœur de Capa, qui ne s'en remit jamais tout à fait.

     

     

    L'année suivante fut publié à New York l'ouvrage de Capa, Death in the making, sur une maquette d'André Kertesz, dédié à Gerda.

     


    Réticent à retourner sur le théâtre de la guerre où sa compagne était morte, il photographia tout de même la bataille de Teruel qui s'annonçait comme trop importante pour qu'il fit passer au premier plan sa douleur personnelle.

     

     

    Il y arriva le 21 décembre 1937.

    Puis il partit pour la Chine.

     

     


    L'automne suivant, Capa retourna en Espagne pour suivre le départ des Brigades internationales, photographia l'émouvante

    cérémonie de la Despedida puis en novembre les batailles de Mora de Ebro et du Rio Segre, sur le front aragonais, images peut-être les plus dramatiques de sa carrière.

     

     

    Ces batailles d'usure achevèrent de ruiner le potentiel militaire des républicains.

     

     

    Les puissantes images de Capa ont joué leur rôle et contribué à attirer la sympathie sur les troupes loyalistes.

     

     

    En décembre, la prestigieuse revue anglaise Picture Post de Stefan Lorant publia huit pages de photographies de guerre de Capa, alors âgé de 25 ans, le proclamant "plus grand photographe de guerre du monde" (livraison du 3 décembre), avec en couverture un portrait de Capa filmant pris deux ans plus tôt par Gerda Taro.

     


    La fin de la guerre d'Espagne approchait.

     

     

    Plus de 400 000 personnes, civils ou militaires, se réfugièrent en France.

     

     By: Brandon Diaz

     

    Le gouvernement français leur ouvrit des camps à Perpignan, Argelès-sur-Mer

    et Le Barcarès.

     

    Stefan Lorant commanda un reportage sur ces camps à Capa qui photographia ensuite les orphelinats de Biarritz.

     

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    La Chine

     


    L'épisode chinois se situe entre deux périodes de reportage sur la guerre civile espagnole.

     

     

    Capa décida d'aller passer quelques mois en Chine avec le documentariste néerlandais Joris Ivens, rencontré en Espagne, et l'opérateur John Fernhout pour photographier la résistance chinoise à l'invasion japonaise commencée l'année précédente.

     

    Le Japon étant allié à l'Allemagne, la guerre en Chine fut considérée par beaucoup comme le front oriental d'une lutte internationale contre le fascisme, dont l'Espagne constituait le front occidental.

     

    Capa produisit de remarquables documents sur la bataille de Taierzwang et les raids aériens japonais contre Hankow.

     

    Il réalisa également un étonnant reportage sur madame Tchang Kaï-chek, ainsi que plusieurs photographies comptant parmi ses plus belles créations sur un plan purement plastique.

     

     


    Le Tour de France de 1939


    Capa "couvrit" le Tour de France de 1939 pour le compte de Match et de Paris-Soir. Raymond Vanker, qui suivit lui aussi le Tour, se souvient de l'intrépidité de Robert Capa, l'un des premiers à prendre des photographies sur le tansad d'une moto. Dans le reportage du Tour, comme dans les conflits, Capa se montre toujours intéressé par ce qui se passe en marge de l'action.

     

    1939 - 

    Robert Capa
    Le magasin de cycles de Pierre Cloarec, rue René Madec, à Quimper
    Tour de France, juillet 1939

     

     

    C'est ainsi qu'il photographie, autant que les coureurs, les spectateurs, et qu'il réalise un ensemble d'images étonnant sur la famille d'un des célèbres coureurs du temps, Pierre Cloarec, dit "le Colosse de Pleyben".

     

     


    La Seconde Guerre mondiale


    Vint la Seconde Guerre mondiale.

     

    Triplement suspect comme juif, émigré d'Europe centrale et connu pour ses activités de gauche, Capa s'enfuit de Paris en octobre 1939 pour rejoindre sa famille à New York.

     

     

     

    Après la déclaration de guerre, on lui interdit, en tant que ressortissant d'un pays ennemi, de s'éloigner à plus de dix miles du district de New York et il n'avait plus le droit de faire des photographies mais il réussit à obtenir une accréditation de l'armée américaine.

     

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    Il couvrit les opérations d'Afrique du Nord, et la libération de l'Italie dont il a laissé des images particulièrement poignantes, notamment celles des obsèques d'écoliers napolitains.

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    « Si ta photo n'est pas bonne, c'est que tu n'es pas assez près » :

     

    telle est la devise de Robert Capa, photographe de guerre

    pour le Life magazine.

     

    En 1944, à 30 ans, il est déjà célèbre : il a couvert l'invasion de la Chine par le Japon et la Guerre d'Espagne.

     

     

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    Le 6 juin, il a le privilège de pouvoir débarquer avec la première vague d'assaut américaine sur Omaha Beach.

     

    Sur les 226 photos qu'il prend ce jour-là, seules 11 seront récupérables, mais floues : les laborantins du bureau londonien de Life, affolés, en ont raté le développement...

     

    Robert Capa


    Pour couvrir les opérations du Débarquement en Normandie, six photographes de Life furent accrédités.

     

     

     

     

    Par ordre alphabétique, Robert Capa, Bob Landry, Ralph Morse, George Rodger,

    David Scherman et Frank Scherschel.

     

     Robert Capa

    Capa, qui était d'un tempérament joueur (mais ne misait jamais sur le bon cheval) opta pour la compagnie E, lors de la première vague.

     

     

     

          Robert Capa
    Débarquement
    Omaha Beach (Colleville-sur-Mer), 6 juin 1944
    Tirage sur papier baryté, 23 x 34,5 cm
    BNF, Estampes, acquisition 1964-12200. Ep-25-Fol.

     

    Il fut le premier à débarquer avec la première vague du 116e à Omaha, dans un secteur dénommé Easy Red, et réussit à saisir l'événement sur le vif.

     

    Mais par une erreur de manipulation au laboratoire, sur quatre bobines, trois furent détruites.

     

    Sur la quatrième seules onze images furent utilisables.

     

    En raison de leur grain (peut-être accentué par l'accident survenu au développement) elles sont les plus bouleversantes images de guerre jamais prises.

     

     

    Il fut l’un des photographes de guerre les plus célèbres et a couvert les plus grands conflits de son époque..surtout le Jour J du débarquement. Il avait fait de nombreux clichés...

    presque 30 pellicules...la plupart sont tombées dans la mer...

     

    il lui en restait 7.. des photos qui ont fait le tour du monde...

    des soldats sur les plages de Normandie..

    le 6 juin 1944.

     

     

     

     

      

    Le jour J est resté à jamais gravé dans la mémoire collective grâce à ces photographies.

     

     Enfant sur un char


    Il couvrit ensuite la campagne de Belgique et la chute du Troisième Reich.

     


    L'après-guerre : Russie et Israël


    À la fin des années quarante, Capa prit part à divers projets avec ses amis intellectuels. Durant l'été 1947 il voyagea un mois entier en Russie avec John Steinbeck et de cette expérience naquit un reportage pour le Ladies'Home Journal, dont Réalités acquit les droits, ainsi qu'un livre, A Russian Journal, avec des textes du grand écrivain flanqués de photographies de Capa.

     

     

    L'année suivante il réalisa un reportage photographique en Hongrie et en Pologne avec le journaliste Theodore H. White, pour le compte de la revue Holiday. Enfin, il couvrit la création du nouvel État d'Israël, la première guerre israélo-palestinienne, et avec le romancier Irwin Shaw, il publia le livre Report on Israël.

     

    Indochine

     


    En avril 1954, Capa fut invité pour trois mois au Japon, comme hôte du Manaichi Shimbun, pour contribuer au lancement d'une nouvelle revue photographique. Life lui demanda de prendre pendant un mois, en Indochine, la place d'un collègue américain. Il accepta, malgré les objurgations de quelques amis.

     

     

    Capa, accablé de problèmes divers (il avait pris du poids, souffrait du dos, et surtout, comme toujours, avait besoin d'argent), voulait prouver qu'il était encore le meilleur photographe de guerre. Il était prisonnier de sa légende.

     


    Pour qui connaît la fin de l'histoire, il est impossible de ne pas déceler, rétroactivement, quelque chose de prémonitoire dans les dernières images de Capa : ces femmes en pleurs dans un cimetière, ce panneau indiquant la direction de Thai Binh, où il allait tomber, ces soldats vus de dos s'éloignant dans les herbes.

     


     

     

     

    Le 25 mai, il suivait, en compagnie de deux Américains, un convoi de soldats français occupés à évacuer, dans le delta du fleuve Rouge, après la capitulation de Diên Biên Phû, deux fortins désormais indéfendables.

     

    C'est là qu'il trouva la mort en sautant sur une mine, un appareil photographique dans chaque main.

     

    Les Français lui décernèrent les honneurs militaires à Hanoï.

     

     

    Au-delà d'un immense photographe de guerre, Robert Capa fut un photoreporter dans le sens le plus large de ce terme, capable de saisir avec un égal talent l'émotion, le drame ou la joie, et de jeter sur le monde qui l'entourait un regard non dénué d'humour mais toujours bienveillant.

     

     Les DERNIERS INSTANTS de ROBERT CAPA

    Il ne devait pas couvrir l'Indochine, mais Life n'avait pas de journaliste dispo et Capa n'était pas loin, de passage au Japon pour une expo Magnum. Il accepte. Comme toujours, il traite le sujet au plus proche de l'humain, présentant par exemple la récolte du riz pendant la bataille du delta du Tonkin.

     

    C'est en voulant cadrer une photo d'ensemble des soldats français qu'il recule et marche sur un détonateur. Naissance d'une légende.


    SOURCES - Lien - http://expositions.bnf.fr/capa/arret/1/

     

     

     

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  • L’engagement des Receveuses des PTT

    dans la Résistance

     

     

    De nombreuses Receveuses des postes s’engagèrent dans la Résistance.

     

    De par leur fonction, elles recevaient les courriers à distribuer et à envoyer.

     

    Elles pouvaient ainsi agir lorsqu’elles détectaient les lettres de dénonciation adressées à la Gestapo ou à la Kommandantur.

     

    De plus, dans les bureaux de poste, le téléphone était sous leur responsabilité et elles pouvaient effectuer des écoutes, transmettre des informations aux maquis.

     

    Elles furent aussi très présentes dans les réseaux de Résistance extérieurs aux PTT. Nous allons leur rendre hommage et donner ici quelques exemples de l’engagement de ces femmes qui combattirent l’occupant nazi et le régime de collaboration de Pétain.

    Mathilde FILLOZ, receveuse à Clerval (Doubs), secondait son mari dans ses activités résistantes.

     

    Par ses fonctions elle pouvait intercepter les lettres de dénonciation à la Gestapo, grâce à son brassard PTT de « porteur de télégrammes » cette couverture lui permettait de franchir les barrages allemands et rejoindre les maquisards, les informer, transmettre des messages et les alerter. En 1984 à l’occasion d’un colloque au Ministère des PTT elle commençait son intervention par cette phrase :

     

    « Les femmes ont fait des choses aussi belles, aussi grandes, aussi difficiles que les hommes, mais elles ne l’ont pas dit ».

     

    Marguerite HAMELIN, épouse DUBRAY, est receveuse à Villedomer (Indre-et-Loire). Elle appartient au réseau « Libération Nord ». Elle s’occupe notamment des recherches de terrain pour les parachutages. Elle est arrêtée avec l’ensemble du groupe de Résistants dans la nuit de 8 au 9 juin 1944. Déportée, elle reviendra fin mai 1945.

    Marthe ALLIBERT est marié à Charles ROTH, receveur-distributeur à la poste de Cérelles (Indre-et-Loire). Lorsque ce dernier effectuait sa tournée le matin, Marthe assurait « la suppléance électrique », c’est-à-dire le téléphone et les opérations courantes jusqu’au retour de son mari. Marthe appartenait au réseau de Résistance « Darius » avec le grade de sous-lieutenant. Elle est arrêtée avec son mari, ils seront déportés. Marthe revient de Ravensbrück en mai 1945.

    Cécilia GAZAGNAIRE, receveuse à Launois (Ardennes), engagée dans un réseau, elle établira des fausses cartes d’état civil, des « ausweis », détruira les lettres de dénonciation, distribuera des tracts, écoutera les communications des occupants.

     

    Elle hébergera dans le bureau de poste des personnes recherchées.

     

    Elle aidera aussi matériellement les clandestins.

     

    Elle est arrêtée dans son bureau, emprisonnée puis déportée à Ravensbrück où elle meurt gazée le 1er mars1945.

     

     

    Marie-Louise MOINS, épouse LEGROS est receveuse à Besse-en-Chandesse (Puy-de-Dôme).

     

    Elle détournait le courrier en provenance ou à destination des occupants.

     

    Elle assurait les liaisons téléphoniques avec le maquis. Ces communications ayant été interceptées, Marie-Louise est arrêtée, emprisonnée à Clermont-Ferrand, puis Compiègne et sera déportée à Ravensbrück où elle est gazée le 5 mars 1945.

     

     

    Albertine VERNAIS exerce les fonctions de receveuse au bureau de Comines (Nord). Elle assurait la liaison entre le groupe de résistance de ce secteur et divers groupes de résistants belges et des membres de l’Armée secrète belge.

     

    Elle confectionnait également de fausses cartes d’identité.

    Elle est arrêtée le 12 juin 1943 et déportée.

     

    Elle sera de retour en mai 1945.

     

    Jeanne BAUCHEL épouse ROSENFELDER est assistante receveuse au bureau de Rombas en Moselle, l’un des trois départements annexés. Cette annexion supposait l’adhésion à l’Allemagne nazie. De nombreux postiers manifesteront le désir de rester français. Jeanne Rosenfelder sera déportée en Pologne. Elle s’évade et rentre en France. Elle sera réintégrée dans ses fonctions aux PTT à la fin de la Guerre.

     

     

    Jeanne DRUI est elle-aussi assistante receveuse à Krutange-Nilvange en Moselle. Elle est arrêtée pour le motif « refus de prendre la nationalité allemande » et est déportée en Silésie. Elle sera rapatriée le 19 mai 1945.

    Marie POINSIGNON épouse REITER, assistante receveuse à Moulins-lès-Metz en Moselle est arrêtée par la Gestapo le 28 janvier 1943 et déportée en Haute-Silésie. Elle sera rapatriée le 22 mai 1945.

     

    Marie-Louise SENECHAL épouse FERET est receveuse à la poste d’Echauffour (Orne). Sa fonction lui permet de substituer les lettres de dénonciation. Elle entre dans un réseau de résistance PTT.

     

    Arrêtée, internée au château des Ducs où elle sera torturée.

     

    Elle ne parlera pas.

     

    Ses longs mois de détention, les mauvais traitements quotidiens vont avoir raison de sa santé.

     

    Elle poursuit sa résistance dans sa geôle en entonnant régulièrement « La Marseillaise ».

     

    Son mari réussit enfin à la faire hospitaliser à Alençon. Très affaiblie, elle va mourir le 10 mai 1945, deux jours après la capitulation allemande.

    Denise ELICOT épouse JOSSE est nommée receveuse à Roc-Saint-André (Morbihan) en janvier 1941.

     

    Elle entre dans un réseau des Forces Françaises Combattantes (FFC) et sera immatriculée à Londres en mars 1943. Elle s’occupe en même temps des fausses cartes d’identité. Elle réceptionne des armes issues des parachutages et elle les cache dans le bureau de poste où elle hébergeait aussi des aviateurs alliés. Denise Josse, titulaire de nombreuses décorations, est décédée en 2014.

     

     

    Odette BOUILLÈRE est receveuse à Oradour-sur-Glane.

     

    Elle a péri avec ses compagnes dans l’église, brulée par les nazis de la 2ème division SS Das Reich.

     

    Laure SOUBRIE, receveuse à la poste de Lavelanet (Ariège) est agent de liaison d’un réseau local de résistance.

     

    Elle écoutait les communications téléphoniques, surveillait les lettres suspectes et assurait le ravitaillement des maquis.

     

     

    Marcelle BOURGINE, d’abord receveuse à Giverville (Eure) puis à Sainville (Eure-et-Loir) sera un maillon important du réseau PTT qui prendra le nom de « Libération Nationale des PTT » en 1944.

     

    Elle s’occupe notamment des réfugiés Espagnols. Elle sabotait les communications téléphoniques allemandes. Les meubles automatiques ruraux situés dans le bureau de poste étaient sensibles à l’humidité. Marcelle faisait bouillir de l’eau et en plaçant la casserole dans l’armoire technique, l’humidité suffisait à établir des contacts entre les fils et cela empêchait le téléphone de fonctionner. Marcelle mutée ensuite receveuse à Us en Seine-et-Oise s’est intégrée au réseau local de résistance.

     

     

    Henriette CHAMBOREDON épouse SCHWARZ est receveuse des postes à Boucoiran (Gard).

     

    Elle fut un agent de liaison important du réseau local de résistance et a obtenu plusieurs décorations, la Carte Volontaire de la Résistance (CVR), la Croix du Combattant Volontaire 39-45.

     

     

    Christiane BERTHOIS, receveuse des postes dans l’Allier transmettait le courrier aux résistants de la région et était agent de liaison avec les maquis. Au cours d’une mission, accompagnant son responsable du réseau qu’elle a voulu protéger, elle a tiré sur un Allemand dans le métro parisien. Fidèle adhérente de « Libération Nationale PTT » » elle est décédée en 2011.

    Berthe BERGÉ épouse LACOSTE remplace son mari, receveur-distributeur à Tarnos (Landes) lorsque celui-ci effectue le matin sa tournée de distribution du courrier. Ce couple de postiers va inscrire l’une des pages les plus importantes de la Résistance dans cette ville. Berthe, pseudo Linette, va accomplir de nombreuses missions et assurera l’hébergement de résistants. Elle siègera au Comité de Libération de Mimizan.

     

     

    Juliette THEULE receveuse au bureau de Frontignac (Hérault) fera partie de réseau de résistance « Cotre ». Elle tirera des tracts dans les combles du bureau de poste et assurera le passage de clandestins et de courrier entre les deux zones.

     

     

    Charles Sancet

    auteur

    sources / http://libeptt.org/engagement%20receveuses%20ptt%20resis.htm

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  • ARRIVEE STALAG A1

    Lien - http://users.skynet.be/ philippe.constant/ stalag.html

    Les prisonniers de guerre français de la Seconde Guerre mondiale, au nombre

    de 1 845 000, capturés par les Armée du Troisième Reich après la débâcle française pendant la bataille de France durant l'été 1940, furent envoyés dans des camps en Allemagne.

     

    Entrée d'un camp de villégiature.. chez les FRIDOLINS !
    le luxe ? les barbelés !!

     

     

    HOMMAGE à tous NOS AINES, tous ceux qui ont dit NON à l'INACCEPTABLE
    qui ont été faits PRISONNIERS dès 1940 - parqués - comme des troupeaux - embarqués dans des trains - dans les camps, les STALAG, les FERMES, les USINES...
    certains ont même été lachés par les gradés..

     

     

    pour travailler en ALLEMAGNE, enfermés pendant des années.. derrière des barbelés, qui pour la plupart sont revenus...en 1945... et d'autres jamais.
    ..

    La Wehrmacht a fait 1 830 000 prisonniers français lors de la Campagne de France.

    1.600 000 soldats français, sont acheminés dans des camps de prisonniers de guerre en Allemagne

     

     

    CONTEXTE en 1940 - la SIGNATURE des VENDUS

    L’Armistice entre la France et l’Allemagne est signé le 22 juin 1940 à Rethondes entre le général français Huntziger et le général allemand Keitel.

    Un deuxième armistice avec les Italiens, entrés en guerre contre la France
    le 10 juin, est signé deux jours plus tard à Rome.

    Cependant, les troupes allemandes continuent leur progression vers le sud, le long du littoral atlantique et atteignent la frontière espagnole à Saint-Jean-de-Luz,
    le 27 juin.

    La Wehrmacht a fait 1 830 000 prisonniers français lors de la Campagne de France.

    Les soldats et les sous-officiers se retrouvent dans l’un des 56 « Stalags » où ils sont soumis au travail tandis que les officiers français, regroupés dans 14 « Offlags »,

    Les soldats et les sous-officiers travaillent, selon leur emploi précédent, dans des usines ou chez des agriculteurs, ce qui est souvent préférable.

    Tous souffrent de l’éloignement de leur famille et d’une attente continuelle sans savoir quand ils pourront rentrer.

    Les prisonniers ont le droit de recevoir quatre courriers par mois, sur des imprimés spéciaux visés par la censure, ainsi que des colis.

    --------------------------------------------------------------

    Je CITE GUITOU,

    « Chaque mois, nous confectionnons un colis de cinq kilos pour envoyer à mon papa qui est prisonnier »,

    écrit un écolier de 1943.

    « Dans une boîte en carton très résistante, maman range les boîtes de conserve, les légumes secs en sachets pour faire du potage, le tabac ; quelquefois, elle joint des photos qui font toujours plaisir à mon papa qui est si loin

    de nous depuis si longtemps. »

     


    Les soldats prisonniers de la Seconde Guerre mondiale

    Avec la débâcle de l’été 1940, plus d’un million de soldats français se retrouvent prisonniers des forces allemandes, souvent pour quatre longues années.

    Un tiers reste en France, enfermé dans des Frontstalags (50 camps), les deux autres tiers partent en Allemagne, répartis dans des Stalags (camps de base pour la troupe), des Oflags (camps pour officiers) ou des Kommandos (camps de travail).

    Les conditions de détention sont dures (davantage dans les Kommandos que dans les autres), mais n’ont rien à voir avec celles des camps de concentration (camps d’élimination des opposants politiques ou des minorités, juifs, roms…).

    En Allemagne, les captifs remplacent les Allemands partis sur le front pour les travaux de terrassement et pour les travaux agricoles surtout.

    Si le film La Vache et le prisonnier, qui raconte les tentatives d’évasion d’un soldat en captivité dans un Stalag avec la vache dont il a la garde, a connu après-guerre un extraordinaire succès, c’est bien parce qu’il évoque un quotidien que beaucoup avaient vécu.

    Les prisonniers ont le droit de correspondre avec leur famille (sans dire grand chose sur leurs conditions de vie car le courrier est contrôlé). Ils peuvent aussi recevoir des lettres et des colis de France et, pendant les quatre années de guerre, des millions de paquets partent de la France vers l’Allemagne, comme l’évoquait l’écolier cité en introduction.

    Comment retrouver un aïeul prisonnier en 1939-1945 ?

     

     

    Avec la débâcle, les familles restent souvent sans nouvelles d’un père, d’un frère, d’un époux… Un silence qui dure quelques jours, quelques semaines ou plus. Pour répondre à leur inquiétude, des Listes officielles des prisonniers français sont éditées entre le 12 août 1940 et le 15 juin 1941 par le Centre national d’information sur les prisonniers de guerre.

    Cent Listes paraissent, fournissant en moyenne des données sur 10 000 prisonniers chacune, rédigées à partir d’éléments délivrés par les autorités allemandes. Leur contenu a été numérisé et est aujourd’hui disponible sur Internet sur http://www.genealogie.com/prisonniers-39-45

    Même si ces Listes officielles n’étaient pas exhaustives, elles donnent quand même accès à un million de fiches, avec le nom, le prénom, la date et le lieu de naissance du soldat prisonnier, son grade, son régiment, le camp d’internement, et l’image de la page source de l’information, ce qui permet de vérifier les éléments en se reportant aux documents d’origine.

    ---------------------------------------------------------------

    CAMPS d'INTERNEMENTS pour les COLONIAUX " INDIGENES OUBLIES" !
    même leur histoire est inconnue du GRAND PUBLIC !


    pour ne pas "faire tâche" vis à vis de certains !!!

    En avril 1941, on en dénombre 22 en zone occupée qui concernent
    pas moins de
    69 000 prisonniers « indigènes », parmi lesquels
    50 000 Nord-Africains,
    16 000 Sénégalais (incluant des Soudanais, Togolais et Voltaïques) et
    3 000 Malgaches et Indochinois

    L’Allemagne nazie renvoyait les prisonniers de guerre noirs et maghrébins de l’Armée française dans la zone occupée française, le plus rapidement possible par peur de maladies tropicales ou

    d’atteinte à la « pureté du sang aryen ». ( bande de connards ! )

     

     

    Les prisonniers qui dépendent du Frontstalag 222 (Camp du Polo de Beyris) sont soumis au travail forcé (Mur de l’Atlantique, dépôts de munitions, terrassements, travaux forestiers) et répartis en différents kommandos allant d’Hendaye jusque dans les Landes.

    Les conditions d’internement sont très dures : froid, nourriture insuffisante, manque de soins…

    40 de ces prisonniers ont été enterrés au cimetière Louillot d’Anglet,
    102 au cimetière Saint-Léon de Bayonne.

    Les causes de décès sont en majorité dues à la maladie (tuberculose surtout), mais aussi aux tentatives d’évasion ou accidents de travail.

    Dans le cimetière de quelques villages des Landes, des stèles ou plaques commémorent des prisonniers coloniaux qui dépendaient du Frontstalag 222.

    Mais à Bayonne, Anglet ou au quartier Beyris, rien ne rappelle les souffrances endurées par ces prisonniers « indigènes » oubliés.

    Les gardiens de ces camps sont des sentinelles allemandes, souvent anciens combattants de 14-18, et relativement cléments à l’égard des prisonniers.

    A partir de janvier 1943, devant les besoins du front de l’Est, la Wehrmacht mobilise tous ses moyens et le gouvernement français répond favorablement à la demande allemande de faire assurer la garde dans certains frontstalags par des officiers français.

    « Ce transfert crée une situation inédite et suscite des interrogations puisque les anciens officiers français des troupes indigènes deviennent subitement leurs geôliers.

    Ceci accroîtra la démoralisation des prisonniers ainsi que le sentiment d’avoir été trahis au nom d’une raison d’Etat » selon l’historienne Armelle Mabon.

    Le 22 août 1944 le Frontstalag 222 de Beyris est libéré et vidé de tous ses occupants.

    -----------------------------------------------------

     

    NOURRITURE des PRISONNIERS de GUERRE
    DANS LES CAMPS !

    Les prisonniers mangeaient le matin, un quart d'un liquide chaud intitulé café, qui était à base de malt, mais qui pouvait aussi être du jus de gland.
    Le midi ils mangeaient de la soupe épaissie de pommes de terre, betteraves et rutabagas*.
    et parfois des épluchures de pommes de terre !

    ET MAINTENANT dans certaines grandes surfaces ! ces légumes sont tendance !

     

     

    Lien complet - https://fr.wikipedia.org/wiki/Prisonniers_de_guerre_fran%C3%A7ais_de_la_Seconde_Guerre_mondiale

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    Juin 1944 : Mouleydier,  

    un autre VILLAGE MARTYR

     

     

    L’incendie du village d’Oradour-sur-Glane par une colonne de la division Das Reich, le 10 juin 1944, n’est pas sans rappeler le martyr d’un autre village, situé plus au Sud, en bordure de la rivière Dordogne, en Périgord :

     

    le village paisible de Mouleydier.

     

    Le 21 juin 1944, au terme d’une lutte acharnée, le village est pillé puis incendié par les hommes de la 11e Panzer Division.

     

     

    Ruines calcinées du village de Mouleydier (Dordogne), incendié par les Allemands le 21 juin 1944.

    Toutes les photos de cet article proviennent des archives du résistant Émile Guet, © Photos Bondier, Bergerac.

     


    Elles ont été publiées dans une monographie réalisée par Yves Fressignac :
    « Mouleydier 1944 – De la Résistance à l’an 2000 »,

    Éditions La Lauze, Périgueux, avril 2004.

     

     

    Il n’est pas question ici d’associer dans un même martyrologe les deux tragédies, celle d’Oradour-sur-Glane, d’une part, celle de mouleydier, d’autre part.

     

     

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    Elles ne sont ni comparables, ni opposables.

     

    Les auteurs ne sont pas les mêmes (division SS d’un côté, division blindée de la Wehrmacht de l’autre), le nombre de victimes est beaucoup plus important en Haute-Vienne

     

    (123 maisons détruites et 642 victimes, fusillées et brûlées) qu’il n’est en Dordogne (175 maisons détruites et 65 morts probables)

     

    selon l’estimation de l’historien Jean-Jacques Gillot, en totalisant les morts des combats des 11, 18 et 21 juin, tant à Mouleydier qu’à Saint-Germain et Mons).

     

    À Oradour, les victimes sont civiles, tandis qu’à Mouleydier, ce sont des hommes qui meurent au combat ou qui, fait prisonniers, sont exécutés sauvagement.

     

    Si les circonstances qui conduisent au drame sont différentes, le ressenti est le même pour les populations endeuillées, spoliées, à qui l’on a tout volé, ravi, brûlé…

     

     

    Groupe d'habitants posant dans les ruines de leur village, à Mouleydier.

    Les causes de la tragédie

     

     

    L’événement qui est à la genèse de la tragédie de Mouleydier, aussi curieux que cela puisse paraître,

    c’est le débarquement allié du 6 juin 1944

     

    En Bergeracois, l’annonce du débarquement en Normandie fait naître un incroyable enthousiasme et suscite des vocations parmi la population locale.

     

    Par centaines des Périgourdins vont venir grossir les rangs clairsemés des maquis.

     

    Les mouvements de Résistance, se sentant pousser des ailes, entreprennent alors des actions spectaculaires, à l’exemple de la libération des prisonniers politiques de la prison militaire de Mauzac, dès le lendemain, le 7 juin.

    Dans la région de Mouleydier, sur le territoire de la commune voisine de Saint-Sauveur, on attend le parachutage d’hommes, d’armes et de matériel.

     

    Le message de la BBC devant alerter les résistants et les inviter à se tenir prêts en vue des parachutages, tombe le 31 mai 1944 :
    « La fée a un joli sourire »

     

    L’homme de contact avec Londres se nomme Philippe de Gunzbourg, alias « Philibert », puis « Edgard ». C’est l’un des responsables du réseau « Hilaire ».

     

     

    Dans le même temps, le commandement allemand ordonne aux Panzers Divisions stationnées dans le Sud-Ouest de remonter vers la Normandie, avec pour mission de stopper la progression des Alliés.

    La Résistance en Bergeracois, impatiente d’en découdre et sentant la Victoire à portée de fusils, entreprend par tous les moyens de freiner la remontée des troupes allemandes vers le Nord-Ouest de la France : actions de harcèlement de type guérilla, sabotages des voies ferrées, mise en place de barrages sur les routes…

    Ces trois facteurs conjugués : 1. l’accroissement de l’activité de la Résistance après le 6 juin, avec notamment « l’attaque » de la prison de Mauzac, .

     

    le projet d’aménagement puis de surveillance d’une zone voisine de Mouleydier en vue de parachutages .

     

    la remontée vers la Normandie des divisions de la SS stationnées dans le Sud-Ouest, conjuguée à la volonté des Allemands d’écraser la résistance en Sarladais… expliquent pourquoi Mouleydier, foyer de Résistance situé sur l’axe Bergerac-Sarlat, fait l’objet d’une attaque violente suivie d’un pillage en règle puis d’un incendie meurtrier…

     

     

    Quelques photos et documents, issus du fonds d’archives de l’ancien résistant Émile Guet (groupe Ponton-Martin), témoignent de la tragédie vécue par les habitants du village martyr de Mouleydier.

    Rue du village en ruines de Mouleudier, 21 juin 1944. Maison en ruines. Incendie de Mouleydier par les Allemands en juin 44.

    Village de Mouleydier, incendié par les Allemands le 21 juin 1944. Rue du village de Mouleydier incendié par les allemands le 21 juin 1944.

    Maison incendiée à Mouleydier, juin 1944. Vue générale du village de Mouleydier incendié par les Allemands le 21 juin 1944.

    Mouleydier incendié, 21 juin 1944. Des officiels discutent de la reconstruction du village martyr de Mouleydier, incendié en juin 1944.

    Prisonniers de guerre allemands, village de Mouleydier, 1945.

    Prisonniers de guerre allemands réquisitionnés pour les travaux de déblaiement. © Photo Bondier, coll. J. Tronel.

     

     

    Mouleydier a fait l’objet de plusieurs attaques,

    les 11, 18 et 21 juin 1944.

     

    Les différents groupes de résistants présents lors de la bataille de Mouleydier sont les suivants :

     

    Groupe Soleil, Alexis (Lot), Cerisier (Lalinde),Marsouin (Belvès), Loiseau (Prigonrieux), Bertrand (Eymet), Leduc (Beaumont), Pistolet (Bergerac), ainsi que celui de St-Germin-et-Mons.

    Le village a finalement été incendié le 21 juin. Le même jour, le village voisin de Pressignac subissait un sort identique.

    Propagande allemande

    Tract de propagande publié après l'incendie du village de Mouleydier, le 21 juin 1944. Tract de propagande allemand, Mouleydier juin 1944.

    Dès le lendemain, la propagande allemande diffuse le tract ci-dessus dans les rues de Bergerac, coll. J. Tronel.

    La presse en parle…

     

     

     

    La presse en parle… Mouleydier, 21 juin 1944.

     

     

    SOURCES

     

    http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/varia/juin-1944%C2%A0-mouleydier-un-oradour-sur-glane-en-perigord-2214

     

     

     

     

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