•  

    Colonel Edgar Puaud at a Legion of French Volunteers Against Bolshevism’s (L.V.F.) meeting in 1941.

     

     

    Par avidité ou par conviction, parce qu'ils étaient des ratés ou des racistes, certains Français ont commis pour le compte du IIIe Reich des crimes immondes. Portraits noirs.

    Les profils des Français qui s'engagèrent dans la Collaboration sont aussi divers que leurs motivations. réactionnaires ou révolutionnaires, ils soutinrent les nazis par les armes ou furent ce que l'historien Pascal Ory a appelé, dans sa somme de 1979 «Les Collaborateurs», des «assassins de plume».

     

    Parmi eux, on trouvait des Rastignac n'envisageant que l'aubaine, des écrivains et des scientifiques méconnus en quête de reconnaissance, de grands bourgeois mus par l'appât du gain, des voyous propulsés chefs de police auxiliaires et quelques masochistes pour lesquels l'engagement tint lieu de suicide. Mais la France enfanta aussi d'authentiques fascistes et nationaux-socialistes. Dans cette cohorte de soldats fervents, l'anglophobe côtoyait l'anticommuniste et l'antisémite. La plupart de ces damnés furent tués à la fin de la guerre ou exécutés à la Libération. D'autres en réchappèrent, graciés ou morts en exil.

     

    Et certains remirent après guerre le couvert de leur ignominie.

     

     

    Voici la monstrueuse parade des pro-nazis français.

     

     

    MARCEL BUCARD [1895-1946]   Les camps ?  «Des endroits rêvés», disait-il

    Séminariste, il s'engagea comme volontaire en 1914. revenu des tranchées couvert de blessures et de médailles, Marcel Bucard fit ensuite le tour des mouvements d'extrême droite qui pullulaient dans les années 1920 - de l'Action française royaliste de Charles Maurras au Faisceau de Georges Valois, premier parti fasciste de France avant de fonder, en 1933, son propre mouvement.

     

    Anticommuniste, anti-franc-maçon et antijuif, le parti franciste se réclamait explicitement de Mussolini, dont il recevait des subsides. Membre de l'internationale fasciste aux côtés du Belge Léon Degrelle et de l'Espagnol Miguel Primo de rivera, Bucard aspirait à une «deuxième révolution française», instaurant une société hiérarchique où l'ordre primerait la liberté, et le corps national, l'individu. sous

     

     

     

    l'Occupation, ce proche du Maréchal milita pour la Collaboration, confondant la Légion des volontaires français (LVF) et vantant les camps de concentration, «endroits rêvés pour apprendre aux juifs à travailler pour les autres». La plupart des francistes s'enrôlèrent dans la Franc-Garde qui traquait les résistants. réfugié à Sigmaringen avec les derniers irréductibles de la Collaboration, Bucard fut arrêté en juin 1945, condamné à mort et fusillé en mars 1946, au fort de Châtillon.

     

    PAUL CHACK [1876-1945]  Ce militaire présidait le Cercle aryen

    Frais émoulu de l'Ecole navale, Paul Chack sillonna les océans avant de livrer une trentaine de romans, gorgés de patriotisme et d'anglophobie, célébrant l'épopée maritime nationale. Glissant de l'Action française au fascisme, il intégra en 1937 le bureau politique du parti populaire français, futur soutien du régime de Vichy.

     

     

     

    Pétainiste et anticommuniste, il lança sous l'Occupation des appels à la dénonciation dans la presse collaborationniste et au micro de radio Paris.

     

     

     

    Présidant à la fois le Cercle aryen et le Comité d'action antibolchevique, c'est encore lui qui organisa la grande exposition parisienne de 1942:

     

    «Le bolchevisme contre l'Europe». En février 1943, il rallia le Front révolutionnaire national, regroupant les militants de plusieurs partis (RNP, MSR, parti franciste...) qui finirent par intégrer les rangs de la Milice.

     

    Arrêté en août 1944, il fut jugé, condamné à mort pour intelligence avec l'ennemi et exécuté début 1945.

     

     

    ALAIN LAUBREAUX [1899-1968] Il dénonçait des juifs dans son journal

    Natif de Nouméa, il devint, en 1936, critique théâtral du journal de politique internationale «Je suis partout», dans lequel il prôna dès avant guerre l'entente avec l'Allemagne. Puis, dans le Paris occupé, Laubreaux exerça sa redoutable influence bien au-delà du monde du spectacle.

     

    Enivré de sa puissance, il en joua sans retenue, rédigeant, entre deux critiques dramatiques fielleuses, les dénonciations antisémites anonymes de la page 3 de son hebdomadaire, et réclamant sur les ondes de radio Paris que l'on fusille le poète robert Desnos (qui allait mourir en déportation) .

     

    Ayant fui en 1944, il fut condamné à mort par contumace et s'éteignit en exil à Madrid en 1968. Dans son film «Le Dernier Métro», François Truffaut l'a représenté en lui donnant le nom de Daxiat, pseudonyme sous lequel Laubreaux signa la grande pièce antisémite de l'Occupation, «Les Pirates du ciel».

     

    HENRY COSTON [1910-2001] Il est l'auteur d'une apologie des camps nazis

    Cet homme a consacré sa longue existence à dénoncer le «complot judéo-maçonnique». Militant de l'Action française, il fonda, à la fin des années 1920, les Jeunesses antijuives, au programme prémonitoire: exclusion des juifs de la communauté française et spoliation de leurs biens.

     

     

    Ayant repris «La Libre Parole», le journal antisémite d'Edouard Drumont, Coston organisa un éphémère Front national ouvrier-paysan, avant de rallier le parti populaire français, en tant que chargé du renseignement. Après l'avènement d'Hitler, il se rendit en Allemagne où, considéré comme un authentique idéaliste national-socialiste, il fut subventionné pour rééditer le célèbre livre antisémite «Les Protocoles des sages de Sion».

     

    En 1940, il rejoignit le minuscule parti national- socialiste français. sous l'Occupation, il coprésida l'association des journalistes antijuifs et multiplia livres et articles de presse.

     

    Chargé par Pétain, qui lui remit la francisque en 1943, de travailler sur la franc-maçonnerie, il anima le Centre d'action et de documentation, éditant deux bulletins «d'information antimaçonnique» et «d'information sur la question juive». il signa, dans la brochure «Je vous hais», une apologie des camps nazis. Arrêté en Autriche en 1946 et condamné aux travaux forcés à perpétuité, il bénéficia rapidement d'une grâce médicale, et lança en 1957 «Lectures françaises», une revue où signait, entre autres, Paul Rassinier, l'un des pères du négationnisme.

     

     

     

    Ayant fini sa carrière de haine comme chroniqueur à «Présent» et à «National hebdo», Coston mourut paisiblement en France à l'âge de 91 ans.

     

    EDGAR PUAUD [1889-1945] Ancien poilu, il devient colonel chez les SS

    Passé par les tranchées de 14-18, puis par la Légion étrangère, Edgar Puaud s'engagea en juillet 1942 dans la Légion tricolore, prélude à la Légion des volontaires français (LVF) contre le bolchevisme que Laval souhaitait déployer sur le front de l'Est en renfort de la Wehrmacht. soutenue par Déat, Doriot et Deloncle, chefs des principaux partis collaborationnistes, qui y voyaient aussi une armée de partisans pour «nettoyer» la France, la LVF ouvrit ses rangs aux mercenaires, aventuriers et repris de justice. Fin 1943, au Vél'd'hiv de Paris, 6500 légionnaires prêtèrent serment à Hitler.

     

     

    Puaud, promu colonel de la Wehrmacht, prit la tête de trois bataillons rassemblés en Biélorussie. A l'été 1944, la LVF ayant subi d'énormes pertes, Himmler ordonna son démantèlement.

     

    La plupart des 1200 rescapés furent alors affectés à la 33e Division SS Charlemagne, commandée par l'Oberführer SS Puaud, et regroupant tous les Français combattant pour l'Allemagne. Début 1945, ses 10000 hommes furent décimés en Poméranie, lui-même y trouvant la mort. Les rescapés furent les ultimes défenseurs du bunker de Hitler à Berlin.

     

     

    MAURICE SACHS [1906-1945] Cet escroc fut un indic pour la Gestapo

    Escroc, pédéraste», tel qu'il se présentait lui-même, et aussi collaborateur bien que d'origine juive, Sachs chercha dans l'expérience de l'infamie la matière d'une œuvre littéraire.

     

    Après une enfance très dure, il fut un temps le secrétaire de Jean Cocteau.

     

    Max Jacob l'encouragea à écrire.

     

    Après l'exode, il vendit tous les biens de sa grand-mère en exil et se fit trafiquant d'or.

     

    Epicentre du marché noir, son appartement rue de Rivoli devint le rendez-vous des escrocs et des gigolos. réfugié un temps en Normandie avec l'écrivaine Violette Leduc et un enfant juif recueilli qu'il abandonnera sans remords, il s'engagea ensuite pour le STO.

     

    A Hambourg, la Gestapo le recruta pour espionner ses compatriotes, tâche dont il s'acquitta avant que ses trafics ne le fassent interner au camp de concentration de Fuhlsbüttel. il fut abattu par un SS en 1945. La guerre avait empêché la publication de son grand œuvre, «Le sabbat», qui parut en 1946.

     

    En 1943, il fit, avec sa Croix de guerre, la une du magazine allemand «signal»

    MAYOL DE LUPÉ [1873-1955]  Aumônier, il mit Dieu au service du Führer

    Né quatre-vingts ans jour pour jour après la décapitation de Louis XVI, cet aristocrate demeura toujours allergique à la république.

     

    Aumônier militaire pendant la Première Guerre, Mayol de Lupé suivit ensuite les troupes françaises en Bessarabie.

     

    Dans les années 1930, il effectua des voyages en Allemagne, s'y faisant un carnet d'adresses qui lui valut de nombreuses sollicitations.

     

    Hitler ayant lancé ses troupes sur l'Union soviétique en 1941, il bénit cette «croisade anti-bolchevique» en devenant l'aumônier de la Légion des volontaires français. servir sous l'uniforme allemand ne lui plaisait guère, mais face à l'antéchrist, qu'importait que la croix fut gammée.

     

    L'écusson bleu, blanc, rouge sur sa manche le tourmenta bien plus: «il n'y a qu'un seul drapeau, jugeait-il, le blanc fleurdelisé du comte de Chambord.»

     

    En 1943, il fit, avec sa Croix de guerre, la une du magazine allemand «signal».

     

    Célébrant la messe de Noël 1944 de la Division Charlemagne, il dédia son homélie à «Notre très saint-père le pape et à notre Führer Adolf Hitler». Mayol de Lupé fut arrêté en 1946 en Bavière, et condamné à 15 ans de réclusion.

     

    HENRI LAFONT  [1902-1944]   Ce malfrat faisait parler les résistants

     

    L’occupation n’a pas été une défaite pour tout le monde. Les quatre années de guerre ont même été, d’une certaine manière, l’âge d’or de la pègre, pour plusieurs centaines de voyous libérés des prisons où ils purgeaient leurs peines. 
     
    Celui qui a sélectionné cette sinistre bande de malfrats à la solde des nazis s’appelait Henri Lafont, un ancien taulard de peu d’envergure. Dans le milieu, on l’appelait "Monsieur Henri".  

    Il devient alors Henri Lafont

     

    Arrêté plus tard pour insoumission, il est envoyé en prison où il fait la rencontre de deux Allemands et un Suisse, membres de l'Abwehr, une organisation de l'armée allemande qui fait office de service de renseignement de l'état-major. Les trois hommes proposent à Henri de travailler avec eux.

    Ce qu'il accepte. Il se fait remarquer par Hermann Brandl, agent spécial de l'Abwher,

    et Wilhem Radecke, capitaine de la Wehrmacht, qui l'intègrent à la police allemande. 

     

    Orphelin à 11 ans, Henri Lafont connut une enfance miséreuse, survivant de petits larcins qui le menèrent vite en colonie pénitentiaire.

     

    En 1940, son casier comptait une dizaine de condamnations.

    A la faveur du chaos de juin 1940, il s'évada d'un camp du Loiret en compagnie de deux Allemands.

     

     

     

    Fiche d'identité d'Henri Chamberlin alias Henri Lafont

     

    Ces agents de l'Abwehr le conduisirent à Hermann Brandl, alias «Otto», pour le compte duquel il ouvrit à Paris un «bureau d'achats».

     

    Ces officines avaient été mises en place par l'occupant pour rafler directement chez les particuliers les marchandises réquisitionnées par le Reich.

     

     

    Bonny et Lafont

    Les affaires prospérant, Henri s'installa ensuite au 93, rue Lauriston, à l'ombre de la place de l'Etoile. sa bande - constituée de truands recrutés notamment à la prison de Fresnes - compta jusqu'à cent permanents, sur lesquels il régnait avec son bras droit, l'ancien policier Pierre Bonny Dotés par les Allemands d'Ausweis et de cartes de police officielles, ses hommes écumaient la capitale, menaçant, dépouillant, assassinant.

     

    Ayant reçu la nationalité allemande et le grade de capitaine de la SS, «Monsieur Henri» roulait en Bentley s'entourait d'orchidées et invitait aux soirées du «93» le tout-Paris qu'il compromettait par ses faveurs.

     

     

    son officine se mua alors en annexe de la Gestapo, traquant les résistants pour lesquels la rue Lauriston figurait la porte des Enfers.

     

    Début 1944, Lafont créa une Légion nord- africaine qui multiplia les atrocités en Limousin et en Dordogne, puis il se cacha avec Bonny dans une ferme. Les deux hommes furent jugés et fusillés.

     

     

    GEORGES MONTANDON   [1879-1944]   Il a osé l'expression «ethnie putain»

    Etabli à Paris en 1925, ce suisse, qui avait étudié la médecine et l'anthropologie, se fit spécialiste des «races» et spécialement de celle qu'il qualifia d'«ethnie putain», les juifs.

    Mais Georges Montandon resta aux portes de l'université.

     

    L'Occupation donna à ce correspondant de Céline - dont l'œuvre «Bagatelles pour un massacre» l'avait enthousiasmé - l'opportunité de faire triompher ses vues. investi dans toutes les instances antisémites de la Collaboration, il dirigea notamment «L'Ethnie française», revue financée par l'institut allemand de Paris, et publia un manuel intitulé «Comment reconnaître le Juif?».

     

     

     

    De l’admiration de la révolution bolchevique à l’adhésion totale à l’antisémitisme nazi:

    la dérive mortelle du Dr Montandon, Neuchâtelois, médecin à Renens, ami de Céline et

    ennemi juré de la «Gazette de Lausanne»

     

    Membre du parti populaire français, il fut nommé en 1942 expert auprès du Commissariat général aux questions juives, délivrant, moyennant finances, des «certificats de non appartenance à la race juive». il trouva encore le temps de traduire le «Manuel d'eugénique et d'hérédité humaine» du nazi Otmar von Verschuer, avant de cosigner avec henry Coston (voir page 59) la brochure «Je vous hais», publication la plus violemment antisémite de la période.

     

     

    Cible d'un attentat des FFi, Montandon mourut dans un hôpital allemand.

    Violette Morris 1913 (02).jpgLa grosse avant son amputation des seins

    VIOLETTE MORRIS [1893-1944]   On l'appelait   «La hyène de la Gestapo»

    Fille d'un baron qui l' éleva comme un garçon, Violette Morris fut ambulancière en 1914-1918 avant de devenir célèbre dans les années 1920 en se forgeant un palmarès sportif d'exception:

     

    recordwoman du monde des lancers du poids et du disque, elle était aussi footballeuse, boxeuse, pilote automobile

     

    (vainqueur du Bol d'or 1927)... Bisexuelle affichée, Violette fit scandale en se faisant enlever les seins pour être plus à son aise au volant. ( ?? )

     

    Ce qui lui valut d'être privée des JO de 1928, les premiers ouverts aux femmes, par la Fédération française d'athlétisme qui l'accusait d'atteinte aux bonnes mœurs.

     

    Une injustice qu'elle crut laver en devenant espionne pour l'Allemagne.

    En 1940, Helmut Knochen, chef de la SS à Paris, la recruta.

     violettepiano

    Elle rejoignit ensuite la rue Lauriston (voir Henri Lafont) , s'y taillant une réputation de tortionnaire émérite, avant d'être abattue en avril 1944 par des FFI sur une route de campagne normande.

    C'est lors de ses recherches et investigations sur le Maquis Surcouf  que Raymond Ruffin avait croisé la route de Violette Morris (1893-1944).

     

     

    Collaboratrice zélée de la Gestapo, elle a été exécutée sur une petite route de Normandie sur ordre de Londres par les résistants du maquis Surcouf

     

     

     

     

     

     C'est l'écrivain Auguste Le Breton, qui l'avait connue en 1941, qui la surnommera pour la postérité «La hyène de la Gestapo».

     

    JEAN FILLIOL [1909-?]    Il tua pour Mussolini et pour Franco

    Il fut l'âme damnée d'Eugène Deloncle, le fondateur de la Cagoule. son épopée sanglante débuta le 6 février 1934. A la tête d'une section parisienne des Camelots du roi, Jean Filliol conduisit l'assaut manqué contre la Chambre des députés.

     

    Ayant outrepassé les consignes, il fut exclu de l'Action française. Avec Deloncle, autre dissident du mouvement royaliste, il fonda alors le Parti national révolutionnaire. inquiétés par les policiers, les deux hommes optèrent ensuite pour la clandestinité au sein du Comité secret d'action révolutionnaire (CSAR). Vite rebaptisée la «Cagoule», cette organisation structurée cherchait à entraîner l'armée dans un putsch militaire contre la république, en multipliant attentats et assassinats.

     

    En échange de mitraillettes Beretta, Filliol tua pour le compte de Mussolini deux antifascistes réfugiés en Normandie, puis il œuvra pour l'Espagne franquiste, où il se mit un temps au vert. rentré en France, il intégra le Mouvement social révolutionnaire que Deloncle venait de créer.

     

    Accusé par Vichy d'avoir fomenté une tentative d'assassinat contre Pierre Laval et Marcel Déat, il fut arrêté, puis interné près de Limoges. C'est Darnand, secrétaire d'Etat au maintien de l'ordre, qui le fit libérer début 1944 pour l'affecter à la Milice engagée en Limousin contre le maquis de Georges Guingouin.

     

    Filliol aurait alors indiqué aux SS de la division Das Reich le village d'Oradour-sur-Glane comme hébergeant un maquis.

    Condamné à mort en France, il avait fui en Espagne,

    où il y travailla pour L'Oréal, multinationale dont le fondateur Eugène Schueller était proche des Cagoulards. Puis on perdit sa trace.

     

     

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    ==> Article tiré du magazine GEO Histoire n°16, "La France sous l'Occupation" (sept. 2011) 


    En savoir plus sur http://www.geo.fr/photos/reportages-geo/seconde-guerre-mondiale-collaboration-ils-ont-pactise-avec-le-diable-127071#haVCQHYOPE5RGzQK.99

     

     

     

     

     

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  • Charlotte Delbo


          Charlotte Delbo nait en 1913, au cœur de l’été, trois ans après Simone de Beauvoir, dans une famille d’immigrés italiens.

     

    Autodidacte, bilingue en anglais, elle apprend la sténographie, comme Alice Guy avant elle.

     

    A vingt-et-un ans, la jeune femme entre dans les Jeunesses communistes et rejoint deux ans plus tard, en 1936, l’Union des jeunes filles de France, créée et dirigée par Danièle Casanova. Jeune mariée, elle fait des piges pour les journaux du Parti communiste dont ceux que codirige Andrée Viollis.

     

    Devenue l’assistante de Louis Jouvet, elle le suit en tournée jusqu’en Amérique latine. Lorsque la guerre éclate, et après la débâcle, Charlotte décide de laisser la troupe et de revenir par ses propres moyens en France, retrouvant son mari qui, entré dans la clandestinité, travaille pour ce qui devient les Lettres françaises. 

     

    Elle prend sa relève au grade d’adjudant chef au titre de résistance française.

     

    Cinq mois avant les rafles du Vel d’hiv et avant le débarquement en Afrique du Nord,

     

    le 2 mars 1942, le réseau auquel appartient Charlotte tombe, son mari, Danielle Casanova, Jacques Decour, les époux Vaillant-Couturier et elle-même sont interpellés, torturés et transférés à la Santé.

     

    Son mari est fusillé, deux mois plus tard, au Mont Valérien.

     

     

     

    Charlotte a fêté ses vingt-neuf ans depuis deux semaines, quand le 24 août elle est transférée de la prison de la Santé au camp de Romainville,

    où elle reste jusqu’au 20 janvier 1943.

     

    Embarquée dans un convoi qui emporte deux cent trente déportées politiques vers Compiègne, et qui repart le 24 janvier vers Auschwitz, seul convoi de femmes déportées politiques parti vers cette destination.

     

     

     

     

     

    85 % des déportées sont des résistantes et quarante-cinq d’entre elles sont les veuves de résistants fusillés.

     

    Le convoi arrive trois jours plus tard, le 27 janvier à Birkenau.

     

    Les Françaises entrent dans le camp en chantant la Marseillaise.

     

     

     

    Le 10 avril, deux mois et demi plus tard, seules soixante-dix d’entre elles sont encore vivantes, dont Charlotte qui a survécu au typhus.

     

    Le 3 août, les cinquante-sept survivantes sont mises en quarantaine et mieux traitées, cinq d’entre elles meurent néanmoins avant décembre.

     

    En janvier 1944, un an après le début de sa déportation, Charlotte est envoyée à Ravensbrück, où elle est libérée par la Croix Rouge internationale, le 23 avril 1945, après plus de deux années d’internement.

     

    Agée de trente-et-un ans, la jeune femme, matricule 31 661, en garde au cœur une myocardie parcellaire, qui la contraint à entrer en clinique en 1946.

     

    Depuis sa chambre, elle écrit Aucun de nous ne reviendra, qu’elle relègue dans un tiroir durant près de vingt ans.

     

    Dans la foulée, elle rédige, aidée de ses amies survivantes, Le convoi du 24 janvier, notice biographique de ses deux cent vingt-neuf compagnes de déportation.

    Passée la cinquantaine, elle publie la plupart de ses œuvres, récits, drames et poèmes.

     

    Celle qui est connue pour sa gaité et son goût du champagne, s’éteint un an avant Simone de Beauvoir, victime d’un cancer, à soixante-douze ans.



    Charlotte Delbo 1913-1985

     

    Delbo Charlotte, Qui rapportera ces paroles ?,

    tragédie en trois actes, P.-J. Oswald, Paris, 1974.

    Delbo C., Aucun de nous ne reviendra, éd. de minuit, 2007

    Delbo C., Le convoi du 24 janvier, éditions de minuit, 2002

    Gelly Violaine, CharlotteDelbo, Fayard, 2013 

    Hatzfeld J. L'urgence Charlotte Delbo in Le Monde Mai 2013

    Mesnard Philippe, Témoigner entre histoire et mémoire, Kimé 2010

    Hommage à Charlotte Delbo 1995, Ina

    Charlotte Delbo.org

    Radioscopie Charlotte Delbo/ Jacques Chancel avril 1974, Ina

    Dargnies S. Une vie, une oeuvre. Charlotte Delbo, France culture 2013

    Varier Zoé, Charlotte Delbo, et 2de partie France inter, 2013

    Fonds Charlotte Delbo BnF

     

     http://pantheonistas.blogspot.fr/

     

     

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  • Sylvia Monfort


              Simone Marguerite Favre – Bertin, dite 

    Sylvia Monfort son alias de résistance

    la benjamine des Panthéonistas, naît en 1923, Sarah Bernhardt est morte deux mois et demi plus tôt. Auteure comme son auguste devancière, amoureuse de théâtre avant tout, bien que le cinéma lui apporte la célébrité, Silvia œuvre à offrir la culture à tous.

     

    Fille du sculpteur Charles Favre – Bertin, élève précoce, bachelière à quatorze ans et demi, en 1939, la jeune fille rencontre à seize ans,

    son futur mari,

     

    Maurice Clavel

    dirigeant du réseau de résistance d’Eure et Loir,

    sous le pseudonyme de Sinclair.

     

    Agent de liaison dans la Résistance, Silvia Monfort, au lendemain de la Libération, reçoit la Croix de Guerre des mains du Général de Gaulle.

     

    Armée, elle participe à la libération de Nogent-le-Rotrou et de Chartres en 1944, à peine majeure quand elle accueille le général De Gaulle sur le parvis de la cathédrale, qui lui remet lui même la Croix de guerre

     

     

     

    comme le général Patton lui offre la Bronze Star Metal.

    L’année suivante, remarquée dans La casa de Bernarda Alba de F. Garcia Lorca, elle intègre la distribution de L’Aigle à deux têtes de Jean Cocteau, pièce qui entame une tournée internationale assurant sa renommée.

     

    En 1946, Jean Vilar en fait sa Chimène, vingt-quatre ans, pour le premier festival d’Avignon.

     

    Deux ans plus tard, elle interprète l’adaptation cinématographique de L’Aigle à deux têtes, et en 1955, à trente-deux ans, son allure juvénile lui permet d’être Eponine dans les Misérables.

     

    Sur les planches, comme Rachel et Sarah Bernhardt, avant elle, son plus grand rôle est Phèdre, qu’elle joue pour la première fois à trente-sept ans, en 1960, et pour la dernière à soixante-deux ans.

     

     

     

    Résistante et actrice

     

    Silvia est aussi romancière, metteur en scène et directrice de théâtre

    comme Sarah Bernhardt.

    Son théâtre itinérant, Les tréteaux de France, a pour vocation d’ouvrir le théâtre à tous.

     

    A force de combat, Sylvia obtient que le Monfort soit installé dans le carré Thorigny, dans un quartier insalubre, celui qui l’a vu naître, le Marais.

     

    Elle est lancée dans une adaptation de Sophocle et joue Electre quand Charlotte Delbo publie enfin, en 1965, Aucun de nous ne reviendra.

    Silvia décède à soixante-huit ans d’un cancer du poumon, en 1991, peu avant l’ouverture de son nouveau théâtre, celui qui porte son nom Le Monfort-Théâtre.



    Sylvia Monfort 1923  - 1991 

     

    Monfort Sylvia, Il ne m’arrivera rien 1946            
    Monfort Silvia, La raia 1959
    Monfort Silvia, Les Anes rouges, Julliard, 1966                       
    Martinot-Lagarde T, Silvia Monfort, une vie de combat pour le théâtre, Cahiers d’une exposition, BnF, 2003
    Piazza F., Silvia Monfort : Vivre debout, D. Carpentier, 2011
    Les enfants terribles, Jean Cocteau, 1947
    Médée, 1953, Ina
    Le mariage de Figaro, présentation et pièce, in le Théâtre et l'Université, 1957
    La complainte de Fantomas de Robert Desnos, 1960, Ina
    Silvia Monfort et Alexis Gruss 1976, Ina 
    Radioscopie Silvia Monfort/Jacques Chancel 1978, Ina
    Tribunal des flagrants délires, 1981, Ina

     

     

    http://pantheonistas.blogspot.fr/ 

     

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    Saviez-vous que Fernandel et Elvire Popesco souriaient aux côtés

    de Goebbels à Berlin, en 1939?

    Que Martine Carol fut découverte par le «mystérieux Dr Greven»,

    patron de la firme allemande Continental à Paris?

     

    1916_7

     

    Que le 2 décembre 1940 Vichy créa le COIC, ancêtre du Centre national de la cinématographie, dont certains collaborateurs, comme Robert Buron

    et Christine Gouze-Rénal, résistèrent à partir de 1944 ?

     

    Qu'en novembre 1939 Jean Renoir publia un projet de réorganisation du cinéma français où

    il déclarait:

     

    «Quant aux producteurs en "ich" ou "zy",

    on ne veut pas les chasser, mais les employer à titre étranger»?

     

    Le Parfum de la dame en noir : photo Louis Daquin, Marcel Herrand

     

     

    Que Louis Daquin, principal épurateur communiste à la Libération, débuta en 1941 avec Nous les gosses, film patronné par

    patronné par Georges Lamirand, secrétaire général à la Jeunesse?

     

    Daquin, à qui je rappelais qu'il s'était porté volontaire en 1941 pour diriger les actualités de Vichy, avoua sa ? naïveté?

     

     

    34716830_L

     

    Des révélations de ce genre, l'album de René Chateau,

    Le Cinéma français sous l'Occupation (1940-1944), en apporte ou en confirme beaucoup, dérisoires, infâmes, petites et grandes.

     

    Elles sont d'autant plus irrécusables que l'auteur

     

    12337_20

    Danièle DARRIEUX 

     

     

    intervient à peine, préférant reproduire, en les mettant efficacement en page, près d'un millier d'affiches, de photographies et de documents, souvent inédits, d'articles de presse.

     

     

    Arletty

     

    On retient d'Arletty, qui n'a jamais tourné pour la Continental, sa Madame Sans-Gêne réalisée par Roger Richebé (1941) et ses rôles magnifiques chez Carné: Les Visiteurs du soir (1942) et Les Enfants du para­dis (1943-45). 
     

    Mais, à la Libération, elle est arrêtée et jugée à cause de sa liaison amoureuse avec un général de l'armée allemande.

     

     

    L'ensemble est captivant parce qu'il donne à voir, presque au jour le jour, l'évolution d'un cinéma qui fleurit sous la botte, utilise tous les talents (les dialogues de Nous les gosses sont de Marcel Aymé) et, malgré quelques «épurés» notoires, sort de la guerre sans trop de dommages. 

     

    Pourquoi René Chateau, distributeur des films de James Dean et de Bruce Lee, ancien associé de Belmondo et éditeur, en vidéo, de La Mémoire du cinéma français, est-il devenu historien?

     

    «Pour y voir clair, répond-il.

     

    Depuis plus de vingt ans, j'accumule des documents. J'achète des affiches à Drouot.

    On m'envoie des raretés de partout.

     

    J'ai aussi rencontré des témoins.

     

    Aucun, sauf Louis-Emile Galey, qui dirigea le COIC, ne m'a vraiment parlé.

     

    Amnésie? Honte?

    Pierre Chenal,

    Suzy Delair,

     

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    Guerre 1939-1945. Suzy Delair, Viviane Romance, Junie Astor et Albert Préjean partant pour la présentation à Berlin du film d'Henri Decoin "Premier rendez-vous". Paris, Gare de l'Est, mars 1942

     

    Louis Daquin, Arletty et 

     

    beaucoup d'autres n'avaient que de vagues souvenirs.

     

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    Charles Trenet, chanteur et compositeur français, et Corinne Luchaire. Paris, mars 1941

     

     

    Jean-Paul Le Chanois,

    qui, bien que juif et communiste, travailla à la Continental,

    affirmait qu'il était là pour "rouler" les Allemands!»

     


    Un ami de Göring Au-delà des anecdotes, l'ouvrage traite en détail des structures de la production française.

     

    On y apprend ainsi qu'en 1940 Tobis-Films, une maison allemande liée dès l'avant-guerre au cinéma français, a produit Nuits de feu, de Marcel L'Herbier,

     

     

    et Remontons les Champs-Elysées, de Sacha Guitry.

     

    «On ne comprend rien à cette histoire, insiste Chateau, si l'on ignore les liens étroits entre Berlin et Paris.

     

    Un homme joue un rôle déterminant.

    C'est Alfred Greven, un ami de Göring.

    Il a été le producteur

     


    du Domino vert, d'Henri Decoin, réalisé à Berlin en 1935, avec Danielle Darrieux, la vedette la mieux payée sous l'Occupation, et Charles Vanel, qui recevra la francisque.

     

     

     

    Le producteur français de ce film, Raoul Ploquin, sera l'un des plus actifs de 1940 à 1944.

     

    Le décor est planté. Ces gens s'apprécient déjà et font des affaires juteuses.

     

    La guerre va leur permettre d'écarter la concurrence des studios américains et des "métèques".»

    220 films furent produits sous l'Occupation.

    Chateau en publie la liste complète.

    Il a acquis les droits vidéo d'une centaine

     

    d'entre eux.

     

    Pense-t-il, comme certains critiques, que ce fut un âge d'or pour le cinéma français?

     

    «A lui seul, Greven a produit la moitié des meilleurs films français de cette époque.

     

     

     

    Il a "acheté" des gens comme Darrieux, Albert Préjean, Henri-Georges Clouzot, Simenon, Pierre Fresnay.

    la_main_du_diable01

    Il a permis à Clouzot de réaliser Le Corbeau, qui, jusqu'en septembre 1947, sera dénoncé par Joseph Kessel.

     

    Clouzot

     

    Son premier film, L'Assassin habite au 21, en 1942, est un policier anodin.

     

    Le Corbeau, en revanche, en 1943 (scénario écrit en 1937). est un film de rage et d'amertume, reconnu aujourd'hui comme le film le plus important (pour ne pas dire le plus juste) du cinéma de l'Occupation.

     

    Clouzot est, en 1945, la victime expiatoire des comités d'épuration. On lui fait grief d'une utilisation de son Corbeau à l'étranger pour déconsidérer l'image de la France, et d'avoir eu des relations d'amitié avec les dirigeants de la Continental.

     

    La première allégation est fausse.

     

    Dès 1945. Jacques Prévert et Jean-Paul Sartre prennent sa défense. Il faut attendre 1947 pour le revoir dans les studios.

     

     

    Quand on lui a demandé d'introduire de la propagande dans ses productions, il a répliqué: "La propagande, ce seront les Français qui la feront." Il s'est même passé quelque chose d'étonnant, que je signale.

    Ginette Leclerc

     

    Ginette Leclerc (à gauche), encore auréolée de sa pres-tation dans La Femme du boulanger (Pagnol,1939)  reprend des rôles de garce sensuelle dans Fièvres (Jean Delannoy, 1941), Le Mistral (Jacques Houssin, 1942) et

     

    Le Chant e l'exilé (André Hugon, 1942). 
    Pressée par Alfred Greven,qui la menace de lui faire retirer sa carte de travail, elle signe un contrat pour trois films à la Continental: Le Corbeau (Clouzot,1943) où elle est complètement métamorphosée, Le Val d'enfer (Maurice Tourneur, 1941 et Le Dernier sou (Cayatte, 1943).

     

    Ce n'est pourtant pas cela qui lui vaudra de sérieux ennuis à la Libération. La réponse est à chercher du côté de Lucien Gallas.

     

    Sans qu'elle s'en rendît bien compte.

     

    l'acteur lui avait fait acheter, en son nom propre, un cabaret qu'il voulait diriger.

     

    Mieux valait alors entretenir des relations «cordiales» avec les Allemands qui étaient les seuls habilités à délivrer une autorisation d'ouverture.

     

    Mêler la vie privée à la vie professionnelle pouvait se payer très cher.

     

    CELINE 

    Lorsque la Centrale catholique et le Cartel d'action morale ont voulu faire interdire de nombreux films "immoraux"... la profession s'est retranchée derrière la juridiction de la Propaganda Staffel.»

    Une photographie inédite résume les sentiments que provoque, en fin de compte, ce long voyage à travers quatre ans de cinéma occupé.

     

    Mireille Balin

     

    Mireille Balin, femme, fatale pour Gabin dans de grands films d'avant-guerre, échappe aux griffes de la Continental.

     

    On la voit, toujours séduisante et mystérieuse dans divers films, dont L'Assassin a peur la nuit (Delannoy, 1942) et Dernier atout (Becker, 1942).

     

     

    Balin 

    Amoureuse, elle aussi, elle vit une histoire passionnée avec un officier d'origine viennoise.

     

    Découverte à la Libération dans une cachette de la région de Nice avec son amant, elle est brutalisée, violée et jetée en prison.

     

     

    C'est plutôt la honte qui domine:

     

    à Berlin, le 19 mars 1942, Suzy Delair, René Dary, Junie Astor, Danielle Darrieux,

    Albert Préjean, Viviane Romance, souriants, les bras chargés de fleurs, sont accueillis par des Allemands en uniforme.

     

     

     

    «Vous avez vu, elle traîne partout, la photo de leur départ gare de l'Est. Celle que je donne avait été publiée avec des retouches: on avait maquillé les uniformes et remplacé les casquettes militaires par des chapeaux tyroliens.

     

    Le document est bien emblématique. L'épuration n'a pas épargné tous les visiteurs de Berlin, mais elle a frappé durement des acteurs moins habiles: Arletty, Le Vigan.

     

    Des victimes, le cinéma français, à ma connaissance, n'en a eu que trois:

    Aimos, tué sur les barricades à la libération de Paris,

     

    Robert Lynen, l'enfant de Poil de carotte, mort en résistant 

     

    sous la torture, et le pauvre interprète de Mermoz,

     

    Robert Hugues-Lambert, arrêté pour homosexualité et déporté.

     

    Quant aux archives de la Continental, on les cherche encore.»

     

     

    Harry Baur

     

    Tragique histoire que celle vécue par Harry Baur (à gauche) .

     

    Cet immense acteur de théâtre et de cinéma chez Duvivier, Chenal, Gance, Siodmak, l'inoubliable et inégalé Jean Valjean des Misérables de Raymond Bernard, est dès sa rentrée en scène, fin 1940, l'objet d'une campagne acharnée de journaux et hebdomadaires de la collaboration, l'accusant

    d'être juif et franc-maçon. 

     


    Pour se protéger, il produit une attestation de son origine aryenne et s'en va tourner à la Continental, L'Assassinat du père Noél (Christian-Jaque, 1941) et Péchés de jeunesse (Maurice Tourneur, 1941).

     

    Devenu malgré lui, une figure de la collaboration artistique franco-allemande, il est pris au piège d'un contrat de la Tobis pour tourner en Allemagne un drame romantique, Symphonie d'une vie (Hans Bertram, 1942). 
     

     

    Après son retour en France, il est arrêté le 30 mai 1942 avec son épouse, par la police.

     

    On les relâche plus tard. Mais, dénoncé comme juif et communiste, et mis au secret, Harry Baur est torturé par la Gestapo.

    Il rentre chez lui dans un état physique lamentable et meurt le 8 avril 1943,

    assisté par un prêtre.

     

    Les milieux du cinéma, craignant alors, de se compromettre, peu d'acteurs assistent à ses funérailles à Saint-Philippe-du-Roule.
     

     

     

     

    Read more at http://www.lexpress.fr/actualite/politique/sous-la-botte-le-cinema-francais_492483.html#6quQyXPIujJqOIdE.99

     

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    je pense que certains d'entre nous connaissent Joséphine Baker,

    la célébre meneuse de revue a Paris avant la guerre .

    il y avait donc l'actrice , la chanteuse .....

     

     






    mais il y a eu Joséphine Baker , la résistante , qui rejoint dés le debut les

    Forces Française Libres a Londres 

     

     

    elle reçoit la Croix de Guerre avec palme
    la médaille de la résistance avec rosette
    la médaille de la France Libre
    la Légion d'Honneur ........................... 
    ........en 1961 

     

     

     

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    VOILA SON HISTOIRE

    Joséphine Baker 
    au service de la France Libre 


    --------------------------------------------------------------------------------

    Septembre 1939, la guerre éclate. Joséphine Baker est alors au sommet de sa gloire.

     

    Revenue d'une tournée en Amérique du Sud, elle a déjà en projet une revue avec Maurice Chevalier au Casino de Paris.

     

    Pour elle, qui est devenue citoyenne française par son mariage

    avec Jean Lion en 1937, il n'est pas question de trahir son pays d'adoption et de se réfugier aux États-Unis.

     

     

     

    Elle est très rapidement sollicitée par un jeune officier au service des renseignements, Jacques Abtey, et accepte immédiatement : 
     

     

    « C'est la France qui m'a fait ce que je suis, je lui garderai une reconnaissance éternelle. [...]

     

     

     

     

    Ne suis-je pas devenu l'enfant chéri des Parisiens.

    Ils m'ont tout donné, en particulier leur coeur.

    Je leur ai donné le mien.

    Je suis prête, capitaine, à leur donner aujourd'hui ma vie.

    Vous pouvez disposer de moi comme vous l'entendez ». 

     

     

     


    Sa première mission est de fréquenter les réceptions des ambassades et des consulats où elle est invitée afin de recueillir les renseignements les plus utiles. Mais elle offre également son temps aux réfugiés hollandais et belges qui vivent alors leur exode : 
     

    « Je prends une nouvelle activité. Dans un ancien asile de clochards, rue du Chevaleret, on recueille ces malheureux.

    En blouse blanche, je fais partie des I.P.S.A. (Infirmières Pilotes des Services Sanitaires).

     

    La détresse est là, partout, dans ces corps rompus, ces c¦urs brisés par la défaite, ces visages décomposés par l'exode.

     

     

     Josephine Baker:

     

     

    Il faut leur donner des soins, du réconfort, un peu de chaleur humaine. Il faut panser les plaies physiques et morales.

     

    "Mais c'est Joséphine !"

     

     

     

     

     

    Cela ramène un sourire sur leurs lèvres.

     

    Il y a des vieillards, des enfants, tous innocents.

     

    Quand je vois des hommes jeunes je me méfie : je sais que parmi ces Belges éprouvés fuyant l'ennemi, il peut se glisser un Allemand nazi.

     

    Et je continue d'ouvrir mes oreilles ». 


    La revue du Casino de Paris à l'affiche est joyeusement intitulée « Paris London », mais elle ne tarde pas à cesser, en mai 1940.

     

    Joséphine Baker décide alors de partir pour la Dordogne,

    où elle loue un château, les Milandes.

     

    C'est de cette campagne éloignée que son destin de résistante va s'écrire : 
     

     

    « C'est loin de Paris, la Dordogne, mais pas assez loin pour ne pas capter Londres...

    et l'appel du général de Gaulle.

     

    Sa voix nous bouleverse. Elle est celle qu'on craignait ne jamais entendre. Elle nous atteint au plus profond de nous-mêmes.

    Comme elle est vibrante cette voix. Vibrante de toute son âme. L'âme même de la France qui, je le savais, ne peut pas mourir.

    Désormais, tout nous parait possible ». 

     


     

     

     

    Joséphine Baker veut rallier Londres, tout comme Jacques Abtey, devenu

    « Monsieur Sanders ».

    Ce dernier apprend que le service de renseignements s'est réorganisé et se situe désormais à Marseille. Parvenue dans la cité phocéenne, Joséphine couvre Abtey, nommé désormais « le secrétaire artistique monsieur Hébert ». 


    Janvier 1941, direction l'Afrique. Lorsqu'elle arrive à Alger, les services secrets allemands contrôlent déjà très bien cette région.

     

     

    Les Français restés fidèles au régime de Vichy ont pour mission de contrer les actions du général de Gaulle dans toute l'Afrique du Nord.

     

    Afficher l'image d'origine 

     

     

     

    De plus, le Service de Renseignement Intercolonial a éclaté à la signature de l'armistice et de vraies querelles de clans sont apparues au sein des services de renseignements entre gaullistes et vichystes.

     

     

    Joséphine Baker.:  

     

     

    Il faut donc beaucoup d'audace et un travail acharné pour briser la mainmise allemande dans cette zone.

     

    C'est ce que vont tâcher de faire Baker et ses amis.

     

    Ces derniers sont des membres de la famille royale du Maroc, sympathisante de De Gaulle, qui accueillent chaleureusement Joséphine Baker : 
     

    « J'ai trois amis marocains merveilleux et profrançais.

    L'un est le Premier calife et cousin germain du sultan, Moulay Larbi.

     

     

     

    1940 

    L'autre est son riche beau-frère, Mohammed Menebhi ; le troisième est Thami El Glaoui, le pacha de Marrakech »  


    Très vite, Jacques Abtey a pour ordre de se rendre à Lisbonne afin de recueillir des renseignements utiles à la France Libre.

     

     

    Joséphine Baker réussissant à obtenir un visa mais pour elle seule, elle prend la place d'Abtey au pied levé et quitte Casablanca dans une folle excitation : 
     

    « "Monsieur Hébert" va donc rester à Casa, espérant toujours son visa, tandis que moi en possession du mien en bonne et due forme, je vais me rendre, seule, à Lisbonne.

     

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    Avec mes partitions musicales.

    Qui se douteraient qu'elles contiennent les plans des installations allemandes dans le Sud-Ouest, bref, la somme de renseignements rassemblés par le service du capitaine Paillole ? Vraiment sympathique, cette encre. Je sens le capitaine Abtey anxieux quand il me met au train de Tanger.

    C'est la première mission que je vais faire,

    livrée à moi-même, sans sa protection » . 


    En fait, les informations que Joséphine doit communiquer au bureau de renseignements du général de Gaulle à Londres sont dissimulées à l'encre invisible sur les partitions musicales de ses chansons.

     

     

     

    1940

     

     

    Elle en a épinglé d'autres dans son soutien-gorge.

    Belle, élégante et populaire, Joséphine Baker attire le public et passe tous les barrages sans peine.

    Pendant son voyage, elle ne rencontre aucun problème majeur lors des passages aux frontières. 

     

    Josephine Baker, 1940 Description: Place of shooting: 49, avenue d'Iena, Paris 16th Author: Studio Harcourt (created in 1934):

     


    Mais, de retour au Maroc, Joséphine tombe subitement malade et son état de santé alarmant l'oblige à subir de nombreuses opérations chirurgicales et à rester à l'hôpital plus de dix-neuf mois.

     

     

    Très vite, des Américains, tels que les vice-consuls Canfield, Read et Bartlett, lui rendent visite, auxquels elle fournit les renseignements que Jacques Abtey lui fait parvenir.

    En avril 1942, Joséphine Baker est toujours hospitalisée mais la chambre de l'artiste continue d'être un centre de renseignements improvisé : 

     

     

     

     


    Le commandant Alla Dumesnil-Gillet et le sous-lieutenant Joséphine Baker à Alger, 1944


    ... au débarquement allié, octobre 1944

     

     

     

    « Pendant son voyage en France, "monsieur Hébert"

    a recruté un Alsacien, comme lui, un grand gaillard, au regard clair, Zimmer.

    Lui aussi va faire de constantes allées et venues entre Alger et Casa...

    Menebhi, de son côté, va très souvent au Maroc espagnol.

    Enfin, un autre gaulliste convaincu, René Guérin, se joint à nous. Il va compléter les informations de Menebhi par les siennes recueillies à Tanger...

    cependant que Moulay Larbi nous donne des nouvelles fraîches du palais de son cousin, le sultan.

     

     

     

     

    Malheureusement, le sultan n'est pas tout à fait du même bord !

    Il renseigne Amin al Husseini, le grand mufti de Jérusalem réfugié en Allemagne et orchestrant la propagande ». 


    Les Allemands sont bien au courant de l'action de Baker et des visites des officiers et des diplomates à la malade.

     

    Malgré les mises en garde de ses infirmières sur les longs moments passés avec ses visiteurs, Joséphine Baker juge ces contacts indispensables.

     

     

     

     

     

    Pour elle, la France doit être libérée au plus vite et si elle peut y contribuer même en étant sur un lit d'hôpital, elle ne s'en privera pas.

    Elle sait surtout que le général de Gaulle ne bénéficie pas d'une opinion favorable auprès des dirigeants américains.

     

    1943 CASABLANCA

     

     

    Elle s'emploie donc à convaincre tous les officiels américains qu'elle peut rencontrer en Afrique du Nord.

     

     

     

     

    Son avantage est qu'elle est aussi américaine et qu'elle peut utiliser ses origines à bon escient pour persuader ses compatriotes outre-Atlantique de soutenir de Gaulle et la France Libre.

     

    En dépit de ses efforts excessifs, Joséphine Baker a l'impression de ne pas en faire assez.

    Chaque événement pouvant entraîner du retard dans la libération de la France lui est insupportable et lui provoque des accès de colère. Pour l'apaiser, les infirmières lui donnent sans arrêt des calmants. 

     

    Au théâtre des armées alliées 


    --------------------------------------------------------------------------------

    Novembre 1942, c'est la bataille de Casablanca. Joséphine assiste aux combats de la fenêtre de sa chambre d'hôpital.

    Elle se félicite de voir Casablanca libre grâce à ses frères américains et fonde tous ses espoirs sur le général de Gaulle après sa visite dans la ville : 


    « Le général est enfin arrivé en Afrique du Nord. "Il a daigné venir !" comme disent ses ennemis.

    J'admire ce grand homme-là. Peut-on oublier que, sans son appel, la France s'enfonçait dans la nuit ?

    Il est arrivé à Casa pour rencontrer Roosevelt, Churchill et Giraud avec lesquels il pose pour les photographes, échangeant une poignée de main.

    Et puis il a regagné Londres.

    Il y aura désormais un représentant de la France Libre à Alger » . 
    La sortie de clinique de Joséphine Baker paraît curieusement simultanée au recul progressif des Allemands.

     

    Josephine Baker:  

     

     

    Il s'agit à la fois du tournant de la guerre pour les Alliés et d'une résurrection pour l'artiste. Cette dernière ne quitte désormais plus de son esprit ce qui la fait vivre : la libération de la France.

    Pour une artiste de music-hall, quoi de mieux que de participer au théâtre des armées alliées, dirigé par le colonel Meyers, ami du général Eisenhower.

    C'est ainsi que Joséphine se produit à Casablanca, Oran, Mostaganem, Beyrouth, Damas, Le Caire.

    Mais elle ne s'en tient pas à cette tâche :

     

    elle est déterminée à mener la propagande pour le général de Gaulle lors de ses spectacles.

     

     

     

     

     

     

    Il est très important, pour elle, que l'influence française soit maintenue au Moyen-Orient. Jacques Abtey en réfère au chef d'état-major à Alger du général de Gaulle, le colonel Billotte, qui accepte :

     

    une tournée officielle de propagande est organisée, au bénéfice des groupes de résistance français en métropole, auxquels seraient versées intégralement les recettes, et sous le patronage de De Gaulle.

     

    C'est la première à Alger, en présence du général, qui constituera l'un des plus grands souvenirs de la vie de résistante de Joséphine Baker.

     

    Frédéric Rey, son partenaire sur scène, raconte : 
     

     

    « Nous réglions les éclairages lorsque Joséphine dit :

    "Ce serait fantastique si un grand drapeau tricolore pouvait être déplié sur la scène... avec une croix de Lorraine !"

     

    Bien entendu, un tel drapeau n'existait pas.

     

    "On va le faire ! dit-elle.

     

    Ce n'est pas difficile de trouver du tissu blanc, du tissu bleu et du tissu rouge !" [...] Le rideau se leva donc sur le jazz américain qui "chauffa" la salle.

     

    À l'entracte, l'officier d'ordonnance demanda à Joséphine de se rendre dans la loge d'honneur du général.

     

    Émue, la main comprimant son c¦ur, elle se trouvait enfin face à face avec celui qu'elle suivait depuis l'appel du 18 juin 40. Le général lui céda son propre fauteuil.

     

    Quand elle revient en coulisses, elle tenait son poing crispé sur une petite croix de Lorraine en or... Jamais je ne devais lui voir un visage plus bouleversé.

     

    C'était le cadeau du général.

     

    Elle ouvrit la main, nous montra le bijou, la gorge si serrée qu'elle ne put articuler une parole. [...]

     

    Et quand, à la fin de la soirée, le grand drapeau se déplia avec son immense croix de Lorraine de six mètres tandis que sonnait la Marseillaise, la salle entière fut soulevée d'enthousiasme, d'émotion.

     

     

    Cela, c'était le cadeau de Joséphine au général de Gaulle. » 


    La tournée Joséphine Baker est en route.

     

    Et dans chaque ville, à chaque gala, le drapeau à croix de Lorraine se déploie : Sfax, Le Caire, Tripoli en Libye, Benghazi, Tobrouk, Alexandrie, Beyrouth.

     

    C'est dans cette dernière ville que Joséphine se sépare de la petite croix de Lorraine du général. Elle décide de mettre l'objet aux enchères pour la France Libre et recueille trois cent mille francs.

     

    Puis elle traverse les villes de Jérusalem, Tel-Aviv, Haïfa.

     

    Enfin a lieu le retour vers Alger. 
     

     

    Dernière étape à Buchenwald 



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    Après ses très nombreuses missions en Afrique, Joséphine Baker est officiellement engagée pour la durée de la guerre à Alger, le 23 mai 1944, dans l'armée de l'Air.

     

    Elle devient alors sous-lieutenant, rédactrice première classe, échelon officier de propagande.

     

     

     

     

     

    Elle est affectée à l'état-major général de l'Air et précisément à la direction des formations féminines administrées par le quartier Hélène Boucher.

     

    Le 6 juillet 1944, le commandant Bortzmeyer détache le sous-lieutenant Baker à la sixième sous-section administrative, service des "liaisons secours".

     

    Le 11 juillet, le ministre de l'Air confirme cette mutation et affecte

    Joséphine Baker au bataillon de l'air 117.

     

    Il demande également que l'artiste puisse obtenir un rappel de solde pour ses services à l'armée.

     

    Comme Joséphine Baker avait cessé de faire des spectacles personnels depuis le début de la guerre, elle n'avait plus de ressources.

     

    Travaillant exclusivement pour de Gaulle et pour la libération de la France, le minimum qu'elle pouvait attendre était que sa solde lui soit versée.

     

    C'est le commandant Pourtal qui régularisera son dossier. 

     


    Octobre 1944, Joséphine Baker est de retour à Paris, pour peu de temps.

    Elle est chargée par le général de Lattre de Tassigny de suivre la première armée française au fur et à mesure de son avance dans les pays libérés afin de chanter et de recueillir de nouveaux fonds.

     

    Toujours aussi enflammée sitôt le nom du général de Gaulle prononcé, elle réussit à convaincre tout un orchestre de la suivre.

     

    Les galas ont d'abord lieu à Monte-Carlo, Nice, Cannes, Toulon.

     

    Le secours aux sinistrés qu'elle récolte ainsi approche les deux millions de francs.

     

    Les spectacles se poursuivent à Belfort, le jour même de l'entrée des

    troupes de De Lattre.

     

    Malgré la neige et le froid, Joséphine et son orchestre se produisent pour les sinistrés.

     

    À Strasbourg qui vient d'être repris, quand elle fait déployer le drapeau à croix de Lorraine qui ne la quitte plus, on vient annoncer qu'un commando vient de passer le Rhin pour la première fois.

     

    À Mulhouse, elle est la première artiste française à revenir sur la scène du Municipal depuis 1940.

     

     

    Dans le triomphe qu'elle fait, on l'associe à la France, et elle rayonne d'émotion. Sa dernière étape est Buchenwald où elle chante, assise sur un lit de typhique, dans la salle des « intransportables ». 

     


     

     

    L'oeuvre militante de Joséphine Baker, sera honorée.

     

    Le 6 octobre 1946, le colonel de Boissoudy vient épingler sur la chemise de malade de l'artiste, à nouveau hospitalisée, la médaille de la Résistance avec rosette, en présence de Jean-Pierre Bloch.

     

    La médaille de la France Libre et la médaille de la commémoration de la Guerre 39-45 viennent compléter la distinction que représente la médaille de la Résistance.

     

    Enfin, le 18 août 1961, Joséphine Baker reçoit des mains du général Valin les insignes de la Légion d'honneur ainsi que la Croix de guerre avec palme. 
    Kevin Labiausse 

     

     



     

     

    (1) Abtey (Jacques), La guerre secrète de Joséphine Baker, Éditions Siboney, 1948. 
    (2 à 7) Baker (Joséphine), Joséphine, Éditions Robert Laffont, 1976.
    _________________

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Dès l'aube du 10 mai 1940, les Pays-Bas sont envahis par la Wehrmacht et la ville de Rotterdam subit un terrible bombardement;

     

    1940-05-15 - Amster… 

    le 14 mai, la reine et le gouvernement se réfugient à Londres,

    et l'armée capitule.

     

     

     

    1941

     

     

    L'Allemagne ne cache pas son intention d'absorber cette région considérée comme germanique, et elle essaie d'y parvenir par l'intermédiaire du parti National-socialiste néerlandais, le NSB d'Anton Mussert.

     

    Le 13 décembre 1942, celui-ci est proclamé "Führer" du peuple néerlandais.

     

    Une unité de SS néerlandaise est constituée.

     

     

     

     

    Mais, dans son immense majorité, la population soutient les mouvements de résistance, qui restent en contact étroit avec Londres.
     

     

    En 1941, les nazis commencent à déporter massivement les Juifs de Hollande.

     

    Pour protester contre les l'occupation, les néerlandais organisent d'importantes grèves.

     

     

     

    Dès 1942, les premiers otages sont exécutés.

     

     

    Le régime de terreur se durcit pendant l'année 1943 mais ne ralentit pas l'activité des organisations de résistance, rassemblées à partir de 1944 dans une organisation unique.
     

     

    En septembre 1944, les troupes alliées atteignent le territoire néerlandais.

     

    Mais les Allemands résistent avec acharnement.

     

    Après l'échec de l'opération alliée sur Arnhem, Les Pays-Bas restent occupés pendant tout l'hiver 1944-1945.

     

    La population vit dans des conditions misérables.
    Le 5 mai 1945 les dernières troupes allemandes capitulent.

    Les Allemands occupent la Hollande le 10 mai 1940 et y installent une administration civile dominée par la SS.

     

    Amsterdam, la plus grande ville du pays, compte une population juive d'environ

    75.000 personnes, qui représentent moins de 10% de la population totale de la ville.

     

    Parmi eux, plus de 10.000 sont des Juifs étrangers qui ont trouvé refuge à Amsterdam pendant les persécutions des années 30 en Allemagne.

     

    C'est le cas de la famille Frank.

     


    Le 22 février 1941, les Allemands arrêtent plusieurs centaines de Juifs et les déportent au camp de concentration de Buchenwald, puis à celui de Mauthausen.

     

    Les arrestations et les traitements brutaux choquent la population d'Amsterdam.

     

     

     

    En réaction, les militants communistes organisent une grève générale le 25 février, et ils sonr rejoints par d'autres organisations de travailleurs.

     

    Les principales usines, le réseau de transport et la plupart des services publics sont paralysés.

     

     

    Sauvagement réprimée, la grève causera des dommages importants aux organisations de résistance néerlandaise.
    En janvier 1942, les nazis déplacent les Juifs de province vers Amsterdam, où ils n'ont accès qu'à certains quartiers.

     

    Les Juifs étrangers sont envoyés directement au camp de transit de Westerbork.

     

    A partir de juillet 1942, les Juifs sont déportés en masse vers les camps d'extermination situés en Pologne occupée, principalement Auschwitz et Sobibor.

     

    L'administration de la ville, la police municipale néerlandaise et les travailleurs des chemins de fer coopèrent aux déportations, de même que le parti nazi néerlandais (NSB).

     

    Les Juifs sont arrêtés dans les rues d'Amterdam, rassemblés dans les bâtiments de théâtre municipal, puis transférés à Westerbork.

     

    Ils sont ensuite déportés vers les camps de la mort en quelques semaines.

     

     

     

     

    Pendant la seule année 1942, les biens trouvés dans près de 10 000 appartements d'Amsterdam sont confisqués et envoyés en Allemagne.

    25 000 Juifs, dont au moins 4 500 enfants, se cachent pour échapper aux rafles et à la déportation.

     

     

    C'est ce dont témoigne le Journal d'Anne Frank.

     

    Environ un tiers d'entre eux sont découverts, arrêtés et déportés.
    Au total, au moins 80% de la communauté juive néerlandaise sont exterminés.

    Au printemps 1945, l'armée canadienne libère Amsterdam et les régions des Pays-Bas encore occupées. 

     

    Le camp de transit de Westerbork

     

    Le camp se situe dans le nord-est des Pays-Bas, dans la province de la Drenthe.

    Image 

    Le gouvernement néerlandais crée ce camp en octobre 1939 pour y interner des réfugiés juifs qui avaient pénétré illégalement aux Pays-Bas.

     

    Le camp continue à fonctionner après l'invasion du pays par les Allemands en mai 1940.

     

     

    En 1941, il compte une population de 1100 réfugiés juifs, principalement originaires d'Allemagne.
    Au début de 1942, les Allemands agrandissent le camp.

     

    En juillet, la police de sûreté allemande, assistée par une compagnie SS, et la police militaire néerlandaise prennent le contrôle de Westerbork.

     

     

    amsterdam in the 30ies and the war years - razzia 

    Erich Deppner en est nommé commandant; il l'utilise désormais comme base de départ pour les déportations vers l'Est, les trains partant tous les mardis.

     

    De juillet 1942 à septembre 1944, 

    97 776 Juifs sont déportés de Westerbork: 

    54930 vers Auschwitz en 68 convois, 

    34 313 vers Sobibor en 19 convois, 

    4 771 vers Thersienstadt en 7 convois et 

    3 762 vers Bergen-Belsen en 9 convois.

     

    Dans le dernier de ces convois, le 3 septembre 1944,

    se trouve la famille Frank, parmi plus de mille personnes.

     

     

    Le camp abrite deux sortes de prisonniers. Alors que la plupart des détenus ne demeurent dans le camp que pour de courtes périodes avant d'être déportés, on y trouve aussi une population permanente de 2000 personnes, pour la plupart des Juifs allemands, des membres des conseils juifs, et les employés du camp.

     

     

     

    Les Allemands encouragent les activités "normales" de ce groupe, notamment la ferronnerie, le travail à l'infirmerie et les activités culturelles.

     

    Une unité de police juive est chargée de maintenir l'ordre et d'aider au départ des convois.

     

    A la fin cependant, la plupart de ces détenus "permanents" sont eux aussi envoyés vers les camps de la mort.
    Au début du mois d'avril 1945, à l'approche des troupes alliées,

    les Allemands abandonnent le camp.

     

    Westerbork est libéré le 12 avril 1945 par l'armée canadienne qui y trouve 876 prisonniers.

    Les dernières baraques du camp sont détruites en 1971.

     

    En 1992, des travaux de reconstruction sont effectués pour donner au site un caractère informatif. 

     

    102 000 pierres sont placées sur l'ancienne place de l'appel; elles symbolisent le nombre de déportés qui ne sont jamais revenus.

     

     

     

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