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    Lise de Baissac (1905-2004) fut, pendant la Seconde Guerre mondiale, un agent secret mauricien du Special Operations Executive (SOE).

      

      

    Elle fut l’un des quatorze Mauriciens engagés par le SOE, en raison notamment de leur connaissance des deux langues, l’anglais et le français.

     

     

    • Son père : Marie Louis Marc de Boucherville Baissac (1878-1945).
    • Sa mère : Marie Louise Jeannette Dupont.
    • Son frère cadet : Claude de Baissac fut également agent du SOE.
    • Son second frère : Jean Baissac, major de l'infanterie britannique.
    • Son mari : Gustave Villameur, architecte, peintre et décorateur. Mariage en 1950.
    • Son grand-père, Louis Édouard Baissac (1841-1907),
    • était le frère de Charles Baissac, qui a décrit le créole mauricien et collecté les contes traditionnels de l'île.

      

    Avant la guerre

    1905. Naissance de Lise Baissac le 11 mai à Curepipe (Maurice).

    1920. Elle part pour la France, et habite Paris jusqu’en 1940.

      

    Pendant la guerre

    1940.

    Pour regagner l’Angleterre, elle engage un long périple (Marseille, Lisbonne, Barcelone, Gibraltar…)

    1941.

    Elle arrive à Glasgow, avec son frère Claude, sur le bateau polonais Batory. Dans un premier temps, elle est refusée au SOE. Grâce à ses liens avec Lord et Lady Kemsley, elle travaille quelque temps au Daily Sketch.

     

    1942.

    Le SOE change d'avis et la recrute. Elle rejoint d’abord le First Aid Nursing Yeomanry (FANY). Puis elle suit l’entraînement (chiffre, services secrets, parachutage). Sa mission étant urgente, elle ne suit pas les cours de sabotage.

      
      
    Première mission en France
     
    Définition de la mission : former, organiser et conduire un réseau, ARTIST, en s’installant à Poitiers.
    Son nom de guerre est « Odile ».

      

    • Septembre. Dans la nuit du 23 au 24, première tentative de parachutage d'Andrée Borrel « Denise » et de Lise de Baissac « Odile », mais le pilote du bombardier Whitley n'autorise pas le parachutage car les lampes au sol sont mal placées. Dans la nuit suivante, du 24 au 25 septembre, « Denise » puis Lise de Baissac « Odile » sautent enfin, et deviennent ainsi les deux premières femmes parachutées en France par le SOE. Elles se trouvent au lieu-dit Boisrenard, près de la Loire, au nord-est de Chambord, en face de la ville de Mer (Loir-et-Cher).

     

    • Le comité de réception, qui comprend Pierre Culioli et ses deux beaux-frères Jean et Guy Dutems, les aide à enterrer leurs parachutes et les cache dans une grange, située non loin de là. Le lendemain, elles sont transférées à Avaray, où une famille les héberge pendant deux jours en les faisant passer auprès des voisins pour des cousines éloignées. Le 27, leurs routes se séparent : Lise ne reverra jamais « Denise », qui part vers Paris pour y devenir le courrier du réseau Prosper-PHYSICIAN, et qui finira exécutée au camp de Struthof-Natzweiler. Lise part pour Poitiers.

     

     

    • À Poitiers, elle s’organise, aidée par M. et Mme Gateau, résistants de longue date. Elle choisit un appartement dans une rue animée, non loin du quartier général de la Gestapo, dans un rez-de-chaussée sans concierge. Elle fait même la connaissance du chef de la Gestapo, le détesté Grabowski.
    • Elle se fait des amis, les recevant dans son appartement, de sorte qu’en lui rendant visite, les agents qui utilisent son appartement comme maison sûre n’attirent pas spécialement l’attention.

     

    • En même temps qu’elle accueille de nouveaux agents, elle repère des zones de parachutage et d’atterrissage et elle organise des parachutages d’armes. Mais comme elle n’a pas de courrier ni d’opérateur radio attitrés, elle doit voyager beaucoup pour envoyer et recevoir des messages, et joue ainsi un rôle d’agent de liaison entre trois réseaux : le réseau SCIENTIST de son frère Claude, basé à Bordeaux ; le réseau Prosper-PHYSICIAN de Francis Suttill « Prosper », basé à Paris ; et le réseau BRICKLAYER de France Antelme.

    1943.

    • Février-mars. Elle organise avec succès cinq parachutages d'armes dans les régions de Poitiers, Vouillé et Ruffec. Le 17 mars, elle organise un pick-up pour deux Lysander, sur le territoire de Marnay, près du lieu-dit Médelle.
    • Juin. Le réseau Prosper s’effondre. Les arrestations sont nombreuses. Et par les relations entre Prosper-PHYSICIAN et SCIENTIST, de lourdes menaces pèsent aussi sur SCIENTIST et sur ARTIST.
    • Juillet. Elle quitte Poitiers.
    • Août. Dans la nuit du 16 au 17, elle réussit à rentrer en Angleterre par Lysander, avec son frère Claude de Baissac et le major Nicholas Bodington.
      
      
      
    Fin de mission

    Lise de Baissac est envoyée à Ringway, où elle est « conducting officer » de deux nouveaux agents féminins, Yvonne Baseden et Violette Szabo.

    1944.

    • Au cours d'exercices de parachutages à Ringway, elle se casse la jambe.
      
      
    Deuxième mission en France
     
    • Avril. Dans la nuit du 9 au 10, un Lysander la dépose près de Villers-les-Ormes. Sous le nouveau nom de guerre « Marguerite », elle vient travailler pour le réseau PIMENTO, dont le chef est Tony Brooks.

     

    • Cependant, elle entre en conflit avec le groupe, pensant que ce sont des socialistes militants qui ont des visées politiques. Elle rejoint son frère Claude de Baissac, qui a été parachuté en février et agit en Normandie en ayant formé un nouveau réseau SCIENTIST. Il s'agit principalement de reconnaître de grands terrains d’atterrissage qui pourraient être tenus pendant 48 heures pendant que des troupes aéroportées s’y établiraient. Lise y joue le rôle de courrier. Elle fait du vélo, de jour comme de nuit, transportant des instructions et des ordres aux maquis et rapportant sur leurs activités. Entre mai et le débarquement, elle organise trente-cinq parachutage d'armes et récupère douze agents SOE, des officiers SAS et des équipes Jedburgh.
      
    Fin de mission

    Après la guerre

    Quelques mois plus tard, elle est de retour en Angleterre. Elle a deux entrevues intéressantes, l'une avec la Reine Elizabeth au palais de Buckingham, et l'autre avec la vieille reine Mary, dans son salon particulier.

    1945.

    Elle est désignée pour marcher dans le défilé de la victoire à Londres. Après sa démobilisation, elle travaille à la MBC, à Bush House, comme speakerine, assistante aux programmes et traductrice.

    1950.

    Elle épouse Gustave Villameur, artiste décorateur d’intérieur vivant à Marseille.

    2004.

    Elle meurt le 28 mars à Marseille, à l’âge de 98 ans.

     

    Reconnaissance

     

    Distinctions

     

     

      

      

    Déclarations

     

     

    • Un officier britannique déclara : « Le rôle qu’elle a joué en aidant le maquis et la résistance en France ne sera jamais trop loué et a fait beaucoup pour faciliter les préparations du maquis et la résistance avant la percée américaine en Mayenne. »

     

    • Dans son dossier SOE, on lit :
    • « Elle fut l’inspiratrice de groupes dans l’Orne, et par ses initiatives, elle a infligé de lourdes pertes aux Allemands grâce à des dispositifs qui faisaient exploser les pneus sur les routes près de Saint-Aubin-du-Désert, Saint-Mars-du-Désert (Mayenne), et aussi loin que Laval, Le Mans et Rennes.
    • Elle a aussi pris part à des attaques armées sur des colonnes ennemies. »

    Identités

    • État civil : Lise Marie Jeannette de Baissac, épouse Villameur
    • Comme agent du SOE, section F :
      • Nom de guerre (field name) : « Odile » (première mission) ; « Marguerite » (deuxième mission)
      • Nom de code opérationnel : ARTIST (en français ARTISTE)
      • Faux papiers :
        • première mission : Irène Brisse, veuve domiciliée à Paris, archéologue amateur cherchant des spécimens de pierres.
        • deuxième mission (CI du 6 juillet 1943, Bordeaux) : Jeannette Bouville, née le 11 mai 1907 à Nice ; dom. 175 rue de la Trésorerie, Bordeaux ; taille : 1,67 m. ; cheveux : blonds ; yeux : gris vert ; nez : droit.
      • Autre pseudo : Adèle

      

    Parcours militaire :

    • FANY
    • SOE, section F

      

     

     

     

     

      

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    Dagmar Lahlum (né le 10 Mars 1923 à Omega, la mort, soit environ 28 Décembre 1999  à Oslo) est un Landsvik norvégien condamné femme, qui, pendant la Seconde Guerre mondiale a travaillé comme agent double pour l'agence de renseignement britannique MI5.

    Dagmar Lahlum a grandi dans des conditions sensiblement simples comme la fille d'un cordonnier à Eidsvoll, et avait une sœur aînée et deux demi-frères plus âgés.

      

    Elle aurait quitté la maison et s'est rendu à Oslo au printemps de 1940, quelques semaines avant le déclenchement de la guerre.

      

    A Oslo, elle modéliser les classes, et lui-même soutenu par des affectations de travail, y compris en tant que couturière et réceptionniste de l'hôtel.

     

     

      

      

    Il a été supposé que Lahlum était déjà inscrit dans la résistance quand elle en Avril 1943 comme contacté par un agent double Eddie Chapman bar en acajou à l'Hôtel Ritz à Skillebekk.

      

    Les deux ont commencé rapidement une histoire d'amour intense.

      

    C'est seulement plus tard, il est devenu clair pour eux que les deux étaient dans la résistance, l'un dans le mouvement de résistance norvégien et l'autre comme un agent double pour le MI5.

      

    Le couple a vécu pendant un certain temps dans Chapel Road 15 sur Grefsenveien.

      

    Dans la maison il y avait aussi deux hommes de l'Abwehr allemande "soigné" agent double Chapman. Auparavant, la maison a été possédée par le couple juif Feldmann. Ceux-ci ont été tués lors d'un vol spectaculaire à la Suède, qui est en vedette dans les Échos livre de Cri Tjønn et filmé dans le film côté de la frontière.

    Lahlum apparaît en 1943-1944  engagé avec Chapman, et des données Colombie suggère qu'elle a subi un avortement après avoir été enceinte de lui.

      

    Chapman, cependant, a quitté la Norvège au printemps de 1944, après avoir promis de revenir à Lahlum après la guerre s'il était encore en vie.

      

      

    Dagmar Lahlum

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    Dagmar Lahlum 

     

    Après la libération,   Lahlum le 19 mai 1945 est arrêtée à Oslo par la police norvégienne.

      

    Elle a été plus tard 189 jours en garde à vue sur la prison pour femmes Bredtveit.

      

    Lahlum a déclaré dans sa déclaration écrite à la police le 15 Juin 1945 à contact avec Chapman, et a affirmé que le travail du service allemand avait eu lieu après ses propositions.

    Elle a par la suite le 19 Juin 1945, lors de la rencontre avec la police britannique à Akershus prison du pays, mais a été reconduite  le lendemain pour Bredtvedt quand les gens de la Colombie ont nié avoir connaissance de cette femme et de son histoire.


    Lahlum adopté une copie du bref 189 jours d'emprisonnement au cours de la Seconde Guerre mondiale en 1947, elle n'a jamais été membre de l'Assemblée nationale, et a été officiellement condamné uniquement pour son travail dans la lettre classement allemand dans les derniers mois de la guerre.

      

    Chapman a été considéré  seulement comme un agent allemand lors de son séjour en Norvège, et Lahlum a compris que la réputation tyskertøs avait été pendu après les années de guerre.

      

    wikipedia

    TRADUIT DU NORVEGIEN APPROXIMATIF

      

      

      

      

     

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    LES JEUNESSES HITLERIENNES

     

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    Les jeunesses hitlériennes sont à l'origine une organisation volontaire.

     

     

    Elles sont activent depuis 1926.

      

    Les jeunes garçons reçoivent un entrainement physique intensif, une éducation militaire, ils apprennent à manipuler les armes et à élaborer des stratégies.

    Les jeunes filles apprennent à être une bonne ménagère ainsi

    qu'une mère et une épouse.

     

    Au alentour de 1943, les Jeunesses Hitlériennes deviennent une armée de réserve où l'armée puise ses troupes pour remédier aux pertes humaines importantes dans la Wehrmacht.

    Si durant la bataille de Normandie une division spéciale

    (la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend) était constituée de jeunes garçons âgés de 16 à 18 ans, en 1945 elle mobilise régulièrement des jeunes à partir de 12 ans pour défendre l'Allemagne de l'invasion des Alliés.

      

    De même, durant la Bataille de Berlin, les Jeunesses Hitlériennes constituaient une part importante des forces qui se battirent avec fanatisme du fait de leur dévouement, la plus grande majorité d'entre ces jeunes périrent.

     

     

     

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    Ainsi, les garçons étaient soldats de réserve et les filles étaient infirmières ou ouvrières dans les industries d'armement. Ils furent des dizaines de milliers de jeunes allemands à payer de leur vie leur soumission aux idéologies du IIIème Reich.

     

     

     

     

    affiches de propagande et photos des jeunesses hitlériennes :

     
     

     

    Les jeunesses hitlériennes dont les membres étaient âgés entre 14 ans et 18 ans étaient formés pour être des surhommes Aryens et des soldats pour le troisième Reich.
      
    L'éducation physique et militaire passe par l'éducation scientifique et académique.
      
      
    On leur apprenait à se servir d'armes, à développer leur forme, leur stratégie militaire et une doctrine antisémite.
      
      
    Ils portaient des uniformes comme ceux du Parti Nazi.
     
     

    Ils avaient des académies d'entraînement comme les lycées. Certains membres étaient entrainés pour devenir officié à la Wehrmacht (forme de défense) qui était l'armée allemande de 1939 à 1945 dans le cadre du troisième Reich d'Adolphe Hitler.
     

    (Petite précision :
      
      
    La Wehrmacht est à part des SS, c'est l'armée allemande qui n'a aucun but antisémite.)
     
     

     On a été tenté de former à la guerre la Jeunesse-Hitlérienne avec des jeux. Hitler aurait voulu que les garcons soient " Solides comme du cuir, durs comme l'acier
    et vifs comme des lévriers" et qu' ils entrent en guerre comme cela.
      
    Les jeunes jouaient au "lancer de grenade" ou à " l'entrainement au fusil-mitrailleur".
      
      
    En plus de ces disciplines, la course-à-pied, le lancer et le saut, les jeunes ont pratiqué les sports Olympiques avec des médailles sportives : Ils pratiquaient ces activités toute l'année pour tester leurs capacités sportives.
     
     
     
    Pendant le régime nazi : Jeunesse Hitlérienne

      
      
    Il faut savoir que les jeunes filles allemandes étaient aussi "enrôlées" sous la bannière nazie de 1923 à 1945.
     
     
     
    " Sois fidèle, sois pure, sois allemande !"
      
      
      
    Devise des BDM "Bund Deutscher MÄDEL" ( Ligue des jeunes filles allemandes)
     
     
     
     
    Pendant le régime nazi : Jeunesse Hitlérienne
     
     
    Affiche de propagande allemande de 1938:

    Pendant le régime nazi : Jeunesse Hitlérienne
     
      
      
    Cette jeunesse n'apprend rien d'autre qu'à penser allemand, qu'à agir allemand. Si ce garçon ou cette fille entre dans nos organisations à dix ans et y respire pour la première fois de sa vie un air frais, pour entrer quatre ans plus tard dans la Jeunesse hitlérienne où nous les gardons à nouveau 4 ans, ce n'est pas pour les rendre à leurs parents ; au contraire, nous les prenons aussitôt dans le parti ou dans le Front du travail ou dans les S.A. ou les S.S.
      
      
      
    Et si en deux ans dans ces formations ils ne sont pas entièrement devenus des nationaux-soxialistes, alors ils accomplissent le Service du travail pendant six mois.
      
    Et s'il leur restait encore à ce moment quelque chose de leur conscience de classe, la Wehrmacht s'en occupera pour poursuivre le traitement pendant deux ans.
      
     
     
    Et ils ne seront plus jamais libres tout au long de leur vie.
      
    D'après Hitler, Discours de Reichenberg (Sudètes), le 2 décembre 1938.
     
     
     
     
    Pendant le régime nazi : Jeunesse Hitlérienne
     

     

     
    Les chefs des "Hitler-Jugend" :
     
    Pendant le régime nazi : Jeunesse Hitlérienne
     
       
     
    Baldur von Schirach
     
     
     
     
     
     
    Suivie de Arthur Axmann
     
     
    Pendant le régime nazi : Jeunesse Hitlérienne
     
     
     
     
      
     

     

     

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    LES CAMPS DE CONCENTRATION, 1933-1939.



    Le terme camp de concentration désigne un lieu d'emprisonnement, où, en général, les internés étaient détenus dans des conditions très dures et sans aucune

    protection légale ou juridique.

     

    La créations des camps de concentration (en allemand Konzentrationslager, abrégé en KL ou KZ) furent l'une des caractéristiques marquantes du régime nazi entre 1933 et 1945.



    Le premier camp de concentration en Allemagne fut créé peu après la nomination de Hitler au poste de chancelier en janvier 1933.

      

    Les SA (Sturmabteilung ; Sections d'assaut) et la police commencèrent à mettre sur pied des camps de concentration en février 1933.

      

    Mis en place par les autorités locales sans base légale pour gérer les très nombreuses personnes arrêtées comme opposants politiques, les camps étaient répartis sur l'ensemble de l'Allemagne.

     

    Par exemple, il y avait un camp à Oranienburg, au nord de Berlin ;

      

      

    à Esterwegen, près de Hambourg ;

    à Dachau, au nord-est de Munich ;

    et à Lichtenburg, en Saxe.

     

     

    Le bâtiment Columbia Haus, à Berlin, servait à détenir certains prisonniers aux sujets desquels la Gestapo (la police d'Etat secrète allemande) faisait une enquête, et fonctionna jusqu'en 1936.

      

      

    Progressivement, les Nazis abandonnèrent la plupart des premiers camps et les remplacèrent par des camps de concentration organisés centralement sous la juridiction unique de la SS (Schutzstaffel ; la garde d'élite de l'Etat nazi).


    Dachau, le seul camp de concentration créé en 1933 qui resta en opération jusqu'en 1945, servit de modèle pour le système de camps de concentration nazis qui remplaça les premiers camps improvisés.

      

    La routine quotidienne de Dachau, les punitions et les mauvais traitements par les gardes SS, devinrent la norme dans tous les camps de concentration allemands.



    En 1939, six grands camps de concentration avait été créés.

    Outre Dachau, il y avait

      

    Sachsenhausen (1936),

    Buchenwald (1937),

    Flossenbürg (1938),

    Mauthausen (1938) et

    Ravensbrück (1939).

      

    Après 1939, avec les nouvelles conquêtes territoriales et l'augmentation importante du nombre de prisonniers potentiels, le système des camps de concentration s'étendit rapidement vers l'Est.

    Il y eut un seul camp de concentration créé sur le territoire français, en Alsace annexée, le Struthof-Natzwiller.

      

    Avec le début de la guerre, les camps de concentration devinrent de plus en plus des sites où les ennemis réels ou supposés de l'Allemagne nazie étaient directement exterminés ou contraints de faire un travail épuisant.

      

    Ceux qui étaient forcés de travailler étaient délibérément sous-alimentés et maltraités, le but étant de les "annihiler par le travail".

    Les principaux camps nazis en Europe, avec indication de Sachsenhausen




    Les principaux camps de la Grande Allemagne





    LES CAMPS DE CONCENTRATION, 1939-1942



    Durant les années 1939-1942, le système des camps de concentration connut une large expansion. En 1938, les autorités SS avaient déjà commencé à exploiter les détenus des camps en tant que travailleurs forcés au service de l'économie de guerre.

      

    En septembre 1939, la guerre fournit un prétexte commode pour refuser toute libération de prisonniers, ce qui permit à la SS de constituer une force de travail immédiatement à disposition.

    Les autorités SS établirent de nouveaux camps à proximité d'usines (par exemple la fabrique de briques de Neuengamme en 1940) ou de lieux d'extraction de matières premières (comme la carrière de Mauthausen en 1938).

      

    Les biens extraits ou produits par les prisonniers travailleurs forcés étaient vendus à l'industrie de guerre allemande par l'intermédiaire d'entreprises propriétés étaient de la SS, comme par exemple l'Entreprise allemande de construction et de terrassement.



    Au fur et à mesure des conquêtes allemandes en Europe, entre 1939 et 1941, les SS créaient de nouveaux camps de concentration pour incarcérer un nombre sans cesse croissant de détenus politiques, de résistants, de groupes qualifiés de "racialement inférieurs", tels que les Juifs et les Tsiganes.

    Parmi ces nouveaux camps, citons Gusen (1939),

    Neuengamme (1940), Gross-Rosen (1940),

    Auschwitz (1940), le Struthof, en Alsace (1940),

    Stutthof (1942), et Maïdanek (février 1943).

    Stutthof fut "un camp d'éducation au travail", sous l'autorité de la Gestapo, de 1939 à 1942.

     

    Après le début de la guerre, les camps de concentration devinrent aussi des lieux de meurtre de masse pour de petits groupes ciblés, qualifiés par les autorités nazies de dangereux, pour des raisons politiques ou raciales. Ainsi par exemple, plusieurs centaines de Juifs hollandais furent raflés, en représailles contre la grande grève ouvrière des Pays-Bas de l'hiver 1941, qui protestait contre la persécution des Juifs.

      

    Ils furent envoyés à Mauthausen en février 1941 où, en quelques jours, les unités SS les exterminèrent. Des milliers de "suspects pour raison de sécurité", libérés des prisons allemandes en automne 1942, furent envoyés dans des camps de concentration et moururent d'épuisement dans le cadre d'un programme connu sous le nom d'"extermination par le travail" (Vernichtung durch Arbeit).

      

    Enfin, les membres de mouvements de Résistance nationale, qui avaient été capturés, étaient envoyés dans des camps de concentration pour y être assassinés dès leur arrivée.



    Pendant cette période, les autorités allemandes construisirent des chambres à gaz, dans plusieurs camps de concentration tels que Mauthausen, Sachsenhausen, Auschwitz I, et d'autres camps. Une chambre à gaz fut aussi construite à Dachau, un peu plus tard, mais ne fut jamais utilisée.



    LES CAMPS DE CONCENTRATION, 1942-1945




    Suite à la défaite de l'armée allemande en décembre 1941, alors que celle-ci tentait de prendre Moscou, et après l'entrée en guerre des États-Unis, le 11 décembre 1941, les autorités allemandes comprirent qu'elles auraient à mener une guerre longue.

      

    En réponse au manque de plus en plus aigu de main-doeuvre et face à la nécessité d'accélérer la production d'armes, de machines, d'avions et de bateaux pour remplacer ceux qui avaient été perdus, la SS créa de nouvelles usines. La SS signa aussi des contrats avec des firmes privées, leur "louant" de la main-d'œuvre esclave des camps de concentration.



    Ce genre de coopération entre la SS et l'industrie privée est bien illustrée par le cas de I.G. Farben, le gigantesque conglomérat de chimie. Cette entreprise établit, en 1942, une usine de caoutchouc synthétique à Auschwitz III (Buna-Monowitz).

      

    L'incarcération d'un nombre croissant de personnes dans ce camp assura la force de travail requise, et cela malgré les brutalités exercées à l'intérieur du camp, qui diminuaient le nombre de travailleurs disponibles. Les chambres à gaz et d'autres moyens permettaient d'"éliminer" les prisonniers qui n'étaient plus aptes au travail.

    De 1942 à 1944, des multitudes de kommandos (camps satellites) furent créés, qui dépendaient d'un camp principal.

      

    Ces "sous-camps" étaient situés près des usines, ou près de lieux d'extraction de matières premières.

      

    Le kommando de Wiener Neudorf, par exemple, établi à Mauthausen en 1943, était situé près d'une usine d'aviation au sud de Vienne, en Autriche ; Sosnowitz, camp satellite d'Auschwitz III - Buna-Monowitz, fut établi non loin d'une mine de charbon ; des prisonniers incarcérés à Dora-Mittelbau travaillaient dans des atroces conditions dans les fabriques souterraines pour la production de missiles.

      

    Les autorités centrales SS tentèrent d'influencer les commandants du camp pour qu'ils fassent l'effort de maintenir les prisonniers en vie, dans le seul but de servir l'effort de guerre. Cependant, peu de responsables prirent ces instructions au sérieux, et personne ne se souciait de changer la culture meurtrière qui sévissait dans les camps.

    Pendant la dernière année de la guerre, alors que les forces allemandes étaient repoussées à l'intérieur des frontières du Reich proprement dit, les populations des camps de concentration (juives et non-juives) connurent des pertes catastrophiques, dues à la famine, au froid, aux maladies et aux mauvais traitements.

      

    De plus, les SS évacuaient les détenus des camps de concentration, au fur et à mesure que le front approchait, pour éviter leur libération ; ces "évacuations" sont connues sous le nom de marches de la mort. Sous la surveillance des gardes SS, les prisonniers furent évacués par marches forcées, dans le froid hivernal, sans nourriture adéquate, sans abri ou vêtement.

      

    Les gardes SS avaient pour instruction de tirer sur tous ceux qui ne pouvaient plus avancer. D'autres prisonniers furent évacués par camions ouverts, livrés au froid mortel de l'hiver.


    Durant cette période, les camps de concentration servirent de cadre à des expériences médicales hideuses et perverses, exercées sur les prisonniers sans leur consentement, expériences qui furent souvent mortelles.

      

    A Dachau, par exemple, des scientifiques allemands menèrent des expériences sur des détenus pour calculer le temps de survie d'un homme en cas de réduction de la pression de l'air ou dans de l'eau glacée. Le but était d'améliorer les connaissances de la survie en altitude pour l'aviation allemande. A Sachsenhausen, diverses expériences furent conduites sur des prisonniers pour trouver des vaccins contre des maladies contagieuses mortelles.

      

    A Auschwitz III, le médecin SS Josef Mengele fit des expériences sur des jumeaux, pour chercher un moyen d'accroître la population allemande en augmentant le nombre de familles donnant naissance à des jumeaux. Ces expériences étaient criminelles et meurtrières ; elles étaient également basées, pour la plupart, sur une pseudo-science et sur des fantasmes racistes.


    En 1944-1945, les armées alliées libérèrent les camps de concentration. Tragiquement cependant, la mortalité dans les camps allait continuer à sévir durant de nombreuses semaines après leur libération : bien des détenus étaient trop affaiblis pour survivre.

    Selon les rapports de la SS, il restait plus de 700 000 détenus dans les camps en janvier 1945.

    Les SS tuèrent plus de trois millions de Juifs dans les camps d'extermination de Pologne occupée.

    Les principales évacuations et marches de la mort, 1944-1945




    [b]La libération des principaux camps nazis, 1944-1945




    Les camps nazis dans la Pologne occupée, 1939-1945




    Les principaux camps nazis en Autriche




    Les camps nazis dans les pays baltes, 1941-1945




    Les camps nazis aux Pays-Bas, 1940-1945



    [b]
    Principaux camps nazis et de l'Axe en Europe du Sud




    Les camps en France, 1944


    Lien:


    -http://www.ushmm.org/wlc/article.php?lang=fr&ModuleId=254
    -http://hsgm.free.fr/campsdeconcentration.htm
    -http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_camps_de_concentration_nazis
    -http://perso.orange.fr/d-d.natanson/nombre_de_victimes.htm
    { c'est les nombreux de victime }.

     

     

    http://deuxiemeguerremondia.forumactif.com/t1832-camp-de-concentration-et-d-extermination-en-allemagne 

     

     

     

     

     

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    La petite ville de Dachau groupe, à une vingtaine de kilomètres au nord de Munich, autour d'un grand château massif et rustique, ses spacieuses maisons anciennes.

      

    Elle était connue avant 1933 comme le « Barbizon » de la capitale bavaroise.

      

    Peintres et écrivains y séjournaient pendant la belle saison, cherchant l'inspiration dans les vastes marais qui s'étendent au nord et à l'est de la ville sur des dizaines de kilomètres, au pied des Alpes Bavaroises.

     

     

    « Per me si va nielle cita dolente,
    Per me si va nell'eterno dolore,
    Per me si va alla perduta gente.
    Lasciate ogni speranza voi ch'entrate ! »

    « Par moi on pénètre dans la cité de la souffrance ;
    Par moi on entre dans l'éternelle douleur,
    Par moi, on marche vers le peuple des perdus.
    Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance ! »

    Dante Alighieri, La divine comédie, 1472.

     

     

     

     

     

     

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    La baraque des prêtres

     

     

     

    Préambule

    Spécificité de Dachau, le « Block des Prêtres » :

    En 1940, pour ne pas heurter les chrétiens de front, Hitler décide que tous les prêtres catholiques et pasteurs protestants allemands ou étrangers des tous les KZ soient transférés à Dachau : en 1944, le Block 28 abrite 800 prêtres polonais (ils avaient été plus de 1 800 dans les camps...) ; les prêtres des autres nations (dont 300 allemands) sont enfermés dans les block 28 et 26, ce dernier comportant une chapelle.

    Le sort des prêtres est nettement meilleur que celui des autres déportés : ils ne sont pas affectés dans des kommandos extérieurs, ne font pas partie des déportations vers les centres de mise à mort, reçoivent meilleur nourriture et couchage. Mais les SS font une grande différence entre les prêtres Polonais et les autres.

     

      

      

    A la fin de l'année 1940, il y eut donc à Dachau une arrivée massive de prêtres:

    Plus de 800, originaires de toute l'Europe qui furent immédiatement isolés dans les baraques 26, 28 et 30. Il y avait donc un camp à l'intérieur du camp, avec ses propres clôtures.

     

    Sur le régime en vigueur, il faut être très prudent, car la situation varie d'une année sur l'autre, d'une baraque à l'autre, à l'intérieur d'une baraque, d'une nationalité à l'autre. Le Block 26, avec une dominante de prêtres allemands était plus faorisé que le Block 28 où se retrouvaient les prêtres Polonais.

      

    Au Block 26, les colis des familles ou de la Croix-Rouge étaient remis aux prisonniers, ce qui améliorait leur ordinaire.

      

    Aux Block 28 et 30 des prêtres polonais, la vie était très dure jusqu'en 42, moitié des prisonniers y laissèrent leur vie, mais il y eut ensuite un adoucissement comme pour l'ensemble du camp.

     

    La plupart des plupart des prêtres allemands avaient obtenu des postes de travail allégés (au jardin botannique ou dans l'administration), et beaucoup de prêtres étrangers, notamment français qui étaient logés avaient le même régime.

      

    Mais précisémment parce qu'ils étaient relativement favorisés, les prêtres pouvaient également être des cibles de choix de la part des SS ou des capos, par exemple lorsqu'ils devaient aller au "Revier" (l'infirmerie).

     

    "En février 1942, note Otto Pies, tous les privilèges des prêtres furent suspendus, sauf pour la chapelle et les services religieux. Les prêtres furent à nouveau envoyés à ds trvaux pénibles.

      

    Avec la faim, le froid et les privations de nourriture, ce régime provoqua de nombreuses morts, mais un peu plus tard, en même temps que les colis personnels furent autorisés, le régime s'adoucit.

      

    Les tentatives d'action pastorale dans les reste du camp ne furent plus systématiquement réprimées…"

     

    Les prêtres français sont arrivés surtout à partir de la fin 43. Certains d'entre eux, comme le père Cotte avait pratiqué un apostolat illégal dans le cadre du STO. Mais la majorité avait été déporté à la suite d'une implication plus ou moins grande dans la Résistance.

      

    A partir du moment où la Résistance s'est développée en France, les presbytères et les couvents ont souvent servi de lieux de transit.

      

      

    Certains couvents ont pu abrité des juifs aussi bien que des Résistants, mais il ne semble pas que beaucoup de prêtres français internés à Dachau l'aient été à la suite d'une action de sauvetage de Juifs.

      

      

    Tous les prêtres français déportés n'ont pas été regroupés à Dachau. Par exemple, Lucien Bunel, le père Jacques rendu célèbre par le film de Louis Malle "au revoir les enfants" a été dirigé sur Mathausen

      

    (http://www.carmel.asso.fr/visages/jacques/chronologie.shtml.

      

    En décembre 44, il y eut cependant une arrivée de plusieurs jésuites français en provenance de Mathausen. Certains d'entre eux sont des prédicateurs vedettes, comme Victor Dillard, qui devait mourir en Janvier 45 ou Michel Riquet.

     

    A travers les différents témoignages sur la baraque 26 où étaient les prêtres français, on retrouve à la fois certains traits communs à tous les camps de concentration, qui ne montrent pas forcémment l'homme sous son aspect le plus reluisant.

      

    Comme le résume la formule de Jean Kammerer "homo homini lupus, sacerdos sacerdoti lupissimus" (l'homme est un loup pour l'homme, le prêtre est encore plus redoutable pour le prêtre). Les relations entre les diverses nationalités étaient plus ou moins bonnes.

      

    On comprend bien, par exemple que les Français et les Allemands ne vivient pas de la même façon les bombardements de l'aviation alliée sur Minich.

      

    On comprend aussi que les Français qui avaient été arrêtés pour fait de résistance ne fraternisent pas spontannément avec les Allemands qui étaient dominants à la baraque 26.

      

    Les différences sociales ne s'estompent pas non plus, surtout chez les Polonais où certains prêtres avaient le statut de grands propriétaires terriens et ne se mêlaient pas aux classes pauvres.

     

    D'un autre coté, la concentration de religieux pouvait aussi donner à la baraque des prêtres l'aspect d'un gigantesque monastère où les privations forcées tenaient lieu d'ascèse et favorisaient éventuellement les élans mystiques qui font parfois se rapprocher le miracle de la simple prière

      

    (Voir ci-dessous prières, mysticisme et miracles).

      

    En vertu des accords passés avec le Vatican en 1940, une chapelle avait été aménagée en Janvier 1941 au sein de la baraque 26. Un service avait lieu chaque matin, à 5 heures, avant l'appel. Les laïcs du camp ne pouvaient accéder à la chapelle et assister aux offices qui y étaient célébrés.

      

    Seul le prêtre doyen du camp pouvait célébrer la messe. En Septembre 41, les prêtres Polonais se virent refuser l'accés à la chapelle.  

      

    "C'est de cette chapelle, écrit Otto Pies, que s'élevaient souvent le puissant message de 400 prêtres chantant: Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat (Le Christ est vainqueur, le Christ règne, le Christ commande !"

     

    En 1944, la situation est assez confuse: il semble que la chapelle soit en théorie sous contrôle allemand, mais les prêtres français participent également et ont également pu imposer la participation de laïcs pour la messe du dimanche. En semaine, la messe avait lieu à 5h20, avant le petit-déjeuner et l'appel.

      

    Le dimanche, plusieurs messes étaient célébrées, parmi lesquelles, la grand-messe, avec sermon, chant solennel, encens… les Allemands avaient gardé le privilège de la grand-messe jusqu'à l'arrivée de Mgr Piguet, où ils durent céder la place au seul évêque du camp, mais de toutes façons, les choses commençaient à évoluer, car les Français furent aussi admis à célébrer de temps à autre une messe en semaine.

      

    Mgr Piguet raconte qu'il a introduit les prédications en français, dans la chapelle où "seules les langues allemandes et latines avaient droit de cité."

     

    C'était donc à la fin 44.

      

    A cette époque, les prêtres polonais avaient coutume de célébrer en cachette une messe hebdomadaire dans une salle du block 28.

     

    Le célébrant officiait sans habits spéciaux et des guetteurs signalaient les arrivées suspectes aux abords de la cérémonie.

     

     

     

    Nationalité Nombre total Relâchés pendant leur détention au camp

    Transférés dans d'autres camps ou devant les tribunaux

    Libérés le 29/4/45 Décédés

    Belges

    46

    1

    3

    33

    9

    Allemands

    447

    208

    100

    45

    94

    Français

    156

    5

    4

    137

    10

    Hollandais

    63

    10

    0

    36

    17

    Italiens

    28

    0

    1

    26

    1

    Polonais

    1780

    78

    4

    830

    868

    Yougoslaves

    50

    2

    6

    38

    4

    Tchèques

    109

    1

    10

    74

    24

    Total

    2720

    314

    132

    1240

    1034

    Catholiques 2579, Protestants, 109, Orthodoxes grecs 22

    95 jésuites

    Tableau extrait de Le camp de concentration de Dachau1933-45, Comité international de Dachau.

    Statistiques établies d'après les documents trouvés au camp. Les Autrichiens sont comptés comme Allemands.

     

               

     

      

     

    Karl Leisner

     

    Pour plus de détails sur la vie de Karl Leisner, on peut se reporter, par exemple à

      

    http://www.clairval.com/lettres/lettre_1.cgi?id=5090501

     

    La plupart des informations que je présente dans cette présentation de Karl Leisner sont issues de la biographie écrite par son ami le jésuite Otto Pies.

     

    Karl Leisner était un jeune diacre allemand, c'est-à-dire un séminariste tout prés d'accéder à la prêtrise.

     

    Il était prévu qu'il soit ordonné prêtre en décembre 1939, mais il avait été d'abord interné à Sachshausen en automne 1939, à la suite de paroles malheureuses qu'il avait laissé échapper au cours d'un séjour en Sanatorium. Karl Leisner avait alors 24 ans.

      

    Il était tuberculeux, et il trainera sa maladie tout au long de ses années de camp. Comme il est expliqué plus haut, à Dachau, le régime des prêtres s'adoucit au cours de l'hiver 1940, ils ne furent plus envoyés dans des compagnies disciplinaires, et puis, sur ordre de Himmler, tous les prêtres furent regroupés à Dachau où l'aménagement d'une chapelle fut autorisée.

     

    Quand il arriva à Dachau, Karl fut affecté à une des corvées parmi les plus épuisantes, qui consistait à transporter les énormes marmites en fer blanc qui contenaient la soupe des prisonniers.

      

    Le chemin entre la cuisine et les baraque était peu pratique, et ce transport représentait pour ceux qui y étaient affectés un vrai calvaire.

      

    Il arrivait parfois à échapper à la corvée, mais plus tard, après le déclenchement de sa maladie, quand il revint à la baraque des prêtres, il dut s'affecter de lui-même à un kommando de travail pour ne pas être déclaré invalide, ce qui l'aurait conduit directement à la chambre à gaz.

     

    Ses camarades de travail se débrouillaient alors pour lui trouver un travail un peu moins dur.

     

    Dans cet univers absolument désespérant de Dachau, où des journées pouvaient s'enchaîner sans aucune lueur d'espoir, Karl arrivait à ne rien montrer de ses moments de profonde dépression.

     

    Beaucoup de ses camarades se souviennent de lui comme quelqu'un de lumineux

    "on ne peut pas se souvenir de ce grand gaillard bien bâti sans faire rejaillir de sa mémoire sa figure toujours aimable et souriante d'où émanait la joie du jeune chétien qui illuminait ses traits à chaque instant"

      

    De ses yeux radieux et débordant de joie, se déversait la lumière de l'âme.

     

    On avait l'impression qu'il vivait dans un enthousiasme permanent.

     

    Sa personnalité rayonnante le rendait très populaire dans le camp.

     

    Il avait réussi à transporter sa guitare depuis Sachshausen.

      

    En arrivant à Dachau, il avait d'abord dû la remettre dans ce qu'on appelait le bric-à-brac, là où les prisonniers devaient déposer leurs effets personnels.

     

    Un jour, Karl décida de récupérer sa guitare; il se fit copain avec les prisonniers qui étaient en charge du bric-à-brac, leur offrit quelques cigarettes, et repartit avec sa guitare sous le bras. Sa gentillesse était irrésistible.

      

    Par la suite, le soir, après le travail, il sortait sa guitare de dessous le lit et rassemblait ses camarades autour de lui.

     

    Ensemble, ils chantaient des chants de feux de camp.

     

    Dans le camp, tout le monde était au courant de la maladie de Karl et voulait l'aider par amitié et pas affection.

      

    Et quand parvinrent de l'hôpital de mauvaises nouvelles sur l'état de sa santé, il y eut une grande mobilisation pour venir à son secours:

      

    Collecte de nourriture, prières.

     

    Les prêtres du block 26 montrèrent un zèle exceptionnel pour prendre soin de lui. Ils voulaient que Karl puissent sortir vivant du camp pour réaliser son vœux le plus cher qui était de devenir prêtre.

     

    Noël 1941 marqua les esprits:

    Les prêtres célébrèrent une cérémonie avec autant de faste que possible qu'il était possible dans les conditions du camp:

      

    On avait disposé au dessus de l'autel de la chapelle une grande fresque représentant la Nativité qu'un jeune curé de Desdes avait pu réaliser avec de la peinture à l'eau et des vieux journaux.

      

    On avait trouvé dans le camp une chasuble, ainsi que trois aubles blanches. L'administration du camp avait octroyé une heure supplémentaire pour cette messe. Karl, en aube blanche, était l'un des deux acolytes du prêtre qui célébra la messe.

     

    Au bout d'un an d'internement, Karl avait résisté aux terribles conditions de faim, de froid et de fatigue, il pouvait espérer avoir triomphé de sa maladie.

     

    L'hiver 41 fut particulièrement rigoureux, et le mois de Mars exceptionnellement pluvieux.

     

    Avec les interminables appels du matin, les prisonniers passaient leurs journées trempés jusqu'aux os.

      

    Dans les baraques, les poêles étaient en permanence recouverts de vêtements mouillés qu'on s'efforçait vainement de faire sécher.

     

    Et chaque matin, les prisonniers devaient à nouveau se présenter à l'appel avec des vêtements trempés, les pieds chaussés dans des sabots en bois.

      

    Tout le monde, où presque souffrait de bronchites, angines, grippe plus ou moins larvées. L'hôpital et les infirmeries étaient surpeuplées, et personne n'y était admis pour un simple coup de froid.

      

    D'autre part, à cette époque, les prêtres hospitalisés étaient des victimes de choix pour les docteurs SS et les capos infirmiers, si bien que la majorité considéraient généralement qu'il était plus dangereux d'être hospitalisés que de rester dans leurs baraques insalubres.

     

     Karl avait rechuté, il était secoué chaque nuit par une toux rauque.

     

    Le 15 mars, il semit à cracher du sang. Il n'y avait pas d'autre solution que s'aller à l'appel des malades après avoir subi l'appel normal.

      

    A l'appel des malades, les SS procédaient d'abord à une première sélection en rounat de coups les candidats à l'hospitalisation.

     

     

    La majorité des prisonniers préféraient alors retourner à leurs baraques plutôt que de subir de tels traitements.

     

    Mais Karl était vraiment malade et il fut admis à l'hôpital.

      

    C'est une période se peine qui commençait pour lui, en même temps qu'une nouvelle phase d'élèvation spirituelle.

     

    A l'exception de brefs intervalles, Karl ne devait plus quitter l'hôpital jusqu'à la libération du camp.

     

    A deux reprises, on pensa que Karl était hors de danger et qu'il pouvait retourner parmi les siens à la baraque 26, mais à chaque fois, il ne put rester que quelques heures parmi ses camarades avant de regagner l'hôpital.

      

    A deux autres occasions, Karl fut secrètement rayé de la liste des malades et hébergé clandestinement dans la baraque 26 pour le mettre à l'abri d'une commissions de mèdecins qui passaient en revue tous les malades pour dresser une liste d'incurables dont il valait mieux se débarasser au plus vite.

      

    Des centaines de prisonniers malades ont ainsi disparu sans que personne ne sache exactement où ils furent dirigés et comment ils terminèrent leurs jours. Ils ont peut-être été utilisés comme cobayes pour tester de nouveaux gaz mortels.

     

    De 120 à 150 malades étaient parqués dans le service des tuberculeux. Ils devaient rester en permanence dans des lits en bois avec paillasse, superposés par groupe de trois. N'importe quel patient qui n'était pas déjà tuberculeux était sûr de le devenir.

      

    En fait tous ces malades étaient destinés à terminer leurs jours sans aucun traitement médical dans d'effroyables conditions, car en plus de leur maladie s'ajoutait la promiscuité, l'inactivité, l'obligation de rester dans leurs cases.

     

    Il faut également imaginer un remue-ménage constant.

      

     Karl n'était jamais seul.

      

    Il était sans cesse entouré par cette multitude d'hommes hurlant leur souffrance, geignant de désespoir, vociférant parfois, et il ne pouvait rien faire pour eux parce qu'il était lui-même profondémment atteint..

     

    On donnait des rations supplémentaires aux tuberculeux, mais les docteurs ne s'occupaient pas eux-même des malades, il laissait faire l'infirmier chef, un prisonnier serrurier d'origine qui prenait en charge les opérations chirurgicales.

     

    Dans ces conditions, toute guérison ou convalescence était inenvisageable.

      

    La santé de Karl allait donc en empirant..

     

    Il avait conservé la volonté de vivre, et en débit d'un abattement temporaire, faisait toujours preuve d'un optimisme revigorant.

     

    Il n'était pas pour autant à l'abri du doute, de l'effondrement et de la révolte: Comment Dieu pouvait-il permettre cela ?

      

    D'autres malades qui venaient d'autres pavillons pour lui rendre visite, pomper avidement un peu de son optimisme et se rassasier de la bienveillance qui coulait de ses yeux ont toujours ignoré les doutes et les défaillances de Karl.

     

    Il connaissait un peu tout le monde dans son pavillon.

      

    Avec d'autres camarades prêtres, il avait rassemblé dans un "dictionnaire", des phrases en plusieurs langues, à l'usage des malades en détresse spirituelle..

     

    Après une embellie passagère, après le début 44, l'état de santé de Karl se dégrada encore. Juste après qu'il ait cru qu'il pourrait s'en sortir, il prit à nouveau un coup de froid.

      

    La fièvre ne le quittait pas et il continuait à souffrir d'une terrible toux. Les nuits étaient pasticulièrement pénibles, à cause de la toux et d'une transpiration abondante.

      

    Une radiographie de cette époque mettait en évidence une large lésion sur le poumon droit et une pénétration de la lésion vers le poumon gauche qui avait été épargné jusqu'alors..

     

    A l'approche de la fin de la guerre et des bombardements alliés sur les villes allemandes, les prêtres allemands durent affronter un conflit intérieur entre l'amour de leur patrie et l'aspiration à un effondrement rapide du 3eme Reich qui mettrait fin au règne de la barbarie.

      

    Plus que tous les autres Karl aspirait à la fin du cataclysme, et il voulait en sortir vivant pour devenir prêtre et se mettre au service de la jeunesse.

     

    Ses amis étaient de plus en plus inquiets: la fin de Karl se rapprochait de plus en plus et à moins d'un miracle, il était clair qu'il ne pourrait jamais être ordonné prêtre.

      

    Des lettres étaient envoyés à l'extérieur du camp, en vue d'intervenir auprès des plus hautes autorités SS, jusqu'à Himmler, et Hitler lui même, pour obtenir, sinon la libération définitive du prisonnier malade, du moins, une solution pour qu'il puisse partir en cure.

     

    Tous ces efforts furent vains, toutes les demandes furent rejetées.

     

    A la fin de l'été 44, d'importants contingents de déportés français arrivèrent à Dachau.

     

    C'étaient des résistants, transférés de prisons françaises.

     

    Ils avaient péri par centaines dans le transport, mais plus de 500 arrivèrent à destination.

     

    Parmi eux, le 3 Septembre, l'évêque de Clermont-Ferrand, Mgr Piguet.

     

    Très vite après son arrivée, les prêtres allemands comprirent qu'il y avait une solution pour que Karl fut ordonné prêtre selon les règles de l'Eglise, et un plan fut mis sur pied pour que toutes les autorisations nécessaires furent rassemblées.

     

    C'est une espèce de chasse au trésor qui se met en route pour obtenir la délégation de l'évêque de Munich, le cardinal Faulhaber (Dachau faisait partie du diocèse de Munich) ainsi que l'autorisation de Mgr Von Galen, évêque de Münster, diocèse d'origine de Karl.

      

    Un réseau de complicités incluant le pasteur protestant de la ville de Dachau, une jeune fille, Mädi, qui devint plus tard religieuse et qui avait le contact avec un prêtre allemand prisonnier, qui travaillait au "plantage",

     

    c'est-à-dire au jardin botannique de Dachau.

     

    Mädi prenait régulièrement des risques pour faire passer des hosties pour les prêtres polonais. 

     

    Cela peut surprendre que l'on puisse attacher tant d'importance à des autorisations formelles, mais à cette époque, les choses étaient ainsi.

      

      

    Les prêtres ne pouvaient pas imaginer de consacrer autre chose que des hosties normalisées.

     

    Sans hostie pas de messe.

     

    Sans messe, les prêtres sont malheureux. Sans évêque, pas d'ordination possible, mais l'évêque n'aurait jamais célébré l'ordination sans toutes les autorisations nécessaires.

      

      

    Il lui fallait aussi quelques ingrédients et objets liturgiques indispensables, entre autres, des saintes huiles et un rituel pour lesquels on eut encore recours aux services de Mädi. Il semble que le jésuite Otto Pies, proche camarade de Karl, fut en partie l'initiateur et l'ordonateur de ce vaste projet.

      

    Un très grand nombre de croyants furent mis à contribution pour les préparatifs.

      

    La date du troisième dimanche de l'Avent, c'est-à-dire le 17 Décembre fut choisie pour le jour J.

     

    Parallèlement à ces préparatifs, la santé de Karl s'améliorait. Il prit sa part aux préparatifs en confectionnant depuis son lit d'hôpital un tabernacle en bois sculpté. Il quitta secrètement l'hôpital le 15 décembre.

      

    Le nombre des participants à la cérémonie fut restreint aux prêtres de la paroisse de Münster à la trentaine de séminaristes de la baraque et à un petit échantillon de personalités représentatives du camp.

     

    Karl portait une aube blanche par-dessus ses vêtements de bagnard.

     

    C'est le 26 Décembre qu'eut lieu la première messe de Karl. Cette fois-ci, on avait fait le plein de la chapelle en rameutant des prêtres des 3 baraques.

     

    La messe fut suivie d'une grande fête, un véritable banquet, avec du vrai café et des gateaux.

      

    Tous les réseaux du camp avait été mis à contribution pour ces agapes.

     

    Christian Reger, un pasteur protestant raconte comment il avait pu se procurer, par piston, des choux de Bruxelles qu'il avait préparé et offert pour cette occasion.

     

    Après sa première messe, Karl dut retourner à l'hôpital du camp où il réussit à survivre jusqu'à la libération du camp par les Américains, le dimanche 29 Avril 45.

     

    La maladie cependant eut raison de lui quelques mois après.

     

    Karl s'éteignit définitivement le 12 août 45.

     

    article extrait du superbe blog

    http://siteedc.edechambost.net/barraque_pretres.htm#internements

     

     

     

     

     

     

     

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    Bernard Ferrand

    Abbé Bernard Ferrand fondateur des Florimontains, chef du réseau Alliance de l'Yonne, mort pour la France.

      

      

    Bernard Ferrand (né le 20 janvier 1900, à Vassy-lès-Avallon

    et mort le 2 septembre 1944 au camp de concentration de Struthof)

    est un prêtre catholique français qui a participé à la Résistance. Après des années d’études au séminaire de Sens, il est ordonné prêtre en 1923 et est nommé à

    l’école Saint-Jacques de Joigny le 7 septembre de la même année.

     

    Les Florimontains

     

    En 1925, il crée la colonie de vacances des Florimontains à Tamié (commune de Plancherine) en Savoie, où il utilise des méthodes inspirées du scoutisme et de l’idéal monastique.

      

    Dom Alexis Presse, abbé de Tamié, est au début sceptique quant à la pérennité de l'œuvre, mais le succès est tel que l’abbé Ferrand doit, à son grand regret, refuser d'accueillir de nombreux enfants. Il faut dire que le vieux moulin, loué aux moines, est dans un état désastreux, même s'il est aménagé au fil des ans. L’abbé Ferrand est nommé vicaire de la cathédrale d'Auxerre le 22 septembre 1927.

      

    Toutefois, une maladie des yeux le rend presque aveugle. Il est alors nommé aumônier de l’école Jeanne d’Arc d’Avallon le 27 juillet 1929.

      

    Il va trouver là beaucoup d’aide.

      

    Les Florimontains vont planter des croix sur les montagnes voisines : l’Arclosan, les pointes de Sambuy, etc. Au fil des années le vieux moulin Saint-Bernard accueillera les grands tandis qu'une seconde maison (Ste-Humbeline) sort de terre pour les petits et une autre pour les parents (Ste-Aleth).

     

     

     

     

     

    Résistant

    L’abbé Ferrand, inapte à cause de sa vue, se refuse à rester inactif et à rester à l’arrière alors que les plus grands des Florimontains sont mobilisés.

      

    Il s’engage alors dans la Résistance sous le nom de Pintade ; il n’hésite pas à s’entendre avec les instituteurs laïcs de la SFIO pour lutter contre l’occupant.

     

    File:Abbé Ferrand.pdf

     

    Autour de l’abbé Ferrand, un groupe s’est formé dès 1942, avec quelques membres de la jeune garde d’Avallon (société sportive), groupe rattaché un peu plus tard au réseau Alliance. Responsable de ce groupe de la résistance du département de l'Yonne, il est en liaison avec Londres par le poste-émetteur d’Autun et communique aux Anglais des renseignements militaires.

     

    Avec son adjoint François Robb et sa femme, et avec Paul Létang, il recueille des pilotes anglais ou américains, et des juifs dont certains sont hébergés à la Pierre qui Vire. Il organise leur évacuation par de nombreux subterfuges, notamment en gare d’Avallon avec Auguste Chandelier, chef de train qui les cachait dans la soute à charbon ou dans les réservoirs d’eau.

    Technique particulièrement dangereuse étant donné que les Allemands les remplissaient parfois pour voir s'il y avait quelqu'un à l'intérieur. Le Père Ferrand se déguisait avec sa tenue de cheminot pour passer la ligne de démarcation.

     

     

    Le groupe d’Avallon fait partie de la région Est du réseau, dont la direction est assurée par Paul Mengel, ingénieur à Autun. La section d’Autun, désignée sous l’appellation de «Forteresse» a à sa tête le duc de Sully, alias Sloughy.

      

    C’est par Autun que le groupe de l’abbé Ferrand transmet ses informations, car il ne possède pas de poste émetteur. Il arrête de justesse le projet anglais de bombardement du barrage du Cressent, qui aurait constitué un désastre pour la vallée et ses habitants.

     

     

     

     

    Cheminot au temps de la ligne de démarcation

    Abbé Ferrand déguisé en cheminot. Il a aidé de nombreux aviateurs anglais et civils de la résistance à passer en zone libre à Paray-le-Monial.

     

     

    L’opération « Gibet »

     

    Le 16 septembre 1943, les Allemands lancent l’opération « Gibet », et réussissent à arrêter le commandant Faye, chef du réseau Alliance, et d’autres responsables, en gare d’Aulnay-sous-Bois. À partir de là sont organisées des arrestations en province, à partir du 19 septembre ; dans la région Centre d’abord (Volvic, Vichy, etc.), puis dans le secteur d’Autun à partir du 21.

      

    C’est ainsi que seront opérées 26 arrestations, à Autun et pour l’ensemble du groupement Forteresse.

     

     

    Le 22 septembre 1943 à Avallon, l’abbé Ferrand est pris près du cimetière, alors qu’il étudiait l’installation d’un poste émetteur; François Robb, photographe, et le curé Froment, âgé de 71 ans, seront relâchés. L’abbé Ferrand a été interné à Fresnes, puis transféré au camp de Schirmeck en Alsace.

      

    Le 1er septembre 1944, avec d’autres membres du réseau Alliance, il est évacué vers le camp du Struthof. Bien que torturé affreusement au cours de longs interrogatoires, il garde le silence. Le 2 septembre, ils sont tous exécutés.

    Une plaque à l’intérieur du four crématoire rappelle leur sacrifice.

     

     

     

    Élévation posthume au grade de capitaine

    Grade de capitaine de l'armée française décerné à titre posthume à l'abbé Bernard Ferrand.

      

      

      

    Reconnaissance

    Une place porte son nom dans sa commune natale, une rue à Avallon et de nombreuses plaques dans le département rappellent son engagement au service de la France.

      

      

      

    Élevé Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume ainsi qu'au grade de capitaine de l'armée française, il fait partie des 195 écrivains combattants morts pour la France dont le nom est gravé au Panthéon de Paris.

     

     

     

    Son sacrifice a été reconnu de tous.

      

    Marie-Madeleine Fourcade, chef du réseau Alliance, a écrit :

      

    « Bernard Ferrand a largement contribué à soutenir le moral des détenus de la baraque 10 en disant clandestinement la messe (…) Par son exemple et par son sacrifice, il compte parmi les meilleurs artisans de la Victoire ».

      

    Le général anglais Bernard Montgomery a dit de lui :

      

    « Bernard Ferrand a donné sa vie pour que l’Europe reste libre ».

      

    Le député de Saône-et-Loire Patrice Bougrain,

    son ami de combat a prononcé ces mots :

      

    « Il est des causes si nobles qu’elles requièrent leurs martyrs.

      

    L’abbé Ferrand fut de ceux-là :

      

    Dieu et la France l’avaient choisi. Puissions-nous ne jamais l’oublier ».

     

     

    En 1946 ses amis fidèles décident de continuer son œuvre.

      

    Des centaines de milliers d’enfants ont été accueillis au centre de vacances des Florimontains.

      

    Aujourd’hui l’association est toujours vivante.

      

    Après 90 ans d’existence, elle est restée fidèle à l’esprit de l’abbé Ferrand en ancrant ses actions dans le

    domaine de l'éducation populaire et du tourisme social et solidaire.

      

    Tous les été, les Florimontains continuent à accueillir des enfants de toute la France et diversifient aujourd'hui leur offre de séjours thématique.

     

     

     WIKIPEDIA

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Le paysan devient roi ! 
     
    Pour se faire pardonner ses gains, il est relativement généreux : 300 000 Parisiens ont bénéficié en 1941 de ses « colis familiaux ». Les curés s'entendent fort bien à lui faire sortir un peu de ses surplus ; ne disposent-ils pas du secret de la confession ? Les paysans camouflent la plus grande partie de leurs réserves : il faut souvent la menace, surtout dans les régions ouvrières, pour les leur faire livrer.
     
    Par contre, ils ne s'opposent jamais à la réquisition des occupants qui paient bien. Et, dans les trains, on les voit tailler à même des miches de pain blanc et piocher dans des pots de beurre. Le paysan a conquis une sorte de royauté ; il en profite comme d'une revanche sur les temps anciens où il était le parent pauvre.
     
    A partir de 1942, les départements agricoles sont les seuls où les naissances l'emportent sur les décès ; et même, la paysannerie se nourrissant mieux qu'avant la guerre, la proportion de la mortalité régresse en son sein.
     
     
     
     
     
     
    le retour à la terre du gouvernement de Vichy en 1940
     
     
     
    Le gouvernement prône le retour à la terre et, malgré l'absence des 700 000 paysans prisonniers, tout le monde s'y met avec enthousiasme.
    Pendant quatre ans, être fermier sera la vocation rêvée.
     
    On élève des poules, on cultive des bacs de salades sur les balcons ; le rutabaga fleurit dans les jardins à la française ; au printemps, les jardins publics se hérissent de « rames » à petits pois, on récolte des pommes de terre dans les jardins du Luxembourg et des Tuileries ; les fumeurs entretiennent amoureusement quelques plants de tabac.
     
    Le Maréchal lui-même loue une propriété à Charmeil, près de Vichy, où il fait élever les agneaux enrubannés qu'on lui offre à l'entrée des villes.
     
     
     
     
    paysan pendant l'occupation
     
     
     
    Vichy ordonne la mise en culture (volontaire ou forcée) des terres abandonnées et particulièrement des grands espaces de Sologne et de Grau. Les jardins ouvriers sont encouragés, dotés de subventions, de conseils, d'instruments.
     
    Sous la surveillance plus ou moins exacte de commissions de contrôle, on voit se grouper dans les établissements religieux, les usines, les bureaux, tous ceux qui n'ont pas oublié leurs origines paysannes.
     
    Financièrement et psychologiquement, le gouvernement encourage également le retour à la terre.
     
     
     
     
    jardins ouvriers du gouvernement de Vichy
     
     
     
     
     
     
    les journaux chantent le courage et l'intelligence de ceux (ils sont 25 000 paraît-il) qui ont su revenir à la terre pour mieux manger sans doute, mais aussi pour faire revivre une parcelle de sol français .
     
    Afin de réduire le gaspillage , on mobilise les enfants des écoles pour la récolte des châtaignes et des glands.
     
    La lutte contre le doryphore est intensifiée.
     
    Le service civique rural organisé. Le remembrement favorisé.
     
    Dans la volonté de ne laisser aucun lopin de terre inutilisé, on ira jusqu'à mettre en culture le jardin des Tuileries. Une fois mûres, les tomates, poussées à la place des fleurs, seront distribuées au Secours national.
     
    Mesures spectaculaires à l'influence limitée.
     
     
     
     
    surfaces cultivees pendant l'occupation
     
     
     
     
    De 1940 à 1944, les surfaces cultivées diminuent de 16 % pour le blé, de 22 % pour les betteraves sucrières, de 29 % pour l'avoine et l'orge. Elles n'augmentent sensiblement que pour les légumes frais et pour les cultures oléagineuses (colza, oeillette, navette) où elles passeront de 9 000 hectares à 267 000.
     
    Quant aux récoltes, comment ne diminueraient-elles pas dans un pays où les engrais font défaut ainsi que les machines neuves, l'essence, les semences sélectionnées et jusqu'aux fers à chevaux depuis que l'armée allemande s'est emparée des stocks de l'unique usine de Duclair ?
     
     
     
     
    la queue devant les boutiques sous l'occupation
     
     
     
    Pour contrarier quelque peu l'effet des hausses, le gou-vernement s'efforce de favoriser les familles nombreuses, ainsi que les catégories sociales financièrement les plus démunies.
    Il institue la carte nationale de priorité accordée aux mères de famille ayant au moins 4 enfants de moins de 16 ans (ou 3 de moins de 14 ans, ou 2 de moins de 4 ans), aux femmes enceintes et aux mères allaitant un enfant.
     
    Ces cartes permettent d'échapper (parfois non sans querelles et incidents) aux queues qui rassemblent des centaines de personnes devant la boutique, souvent close du boucher, de l'épicier, du charcutier.
     
     
     
     
     
    files d'attente pendant l'occupation
     
     
     
     
    Elles ont pourtant été interdites, ces files d'attente (à Lyon d''abord, puis à Paris, le 1" juillet 1941) ;
    on croit les éviter en multipliant les inscriptions, mais elles se reforment chaque fois que la plus petite denrée en vente libre apparaît dans un quartier.
     
     
     
    Faire la queue
     
     
    Faire la queue est devenu une sujétion, un divertissement, un métier.
    Il y a la queue à relais faite par les membres d'une même famille qui se succèdent d'heure en heure le long du trot-toir:
     
    La queue à surprise qui consiste à attendre la voiture de l'épicier sans savoir ce que la voiture lui apportera. Et parfois, elle est vide...
     
    Les mères de famille nombreuse échappent du moins à cette astreignante discipline où les bavardages, la lecture et le tricot ne font oublier ni le froid ni la pluie...
     
     
     
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    DOCTEUR PETIOT 1921

     

    Marcel André Henri Félix Petiot, dit le docteur Petiot alias Wetterwald François, alias capitaine Henri Valeri, né le 17 janvier 1897 à Auxerre (Yonne) et guillotiné le 25 mai 1946 à Paris, est un médecin français qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, fut accusé de meurtres, après la découverte à son domicile parisien des restes de vingt-sept personnes.

     

     

     

     

    Jeunesse

    Marcel Petiot est né à Auxerre le 17 janvier 1897, deux ans avant son frère Maurice né en décembre 1899. Il est l'aîné de Félix Irénée Mustiole Petiot, 30 ans, employé des postes et télégraphes d'Auxerre et de Marthe Marie Constance Joséphine Bourdon, 22 ans, sans emploi, mariés, domiciliés au dernier étage d'un appartement qu'ils louent 100 rue de Paris à Auxerre

     

     Un oncle maternel par alliance est professeur de mathématiques au collège d'Auxerre.

     

    Marcel Petiot est issu de la petite bourgeoisie bourguigonne, son père étant devenu receveur des postes de Joigny..

     

     

    Dès son enfance, il manifeste une grande intelligence – à cinq ans, il lit comme un enfant de dix ans –, et une forte précocité – mais il manifeste des signes de violence : il aurait été jusqu'à distribuer des images obscènes en cours, tirer au revolver sur des chats ou à en étrangler un après lui avoir plongé les pattes dans l'eau bouillante.

      

    Ces récits ultérieurs sur sa délinquance précoce ne sont cependant pas attestées et ont peut-être été inventés pour un public friand de ces faits divers.

     

     

    Internée à Sainte-Anne pour une pathologie psychiatrique, sa mère meurt lorsqu'il a douze ans. Il suit alors son père à Joigny où ce dernier vient d'être nommé receveur.

     

    Il est par la suite renvoyé de plusieurs écoles pour indiscipline.

      

    À dix-sept ans, il est arrêté pour avoir fracturé des boîtes aux lettres, non pour voler les mandats mais pour y lire les lettres et cartes postales.

      

    Il n'est pas condamné, un psychiatre l'ayant déclaré inapte à être jugé, estimant qu'il a une personnalité que l'on qualifierait

    aujourd'hui de « bipolaire », inadaptée socialement et anormale.

     

     

     

    Nom de naissance Marcel André Henri Félix Petiot
    Surnom Docteur Petiot, Docteur Eugène
    Naissance 17 janvier 1897
    Auxerre
    Décès 25 mai 1946 (à 49 ans)
    Paris
    Cause du décès Guillotiné
    Condamnation 1946
    Sentence Condamné à mort
    Meurtres
    Nombre de victimes De 27 (dont il est reconnu coupable) à 63 (selon lui)
    Pays France
    Arrestation 31 octobre 1944

     

     

    Abandonnant ses études de médecine pendant la Première Guerre mondiale, il devance l'appel et s'enrôle dans l'armée le 11 janvier 1916. Il est blessé au pied d'un éclat de grenade le 20 mars 1917.

      

     

    Accusé de vol de couverture à l'hôpital où il est soigné, il fait un premier séjour à la prison militaire d'Orléans avant d'être transféré dans le service psychiatrique de l'hôpital de Fleury-les-Aubrais où les psychiatres le déclarent neurasthénique, déséquilibré mental, dépressif paranoïaque et sujet à des phobies. Il est tout de même renvoyé au front en 1918, blessé une nouvelle fois, et révoqué pour troubles psychiatriques.

      

      

    La commission militaire de réforme de Sens fixe son invalidité à 40 % et le déclare réformé temporaire.

     

    Un an plus tard en 1920, à Orléans, une autre commission fixe à 100 % cette incapacité qui est ramenée à 50 % en mars 1921 le 18 juillet 1923, la dernière commission concluant à une « psychose mélancolique », à « une obsession de la persécution et une démence précoce].

      

    Les anciens combattants bénéficiant d'un accès facile aux études, il obtient son diplôme de médecine de la Faculté de Paris le 15 décembre 1921, avec mention très bien.

     

      

      

    Villeneuve-sur-Yonne

     

     

    En 1922, il ouvre un cabinet médical à Villeneuve-sur-Yonne, où il devient rapidement populaire auprès des gens grâce, notamment, à des consultations et des vaccinations offertes aux indigents, mais il se fait également remarquer par ses tendances à la cleptomanie.

     

     

    En 1926, la population découvre la liaison qu'il entretient avec la fille, Louisette, d'une de ses patientes.

     

    Peu de temps après, la maison de la jeune fille est incendiée, et elle-même disparaît sans laisser de traces.

      

      

    On retrouvera un corps décomposé et non identifiable.

     

    En supposant qu'il s'agissait d'elle, aucun lien avec le

    docteur Petiot ne peut être dégagé.

     

     

    Élu conseiller municipal en 1925 puis maire de façon douteuse en juillet 1926, il épouse le 4 juin 1927 à Seignelay,

     

     

    Afficher l'image d'origine

     

    Georgette Valentine Lablais, fille d'un notable de la ville, commerçant propriétaire du restaurant parisien « Chez Marius »,

    5 rue de Bourgogne.

      

      

    Rapidement, il est cité devant les tribunaux pour plusieurs délits (fausses déclarations d'assurance maladie, détournements de fonds),

    son avocat, maître René Floriot lui évitant

    à chaque fois la prison ferme.

      

    . A René Nézondet, il déclare :
    — Dans la vie, pour réussir, il faut posséder la fortune, ou une situation élevée. Il faut pouvoir dominer ceux qui sont passibles de vous causer des tracas et leur imposer votre volonté.
    Sur cette lancée, il se présente aux élections municipales, sous l'étiquette socialiste.

     

    Avec 800 voix sur 1 000, il est élu.

    Il a vingt-huit ans.

      

      

    Il est finalement révoqué de ses fonctions de maire en 1931 pour un simple vol de bidons d'huile mais parvient à être

    élu conseiller général, avant d'être définitivement privé de

    tout mandat électif en 1934 pour vol d'électricité

    (condamné pour avoir trafiqué son compteur électrique).

      

      

    Dès ce moment, des disparitions inexpliquées commencent à susciter des rumeurs.

    En 1933, Marcel Petiot réalise l'autopsie et délivre le permis d’inhumer d'un témoin important dans une affaire de meurtre dans laquelle lui-même était impliqué, ce témoin étant mort brutalement après une visite dans son cabinet.

     

    Poursuivi par la justice pour divers délits, le docteur part la même année s'installer à Paris.

      

      

      

      

    L'affaire Petiot

    Le cabinet macabre

     

     

    À son arrivée dans la capitale, Petiot ouvre un cabinet médical

    au no 66 rue de Caumartin au premier étage, situé au-dessus d'un magasin d'objets de piété.

     

     

    Son cabinet médical est d'autant plus florissant que le docteur envoie des réclames charlatanesques pour attirer sa patientèle (électrothérapie, spécialiste de la désintoxication, ce qui lui permet de délivrer des ordonnances de complaisance aux toxicomanes, surtout de la morphine sans risquer l'interpellation pour trafic de stupéfiants).

     

     

    En 1936, il est arrêté pour vol à l'étalage

    à la librairie Joseph Gibert, dans le Quartier latin.

      

      

    Il se justifiera devant les juges en disant qu'un « génie ne se préoccupe pas de basses choses matérielles ».

     

    Il échappe à la prison en étant déclaré aliéné mental et est alors interné à la Maison de santé d'Ivry.

      

      

    Se pose la question de la réalité de son état mental ou s'il s'agit de simulation pour éviter la prison, toujours est-il qu'un premier expert psychiatre le déclare « délirant et irresponsable », un second médecin conclut à « un individu sans scrupules, dépourvu de tout sens moral

     

     

    Après sa sortie, en mai 1941, il achète, en septembre 1941, un hôtel particulier, situé au no 21 rue Le Sueur, où vécut la comédienne Cécile Sorel ;

      

    détail piquant : c'est à la même époque que sort sur les écrans le premier film de Clouzot, L'assassin habite au 21.

      

    le jeune petiot  

    Petiot réalise dans cette demeure d'importants travaux : il fait surélever le mur mitoyen afin de barrer la vue de la cour et transforme les communs en cabinet médical.

     

    Lors de fouilles, la police découvrira une cave complètement aménagée, des doubles portes, une chambre à gaz dont la porte était équipée d'un judas pour regarder l'agonie de ses victimes, ainsi qu'un puits rempli de chaux vive.

     

     

    À partir de 1942, il propose à des personnes menacées de poursuites par la Gestapo de les faire passer clandestinement en Argentine. Ces personnes sont invitées à se présenter de nuit rue Le Sueur munies d'une valise contenant bijoux, numéraires, argenterie…

     

      

      

    Sous le nom de « docteur Eugène », il organise ainsi un réseau et recrute des rabatteurs : un coiffeur, Raoul Fourrier, et un artiste de music-hall, Edmond Pintard.

     

    Les prétendants au voyage disparaîtront mystérieusement, et aucun d'eux n'atteindra l'Amérique du Sud, pas même Yvan Dreyfus, prisonnier envoyé par la Gestapo pour infiltrer le réseau du docteur.

     

     

    Le premier à disparaître le 2 janvier 1942 est Joachim Guschinow, un fourreur juif voisin de Petiot qui aurait apporté avec lui l'équivalent de 300 000 euros en diamants.

     

    Visant d'abord les personnes seules, il s'en prend bientôt à des familles entières, proposant des « tarifs de groupe ».

     

      

      

    Les victimes sont essentiellement des juifs, mais on trouve aussi parmi elles des malfrats, désireux de se mettre « au vert ». Parallèlement aux disparitions de ces gens fuyant la France, d'autres personnes présentant des risques de dénonciation et étant en relation avec le docteur finissent aussi par s'évanouir dans la nature.

     

    procès du docteur Petiot 

     

     

    Les services allemands découvrent le réseau grâce à un second indicateur, un Français du nom de Beretta.

     

    Petiot est alors arrêté et torturé pendant huit mois à la prison de Fresnes,

    mais il ne dira jamais rien.

     

     

    Petiot à son procès  

    Et pour cause : il n'a aucun lien avec la Résistance.

     

    Libéré faute de preuves, le 13 janvier 1944, il décide de faire disparaître les indices compromettants, jugeant que cela devient trop dangereux pour lui.

     

      

      

    L'horrible découverte

    Le 11 mars 1944 les pompiers sont alertés par des voisins incommodés depuis plusieurs jours par les odeurs pestilentielles provenant d'un feu de cheminée de l'immeuble

    à l'abandon de la rue Le Sueur.

      

      

    Après avoir appelé Petiot (propriétaire en 1941 de cet appartement qu'il n'habite plus depuis plusieurs années) chez lui et vainement attendu son arrivée,

     

    ils fracturent une fenêtre et pénètrent dans l'immeuble.

      

      

    Ils sont vite alertés par l'odeur et le ronflement d'une chaudière et, descendant dans la cave, découvrent des corps humains dépecés, prêts à être incinérés dans deux calorifères à bois d'où venait la fumée.

      

    Arrive alors à bicyclette Petiot qui, se faisant passer pour son frère, constate la situation et quitte la scène des crimes.

     

    Une autre version raconte que, présent, il se justifia en affirmant que tous les corps étaient les cadavres de nazis qu'il avait tués lui-même, mystifiant ainsi les policiers qui le laissent partir.

     

     

      

      

    Une autre version encore relate que Petiot n'est jamais venu et que c'est le commissaire Massu, accompagné des inspecteurs principaux Schmitt et Battut, qui se présente au cabinet de Petiot 66, rue Caumartin mais ce dernier est absent.

      

      

      

    Toujours est-il qu'il s'est volatilisé.

      

    Selon Henry Sergg, Petiot s'est rendu au

    siège de de la Gestapo française

    93, rue Lauriston où son chef Henri Lafont

     

    (qui contraignait le docteur à travailler pour lui depuis qu'il avait découvert ses crimes cachés) lui conseille de disparaître.

     

    Lors de perquisitions, on découvrira une chambre à gaz

    , une fosse de chaux vive et un débarras avec une

    72 valises et 655 kilos d'objets divers

    (1 760 pièces d'habillement : 90 robes, 26 sacs à main, 28 complets d'hommes, 57 paires de chaussettes, 33 cravates, 43 paires de chaussures, 120 jupes, 21 manteaux de laine, etc.),

     

    parmi lesquels une culotte de pyjama d'enfant qui sera reconnue comme étant celui du petit René Kneller, disparu avec ses parents.

       

      

    Arrestation et procès

     

    En fuite de nouveau, Petiot s'engage dans

    les Forces françaises de l'intérieur sous le nom de

    « Capitaine Valeri », ayant expliqué que son propre

    réseau baptisé « Fly Tox »

     

    (du nom de marque d'une pompe à main insecticide pour faire référence à la chasse aux mouchards comme il l'expliquera à son procès), avait été démantelé par les Allemands.

     

    Devenu médecin capitaine, il est affecté à la caserne de Reuilly.

      

      

      

    À la Libération, un mandat à son nom est publié, mais Petiot reste introuvable.

      

      

    En septembre 1944, Jacques Yonnet publie dans Résistance

    un article titré

      

    « Petiot, soldat du Reich ».

      

    Ce n'est qu'à ce moment que le docteur commet une imprudence.

     

     

     

    valises du docteur petiot

    Sa mégalomanie prend le dessus :

     

    il se fend d'un droit de réponse et écrit une lettre manuscrite au journal.

      

      

    La police en déduit qu'il est toujours caché à Paris au sein même de la Résistance française.

     

    Il est arrêté le 31 octobre 1944 dans une station de métro.

      

    L'enquête policière fait émerger plusieurs complicités :

      

    son frère Maurice commerçant rue du Pont à Auxerre, sa femme Georgette, Albert Neuhausen

     

    (marchand de cycles à

    Courson-les-Carrières) chez qui ont été retrouvées des

    valises, Léonie Arnaux la servante-maîtresse de son beau-père.

     

     

    Avant l'ouverture du procès, sa femme et Albert Neuhausen sont inculpés de recel, son frère est inculpé d'homicide involontaire.

     

    Ils bénéficient finalement d’un non-lieu.

     

     

    Procès Petiot 

    Petiot, que la presse baptise « docteur Satan », est jugé du 18 mars au 4 avril 1946 par la Cour d'Assises de la Seine

    pour vingt-sept assassinats dont douze israélites et quatre truands accompagnés de leurs prostituées respectives.

     

     

      

      

    Dès le deuxième jour du procès, une nouvelle fanfaronnade cynique dont il a le secret l'amène à en revendiquer soixante-trois.

      

    Il se défend en proclamant qu'il s'agit de cadavres de traîtres, de collaborateurs et d'Allemands et proclamera jusqu'au bout avoir tué

    « pour la France ».

      

      

    Toutefois, il reste incapable d'expliquer comment un pyjama d'enfant s'est retrouvé dans les affaires dérobées à ses victimes (qui sera reconnu comme étant celui du petit René Kneller,

     

    disparu avec ses parents), ni comment des innocents attestés faisaient partie des corps retrouvés.

     

     

     

     

    Malgré une plaidoirie longue de six heures de son avocat, maître René Floriot, Petiot est condamné à mort pour vingt-quatre meurtres.

      

    À l'avocat général Pierre Dupin qui venant le réveiller pour l'exécution lui lance :

    « Ayez du courage, Petiot c'est l'heure »,

     

    Petiot rétorque :

    « Tu me fais chier ».

     

      

      

    25 mai, à 4h40, les gardiens tapent sur l’épaule de Petiot qui dort paisiblement, alors qu’il a été prévenu la veille au soir de son exécution. Le docteur baille, s’étire, et regarde le procureur Dupin qui lui fait face :


    « Petiot, votre recours en grâce a été rejeté,

    et votre pourvoi en cassation également.

    Ayez du courage.

     

     

    - Tu m’emmerdes.

    - Avez-vous une dernière déclaration à faire ?

    - Je viens de la faire : tu m’emmerdes. »


    Puis il s’attable, écrit sans cesse, des pages et des pages, à une vitesse impressionnante, avant de faire une mauvaise plaisanterie aux dépens du procureur.

     

    Il refuse la messe, alléguant qu’il est mécréant, mais comme l’aumônier l’exhorte au nom de son épouse, il se ravise et accepte de se laisser bénir.


    Au greffe, il refuse le rhum mais accepte la cigarette, avant de demander à se rendre aux toilettes.

     

     

    A un juge qui lui demande s’il a des ultimes révélations à faire, il répond :

     

    « Je suis un voyageur qui emporte ses bagages.

    Et maintenant, si on y allait ? ».

     

    Par cette simple phrase, il signifie qu’il emporte son secret dans la tombe.

    Quand on coupe le col de sa chemise, il rajoute :

     

     

    dr Petiot

    « C’est bien sot de la part de l’Administration de gâcher une si jolie chemise ! »

     

     

    Enfin, il est attaché, et, tandis qu’il est levé par les adjoints du bourreau, il prononce ses dernières paroles :

      

    « Messieurs, je voudrais que vous détourniez le regard. Ca ne va pas être beau… Je voudrais que vous conserviez de moi un bon souvenir. »


    A 5h05, le bourreau Jules-Henri Desfourneaux, formé par Anatole Deibler, abat la lame de la guillotine sur le cou de Petiot.

     

    Le docteur Paul confiera son étonnement :

     

    Petiot guillotiné

     


    « Pour la première fois de ma vie, j’ai vu un homme descendre du quartier réservé aux condamnés à mort sinon en dansant, du moins en montrant un naturel parfait. Alors que tous ceux qui vont être exécutés font tout pour montrer du courage, mais un courage que l’on sent crispé, exhibé à force de volonté, Petiot, lui, se déplaçait avec aisance, comme s’il se rendait à son cabinet pour y donner une consultation de routine. »

      

      

      

      

    Puis, plus tard, devant la guillotine, il dit : « Ça ne va pas être beau ».

      

      

    À Dupin qui lui demande, au moment d'aller au supplice, s'il a quelque chose à déclarer, il répond : « Je suis un voyageur qui emporte ses bagages .

      

      

      

    Le 25 mai 1946 à 5h05, il est guillotiné à la prison de la Santé, dans le 14e arrondissement, à Paris (même si en marge de son acte de naissance, il est stipulé : « décédé le 25. 5.46 Paris 18e »[29]), des œuvres du bourreau Jules-Henri Desfourneaux. D'après les témoins, il meurt un sourire aux lèvres.

      

      

      

    Postérité

    Nul ne sut jamais ce qu'il advint de la fortune qu'il amassa avec son prétendu réseau. Selon certaines estimations, les sommes détournées auraient atteint, en euros de 2012, l'équivalent de 30 millions.

      

      

      

    Plusieurs personnes rachetèrent son hôtel particulier au no 21 rue Le Sueur, le démontant pierre par pierre pour trouver son magot, en vain.

     

     

    Sa femme Georgette s'efforça de refaire sa vie en travaillant dans une boulangerie. Son fils Gérard finit par changer de nom et disparaître en Argentine

    où Georgette le rejoignit..

     

     

    WIKIPEDIA

    Photos diverses

    FLICKR - PINTEREST

     


    Le proces du docteur petiot (1946) par dictys

     

     A 5h05, le bourreau Jules-Henri Desfourneaux, formé par Anatole Deibler, abat la lame de la guillotine sur le cou de Petiot.

    Le docteur Paul confiera son étonnement :

    « Pour la première fois de ma vie, j’ai vu un homme descendre du quartier réservé aux condamnés à mort sinon en dansant, du moins en montrant un naturel parfait. Alors que tous ceux qui vont être exécutés font tout pour montrer du courage, mais un courage que l’on sent crispé, exhibé à force de volonté, Petiot, lui, se déplaçait avec aisance, comme s’il se rendait à son cabinet pour y donner une consultation de routine. »

     

     

     

     

     

     

     

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    Marie-Madeleine Fourcade. Un chef de la Résistance

    Dans son dernier livre l'historienne Michèle Cointet, spécialiste des années 1940-45, trace le portrait d'une femme d'exception, qui demeure dans la mémoire - résistante l'une des figures emblématiques des « femmes en Résistance ».

      

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    Marie-Madeleine Fourcade, née à Marseille le 8 novembre 1909 et morte le 20 juillet 1989 à Paris, a été, pendant la Seconde Guerre mondiale en France, responsable de l'un des plus importants réseaux de résistance ayant agi pour les Britanniques.

     

     Marie Madeleine FOURCADE, Chef de RESEAU de RESISTANCE

     

     

    Issue d'une famille coloniale aisée et de tradition catholique, elle vit une partie de son enfance en Chine, puis au Maroc après avoir épousé le Capitaine Edouard-Jean Méric dont elle se séparera quelques années plus tard en quête d'indépendance.

      

    C'est dans les salons parisiens du milieu des années trente, tandis qu'outre Rhin les menaces se profilent,

    qu'elle rencontre Georges Loustaunau-Lacau, béarnais, baptisé Navarre

     

    « Il avait la carrure, la verve et la furie d'agir d'Henri IV», héros de la Grande Guerre, officier nationaliste et incorrigible comploteur, un temps exclu de l'armée dont elle va partager les passions nationalistes.

     

     

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    Marie-Madeleine Fourcade. Un chef de la Résistance

    Michèle Cointet
    Paris, Edition Perrin, 2006, 358 pages

     

      

    Après le choc de l'exode de juin 40, elle le retrouve à Vichy où se sont réfugiés « tout un petit monde vibrionnant d'ambitions, d'espoirs et de regrets » et un Maréchal de France qui fausse bien des « cartes » et étouffe les plus ardentes velléités d'insubordination.

      

    Durant cet intermède vichyssois naît l'idée d'une croisade « ...aux intentions purement patriotiques et militaires... », dont une partie des croisés seront les premiers déçus du pétainisme - pour l'essentiel des militaires peu favorables à de Gaulle - et de la personnalité de quelques uns naîtra dès décembre 1940 le réseau Alliance.

      

    Le refus de la subordination au chef de la France Libre, allié à un certain pragmatisme conduit Georges Loutaunau-Lacau à choisir l'Intelligence Service comme interlocuteur ; après son arrestation par la police de Darlan, Marie-Madeleine Méric, aider par le commandant Léon Faye, va prendre la tête d'Alliance et déployer toutes ses qualités pour en faire le plus grand et sans doute le plus efficace réseau de renseignement militaire français qui comptera

    plus de 3000 agents.

      

    Marie Madeleine FOURCADE, Chef de RESEAU de RESISTANCE

      

    C'est toute la vertu de l'auteur du livre, que d'expliquer comment par son charisme et son courage, Marie-Madeleine va s'imposer dans un milieu d'officiers très traditionalistes peu enclin au féminisme et de montrer comment cette jeune résistance souvent seule « face à la mer déchaînée » des événements prend conscience que par son action elle envoie des jeunes hommes à la mort - sur les 438 morts que comptera Alliance :

    189 n'ont pas trente ans.

      

    Sa compétence, son intuition, son sens de l'organisation et le choix qu'elle fait d'être présente en permanent sur le terrain, auprès de ses agents - dont plus du quart sont des femmes - souvent dans les pires moments, lui vaudront d'être reconnue comme le « Chef d'Alliance ».

      

    L'autre vertu de l'auteur est d'analyser les différentes missions et tâches de tous les agents de ce réseau : opérateurs radio, agents de liaison, ...etc. et à cette occasion de « sortir de la nuit, en des images brèves et lumineuses » les portraits de femmes et d'hommes souvent oubliés de l'histoire de la Résistance.

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    A son apogée Alliance peut s'enorgueillir d'avoir communiquer les renseignements qui permettront aux Anglais de gagner la bataille de l'Atlantique, d'avoir été l'une des chevilles ouvrières de l'évasion du général Giraud et de son arrivée en Afrique du Nord et d'avoir communiquer aux Alliés les renseignements qui leur permettront de détruire une grande partie les lieux où les Allemands développaient leurs armes secrètes.

      

    Printemps 1943 le réseau a grandi, parallèlement les arrestations se sont multipliées, la Résistance française, par la volonté du délégué du général de Gaulle Jean Moulin s'est structurée, le Comité français de la Libération nationale a été crée en juin à Alger et de nouveaux enjeux politiques sont apparus.

      

    Toujours jalouse de son indépendance et de celui de son réseau, qu'elle voulait strictement opérationnel et apolitique,

    c'est résignée qu'elle rejoint l'Angleterre le 18 juillet 1943, tandis qu'en France Alliance connaît une terrible hécatombe du fait de la police allemande.

      

    A l'été 44 elle fait preuve d'intelligence politique en faisant quelques premiers pas vers l'homme du 18 juin, tout en obtenant de conserver pour son réseau une certaine autonomie et retournera en France après le débarquement de Normandie pour le réactiver dans les régions encore occupées.

     

     

    Après la victoire chèrement acquise pour Alliance, elle trouvera un nouveau bonheur avec un Français libre Hubert Fourcade qu'elle avait croisé dans la Résistance, et s'investira dans le travail de mémoire de la Résistance et en particulier dans celui des femmes et des hommes de son réseau

      

    « Je voudrais qu'on ne les oubliât pas et qu'on comprît surtout quelle était la divine flamme qui les animait ».

      

    Il faut remercier l'auteur pour la biographie de cette femme admirable dont la mémoire comme pour beaucoup de femmes résistantes n'a pas souvent été honorée comme elle aurait dû l'être.

     

    Jean Novosseloff

     

     

     

    http://www.fondationresistance.org/pages/rech_

    doc/marie-madeleine-fourcade-chef-resistance_cr_lecture55.htm

     

    Alliance était un réseau de la Résistance intérieure française pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Alliance était l'un des plus actifs réseaux de renseignement de la Résistance, avec la Confrérie Notre-Dame et,

    comptant jusqu'à 3 000 membres, le plus important des réseaux travaillant avec l'Intelligence Service britannique (IS ou MI6) sur le territoire français.

     

    Le réseau dénombre au total 438 morts sur plus de 1 000 arrestations. Chaque membre, pour préserver son identité, se vit désigner un matricule en accord avec l'IS. Puis, pour rendre plus pratique la communication entre les différentes parties, les dirigeants du réseau adoptèrent des surnoms ou pseudonymes rappelant des noms d'animaux.

     

     

    C'est pourquoi la police allemande lui a attribué

    le nom original d’Arche de Noé.

     

    Toutefois, certains groupes, agglomérés au réseau, gardèrent des pseudonymes de métier.

     

    Le colonel Edouard Kauffmann (appelé pour la cause "Manitou") créa un service de défense armée dont les membres portèrent des noms d'indiens ou de tribus indiennes..

     

     

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