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    La vie quotidienne  

    En raison des réquisitions qui entraînent des pénuries et des restrictions, le problème crucial de tous les français est celui de la nourriture et donc du ravitaillement. Les prix augmentent sans cesse et la consommation diminue

    Consommation moyenne par h
    hab/an viande kg p de t kg lait l
    1938 41 415 241
    1940 25 253 188
    1942 19 180 160
    1944 16 196 130
    en francs prix officiel marché noir
    1 kg boeuf 72 150 à 250
    1 l de lait 4,60 12 à 30
    12 oeufs 36 100 à 120
    1 kg p de terre 3 à 5,70 22 à 30

      

       

    Dans les fermes l'on arrive  à se nourrir correctement même si l'on manque d'huile, de sucre, de café, de pâtes... comme partout.

    Toutefois les exploitations agricoles sont soumises aux réquisitions : denrées diverses comme blé, beurre, oeufs ; animaux vivants (bovins, chevaux) avec le fourrage qu'il fallait souvent convoyer.

    C'est toujours le maire qui est chargé par les autorités allemandes de trouver les produits réquisitionnés, toutefois, une commission à Trévières se réunissait pour l'organisation. Ainsi en 1942 le canton de Trévières a fourni 51 tonnes de rutabagas.

      

     

      

    NOTE DU PREFET AUX MAIRES

    " Le Préfet du Calvados à M. le Maire de.................... Objet ;

    Imposition de rutabagas.

    J'ai l'honneur de vous faire connaître que conformément aux instructions ministérielles du 9 novembre 1942 et à la lettre de M. le Directeur Départemental du Ravitaillement Général du 26 novembre 1942, votre commune devra fournir au Ravitaillement Général .................. tonnes de rutabagas prélevés sur la récolte faite en 1942.

    Le collecteur qui devra recevoir la quantité de rutabagas ci-dessus, sera ultérieurement désigné et son nom sera porté à votre connaissance.

    En attendant, cette quantité est bloquée dans votre commune.

    Vous voudrez bien effectuer la répartition de cette imposition entre les producteurs de rutabagas de votre commune puis vous aurez à faire parvenir avant le 31 DÉCEMBRE 1942 à LA DIRECTION DES SERVICES AGRICOLES, un état de répartition comportant les nom, prénom, adresse de ces producteurs et la quantité livrable par chacun d'eux. Un double de cet état devra être affiché à la Mairie . "

    Archives du calvados

     

     

      

      

     

      

    ORDONNANCE du 20/04/41 (Extraits) concernant l'échange de produits alimentaires et des fourrages soumis au rationnement

     

    " Sera puni d'emprisonnement et d'amende ou de l'une de ces peines quiconque indûment :

    a) acquerra ou livrera des denrées alimentaires ou des fourrages soumis au rationnement ;

    b) utilisera à son profit un bon de livraison auquel il n'a pas droit ou qui, dans l'intention de s'enrichir, cédera à un autre le droit de disposer d'un bon qui lui revient ;

    c) obtiendra frauduleusement un bon officiel en donnant des indications fausses ou incomplètes ;

    d) retiendra des produits soumis au rationnement, contrairement à l'obligation que lui imposent les dispositions en vigueur à livrer les dits produits aux consommateurs (personne qualifiée pour l'acquisition) ;

    e) acceptera un bon de livraison à l'Armée Allemande ou une carte d'alimentation, ou en détachera des tickets sans livrer de la marchandise ;

    f)prélèvera sans autorisation dans l'entreprise qui lui appartient, qu'il dirige ou qu'il exploite, des produits soumis au rationnement. (...) "

     

     

    Certains font marcher le système D et "se débrouillent" dans une région où beurre, fromage et oeufs sont abondants alors qu'en ville ce sont des denrées rares et chères, surtout rationnées (ex: 100g de beurre par mois).Les prix ont augmenté, ainsi le kg de beurre est passé de 12 F le Kg en 1940 à 45 F en 1942... Le marché noir fonctionne et régulièrement la presse s'en fait l'écho.

      

      

      

     

      

    Saisie de 50 kg de porc salé et de 55 kg de beurre à la gare de Bayeux "

    Intrigués par des allures suspectes de plusieurs personnes traînant des valises qui semblaient lourdes, la police de Bayeux voulut savoir ce qu'elles contenaient"

     

     

      

      

    Il existe aussi le "marché gris" sorte de ravitaillement clandestin local : on tue une bête en douce dont profiteront les voisins et les alentours, à prix modéré. De même les "colis" sont de plus en plus nombreux ; partout, avec les moyens les plus variés, le ravitaillement clandestin circule. Certains se font prendre mais comme gendarmes et allemands sont intéressés, parfois on peut s'arranger. Toujours est-il qu'après guerre certains paysans se sont retrouvés, par miracle, enrichis...

     

    Les autres civils subissent davantage les pénuries, ils utilisent les "cartes d'alimentation" mises en place en février 1940(en 1942 : 275 g de pain par jour, 90 g de viande par semaine et 175 g de beurre par mois) aussi doit-on faire la queue pour acheter un peu de viande même dans les petits villages. Progressivement les rations indiquées sur les cartes diminuent au fil des mois: on passe de 290 g de viande en septembre 1941 à 90 g en octobre 1942.

     

    CARTES DE RATIONNEMENT :

    catégories E : Enfants de moins de 3 ans,

    J 1 : Enfants de 3 à 5 ans,

    J 2 : Enfants de 6 à 13 ans,

    J3 : Adolescents de 14 à 21 ans,

    A : Adultes de 21 à 70 ans,

    T : Travailleurs de force,

    C : Cultivateurs,

    V : Vieux (de plus de 70 ans).

      

    Il fallait trouver des solutions pour
    remédier aux pénuries, de l' incitation aux économies aux interdits de gaspillage. De nombreux produits de substitution apparurent comme le café à base d'orge, le savon à la graisse... D'anciennes plantes abandonnées furent à nouveau cultivées, les vieux vêtements rapiécés, les chaussures ressemelées avec du bois.
     

    On utilise le vélo quand on peut, ou plus simplement, on va à pied d'autant que la circulation dans le département du Calvados est, depuis 1940, réduite à 2000 véhicules et que l'on manque de carburant.

    Jamais le jardinage n'a autant prospéré, jamais on a autant pratiqué le troc, ni fait de la récupération.

    Avec un salaire mensuel moyen de 900 francs comment vivre correctement : un poulet vaut 100 francs, un oeuf 2,50 francs, le kg de beurre 45 francs.

      

    NE GASPILLEZ PAS LE PAIN "

      

    II est porté à la connaissance du public qu'une loi du 9 novembre 1940 interdit le gaspillage du pain. Dans les hôtels, restaurants, brasseries, etc., le pain ne doit être mis à la disposition du consommateur que par morceau de 50 grammes au maximum et à chaque demande qu'il en est fait.

    Il est interdit, dans ces établissements de servir du pain sans avoir préalablement reçu le nombre de tickets correspondant à la ration demandée.

    Toute infraction à ces prescriptions sera passible de sanctions graves . "

    Le Bessin 28/12/40

     

      

    VIE PRATIQUE

    Confiture sans sucre :

    Prendre du cidre doux et le faire réduire doucement à feu lent jusqu'à consistance sirupeuse. Dans ce sirop sucré, mélanger des fruits cuits à part (pommes ou poires) et mettre dans des pots en grès. C'est le "pommé" de nos grands-mères qui se conserve très bien et très longtemps "

    Famille agricole 19/0940

     

     

     

     

    Une exception !

    Toutefois, il faut noter qu'à St Laurent et Vierville, les allemands ont finalement accepté une "tolérance de pêche à pied" et même de "pêche aux harengs" (une vieille tradition locale) de septembre à décembre qui nécessite d'aller relever les filets la nuit. Toutefois les allemands surveillaient attentivement les opérations de pêche pour mieux prélever leur part ensuite !

      

    émoignage

    Témoignage d'Y Cordelle:

    la vie quotidienne en zone interdite à Vierville

    Je me souviens que, en vacances à Vierville, j'étais chargé d'aller tous les matins en vélo chercher 1 litre de lait à telle ferme et 1/2 litre à telle autre, et aussi 6 oeufs, ici ou là, par semaine. Les fermes Blin, Auvray, Dubois, Leterrier (Ormel) étaient nos fournisseurs habituels, à des tarifs tout à fait raisonnables, mais pour des quantités limitées, à la tête du client, suivant les relations personnelles et les besoins familiaux supposés.

    Le beurre nous était fourni en quantités très importantes par un fermier de mes parents, le père Jean à Longueville, mottes de 20 kilogs parfois, que mes parents salaient pour la conservation et l'envoi à Paris par la Poste, en petits paquets de 1 kg. Cela nous permettait de ne pas trop manquer à Paris et de dépanner la famille.

    On avait aussi des pommes de terre, de l'huile d'oeillette maison, de la viande de vache et de porc (je me souviens de l'abattage d' un cochon au château, strictememnt défendu bien sûr, mais sous les yeux de l'officier Allemand que nous logions et qui regardait par la fenêtre en rigolant).

    Par contre le pain a toujours été un problème difficile.

    Ce n'était pas une production locale, on était donc strictement limité aux rations réglementaires, et je me souviens avoir eu faim avec 275g/jour comme J2, puis 350g/jour comme J3 (à partir de 13 ans en 1943).

    Au total on est sorti de la guerre maigres comme des clous, mais en bonne santé. Mes parents se sont sûrement privés pour moi, ils ont perdus 15 à 20 kilogs de poids en 5 ans, mon père avait bien maigri, mais son ulcère d'estomac avait totalement disparu. Dans la population, des maladies chroniques comme l'alcoolisme avaient disparues aussi, vidant les hôpitaux.

    Au total les paysans normands se sont enrichis, car en général ils ne se privaient pas pour vendre aux Allemands au prix fort, mais ils nous ont aussi nourris et sauvé la vie (car les rations seules ne permettaient pas de survivre, voir ce qui s'est passé dans certains hôpitaux de régions non productrices de nourriture,

    le marché noir était innaccessible aux revenus normaux de la plupart des gens) et je leur en suis reconnaissant.

     

    Ce sont les "années noires".

      

    sources / http://6juin.omaha.free.fr/autrefois/viequot.htm

      

     

      

      

      

     

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    Madame CHAMBRIN Janine : en 1944 , écolière âgée de 11ans, résidant à Vierville / mer

    "Des soldats allemands ou américains ? " "J'ai vu et rencontré des soldats américains dès le 6 Juin 44, mais je ne sais pas à quelle heure ! je ne me suis pas rendu compte de la façon dont la journée est passée ; c'était certainement dans l'après midi, j'étais dans le jardin avec mes parents. Suite aux bombardements intensifs qu'il y avait nous étions allés nous mettre dans un abri recouvert où il y avait des chevaux et les allemands qui les gardaient. En effet, les abris dans des trous du jardin ne nous protégeaient pas assez : l'aviation était si nombreuse et les bombardements si violents que nous avions pris peur et décidé d'aller sous l'abri couvert. Mon père qui était parti aux nouvelles a aperçu plein de soldats dans la route qu'il a pris pour des soldats allemands sur le moment. L' un des soldats qui logeait à la maison, car les allemands avaient réquisitionné des pièces, est venu dans la cour et les soldats de la rue lui ont tiré dessus ! Mon père s'est aperçu que c'était des américains et il est allé au devant d'eux et il leur a dit " Jai toute ma famille à l'abri "

    "Une rose pour les américains " Ils sont venus nous chercher dans l'abri ; malheureusement je ne me souviens plus trés bien de ces américains ni de la conversation, j'étais trop jeune ; Mais je me souviens que quelques instants plus tard ma mère a cueilli une rose et m'a envoyé la porter à l'un des américains qui était là en guise de bienvenue, de bon accueil et de reconnaissance.

    "Un commando?... ou ... Un véritable débarquement ? " Les américains nous ont appris qu'il y avait le débarquement, parce que nous, jusque là nous avions pensé à un commando. Il y avait déjà eu sur Vierville de nombreux commandos avec des bateaux qui étaient venus et nous nous sommes rendus compte à ce moment -là , seulement, que c'était le débarquement : nous sommes allés voir à la fenêtre, à l'arrière de la maison et nous avons aperçu tous les bateaux qui couvraient la mer ; et c'est seulement à ce moment là que nous avons réalisé que c'était le véritable débarquement.

    "Je garde mon chapelet ! " Je me souviens que quelques jours plus tard un soldat avait voulu que je lui donne un petit chapelet que j'avais sur une toute petite poupée qui représentait une communiante ; en effet à Vierville la communion avait eu lieu le dimanche et le débarquement le mardi, et moi j'avais fait ma communion le dimanche et j'avais eu cette poupée et le chapelet, aussi je ne pouvais donner le chapelet ! j'étais trop petite pour comprendre. Plus tard, j'ai beaucoup regretté.

    " Nervous... le chocolat " Le soir du débarquement la première chose que l'on nous a offert c'était des tablettes qui ressemblaient à des tablettes de chocolat et que les américains voulaient que l'on mange en nous disant " Nervous ! nervous ! nervous ! " Ma mère n'a pas voulu que j'en prenne parce qu'elle pensait que c'était plutôt une sorte de médicament pour doper et que l'on donne souvent aux soldats pendant la guerre pour qu'ils n'aient pas peur et soient vaillants.

    "Couverts de cadeaux " Un peu plus tard, nous sommes allés dans le secteur américain, nous étions couverts de cadeaux du genre : boîtes d'ananas, boîtes de fruits, cartouches de cigarettes, chocolat... enfin une profusion de bonnes choses ! Par contre, nous autres pour les accueillir à la ferme, et bien il y avait du cidre bouché et... de la goutte. Avant de boire le cidre bouché, au départ il fallait que l'on goutte parce que les américains étaient méfiants.

     

    "je reconnais la dame.." Lors de l'anniversaire du quarantième, il y a 10 ans, j'ai rencontré un ancien combattant qui était agé et qui cherchait mon père, alors décédé. Je lui ai dit " Mr Dubois est décédé, mais par contre, j'ai ma mère qui est là, encore ! " Il a dit :" Je vous reconnais, je reconnais la dame qui m'a servi à boire au débarquement, je vais pouvoir dire à mes enfants : j'ai revu la dame ... grâce à qui je croyais avoir perdu la guerre ! " En effet nous leur avions offert du calvados que les américains ne connaissaient pas et ils avalaient leur verre comme un verre de vin : ils avaient failli s'étouffer !

    " tu m'écriras ..." J'ai conservé des douilles de cuivre, comme beaucoup de gens, peut-être même quelque part je dois avoir des goupilles, peut être, je ne me souviens plus. J'ai aussi un tout petit livre de prières qui m'a été donné par un pasteur qui avait mis desssus son adresse et m'avait dit " Quand tu sauras bien parler anglais, tu m'écriras à cette adresse " Et comme je n'ai jamais su très bien parlé anglais, je n'ai jamis écrit comme une vilaine que je suis ! "

    Interview du 15/12/93 à Vierville R ecueilli par Benjamin Veyrat et Mickael Campo
    Transcrit par Marina Pesquerel et Sophie Godé

      

      

    SOURCES ; http://6juin.omaha.free.fr/amer-normand/chambrin.htm

      

      

     

      

     

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    Extraits du témoignage écrit (peu après les évènements) de Charles Lepelletier, maire en 1944, d'Englesqueville la Percée.

    " (..,) II existait à la Percée, un sémaphore que les Allemands occupaient depuis août 1940. Bientôt ils y installèrent divers appareils de repérage et de radio. Fin 43 et les premiers mois de 44, d'importants travaux y sont effectués pour la protection et garantir le fonctionnement de ces appareils. De puissants blockhaus et plusieurs baraquements abritent les 150 hommes spécialisés, se composant de marins ou de soldats faisant par­tie de l'aviation et de la DCA.

    (...) Une route droite récemment construite en descend sur la route de Grandcamp à Port-en-Bessin. Elle est d'une visibilité parfaite. Elle guidera l'aviation anglaise qui surgit à huit heures du matin le 24 mai. Douze avions, pendant quarante minutes, sans répit, attaquent en tout sens, à la mitrailleuse, au canon et à la bombe. Pour les Allemands c'est sauve-qui-peut général. (...)

    Une compagnie de pionniers, dont le siège est aux environs de l'église, pendant ce temps, fait procéder hâtivement par la population aux plantations de pieux dans les herbages. Ces travaux n'avancent pas. (...) L'insouciance et l'inertie des cultivateurs et ouvriers d'Englesqueville sont nettement visibles. Elles attirent au maire des observations. Le commandement allemand lui par le de sanctions, c'est, lui dit-on, la commune la plus en retard. Cependant cet état de choses continue. Les jours passent.
    Mardi 6 juin arrive, c'est une nuit terrible, nuit d'horreur passée sous le bombardement incessant de l'aviation' et le tremblement ininterrompu de l'explosion des bombes sur les positions ennemies des communes voisines. Au point du jour, des obus tombent sur Vierville. Il est 5 h, nous avons des explosions sur la route et dans les herbages. L'heure est grave. Une maison ouvrière est éventrée. Les communs de la ferme Saint-Hilaire sont touchés. Une soixantaine d'avions laissent tomber leurs bombes au hameau des Foudreaux. On occupe les abris de fortune, on se cache dans les fossés. Les "Boches" sont aux aguets. Deux Allemands arrivent en bicyclette et me demandent des hommes, des chevaux et des voitures pour porter des munitions d'Englesqueville à La Cambe. A ce moment, le bombardement augmente d'intensité. Je les conduis, ils disparaissent.

    Vers 8 h, le calme semble revenir. On se demande ce qui se passe. D'une ferme voisine, je découvre la mer noire de bateaux. Ils sont là, sous Vierville et tout près de la falaise. Le doute n'est plus possible : c'est le débarquement. (...) L'après-midi, je me décide d'aller chercher du pain à Vierville, je suis obligé de descendre plusieurs fois de bicyclette. La route est crevée de trous d'obus à divers endroits dans l'avenue du château de Louvières. Cinq ou six Allemands qui semblent bien prudemment surveiller la direction de Vierville, me laissent passer. 300 m plus loin, j'aperçois des soldats couchés les uns sur les autres sur la berme droite. Arrivé à leur hauteur, depuis le talus, un homme me fait signe de m'approcher de lui. Je suis conduite un abreuvoir et me trouve parmi une centaine de soldats camouflés de feuillages. En mauvais français, il m'est posé quelques questions que je comprends difficilement. Je me demande ce que tout cela veut bien dire. Inquiet, j'examine les pieds de ces soldats et m'aperçois que ce n'est point des bottes qu'ils portent, une bonne surprise (1). J'ai su depuis que c'était un capitaine. S'étant aperçu de mon étonnement, il me dit : "Américains ! Troupes de débarquement". Je n'en crois pas mes yeux. Sur la route que je venais de quitter, je salue les deux premiers soldats américains que j'aperçois, tombés pour notre délivrance. (...)
    Je prends alors la décision de rentrer à Englesqueville par des petits chemins donnant à Louvières ; le plus vite possible pour annoncer la bonne nouvelle. Des Boches sont prisonniers près de l'école. Devant la gare, un Américain m'interdit de poursuivre ma route. Il me somme de me coucher dans le fossé. Je reçois le premier paquet de cigarettes. Après une demi-heure d'attente, la troupe se met en route et j'emboîte le pas et devant la mairie, entre deux soldats, je m'engage dans le petit chemin de l'église de Louvières. Je m'y retrouve au milieu de soldats ayant un remarquable mordant, ne s'occupant pas de moi. Je poursuis mon chemin jonché de branches coupées par les obus fusant de la Marine. Je constate qu'il avait été le théâtre d'un vrai carnage. A droite, dans un herba­ge, toute une vacherie est tuée. Enfin, après avoir dépassé d'une centaine de mètres le second petit carrefour, les Américains explorent sérieusement le terrain. J'approche de trois Américains. Le sang coule encore, c'est tout frais. Je n'ai plus devant moi que cinq ou six soldats. Les deux premiers se parlent puis reviennent vers ceux qui sont près de moi. Je passe devant eux, je fais ainsi,dans le vide, 200 m environ lorsque j'aperçois sur le talus, à gauche, un Allemand qui me pose une question. Je lui fais signe que je ne comprends pas et continue mon chemin. Enfin j'arrive sur la route d'Asnières. Je remonte sur ma bicyclette et me dirige rapidement vers ce village dont l'entrée a été violemment bombardée. J'arrive enfin dans le village d'Englesqueville. (...) De retour chez moi, j'annonce la bonne nouvelle aux miens. Deux jeunes gens de la classe 42 que je cache depuis un an semblent incrédules. Mais je peux rapidement les convaincre en leur offrant les premières cigarettes américaines. (...) Il est dix-sept heures. Pendant mon absence, deux Allemands, à Englesqueville depuis de nombreux mois, viennent inspecter ma ferme à deux reprises. L'après-midi, à 17 h 30, ils font sauter leur poste de radio établi récemment dans le village. Ils partent par le chemin de terre de la voie au Renard. Pour nous, c'en était fini. Nous ne devions plus en voir que prisonniers.

    La nuit du 6 au 7 est à peu près calme mais dès le petit jour, quelques obus tombent à nouveau. Je crois que ce sont les batteries allemandes de La Cambe. A 7 h 30, nous regardons les tanks se dirigeant vers Grandcamp entre deux haies de fantassins qui jettent des bonbons aux enfants. (...)

    (...) Je pars pour Vierville à la recherche d'un médecin américain. Mais, à Vierville, je suis arrêté, conservé à vue, interrogé. Je suis conduit dans un camp à St-Laurent. Cet incident me procure l'occasion d'admirer les grandeurs du Débarquement dans toute sa réalité. Les artificiers, dans un vacarme effrayant, font sauter les mines de la plage par dizaines à la fois. Un puissant matériel sort des navires et apparaît des flots sous une carapace étanche grimpant sur la plage comme des crabes pour s'acheminer sur la route de Vierville (2), et la piste qui vient d'être construite dans la falaise et qui rejoint la route de Port-en-Bessin. (...) Des soldats nous accompagnent jusqu'à l'entrée de ce village où je retrouve ma famille et quelques habitants du Haut Chemin évacués dès le matin à la suite d'un tir ennemi qui avait causé la mort de l'unique soldat américain qui devait tomber dans Englesqueville. Nous rentrons tous le soir dans nos habitations, qui sont indemnes, où nous reprenons notre vie normale, familiarisant vite dans les jours qui suivent avec les troupes de débarquement parmi lesquelles nous en trouvons qui parlent en français, et même en patois normand. Il nous est facile de recon­naître qu'il y a en eux des origines françaises. (...)

    Nous voyons pendant plusieurs semaines du matériel nouveau. Bien que l'on entend encore le bruit du canon qui s'éloigne, nous avons la certitude absolue que le "Boche" est parti pour toujours et qu'apparaît l'aurore de son anéantissement et de la victoire".

    (1)  Le port des bottes était le propre de l'armée allemande.

    (2)  II s'agissait sans doute de camions amphibies, type DUKW.

      

    SOURCES : http://6juin.omaha.free.fr/amer-normand/lepelletier.htm

      

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    SCELLES Edmond :

    en 44, âgé de 16 ans, résidant à La Ferme du Prieuré à Saint Laurent / Mer

     

    "c'est là que ça a commencé..." "Déjà, le dimanche 4 juin, on était en communion à Formigny invité chez des amis et les américains ou les anglais sont allés bombarder le sémaphore d"Englesqueville ; c'était dans l'aprés midi, on était dans l'église, c'était les vêpres, donc on devait faire la procession au cimetière ; on n' est pas sorti de l'église, le curé nous a fait chanter des cantiques, mais c'est là que ça a commencé...

    "les allemands n'ont pas couché " Puis, il y a eu une alerte le 5 au soir ; à la ferme du Prieuré où on était (mes parents étaient fermiers de Monsieur Carteret, propriétaire ) les allemands n'ont pas couché. Ils avaient réquisitionné tout le haut et logeaient à 40, mes parents avaient le bas : 2 pièces et la grande cuisine ; moi, je couchais dans l'écurie. C'est toujours resté tel quel aujourd'hui, tous les bâtiments comme en 40 ! Mais comme chaque année, il y avait des grandes maneuvres,on n'a pas fait de cas ! "les fils étaient coupés "

    Le 6 juin, à 5 h du matin, alors là, la cannonade ! On se demandait ce que c'était. On pensait pas au débarquement. Peut-être un coup de main comme en 42, qu'on vient de faire. Ca canardait tout le long de la falaise. Ca tonnait.. Ca tonnait fort.

    Ca faisait du bruit ! On s'est levé vers les 7 heures, on est parti voir aux bestioles : les vaches pour les traire ; et y'avait déjà des parachutistes qui avaient du venir car les fils téléphoniques allemands qu'il y ' avait sous terre étaient coupés, j'en suis formel ! Y ' avait une tranchée qui était faite sur 40 cm et ça avait été coupé derrière la ferme : le gros cable et le petit cable étaient coupés.

    Y'avait eu des infiltrations d'américains ? Peut -être quelques uns de parachutés auprès de la rivière l'Aure, je crois, je ne sais pas .

    "les tommies, les tommies" On avait à moitié peur, ça canardait toujours en bas ! On est rentré à la ferme.

    Les allemands, on les voyait pas, ils étaient planqués .Y'en avait un à la maison qui gardait, il s'appelait "Pétain". Ca faisait un moment qu'il était là, on l'avait déjà vu. J'ai dit : " Qu'est ce que c'est ? " Il me dit " Non les grandes maneuvres ...! les tommies , les tommies... !

    Et par le jardin on voit trés bien la mer ; j'ai été voir avec lui et puis aprés j'ai appelé mon père : C'est là qu'on a vu qui y'avait tous ces bateaux sur la mer et tout ça ! On a dit qu'est ce qui va se passer ? Y'avait pu qu' à attendre ... Ca tapait .

    Tout d'un seul coup, y'a des obus qui ont commencé à tomber tout près, à arriver et puis y'avait des fusillades qui se passaient : mais on voyait toujours rien.

      

    Les allemands qui couraient, un char allemand qui est venu, qui a pris des mines ( y'avait un dépôt de mines à la ferme ) Il est parti je sais pas où. J'en n' ai rien vu Ca tombait partout, on n'avait pas de tranchées, rien, on était à la maison pour se mettre à l'abri, on n' avait pas prévu !

    "trois prisonniers américains " Quand les obus sont tombés vers environ 9 / 10 heures, deux obus dans le corps de bâtiment, c'est là qu'on est parti ! Là on est sorti et là y'avait déjà trois prisonniers américains, c'est à dire sur le coup on savait pas ce que c'était , c'est aprés qu'on a su qu'ils avaient été fait prisonniers par les allemands ; ils étaient noirs, mais en réalité c'était la figure barbouillée de noir car ils avaient les mains blanches ...Y avait eu des infiltrations.

    Ils étaient assis sur leur casque ; ils étaient là ils attendaient, pas blessés, un allemand les gardait à l'entrée de la ferme. Ils les ont emmenés à travers champs, où ? Je ne sais pas.

    "Ca va durer que quelques heures " Alors là, on a dit, on va pas rester à la maison, y'a deux obus qui sont retombés prés de la maison. Alors on a dit y faut s'en aller. On est allé se mettre dans un abri allemand où qu'y avait encore de l'eau . On est resté un moment là Y'a eu une petite accalmie, là, le matin vers les 10 heures, hop, on a repris la route de Formigny vers chez des amis. On a rencontré un officier allemand qui a dit : "Vous faites bien de partir mais ça durera que quelques heures seulement ! " Donc ils croyaient bien les remettre à l'eau, ils en avaient une nette impression, certainement pour eux ils attendaient du renfort de Trévières comme il y avait eu des grandes maneuvres avec les troupes qui étaient reparties , mais nous autres, les civils on ne s'occupait pas de ça, y'avait le couvre feu, on n' avait pas le droit d'aller à la plage , c'était fermé pour nous ; la limite : c'était la poste de St Laurent. On n' allait pas plus bas. C'était interdit. Y avait des grands murs en béton en bas ( au niveau de la villa Perrin , actuelle ) où y'avait des barrières de la ligne Maginot ramenées de Belgique , qu'ils fermaient tous les soirs. Tout était barricadé. Y'avait plus bas un fossé antichar. On pouvait pas passer. D'ailleurs les américains n'ont pas pu passer, il fallait faire sauter tout ça ; parce que il y avait les mêmes murs à Vierville et St Laurent et même sur la route de Vierville, à la sortie de St Laurent. Alors , on se disait si on pouvait être libéré !, retrouver la liberté ! mais avec tous ces travaux allemands ! et pourtant y'avait des blockhaus inachevés ! ah, si tout avait été construit ? Y'avait 2 blockhaus en construction, en bas, et d'autres derrière la villa des Moulins Les allemands avaient détruit toutes les maisons sur le bord de la plage ,les allemands avaient réquisitionné les français pour les détruire ! Avant, c'était joli ! Y'avait qu'une seule maison qu'est restée sur le milieu, à côté de la plage. Elle était minée ; ils l'avaient gardée, les allemands, je ne sais pas pourquoi, ce sont les américains qui l'ont faite sauter, elle était toute seule.

     

    "On a vu les premiers américains" Vers 11 heures et demie, on est arrivé à Formigny, on est resté avec les amis, on a mangé, on a attendu, on s'est planqué...D'aprés Monsieur Legallois et puis d'autres gens qui étaient là, vers les 2 heures les américains étaient dans le haut du pays, chez nous. Et, nous, on est redescendu, on est revenu, alors, là, ça canardait ! On a vu les premiers américains. Y'en a un qui m'a donné un billet. Je l'ai toujours le dollar ! à mon père, il lui a donné des cigarettes. Ils montaient au front vers Trévières. On est revenu.

    "Y'avait 3 allemands qui ont résisté " Le lendemain matin, le 7 , y'avait encore une résistance d'allemands qui étaient sur la commune de Vierville mais à côté de St Laurent, derrière chez Monsieur Lemière ( facteur, résistant, fusillé à Caen ) y'avait trois allemands qui ont résisté jusqu'au 9, dans un fossé, ils blessaient les soldats américains. Autrement, y'avait plus rien. Les allemands étaient faits prisonniers, ils les emmenaient au Ruquet, après ils les embarquaient en péniche vers l'Angleterre ou l'Amérique, pour la propagande... Les allemands, c'était des soldats de l'armèe régulière, la Wehrmacht, heureusement, c'était pas des SS. Ils changeaient tous les 3 / 4 mois, souvent ils revenaient du front russe , ils venaient se reposer par là ! ils cherchaient la conversation, ils avaient de la famille , ils étaient là pour obéir, c'était pas des bourreaux ! J'en ai vu pleurer : y devaient aller en Russie...

    "mon premier vrai contact " Mon premier vrai contact avec les américains, pas avec ceux qui passaient, c'est le 8 juin , il est venu s'installer à la ferme un régiment entier d'américains ,ils ont occupé tous les bâtiments et tout installé ! Ils sont restés jusqu'au mois de Décembre; Ils s'occupaient du débarquement des vivres, du matériel, des munitions, y travaillaient par équipes dans le port artificiel de St Laurent . C'était à Vierville que le port a été détruit par la tempête ; à St Laurent le port était différent de Vierville .Y'avait plein de bateaux coulés, des libertys, des caissons en ciment ; y'avait une route faite sur des ponts flottants, des caissons accolés ; les gros bateaux étaient déchargés par les LCT . Y'avait les amphibies, les canards, les ducks : ils faisaient la navette sans arrêt ! Les américains sympathisaient avec les gens ;j'allais avec eux au rassemblement Dès fois y'en avait un qui me prenait. C'était leur quinzaine ; ils passaient pour toucher leurs petits billets tricolores, l'argent français ; c'était leur paye qu'un capitaine leur distribuait, moi j'étais dans les rangs et je touchais le tabac et les cigarettes. Les américains m'ont pris ma paire de sabots et m'ont amené au magasin de ravitaillement pour me donner une paire de godasses ; mes sabots sont partis en Amérique !

    "l'infirmerie, impensable..." Le premier camp d'aviation qui a existé, c'est à St Laurent, sur la campagne, sur le plateau, mais c'était pas pour bombarder, c'était pour les vivres ; le ravitaillement, les médicaments et pour ramener les blessés qui étaient transportables en Angleterre . D'ailleurs, Mr Etasse de St Laurent blessé par un éclat d'obus a été transporté . Et la plus grande infirmerie , hôpital de campagne était dans le "Grand pré " de St Laurent, là, iln'y avait que des tentes d'un bout à l'autre.Tous les soirs, ils montaient les "saucisses" pour éviter ls avions allemands. Ils soignaient tout le monde ,les civils, les allemands. Moi et Monsieur Dubost on a été soigné à St Laurent. Quand je suis rentré dans cet hôpital, je me rappellerai toute ma vie ,du monde, qu'il y avait sous les tentes , impensable, voir tous ces gens là, installés ; les docteurs, impensable ! Et, on avait découvert le médicament miracle , la pénicilline ! ils nous soignaient avec çà, cette petite poudre, une grande découverte qu'on ne connaissait pas ! Moi, ça me reste cet hôpital là! Et quand on pense aux 3000 morts américains de Vierville /St Laurent ! J'en ai vu des macchabées, allemands ou américains. C'était les noirs américains qui les transportaient : l'un par la tête, l'un par les jambes, l'autre par le milieu. Ils ont fait un premier cimetière, puis après ils les ont montés là-haut dans une fosse commune. Après, ils les ont relevés, chacun une sépulture.

    "On avait jamais vu autant de matériel On était bien vers le 8 quand on a dit : Ca y'est, on est libéré. Ils étaient partis plus loin. On n' avait jamais vu autant de matériel ! Ils ont mis des pièces de défense antiaériennes ; inimaginable, ça faisait du boucan ! mais ils ne tiraient pas, y"a eu que deux fois des avions à venir. Les camions n'étaient pas bachés, ils avaient une tourelle avec une mitrailleuse 12/7. Et les allemands n'avaient pas d'aviation ( 2 avions à Carpiquet ? c'est tout ) Ici ils avaient des chevaux, des vélos, une simca 5 utilisée par le docteur, et une estafette qui venait porter le matériel. Autrement ils avaient rien ! Les allemands allaient à vélo, des colonnes de vélos ! avec des chariots à 4 roues. Pas de véhicules : y'avait pas d'essence . Y devaient garder l'essence pour la grande armée, les panzers . Les régiments d'ici bougeaient pas, y'avait pas besoin . Les allemands avec qui j'ai discuté pensaient que c'était pas possible le débarquement ici .Y pouvait y avoir des hommes pour faire un coup de main , mais pas un grand débarquement ! le matériel, il lui fallait un port ! Nous quand on a vu le 7 juin les jeeps qui passaient partout , on s'est dit : "C'est quoi ? des chars ? des voitures à 4 roues motrices ! " On ne connaissait pas , on n'avait jamais vu ! On était resté à nos vieux véhicules ! Comme les radios qu'ils utilisaient ! comme le nombre de bateaux ! Y'en avait du matériel ! Le 7 y'avait des bulldozers qui comblaient les fossés antichars, le 8 on faisait des routes du bord de mer ,à travers champ vers Formigny.

    Une entreprise, Van Loo, a acheté les épaves de Cherbourg à Port pour récupérer la ferraille. On était 200 à découper, ça a donné du travail pendant des années. On mettait la ferraille à la gare du Molay, puis au port d'Isigny. On faisit 20 à 22 wagons de 20 tonnes de ferrailles, sans compter les LCT et les bateaux qui venaient prendre les gros morceaux de ferraille. "

     

    Interwiew du 21 Avril 1994 à Vierville Recueilli par Pierre Poutaraud et transcrit par Gilles Badufle

      

     

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  •  

    Madame POREE Renée : en 1944, mariée et âgée de 30 ans , résidant à St Laurent / mer

     

    "Ils voulaient les fusiller " "J'ai vu le premier américain le 6 juin 1944 vers 9 heures du matin, chez moi, rue du Val.

     

    Les américains pensaient qu'il n'y avait plus de civils et que ceux qui restaient dans la commune étaient des espions ! Ce qui était faux... Alors lorsqu'ils sont entrés par derrière la maison, ils ont pris mon mari et ma belle mère en otage et voulaient les fusiller !

     

    Ma belle mère a eu le réflexe de dire à mon mari de faire voir sa carte d'identité et de dire qu'il n'était pas un espion .

     

    Les américains ont regardé la carte d'identité et ont parlé entre eux . Moi j'avais les enfants avec moi, j'en avais quatre.

     

    Les américains les ont relachés et sont partis.

    "Ou sont les allemands ? " Ils sont revenus l'aprés midi vers 2 heures ; c'était un officier qui parlait trés bien le français et nous demandait s'il restait des allemands. Je lui ai dit qu'il en restait encore. Il m'a demandé où était la Kommandatur et je lui ai expliqué la route pour y aller en lui disant de se méfier car il y avait un dépôt d'armement à un endroit et que si jamais ils approchaient, tout allait sauter dans la commune . La kommandaur était à proximité de la mer, en face des PTT actuels et le dépôt de munitions était sur la route de Vierville.

     

    Ils y sont allés, bien entendu mais ils ont fait attention et pris des précautions et là, les allemands n'ont pu rien faire car ils sont arrivés par surprise. Ils sont revenus par la maison puisque leur camp de prisonniers était au Ruquet.

    "Pour moi, c'est fini la guerre ! " J'ai vu beaucoup de prisonniers allemands passer.

     

    Un allemand, les mains en l'air, a dit " Pour moi la guerre est finie, c'est fini la guerre ! " en français .

    "Rembarquer ? " Un américain m'a demandé pour se rendre à Vierville car il avait rendez vous à 4 heures avec son capitaine : " Si je ne suis pas là-bas à 4 heures, nous sommes obligés de rembarquer ! " Ah , je peux dire que j'ai tremblé mais heureusement il est rentré à temps ! et nous avons vu le débarquement se faire car tout se passait devant chez nous . Les américains venaient de par le Ruquet, de par la plage,plein de chars passaient.

    "Des repris de justice ? " Le lendemain, j'ai vu le capitaine Fazer. Nous étions traumatisés, il était très gentil, quand j'ai voulu lui expliquer qu'ils avaient voulu fusiller mon mari et ma belle mère, il m'a écouté et m'a dit : " Madame, ce n'est pas surprenant car tous les premiers soldats que l'on a mis au débarquement c'était des repris de justice."

    "Un tour en avion " Beaucoup plus tard les américains qui avaient installé une piste d'atterrissage derrière, prenaient les jeunes enfants et leur faisaient faire un tour en avion, même pour faire un tour jusqu'en Angleterre. Les enfants étaient heureux et joyeux ; les américains leur donnaient des bonbons, du chocolat, des poupées et même des petits chats qui venaient d'Angleterre. Les américains étaient très gentils et sûrs d'eux. Je me souviens du pain, trés bon et bien blanc et des pâtisseries. Eux, ils ont fait des abus de calva ! "

     

     

    Interwiew du 17/02/94 à St Laurent/ mer R ecueilli par Maud Cook,Sébastien Picant,Sébastien Zévaco,Nicolas Bégue Transcrit par Maud Cook

      

      

     

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    CPSM. Sainte CATHERINE. Jeune Fille. Coiffure Années 1940.:

     

    HOUYVET Victorine : en 1944 âgée de 31 ans, institutrice célibataire

    résidant à l'école de Vierville 

      

    " le 6 juin, à 7 heures..." "J'ai vu mon premier soldat américain, pour la première fois le 6 Juin 1944 vers 7 heures.

     

    La porte du couloir de la maison avait sauté par les bombardements et je n'avais pas dormi de la nuit.

     

    J'étais en train d'enfiler une jupe quand un américain s'est présenté à la porte ! Je ne savais pas encore que c'était le débarquement parce que je n'avais pas vu les bateaux sur la mer, en effet on ne voyait pas la mer de l'école.

     

    Afficher l'image d'origine

     

     

    On ne se rendait pas compte.

     

    J'étais seule car ma collègue était là haut. Il était juste devant la porte et n'entrait pas car il devait avoir peur de touver des allemands ; c'était la première femme française qu'il voyait. Il venait de monter du carrefour et devait penser que j'étais une femme d'allemand parce qu'il croyait que tous les civils étaient partis à 5 km à l'arrière et nous étions tous restés !

    "Qu'est ce que c'est que ce grand escogriffe ?

     

    " Il était grand, trés grand, kaki, armé comme tous les autres soldats. Il n'a rien dit, moi je levais les bras en l'air parce que j'étais toute étonnée et je me demandais

     

     

    " Qu'est ce que c'est que ce grand escogriffe ", parce que le débarquement on en parlait bien, mais on ne croyait pas que ce serait chez nous.

     

     

    "Il a pris son révolver et a tiré..."

     

    Il a pris son révolver et il a tiré croyant que jétais une femme allemande ; heureusement que j'étais devant ma porte de chambre et que j'ai pu faire un écart sans quoi, il me tuait !

     

     

    La balle est allée se perdre en face dans la fenêtre.

     

    Il n'est pas allé plus loin que le seuil, il avait peur que des allemands soient là dedans...

     

    Ce n'était pas un premier contact agréable !

     

     

    "On va forcément y passer " La dessus, je me suis sauvée, j'ai retrouvé ma collègue là haut et nous sous sommes mises sous l'escalier à l'abri, parce que çà canardait tout autour.

     

    On s'est mis des coussins sur la tête ; on s'est embrassée parce qu'on s'est dit " On va forcément y passer !

     

    " Quand il y a eu un moment de calme, on a quitté notre cachette et on est allé rejoindre les postiers, à côté dans leur cave.

     

    Il n'était pas question qu'on se présente aux américains parce qu'on avait peur, vu le premier contact.

     

    On est resté, nous étions à l'abri car la cave de nos voisins était adossée au jardin qui surplombait la cour de l'école de plus de 3 m :

     

    c'était vraiment un rempart sûr contre les bombardements allemands qui venaient de Formigny.

     

    On était donc resté là, on entrevoyait par une petite fente des prisonniers allemands qui étaient emmenés dans la cour de l'école.

     

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    On a vu tout cela, voilà tout ce que l'on voyait et on osait pas se présenter.

     

    Cela a duré !

    "On risquait un oeil " Nous sommes forcément sortis.

     

    On risquait un oeil dans un moment de calme :

     

    toute la route était pleine de chars, mais des chars énormes comme on ne pouvait pas se douter que cela puisse exister.

     

    Un armement pareil, on avait jamais vu cela, c'était plein, plein, plein les routes .

     

    Nous avons passé la nuit sur le tas de bois dans la cave, nous n'avons pas dormi, bien sûr, çà canardait de temps en temps ; y 'avait des moments de calme et on entendait batailler autour.

     

    On entendait et on ne savait pas ce que c'était, allemand ou américain, parce que on était caché.

     

     

    "Premier contact" Le mardi, donc, à un moment, un américain est venu, il a pénétré dans la cave ; à ce moment là, ils avaient amené leurs prisonniers ailleurs.

     

    On a fait connaissance 

     

    Il nous a demandé de boire, mais il a fallu que nous buvions avant lui parce qu'il avait peur, et il nous a donné une savonnette et du chocolat. Premier contact ; et nous sommes sortis à la route, parce que à ce moment là les américains avaient trouvé encore d'autres civils ; là, bien sûr, on a parlé plus ou moins avec eux.

     

     

    Afficher l'image d'origine

    Les canadiens surtout parlaient,

     

    c'était absolument drôle pour nous parce qu'ils parlaient comme nos grands mères, avec le même accent vraiment très peu de gens parlaient encore ce patois, ma grand mère, de temps en temps disait la "caire" pour la chaise .

     

    C'était tout à fait bizarre pour nous, nous avions dépassé ce stade là, de retrouver ces mots !

     

     

    "Le mercredi, çà canardait... "

     

    Le mercredi, donc on n' a toujours pas dormi ; nous sommes restés évidemment 3 jours sans dormir ; enfin le mercredi on n' osait pas trop rentrer car les américains canardaient à travers les fenêtres parce qu'ils disaient "y'en a".

     

    On avait beau leur dire qu'il n'y avait plus d'allemands, qu'ici c'était l'école, mais cela ne faisait rien, ils canardaient !

     

    On voyait tous les meubles détruits à coups de fusil. On ne pouvait plus rentrer dans les maisons, de toute façon, donc on vivait dehors à la porte. C'était le mercredi, enfin on pensait que nous en avions fini, que le débarquement était réussi !

     

    Les américains n'étaient pas tout à fait de cet avis, ils s'attendaient à une contre attaque allemande.

     

    Ils avaient donc récupéré dans le village les quelques civils qui restaient encore, ils les avaient amenés dans la cour de l' école, sous le préau. Ils devaient nous diriger pour nous amener à l'abri des falaises, à la mer parce qu'ils pensaient que l'on aurait été à l'abri de la contre attaque allemande :

     

    On n'a pas eu le temps de çà !

    "la contre attaque " La contre attaque est arrivée peu de temps après que les civils soient réunis sous le préau où nous sommes restés à l'abri. Alors çà tombait, çà tombait dans le jardin que tous les légumes étaient déterrés : des pommes de terre, des carottes, tout ce qu'il y avait dans le jardin.

     

    Il y avait 5 américains qui étaient dans la cour de l'école, assis pour faire le café, malheureusement pour eux , ils étaient juste devant la petite porte qui donnait dans le jardin.

     

    Eux, ils ont été tués, tous les 5 devant nos yeux.

     

    Le postier et sa femme, qui étaient donc avec nous, ont voulu aller chercher aussi dans la poste des papiers, ils ont été très blessés : lui est mort deux jours après et elle, elle est restée à l'hôpital plusieurs mois.

     

    Les tôles du préau ont été enlevées au dessus de nos têtes et nous,

    on n' avait rien, toujours protégés par le mur du jardin qui nous a sauvé la vie !

     

    Cà allait sur l'école, l'école était tout en miettes, les tables, les livres ; nous, on était toujours sauvé par le mur du jardin, pourtant la cour n'était pas large ! c'est formidable.

     

    Tout brûlait dans le carrefour parce que, je crois,il y avait un camion plein d'explosifs et de munitions qui a sauté par les bombardements de Formigny.

     

    Ils visaient juste le carrefour où on était ! Vraiment on était bien situé !

     

    Ah si on n' avait pas eu ce mur de jardin, on y passait !

     

     

    "Sauvez vous! " La gare a brûlé, l'école a brûlé, la poste a brûlé, et puis il y a eu beaucoup de dégâts bien sûr : partout çà flambait, partout ! et puis un américain qui était au carrefour nous a dit d'ailleurs que c'était le moment le plus terrible du débarquement et ajouta :

     

    " Sauvez vous comme vous pouvez !

    Je ne peux plus rien faire pour vous ! Il faut que vous quittiez absolument ce coin ! il faut vous en aller !

     

    " Alors dans l'affolement , les uns sont partis vers la mer, les autres sont partis vers le haut , du côté de Vierville - St Laurent, dont moi , on a couru , on a enjambé des morts, parce qu'il y avait des morts et puis des débris ; nous sommes allés dans un fossé à la ferme " Laronche ".

     

    On ne savait plus ce qu'on faisait à ce moment là. Il y avait même des familles qui étaient dispersées.

     

    On s'est terré dans ce fossé .

     

    On était pas mal, et on est resté la nuit ; il y en avait qui avait peur...

    "le lendemain matin,on n' a rien retrouvé! "

     

    Le lendemain matin çà paraissait calme, nous sommes sortis voir quels étaient les évènements, ce qu' étaient devenues nos affaires : on n' a évidemment rien retrouvé que des cendres ;

     

    si, j'ai retrouvé ma bouilloire, la seule chose qui était près de la pompe où j'avais arrosé mes fraisiers le quatre, le dimanche matin je l' avais laissée là ; autrement on n' a rien retrouvé , rien vu .

     

    On était parti avec des chaussons, même pas bien habillé, rien, pas même un sac, pas un souvenir, rien pas un bijou, rien ! "

     

     

     

    Interview du 8/12/93 à Bayeux Recueilli et transcrit

    par Thomas Sorin ,Olivier Leyour

     

     

     

     

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    • Biographie de Marie-Madeleine FOURCADE (1909-1989) :

     

     

      

    Née le 8 novembre 1909 à Marseille, Marie-Madeleine BRIDOU est élevée dans des institutions

    religieuses.

     

    En 1937, elle est secrétaire générale des publications anticommunistes "L'ordre

    national" dirigées par le commandant Georges LOUSTAUNAU-LACAU.

    C’est de ce saint-cyrien

    qu’elle recueille la charge du réseau Alliance dont elle fait, au service de l’Intelligence Service

    britannique, l’Arche de Noé, forte de trois mille agents dont quatre cent trente-huit mourront pour la

    France tels Alfred JASSAUD, le Bison de "L’Armée des ombres" qui avait dit : "La victoire, c’est le

    sacrifice". Issue de la grande bourgeoisie, l’ancienne responsable du périodique L’Ordre national

    s’aperçut vite que trop de ses anciennes relations rêvaient de "tâches de rénovation en commun"

    avec les occupants nazis. À Vichy, elle fut envahie par "une douleur pétrie d’humiliation et de rage

    impuissante".

    Chef d’état-major clandestin de LoustaUnau-Lacau qu’elle remplace après son arrestation, elle ne

    remet jamais en cause le principe d’une affiliation directe "aux Anglais qui seuls conduisaient la

    guerre", et ce n’est qu’en avril 1944 que le S. R. Alliance est intégré aux services spéciaux de la F

    rance combattante. Les femmes et les hommes d’Alliance veulent livrer un "combat sans idole",

    complémentaire de l’action nationale du général de Gaulle, mais ils sont plus dans la ligne du

    général Giraud qu’ils aident à quitter la France. Les questions de souveraineté nationale ne sont

    pas du ressort de ces techniciens du renseignement dont le premier chef avait soutenu que plus il y

    aurait de mouvements parallèles, plus la France libre serait forte.

      

    Lorsqu’elle devient gaulliste à part entière, Marie-Madeleine Fourcade est amenée à regretter ces "

    barrières absurdes" et le ournoi entre Français "pour conquérir l’honneur d’être les plus forts face à

    l’adversité".

     MARIE MADELEINE FOURCADE

     

      

      

      

    Le S.R. Alliance organise le quadrillage en secteurs de la zone non occupée pour recueillir des

    informations, faire tourner des courriers, organiser le passage d’hommes et de renseignements tant

    à travers la ligne de démarcation qu’à travers la frontière espagnole. Le cœur du réseau est la

    centrale de renseignements où s’analysent les données recueillies et se préparent les missions en

    fonction des demandes britanniques. Opérationnelle à Pau au début de 1941, elle fonctionne

    ensuite à Marseille puis à Toulouse avec un P.C., un point de chute, des points d’hébergement et

    de filtrage.

      

     

      

    Les six personnes du noyau de base de juin 1940 se retrouvent plus de cinquante dès la Noël de

    1940. "Unis dans l’allégresse d’une confiance inébranlable", ils sont les recruteurs de près de trois

    mille agents.

      

    L’improvisation due à la défaite oblige à "n’utiliser que des volontaires, parfois plus turbulents

    qu’efficaces", mais la conception des noyaux – une source, une boîte aux lettres, un transmetteur,

    un radio pour les urgences - donne des résultats très positifs, même si les insuffisances du

    cloisonnement facilitent la répression. À l’automne de 1941, le réseau de Marie-Madeleine

    Fourcade, ce sont six émetteurs radio qui transmettent à Londres et l’esquisse d’une aérospatiale

    clandestine par avions lysanders.

     

    Ce sont les agents de liaison qui sont chargés des services les plus ingrats : "des milliers de

    kilomètres par voie ferrée, des attentes interminables aux rendez-vous, des transports à vélo i

    ncessants de plis et de matériel compromettants".

      

     MARIE MADELEINE FOURCADE

     

     

    Dévouement et sens de l’organisation donnent des résultats. Les renseignements s’ordonnent par

    secteurs : air, mer, terre, industries, résultats de bombardements, transports en cours d’opération,

    psychologique et politique. Les indications sur les U-Boot présents en Méditerranée, sur ceux des

    bases de Lorient et de Saint-Nazaire servent à la guerre anti-sous-marine conduite par les Alliés

    pour protéger les convois de l’Atlantique.

      

    D’autres renseignements facilitent l’interception des renforts italiens envoyés à Rommel,

    permettent la connaissance précise des travaux de l’organisation Todt pour le mur de l’Atlantique et l

    la mise au point d’une carte renseignée détaillée

    pour la zone du débarquement en Normandie (elle faisait 17 mètres de longueur !). Tous les

    auteurs de cette carte tombent ensuite aux mains de la police allemande, Gibet dans le langage

    codé du réseau. Ils sont massacrés à la prison de Caen, le 7 juin 1944. Le premier des quatre cent

    trente-huit martyrs du réseau est Henri Schaerrer, fusillé le 13 novembre 1941 pour avoir livré de

    précieux renseignements sur les sous-marins allemands. L’Abwehr, la Gestapo et la police

    française provoquent des hécatombes à l’automne 1943 : plus de trois cents arrestations

    paralysant cinq centres émetteurs. Le réseau paye un lourd tribut d’arrestations, de déportations,

    de morts.

     

    Malgré la peur et le chagrin, l’Alliance – Arche de Noé dont tous les membres portaient des noms

    d’animaux – se resserre autour de Marie-Madeleine Fourcade, alias Hérisson.

    Des opérations en lysanders et en sous-marins, des émissions de radio manifestent que le réseau

     continue.

      

    Après trente-deux mois de clandestinité, Hérisson connaît Londres, où elle s’irrite des

    "antagonismes criminellement puérils des services secrets" et perçoit que ses camarades ne sont

    que "la chair à canon du Renseignement". Soixante-quinze agents principaux, huit cents

    secondaires, dix-sept postes travaillent en juin 1944.

     

    C’est une des raisons qui la fait revenir sur le terrain, en Provence, avant le débarquement d’août

    1944 et qui l’incite à poursuivre des missions dans l’Est après la libération de Paris.

    La victoire de 1945 permet de découvrir des charniers d’agents, et Hérisson plonge dans un

    "abîme de douleur" pour établir le sacrifice de quatre cent trente-huit des siens, du benjamin Robert

    Babaz (20 ans) à la doyenne Marguerite Job (70 ans) et au doyen quasi octogénaire, Albert Legris,

    ou à des familles entières, tels le père et les trois fils Chanliau, agriculteurs. Pour Marie-Madeleine

    Fourcade, les survivants sont la priorité absolue. Elle contribue à arracher un statut pour les veuves

    et les orphelins ; en 1948, on en compte dix-huit mille dépendant du comité des œuvres sociales

    de la Résistance.

      

    Elle fait homologuer les trois mille membres de son réseau et les actions de ses héros qui ont lutté

    dans l’ombre, librement disciplinés, "l’imperméable pour uniforme".

     

    Elle continue à travailler pour l’Intelligence Service qu’elle avertit de menées communistes en 1946

    -1947. Elle se lance surtout dans l’aventure gaulliste, animant pour le R.P.F. la campagne du

    timbre. Après le retour du général de Gaulle, elle intègre la convention républicaine dans l’Union

    pour la Nouvelle République et siége au comité central de l’U.N.R. Elle est l’une des

    représentantes R.P.R. à l’Assemblée des Communautés européennes en 1981-1982 et préside la

    Défense des intérêts de la France en Europe.

     

    Présidente du Comité d’Action de la Résistance à partir de 1963, Marie-Madeleine Fourcade fédère

    dans ce comité une cinquantaine d’associations ou d’amicales d’anciens résistants.

      

    Elle contribue à éclairer la réalité du nazisme et du génocide juif. C’est dans cette perspective

    qu’elle est, en 1987, témoin à charge au procès Barbie. Elle y fait preuve de la même vigueur que

    dans ses luttes passées et dans le récit des activités de son réseau paru chez Fayard, en 1968,

    sous le titre "L’Arche de Noé".

    Marie-Madeleine Fourcade a lutté jusqu’au bout, en militante, notamment pour une solution

    pacifique de la crise libanaise.

      

    Elle est morte le 20 juillet 1989.

     

    Première femme dont les obsèques ont eu lieu en l’église Saint- Louis-des-Invalides, à Paris, où son corps, porté par des soldats du contingent, fut salué par les

    tambours de la garde républicaine, Marie-Madeleine Fourcade a ainsi reçu un hommage

    exceptionnel.

      

    Au-delà de l’affliction personnelle exprimée par le Président de la République, la présence aux I

    nvalides de toutes les tendances de la Résistance a marqué qu’elle restait un emblème unificateur

    de l’Armée des ombres, fidèle au message du commandant Faye,

    son compagnon supplicié :

    chassez les bourreaux, servez la France "pour y faire revenir la paix, le bonheur, les chansons, les

    fleurs et les auberges fleuries".

     


    Par Charles-Louis FOULON (Encyclopaedia Universalis)

     

     

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    12_RCA_DASSE__________insigne_fond_Noir_copie

     Historique du 12ème R.C.A.

     

    L'HISTORIQUE DU 12ème REGIMENT DE CHASSEURS D'AFRIQUE EST EN ECRITURE ET SERA DEPOSE PEU A PEU DANS CE BLOG.

    Cet historique n’est pas figé, mais sera évolutif en fonction des témoignages, des documents qui nous parviendront et des archives qui seront analysées .

     

    Formation au Sénégal

     

    Le 22 février 1941, le 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique basé à Casablanca au Maroc reçut l’ordre de constituer un Groupe d’Escadrons Chars-motos destiné à l’Afrique Occidentale Française qui prit la dénomination de " Groupe Autonome du 1er Régiment de Chasseurs d'Afrique ". Celui-ci fut formé le 16 mars 1941 et prit stationnement au camp de la Jonquière à Casablanca. Il fut mis sous les ordres du chef d’escadrons Paul GIROT de LANGLADE, cavalier compétent, et composé d’un escadron hors rang et de deux escadrons de combat : Au premier Escadron, sous les ordres du Capitaine de VERDELON, étaient attribués des motos et des side-cars. Etaient également présents dans cet Escadron: Le Lieutenant du HAYS, le Lieutenant MILLET et le S/Lieutenant ZAGRODSKI. Le second Escadron était commandé par le Lieutenant GRIBIUS, qui fut nommé Capitaine en décembre 1941. Il avait en compte 23 chars Somua S 35 rendus par les Allemands au gouvernement de Vichy qui avaient été déposés dans des parcs en Métropole, contrôlés par les Allemands, en vue d'une mission très précise.

     

    Ces chars, en très mauvais état, car ils avaient été sabotés, purent être récupérés et envoyés à Casablanca, au camp de la Jonquière, où ils furent remis en état de combattre, mais avec un canon de 47 portant à 1000 mètres, armement insuffisant, et un équipement radio inexistant ! Avant l'embarquement au port de Marseille, les Allemands avaient pris soin de retirer tous les lots de rechange. Pendant la nuit, après le départ de la Commission d'Armistice, des contrôleurs italiens négligents et incompétents prirent le relais. L'équipe d'embarquement, profitant de leur inattention, récupéra tous ces lots de bord et matériel de réparation et chargea dans les soutes du bateau des caisses de moteurs, d'embrayages, de morceaux de chenilles et de munitions.

     

    Afin de mettre tout ce matériel hors de portée des commissions de l'armistice qui commençaient à enquêter, ce Groupe d'escadrons préféra pendre le large et embarqua à Casablanca à bord du s/s "Montesquieu" le 8 juin 1941, pour débarquer huit jours plus tard à Dakar, au Sénégal.

     

     

    12_RCA_historique_1

    Le 1er escadron motos à Thiès.

     

     

    De Dakar, le 19 juillet de la même année, il fut mis en route sur un petit train de brousse et le PC s’installa à Thiès avec le 2ème Escadron Somua, bourgade ingrate à quatre vingt kilomètres de Dakar, composée de cases individuelles et de quatre maisons de colons en dur, dans un ancien cantonnement de gendarmes : « La Tropicale », le bien nommé. Le premier Escadron motos et side-cars cantonna à quelques kilomètres, au camp "Faidherbe".

     

    Le 1er septembre 1941, ce groupe d’escadrons fut rebaptisé « 12ème Groupe Autonome de Chasseurs d’Afrique » (12ème G.A.C.A.). Le Chef d’escadrons de LANGLADE lui donna son insigne définitif : un cheval dressé, accompagné de sa devise « Audace n’est pas déraison ». Entouré et aidé d’officiers tels que le Capitaines GRIBIUS et ROUVILLOIS, les Lieutenants COUPE, du HAYS, MILLET, BAILLOU, ZAGRODSKI des S/Lieutenants ISSAVERDENS, BAILLOU, BRIOT de la CROCHAIE, DOUBOSTER, il fit bâtir logements et hangars en banco recouverts de palmes séchées et organisa l’instruction des hommes au combat avec très peu de moyens, dans un paysage aride et par une chaleur torride. L'eau et le pain étaient rationnés, les moustiques apportaient le paludisme, les premiers morts furent à déplorer. Il fallait compléter avec des patates douces, de la viande de buffle et autres produits locaux. Le personnel provenait soit des 1ère et 2ème Divisions légères mécanisées mises en déroute en 1940, soit d’anciens de la Campagne de France, soit du 1er et du 5ème RCA, mais également de jeunes engagés évadés venus de France, via l'Espagne. Le Chef d'escadrons de LANGLADE en fit, en peu de temps, une Unité homogène prête à servir, dans un esprit exemplaire d'amitié, de camaraderie et de confiance les uns avec les autres.

    Le Chef d'escadrons GIROT de LANGLADE fut promu Lieutenant-colonel le 21 mars 1942 et attendit les ordres...

     

    12_RCA_SOMUA

     

     

    Char SOMUA S 35.

     

    Après 18 mois passés au Sénégal, le 6 janvier 1943, le 12ème G.A.C.A. reçut enfin l’ordre de mouvement du général GIRAUD, Commandant en Chef des Forces Françaises en Afrique, récemment évadé de sa prison de Kaiserslautern en Allemagne, et qui venait d’arriver à Alger : « Il n’est pas concevable que l’on attende davantage pour faire intervenir le dernier escadron de chars de l’empire français. C’est maintenant qu’il lui faut être engagé dans les difficiles combats de Tunisie, que mènent les alliés aux Forces de l’axe. ».

     

    Le 12ème G.A.C.A. quitta Thiès le 12 janvier 1943 pour embarquer le 13 janvier 1943 sur les s/s "Cephée", "Champollion" et "Fomalhaut", resta quatre jours à Casablanca, puis fut dirigé vers l'Algérie, à Alger qu’il atteint le 5 février 1943. Par convoi routier, il rejoignit Boufarik, puis Rio-Salado où là, à partir du 14 février 1943, il remit en état son matériel qui avait souffert de la chaleur et du sable du Sénégal, puis du transport sur mer.

     

    Le Groupe Autonome fut rebaptisé le 15 février 1943 : « 12ème Régiment de Chasseurs d’Afrique ».

     

    Le 19 février 1943, le 2ème escadron, commandé par le Capitaine André GRIBIUS, sur ordres du Général GIRAUD, avec ses chars Somua, fut détaché du Régiment et dirigé vers la Tunisie pour combattre les forces de l’Axe. La mise en route se fit le lendemain.

     

    A ce moment, l'Ordre de Bataille de cet Escadron était le suivant :

     

    Capitaine Commandant l'Escadron : Capitaine GRIBUS

    1er Peloton : Lieutenant COUPE

    2ème Peloton : Lieutenant BAILLOU

    3ème Peloton : Lieutenant DOUBOSTER

    4ème Peloton : Adjudant/Chef TITEUX

    P.H.R. : Adjudant THOMAS

    Sous/Officiers : 21

    Brigadiers/Chef, Brigadiers, Hommes de Troupe : 133

    .

    Combats de Tunisie

     

    12_RCA_carte_Tunisie_2

     

     

    Le 2ème Escadron, avec ses chars Somua, arriva dans la région de Chéria le 24 février 1943, et se porta à Metlaoui. Présentement, la situation n’était pas brillante car les forces américaines étaient sévèrement attaquées au sud de Tebessa par les forces allemandes aux ordres de Rommel, pour le contrôle des portes de l’Algérie.

     

    Incorporé au sein d’un groupement " Nord " de fortune composé d'un bataillon de chars Valentine du 5ème RCA et du Maghzen mobile du Maroc, commandé par le Colonel DALMAY de la GARENNIE, le 17 mars, le 2ème escadron participa à l’attaque victorieuse de Gafsa, pénétrant en premier dans la ville. Du 20 mars au 6 avril, il remplit de courtes, mais dangereuses missions, dont le combat au Djebel Asker le 6 avril, puis fonça sur les arrières de l’ennemi. Il revint à Gafsa, fit route sur Tebessa, le Kef, Siliana. Il fut alors inclus au Groupement Blindé Français sous les ordres du Général LE COUTEULX de CAUMONT qui l’envoya vers Pont-du-Fahs en relève du 3ème R.E.I. qui venait de mener une attaque frontale contre les chars Tigres allemands et avait besoin de souffler. Le 8 mai 1943, l'Adjudant/Chef TITEUX en tête suivi des pelotons BAILLOU, COUPE et DOUBOSTER, l’escadron fut engagé dans de rudes combats autour du Pont-du-Fahs tenu par une forte résistance allemande, au cours desquels furent tués l’Aspirant MARS, adjoint du Lieutenant COUPE qui venait le jour même d'être nommé, le brigadier VELARD et les chasseurs GOLINSKI et DELSAUT, ce dernier était l'ordonnance du Capitaine GRIBIUS. Trois chars furent détruits pendant ces combats.

     

    Regroupé à M'Cherga, l'escadron pensa ses plaies et soigna son matériel. Le 11 mai 1943, le Capitaine GRIBIUS reçut sa nouvelle mission : s'emparer de la ville de Sainte-Marie du Zit. Après un débordement par les crêtes, l'affaire était réglée ! Toute l'intendance italienne se trouvait entre les mains de l'Escadron. A 13 heures, le Lieutenant DOUBOSTER, sur une piste avec son Peloton, faillit percuter une jeep allemande sur laquelle flottait un drapeau blanc et dans laquelle se trouvait un représentant du général Von ARNIMM, Commandant supérieur des troupes en Tunisie qui demandait à se rendre avec tout son Etat-major et un bataillon de la division Goering. Le Lieutenant DOUBOSTER se porta auprès du Général pour recevoir sa reddition. Le véhicule Daimler de ce dernier devint l'un des trophées du 12ème RCA ! Rejoignant Tunis, l'escadron au complet s'installa en bivouac dans les jardins du Belvédère.

     

    Sous l'uniforme américain, la chéchia aux trois bandes noires fut alors abandonnée au profit du calot bleu et jonquille.

     

    Sur ses 23 chars Somua ayant parcouru mille deux cents kilomètres, il restait 19 chars ; 4 chars avaient été détruits au combat au cours des trois mois de campagne.

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    12_RCA_somua_4

     

     

    Collection Chars-français.net Revue à Tunis, les "Somua" du 12ème RCA

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    Le 20 mai 1943 à midi, André GRIBIUS, avec son escadron, participa à Tunis à la revue victorieuse des troupes alliées, toutefois sans défiler mais seulement pour faire la haie ! Après avoir quitté Tunis pour Medjez el Bab, tout l’escadron embarqua sur voie ferrée pour rejoindre, le 14 juin 1943, le régiment qui se trouvait alors à Rio-Salado, dans l’Oranais en Algérie. Le 2ème escadron s'installa à la Briqueterie de la Mitidja à 2 km NNE de Rio-Salado.

     

    Le 19 juin 1943, au cours d'une Prise d'Armes à Rio-Salado, le Général DARRIOT remis de nombreuses décorations en présence du Général Le COUTEULX qui commandait le Groupement Blindé Français.

    .

    12_RCA_Somua_3

     

    Collection Chars-français.net Chars "Somua" du 12ème RCA prêts à être embarqués.

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    12_RCA__2eDB_insigne Intégration dans la 2ème Division Blindée 12_RCA__2eDB_insigne

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    12_RCA_de_LANGLADE

     

     Paul de LANGLADE Colonel

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    Fin Juin 1943, de LANGLADE, maintenant Lieutenant-colonel, rencontra par hasard le général LECLERC, qu'il connaissait déjà, dans un restaurant à Alger. Ce dernier lui proposa d’intégrer le 12ème Régiment de Chasseurs d’Afrique dans la division qu’il était en train de constituer. Immédiatement, de LANGLADE accepta et se mit sous ses ordres. Du premier septembre à décembre 1943, le 12ème R.C.A. fut formé de quatre escadrons de combat et donna naissance, par dédoublement, au 12ème régiment de Cuirassiers qui a pour devise: " "Au danger mon plaisir". Suivit une longue phase de préparation, d’organisation, de montée en puissance des hommes et du matériel. Laissant son dépôt à Rio-Salado, le régiment fut envoyé près de Rabat au Maroc, en forêt de Témara au bord de l’océan Atlantique, pour parfaire son instruction sur le matériel américain nouvellement perçu, qui sortait des chaînes de montage de Casablanca.

    Hiver rigoureux sous des tentes suant d’humidité parmi les chênes-lièges aux troncs tordus. Printemps hâtif tapissé de fleurs et de senteurs d’oliviers sauvages.

    La fusion des différents régiments composant la 2ème D.B., dont les cadres venaient de tous les horizons politiques, fut difficile et longue à se faire. Le 12ème RCA fut raillé et surnommé le « 12ème Nazis » par certains du 501ème Régiment de Chars de Combat, car il provenait de l’armée d’armistice fidèle au général GIRAUD.

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    Insignes des Unités composant la 2ème Division Blindée.

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    Le 13 février 1944, une commission américaine commandée par le général KLINGMAN vint inspecter la 2ème D.B. pour constater son aptitude à aller au combat. Après un examen draconien de quarante huit heures, le feu vert fut donné, salué par tous les hommes de la division. Les manœuvres reprirent de plus belle, axées sur le binôme chars-infanterie.

     

    Puis le général de GAULLE vint lui-même en inspection le 7 avril 1944. Douze milles hommes, trois milles véhicules lui furent présentés. De GAULLE rassembla les Chefs de Corps : de LANGLADE pour le 12ème R.C.A., MALAGUTTI pour le 501ème R.C.C., WARABIOT pour le 12ème Cuirassiers, MAGGIAR des fusiliers marins etc. pour leur affirmer que la victoire était non seulement possible, mais certaine et que la 2ème D.B. débarquerait bientôt en France.

     

    Effectivement, deux jours plus tard, jour de Pâques, le premier détachement embarqua à Casablanca pour l’Angleterre, puis le reste suivit et cela pendant plusieurs jours. le débarquement se fit à Swansea le 22 avril, après plusieurs jours de très mauvaise mer.

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    Collection J.C. Galvez

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    Le 30 avril, 238 chars gagnèrent Dalton-Hall, dans la région de Hull, sur la côte est, dans le Comté d'Yorkshire. Le programme d'instruction et d'entrainement intensif, grandeur nature, préparatoire au débarquement, put débuter. Les camps étaient répartis en étoile sur 40.000 hectares, champ de manoeuvres idéal pour les chars de la division Leclerc. Le Poste de Commandement du Colonel de LANGLADE se déploya dans une demeure réquisitionnée, considérable et confortable, du nom de Sonderlandwick Hall à quelques kilomètres de la petite ville de Great Driffield.

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    Le 17 mai 1944, de LANGLADE, promu Colonel, rédigea l'Ordre du Jour suivant: " Par ordre du Général Leclerc, commandant la 2ème Division Blindée, je quitte le Commandement du 12ème Chasseurs d'Afrique à la date du 16 mai 1944. Groupe Autonome du 1er Régiment de Chasseurs d'Afrique le 1er mars 1941, puis Groupe Autonome du 12ème Régiment de Chasseurs d'Afrique, enfin 12ème Régiment de Chasseurs d'Afrique au Maroc, en Afrique Occidentale Française, en Tunisie, en Angleterre, j'ai aidé aux premiers pas du régiment et j'ai été son premier colonel. Il m'a donné sa confiance et son affection, qu'il sache aujourd'hui, que mon coeur est à lui sans partage.

     

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    La jeep du Colonel de LANGLADE conduite par son neveu, Lucien LE LASSEUR.

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    Juin 1944 - Le Colonel de LANGLADE à Sonderlandwick Collection J.C. Galvez

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    En remettant le commandement entre les mains du Chef d'escadrons Minjonnet, j'adresse à lui, aux Officiers, Sous-officiers, Brigadiers-chefs, Brigadiers et Cavaliers, à tous mes vieux compagnons, l'expression de ma gratitude émue. Le régiment détient deux vertus essentielles: l'esprit de sacrifice, l'esprit d'obéissance. C'est pourquoi je lui dis ma foi dans la victoire et ma certitude de ses exploits dans la bataille imminente qu'il va livrer pour la libération de la Terre de France".

     

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    Etat Major du Colonel de LANGLADE Collection J.C. Galvez

     

    Le même jour, de LANGLADE prit à sa charge un des trois Groupements Tactiques, le Groupement « L ». Le 3 juillet, le général LECLERC, lors d’une prise d’armes s’avança avec un petit insigne dans sa main représentant une croix de Lorraine dorée sur fond bleu, créé par lui-même, et déclara : « Voici l’insigne de la division choisi par vous. Il est à l’image de la France, marquée de la Croix de Lorraine. Chacun d’entre vous en recevra un exemplaire numéroté. Je réserve le numéro 1 pour le capitaine DIVRY qui nous a déjà précédés, parachuté sur le sol de la Patrie. Je m’attribue le numéro 2. Prenez soin du vôtre. Portez-le toujours.» Au cours de cette même cérémonie qui eut lieu dans le parc de Dalton-Hall, le général KOENIG, commandant les Forces Françaises en Grande-Bretagne, remit son nouvel étendard au 12ème Régiment de Chasseurs d'Afrique, où était déjà inscrit son premier titre de gloire : " Tunisie", qui avait été fabriqué et offert par l'association des Français de Grande-Bretagne. Pour la première fois, le régiment portait le calot bleu ciel à fond jonquille.

    C’est à partir de ce jour que l’on peut considérer que l’union de tous les régiments composant la 2ème D.B. fut véritablement concrétisée.

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    Dalton-Hull (Angleterre) - Garde à l'Etendard du 12ème R.C.A.

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    Les jours passèrent sous le crachin, entre manœuvres et préparatifs. Enfin, le 20 juillet, l’ordre fut donné par LECLERC de rejoindre les ports d’embarquement.

     

    Après trois mois passés en Angleterre, à l’aube du 31 juillet, alors que la mer était belle, les colonnes d’hommes du 12ème R.C.A. s’engouffrèrent dans les bateaux L.S.T. (bateaux à fonds plat pouvant transporter une vingtaine de chars) et L.C.T. qui se trouvaient à quai à Weymouth et Southampton, au son de la musique américaine.

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    Le Débarquement en Normandie

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    Au large, la mer devint très agitée et la traversée de la Manche fut éprouvante. Après s'être regroupé près des côtes de Cherbourg, il fallu attendre deux jours pour que le convoi puisse accoster à Utah-Beach. Chaque L.S.T et L.C.T. vomit sur les plages sécurisées, après les combats qui avaient eu lieu depuis deux mois, son contingent d’hommes et d’engins chenillés, chars, jeeps, half-tracks. Sitôt débarqué, le Groupement Tactique "L" rejoignit son point de rassemblement près de Saint-Germain-de Varreville, puis prolongea jusqu'a Vesly (Manche).

     

    12_RCA_d_barquement

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    1er août 1944. le Sherman "Ile de France" du 3ème Escadron du 12ème R.C.A....

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    ...et de la "Tarentaise" du 2ème Escadron.

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    Le G.T. Langlade se mit en ordre de bataille au milieu des carcasses tordues des panzers et des cadavres pourrissant au soleil du mois d’août dans un paysage ravagé et, en tête de la division, fit rapidement mouvement, en longues colonnes, vers Avranches et St Hilaire-du-Harcouet. Le 8 août, il fut aux portes de Sablé-sur-Sarthe sans avoir eu de véritables contacts avec les Allemands, si ce n'est le peloton de l'Aspirant NOUVEAU du 12ème RCA qui fit quelques prisonniers. Là, de LANGLADE attendit que le génie américain ait jeté des ponts sur la Sarthe. Il reçut alors les ordres de LECLERC : « Ne vous attardez pas sur les résistances rencontrées. Manœuvrez-les si vous ne pouvez les réduire du premier coup. Votre premier souci, votre souci constant est celui de la vitesse. Au-delà des simples objectifs tactiques, souvenez-vous que le but stratégique consiste à faire, au plus tôt, liaison avec les Britanniques."

    .

    Le 10 août, le G.T. Langlade fut divisé en deux sous-groupements. Le premier aux ordres de MASSU, reçu les 1er et 2ème escadrons du régiment, le second revenant au chef d'escadrons MINJONNET, le patron du 12ème R.C.A. qui conserva les 3ème et 4ème escadrons, ce qui permettait d'avoir des chars Shermans répartis dans les deux sous-groupements. La mission consistait à couper l'axe Falaise-Argentan-Alençon tenu par la 9ème Panzer-division allemande. Le terrain composé de bocages rendait les manoeuvres de chars très difficiles. En tête du sous-groupement MASSU, le 2ème escadron du lieutenant COUPE du 12ème R.C.A., avec ses deux chefs de peloton, l'Adjudant/chef TITEUX sur son char "Corse" et DOUBOSTER, deux anciens de la campagne de Tunisie.

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    Les Shermans s'ébranlèrent sur un front de six kilomètres, par quatre itinéraires parallèles. Sur sa droite le sous-groupement de MINJONNET, surnommé le "Père Mégot" à cause de la cigarette suspendue continuellement à ses lèvres, avec à sa tête, le char "Bordelais" du lieutenant ZAGRODSKI du 4ème escadron, suivi de ceux du 2ème peloton du sous-lieutenant d'ARCANGUES, et derrière eux les Half-tracks des Marsouins.

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    12_RCA_carte_Sablons

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    Tous étaient aux aguets, prêts à intervenir dès le contact avec l'ennemi. Soudain, à la hauteur des Sablons, sur la D6 entre les villages de Ballon et de Bonnétable (Sarthe), le bruit d'un tir de canon et aussitôt le Sherman de ZAGRODSKI s'enflamma. Le copilote DIONNET et le tireur CLEMENT furent tués sur le coup, le pilote et le chargeur purent s'éloigner rapidement, le lieutenant ZAGRODSKI sauta du "Bordelais", mais à ce moment même, il fut fauché par un tir de mitrailleuse. Il mourut immédiatement au bas de son Sherman. Les deux chars suivants, "Armagnac" et "Labourd" flambèrent, également touchés, tirés à mort par un Jagd-panther allemand bien camouflé. Le char "Navarre" du sous-lieutenant d'ARCANGUES et son peloton qui les suivait, commencèrent une manoeuvre de contournement, mais à son tour, un nouveau tir de cinq obus perforants disloqua le "Navarre". Le Sous-lieutenant fut éjecté. Avant de mourir, il eut encore la force de donner ses derniers ordres. Périrent également dans le char "Navarre", le 1ère classe PONTNEAU et le Chasseur BAYONA.

    Il fallut beaucoup de temps et plusieurs morts pour libérer l'itinéraire de ce premier obstacle. MASSU, et son sous-groupement, reprit provisoirement la mission à sa charge.

    12_RCA_photo_bordelais_12rca

     

    12_RCA_photo_labourd_12rca

    Collection Chars-français.net

    Le 12 août 1944, Le G.T. Langlade contourna la forêt d’Ecouves de l’ouest vers le sud. Le terrain était difficile, les combats furent sporadiques. Les unités des deux sous groupements s'entremêlèrent fréquemment dans cette immense forêt.

     

    Le 13 août, l’escadron COUPE du 12èmeRCA rattrapa et doubla une colonne ennemie en la mitraillant à bout portant, avant d’atteindre Chahains (Orne). Bilan de la journée : huit chars ennemis et vingt voitures détruits, 600 ennemis tués et 150 prisonniers. Le lendemain et les quelques jours qui suivirent, les différents pelotons du 12ème RCA écrasèrent les éléments allemands dispersés qui cherchaient à sortir de l'encerclement des armées alliés. Á Omméel et Chambois dans l'Orne, notamment, MINJONNET et son sous-groupement furent confrontés à une résistance accrochée au terrain dont, après bien des difficultés, ils finirent par avoir raison.

     

    Une vingtaine de jours après le débarquement, le 20 août 1944, le 12ème R.C.A. avait terminé la bataille de Normandie. Pour LECLERC, et malgré l'avis des Américains, le prochain bond devait être Paris !

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    La Libération de Paris

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    Après bien des difficultés pour arracher l'accord des autorités américaines, ayant enfin reçu le feu vert le 23 août, le G.T. de Paul de LANGLADE se déplaça rapidement jusqu'à Rambouillet. Dans le parc, LECLERC donna l'Ordre d'Opération pour le lendemain :

     

    Mission:

    1) s'emparer de Paris.

    2) Tenir Paris, en occupant les ponts entre Yvry-sur-Seine et Neuilly-sur-Seine. En poussant des éléments dans la banlieue nord-est de Paris. En maintenant un élément réservé au centre de Paris.

    Renseignements: L'ennemi dispose d'un certain nombre de points d'appui sans liaison les uns avec les autres. Ces points d'appui sont plus denses dans la région sud-ouest de Paris.

     

    Mission secondaire de diversion du G.T. "L " :

    a) Pousser sur l'axe Dampierre-Chevreuse, Châteaufort, Toussus-le-Noble, les Loges, Jouy-en-Josas, Villacoublay, Bois de Meudon, Pont de Sèvres.

    b) Tenir Sèvres et pousser le Sous-groupement sur Versailles et en direction de Paris.

    c) En fin d'opérations et après relève par éléments réservés à Versailles, pousser l'ensemble de son Groupement au Centre de Paris (Place de la Concorde) en réserve mobile.

    P.C. : Initialement au Pont de Sèvres. Ultérieurement à l'Hôtel Crillon à Paris.

    Heure de début des opérations: 7 heures.

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    Le lendemain, donc, le G.T. se mit en route, dans l'ordre: Sous-groupement Massu, PC Langlade, Sous-groupement Minjonnet. C'est en vue de Toussus-le-Noble que les premiers tirs nourris s'abattirent sur les éléments de tête. Massu attaqua de front appuyé par l'escadron de BORT du 12ème RCA. MINJONNET avec son Sous-groupement déboitât de la route principale pour s'emparer de Jouy-en-Josas, quand dans un champ où les shermans s'étaient engagés, trois détonations déchirèrent l'air: deux coups au but sur le char "Ardennes" qui prit feu immédiatement. Son équipage arriva à s'extraire et se sauver. Il fallut plus de deux heures de combat farouche pour réduire cette importante résistance ennemie. Dans ce combat, malheureusement, le 12ème RCA perdit notamment l'Aspirant ZAGRODSKI, frère du Lieutenant tué aux Sablons, qui reçut, alors qu'il était sur son char " Lt ZAGRODSKI ", un obus de 20 mm dans la tête. Furent également tués dans ce même char, les chasseurs VIRICEL et PELISSIER, ainsi que sur le char "Aquitaine", le Chasseur Jacques LESUEUR, copilote. MINJONNET dut à nouveau casser des résistances pour arriver au rond-point du petit Clamart, tout en maintenant des éléments en arrière à Jouy-en-Josas et à Villacoublay.

    Parallèlement, le Sous-groupement Massu fut arrêté à la hauteur de Toussus-le-Noble par un barrage de canons 88mm ennemis qui détruisirent trois chars Shermans du 12ème RCA, dont le char "Barfleur" du 2ème escadron, avec deux de ses occupants, le MDL Georges CASTANER et le chasseur Jacques POULIN.

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    Collection Chars-français.net . le char "Barfleur"

    Parvenu au pont de Sèvres le 25 août, le PC de Langlade donna l'ordre de rentrer dans Paris, avec la Place de la Concorde comme point à atteindre. Après bien des difficultés pour rejoindre la Place de l'Etoile à cause d'une foule enthousiaste, voire délirante, qui grimpait sur les chars, entourait les soldats, manifestait sa joie bruyamment de voir Paris libéré sous un carillon de cloches provenant de toutes les églises avoisinantes, les véhicules du PC se positionnèrent finalement en défensive autour de l'Arc de Triomphe, MASSU vers l'est, MIJONNET vers le sud-ouest et le PC devant le n° 10 avenue de la Grande Armée.

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    Le Peloton de Protection du PC du Colonel de LANGLADE Collection J.C. Galvez

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    Le Général LECLERC & le Colonel de LANGLADE devant l'Arc-de-Triomphe à Paris.

    Le 26 août, le GT " L" était aligné près de l'Arc de Triomphe, à l'angle de l'Etoile et de l'avenue des Champs Elysées, lorsque le Général de GAULLE, et à coté de lui le Général LECLERC et le Général KOENIG, alors Gouverneur Militaire de Paris, passa une partie de la 2ème D.B. en revue avant de descendre à pied l'avenue des Champs Elysées. Enfin d'éviter les débordements d'une foule en délire, les chars légers du GT " L" durent escorter le Général de GAULLE jusqu'à Notre-Dame.

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    Collection J.C. Galvez

    A ce moment, une mitrailleuse allemande installée dans un blockhaus situé à l'angle de la rue de Presbourg, se mit à crépiter. Le char " Bourgogne" du 3ème escadron du 12ème RCA se détacha, fit tourner sa tourelle, et d'un coup de canon de 75 fit taire ladite mitrailleuse. Un peu plus tard, le même "Bourgogne" arrivé place de la Concorde reçu de son chef de peloton, l'Aspirant NOUVEAU à bord de son Sherman " Champagne", l'ordre de se méfier des snipers de la cinquième colonne. Prenant cet ordre à la lettre, le tireur pointa et abattit la cinquième colonne de l'hôtel Crillon ! Au grand dam de son chef de peloton. Un peu plus tard, avenue Victor Hugo, le Maréchal des Logis Chef André JONNIAUX, chef du char" Camargue" du 3ème peloton du 2ème escadron du 12ème RCA, fut victime d'un de ces tireurs des toits allemands qui pullulaient et faisaient feu de partout. Il fallut ensuite détruire une à une les poches de résistance dans Paris, actions périlleuses contre des "jusqu'au-boutistes".

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    Collection Chars-français.net l'Aspirant Nouveau sur son char " Champagne "

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    Le 27 août, le G.T. " L", avec le 12ème RCA, quittait les Champs Elysées et Paris vers 6 heures du matin par les portes de Saint-Ouen et de la Chapelle, avec pour mission de libérer la banlieue Nord. De brefs et violents combats eurent lieu dans Enghien les Bains et Montmorency (Val d'Oise), les blindés du 12ème RCA prirent leur part de l'action puis poussèrent jusqu'à Ermont. Le 30 au soir, toute la région était libérée et le Groupement Tactique fit relâche pendant quelques jours dans la région de St Denis. La Bataille de Paris était terminée, la marche vers l'est allait suivre.

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    . Collection Chars.français.net Char "Camargue" du Mdl/Chef André Jonniaux.

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    A l'aube du 8 septembre 1945, quittant Villetaneuse (Seine-Saint-Denis) et la banlieue nord de Paris par les grandes routes, le 12ème RCA avec le GT Langlade en "formations administratives" traversant Lagny, Coulommiers, Provins, arriva au plus vite à Nogent-sur-Seine. Le lendemain, il atteignait Clervaux sur Aube (Aube) dans la soirée, et reçut l'ordre d'atteindre la Moselle le 12, soit un bond de 140 kilomètres à réaliser en deux jours. Le GTL fut divisé en deux Unités: les Sous-groupement Massu qui comprenait, entre autres, les 17 Shermans du 2/12ème RCA commandé par le Capitaine COUPE, et le Sous-groupement Minjonnet qui comprenait, entre autres, le peloton d'éclairage et le 4/12ème RCA du lieutenant BAILLOU. Le 3/12 RCA restant à la botte du PC du GTL. En pointe de la 2ème D.B, le Chef d'escadrons MINJONNET avait eu l'idée de créer un peloton d'éclairage de 5 jeeps armées, qui, devant les chars, serait chargé de déceler les armes anti-chars ennemies.

    Le 11 septembre au petit jour, partant de Bayel, le Chef d'escadrons MINJONNET constata que tous les ponts sur la Marne étaient détruits. Il fallut trois heures pour réaliser la traversée sur des troncs de peupliers verts posés par l'unité de Génie. A Prez-sous-Lafauche (Haute-Marne), le Sous-lieutenant Jean BAILLOU de MASCLARY, de l'Escadron Hors Rang du 12 RCA, fut tué sur sa jeep d'une rafale de mitrailleuse à l'approche de ce village occupé par l'ennemi. Une rapide manoeuvre d'encerclement puis de nettoyage mirent fin à toute résistance. Au bilan, une centaine de prisonniers allemands.

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    Le lendemain, MINJONNET et le 12ème RCA furent envoyés à Contrexéville puis à Vittel (Vosges) et nettoyèrent au passage quelques automoteurs tenant les carrefours. C'est à un de ces carrefours, à Valleroy-le-Sec, que le MDL de WARRENS et les Brigadiers BEAUGEZ et ROTH du 4ème escadron furent tués, et quelques kilomètres plus loin, à Ableuvenettes, le Brigadier LANDON du 1er escadron.

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    La Bataille de Dompaire

     

    Au plus vite, contournant les quelques éléments ennemis rencontrés, le sous-groupement Minjonnet arriva en vue des lisières sud de Dompaire (Vosges), où le sous-groupement Massu était stoppé par des éléments lourds d'une division allemande. Immédiatement, l'engagement fut total, devint un véritable combat de chars rappelant les combats de cavalerie de jadis, ne cessant qu'à la nuit noire. Le Capitaine de COURSON du 12ème RCA qui commandait le 4ème bureau du sous-groupement Minjonnet fut blessé mortellement alors qu'il arrivait à Gelvécourt, petit village à trois kilomètres de Dompaire. Cette même nuit, le Sherman "Corse" de l'Adjudant TITEUX fut victime d'un début d'incendie vite éteint grâce aux extincteurs. Il fallut immédiatement changer le moteur.

     

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    Collection Chars-français.net le Sherman "Corse" de l'Adjudant Titeux.

    A l'aube du 13 septembre, la bataille pour Dompaire reprit de plus belle avec l'assistance déterminante de l'aviation anglaise, puis américaine avec leurs Thunderbolts, et l'exploitation immédiatement après par les Shermans du 12ème RCA. De nombreux Panzers se trouvaient dans et autour de la ville, et également au village voisin de Damas (Vosges), agissant par coups de boutoirs contre les deux sous-groupements. Le 2ème escadron du 12ème RCA fut prêté à MASSU, alors que les 3ème et 4ème escadrons attaquaient Damas. Des duels Shermans contre Panzers se livraient dans tous les compartiments de terrain. Une trentaine de Panzers furent détruits par les chars embusqués des escadrons Baillou, Desrousseau et de Bort du 12ème RCA. Puis, l'escadron de Bort dut aller se porter de toute urgence près de Ville-sur-Illon (Vosges) pour dégager les éléments du PC menacés par les chars ennemis. Le 12ème RCA avait été impliqué totalement dans ces combats et il pouvait revendiquer la victoire. Malheureusement, le MDL Chef Yves FERRAND et le Chasseur GARNICHAT du 4ème escadron du 12ème RCA périrent dans ces combats.

    12_RCA_DOMPAIRE

     Collection J. Verbruggen

    Profitant de la nuit, les restes de la 112ème Panzer-Brigade abandonnèrent le terrain pour se replier vers l'est. A l'Aube, le spectacle des carcasses de chars était inimaginable ! Entre autres débris de véhicules de toutes sortes, 51 chars allemands plus ou moins détruits jonchaient les champs et les bois. Deux chars "Panther" neufs, laissés intacts par leurs équipages, acheminés par route, furent remis comme trophées par le Général LECLERC au Général KOENIG. Ils furent exposés en septembre 1944 et pendant de nombreuses années dans la cour de l'Hôtel des Invalides, avant de rejoindre le Musée des Blindés à Saumur. L'un de ces deux Panzers était piloté par le Brigadier Ange GALVEZ.

    Du 15 au 20 septembre 1944, le Groupement Tactique " L" fut maintenu sur place dans la région de Dompaire ce qui lui permit de reprendre des forces et réparer son matériel. Ce qui ne l'empêchât pas de détruire trois chars Marck IV qui contre-attaquaient sur Damas, et d'accrocher l'ennemi lors de patrouilles journalières. Puis, le 21 septembre, il franchit la Moselle près de Charmes, pour s'établir à l'ouest de Baccarat (Meurthe-et-Moselle). Puis s'ensuivit une longue période de remise à niveau dans la pluie et le brouillard. Les chars réparables étaient remis en état, des Shermans neufs arrivèrent de l'arrière pour compléter les Unités, les hommes reprenaient des forces après bien des nuits sans repos.

     

    Vers l'Alsace et Strasbourg

    Enfin, les ordres arrivèrent. La mission de la 2ème D.B. était d'attaquer le 31 octobre, par surprise, pour s'emparer de Baccarat, puis au-delà sur un axe Baccarat-Montigny-Domèvre. Le Groupement Tactique "L" à l'arrière de la division, devait se tenir prêt à intervenir au profit d'un des deux autres groupements. Le 1er novembre, il reçut mission de s'emparer des villages de Ogéviller, Herbéviller et Fréménil. L'attaque sur Ogéviller fut menée par le sous-groupement Minjonnet qui malheureusement eut un tué, le chasseur André RAVIER, et perdit deux chars, dont le "Sologne III" du 1er escadron et le "Franche Comté" du 3ème.

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    Collection Chars-français.net Char " Sologne III "

     

    Le Chef d'escadrons de FÜRST, en tête d'un quatrième sous-groupement formé pour l'occasion, bouscula et rentra dans le village d'Herbévilller. De FÜRST, progressant à pied derrière ses hommes, sauta sur une mine, fut criblé d'éclats dans le foie, dans les poumons. L'antenne chirurgicale américaine lui sauva la vie. Suivirent quelques journées de harcèlements ennemis, tirs de batteries entre positions opposées parfois distantes de moins de 200 mètres !

    Le 12 novembre, après une valse-hésitation du commandement américain, LECLERC obtint enfin sa mission : Libérer la plaine d'Alsace, s'emparer de Strasbourg avec la 2ème D.B, et rejeter l'ennemi au delà du Rhin. L'attaque alliée se remit en marche le lendemain à l'aube. Le Groupement Tactique "L" devait opérer dans un couloir entre la N4-Sarrebourg-Saverne exclue et les contreforts des Vosges, avec un axe de progression : Trois-Fontaines, Carrefour de Rethal, Dabo, Marmoutier. Le 19 et le 20 novembre, MINJONNET et son sous-groupement se déplaçant sur des petits chemins à peine carrossables, furent stoppés aux lisières de Niderhoff, puis de Voyer. Attaques longues et brutales qui, bien entreprises, permirent de passer outre et de rejoindre le reste du groupement "L" à Dabo, porte de l'Alsace. Furent tués lors de ces engagements : le chasseur Pierre BOULANT de l'E.H.R., le MDL/Chef René TESTA du 3ème escadron, le Sous-lieutenant François VAULTRIN et le Brigadier/Chef Mohamed CHOUICHA du 4ème escadron. Le 22 novembre, MINJONNET arriva à Saverne par le sud et butta contre une forte résistance qu'il prit à revers, et réussit à anéantir après plus de quatre heures de combat, mettant en déroute tout le dispositif allemand et faisant de très nombreux prisonniers. Le lendemain, ce même sous-groupement Minjonnet, après être entré dans Phalsbourg, reçut mission de rester au col de Saverne, puis le 24, participa au "nettoyage" des résistances dans Strasbourg. La veille, le Colonel ROUVILLOIS avec le 12ème Cuirassiers avait libéré Strasbourg.

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    Musée de Turckheim

    Dans ces derniers combats, dans le brouillard et sous la pluie, périrent le Lieutenant Edmond BISSIRIER Officier de l'Etat Major du Colonel de LANGLADE de l'Escadron Hors Rang brulé dans son char, le Brigadier/Chef Luc COUDERC, et les Chasseurs Jean GROS et Edmond JUIF du 2ème escadron.

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    Collection J.C. Galvez

     

    Puis, le 26 novembre 1944, ce fut la Revue des troupes par le Général LECLERC sur la place Kléber à Strasbourg, au centre de la ville, qui proclama réalisé son serment de Kouffra de délivrer Strasbourg. Des éléments du 12ème RCA occupèrent, pendant plus d'un mois, en partie Strasbourg et le Bas-Rhin jusqu'à Sélestat, par des conditions météo exécrables. C'est dans cette dernière ville que le Chasseur Roger ALEXANDRET du 1er escadron fut tué.

    12_RCA__1_janvier_1945

    Collection Association Historique de Kalhausen

    A Postroff, à proximité de Fénétrange (Moselle),le 1er janvier 1945, le Chef d'escadrons GRIBIUS, le lieutenant BAILLOU, commandant le 4ème escadron du 12ème RCA, le Sous-lieutenant PIQUET et l'Aspirant CATALA du 4ème escadron. Un peloton de cet escadron sera engagé le 3 janvier 1945 à Achen (Moselle). 

    Le 12ème RCA, avec toute la 2ème D.B., quitta de toute urgence le 2 janvier 1945 la région de Strasbourg pour se porter entre Sarreguemines et Bitche où les divisions américaines étaient sérieusement accrochées dans les Ardennes par des troupes d'élite allemandes. Dans la nuit du 2 au 3 janvier, une attaque allemande particulièrement violente se déclencha, enfonçant les lignes de défenses américaines. Ordre fut alors donné au Groupement Tactique de LANGLADE, nommé Général depuis quelques jours, de colmater la brèche qui venait de s'ouvrir. Le froid était intense, autour de moins 17° ! Les moteurs étaient récalcitrants au démarrage, tout gelait. Il fallait utiliser les lampes à souder pour dégeler...Le peloton du Lieutenant de MISCAULT du 4ème escadron reçut l'ordre d'attaquer le village d'Achen avec un bataillon américain, là où quelques instants plus tôt le MDL/Chef QUEFFELEC du Sherman "Saintonge" du peloton DUFOUR venait d'être tué par une grenade, alors qu'il effectuait une reconnaissance à pied ! L'offensive alliée sur le village fut meurtrière. Puis LANGLADE envoya le sous-groupement Massu avec mission de se déployer à vue du village voisin de Gros-Réderching enfoui sous la neige, et de l'investir si possible. MASSU avec, entre autres, le 2ème escadron du 12ème RCA, réussit à bouter les Allemands hors de Gros-Réderching. Or en pleine nuit, les fantassins allemands revêtus d'uniformes américains et escortés de chars Shermans, phares allumés, abusèrent les éléments du groupement restés sur place, en leur criant " Ne tirez pas, nous sommes des amis, nous venons vous relever...! " Le peloton de Shermans du Lieutenant RIVES-HENRY du 12ème RCA ne se méfia pas et laissa s'approcher cette relève, qui, parvenue à 150 mètres, fit feu de tous ses canons et de ses tubes de mitrailleuses, détruisant immédiatement quatre chars du 12ème RCA, " Languedoc" "Savoie II" "Iseran" et "Maurienne". Le Lieutenant RIVES-HENRY, sur son char le "Savoie II", fut tué sur le coup, ainsi que le Chasseur Alexandre HALBERT. Les allemands, après avoir semé la mort pendant une heure, quittèrent le village avec leur matériel américain.

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    Collection Chars-français.net le char "Savoie" du Lieutenant RIVES-HENRY

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    Le 20 janvier 1945, de retour dans les environs de Strasbourg, le Lieutenant-Colonel MINJONNET céda le commandement du 12ème RCA et du Sous-Groupement au Chef-d'escadrons GRIBIUS, l'ancien capitaine du 2ème escadron pendant la campagne de Tunisie. Le 22 janvier, faisant partie de la contre-attaque du Maréchal Von RUNDSTEDT de reconquérir l'Alsace et Strasbourg, une attaque allemande se déclencha au nord de Strasbourg, l'ennemi investit le village de Kilstett. GRIBIUS et son Sous-Groupement reçut alors la mission de le reprendre. La bataille fut très rude et dura toute la journée contre deux bataillons fanatisés du régiment Marbach, composés entièrement d'élèves Sous-Officiers allemands, appuyés par des chars. Avec d'autres unités du Sous-Groupement Gribius, les 3ème et 4ème escadrons et le peloton obusiers du 12ème RCA furent impliqués et finirent par nettoyer la place. Le 12ème RCA eut malheureusement à déplorer la mort du Chasseur Pierre GIL. Puis, pendant deux mois, le GTL participa, au sein de la 2ème DB, à réduire la poche de Colmar dans des conditions climatiques très difficiles et dans des conditions de combat imprécises.

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    Repos dans l'Indre

     

    Epuisée par des mois de combats continus, la division se retira d'Alsace le 16 février 1945 et fut mise au repos dans la région de Châteauroux. Le 12ème RCA profita de cette accalmie pour remettre à neuf son matériel. Lors d'une prise d'Armes à Mezières en Brenne, le 15 mars 1945, le Général LECLERC décora l'étendard du Régiment et remis la Légion d'honneur au Capitaine de BORD et à l'Adjudant Chef TITEUX.

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    La Poche de Royan

     

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    Depuis Septembre 1944, une poche de résistance allemande existait à Royan. Malgré les troupes FFI et le bombardement aérien du 5 janvier 1945 qui a détruit presque entièrement la ville, et l'arrivée de nouvelles unités, les défenses militaires allemandes restaient très actives. Cette situation ne pouvant perdurer, le 8 avril 1945, une partie de la 2ème DB fut mise à la disposition du Général de LARMINAT qui commandait l'ensemble, par l'Etat-Major de la Défense Nationale contre l'avis du Général LECLERC qui préférait reprendre le combat en Allemagne. Le 12ème RCA, commandé par le Lieutenant-colonel MINJONNET, assisté du Chef d'Escadrons GRIBIUS, puis du Capitaine d'ALENCON, vint occuper son cantonnement dans le secteur de Gémozac (17) le 12 avril 1945. L'opération " Vénérable" débuta le 14 avril, le 12RCA appuyant de ses feux la progression de l'Infanterie. Le lendemain, le Régiment fut engagé dans un dur combat devant les villages de Fontbedeau et de Saint-Georges de Didonne (17). Lors de ses combats, le Chef d'escadrons GRIBIUS fut grièvement blessé par un sniper. Le 12ème RCA déplora la mort du S/Lieutenant BOUDOUX d'HAUTEFEUILLE, du MDL Chef Lucien LYZE et du Chasseur Albert TRAVAUX. La reddition des forces allemandes retranchées eut lieu le 18 avril au matin. Le 22 avril, une prise d'armes clôtura cette opération, et le 24 avril, le régiment embarqua ses chars sur train en direction du Rhin et de l'Allemagne, pendant que le reste du Régiment faisait le même trajet par la route.

    12_RCA_Poche_Royan

     

    Le 12ème RCA se regroupa près d'Augsburg (Bavière) le 1er mai1945. Il n'ira pas plus loin, les troupes alliées ayant déjà investi tout le sud de l'Allemagne. Le 19 mai, le Général de Gaulle, avec à ses cotés le Général LECLERC, se fit présenter la 2ème Division Blindée, y compris le 12ème Régiment de Chasseurs d'Afrique, à Klosterhufeld, au cours d'une belle Cérémonie militaire. Puis, le Régiment revint à Nemours en Région Parisienne.

    Le 18 Juin, avec toute la 2ème DB, à Paris, il défila avec ses chars, du Pont de Neuilly à la Place de la Concorde devant une foule enthousiaste et qui voulait fêter ses libérateurs.

    Le 22 juin 1945, à Fontainebleau, devant toute la 2ème DB, le Général LECLERC fit ses adieux à sa division. Au cours de cette prise d'armes, il accrocha la deuxième palme à l'Etendard du Régiment, déclarant :

    "Régiment de Cavalerie d'élite qui, sous les ordres du Lieutenant-colonel MINJONNET et du Chef d'escadrons GRIBIUS, n'a cessé depuis le début de la Campagne de donner les preuves de sa magnifique tenue au feu. A pris part à la libération de Strasbourg par ses chars qui en tête de la 2ème D.B., ont traversé les Vosges, pris Saverne et son col, ouvrant la route aux Divisions Alliées. Pendant la période du 18 novembre 1944 au 16 février 1945, libère de nombreux villages de Lorraine et d'Alsace, battant, malgré de dures pertes, l'ennemi partout où il résistait, lui faisant 2.580 prisonniers, dont 2 généraux, lui détruisant 24 chars, 39 canons de différents calibres, de nombreuses mitrailleuses, et plus de 200 véhicules automobiles ou hippomobiles. "

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    DOCUMENTS

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    Juin à Août 1944 - Diaporama US sur le débarquement et la Libération de la Normandie.

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    Avril 1944 à Août 1944 - La 2ème D.B. de l'Angleterre à Paris.

     

    Sur ce petit film, quelques images concernent le 12ème RCA. On remarquera les Shermans : "MOGHRANE" "ISERAN" et "ESTEREL" du 2ème Escadron, et "TARDENOIS" et "BOURGOGNE" du 3ème Escadron.

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    31 août 1945 - 1er anniversaire de la libération de Paris.

     

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    Le 12ème R.C.A. à Rambouillet

     

    En novembre 1945, le 12ème RCA vint établir ses quartiers à la "caserne de la Vénerie",(Renommée "Quartier Estienne" dans les années 50), remplaçant le COAB 422 (Centre d'organisation de l'Arme Blindée). Le Colonel MINJONNET s'évertua à reconstituer son régiment avec le peu de matériel qui lui restait. En plus du P.H.R., trois escadrons de combat furent formés avec des chars Shermans. Le Colonel MINJONNET quitta son commandement le 1er mars 1946, étant admis à la retraite.

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    1946 - Rambouillet - Caserne de la Vénerie - Quartier du 12ème R.C.A.

    Des appelés des Beaux-Arts avaient décoré les chambres de très belles fresques murales.

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    Collection P. Reze

    1946 - Rambouillet - La Vénerie.

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    Collection P.Reze

    Sherman "Thunderbolt" au nom des avions américains présents à la bataille de Dompaire.

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    . Collection P Reze

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    Collection P. Reze

     

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    Collection P. Reze

     

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    Collection P. Reze

     

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    Collection P. Reze

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    Collection P. Reze

    Fin avril 1946, le 501ème RCC vint s'établir dans le quartier de la Vénerie de Rambouillet, prenant en charge les chars du 12ème RCA. Pour les remplacer, le 12ème RCA dut, courant mai 1946, aller percevoir le vieux matériel de la 2ème DB qui venait d'être dissoute; des chars légers, des Half-tracks, des Scout-cars etc...Qu'il fallut d'urgence remettre en état de marche.

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    Juin 1946 - Rambouillet - Le 2ème Escadron avec deux de ses chars légers M5A1.

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    Collection C. Auboin

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    Le 13 juillet 1946, le Lieutenant-colonel MARION, nouveau Chef de Corps, reçut le Lieutenant-colonel d'ANDOQUE qui prit les fonctions de Commandant en second du Régiment. Courant juillet 1946, le Lieutenant-colonel MARION reçut l'ordre de mouvement pour le Maroc.

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    Juillet 1946 - Rambouillet - Revue du 12ème RCA par le Général de LATTRE de TASSIGNY, avec le Lieutenant-colonel MARION, allée de la Chasseuse face au Château.

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      Collection M. Mesmoudi

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    Juillet 1946 - Rambouillet - Suite de la revue, dans la Cour d'honneur du 501éme RCC, à droite de l'horloge.

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     Collection M. Mesmoudi

    12_RCA_MESMOUDI_4

     Collection M. Mesmoudi

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    Le Régiment embarqua du 21 au 23 juillet 1946 en gare de Rambouillet, dans l'ordre : 1er, 2ème, 3ème, EHR, chacun dans un train différent. Arrivés à Marseille les 24 et 25 juillet 1946, les 1er et 2ème escadrons cantonnèrent au camp de Ste Marthe, alors que le 3ème et l'EHR allèrent au camp Mirabeau. Le 16 août 1946, le 6ème régiment de Spahis marocains fut dissous pour former le nouveau 12ème RCA.

    Puis, Le déplacement de Marseille vers le Maroc se fit en 5 détachements; deux par bateaux, 3 par avions. L'entrée officielle dans Meknès eut lieu le 25 août 1946, le jour anniversaire de la Libération.

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    ( Pour la suite de l'Historique , voir l'onglet "ECS" de ce blog, ainsi que les onglets de chaque Escadron ).

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    TEMOIGNAGES

     

    Capitaine Jacques ROUILLON, 1944, 3ème Escadron.

    J'ai été deux fois au 12ème R.C.A.. La première fois en 1944, en Lorraine. La seconde de 1951 à 1954 au Maroc.

    Septembre 1944, après le rude combat de blindés à Dompaire (Vosges), dans lequel le 12ème s'est distingué, j'ai été affecté à l'Escadron BAILLOU, puis d'ALENCON, après la mort de BAILLOU et faisait partie du Sous-Groupement MINJONNET, surnommé le "Père Mégot. J'étais S/Lieutenant au Peloton de Commandement avec mon char "Lieutenant Zagrodski II", du nom d'un Officier du 12ème tué un mois plus tôt. Avec ce Sherman de 32 tonnes, j'ai pris part à la libération de Baccarat,

    Le 1er novembre, on attaque la position allemande de la Blette (Meurthe et Moselle). Mon cher Camarade VAULTRIN commandait un Peloton de chars qui subit quelques pertes par mines ou fusils anti-chars. D'ALENCON avait pris ma place dans le char "Lieutenant Zagrodski II" et mis sa jeep à ma disposition. Dans le feu de l'action, j'ai avancé à pied avec les fantassins et capturé 11 Allemands. D'ALENCON m'a félicité, tout en me faisant remarquer que j'avais délaissé sa jeep... Il m'a fait citer pour la Croix de Guerre (Combats d'Herbéviller en Meurthe et Moselle). Le 8 novembre, à Fréménil (Meurthe et Moselle), l'Escadron étant en stationnement, d'ALENCON et VAULTRIN jouaient aux cartes dans une maison, lorsque le village fut bombardé par l'artillerie allemande. Un obus éclata près de la maison et VAULTRIN fut tué. Ce fut pour moi qui avait échappé à l'explosion, une grande peine...

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    Divers

     

    Musique de la 2ème D.B.

     

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    1945 - Photo symbolique. A l'avant, le Général de LANGLADE ancien Chef de Corps du 12ème R.C.A. A l'arrière, le Général LECLERC ancien commandant de la 2ème D.B. et le Général de GAULLE Chef de l'Etat.

    12_RCA_LANGLADE__LECLERC_et_de_GAULLE_50__me_ann_Dompaire

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    Sherman exposé à Mezieres-sur-Ponthouin en souvenir des combats qui ont eu lieu sur la D6 entre Ballon et Bonnetable le 10 août 1944.

    12_RCA_AUBOIN_Lo_c_Sherrman

     Collection L. Auboin

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    Avril 1945 - Le char Sherman "Moghrane" du 2/12ème RCA.

    12_RCA_Moghrane

    Collection Chars-français.net

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    Juillet 2011 - Le même char Sherman " Moghrane" du 2/12ème RCA.

    12_RCA_Moghrane_1

    Journal l'Union Collection M. Mériot

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    Quelques "Sherman" du 12ème RCA, qui ont fait partie de la 2ème D.B. et qui ont été détruits au combat, ont été préservés jusqu'à aujourd'hui :

    le M4A2 " VALOIS" détruit le 13 août 1944 est présenté dans la forêt d'Ecouves.

    le M4A3 " CHAMPAGNE" détruit le 13 septembre 1944 est présenté à Ville-sur-Illon.

    le M4A2 " CORSE" ayant notamment participé à la bataille de Dompaire est présenté au Musée des Blindés à Saumur.

    le M4 obusier " MOGHRANE" ayant combattu à Paris et Dompaire se trouve dans une collection privée (voir ci-dessus).

    D'autres chars "Sherman" du 12ème RCA sont présentés comme monuments, mais ce ne sont pas les véhicules originaux.

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    Concernant le "Marquage" des chars du 12ème RCA pendant la seconde guerre mondiale, je propose ce Site qui l'explique.

    Site chars français

     

    Citation Chasseur Roger BASSET.

     

    12_RCA_BASSET_Roger_Citation

    Collection André Massot

     

     

     

    SOURCES http://12rcahistorique.canalblog.com/

      

     

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  • La 90th Infantry Division, de la Normandie, la Mayenne et l'Orne en photos.

    Message Vini le Dim 16 Jan - 12:17

     
     
    Bonjour,

    Suite à la demande de Thunderboy, voici une sélection de photos de GI's de la 90th Infantry Division, vous permettant donc d'étudier la silhouette du TO.

    Nous allons découvrir ces photos dans l'ordre chronologique :

    D-DAY, SECTEUR UTAH BEACH, 359TH INFANTRY REGIMENT, 2ème VAGUE D'ASSAUT











    8 JUIN 1944, SECTEUR UTAH BEACH CHEMIN DE LA MADELEINE, 357TH INFANTRY REGIMENT :



    5-7 JUILLET 1944, SECTEUR SAINT-JORES, 90TH INFANTRY DIVISION :





    29-30 Juillet 1944, SECTEUR COUTANCE, 90TH INFANTRY DIVISION :





    5-6 AOUT 1944, SECTEUR MAYENNE, 90TH INFANTRY DIVISION :







    19-20 AOUT 1944, SECTEUR FEL-CHAMBOIS, 90TH INFANTRY DIVISION :











    DIVERS, MESSE DE LA 90TH ID, ETE 1944 :



    Cordialement,

    Vini
     
     
     
     
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