• Jeanne Huyge, symbole de la femme résistante

    ( article de MARJORIE DUPONCHEL )

    Jeanne Huyge a accouché de nombreuses Wattrelosiennes à la maternité. Beaucoup n'ont jamais su que la sage-femme avait vaillamment résisté. 

      
      
    Jeanne Huyge a accouché de nombreuses Wattrelosiennes à la maternité. Beaucoup n'ont jamais su que la sage-femme avait vaillamment résisté.

     

     


     


     

    Jeanne Huyge fut une des premières résistantes wattrelosiennes, et peut-être même françaises. Aucune rue de la commune ne porte son nom, mais son histoire mérite bien de figurer dans notre série estivale.

      

    Après avoir participé à la création du réseau la « Vraie France » en juin 1940 suite à des contacts avec Marseille, Jeanne Huyge prend part à l'organisation du réseau d'évasion « Garrow » au service de militaires français et anglais.


    Tout juste âgée de 30 ans, elle sera le symbole de la femme française résistante à l'envahisseur.


    Lors de l'invasion allemande dans la région, elle continue son travail de sage-femme à l'hôpital de Wattrelos, apporte des soins aux blessés et tient les registres de l'état civil. Mais son activité de résistante lui impose de passer en zone libre dès le mois de mars 1941, car la Gestapo est à sa recherche.


    Un tribunal allemand va d'ailleurs la condamner à mort par contumace.

     

    Même dans le sud, elle résiste

    Elle franchit ainsi la ligne de démarcation avec l'aide du Roubaisien Maurice Vandekerkhove. et continue son activité dans le réseau Garrow en devenant agent de liaison sous le nom de « Breuvart ». En juillet 1941, le capitaine écossais Ian Garrow est arrêté à Marseille.

      

    C'est le docteur Albert Guerisse, qui avait pris en charge le transport des hommes de la frontière belge à l'Espagne, qui lui succède à la tête de l'organisation rebaptisée « Pat O'Leary ».
    Jeanne Huyge, installée à Toulouse, poursuit ses activités avec courage et énergie et n'hésite pas à revenir huit fois dans le Nord pour effectuer ses missions.

      

    Elle se fait arrêtée du côté de Toulouse par la police allemande, mais réussit à s'évader illico. Ses chefs l'envoient alors dans le Dauphiné, où elle est rattachée à compter du 1er août 1943 au réseau « Gallia » avec le grade d'adjudant chef de secteur. Elle poursuit sa mission dans ce secteur jusqu'à la Libération, en décembre 1944.

     

    Retour aux sources

    Durant la guerre, Jeanne Huyge a ainsi permis de convoyer vers l'Angleterre une centaine de pilotes et soldats alliés. Elle en a personnellement hébergé une vingtaine en leur fournissant de faux papiers. En janvier 1945, elle revient dans sa ville natale de Wattrelos et reprend son travail à l'hôpital, comme si de rien n'était.

      

    Elle fut honorée de maintes décorations et distinctions, mais comme la plupart des autres Wattrelosiens évoqués dans notre série cet été, elle a préféré rester discrète sur ses activités de résistante, jusqu'à la fin de sa vie.w Merci à Francis Bohée pour sa collaboration précieuse à cette série de l'été sur la résistance wattrelosienne, qui s'achève aujourd'hui.

      

    Article écrit par MARJORIE DUPONCHEL  -

     

    SOURCES :

    http://www.nordeclair.fr/Locales/Wattrelos/2011/08/27/

    jeanne-huyge-symbole-de-la-femme-resista.shtml

     

     

     

      

      

     

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  • Août 1944 - Libération de Paris

    Depuis le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie, les Parisiens suivaient attentivement la progression des Alliés et les divers organismes de la Résistance les incitaient à manifester. Le 6 août, ils avaient entendu l'appel au combat lancé par le général de Gaulle, président du gouvernement provisoire de la République, qui, dès le 18 avril 1942, avait affirmé que la libération de Paris devrait se faire par les armes de la France. Les services allemands commençaient à quitter la ville.
    Convoi de prisonniers allemands autour de la place de l'Opéra le 25 août 1944
    Convoi de prisonniers allemands autour de la place de l'Opéra le 25 août 1944. Source : Collection Gandner - Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin (Ville de Paris)
    Paris, ensoleillée et sous-alimentée, mettait en présence quatre forces :
    - Les Allemands, commandés depuis le 9 août par le général von Choltitz. Installé à l'hôtel Meurice, rue de Rivoli, ses moyens, en hommes et en matériel, étaient relativement limités.
    - Les partis collaborateurs (R.N.P. de Déat, P.P.F. de Doriot, etc.). Ils renoncèrent vite à se battre et prirent la route de l'Allemagne.
    - La Résistance, où agissaient plusieurs acteurs. Le gouvernement provisoire de la République, d'essence gaulliste et siégeant à Alger, était représenté par un délégué, A. Parodi dont l'adjoint militaire, le général Chaban-Delmas, dépendait du général Koenig, commandant en chef des F.F.I. Le C.N.R., présidé par G. Bidault, rassemblait les principaux mouvements, partis et syndicats. Le C.P.L. d'A. Tollet, majoritairement communiste, couvrait tout le département. Cette situation se reflétait dans les commandements : ainsi, Rol-Tanguy commandait les F.F.I. de la région parisienne, dont faisaient partie les F.F.I. de la Seine placés sous les ordres d'un officier de carrière, le colonel de Marguerittes dit Lizé. - Les armées alliées, qui avançaient alors en Bretagne et en Mayenne. Il n'entrait pas dans leur plan de s'emparer de la capitale française, mais de la contourner et de poursuivre l'ennemi.
    Malgré le manque d'armes, ce fut la stratégie d'insurrection immédiate qui força les réticences de la délégation du gouvernement provisoire.

    Evacuation d'un blessé, place de l'hôtel de ville

    Evacuation d'un blessé, place de l'hôtel de ville. Source : Collection Gandner - Mémorial Leclerc -

    Musée Jean Moulin (Ville de Paris)

    Le 7 août, un ordre général de Rol-Tanguy mobilisait les chefs de secteurs et le 10, le comité militaire national des F.T.P. lança un ordre d'insurrection. Venu à Paris, Laval, chef du gouvernement de Vichy, tentait en vain de réunir l'assemblée nationale faisant libérer à cet effet E. Herriot, président de cette assemblée en 1940.
    Le 11 août, les cheminots de l'agglomération parisienne entamèrent une grève qui s'étendit rapidement tandis que l'état-major parisien F.F.I. allait s'installer dans les souterrains de la place Denfert-Rochereau.
    Le 15 août la C.G.T. lança la grève générale. La police entra en action : apport important, pour la Résistance, d'hommes armés, elle fit aussi figure de force stable et contrôlée au milieu de l'insurrection. A leur tour, les postiers se mirent en grève, suivis des ouvriers de la presse, des employés du métro. Alors qu'une fièvre libératrice gagnait Paris, un dernier train partait la nuit de la gare de Pantin, emmenant en déportation près de 2 400 personnes.
    Le 17, la police libérait les détenus politiques, arrêtait le préfet de police Bussière. A Paris et en banlieue, la résistance attaquait les Allemands, les miliciens. Les rues voyaient passer des véhicules fuyant vers l'est, emmenant services allemands et collaborateurs français, meubles et objets pillés. Çà et là montait la fumée des archives qui brûlaient.
    L'état-major F.T.P. lança son appel à la lutte décisive. Au C.N.R., l'opportunité d'une insurrection fut discutée avec le C.O.M.A.C.
    Le lendemain, 4 000 policiers se pressaient devant la Préfecture de Police, en civil, munis de brassards tricolores. En banlieue Est, des F.T.P. prenaient d'assaut la mairie de Montreuil-sous-Bois.
    Poste de surveillance et de tri FFI dans l'enceinte du portail de l'hôtel de ville
    Poste de surveillance et de tri FFI dans l'enceinte du portail de l'hôtel de ville. Source : Collection Gandner - Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin (Ville de Paris)

    Le 18, le colonel Rol-Tanguy lança l'ordre d'insurrection. La préfecture de police était occupée, tout comme de nombreuses administrations, et, à 10 h, Rol-Tanguy y donnait ses ordres avant de rejoindre son P.C. de la rue de Meaux (19e). Retourné à la préfecture, il vit le préfet de police désigné par le gouvernement provisoire, Luizet, et Alexandre Parodi, qui plaça sous ses ordres les forces de police, de gendarmerie, de la garde républicaine. Les combats éclatèrent.
     

    Aux yeux des Allemands, Paris constituait un noeud de communications vital : tous les ponts sur la Seine, depuis Rouen, avaient été démolis par l'aviation des Alliés, sauf à Paris et en banlieue. Or les troupes allemandes, en retraite du front de l'Ouest, devaient impérativement passer. Von Choltitz contre-attaqua donc.

    A 15 h, un char canonna la préfecture puis se retira tandis que des attaquants à pied, dans le Quartier Latin, tiraient contre des barricades, contre le P.C. du colonel Lizé et contre les policiers retranchés dans la préfecture. Chez les insurgés, le manque d'armes, de munitions, se fit très vite sentir et ils en prenaient aux ennemis abattus. Les drapeaux tricolores flottaient sur la préfecture, l'Hôtel de ville occupée par les F.F.I., l'Ile de la Cité était pavoisée.

     

    Le 20 août, par l'entremise du consul de Suède, Nordling, une trêve fut conclue avec les Allemands. Toutes ces journées et celles qui suivirent, les médecins, infirmiers, secouristes de la Croix-Rouge française se dépensèrent sans compter, en y laissant parfois leur vie, auprès des blessés qu'ils évacuaient vers les points sanitaires et les hôpitaux.
     

    Du 20 au 25, les Allemands attaquèrent les mairies du 17e, du 20e, de Neuilly (dès le 19 à 18h00). Les combats se déroulaient dans tous les arrondissements mais aussi en banlieue, à Nanterre, Suresnes, Aubervilliers, Ivry-sur-Seine, au fort de Rosny. Le 22, l'ennemi évacua le fort de Romainville après avoir abattu la centaine d'otages détenus. Tout au long de ces journées, les exécutions se poursuivirent dans la région parisienne : 35 le 17 août, 17 le 19 août, 39 le 20 août, etc.

    Gare Montparnasse, le général de Gaulle accueilli par le général Leclerc et Rol-Tanguy, le 25 août 1944
    Gare Montparnasse, le général de Gaulle accueilli par le général Leclerc et Rol-Tanguy, le 25 août 1944. Source : Collection Gandner - Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin (Ville de Paris)

    Le 21, le C.P.L. puis le C.N.R. décidèrent donc de rompre la trêve. Partout dans Paris les barricades se multiplièrent, dressées par une population déterminée. Parodi décida la reprise des combats. Aux abois, les Allemands tiraient sans sommation sur les passants. Nombre de leurs véhicules étaient attaqués à coups de cocktails Molotov et les accrochages étaient fréquents. A l'Hôtel de Ville le C.P.L. s'installa.
     

    Harcelés, les Allemands se retranchèrent sur quelques points forts. Le plus important sur la rive gauche était le Palais du Luxembourg, le Sénat, hérissé de petits blockhaus et gardé par des chars.
    La veille, Rol-Tanguy avait envoyé le commandant Gallois rendre compte de la situation aux Alliés dont les troupes atteignaient maintenant Mantes-la-Jolie, Chartres, Fontainebleau.

    Le 21, grâce au chef F.F.I. de Corbeil, Gallois, accompagné du docteur Monod, atteignit les lignes américaines à Pussay (Seine-et-Oise). Au P.C. de la 3e armée U.S., à Courville (Eure-et-Loir) il rencontra Patton qui l'envoya à Laval (Mayenne) au Q.G. du 12e groupe d'armées U.S. où il exposa la situation au général Sibert, puis au général Leclerc.

    Sans en référer au commandement allié, Leclerc décida d'envoyer vers Paris, en éclaireur, un élément léger sous les ordres du commandant de Guillebon qui atteindra Trappes. Devant l'opposition du général Gerow, chef du 5e corps d'armée américain sous les ordres duquel la 2e D.B. était placée, Leclerc tenta de joindre le général Bradley, commandant le 12e groupe d'armées.

    Ce dernier était avec le chef suprême pour l'Europe, le général Eisenhower, auprès duquel intervenait le général de Gaulle. Finalement, le 22 au soir, la 2e D.B. reçut l'ordre de faire mouvement sur Paris, appuyée par la 4e D.I.U.S. Au même moment, dans la capitale, les Allemands contre-attaquaient depuis le Luxembourg, reprenaient la mairie du Ve. Le 24, la 2e D.B. fonçait. Ses groupements passèrent par Châteauneuf-en-Thimerais, Maintenon, Epernon (Eure-et-Loir), Rambouillet (Seine-et-Oise).

    De violents combats eurent lieu à Palaiseau, à Champlan pour réduire des canons antichars, ainsi qu'à Toussus-le-Noble, Jouy-en-Josas, Clamart, Wissous, Croix-de-Berny, Fresnes, Antony.
    Massu et ses hommes atteignirent le pont de Sèvres où ils durent stopper à 21 h 30.
     

    Dans Paris, depuis la caserne de la place de la République (bastion de 1 200 hommes, 8 blindés, de dizaines de canons et de mitrailleuses), l'ennemi attaquait les barricades du boulevard Voltaire.
    En fin d'après-midi, un avion léger Piper, piloté par le capitaine Callet de la 2e D.B., survola la ville et son observateur, le lieutenant Mantoux, jeta dans la cour de la Préfecture de Police un papier lesté portant un message de Leclerc : "Tenez bon, nous arrivons".

     

    Au carrefour de la Croix-de-Berny embouteillé, le général Leclerc brusqua l'avance de ses unités, décidant d'envoyer coûte que coûte le capitaine Dronne à Paris avec quelques véhicules (3 chars et des half-tracks d'infanterie et de sapeurs). A la nuit tombée, par la porte d'Italie, entrèrent ainsi dans Paris les premiers soldats de la France libre, la «nueve» (9e compagnie du R.M.T.) composées en partie de républicains espagnols.

    Suivis des tanks Sherman du 501e R.C.C. Romilly, Montmirail, Champaubert, Dronne et son chauffeur Pirlian atteignirent l'Hôtel de Ville à 20 h 45.

    Le capitaine rencontra G. Bidault, Luizet, Chaban-Delmas. C.N.R. et C.P.L. se réunirent. La Radio française clama sur les ondes l'arrivée de la 2e D.B. Le bourdon de Notre-Dame résonna, tout comme les cloches de l'église Saint-Gervais.

    Le 25, dès l'aube, toute la 2e D.B. entra dans Paris par les portes de Saint-Cloud, d'Orléans, de Gentilly, d'Italie. Leclerc passa porte d'Orléans, rencontra Chaban-Delmas place Denfert-Rochereau puis, par l'avenue du Maine, atteignit la gare Montparnasse où il installa son P.C. Le nettoyage systématique des ennemis cernés commença. Parallèlement, la 4e D.I.U.S. entrait dans Paris par la Porte d'Italie.

    Au petit pont, les forces Leclerc en action, 25 août 1944.
    Au petit pont, les forces Leclerc en action, 25 août 1944. Photo DMPA

    Le 12e cuirassiers était à Bagneux à 10 h 53, à 11 h 30 quai de Javel, à 11 h 57 à la Tour Eiffel où, à 13 h, les pompiers hissèrent le drapeau tricolore.
     

    A 14 h, Massu était à l'Arc de Triomphe, saluait le Soldat Inconnu puis attaquait l'hôtel Majestic, avenue Kléber, siège du haut commandement militaire allemand en France.
     

    L'Ecole Militaire, au Champ de Mars, fut assaillie par le capitaine Gaudet, ses tanks tirant sur toutes les fenêtres tandis que l'attaque à pied était menée par des éléments du R.M.T. avec deux sections de F.F.I. de l'Eure. Le char Montcornet, du 12e R.C.A., entra en tirant à l'intérieur de la cour d'honneur. A la fin du combat, les Français comptaient 5 tanks Sherman détruits pour 600 Allemands prisonniers, des dizaines de morts, trois fois plus de blessés.

    Le gros centre de résistance ennemi, autour du Palais Bourbon et du quai d'Orsay subit l'assaut des spahis, des cuirassiers, des F.F.I., des marins du R.B.F.M. ; parmi eux, l'enseigne de vaisseau Philippe de Gaulle. Le char Quimper fut détruit ; le Metz tenait sous son feu l'esplanade des Invalides. Dans le Ve, dès l'aube, les blockhaus du Luxembourg étaient pris par des éléments du R.M.T., du 501e R.C.C., aidés par les F.F.I. du colonel Fabien, avant que la 2e D.B. n'arrive en renfort pour détruire chars et canons.

     

    Par le boulevard Saint-Michel, les soldats de Leclerc gagnèrent l'Ile de la Cité, la Préfecture, passèrent sur la rive droite rue de Rivoli, avançant vers la Concorde et l'Opéra.
    Au Luxembourg, une garnison de 600 hommes se rendit. De 9 à 17 h se déroula le combat de la caserne de la République par les rues et les toits. Les défenseurs se rendirent le soir aux émissaires français et allemands.

     

    Dans le IIe, la Kommandantur de la place de l'Opéra était reprise vers 14 h 30.
    La bataille se développa autour des Tuileries. Place de la Concorde, le char Douaumont du 501e R.C.C. aborda un tank ennemi ; le chef de char, Bizien, fut tué. Rue de Rivoli se déroula l'attaque de l'hôtel Meurice. Les officiers, de La Horie, Karcher, Franjoux et leurs hommes, s'en emparèrent, capturant von Choltitz et son état-major.

    A 16 h 30, le ministère de la Marine était conquis. Von Choltitz fut emmené à la Préfecture de Police où Leclerc s'entretenait avec le général américain, chef de la 4e D.I.U.S. qui, par la gare de Lyon, avançait vers Vincennes. Vers 16 h, le général allemand y signa l'acte de capitulation. Conduit à la gare Montparnasse, P.C. de la 2e D.B., il y signa l'ordre de cessez-le-feu et de reddition à transmettre à ses troupes.

    Le général de Gaulle et le général Leclerc le 25 août 1944
    Le général de Gaulle et le général Leclerc le 25 août 1944. Photo ECPA

      

    Peu après, Leclerc exposait la situation au général de Gaulle qui venait d'arriver. Il s'agissait pour ce dernier d'assumer sa légitimité et d'installer une nouvelle administration. Alors que les membres du C.N.R. et du C.P.L. l'attendaient à l'Hôtel de Ville, il gagna le ministère de la guerre où il reçut son délégué et le préfet de police. Ce n'est que vers 19 h qu'il se rendit à l'Hôtel de Ville, où il prononça un discours resté célèbre.

    Le 26, Paris connut une allégresse populaire indescriptible, fêtant les libérateurs. De Gaulle, à 15 h, salua le Soldat Inconnu puis, de l'Etoile, suivi des chefs de l'insurrection, des autorités civiles et des généraux français, descendit à pied les Champs-Elysées parmi une foule immense, et se rendit à Notre Dame où retentit un Magnificat.

    Place de l'Etoile, départ de la descente des Champs Elysées. Au centre le général de Gaulle, à sa gauche le général Koenig, à sa droite les généraux Leclerc et Juin, 25 août 1944
    Place de l'Etoile, départ de la descente des Champs Elysées. Au centre le général de Gaulle, à sa gauche le général Koenig, à sa droite les généraux Leclerc et Juin, 25 août 1944. Source : Collection Correira - Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin (Ville de Paris)

    Sur le parvis de Notre-Dame on attend l'arrivée du général de Gaulle

     

    Sur le parvis de Notre-Dame on attend l'arrivée du général de Gaulle. Photo DMPA

    Installé au ministère de la guerre, de Gaulle reçut les chefs de la Résistance puis les secrétaires généraux exerçant les fonctions de ministres, affirmant ainsi la suprématie du Gouvernement provisoire reconnu par les Alliés le 23 octobre.
     

    L'ennemi, qui contrôlait toujours les routes de l'Est et du Nord-Est, risquait toujours de contre-attaquer : le soir même du défilé, 150 appareils de la Luftwaffe bombardaient Paris, causant 189 morts. Le lendemain, Leclerc lança le groupement Roumiantsoff sur Saint-Denis, Le Bourget, tandis que les groupements Dio et Langlade avançaient vers Montmorency et Gonesse.

    II fallut de violents combats, du 27 au 30 août, pour que Paris ne soit plus menacé.
     

    Le 2 avril 1945, la ville de Paris fut décorée de l'Ordre de la Libération.

    Source : MINDEF/SGA/DMPA

     

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    Août 1944 - La 2ème DB en Normandie Août 1944 - La 2ème DB en Normandie
    La 2ème Division Blindée du général Leclerc
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    Vidéo sur la libération des villes de France Vidéo sur la libération des villes de France
    Version légère pour modem 2,38 MB. Source MINDEF/SGA/DMPA
    Vidéo Vidéo "Libération des villes de France"
    Version pour connexions ADSL 8,24 MB. Source MINDEF/SGA/DMPA
    1944 - 2004 1944 - 2004
    Découvrez nos pages sur le débarquement de Normandie et la libération de la France
     sources http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichepage.php?idLang=fr&idPage=2172
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    Les petites histoires du débarquement

    Les petites histoires du débarquement
    Le débarquement    
    « …blessent mon cœur d’une langueur monotone »
    Le Colonel Helmut Meyer, chef du 2e bureau de la 15e Armée allemande avertit son chef
    à 22 h 15. Ces vers ont été captés dans la soirée du
    5 juin 44.
    Les Allemands savent que ce message annonce le débarquement dans les 48 h. L’information remonte jusqu’au QG de Rommel à la Roche sur Guyon, mais s’arrête là.
    Le général Speidel n’avertit pas les unités sur la côte.
    Et puis, pourquoi les alliés débarqueraient-ils ?
    La météo est mauvaise, il fait un temps à ne pas mettre un navire en mer.
    Les Allemands savent que les Alliés sont prêts.
    Les bombardements se sont intensifiés.
    Mais le front d’invasion reste une interrogation – où va-t-il se passer ?
    Les avis divergent.
    Speidel est confiant, Rommel n'est-il pas parti en Allemagne?
    Parti, en voiture, pour l’anniversaire de sa femme et aussi rencontrer le Führer.
    Et puis, il y a déjà eu tant de fausses alertes.

    Cela nuit au moral des troupes, cela les fatigue et les empêche de travailler aux fortifications,
    cela nuit à leur entraînement.
    0 h 15, le 6 juin, les premiers parachutistes sautent
    Les Américains dans la région de Ste Mère l’Eglise, les Britanniques sur le Canal de Caen à la mer, dans le région de Bénouville. Les Allemands alertent leurs troupes de la zone à 1 h 30 mais personne ne croit à un débarquement. « »...
    Il n’y a pas de ports dans la région. Ce que les Allemands ignorent, c’est que les Alliés amènent des ports dans leurs bagages.
    Le débarquement a commencé.
    Pour en arriver là il a fallu 30 mois d’efforts, de compromissions, de préparations, de tâtonnements, de recherches, d’inventions, de morts...
    Le Jour J est fixé en fonction d’impératifs de marées et de lunaisons.
    Il faut qu’il fasse suffisamment clair pour éviter les confusions (la lune est souhaitée).
    Il faut procéder à la mi-marée pour une meilleure visibilité des obstacles inventés par Rommel et disposés sur les plages et dans l'arrière pays.
    (Les Allemands utilisent tout pour obstruer les plages, même les « grilles belges », qui en 1940 n’ont pas arrêté les Panzers lors de l’invasion de la Belgique.)

    La meilleure date est le 4 juin à l’aube, mais la météo en décide autrement.
    Le débarquement aura lieu le 6.
    Sinon, il faut le reporter à la mi-juin, c’est impossible.Trop de monde est en route.Le secret ne pourra plus être gardé. Les hommes sont malades sur les bateaux, secoués depuis plusieurs jours par la mer du Nord.
    Les bombardements alliés ont réussi, momentanément, à isoler la Normandie et les ports de la Seine.
    L’opération « Fortitude » qui bluffe les Allemands en leur faisant croire que c’est l’armée de Patton qui envahira la France risque d’être découverte.
    La résistance a entamé les destructions des moyens de communications et le sabotage des voies ferrées.
    Et voila.
    5539 bâtiments, soutenus par plus de 800 avions, avancent dans le brouillard de cet été de 1944 vers les côtes de Normandie.
    Parmi eux 4126 navires de transport, des paquebots aux chalands automoteurs à fond plat et à faibles qualités nautiques, mais aussi 1213 navires de soutien dont
    7 cuirassés, 2 monitors, 23 croiseurs et 80 destroyers.
    Cette armada transporte 287.000 hommes,leurs armes, leurs munitions, leurs équipements, leurs véhicules et l'essence pour les faire fonctionner.
    Il y a aussi tous les services sanitaires, le plasma, les pansements et la pénéciline.
    Dans le ciel, 2.355 avions de transport et
    867 planeurs amènent 3 divisions aéroportées
    soit 27.000 parachutiste.
    Il y a deux divisions américaines (la 82e et la 101e) et une britannique (la 6e).
     

    6 juin 44
    5 h 05, les batteries allemandes de Utah ouvrent le feu sur l’Armada alliée qui riposte.
    6 h, la côte est bombardée par 2.500 avions qui déversent 11.000 tonnes de bombes.
    6 h 30, les premiers soldats américains posent le pied sur le sol français, à cause du décalage de marée, les Anglais débarquent à partir de 7 h 30.
    Si à Utah cela n’a pas beaucoup d’importance, les Américains y débarquent zn effet,par erreur, à 2 km au sud du point prévu heureusement beaucoup moins défendu.
    A Omaha, la situation est grave, 32 des chars amphibies lancés de trop loin coulent, 28 sont détruits par l’artillerie allemande dès leur arrivée sur la plage,les hommes sont foudroyés dès leurs sorties des LCVP et des LCI.
    Tout va mal. Heureusement, soutenus par l’artillerie des destroyers, les soldats réagissent peu à peu, se hissent sur les collines et neutralisent les défenses allemandes.
    A la pointe du Hoc les Rangers escaladent la falaise, se font tuer pour rien, les canons prévus ne sont pas là.
    Chez les Britanniques les opérations se déroulent sans problème majeur.

    La tenue de combat des GIs.
    Du casque aux brodequins.
    Le GI (Government Issue) sobriquet donné pendant la seconde guerre mondiale au soldat de l’armée américaine, a reçu pour le Jour J un harnachement très sophistiqué.
    La tenue du débarquement comprend : un casque, couvert de peinture anti-reflet et orné de l’insigne de la division ; 1 treillis de coton imprégné contre les gaz vésicants ; des guêtres en toile forte et des brodequins en cuir. Le soldat porte 1 bouée de sauvetage, 1 ceinturon cartouchière à dix poches présurées contenant 1 clip de fusil (8 cartouches), 1 coupe-fil, 1 bidon, 1 quart, 6 jours de rations, 1 pochette pour paquets de pansements, 2 plaques d’identité, 1 pelle accrochée au havresac qui comprend 1 gamelle, 1 flacon de pastilles d’Halozone pour purifier l’eau, 2 mouchoirs, 4 boîtes d’alcool solidifié, 1 boîte d’insecticide, 1 couteau, 1 manteau de pluie, 4 paires de chaussettes, 1 cuillère et des articles de toilette. Son fusil semi-automatique Garand est protégé par un étui imperméable. Et en plus, 1 équipement anti-gaz avec masque.
    L’approvisionnement en munitions est accru par des cartouchières à 6 poches croisées sur sa poitrine.

    Au soir du 6 les Alliés ont mis à terre 135.000 hommes.
    La deuxième vague peut débarquer, mais aucun des objectifs fixés n’est atteint.
    A Omaha la percée américaine ne dépasse pas 1500 mètres.
    Un couloir de 11 km sépare Juno et Sword.
    Ce retard peut être expliqué, d’une part par la résistance allemande, la contre-attaque de la 21e Panzer division, l’intervention de la marine allemande qui coula le destroyer norvégien Severn, celle des batteries côtières qui coulèrent le destroyer américain Corry et retardèrent le débarquement des péniches.
    La précision des tirs des batteries est telle que les Alliés comprennent que les Allemands réglaient leurs tirs grâce au barrage des ballons au-dessus des navires.
    A 11 h 30 ils décident de couper le câble et du coup la précision des tirs cesse.
    D’autre part, les planificateurs avaient été trop optimistes. Car, même, à Utah où tout s’était bien déroulé, les troupes sont en retard sur le planning.
    La 56e brigade britannique s’arrête à 20 h 30 devant Bayeux, vide de tout ennemi.
    Caen et son aérodrome sont toujours aux mains des Allemands.
    Il faudra attendre le 8 juin pour que la bande de littoral occupée soit de 10 à 15 km de profondeur sur une largeur de 50 km.
    On estime que le 6 juin, 10.000 hommes furent mis hors de combat et parmi eux il y eut 2.500 tués parmi les Alliés. Le chiffre des pertes allemandes est inconnu, ceux-ci étant dans l’impossibilité de le communiquer à leur hiérarchie à cause du cahot existant.
    Certes, et les faits vont le prouver, la Bataille de Normandie est encore loin d’être remportée. Mais la vitesse à laquelle les renforts arrivent laissent présager que les Allemands ne pourront pas reprendre l’initiative tactique.
    Il manque d’ailleurs un plan concret aux Allemands pour repousser les Alliés.
    Churchill proclamera le 12 juin lors de sa visite sur les plages que « La bataille des plages est terminée ».

    Musée des troupes aéroportées
    Le musée 6 juin 1944, D. Day, évoque les opérations aéroportées de la 6ème Division britannique dans l’estuaire de l’Orme. Des vitrines exposent uniformes et armement. Une maquette explique les zones de parachutage, des photos montrent l’entraînement des hommes en Angleterre.
    Le pont de Bénouville
    ou
    "Pegasus bridge"
    Le pont de Bénouville fut mis en place sur le canal de Caen, au début de l’année 1934.
    Il s’agissait d’un pont levant, mû par un moteur électrique. Ses mouvements étant contrebalancés par un poids en béton.
    En souvenir de sa prise le 6 juin 1944, par les paras britanniques, il prend le nom de « Pégasus Bridge ».
    Suite à des travaux, le pont historique fut alors transporté sur un terrain du Domaine Public Maritime
    En 1998, le Comité du Débarquement décida de le faire installer à proximité immédiate du nouveau musée de Ranville, pour constituer un nouvel ensemble baptisé :
    « Mémorial Pégasus ».
    Le 6 juin 44.
    A 0 h 16, Walwork, pilote du premier planeur, annonce au commandant Howard qu’ils sont largués.
    Comme de gigantesques chauve-souris, les 6 planeurs transportant chacun une vingtaine d’hommes, se dirigent vers les ponts enjambant le Canal de Caen et l’Orme à Bénouville.
    Le choc est très brutal, les planeurs heurtent le sol à 150 km/h.
    Walwork a si bien manœuvré que le nez du planeur s’immobilise dans le réseau de barbelés de la défense du pont.
    Il est à noter que Walwork est le premier Anglais à toucher le sol français ; en effet, il fut projeté à travers le cockpit et tomba la tête la première sur le sol de France.
    En un clin d’œil les parachutistes s’éjectèrent des planeurs et attaquèrent les positions allemandes.
    Tout est terminé en moins de 3 minutes, les Allemands ayant été totalement surpris.
    C’est alors que les Anglais s'aperçoivent que les charges destinées à faire sauter les ponts n’avaient pas été installées par l’ennemi.
    Dans son trou, le radio répéte sans arrêt dans son micro « Jambon et confiture ».
    Le signal annonçant la prise de l’objectif.
     

    Les "Rigolos" débarquent
    Sur la plage de GOLD, une des plages anglaises devant La Rivière, ne comportant ni dunes, ni digues , mais des mines et des emplacements d'artillerie, le premier blindé spécial à débarquer fut un "Bobbin" suivit d'un "Fléaux" et d'un "Fascine".
    Les britanniques avaient offert tous ces engins aux américains mais ils n'avaient accepté que les "D D."
    C'est, suite à l'échec de Dieppe et sur la ténacité de W. Churchill , que le général Hobart, mis à la retraite en 1940 et considéré comme un personnage excentrique, avait pris le commandement de la 79ème division blindée.
    Cette division produisit : des chars flottants : les "D.D.".Des chars qui faisaient exploser les mines : les "Fléaux".Des chars qui déroulaient des tapis : les "Bobbins".Des chars qui comblaient des fossés : les "Fascines". Des chars qui portaient des ponts : les "A.R.K.". Des chars qui crachaient des flammes : les "Crocodiles" et aussi des chars de protection pour les sapeurs tirant un projectile de 20 kilos (les poubelles volantes) capable de détruire les fortification : les "Pétards. Tous ces chars furent vite surnommés par la troupe "Les Rigolos".

    Faits divers
    Ne conservez pas les bidons à essence
    En raison de l’urgence des besoins de l’armée alliée en bidons du type « jerricans », les particuliers devront remettre ces bidons aux pompistes qui les leur auront délivrés.
    Rubrique autos
    Particulier,
    Recherche camionnette bâchée.
    Peugeot D K gazo 3194 V 4.
    Volée par les Allemands en juin 1944.
    Peut être dirigée sur la Normandie.
    Récompense.
    Ecrire bureau du journal.
    Attention, danger !
    Il se trouve que des civils se sont procurés, auprès des troupes alliées, du combustible pour lance-flammes, qu’ils ont l’intention, suppose-t-on, d’utiliser pour des véhicules à moteurs. Une telle pratique est extrêmement dangereuse et il semble nécessaire que les civils en soient avertis.
    Caen – 14 septembre
    Bons d’achat de pneus vélo.
    Les services de la Préfecture sont fréquemment saisis de bons d’achat de pneus vélo. Les usagers sont informés que les attributions sont suspendues momentanément, faute de contingent. La distribution des pneumatiques reprendra lorsque l’Office du Caoutchouc sera en mesure d’accorder une dotation par département.
    Bons d’achat de pneus vélo
    Les services de la Préfecture sont fréquemment saisis de bons d’achat de pneus vélo. Les usagers sont informés que les attributions sont suspendues momentanément, faute de contingent. La distribution des pneumatiques reprendra lorsque l’Office du Caoutchouc sera en mesure d’accorder une dotation par département.
    Brest - 7 décembre
    Jean Gabin en permission à Brest.
    Jean Gabin était mardi à Brest.
    Non pour y tourner un film mais en permission.
    Engagé dans les Forces Françaises Libres, d’abord comme second maître, sur un pétrolier, le célèbre artiste de cinéma signa ensuite un engagement dans le régiment blindé des fusiliers-marins. Il rejoignit la 2e D.B à Royan..
    Bénouville -6 juin
    Un contrat est un contrat.
    Ce 6 juin 44 à 8 h du matin, les ouvriers italiens engagés par les Allemands sont venus afin de planter les poteaux destinés à empêcher l’atterrissage des planeurs.
    Déconcertés par la présence des aéroplanes sur le terrain, ils décidèrent, à la grande joie des parachutistes britanniques de planter les poteaux autour des appareils
     

    " Maman ! ils sont tous noirs ! "

    Ils arrivent ! La nouvelle a couru de porte en porte dans le village du Cher où ma mère s’est réfugiée.
    Ils arrivent ! Ce sont les libérateurs, bien qu’ils n’y ait rien à libérer dans Nevy-sur-Barangeon où les Allemands n’ont jamais mis les pieds, sinon pour passer très vite. Ce qui n’a pas empêché une fièvre résistante dans les premiers jours de juillet 44. Des tractions-avant, peinturlurées du signe F.F.I. en grosses lettres blanches, traversaient le pays en crissant des pneus dans les virages. Elles allaient si vite que l’une d’elles a failli écraser ma copine Francette.
    On dit que les Américains ne sont pas loin. "Dis, maman, c’est quoi les Américains" ? J’ai saisi qu’ils venaient de très loin.
    Ils arrivent. Tous les habitants sont regroupés sur la place Ils crient, ils agitent des drapeaux. Un Monsieur nous en tend un "Tenez c’est le drapeau américain ". Une dame, près de nous, se précipite " Vive l’Amérique ".
    Soudain, stupeur, Francette me prend la main et nous restons figés devant la première auto sans toit.
    Dedans il y a quatre Messieurs tout noirs. Comme si on les avait couverts de charbon. On ne voit que leurs dents blanches quand ils rigolent. Et ils rigolent tout le temps.
    Un monsieur tout noir se penche vers nous. On ne comprend pas ce qu’il dit, sauf "chocolate".
    "Prenez les enfants", nous assure une vieille dame c’est du "chewing-gum".
    Un peu méfiant, je goûte quand même. Ca sent la menthe mais ça ne fond pas. C’est même dur à avaler.
    Par contre avec le chocolat, on se régale, on s’en met plein la bouche. Je m’arrête brusquement, pris d’une terrible angoisse "Si ça se trouve, c’est du poison ! T’as vu comment y sont … ! "
    Francette hausse les épaules "Moi je sais pourquoi ils sont tout noirs ".
    "Ah bon ? Et pourquoi ?" Et elle, doctorale : " C’est parce qu’ils mangent trop de chocolat !"  

      

    Les petites histoires du débarquement

      

     

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    Le Jour J, résumé des opérations

    La journée du 5 juin : le report

     

    Le jour J est initialement prévu pour le 5 juin 1944. Comme la tempête fait rage dans la Manche, Eisenhower est obligé de reporter l'opération, le 4 juin à 9h45. Il décide de retarder l'attaque pour le 6 juin à l'aube, la météo annonçant une légère accalmie.

    Au même moment, Rommel tranquillisé par les prévisions de mauvais temps, décide de partir en Allemagne pour fêter en famille l'anniversaire de son épouse et profiter de rencontrer Hitler afin de lui arracher le commandement des réserves blindées.

    Durant la journée du 5 juin, près de 20'000 navires de toutes sortes, des cuirassés au barges de débarquement, quittent les ports anglais. Ils transportent 280'000 combattants.

    La mer est démontée, le plafond bas. Les hommes sont transis et souffrent pour beaucoup d'entre eux d'un violent mal de mer.


     

    La nuit du 5 au 6 juin : GO !

    Le 5 juin 1944, à partir de 22 heures, des milliers d'avions vont décoller des dizaines de terrains d'aviations disséminés à travers de l'Angleterre. Leur mission : bombarder et neutraliser toutes les organisations défensives allemandes ainsi que les voies d'accès au secteur prévu pour le débarquement.

    Le commandement allemand remarque bien évidemment cette activité aérienne anormale, mais suite à l'opération Fortitude et sa formidable intoxication, c'est l'armée du Pas-de-Calais qui est mise en alerte et non pas celle qui défend les plages normandes.

      

      

    A minuit, le 6 juin, les premiers parachutistes et planeurs britanniques atterrissent près des ponts situés sur l'Orne et le canal menant à la mer. Malgré la dispersion des effectifs, les principaux points sont rapidement pris à l'ennemi et solidement tenus : Pegasus Bridge dès 0 heure 20, la batterie de Merville dès 4 h 30 après de furieux combats au corps à corps.

    Dans le secteur situé à l'arrière de Utah Beach, les divisions parachutistes américaines (101ème et 82ème) sautent dans le secteur de Sainte-Mère-Eglise. La dispersions des effectifs est effroyable et de très nombreux parachutistes vont se noyer dans les marais, emportés au fond par les 80 kg de leur équipement. Néanmoins, Ste-Mère-Eglise est tenue dès 0 heure 30 et Ste-Marie-du-Mont, proche de Utah Beach, est occupée dès xx heures. (6h30 ?).

    A 1 heure 45, Von Runstedt est informé des parachutages alliés et met en alerte toutes les unités de la côte, ainsi que la 21ème division Panzer, stationnée dans la région de Falaise.


     

    L'aube du 6 juin : 5.000 navires face à 100 km de côtes

    L'aube du Jour J va se lever. Sur les 2 côtés du champ de bataille, se battent depuis minuit 18'000 américains, canadiens et britanniques.

    Face aux 5 plages voguent 5'000 navires. Vers 2 heures du matin, ils stoppent et les hommes commencent à descendre dans les barges de débarquement à fond plat. La première vague américaine doit toucher les plages de Utah et d'Omaha à partir de 6 heures 30. La première vague anglo-canadienne doit toucher les plages de Gold, Juno et Sword à partir de 7 heures 30. Ce décalage est dû au fait que les heures de marées ne sont pas les mêmes sur les 2 fronts.

    Pendant ce temps, les soldats allemands rejoignent leurs postes de combat, face à la mer.

    A 4 heures, les bombardiers alliés les attaquent massivement, pilonnant, ensevelissant les positions repérées à l'avance. Lorsque la fumée et la poussière des bombardements cessent, ce sont les cuirassés, croiseurs et destroyers qui passent à l'attaque et qui martèlent les positions défensives allemandes.

    Image : source inconnue

    Les LCA se mettent en position pour l'assaut au milieu d'une mer déchaînée
    sur laquelle ils sont ballotés en tous sens. Les hommes sont malades, mouillés,
    transis de froid et de peur avant le combat. L'officier, debout à gauche,
    tente d'apercevoir la côte qui reste cachée par les fumées des bombardements.

     

     

    Armored Divisions

    Image : source inconnue

    Vue de la plage depuis un LCA, quelques secondes avant que la porte avant ne s'ouvre.
    Plusieurs barges sont déjà échouées sur la plage où les combats font rage.
    Image : source inconnue

    Sur cette photo prise durant les opérations, on se rend compte que la mer était mauvaise.
    De nombreuses barges coulèrent ce jour-là à cause de la houle. On voit un LCA en train de couler.

     

     

     

    Shoulder patches of the larger units participating in D-Day. All are from my personal collection. L-R (top) 82nd Abn Div., 101st Abn Div., (middle) 2d Ranger Bn, 5th Ranger Bn, (bottom) 1st Inf. Div., 2nd Inf. Div.

    (Top) 4th Inf. Div., 5th Inf. Div., 8th Inf. Div., (middle) 9th Inf. Div., 28th Inf. Div., 29th Inf. Div., (bottom) 30th Inf. Div., 35th Inf. Div. 79th Inf. Div.

    83rd Inf. Div., and 90th Inf. Div.

      

    La journée du 6 juin 1944 : le débarquement

     

     

    Image : source inconnue

    Des marins de l'USNavy sont en train de démonter des mini-chars "Golliath" sur la plage d'Utah Beach.

    Utah Beach, la décision de Roosevelt

     

     

    A Utah, la première vague atteint la plage à 6 heures 30, non pas à la hauteur de St-Martin-de-Vareville comme prévu, mais à 2 km plus au sud, face au point d'appui allemand W5.

    La résistance allemande est faible, les positions défensives ayant été disloquées par les divers bombardements. De plus, grâce à l'erreur de navigation, les unités se trouvent hors de portée des batteries allemandes situées plus au nord de la zone.

    Le général Roosevelt qui a débarqué avec la première vague et s'est aperçu de l'erreur, prend alors la décision de poursuivre le débarquement là où il a commencé.

    Très vite, une puis deux sorties de plages sont ouvertes grâce au génie. La 4ème division s'engouffre dans la brèche. La jonction avec les parachutistes de la 101ème division est réalisées dans les premières heures de la matinée à Ste-Marie-du-Mont, à Pouppeville, près de St-Martin-de-Vareville, à Audouvillé-la-Hubert.

    Toute la journée, des combats décousus vont se poursuivre sur une vaste zone, entre les parachutistes américains qui tentent de se regrouper et qui cherchent également à joindre les fantassins de la 4ème division débarquée, et les grenadiers allemands de la 91ème division.

    Au sud, le 6ème régiment allemand de parachutistes du Lieutenant-Colonel Von der Heydte barre la direction de Carentan et contre-attaque. Un de ses bataillons réussit à atteindre le centre de la zone occupée par les parachutistes américains, à Turqueville, à proximité même de Ste-Mère-Eglise qui a été délivrée par la 82ème division parachutiste américaine, peu après minuit.

    Ainsi, le soir du 6 juin, dans cette zone, on ne peut pas parler d'un front clair, les Américains tenant une bande côtière ainsi qu'un foisonnement de petits secteurs, hameaux, carrefours. Il faudra encore deux jours pour que la zone comprise entre Utah Beach et la nationale 13 soit complètement conquise.

     

     


    La Pointe du Hoc, les Rangers héroïques

     

    Entre Utah et Omaha Beach, la Pointe du Hoc domine la mer de sa falaise verticale de plus de 30 mètres. Surtout, elle est couronnée d’une batterie d’artillerie de 4 pièces de 155 mm qui menacent les 2 plages américaines.

    Pour cela, on a confié au Colonel Rudder du 2ème bataillon de Rangers la délicate mission de prendre la falaise d’assaut et de s’emparer de la batterie d’artillerie.

      

    La vie s'organise au pied des casemates allemandes. Les prisonniers descendent vers la plage
    pour y être embarqués en direction de l'Angleterre. Le drapeau américain signale à l'aviation alliée
    que le lieu est entre les mains des Rangers. On voit très bien en haut à droite la Pointe du Hoc
    et le petit bout de plage de roches devant elle. Cette photo a été prise le 8 juin 1944,
    soit 2 jours après le Débarquement, le jour même où les troupes débarquées à Omaha Beach
    ont enfin pu rejoindre les Rangers épuisés par 2 jours de combats incessants.

      

      

    Dans les jours précédents le débarquement, la Pointe du Hoc a fait l’objet de bombardement aériens massifs qui obligèrent les artilleurs allemands à retirer les pièces de leurs casemates pour les installer provisoirement dans un petit chemin de campagne non loin de la batterie. Néanmoins, les Alliés ignorèrent ce changement.

    A l’aube, les Rangers partirent donc à l’attaque des falaises de la Pointe du Hoc avec des échelles de pompiers installées sur des chalands, des cordes tirées avec des fusils, des grapins, des échelles pliables, etc.

    Après une escalade meurtrière, les Rangers occupent la position et devront affronter plusieurs contre-attaques dans les 2 jours qui suivirent avant d’être relevés par l’infanterie venue depuis la plage d’Omaha.

     

    Image : source inconnue

    Au pied de la falaise, un infirmier apporte les premiers soins aux blessés.
    Dans le fond, on peut deviner la plage d'Utah Beach, distante d'une douzaine de kilomètres.

      

      

     

    Image : source inconnue

    Peu après l'assaut, des hommes aident leurs camarades blessés à sortir de l'eau.


     

     

    Image : source Robert Capa / Magnum Photos, Inc.

    Une des photos historiques les plus poignantes du débarquement de Normandie.
    Elle a été prise lors du débarquement de la première vague d'assaut et on voit les
    GI's pataugeant dans la mer et tentant de rejoindre la plage tout en se protégeant
    derrière les obstacles allemands.

     


    Omaha Beach, la sanglante

     

    Image : source IWM

    Débarquement d'une des premières vagues sur Queen. Sur la plage, un véhicule blindé brûle.
    On voit très bien les obstacles déjà partiellement sous l'eau.

     

     

    Dès le début des opérations, tout s’est très mal passé sur la plage d’Omaha. En effet, le renseignement allié n’a pas eu connaissance de l’installation quelques jours plus tôt de la 352ème division d’infanterie allemande sur les hauteurs de la plage.

    Ce renfort a eu pour résultat que les premières vagues d’assaut des 1ère et 29ème divisions d’infanteries US qui ont abordé la plage à 6 heures 30 se sont heurtées à un déluge de feu qui les a décimées.

    Une grande quantité de chalands ont été détruits avant même d’arriver sur la plage. Tout le matériel lourd dont le génie avait besoin pour détruire les obstacles et murs a été coulé. Les tanks amphibies (DD), lancés trop loin de la côte dans une mer démontée ont coulés les uns après les autres. Rares sont ceux qui ont pu rejoindre la plage.

    Au fur et à mesure que le temps passe, la marée remonte et ne laisse aux GI’s qu’une bande de sable de plus en plus étroite. Un incroyable entassement d’hommes et de matériels va s’accumuler sur la plage toujours battues par les tirs allemands.

      

    En fin de matinée, le Général Bradley qui surveille les opérations depuis son croiseur, le USS Augusta, prévoit même de faire rembarquer les troupes et de les diriger vers la plage d’Utah dont il a reçu des nouvelles optimistes.

    Ce n’est que vers midi trente que sous l’impulsion de quelques officiers supérieurs (général Cotta et Colonel Canham en particulier) les sapeurs vont pouvoir ouvrir des brèches dans le « Mur de l’Atlantique » et permettre aux troupes de s’enfoncer dans l’intérieur.

      

    Le soir, Vierville, Colleville et St-Laurent sont prises. Les troupes allemandes, à court de munition, ont été obligées de se replier en attendant des renforts qui ne viendront pas.

    La résistance allemande à Omaha Beach (2 divisions d’infanteries : 352ème et 716ème) aura démontré que si le Maréchal Rommel avait pu obtenir en réserve directe derrière les plages normandes les divisions blindées qu’il demandait à Hitler, les chances de succès du débarquement auraient été très faibles.

     

     

    Gold Beach, les britanniques à l'assaut de Bayeux

    Dès 7 heures 30, la 50ème division britannique « Northumberland » débarque sur la plage de Gold Beach, entre Asnelle et Vers-sur-Mer. Cette plage est entourée de chaque côté par de hautes falaises.

    Néanmoins, vers 11 heures, 7 passages vers l’intérieur des terres sont ouverts. Les blidés s’y engouffrent et prennent Creully.

    Les patrouilles blindées se dirigent vers Bernières et font la jonction avec les canadiens débarqués à Juno Beach.

    A l’ouest, la route de Bayeux est coupée et la ville elle-même sera prise dès le lendemain. Bayeux sera donc la première ville française libérée.

      

    Enfin, le soir du 6 juin, un commando de marine réussit même à coiffer les hauteurs au sud de Port-en-Bessin, à près de 20 km de son lieu de débarquement et à seulement quelques kilomètres des Américains débarqués à Omaha Beach.

     

     

     

     

     

     

    Image : source US Air Force / National Archives

    Bombardement de la Pointe du Hoc le 4 juin 1944, soit l'avant-veille du Débarquement.
    Une escadrille de B26 Marauders appartenant à la 9ème Air Force pillonne le site.
    On voit très bien l'avancée de la Pointe en direction de la mer et le magnifique "balcon"
    sur les plages que celui-ci offre à l'artillerie allemande.

      

    Image : source IWM

    Courseulles. Débarquement de chars et matériels du First Hussars.

     

    Juno Beach, les canadiens  LES QUEBECOIS à l'oeuvre 

    La 3ème division cannadienne débarque sur Juno Beach, face à Courseulles, dès 7 heures 30. Comme pour les britanniques, les canadiens se font précéder des chars spéciaux qui permettent de déminer et de passer en force au travers des divers obstacles qui constituent la première ligne de défence allemande.

    De durs combats ont lieu entre Courseulles et Bernières-sur-Mer. Néanmoins, la situation tourne rapidement à l’avantage des Canadiens et des patrouilles prennent la direction de Bretteville sur la route de Caen et d’Anisy sur la route de Courseulles à Caen.

     

    Image : source APC

    Le Sgt Gagnon (qui sera tué plus tard) de la Compagnie A du Régiment de la Chaudière
    ramène un prisonnier allemand qui ne semble pas mécontent de voir pour lui la fin des combats.
    Celui-ci en a pourtant déjà connu puisqu'il arbore la médaille des blessés.

     

     
     
     

     

     

    Sword, face aux Panzers 

    Sur Sword Beach, entre Hermanville et Ouistreham, la 3ème division britannique débarque dès 7 heures 30, précédée des chars fléaux démineurs.

    En dépit de l’intense préparation d’artillerie navale et aérienne, de nombreux points d’appuis allemands sont indemnes. Dès que les chalands de débarquements abordent la plage, les fantassins sont pris sous le feu des armes automatiques et des canons anti-chars.

    Il faudra attendre 9 heure 30 pour que la plage soit nettoyée et que puisse être commencée la pénétration vers l’intérieur des terres.

    Deux objectifs majeurs : faire la jonction avec les parachutistes de la 6ème division aéroportée qui sont à bout de forces devant les contre-attaques allemandes et s’emparer de Caen, objectif du Jour J.

    La jonction avec les parachutistes se fera vers midi et la prise de la crête de Periers en début d’après-midi laisse augurer d’une prochaine entrée dans Caen.

    Hélas, les choses vont tourner au drame puisque la 21ème division de Panzer stationnée entre Caen et Falaise va se mettre en route pour contre-attaquer les positions des parachutistes tout d’abord, avant de recevoir en fin de matinée l’ordre de se porter au-devant des troupes débarquées à Sword.

    Une première contre-attaque se fera dans l’après-midi, permettant même à des grenadiers allemands de percer jusqu'à la mer, mais ce succès éphémère ne pourra pas être consolidé et les panzers livreront surtout des combats qui stabiliseront le front devant Caen pendant plusieurs semaines.

     



     

    On board their assault landing crafts, men of the Royal Winnipeg Rifles heading towards their sector of Juno Beach, June 6th, 1944. Photo by Dennis Sullivan. Department of National Defence / National Archives of Canada,

     

    La situation au soir du 6 juin 44

    Fragile, étroite, éclatée, la tête de pont en terre normande est néanmoins réalisée. Toute la journée, les combats se sont succédés entre les forces alliées et allemandes.

    Une seule grande unité allemande a néanmoins été engagée bien que tardivement, la 21ème Panzer Division, alors qu’au soir, les alliés ont pu débarquer 100'000 combattants.

    Hitler ne donnera son accord qu’à 16 heures, le 6 juin 1944, pour le déplacement de 2 division Panzer qui attendent dans la région parisienne. Ces unités mettront plusieurs jours à rejoindre le front à cause des nombreux raids aériens et des actions de la Résistance française.

    La situation le soir du 6 juin préfigure assez bien la bataille qui va suivre.

    A l’ouest, à la base du Cotentin, une large zone est prise par les Américains, les unités allemandes de diverses natures font face, mais la coupure du Cotentin est amorcée.

    A l’est, les Alliés ne sont qu’à 6 km de Caen. La contre-attaque de la 21ème Panzer a échoué puisque les britanniques n’ont pas pu être rejetés à la mer, mais elle a réussi à leur barrer la route de Caen. La cité ne pourra être prise qu’après de longues semaines de combats de blindés.

    Au centre, la 716ème division d’infanterie allemande a fait front et a rendu le débarquement à Omaha Beach très difficile et coûteux. Le front devra s’élargir en pénétrant le bocage qui s’étend de Caen à St-Lô et Coutance. Ce sera la bataille des haies, qui prendra plusieurs semaines sur un terrain propice à la défense.

    Le 12 juin, Winston Churchill visite la tête de pont et le 14 juin, le Général de Gaulle pose le pied sur le sol libéré et va prononcer un discours historique à Bayeux.

     

    Pegasus Bridge, securely in British hands, is crossed by military vehicles on D-Day plus 1, June 7, 1944. The Trustees of the Imperial War Museum, London  

      

    sources / http://sboos.perso.ch/Normandie44/Jour_J/Fr_JourJ.htm

      

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                                                                                               LANCE ZEDRIC, Illinois -
                                                                     Author, educator, historian & public speaker. 
                                    http://www.lancezedric.com/2011/06/d-day-return-to-fortress-europe-1944.html
                                                                                        insignes US ARMY
     
     
     








     

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    Eté 1944.
    François est un secouriste insouciant de dix-neuf ans, son désir secret est de pouvoir coucher avec son amoureuse.

    Un soir ils sont sur le point de franchir le pas, mais un résistant vient demander de l'aide.

    François monte au maquis pour impressionner la jeune fille et rejoint un groupe de quinze garçons immatures.
    Mais là-haut rien ne se passe comme prévu.

    La guerre les rattrape, marquant brutalement la fin d'une innocence et François se retrouve pris entre deux feux...

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     RESISTANCE

     

     

    Jean-Marie VICO 

     

    Photo collection Jacques Vico

     


    Il a seulement 16 ans lorsqu'il s'engage dans la Résistance en 1940. Il entre en 1942 dans l'Organisation civile et militaire (OCM). Avec son frère, il organise un dépôt d'armes à l'Abbaye d'Ardenne, soutenu par ses parents. Dans sa famille, neuf personnes sont engagées : les deux parents et les sept enfants. Aux côtés de son frère Jacques , Jean-Marie devient instructeur dans l'OCM et poursuit ses études au collège où il prépare les Arts et Métiers jusqu'en décembre 1943. Alertés par l'arrestation de leurs parents, le 16 décembre 1943, les frères Vico ont évacué le dépôt d'armes, à travers champs, chez un futur résistant dans le quartier de la Maladrerie (rue du Clos-des-Roses). Elles seront stockées près des pépinières de Robert Kaskoreff , chef de l'OCM, à l'intérieur des carrières de pierre. Ces armes serviront pendant la bataille de Caen. Après avoir retrouvé son frère par hasard près de Vire chez un autre résistant, Jean-Marie Vico rejoint, le 8 juin 1944, le commandant Léonard Gille de la compagnie Fred Scamaroni. Il participe à la libération de Caen jusqu'au 18 juillet. Puis, il reprend la ferme en main après l'avoir réparée puisque le père est en camp de déportation à Mauthausen jusqu'en mai 1945. Deux ans après la fin de la guerre, il a dû renoncer aux études. Il dirige l'exploitation agricole de la famille et crée la sienne. Il sera maire et commissaire aux comptes d'une banque agricole.

     

    Source:

     

    http://www.crdp.ac-caen.fr/360Arro/pages/ressources/ress_V.htm

     Vous avez entendu sa voix au début du film Le Prix de la Liberté.
    Dès juin 1940, alors qu'il n'a que 17 ans, Jacques Vico s'engage dans la Résistance animé de fortes convictions qui lui font rejeter la présence des occupants et aussi l'ordre et la force incarnés par le nazisme hitlérien [ses premières actions consistent à distribuer des journaux clandestins de résistance et des tracs anti-Allemands], au sein du groupe Robert, qui deviendra lr réseau Hector.
      
    En 1942, il s'engage dans un régiment de cavalerie, dans la zone sud encore non-occupée mais est démobilisé en novembre avec l'occupation de toute la France par les Allemands.
      
    Revenu à Caen, il entre alors dans l'Organisation civile et militaire (OCM) et le responsable caennais, le colonel Kaskoreff, lui demande d'organiser un important dépôt d'armes à l'abbaye d'Ardenne, située près de Caen à Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, dans la ferme où résident ses parents. Grâce à sa formation militaire, il sera aussi l'instructeur de presque tous les responsables de l'OCM du Calvados, avec Robert Castel tué à la libération de Caen.
      
    C'est toute la famille Vico qui est dans la Résistance mais chacun garde le secret indispensable. Le père de Jacques qui est maire de Saint-Germain-la-Blanche-Herbe est arrêté le 16 décembre 1943 pour avoir fourni de fausses cartes d'identité à des réfractaires du STO.
      
    Il sera déporté à Mauthausen. Jacques, aidé de son frère Jean-Marie et de leurs camarades, réussit à évacuer les armes entreposées à l'abbaye que les Allemands allaient fouiller.Madame Francine Vico, sa mère, est arrêtée par la gestapo et incarcérée plusieurs mois à la prison de Caen. Jacques continue dans la Résistance dans la Sarthe et l'Heure-et-Loire.
      
    À partir de juin 1944, Jacques participe aux combats pour la libération de la France dans la compagnie FFI Fred Scamaroni à Caen, puis il s'engage dans la 2e DB de Leclerc à Avranches jusqu'à la victoire de mai 1945.

    Jacques Vico consacre une grande partie de son temps, depuis des années, à transmettre aux jeunes collégiens et lycéens le message de la Résistance : courage, liberté, générosité, respect des hommes car ce sont les valeurs qui font dit-il que "la Résistance a une dimension éternelle et universelle".

    et

     

     

     
      
      
    Jacques Vico et les fusillés de la prison de Caen


    A propos des fusillés de la prison de Caen, le 6 juin 1944, un témoignage très émouvant de Jacques Vico , résistant.
     

    Extrait du film : "Les sanglots longs des violons de l'automne".

      

    Ce film de Jacques et Rodolphe Rutman porte le titre de l'un des deux vers extraits du poème de Verlaine que la BBC va diffuser à Londres le 1er juin 1944, avec 27 autres messages personnels pour informer la résistance française de l'imminence d'un débarquement des Alliés en France. 

     

    Après la défaite de 1940, Anglais et Français vont travailler de concert pour mettre en place des structures de renseignement dont le rôle sera capital avant et pendant le Débarquement allié. En Normandie, la Résistance s'est révélée particulièrement virulente avec ses réseaux de sabotages et de renseignements français ou alliés, chargés de rassembler les informations sur les défenses allemandes, les plans de constructions du Mur de l'Atlantique, les positions des rampes de lancements des V1 et des V2…
     

    Qu'ils aient rejoint l'Angleterre ou qu'ils soient restés sur place dans la clandestinité, les témoins du film n'avaient qu'une idée : continuer à se battre pour l'honneur de la France.

     

    Le DVD est disponible auprès de la société 13 Productions (13prod@13production.com - http://www.13production.com).

      

      

     

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  • RESISTANCE

    Henriette Bayeux "MARRAINE"

     

    Note de MLQ: le narrateur est le colonel Rémy .

    "Marraine" est citée ici à la date du 17 juillet

    Ah, si vous pouviez voir «Marraine »! s'était exclamé mon ami Léon Dumis . Oui, si vous pouviez la voir! Elle en a fait, celle-là, des choses, à Caen! Elle en aurait, des choses à vous dire! Rien qu'à parler d'elle, j'ai envie de tirer mon chapeau.

    « Marraine» n'habitait plus Caen, mais Rouen.

    " Marraine" avait été décorée pour faits de résistance. J'ai trouvé «Marraine» dans un logement mansardé très propre. Elle se nomme en réalité Mme Bayeux; épouse divorcée d'un certain H ... Pendant l'occupation, vivant dans la région de Caen, elle s'est spécialisée dans l'hébergement de prisonniers évadés et d'aviateurs alliés Arrêtée par la police allemande, sur dénonciation de son mari qui l'avait abandonnée après avoir pu s'évader grâce à elle d'un camp de prisonniers de guerre, elle a été matraquée par les Allemands puis relâchée faute de preuves. Depuis la Libération, elle a refusé d'engager des poursuites, contre H ... et vit à l'écart de tout, ayant même, omis de demander sa carte de Résistance et n' ayant jamais sollicite aucune indemnité. Infirmière, elle est extrêmement sympathique et m'a paru quelque peu désabusée.

    Ce fut l'impression que je ressentis quand je rends visite à Henriette Bayeux, tout en haut de la très ancienne maison du 5 bis de la rue Damiette, à Rouen. Par sa fenêtre je pouvais voir le magnifique clocher de l'église Saint-Maclou toute proche. Elle était si contente de me voir qu'elle m'embrassa d'emblée sur les deux joues.

    - Quand la guerre, a éclaté, me dit-elle, je venais d'avoir vingt-huit ans. Mon mari avait été mobilisé comme sergent dans l'infanterie et se trouvait au front. Moi, comme beaucoup d'autres femmes, je me suis engagée volontairement à l'usine de Mondeville, près de Caen, pour travailler à faire des munitions (Note de MLQ: la cartoucherie). Il y avait là un contremaitre qui s'amusait à nous lire dans les lignes de la main. A l'une il disait:

    «Ne pleurez pas, ma belle. Votre mari, vous le reverrez! »

    Une autre, il se contentait de la regarder en hochant la tète. Un Jour, il s'approche de moi, il prend ma main, il me regarde: «Toi, je ne te dis rien. Tu iras très loin, Sois forte, et soigne ton cœur. »

    Je me suis dit qu'il était drôle, ce bonhomme-là! Et puis un matin, à 4 heures, comme on sortait de l'usine, nous avons été prévenues qu'il fallait évacuer parce que les Allemands arrivaient. Je suis partie pour rentrer chez moi, rue d'Auge, en face de la gare. En arrivant, j'ai trouvé toute une unité française d'infanterie qui était là. J'ai demandé aux hommes s'ils n'avaient pas par hasard des nouvelles de mon mari, car ça faisait plusieurs semaines que je ne recevais plus de lettres, mais ils ne le connaissaient pas. Eux, ils se repliaient, à ce qu'ils m'ont dit. Je leur ai fait du café, et ils sont partis.

    » Peut-être une dizaine de jours après, j'ai reçu une carte de mon mari, qui était prisonnier de guerre à Meaux. J'ai conduit mon fils Georges, qui avait dix ans, chez mes parents, à Merri, dans l'Orne, pour qu'il soit à l'abri, et j'ai continué vers Meaux. Là, j'ai fait la connaissance d'une dame qui avait un salon de coiffure, Mme Léa Chamelot.

    «Oh mais, m'a-t-elle dit, n'y comptez pas! C'est trop difficile! Vous ne pourrez sûrement pas voir votre mari. Mais si je peux vous aider en quoi que ce soit, je le ferai.»

    Je me suis approchée du mur de la caserne, bien que Mme Chamelot m'ait dit que c'était défendu, les Allemands m'ont tiré dessus, j'ai continué quand même, ils m'ont demandé ce que je voulais, je leur ai expliqué, et ils ont fini par aller chercher mon mari.

    «Tu sais, m'a-t-il dit, on va tous être libérés dans quatre jours, c'est les Allemands qui nous ont prévenus. »

    Comme je ne répondais rien, il a compris que je n'y croyais pas et m'a dit:

    «Est-ce que tu pourrais m'aider à m'évader? Il y a ici un officier qui parle très bien le français, et, à ce qu'il paraît, il ne serait pas Allemand. Tâche donc de t'arranger avec lui. »

    » J'ai réussi à trouver cet officier, je me rappelle qu'on s'est parlé sous une porte cochère. Là, il m'a appris qu'il était Alsacien et m'a demandé si je pouvais faire passer une lettre chez lui.

    »- Bien, monsieur, j'ai répondu. Et vous, est ce que vous pouvez me dire si mon mari va être libéré?

    »- Les prisonniers ne seront pas libérés, madame. Ils vont tous être envoyés en Allemagne.

    »- Alors, monsieur, si je vous fais passer votre lettre en Alsace, vous pourriez peut-être m'aider à faire sortir mon mari?

    »- Ecoutez: est-ce que vous pouvez vous procurer des papiers comme quoi il est cultivateur?

    »- Certainement, monsieur.

    »- Eh bien, partez les chercher et rapportez les ici, mais faites vite.

    »Je suis retournée dans l'Orne. A ce moment là, c'était très difficile de voyager, mais Mme Chamelot m'a donné des faux papiers comme quoi j'étais réfugiée. Par le train, par camion, j'ai fini par arriver chez mes parents. A la mairie, on m'a donné un certificat de cultivateur qui était faux, car mon mari travaillait dans une quincaillerie, et je suis repartie pour Meaux, toujours par le train ou par camion, le plus souvent des camions allemands. Je me suis présentée à la caserne, j'ai montré le certificat, on a appelé mon mari et il est parti. Quand ses camarades ont vu qu'il s'en allait, vous pensez s'ils m'ont demandé de les aider à faire comme lui! Eh bien, on peut dire que ce certificat-là a servi, car j'en ai fait sortir cent trente-cinq dans le même après-midi. Heureusement pour eux, car tous ceux qui sont restés dans la caserne partaient le lendemain pour l'Allemagne. »

    - Comment se fait-il, madame, que ce faux certificat ait pu servir à ces cent trente-cinq prisonniers ?

    - Parce qu'il n'y avait pas de nom dessus.

    Alors vous comprenez, je l'ai passé à un, qui l'a présenté, et qui s'est arrangé pour le passer à un autre et ainsi de suite. Donc, mon man est rentré avec moi à Caen, et il a recommencé à travailler dans la quincaillerie où il était employé. Malheureusement, celui qui est devenu par la suite son patron était pour les Allemands, et quand on a annoncé le service du travail obligatoire en Allemagne, il a encouragé ses employés à partir, en leur disant qu'ils seraient bien là-bas, qu'il ne fallût emporter qu'un peu de ravitaillement pour la route parce qu'ils auraient tout ce qu'il leur fallait une fois sur place. Mon mari m'a raconté ça, et je lui ai dit:

    "Oui,. oui. Ton patron va vous accompagner à Pans, mais moi j'irai aussi. Il vous a dit de consigner vos paquets et qu'il s'en occuperait? Eh bien, reprends ton paquet sous prétexte que tu en as besoin. »

    A Paris, le patron avait retenu des chambres à l'hôtel, et c'est qu'il voulait aller jusqu'en Allemagne, pour dire là-bas en montrant ses neuf employés:

    « Vous voyez que, moi, je suis pour la collaboration! »

    Bref, en fait de neuf, il n'a pu en montrer que trois, parce que je me suis arrangée pour faire filer mon mari avec cinq autres au moment où ils sont arrivés à Paris. J'en avais ramassé quatre quand j'ai entendu crier le cinquième dans mon dos, au moment ou on descendant dans le métro:

    « Hé, Roger!»

    - Roger, c'était le prénom de mon mari

    - « Hé, Roger! Tu peux aller en Bochie si tu veux, mais moi, où ira ta femme, j'irai moi aussi! »

    » On s'était esbignés, mais quoi faire? J'ai pensé à Mme Léa Chamelot, et je les ai conduits à Meaux. Elle avait une maison retirée, et tout de suite elle a été d'accord, mais elle m'a dit:

    «Et le ravitaillement? »

    »- Eh bien, j'ai répondu, ne t'en fais pas, ils ont leur carte. Tu n'auras qu'à t'en servir, et puis je t'en apporterai.

    »Je laisse là mon mari et les cinq autres, je rentre par le train. En face de moi, j'avais un officier allemand qui n'arrêtait pas de me regarder. Il commençait à m'agacer, je change de wagon et je passe en première, avec la femme de M. Dumont, un collègue de mon mari. Voilà l'Allemand qui nous suit, et qui vient s'asseoir dans le compartiment où on s'était mis. Là, je lui dis:

    « Mais qu'est-ce que vous voulez, vous? »

    » On était seuls, tous les trois, et il me répond:

    «Maintenant, nous pouvons parler. Je ne suis pas Allemand. Je suis Michel, et je tiens un réseau à Pont-Audemer. »

    »- Monsieur, je lui réponds, mais ça ne m'intéresse pas!

    »- Madame, n'ayez pas peur, je sais ce que vous faites, je sais où vous demeurez, et je suis avec vous. Quand vous aurez besoin de quelque chose, vous n'aurez qu'à écrire: Monsieur Michel, Hôtel de la Poste à Pont-Audemer, en signant « Marraine », et je vous aiderai. Mettez cette adresse dans votre tête, il ne faut pas l'écrire. Regardez dans votre sac: vous avez un papier avec quelque chose d'écrit dessus. Il faut me déchirer tout ça. »

    - C'est une histoire fantastique, madame! Avez vous su qui était ce mystérieux «Michel» qui se promenait en uniforme allemand?

    - Un grand bel homme, brun. Un jour où je sortais du magasin de marbrerie, 36, rue Saint Sauveur à Caen, où je travaillais, Je le vois arriver :

    «Attention, je suis suivi, maintenant plus personne. »

    - Toujours en uniforme allemand?

    - Toujours en officier allemand. Il m'a dit:

    « Je suis suivi, j'ai peur, il faut nous séparer, mais je veillerai toujours sur vous.»

    C'est alors qu'il m'a présenté au pasteur Boudehen, un Breton, dont le nom signifie «le bout du chemin », comme il m'a expliqué.

    - En échange de la protection qu'il vous offrait, ce mystérieux «M. Michel» ne vous demandait rien? Par exemple de lui communiquer des renseignements ?

    - Si. Il m'avait dit: «Je voudrais savoir ce qui se passe dans votre région, surtout du côté de Luc-sur-Mer. Les Allemands font des fortifications par là, tâchez de prendre des photos. »

    - Que devenait votre mari pendant ce temps?

    - Il était resté à Lagny-Pomponne avec ses camarades. De temps en temps, je leur portais du ravitaillement. Un jour, ils se sont amenés à Caen, et je les ai cachés dans l'ancien presbytère, qui dépendait de la marbrerie. J'avais fait connaissance avec M. René Liaut, inspecteur de police. Tantôt, il sortait avec sa femme, qui était blonde, tantôt avec moi, qui étais brune, .et les gens ne comprenaient pas. Il m avait dit:

    «Marra1ne, Je suis obligé de fréquenter les Allemands, mais ne vous inquiétez pas, ça me permet de savoir ce qu'ils veulent faire, et je vous préviendrai toujours à temps. »

    Pour moi, c'était merveilleux. Grâce à lui, j'avais les faux papiers quand je lui en demandais. Il me les donnait sans jamais se faire rien payer, ce qui n'était pas le cas pour un de ses collègues.

    » Un jour où j'étais à la marbrerie, je reçois un coup de téléphone. Quelqu'un dont je ne connaissais pas la voix me dit: «C'est vous, Marraine? Il faut que vous alliez tout de suite chez votre tante, il y a un accident de voiture. »

    » - Ah? je fais, tout étonnée.

    » - Oui, Marraine. Le ciel n'est pas favorable. Faites vite.

    » La personne qui parlait raccroche, et je me dis: Mais qu'est-ce que c'est tout ça? Peut-être un piège?

    » Je vais quand même chez ma tante, et là on m'explique que c'était trois parachutistes qu'il fallait aller chercher dans le bois de Dozulé pour les conduire au pasteur Boudehen. Comme je continuais à me méfier un peu, je m'en suis allée trouver M. Goubert, de la gendarmerie de Dozulé, et nous sommes partis à deux dans le bois où nous avons trouvé les trois garçons, qui étaient des vrais, envoyés d'Angleterre. Ils apportaient des armes, que nous avons mises dans une fosse chez M. Henri Daudet , qui avait une briqueterie à Dozulé. Malheureusement, il a été dénoncé avec tout son groupe, et arrêté par les Allemands qui les ont tous emmenés à Paris. Ils sont venus dire à sa femme de lui apporter un vêtement chaud parce qu'il allait être envoyé dans une mine de sel. Mme Daudet est partie pour Paris lui porter un costume de velours, je me rappelle. Pendant ce temps-là, avec sa fille, qui n'avait que seize ans, M. Goubert et moi on est allés retirer les armes de la fosse pour les cacher dans la forêt, car la Gestapo n'avait pas réussi à les trouver. Quand Mme Daudet est arrivée à Fresnes, son mari venait de partir pour le Mont-Valérien avec ses seize camarades. Ils ont été fusillés à dix-sept et, sur les dix-sept, un n'avait pas encore dix-sept ans... .

    » Après ça, nous avons eu les premiers aviateurs abattus. C'était M. Nicolle, de Lisieux, qui venait les chercher. Il les faisait partir par Cabourg ou par les Pyrénées. C'était la sœur du Dr Morice qui les habillait, parce qu'il leur fallait des vêtements civils, n'est-ce pas? Et moi je les logeais, et je les nourrissais. Je trouvais des cartes de ravitaillement dans les petites communes des environs. Par la suite l'évacuation n'a plus marché, et j'ai eu jusqu''à soixante aviateurs à la fois cachés dans les bois de Moult-Argences, où ils étaient logés dans une grande grange. Je leur portais du ravitaillement avec l'agent de police Ducreux, qui mettait un brassard de la Croix-Rouge, on partait dans l'ambulance et l'affaire était faite. Sur les soixante, il y en avait deux qui étaient très blessés et qu'on a conduits au Dr Morice.

    » Une fois, ils sont restés deux jours sans manger. On n'avait plus rien à leur donner, plus de pâtes, rien. Enfin, mon boulanger m'a remis de grosses miches de pain et je suis partie sur mon vélo. En arrivant dans le bois je n'en pouvais plus tellement mes sacs étaient lourds. Je les laisse là, et je vais à la grange pour demander qu'on m'aide ... qu'est-ce que je vois? Mes aviateurs qui tournaient en rond, autour de quelque chose qu'ils avaient l'air de caresser. C'était une cigarette, une cigarette anglaise pendue par une ficelle à une poutre, la dernière qui leur restait pour eux tous. Comme ils savaient que j'aimais de temps en temps fumer une cigarette anglaise, ils n'avaient pas voulu la jouer entre eux, mais avalent dit:

    « Ça sera pour Marraine. »

    Seulement, mettez-vous un peu à leur place: rien dans le ventre depuis deux jours, et rien a fumer ... Alors ils tournaient autour de la cigarette, à la file, et, en passant, ils la caressaient.»

    - Pendant ce temps, madame, votre mari et ses camarades continuaient de résider dans l'ancien presbytère?

    - Non. Ils étaient repartis pour Lagny-Pomponne, chez Mme Chamelot. D'ailleurs l'ancien presbytère, je ne vous l'ai pas dit, mais c'était là ou j'habitais maintenant, tout contre l'église, et que je logeais les aviateurs que M. Nicolle venait chercher. Quand il y avait une alerte, on ouvrait une lucarne et tout le monde allait se mettre sur le toit. Mon mari faisait la navette entre Caen et Lagny-Pomponne, parce que moins il restait en place, mieux ça valait étant donné qu'on le recherchait pour n'être pas parti en Allemagne. J'avais mis mon petit garçon - qui est maintenant marié, avec trois enfants, et bientôt un quatrième - chez une dame de Pont-l'Evêque que le pasteur Boudehen m'avait recommandée étant donné qu'il était trop dangereux pour lui de rester avec mol. Bref, mon mari et ses camarades étaient à Lagny-Pomponne, et Mme Léa Chamelot avait dit:

    « Vous ne savez pas? Puisque les Allemands occupent la mairie, on va les mettre sur la tête des Allemands, au-dessus de la distribution des tickets, jamais les Allemands n'auront l'idée de monter dans le grenier. ».

    Donc, ils étaient dans le grenier, où on s'arrangeait pour leur passer du ravitaillementnt. Dans des paniers, ils ont trouvé de vieux uniformes de garde champêtre, qui avaient peut-être cent ans, avec une plaque de cuivre sur la tunique, et figurez-vous qu'ils ont trouvé le moyen de s'habiller avec ça, qu'ils sont sortis, et que les Allemands, qui n'avaient jamais vu des uniformes pareils, les ont salués, à eux cinq qu'ils étaient, fiers comme Artaban.

    - Comment avez-vous fait la connaissance de mon ami Dumis ?

    - Le commissaire spécial de la gare, M. Georges Anquetil, était avec nous. Comme il savait tout ce qui se passait du côté des Allemands, quand quelque chose n'allait pas il me disait:

    « Ma petite Marraine, aujourd'hui, attention ! »

    Il m'aidait à porter dans le train mes valises de ravitaillement pour mon mari et ses camarades et à faire passer ceux qui venaient me trouver pour les aider à ne pas partir en Allemagne. C'est lui qui a dû parler de moi à M. Dumis. Celui-ci, je l'ai rencontré à la brasserie de la place Clichy où j'avais l'habitude d'aller. Je commençais par demander au violon de l'orchestre de me jouer un air. S'il me disait:

    « Mais oui, madame, dans un instant », je savais que je pouvais rester.

    Si c'était au contraire:

    « Oui, madame; mais il faudra que vous attendiez un peu », ça signifiait qu'il y avait danger.

    Ce jour-là, j'ai vu un homme venir vers moi et me dire:

    « Marraine, je sais qui vous êtes, il faut que je parte en Savoie, mais on se reverra.»

    C'était M. Dumis. On était à Noël 1943, un moment où il fallait faire attention, et je ne l'ai revu qu'après le débarquement, quand son ami

    M. Duchez se cachait et qu'il avait laissé pousser sa barbe. Il avait des lunettes, avec un verre comme pour cacher un œil crevé, et je ne le reconnaissais pas. Il enlève ses lunettes...

    « Oh, je dis, monsieur Duchez ! »

    Tout de suite, il répond:

    « Tais-toi, malheureuse !»

    Vous comprenez, Mme Duchez était arrêtée et les Allemands le cherchaient partout. Naturellement, M. Dumis m'a demandé de travailler avec lui et de lui avoir des renseignements qu'il ferait passer aux Alliés.

    » Il y avait à Caen un jeune garçon de seize ans que je connaissais, nommé Raoul Jeffrotin (Note de MLQ: erreur de prénom). Son frère avait été fusillé par les Allemands et il voulait le venger. Dans la soirée du 18 juin 1944, il vient me trouver en me disant qu'il connaissait un endroit où il y avait des armes.

    « C'est bien, mon peut Raoul, je lui réponds, on va aller les chercher tous les deux. »

    On est partis lui et moi avec M. Dumis qui nous couvrait avec sa mitraillette. Le petit nous a conduits à l'endroit où les armes étaient enfouies dans la terre, on les a déterrées, et, comme il était trop jeune, je lui ai dit:

    « Tu vas me laisser ça pour que je le mette sur mon vélo.»

    Le lendemain, je devais aller chercher des caisses de pièces de mitrailleuses qui avaient été volées sur un bateau allemand. Alors, un peu plus, un peu moins ...

    » Comme j'arrivais place Saint-Gilles, M. Dumis me fait signe que je ne pouvais pas passer. Je me retourne, avec l'idée de prendre une autre route, mais je vois des Allemands qui venaient dans la même direction.

    Place Saint Gilles

    « Ecoute, je dis à Raoul, continue, toi, et laisse-moi me débrouiller.»

    Il ne voulait pas me laisser, et j'ai dû me fâcher. En arrivant près de M. Dumis, il lui a dit:

    « Marraine est en danger! »

    M. Dumis le savait bien, puisqu'il voyait tout de l'endroit où il était des Allemands devant moi, des Allemands derrière, et il dit à Raoul:

    « Tire-toi! ».

    Les Allemands me rejoignent, et me demandent ce que je faisais là avec mon vélo. Les armes et les munitions étaient enveloppées dans une grosse toile ficelée le long du cadre.

    « Je suis en train d'évacuer, je leur réponds. Vous n'auriez pas vu le commandant Karl ?"

    J'avais inventé le premier nom qui me passait par la tête.

    « Qui, commandant Karl ? « demandent les Allemands.

    Je prends Un air étonné:

    « Vous ne le connaissez pas? Pourtant il est à la Kommandantur. »

    Les Allemands se regardent: « Non, on ne connaît pas. »

    »- Oh, je dis, il faut que j'aille là-bas, c'est plein de pierres par terre et mon vélo est lourd ... Vous ne pourriez pas m'aider un peu?»

    Les pierres, c'était les débris et les gravats des maisons touchées par le bombardement, la place Saint-Gilles en était pleine. Les Allemands ont été très gentils et ont porté mon vélo par-dessus tout ça. De l'autre côté de la place, M. Dumis n'en revenait pas. Je ne peux pas vous dire où il avait caché sa mitraillette, mais, naturellement, il s'était arrangé pour qu'on ne la voie pas. Quand on est arrivés près de lui, j'ai dit:

    « Tiens, mon frère! Tu n'as pas vu le commandant Karl?»

    On s'est embrassés comme si on ne s'était pas vus depuis longtemps, M. Dumis a bien remercié les Allemands pour moi, il a pris le vélo, et on est partis tous les deux, toujours à la recherche de ce fameux commandant Karl qui n'existait que dans mon imagination.

    »On a retrouvé notre petit Raoul, avec un de ses camarades du même âge qui s'appelait François. Ils ont dîné avec nous, et sont partis ensemble pour aller coucher dans la maison de Mme Jeffrotin, qui habitait derrière l'hôpital. Je leur donne rendez-vous pour le lendemain, à 2 heures de l'après-midi. On arrive chez Mme Jeffrotin, je la trouve tout en larmes: « Ils m'ont fusillé mon garçon cette nuit avec son camarade!» Les deux petits étaient tombés sur une patrouille, et, sans explication, les Allemands les avaient abattus.

     

    Note de MLQ: voir le témoignage du père Léandre Perdrel, Eudiste, vicaire de la paroisse Saint Jean-Eudes qui les a enterrés le 27 juin.

    »M. Dumis et moi avons appris que les Alliés avaient besoin des plans de la ville et des installations que les Allemands avaient faites. Nous savions que les plans étaient dans des bureaux où nous nous sommes arrangés pour aller tous les deux. Nous avons perquisitionné partout, on a trouvé les plans, on s'est enfuis en sautant sur un tas de charbon, et je me rappelle qu'on a ri quand on est rentrés chez moi car nous étions tout barbouillés de noir. M. Dumis m'a dit:

    « C'est pas tout ça, on a les plans, mais maintenant il faut les porter de l'autre côté! »

    »- Eh bien, j'ai répondu, je vais y aller, moi. »

    Je suis partie le long du canal de l'Orne, j'ai réussi à passer à travers les Allemands et je suis arrivée chez les Anglais. Là, j'ai été conduite à un officier, qui était commandant, et il m'a bien surprise parce qu'il a trouvé dans ses papiers ma photo. Il m'a regardée et m'a dit:

    « C'est bien vous. Vous êtes Marraine.»

    Figurez-vous que cette photo-là, c'était un des aviateurs anglais dont je m'étais occupée qui l'avait emportée en Angleterre. Là-bas, il avait dit que j'étais à Caen, que tout le monde m'appelait « Marraine », et que je pourrais aider tous ceux qui auraient besoin de moi. Tenez, voilà une carte que le commandant m'a envoyée après la guerre pour me souhaiter la bonne année.

    « Marraine» mit sous mes yeux une carte de vœux que je la priai de me confier pour la reproduire, car le message qu'elle porte au-dessus du nom de l'expéditeur, le commandant Fred T. Adams, est éloquent dans sa simplicité: « Je me souviens », a-t-il écrit, faisant allusion à l'exploit accompli par cette admirable femme dans la nuit du 8 au 9 juillet 1944, à la veille même de la libération de Caen par les troupes britanniques, et qui lui valut, dès le mois de septembre suivant, cette citation qui porte la signature prestigieuse du vainqueur de Bir-Hakeim:

    « Décision n° 37

    »HENRIETTE BAYEUX. - Française d'une énergie indomptable, animée du plus pur patriotisme, montrant toujours l'exemple par son courage et sa foi. A assuré notamment les 8 et 9 juillet 1944 la liaison à travers les lignes ennemies pour les éléments. F.F.I., transportant des plis et des armes. Cette citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec étoile de bronze.

    (Signe): le général de corps d'armée KŒNIG. »

    - Des armes? dis-je. Vous êtes donc revenue dans Caen?

    - Ah oui! Le commandant anglais ne voulait pas me laisser repartir, mais je lui ai répondu que mes camarades avaient besoin de mol. Alors, il m'a confié des armes pour leur rapporter, car il leur en fallait!

    »Je suis donc repartie dans. la même nuit, toujours en longeant le canal, je suis passée à travers les Allemands, et j'ai retrouvé mes amis, mes « filleuls », comme ils disaient. »

    - N'avez-vous pas été arrêtée par les Allemands, madame? . .

    - Si comme tout le monde, au mois de mars 1944. Mais ça ne vaut pas la peine d'en parler ...

    - Dites tout de même.

    - Oh, vous savez, j'avais été dénoncée, naturellement ! Les Allemands étaient venus chez moi, j'ai juste eu le temps de dire à deux aviateurs blessés qui étaient là de se mettre sous mon lit, je me suis glissée dedans, en mettant de l'éther partout... Les Allemands ont menacé mon fils:

    «Encore deux minutes. Si tu ne parles pas, tu seras fusillé! »

    Mais le petit n'a pas parlé, ils sont repartis, et ça a continué jusqu'au jour où des policiers se sont amenés:

    «Gestapo, suivez-nous! »

    Ils m'ont emmenée, me faisant traverser toute la ville les mains derrière le dos, jusqu'en face de l'Hôte1 Malherbe.

    L'Hôtel Malherbe siège de la Feldkommandantur 723

    Là, j'ai été interrogée par un officier très correct, qui m'avait vue plusieurs fois chez Mme Ducreux, une épicière qui me fournissait du ravitaillement. Il m'a dit:

    «Vous êtes une spécialiste de l'évasion. Vous êtes perdue, à moins de signer un engagement volontaire pour aller travailler en Allemagne. Signez, si vous ne voulez pas faire connaissance avec le 44 de la rue des Jacobins. Si vous signez, je vais vous faire partir. Surtout, ne descendez pas à Lisieux, allez tout droit jusqu'à Paris. »

    - Que signifiait cette adresse du 44 de la rue des Jacobins, madame?

    - C'était là où la Gestapo avait ses chambres de torture. J'ai répondu que je ne comprenais pas, que je ne voulais pas aller en Allemagne, et j'ai été dirigée sur la rue des Jacobins. On m'a fait entrer dans une salle qui était pleine de Français, qui venaient là pour dénoncer contre de l'argent. C'était épouvantable. J'ai vu une petite vieille qui repartait avec des billets de banque, et qui avait un air heureux ... Si j'avais pu l'étrangler, celle-là! On est venu me chercher, on m'a fait monter dans un bureau de l'étage au-dessus, où des hommes m'attendaient. Ils m'ont dit:

    «Vous, vous n'êtes pas bonne pour la salle d'en dessous, vous êtes bonne pour ici! »

    J'ai vu passer des camarades, qui saignaient des coups qu'ils avaient reçus. Au mur, il y avait des crochets. Un prisonnier, qui avait une grande barbe blanche toute tachée de sang, m'a regardée en passant et a dit:

    «Pauvre petite! »

    Les Allemands m'ont offert une cigarette, que j'ai refusée, et au même moment j'ai reçu un grand coup sur la tête. Je ne peux pas dire que j'ai souffert: tout de suite, j'ai été mise K.-O.. comme disent les boxeurs. On m'a dit que j'avais été jetée en bas de l'escalier, mais je ne me suis rendu compte de rien. Quatre jours après, on m'a retrouvée sur le trottoir, toujours inanimée, vêtue en tout et pour tout d'un soutien-gorge et d'un slip. Je pense que les Allemands me croyaient morte et qu'ils voulaient m'envoyer au charnier. C'est le Dr Morice qui m'a vue. Bien qu'il fût un grand mutilé de la guerre de 1914, il m'a attrapée dans ses bras et m'a mise dans sa voiture. Quand j'ai ouvert les yeux, je ne comprenais pas. J'étais dans un lit, et la première chose que j'ai dite:

    « Comment, je ne suis pas morte? «

    »Les Allemands, eux, me croyaient morte, mais ils visitaient les cliniques pour tâcher d'y trouver des résistants blessés. Ils sont venus à la clinique du Dr Morice et ont demandé qui j'étais.(Note de MLQ: le Dr Morice exerçait à la clinique de la Miséricorde)

    «Oh! a dit le docteur, c'est une pauvre fille idiote, qui a le mal de Pott. »

    Le pasteur Boudehen est venu, lui aussi. Il m'a dit:

    «Marraine, vous croyez en Dieu! Vous rendrez votre témoignage pour tous vos filleuls qui sont en ce moment ,à la chapelle en train de prier pour vous.»

    C'était une petite chapelle sur le bord du canal, qui nous permettait de nous retrouver. Quand je suis sortie de la clinique, au bout d'environ trois semaines, je suis allée là, et j'ai revu mes filleuls.

    »Après, j'ai continué. Et puis le jour de la libération de Caen est venu. Je suis partie au-devant des Canadiens pour les guider, afin de montrer où les Allemands avaient installé des nids de mitrailleuses, à trois hommes par trou. C'est là. où j'ai fait la connaissance de Jean Marin et de

    Maurice Schumann , qui sont partis de l'autre côté de la rivière. Un peu plus tard, on s'est retrouvé à la gare, où avaient lieu les derniers combats, et tout a été fini. »

    La gare SNCF de Caen

    Pendant ma visite à Mme Bayeux, j'ai pu prendre connaissance d'une attestation établie par M. Michel Misery, qui portait le pseudonyme d'Epiale dans le réseau de renseignement Alliance, et qui explique comment « Marraine» fut reconnue dès son arrivée aux avant-postes de l'armée britannique qui assiégeait Caen:

    « J'atteste avoir contacté en mai 1944 Mme Bayeux, qu'on appelait « Marraine », et grâce à laquelle j'ai échappé à une arrestation imminente par la Gestapo. Bravant tous les dangers, Mme Bayeux m'a caché et nourri pendant deux jours. C'est elle-même qui a cherché une filière pour me faire sortir de Caen, et qui m'a accompagné jusqu'à la voiture de Mlle Meiriel, dite « Crevette », du réseau Alliance. Si je suis encore en vie, c'est grâce à Mme Bayeux qui n'a jamais voulu recevoir la moindre rémunération pour compenser les frais de nourriture de ceux qu'elle cachait. Au mois d'août suivant, interrogé à Patriotic School à Londres par un officier de l'Intelligence Service, celui-ci me mit sous les yeux la photo de « Marraine », me demandant si je connaissais cette personne. Il se déclara satisfait de m'entendre répondre par l'affirmative, ajoutant que « Marraine» avait rendu à la cause alliée les plus grands services. Elle m'est toujours apparue comme un vivant exemple de courage, de patriotisme, et d'abnégation. »

    Témoignage paru dans: Les Français dans la Résistance,

    La Résistance en Normandie,

    Récits présentés par le colonel Rémy,

    Editions de Saint-Clair, Neuilly-sur-Seine, 1975.

     

     

    SOURCES :

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    Les « Justes » de France


    témoignages photos

    La communauté juive
    de France compte vers la fin de l'année 1940 environ 200 000 Français. Elle s'étoffe, face à la montée du nazisme, de 140 000 Juifs réfugiés dans l'hexagone, où ils croient pouvoir trouver un havre.

    76 000 Juifs ont été déportés entre 1942 et 1944, 3000 sont décédés dans les camps d'internement français, un millier a été exécuté ou assassiné, ce qui porte le nombre de victimes de la « solution finale » en France à 80 000 personnes.
    Un grand nombre a été sauvé de ce désastre grâce à l'aide de la population.

    Les rafles de l'été 1942 provoquent un traumatisme dans l'opinion, d'autant plus profond qu'elles mettent en lumière la collaboration de la police française à cette funeste tâche.
    Aux scènes terrifiantes de familles entières piégées répond une résistance de proximité pour porter secours et mettre à l'abri cette population stigmatisée, les enfants en particulier, en renfort des réseaux institutionnels constitués (OSE, CIMADE, Quakers ou Croix-Rouge).
    Les femmes sont les premières à se mobiliser.

    En 1963, le Mémorial israélien du Yad Vashem réactive une distinction votée dix ans plus tôt par la Knesset, celle de « Juste(s) parmi les nations ». Le terme, emprunté à la littérature talmudique, qualifie depuis le Moyen-Age, dans la tradition religieuse juive, des non-Juifs ayant eu un comportement avenant envers les Juifs. Il désigne en la circonstance les non-Juifs qui, dans l'Europe nazie, ont risqué leur vie pour sauver des Juifs.
    Le titre est décerné, au terme d'une procédure complexe, par une commission de 35 membres dont la décision s'appuie sur les témoignages de Juifs estimant avoir été sauvés. Il se concrétise pour le (ou les) bénéficiaire(s) par la remise d'une médaille, d'un diplôme d'honneur et par la plantation d'un arbre dans l'allée des Justes à Yad Vashem (aujourd'hui par l'inscription du nom du « Juste » sur un mur d'honneur dédié à cet effet).

    Au 1er janvier 2010, 3117 Français étaient bénéficiaires de ce titre, le département du Rhône comptant parmi les mieux représentés. Leur chiffre ne tarit pas. Les titres sont désormais délivrés le plus souvent à titre posthume, à la demande de Juifs sauvés ou de leurs descendants.
    En janvier 2007, un hommage national leur a été rendu par le président Chirac, scellant à jamais leur destin de héros de l'ombre.


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    L’année 1943 marque la complète collaboration entre le France de Vichy et l’occupant Allemand.


    Dans le cadre de cette collaboration Joseph Darnand cré la milice Française qui doit soutenir les troupes allemandes dans la traque des résistants, des juifs, tziganes

      

    La Milice française à Lyon

      

      

    Créee en 1943 par le gouvernement de Vichy et dirigée par Joseph Darnant, la milice restera le symbole fort de la répression pendant la période d'occupation.

     

    Issue du Service d’ordre légionnaire (SOL), fondé en décembre 1941 sur le terreau de la Légion des combattants, la Milice est associée dans la mémoire collective à la terreur et aux exactions et demeure le symbole d’un Etat français policier et collaborationniste.


    Créée le 30 janvier 1943, reconnue d’utilité publique, elle est dirigée par Joseph Darnand, secrétaire général au maintien de l’ordre, sous l’autorité de Pierre Laval, son maître d’œuvre.

     

     
    Affiche Eric Castel,coll.chrd lyon
    Affiche Eric Castel,coll.chrd lyon
     

      

    Assimilable aux groupes paramilitaires fascistes ou nationaux-socialistes pour son organisation et ses méthodes, elle s’affiche à sa création comme « l’instrument principal du redressement moral, intellectuel et social du pays ». Dans les faits, elle officie comme une troupe de choc, forte d’un effectif de plus de 30 000 exécutants zélés, se réclamant d’une idéologie autoritaire et répressive.

      

    La Gestapo (Geheime Staats Polizei, police secrète d’Etat créée en 1934 à Berlin par Heinrich Himmler et Reinhard Heydrich) sait pouvoir compter sur cette force supplétive, véritable manne pour combattre avec elle les « ennemis intérieurs » (résistants, Juifs, communistes, francs-maçons).

      la milice

     

    Divisée en cinq « services », la Milice enregistre dans le Rhône un millier d’adhérents, parmi lesquels plus de 600 sont affectés à la Franc-Garde, sa branche militaire, créée dans la foulée en juin 1943, reconnaissable à son uniforme noir et à son béret marqué du gamma grec.


    Joseph Lécussan est, d’avril 1943 à mars 1944, le chef régional du 2e service, Documentation/renseignements, chargé de procéder en civil aux arrestations et aux perquisitions, un service armé, fonctionnant avec des permanents payés, hors hiérarchie, qui rend compte directement à Vichy. Il est épaulé dans sa tâche par Paul Touvier, désigné chef local dès l’automne 1943 pour débusquer les « adversaires politiques », sur lesquels il se fait une spécialité de constituer des fiches d’information détaillées.

      Milice du regime de Vichy en 1944

    La Milice lyonnaise a aussi son aumônier, l’abbé Stéphane Vautherin.

     

    Ses services sont pour la plupart déployés sur la presqu’île : 85 rue de la République, dans l’ancien Hall du journal Le Progrès, où elle a son siège ; 16 Place Bellecour et 17 rue des Archers où se trouvent son centre de propagande et de réunion ; 5, Impasse Catelin, où Paul Touvier investit du 6 juin à la fin août 1944 les locaux de l’annexe du lycée Ampère (actuellement celle du collège Jean Monnet).
     

    La Franc-Garde, d’abord basée 51 montée du Chemin neuf (aujourd’hui montée du Gourguillon, dans le 5ème arrondissement) est transférée en juin 1944 dans les locaux de l’externat Saint-Joseph, 10 rue Sainte-Hélène.

     

      

      

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    sources

      

    http://www.chrd.lyon.fr/chrd/sections/fr/pages_fantomes/fiches_

     

     

     

     

     

     

    thematiques/la_milice_francaise/

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    Fichier:Liberation of Marseille, August 1944.jpg

    Photo prise le 29 août 1944 lors de la Libération de Marseille, Emmanuel d'Astier

    est à droite sur la photo

      

      

      

    Emmanuel d'Astier de la Vigerie, né le 6 janvier 1900 et mort le 12 juin 1969 à Paris, est un écrivain, journaliste et homme politique français.

     

    Grand résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il fonde le mouvement de résistance Libération-Sud et le journal Libération, puis devient, en novembre 1943 et jusqu'en septembre 1944, Commissaire à l'Intérieur de la France libre.

     

     

    Il est l'auteur de la chanson la Complainte du partisan écrite à Londres en 1943.

    Après-guerre, il sera l'un des "compagnons de route" du PCF, puis un gaulliste de gauche.

    Il est Compagnon de la Libération.

     

     

     

    Origine et formation :

    Emmanuel d'Astier est né le 6 janvier 1900, à Paris, au sein d'une famille originaire du Vivarais anoblie en 1829 sous la Restauration.

     

    Son père, le baron Raoul d'Astier de La Vigerie, ancien élève de l'École polytechnique, était officier d'artillerie.

     

    Sa mère, Jeanne, née Bachasson de Montalivet, était la petite-fille de Camille, comte de Montalivet, qui avait été ministre de l'Intérieur et ministre de l'Instruction Publique de Louis-Philippe et arrière-petite-fille de Jean-Pierre de Montalivet, ami et ministre de l'Intérieur de Napoléon.

    Il est le dernier d'une fratrie de huit enfants et a deux frères ainés :

    François, né en 1886, et Henri, né en 1897, qui seront eux-aussi compagnons de la Libération.

    Il fait ses études au lycée Condorcet, puis à Saint-Jean-de-Béthune et à

    l'école Sainte-Geneviève à Versailles.

     

    Ses années de lycée seront marquées par son adhésion à l'Action Française.

    Il entre à l'École navale en 1919.

     

    Emmanuel d'Astier de la Vigerie (1900-1969), homme politique et journaliste français. Paris, 1959. 

    © Boris Lipnitzki / Studio Lipnitzki / Roger-Viollet

     

    En 1931, il démissionne de la Marine et débute une carrière de journaliste.

     

    D'Astier entre à l'hebdomadaire Marianne. Il effectue divers reportages en Allemagne et en Espagne pour les magazines Vu et Lu, ce qui l'amène à prendre ses distances avec son milieu familial.

    Il épouse en premières noces Grace Roosevelt Temple (née en 1894 à Ashland, États-Unis, morte en 1977).

      

    Seconde guerre mondiale :

    Le 27 août 1939, quelques jours avant la déclaration de guerre, il est mobilisé au Centre maritime de renseignements de Lorient.

     

    En juin 1940, il rejoint le 5ème Bureau replié à Port-Vendres.

    Il est démobilisé à Marseille le 11 juillet.

      

    Premiers actes de Résistance :

    Il choisit d'emblée de lutter contre Vichy et l'occupant et se met aussitôt à la recherche d'hommes et de femmes qui pensent comme lui.

    Dès septembre, il fonde à Cannes le mouvement La Dernière Colonne, qui se destine au sabotage.

     

    La première personne qui se joint à lui est le commandant d'aviation Édouard Corniglion-Molinier.

    Mais, en décembre, Corniglion-Molinier est arrêté.

    D'Astier gagne Clermont-Ferrand où règne une atmosphère favorable à la Résistance, notamment au sein de l'équipe de rédaction de La Montagne.

     

    En janvier 1941, La Dernière Colonne étant décimée par les arrestations, il entre dans la clandestinité sous le pseudonyme de « Bernard ».

     

      

      

    Création de Libération :

    En juin 1941, il crée le mouvement Libération avec Jean Cavaillès.

    Ce réseau deviendra, avec Combat et Franc-Tireur, l'un des trois plus importants mouvements de résistance de la zone sud.

    Libération recrute le plus souvent ses membres dans les milieux syndicaux (CGT) et socialistes.

    À la tête du mouvement, il fait paraître affiches, tracts. En juillet, paraît le premier numéro du journal Libération.

     

    En janvier 1942, une liaison est établie avec Londres par Yvon Morandat, représentant du général de Gaulle, puis par Jean Moulin qu'Emmanuel d'Astier rencontre pour la première fois.

    En mars, a lieu à Avignon la première réunion des responsables des journaux Libération, Combat et Franc-Tireur, sous la présidence de Jean Moulin.

     

      

      

      

    Missions à Londres et aux États-Unis :

    Dans la nuit du 19 au 20 avril, il profite de la mission de Peter Churchill pour embarquer sur le sous-marin P 42 Unbroken et aller à Londres. Il rencontre le général de Gaulle, début mai.

     

    Il l'appellera plus tard « le Symbole ».

     

    Celui-ci l'envoie en juin en mission à Washington. Il est chargé de négocier auprès de Roosevelt la reconnaissance de la France libre.

    Dans le courant du mois de juillet, il rentre en France à bord d'un chalutier, avec le titre de chargé de mission de 1re classe, équivalent au grade de lieutenant-colonel.

      

      

    Organisation des mouvements de Résistance :

    Il se rend pour un deuxième voyage à Londres avec Henri Frenay, en novembre 1942, puis regagne la France. Il est désigné pour siéger au Comité de Coordination des Mouvements de Résistance.

    En janvier 1943, le CCMR devient le Directoire des Mouvements unis de la Résistance (MUR), dont il devient le Commissaire aux affaires politiques.

     

    En avril, il repart pour Londres mais rentre en France en juillet,

    après l'arrestation de Jean Moulin.

    En octobre, il repart à Londres.

     

     

    Commissaire à l'Intérieur de la France Libre :

    Il gagne Alger, en novembre 1943, et devient membre de l'Assemblée consultative provisoire. Le 9 novembre, il est nommé par le général de Gaulle Commissaire à l'Intérieur du Comité français de la Libération nationale (CFLN).

     

    Emmanuel d'Astier est membre du COMIDAC, Comité d'Action en France, institué en septembre 1943. Il occupe ce poste jusqu'au 9 septembre 1944.

    Il est chargé de définir la stratégie et les crédits affectés à l'action de la résistance métropolitaine. En janvier 1944, il rencontre Churchill à Marrakech pour lui demander des armes pour la Résistance.

    Un Gouvernement provisoire de la République française est créé, en juin 1944. Il en devient ministre de l'intérieur en août, après son retour en France.

     

    À la suite d'un désaccord avec le général de Gaulle, il quitte ses fonctions le 10 septembre après avoir refusé le poste d'ambassadeur à Washington.

     

    À partir du 20 août, il transforme le journal Libération en quotidien.

     

      

      

    Après la guerre Compagnon de route du PCF

    Compagnon de la Libération, engagé à gauche et même proche des communistes, à la différence de ses frères François et Henri, il est élu député progressiste de l'Ille-et-Vilaine en 1945, et le restera jusqu'en 1958.

    En 1947, il épouse en secondes noces Lioubov Krassine, née en 1908 à Saint-Pétersbourg, fille de Leonid Krassine, révolutionnaire bolchévique.

     

    Deux fils sont issus de son mariage avec Lioubov Krassine, Christophe, né le 23 août 1947, et Jérôme, né le 23 avril 1952.

     

     

    Il fait partie de la présidence du Mouvement de la Paix et du Conseil mondial de la paix dans les années 1950 et à ce titre reçoit le Prix Lénine pour la paix en 1958.

    En 1952, il s'oppose à la ratification de la CED et, en 1957, il s'oppose au traité de Rome.

    Toutefois, en 1956, se différenciant des communistes par son neutralisme, il condamne l'intervention soviétique en Hongrie.

     

    Il condamne également l'expédition franco-britannique de Suez. Il n'en demeure pas moins un conseiller prisé par De Gaulle pour les Affaires soviétiques à la fin des années 1950 et début des années 1960.

      

    Libération Marseille

      

      

    Gaulliste de gauche :

    Dans la tourmente de la fin de la IVe République, il vote la confiance au gouvernement Pflimlin, le 13 mai 1958, puis l'état d'urgence en Algérie, le 16 mai, et la révision constitutionnelle, mais il refuse la confiance au général de Gaulle, le 1er juin.

    Il se rapproche ensuite progressivement du gaullisme.

    Il apparaît tous les mois à la télévision pendant un Quart d'heure, ce qui en fait une vedette. Il s'y exprime en toute liberté tout en maintenant une attitude de respect à l'égard du général de Gaulle.

    En novembre 1964, le quotidien Libération, qu'il avait fondé en 1941, disparaît quand le PCF lui retire son soutien. Il crée ensuite le mensuel L’Événement, qui paraîtra de février 1966 à juin 1969.

    Compagnon de route des gaullistes de gauche, son dernier acte politique fut d'écrire dans L’Événement en 1969 : « Je vote pour Pompidou-la scarlatine ».

    Il meurt à Paris XVe le 12 juin 1969. Il est inhumé au cimetière d'Arronville (Val-d'Oise). Pierre Viansson-Ponté écrit dans Le Monde :

     

    " C'était un homme qui ne ressemblait à personne. Il ne se considérait ni comme homme d'État, ni comme homme de gouvernement, ni comme idéologue."

      

      

    Œuvres :

    La Complainte du Partisan :

    Il a écrit à Londres, en 1943, la chanson La Complainte du partisan mise en musique par Anna Marly. Elle devient une chanson populaire dans les années 1950.

     

    Cette chanson acquiert une renommée internationale quand elle est reprise dans une version anglaise sous le titre The Partisan, en 1969 par Leonard Cohen.

    Il ne faut pas la confondre avec le Chant des Partisans, également composé par Anna Marly mais écrit par Joseph Kessel et Maurice Druon, devenu l'hymne officiel de la Résistance française.

      

      

     

    Œuvres écrites

    • Passage d'une Américaine, Paris, 1927
    • Sept jours en été, Alger, 1944
    • Avant que le rideau ne tombe, Paris, 1945
    • Sept jours en exil, Paris, 1946
    • Sept fois sept jours, Paris, 1947
    • Les Dieux et les Hommes 1943-1944, Paris, 1952
    • L'Eté n'en finit pas, Paris, 1954
    • Le miel et l'absinthe, Paris, 1957
    • Les Grands, Paris, 1961. Ce livre contient de brillants et vifs portraits de Staline, Churchill, de Gaulle, Eisenhower et Khrouchtchev.
    • Sur Saint-Simon, Paris, 1962
    • Sur Staline, Paris, 1963
    • La Semaine des quatre jeudis, Paris, 2011

    Décorations

     

     

    SOURCES WIKIPEDIA

     

     

     

     

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  • La formation de la 2e DB (février 1943-juillet 1944)

     

    Général Leclerc, vous et vos glorieuses troupes êtes la fierté de la France

    — Général de Gaulle

     

     

    La "Force L" en Tunisie (février-juin 1943)

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    Après avoir abandonné le commandement des troupes de l'Afrique française libre au général Marchand, Leclerc rencontre à Ghadamès le général Delay, commandant le front Est-saharien du Sud algérien : c'est la première liaison des FFL et de l'armée d'Afrique (2 février 1943). Dix jours plus tard, la "Colonne Leclerc" devient "Force L" (comme Leclerc) dans le cadre de la 8e armée britannique. Le 20 février , jour où Rommel s'empare de Kasserine, Leclerc parvient à Ksar Rhilane ; sa mission est de couvrir le flanc gauche de la 8e armée britannique, qui contrôle Tatahouine et Medenine.

      

    Quatre jours plus tard, le BIMP (1re DFL) prend position dans le secteur. Dans les premiers jours de mars, Rommel lance l'opération Capri, destinée à reprendre Medenine et à atteindre le golfe de Gabès ; il est repoussé par les Alliés et subit des pertes importantes. La Force L - rejointe par le "Colonne volante" *- est violemment prise à partie à Ksar Rhilane, mais elle résiste vaillamment - avec l'appui de la Royal Air Force.

     

    Rommel, partisan d'évacuer la Tunisie, est remplacé par le général von Arnim, mais celui-ci ne parvient pas à renverser le cours des événements. Le 20 mars, Montgomery passe à l'offensive sur la ligne Mareth ; il se heurte à une vive opposition ennemie, qui l'oblige à un manœuvre de débordement, appuyée par plusieurs groupements de la Force L. Huit jours plus tard, la prise de Gabès par Leclerc obligera les Allemands à décrocher et permettra aux Américains du général Patton de reprendre Gafsa.1_1_3_3_b_image_1

      

    Le 2 avril, Leclerc rencontre Giraud à Gabès : il tente vainement de le persuader que seul de Gaulle peut réaliser l'union de tous les Français. La Force L entre à Kairouan le 12 avril. Jusqu'au bout, les forces de l'Axe opposeront aux Alliés une résistance acharnée, mais l'issue des combats de peut faire de doute. Tunis et Bizerte sont libérées le 7 mai ; le 20, Leclerc participe au défilé de la victoire à la tête d'un détachement de tirailleurs. Il est nommé général de division le 25 mai ; le 30, la Force L devient officiellement 2e DFL. Giraud, qui possède encore le commandement militaire en Afrique du Nord, décide de renvoyer en Libye cette unité beaucoup trop "gaulliste" à ses yeux (10 juin 1943).

     

     

    Formation de la 2e DB au Maroc (juillet 1943-avril 1944)

    Leclerc va profiter de ce séjour forcé au camp de Sabratha pour réorganiser sa division et surtout l'étoffer avec de nouvelles unités, prélevées sur l'armée d'Afrique ou constituées par de jeunes évadés de France, arrivés par l'Espagne. Malgré tous ses efforts, ses effectifs demeurent modestes (moins de 4.000 hommes, alors qu'une division classique en compte quatre fois plus !), mais cette insuffisance numérique est compensée par le prestige dont jouissent "l'armée Leclerc" et son chef depuis l'affaire de Koufra.

      

      

    Le 13 août, entre deux missions à Alger et au Maroc, Leclerc confie à ses subordonnés : "Pendant trois ans, dans notre coin, nous avons représenté la France au combat et tenu son épée. Aujourd'hui, l'armée française reprend la lutte, notre mission est terminée. Nous avons été le trait d'union. Il ne nous reste plus qu'à rentrer dans cette armée puisqu'elle est décidée à combattre. (...) Il convient toutefois de conserver intact l'esprit de la France Combattante ** car il a fait ses preuves et représente l'esprit de la France."

     

     

    1_1_3_3_c_image_2Le 24 août 1943, la 2e DFL devient officiellement la 2e division blindée (2e DB), sur le modèle des brigades américaines, avec des Combat Command (groupements tactiques), formations interarmes adaptées aux conditions du combat. Leclerc souhaite faire de sa division un symbole de l'unité nationale, sous l'autorité du général de Gaulle, chef suprême et unique de la France Combattante.

      

    En septembre, la 2e DB est regroupée au camp de Temara (Maroc), où elle va parfaire son entraînement et compléter ses effectifs jusqu'en avril 1944.

      

    A partir du 10 avril, elle commence à quitter le Maroc pour l'Angleterre, où elle est affectée à la 3e armée américaine de Patton.

    --------------------------------------------------------------------------------


    * La "Colonne volante", commandée par le commandant Jean Rémy, était composé d'un régiment de spahis et d'une compagnie de chars de combat.

      

    Elle comprenait 314 hommes et était dotée de - notamment - 24 automitrailleuses et 14 chars.

      

    Les spahis avaient participé aux campagnes d'Erythrée, de Syrie, de Libye et à la bataille d'El Alamein.

      


    ** La France Combattante avait officiellement succédé à la France Libre le 13 juillet 1942. Dans l'esprit de De Gaulle, il convenait désormais d'associer dans une même entité - et sous une même autorité, incarnée par le Comité national français dont il était le chef - la France Libre et "la France captive", qui luttait contre l'occupant allemand et ses alliés français sur le territoire national, dans le cadre des mouvements de Résistance et des premiers maquis. Dans le même temps, les Forces françaises libres devenaient Forces françaises combattantes.

      

    Cependant, l'appellation France Libre continuera d'être employée jusqu'à la fin de la guerre et les Français libres ne renonceront jamais à leur identité.

     

     

    < La "Colonne du Tchad" s'empare de Koufra et du Fezzan

    (décembre 1940-janvier 1943)

    > Suite : La bataille de Normandie (août 1944)

     

    sources précieuses :

      

    http://www.france-libre.net/2e-db/historique/formation-2edb.php

     

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  • La bataille de Normandie (août 1944)

     

     

    Le but atteint, la victoire remportée, eux regardent le ciel sans pâlir et la terre sans rougir — Général de Gaulle

     

    1_1_3_4_b_image_1La 2e DB débarque en Normandie le 1er août, sur la plage d'Utah Beach, chargée d'une double mission : combattre aux côtés des Américains et sous les ordres de Patton ; marcher sur Paris afin que, selon la volonté de De Gaulle, une grande unité française participe à la libération de la capitale. Elle est immédiatement engagée dans la bataille : le 9 août, elle rejoint Le Mans, puis est engagée dans un combat décisif en direction d'Alençon, puis d'Argentan, contre la 9e division blindée allemande (Panzerdivision) remontée de Nîmes. Leclerc surprend les Allemands par sa rapidité : il les bouscule et les contraint à la retraite. Les Alliés tenaient les voies de communication, tandis que deux Panzers étaient retranchés dans la forêt d'Ecouves ; deux jours durant, patrouilles et colonnes de la 2e DB traquent l'ennemi, le débusquent, l'affolent, puis l'écrasent.

    1_1_3_4_map1Mais Leclerc agace aussi les Américains, à qui il reproche leur inertie. Il confie : "Le problème, pour moi, n'est pas de lancer mes hommes en avant, mais de les modérer !" Les pertes à l'issue des premiers combats de la division sont en effet très élevées : plus de 200 morts et disparus, plus de 600 blessés. Dès le 15 août, Leclerc fait savoir à Patton qu'il souhaite marcher sur Paris, d'où parviennent des bruits de soulèvement (le même jour, les troupes alliées débarquent en Provence) ; il n'admet pas que les Alliés avancent sans lui vers la capitale et il a la fâcheuse impression qu'on veut l'empêcher d'y jouer le rôle que de Gaulle lui a fixé.

    < La formation de la 2e DB (février 1943-juillet 1944)

    > Suite : La libération de Paris (24-25 août 1944)

     

    sources : http://www.france-libre.net/2e-db/historique/bataille-normandie.php

     

     

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  • La libération de Paris (24-25 août 1944)

    La guerre est gagnée ! La victoire est là ! C'est la victoire des nations unies et

    c'est la victoire de la France — Général de Gaulle

    1_1_3_5_b_image_1

    En fin de compte, couvert par de Gaulle mais sans l'autorisation d'Eisenhower, commandant en chef des troupes alliées, il ordonne à un détachement commandé par le colonel de Guillebon de foncer vers Rambouillet (21 août) : cette avant-garde n'entrera dans Paris - où l'insurrection populaire est en marche - que si l'ennemi s'en retire. Mais le même jour, de Gaulle annonce à Eisenhower qu'il a pris deux décisions : il autorise Leclerc à marcher sur Paris ; il nomme Kœnig gouverneur militaire de la capitale. Le 23 août, à Rambouillet, il fixe avec Leclerc les grandes lignes des opérations qui seront engagées dès l'aube du 24 août. Les troupes allemandes ont commencé à évacuer Paris, 1_1_3_5_map1mais ils tiennent encore solidement de nombreuses positions et les accrochages sont sanglants. Dans la soirée du 24, à la Croix de Berny, Leclerc ordonne au capitaine Dronne de "filer immédiatement au cœur de Paris". Le détachement (trois chars, une quinzaine de véhicules) entre dans la capitale par la porte d'Italie, vers 20 heures 45 ; une demi-heure plus tard, il arrive en vue de l'Hôtel de Ville.

    Le 25, de Gaulle quitte Rambouillet, il entre à Paris par la porte d'Orléans ; à 16 heures, il retrouve Leclerc à la gare Montparnasse,1_1_3_5_c_image_2 où il installe son PC provisoire. Trois groupements de la 2e DB sont arrivés dans la matinée, suivis d'une division américaine. En début d'après-midi, le colonel de Langlade obtient la reddition des services du commandement allemand, à l'Hôtel Majestic. Une heure plus tard, Leclerc lui-même * reçoit la reddition du général von Choltitz, commandant le Gross Paris. Après avoir participé au défilé de la victoire sur les Champs-Elysées, le 26 août, Leclerc achève de pourchasser les troupes allemandes cantonnées dans la banlieue nord (Le Bourget, Stains, Pierrefitte) et porte un coup d'arrêt définitif à la contre-attaque envisagée par l'ennemi.

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    * Il est alors accompagné d'Henri Rol-Tanguy, chef des Forces françaises de l'intérieur (FFI) d'Ile-de-France.

    < La bataille de Normandie (août 1944)

    > Suite : La libération de Strasbourg (septembre-novembre 1944)

     

    sources : http://www.france-libre.net/2e-db/historique/liberation-paris.php

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    OUISTREHAM Calvados - 14 km nord de Caen

    Le Commando Kieffer libère Ouistreham

     

    En 1944, Ouistreham est un village situé à l’arrière immédiat de Riva Bella sur la côte normande. La proximité de l’embouchure de l’Orne, et du canal de Caen, en font un secteur très fortifié.

    C’est à cet endroit que débarquent, le 6 juin 1944, les 177 Français du 1er Bataillon de Fusiliers marins commandos.

    Les Français du commandant Kieffer, qui sont intégrés au N°4 Commando britannique, ont obtenu le privilège de fouler les premiers le sol de Normandie.

     

    Sur la plage, les Commandos laissent une quarantaine de tués et de blessés, puis avancent vers l’intérieur. Le commandant Kieffer est touché mais continue avec ses hommes.

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    La troop 1 subit des pertes face à la position du casino. Les Commandos reçoivent l’appui d’un blindé du 13/18th Hussars de la 27e Brigade blindée, le blockhaus allemand est neutralisé.

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    Ouistreham est libérée en fin de matinée.

     

    Commando Kieffer. Décès du doyen Maurice Chauvet

    Maurice Chauvet est décédé aujourd'hui aux Inavlides à l'âge de 91 ans. Il était le doyen des survivants du commando Kieffer, seule unité française à avoir débarqué sur les plages normandes le 6 juin 1944,

     

    >> Débarquement, Jean et Léon y étaient aussi


    Né le 12 juin 1918 au Gâvre (Loire-Atlantique), Maurice Chauvet avait servi sur le Georges-Leygues en 1936. Il avait quitté la France avec ses deux frères fin 1941 pour rejoindre Londres mais avait été emprisonné pendant 15 mois en Espagne.

    Il avait finalement rejoint l'Angleterre en juin 1943 et s'était engagé dans les Forces navales françaises libres (FNFL).

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    Quartier-maître au 1er Bataillon de fusiliers-marins commandos (BFMC), il avait dessiné le badge qui est aujourd'hui toujours porté par les commandos marines sur leur béret vert.

     

    Le 6 juin 1944, Maurice Chauvet avait fait partie des 177 jeunes volontaires, qui avaient débarqué sur la plage de Colleville face à Ouistreham, sous les ordres du commandant Philippe Kieffer, fondateur des commandos de marine français. Le jeune commando avait été grièvement blessé cinq jours plus tard.

     

     

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    En 1963, il avait participé comme conseiller technique à la réalisation du film "Le jour le plus long" et avait raconté sa guerre dans "Mille et un jours pour le Jour J" (Michel Lafon, 1994).


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    Les commandos marine ont été créés durant la dernière guerre mondiale en Grande-Bretagne, sur le modèle des Royal Marines Commandos ou forces spéciales de la Royal Navy à partir d'éléments des fusiliers marins français regroupés au Royaume-Uni.

    Le 6 juin 1944, ils sont 177 à participer au débarquement en Normandie, sous les ordres du capitaine de corvette Kieffer.

    Article détaillé : Commandos Kieffer (France libre).

     

    La guerre d'Indochine 

     

    En Indochine, de 1946 à 1954, en 8 années de guerre, les commandos marine (François, de Montfort, Jaubert, Tempête et Ouragan) ont eu environ 104 tués sur un effectif de 1200 hommes. 61 de ces morts pour la France appartenaient au commando François (49 morts ou disparus à Ninh Binh le 30 mai 1951 et 7 morts à Anh-Thoi le 23 avril 1949), dissout en 1953.

     

    Ces faits d'armes ont valu à ce commando l'attribution de quatre citations à l'ordre de l'armée de mer (1948, 1950 et deux fois en 1951) et l'attribution de la fourragère aux couleurs de la médaille militaire avec l'olive croix de guerre TOE (1952) et la fourragère aux couleurs de la croix de guerre TOE (1951).

      

     

    Sélection :

     

    La sélection des commandos marine est particulièrement rigoureuse.

     

    Après une sélection interne par leurs commandants de compagnies de fusiliers marins et, parmi les brevetés fusiliers marins d'une ancienneté minimale, ceux-ci commencent une formation commando longue de 20 semaines. Celle-ci comprend une semaine de tests commandos, 6 semaines de stage préparatoire, 4 semaines d'évaluation commando, le stage commando de 7 semaines, et 2 semaines de stage parachutiste à Pau.

     

    À l'issue en moyenne 10 à 20 % des stagiaires reçoivent le brevet et le béret vert. Cependant, à aucun moment le brevet n'est garanti et toute faute peut aboutir à la radiation du stage.

     

    Le « stac » ou stage commando se déroule à Lorient, en Bretagne, au sein de l'École des fusiliers marins, héritière du 1er bataillon de fusiliers marins, et l'une des unités les plus décorées de l'Armée française.

     

    Les épreuves, tenues secrètes, préparent les fusiliers à leurs futures missions possibles au sein de l'un des cinq commandos de la marine.

    Le "stac" est ouvert en nombre restreint à d'autres spécialités de la marine (radio, infirmier) qui pourront ainsi intégrer l'effectif opérationnel des commandos marines.

     

    Le stage commando n'est cependant que le début de la formation du commando marine, qui doit également passer trois semaines de stages complémentaires ainsi que d'autres brevets techniques de commandos au cours de la formation interne. Ainsi qu'une période de 4 mois à Djibouti avant d'être déclaré Opérationnel et Apte à rejoindre un des 6 Commandos de la Marine.

     

    Cette formation de base fait partie de l'une des plus difficiles au monde, comparable à celle des SAS et SBS britanniques ou des Navy SEAL américains.

     

    Les commandos voulant postuler au commando d'action sous-marine Hubert de Toulon doivent, après une période d'ancienneté (5 ans) dans les unités commandos de Lorient, passer le brevet de nageur de combat à Saint-Mandrier, sur un tempo comparable à celui du cours Commando élémentaire, en plus difficile et plus long

    (deux semaines de pré-sélection, sept mois de Cours Nageur).

    À noter que chaque commando devra, à chaque nouvel examen de carrière, remettre son béret vert en question et repasser un stage commando équivalent, avec un niveau de responsabilité accru (stage commando chef d'équipe, stage commando chef d'escouade, stage commando chef de mission).

    Ainsi, certains officier mariniers supérieurs (Premier Maître, Maître Principal...) peuvent avoir cumulé jusqu'à quatre stage commandos. Ce type de formation est unique au monde, même dans les forces spéciales.

    Insigne de béret vert commando marine se porte côté gauche.

    Démonstration d'assaut à la mer par des hommes du commando Jaubert, pendant la manifestation nautique "Brest 2004" (juillet 2004)

    Fantassins du 3e Régiment d'infanterie de l'US Army et commandos marine en exercice à Djibouti en 2006.

     

    Uniforme :

     

    Leurs origines britanniques se remarquent au port du béret vert couché à l'opposé des autres unités militaires françaises (couché à droite, insigne à gauche, les autres unités françaises portant le béret couché à gauche, insigne à droite - cela permet notamment de différencier rapidement les commandos marine des légionnaires, portant eux aussi le béret vert). Le brevet de commando est porté par les commandos marine sur leur béret directement ainsi que la Demi-Lune "commando" écrit en rouge sur fond noir au niveau supérieur de la manche de leur uniforme.

     

    On reconnait les membres et anciens membres du commando Hubert au badge de brevet "nageur de combat" qu'ils portent à la poitrine de leur tenue de sortie.

     

    La plupart des commandos sont également reconnaissables à leur brevet parachutiste couplé à leur insigne de grade Marine nationale sur leur tenue camouflage "centre Europe".

     

    Missions :

     

    La France compte actuellement six unités de commandos marine qui appartiennent à la force des fusiliers marins et commandos, sous le commandement d'un amiral (ALFUSCO), dépendant directement du chef d'état-major de la marine, en ce qui concerne l'organisation et la préparation de cette force. Ils sont souvent déployés sous l'autorité du commandement des opérations spéciales ( COS ) pour des missions sur des théâtres extérieurs et sont particulièrement entraînés :

     

    * aux reconnaissances tactiques préalables aux opérations amphibies ou terrestre (renseignement) ;

    * à la protection et à l'évacuation de ressortissants ;

    * aux actions de destruction et de sabotage ;

    * aux interventions à la mer dans le cadre des missions de sauvegarde maritime (lutte contre le terrorisme, les trafics illicites et les infractions maritimes)

     

    En particulier, les Commandos marine sont souvent utilisés pour la protection d'ambassades en zone de guerre (par exemple dans certains pays d'Afrique).

     

    Organisation :

     

    Chaque commando est constitué de 80 à 100 hommes répartis en groupes de 15 à 17 opérateurs.

     

    Cinq de ces unités sont basées à Lorient :

     

    * commando Jaubert, spécialisé dans l'assaut à la mer et le contre-terrorisme maritime, l'unité incluant une partie de l'Escouade de Contre-terrorisme et de Libération d'Otages (ECTLO) (anciennement GCMC) ;

    * commando Trepel, spécialisé dans l'assaut à la mer et le contre-terrorisme maritime et incluant également une partie de l'ECTLO ;

    * commando de Montfort, spécialisé dans l'appui et la destruction à distance (le sniping, notamment) ;

    * commando de Penfentenyo, spécialisé dans la reconnaissance et l'acquisition de renseignement opérationnel ;

    * commando Kieffer, spécialisé dans les technologies de pointe ;

     

    Une unité est basée à Saint Mandrier (Var) :

     

    * commando Hubert, spécialisé dans l'action sous-marine et dans les actions de contre-terrorisme maritime, et constitué de nageurs de combat.

     

    Actions des commandos marine :

     

    * Participation au débarquement du 6 juin 1944 et campagne de France 1944-1945 avec notamment combats en Normandie

    * Campagne des Pays-Bas de novembre 1944 à mai 1945

    * Guerre d'Indochine 1945-1954

    * Guerre d'Algérie 1954-1962

    * Crise de Suez (1956).

    * Protection rapprochée du général de Gaulle par le commando Hubert (1960-1961) pendant la guerre d'Algérie, dont l'épisode du putsch des Généraux.

    * Protection du président de la République durant les événements de mai 1968.

    * Protection de l'île Longue (Brest) (début de la Force océanique stratégique), de 1972 à 1975.

    * Opération Décan 1 au lac Amer : déminage des sites du 15 novembre 1974 au 25 décembre 1975 (canal de Suez).

    * Opération Décan 2 au lac Amer : déminage des sites du 8 mars au 11 avril puis du 11 avril au 15 mai (canal de Suez)

    * Mission aux Seychelles (1980).

    * Missions Olifant au Liban, 1982-1986.

    * Opération Acanthe ; La 2e compagnie de combat du 17e RGP accueille à Beyrouth, de juin à septembre 1983, deux équipes de nageurs de combat (Liban).

    * Mission DIODON IV, septembre 1983 à février 1984, commando De Monfort (Liban).

    * Mission DIODON V, du 20 février au 31 mars 1984, commando Trepel (Liban).

    * Moruroa, 1985.

    * Seychelles, 1987.

    * Opération Victor : assaut de la grotte d'Ouvéa tenue par des rebelles indépendantistes ayant pris des gendarmes en otage ; opération combinée avec l'EPIGN, le 11e choc et le GIGN. (Nouvelle-Calédonie)

    * Opération Oside aux Comores ; opérations Basilic, Capselle puis Médor (Liban).

    * Opération Artimon de contrôle de l'embargo envers l'Irak ; implication épisodique jusqu'en 1995 (Golfe Arabo-Persique).

    * Opérations Glycine puis Hortensia (Liban, 1990).

    * Mission Salamandre et IFOR (Golfe Persique, 1990).

    * Participation aux opérations menées dans le cadre de la guerre du Golfe ; embargo, déminage actions commandos (Koweït).

    * Opération Badge : exfiltration du général Michel Aoun de l'ambassade de France du Liban, vers la France (août 1991).

    * Evacuation de ressortissants étrangers (Somalie, 1992 ?).

    * Reconnaissance de plages et de ports durant la mission Hortensia (Haïti, 1992).

    * Mission Isboukir (Djibouti).

    * Participation du commando de Penfentenyo aux opérations en ex-Yougoslavie de 1991 à 1995 notamment enBosnie-Herzégovine à partir1992

    * Opération de contrôle de l'embargo, Balbuzard et Sharp Guard, et de soutien aux forces terrestres engagées en ex-Yougoslavie à partir de 1993; implication épisodique jusqu'en 1996 (mer Adriatique).

    * Mission Oryx en effectuée par le commando Jaubert dans le cadre du COS (Somalie).

    * Évacuation des ressortissants occidentaux par le commando de Montfort (Yémen, 1994).

    * Durant l'opération Turquoise, protection des populations civiles assurée par le commando Trepel au sein d'une mission du COS (Rwanda, 1994).

    * Protection des installations de tir contre Greenpeace durant l'opération Nautile (Moruroa, 1995).

    * Mission Azalée menée par le commando Jaubert avec d'autres unités du COS (Comores, 1995).

    * Mission Badge par le commando Trepel (Afghanistan, 1996).

    * Mission Malebo par le commando de Penfentenyo (ex-Zaïre, 1996).

    * Mission Alba pour récupérer des ressortissants et effectuer des reconnaissances de plages par les commandos Jaubert et Hubert (Albanie, 1997).

    * Mission SFOR par les commandos de Montfortet Hubert.

    * Mission Pélican assurée dans le cadre du COS par les commandos de Montfort et Hubert (Congo, 1997).

    * Mission Espadon : récupération de ressortissants par le commando de Montfort (Sierra Leone, 1997).

    * Mission Neptune par le commando de Penfentenyo (mer du Nord, 1997).

    * Mission Maracuja par le commando Trépel (1997).

    * Mission TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) par les commandos de Montfort et de Penfentenyo (1997)

    * Mission Iroko (Guinée-Bissau, 1998).

    * Mission Malachite (Congo, 1998).

    * Mission KFOR en Ancienne République yougoslave de Macédoine et au Kosovo (Ancienne République yougoslave de Macédoine, 1999)et en Ancienne République yougoslave de Macédoine en 2001.

    * Capture à Pale, par le commando Hubert et le Groupe de combat en milieu clos (GCMC), de Momcilo Krajisnik, bras droit de Radovan Karadžić et inculpé par le Tribunal Pénal International de crimes contre l'humanité (3 avril 2000) (Bosnie-Herzégovine).

    * Mission dans les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) avec le commando de Penfentenyo (1997) ;

    * Participation à la traque des criminels de guerre dans le cadre de la SFOR en Bosnie-Herzégovine avec le commando Hubert et le GCMC (1997) ;

     

    Participation à la guerre en Afghanistan depuis 2001 notamment par des opérations longues de combat entre 2001 et 2006

     

    * Libération des otages lors de l'acte de piraterie contre le Ponant en avril 2008 au large de la Somalie par le commando Hubert (participation du GIGN).

     

    * Libération des otages lors de l'acte de piraterie contre le "Carré d'as" au large de la Somalie par le commando Hubert (Septembre 2008)

     

    * Libération des otages lors de l'acte de piraterie contre le "Tanit" au large de la Somalie par le commando Hubert et sans la participation du GIGN (avril 2009) ce qui avait suscité la colère de Christian Prouteau fondateur du GIGN, qui juge que les Commandos Marine n'ont aucune qualification pour libérer des otages et qu'ils sont là pour mener des "Actions de Guerre".

     

     

     

     


     

    · · ·                        

    Monsieur GAUTHIER, Ouistreham

     

     

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  •   Fichier:Nancy Wake (1945).jpg

      

      

     

    Nancy Wake (Wellington, 30 août 1912Londres, 7 août 2011[1]), surnommée « la Souris Blanche », également connue par ses mariages sous les noms de Nancy Fiocca et de Nancy Forward, est une figure australienne de la Résistance en France, pendant la Seconde Guerre mondiale. D'abord active dans le réseau d'évasion Pat O'Leary, elle fut ensuite recrutée comme agent du Special Operations Executive et envoyée en France en 1944 comme courrier du réseau FREELANCE de John Hind Farmer « Hubert », qui se distingua en Auvergne.

     

    Nancy Wake était une « dure » ; elle est aussi une vraie aventurière. Femme passionnée, elle est une vraie francophile. Extrêmement courageuse, elle est une femme engagée, prête à risquer sa vie et même à la perdre pour la liberté. Un téléfilm anglais de 1988 porte son nom et raconte son histoire

    Famille

    • Son père : Charles Augustus Wake
    • Sa mère : Rosieur Ella Wake
    • Ses frères et sœurs : Nancy est la plus jeune de six enfants.
    • Son premier mari : Henri Fiocca (mort en détention le 16 octobre 1943)
    • Son deuxième mari : John Forward (mort en 1997)

      

    Identités

    • État civil : Nancy Grace Augusta Wake ; épouse 1) Fiocca, 2) Forward.
    • Comme agent du réseau d'évasion Pat O'Leary (1940-1943) : Souris blanche (surnom donné par les Allemands, parce qu'ils ne pouvaient pas l’attraper !)
    • Comme agent du SOE, section F (1944) :
      • Nom de guerre (field name) : « Hélène »
      • Nom de code opérationnel : WITCH (en français SORCIÈRE)
      • Autre pseudo : Andrée[2]
      • Identité de couverture : Lucienne Suzanne Carlier, Française, née le 22 août 1918 à Bergues (Nord), domiciliée à Rieux

    Parcours militaire : 1) FANY ; 2) SOE, section F : grade : Ensign

     

     

    1912. De nationalité australienne, Nancy Wake naît le 30 août 1912 à Wellington, en Nouvelle-Zélande.

     

    1914. Sa famille s'installe en Australie lorsqu'elle n'a que deux ans.

     

    Elle passe son enfance à Sydney.

     

    1932. Après ses études, elle part en Europe, via Vancouver et New York, et débarque à Liverpool. Elle s'inscrit à Londres dans une école de journalisme. Puis elle trouve un travail de reporter indépendante à Paris.

     

    1933. Après l'accession d'Hitler au pouvoir, elle voyage à Vienne et à Berlin, où elle assiste à des scènes antisémites, qui sont à l'origine de son engagement.

     

    1936. Lors de ses vacances estivales à Juan-les-Pins, elle rencontre l'industriel français Henri Fiocca.

     

    1939. Au début de l'année, Henri la demande en mariage et elle accepte. Durant l'été, elle passe ses vacances avec lui à Cannes. Ayant renoncé à son appartement de Paris pour aller dans le midi, elle loue une maison dans une station thermale en Angleterre pour y passer quelque temps avant de faire sa vie en France. Elle est à Londres, lorsque survient la déclaration de guerre (3 septembre 1939). Elle renonce au séjour en station thermale, et dès le lendemain, elle décide de retourner en France, dans le midi. Le 30 novembre 1939, elle épouse Henri Fiocca à l'hôtel du Louvre à Marseille.

     

    1940-1943. Nancy Wake rejoint la Résistance intérieure française dans le réseau d'évasion Pat O'Leary, et assure la fonction de courrier auprès d’Ian Garrow et d'Albert Guérisse. Quand Ian Garrow est arrêté en octobre 1941, puis condamné à dix ans de détention, elle aide à son évasion de la prison de Mauzac (Dordogne), qui réussit le 8 décembre 1942. C'est dans cette période que la Gestapo, qui la recherche sans connaître son identité, la surnomme la « Souris blanche ». Albert Guérisse (alias Pat O'Leary) est arrêté le 2 mars 1943. Après avoir été arrêtée puis libérée, Nancy Wake quitte la France pour l'Angleterre, via les Pyrénées, l'Espagne (Besalu, puis Madrid), puis Gibraltar et l’Écosse (après une traversée de dix jours). À Londres, elle retrouve Ian Garrow. Ne voulant pas revenir en France pour le compte des Anglais, elle demande un rendez-vous au colonel Passy, s'offrant de travailler pour la France libre. Il refuse, se méfiant d'elle probablement en raison de sa nationalité. Peu après, c'est le SOE qui, ayant surveillé sa démarche auprès de Passy, prend contact avec elle et la recrute.

     

    1944. Devenue agent secret du Special Operations Executive, elle suit l'entraînement, puis est envoyée en mission en France.


     

    Mission
    Définition de la mission : elle doit être le courrier du réseau FREELANCE de John Hind Farmer « Hubert », en Auvergne, pour aider la Résistance à préparer le soulèvement armé qui doit coïncider avec le débarquement en Normandie.

     

    • Avril. Dans la nuit du 29/30 avril 1944, Nancy Wake est parachutée en Auvergne.

     

    Récit. Elle peut rejoindre les maquis pour mettre en place/organiser la livraison des armes et de l’équipement nécessaires. Son rôle était de distribuer des armes aux résistants cachés dans les montagnes (les maquis).

     

    Il fallait envoyer des messages radio. Le groupe de Nancy a perdu leur radio lors d’un raid des troupes allemandes. Donc, elle a été obligée de faire plus de 200 kilomètres à bicyclette pour aller chercher un autre opérateur de radio. Elle a dit que c’était plus facile pour une femme de circuler parce que les Allemands tuaient les hommes au hasard. D’après Nancy, les autres ne croyaient pas qu’elle rentrerait. Elle s’était proposée pour le faire parce que, à son avis, elle était la seule à pouvoir le faire, non pas parce qu’elle était (la plus) courageuse, mais parce qu’elle était une femme. De retour parmi les maquis, elle ne pouvait ni rester debout, ni rester assise ; elle ne pouvait rien faire. Elle était à bout de ses forces. Elle a tout simplement fondu en larmes.

     

    Formée au combat, Nancy a fait beaucoup d’actes de sabotage. Nancy en a fait des exploits au cours de cette « drôle de guerre » ! Pourtant, c’est de celui-ci qu’elle est le plus fière.

     

    • Juin : Elle pilote l'attaque du local de la Gestapo de Montluçon, tuant elle-même une sentinelle allemande[4].

     

    • À la fin de l'été 1944, elle rentre en Angleterre.

     

      
      
    Après la guerre

     

    Elle reçoit plusieurs médailles, devenant la femme la plus décorée de la Seconde Guerre mondiale (dont la croix de chevalier de la Légion d'honneur et la Croix de Guerre avec 3 citations). Elle travaille ensuite pour le service de renseignements du British Air Ministry

     

    1957. Elle épouse John Forward.

     

    1960. Elle repart en Australie dans les années 1960[5].

     

    2006. Elle réside à Londres.

     

    2011. Elle meurt à Londres. Ses cendres sont dispersées selon ses volontés près de Montluçon, en France, où elle a été parachutée en 1944[6].

     

    Œuvre

     

    Nancy Wake a publié le récit de son action dans l'ouvrage suivant :

     

    • (en) The White Mouse, Nancy Forward, Australie, 1985.
    • (fr) La Gestapo m'appelait la souris blanche - Une Australienne au secours de la France, traduit et adapté de l'anglais par Anne et Alain Malraux, postface de Catherine McLean, éditions du Félin, Paris, 2001, (ISBN 2-86645-402-2) ; en Félin poche, collection Résistance, Liberté-Mémoire, Paris, 2004.

     

     

     

    Décorations

     

    Nancy Wake est l’Australienne la plus décorée de la guerre. Elle a reçu les décorations suivantes :

     

     

    Film

     Le film Charlotte Gray de Gillian Armstrong (2001) avec Cate Blanchett est inspiré de sa vie.

     

    Oeuvre

     

    Nancy Wake a publié le récit de son action dans l'ouvrage suivant :

     

    • (en) The White Mouse, Nancy Forward, Australie, 1985.
    • (fr) La Gestapo m'appelait la souris blanche - Une Australienne au secours de la France, traduit et adapté de l'anglais par Anne et Alain Malraux, postface de Catherine McLean, éditions du Félin, Paris, 2001, (ISBN 2-86645-402-2) ; en Félin poche, collection Résistance, Liberté-Mémoire, Paris, 2004

     

     

      

     

      

    Sources WIKIPEDIA

      

      

      

     

     

     

     The White Mouse ... Nancy Wake, pictured here in 2004, has died.

    Elle était, en , l'une des personnes les plus recherchées par la Gestapo pendant la seconde guerre mondiale et  on la surnommait « la Souris blanche » du fait de sa capacité à échapper aux soldats allemands. L'Australienne Nancy Wake, héroïne de la Seconde guerre mondiale et membre éminent de la Résistance française, est morte hier à Londres, quelques jours avant son 99è anniversaire.

     

     



    Le premier ministre australien Julia Gillard a rendu hommage à cette femme « dotée d'un courage et de ressources exceptionnels ». Elle a aussi salué son activité de résistante, la qualifiant d'« espionne magnifiquement efficace»

    Parachutée en Auvergne en 1944

    Née en Nouvelle-Zélande, Nancy a grandi en Australie. A l'adolescence, elle ambitionne de devenir journaliste et s'enfuit de chez elle pour réaliser son rêve à . Elle arrive dans la capitale française à la fin des années 1920 alors qu'elle n'a que seize ans. Cette jolie brune francophile épouse un riche industriel, Henri Fiocca. Lorsque la guerre éclate, ils rejoignent tous les deux la Résistance. Contrairement à Nancy qui réussit habilement à échapper à la police nazie, Henri Fiocca est fait prisonnier et tué par la Gestapo en août 1943.

    Elle est parachutée en en avril 1944, peu avant le Débarquement des alliés, pour aider à distribuer des armes à la Résistance française. Elle devient alors agent de liaison entre Londres et les résistants auvergnats. « Pour moi, un bon Allemand était un Allemand mort», aurait-elle déclaré à la fin de sa vie. «Je suis navrée de ne pas en avoir tués davantage. »

    Elle avait été témoin très tôt du traitement réservé aux « non-ariens » par le régime hitlérien. En 1933, à Vienne, elle avait photographié des juifs enchaînés à une roue, fouettés par des soldats. Des clichés qui lui seront confisqués. « C'était ma première expérience avec Hitler », racontera-t-elle.

     

    La femme la plus décorée de la seconde guerre mondiale

    Après la guerre, elle revient en Australie puis s'installe en Angleterre où elle épouse un officier de l'armée britannique en 1957, John Forward, et devient agent secret. Le couple opta ensuite pour l'Australie, jusqu'à la mort de son mari. Revenue en Angleterre, elle avait indiqué avant de mourir vouloir que ses cendres soient dispersées au-dessus de Montluçon, en France (centre), où elle avait combattu en 1944.

    Australienne la plus décorée pour ses faits d'armes pendant la Seconde guerre mondiale, elle avait été faite chevalier de la Légion d'honneur par la France, compagnon de l'Ordre d'Australie et avait reçu la médaille de George de Grande-Bretagne et la médaille de la Liberté des Etats-Unis.

     

     

    Leparisien.fr

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  • Années 20-30, des rues de Paris à la piste du Vel d’Hiv

     
    Toute sa vie, un Homme reste marqué par son enfance et il est souvent utile d’aller chercher dans les premières années pour expliquer le parcours d’un Personnage. Le meilleur moyen de faire connaissance avec un sportif de haut niveau, impresario, patron de boîte de nuit, organisateur de spectacles, acteur, animateur radio et restaurateur est donc de commencer par le début.
     
    André Pousse est né le 20 Octobre 1919 à Paris, d’un père commissaire de police d’origine catalane et d’une mère auvergnate, il conservera toujours la marque de ses doubles origines. Le Paris des années 20-30, c’est le Paris populaire, au sens noble du terme : la vie de quartier, les bougnats, l’argot, les copains, le sport. André en tirera la gouaille, la pugnacité, le sens de l’amitié, la malice du Titi parisien et l’habitude de naviguer dans tous les milieux, y compris Le Milieu. Des vacances familiales en Auvergne et en Normandie, il tire sa solidité : la simplicité, le bon sens, les pieds sur terre, la tête sur les épaules, le sens du travail et de la famille, le goût des bonnes choses et des bons moments partagés entre amis, en un mot son authenticité.
    Bref, une enfance formidable qui forge un gaillard solide, une personnalité conviviale et exigeante, aussi équilibrée que forte et énergique.
    De l’énergie, André en a à revendre, il fait beaucoup de vélo mais c’est surtout en boxant qu’il dépense celle de ses 20 ans, il envisage d’ailleurs de faire carrière dans le Noble Art, jusqu’au jour où des amis cyclistes lui proposent de les accompagner pour une virée, une sorte d’entraînement qui n’engage à rien, une balade. On sort de Paris par la route qui va d’Anthony au Petit Clamard et comme toujours entre sportifs, on se teste, on attaque, on pousse un peu pour voir si les autres suivent et André se prend au jeu, il trouve le bon rythme, appui et s’aperçoit en haut d’une cote mémorable qu’il a « déposé » tous ses copains professionnels.
    La décision est prise, ce sera le vélo plutôt que la boxe, autant faire des efforts dans le sport pour lequel on a des facilités et quitte à bosser dur, autant se faire plaisir en ayant des résultats. Il raccroche ses gants et enfile son maillot cycliste.
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    Les films réalisés avant guerre tels ceux de Jean Renoir, ou « La belle Equipe » (1936) de Julien Duvivier avec Jean Gabin et Charles Vanel (photo) correspondent à l’air du temps et offrent une large galerie d’images de cette époque.

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  • Années 50… : Les plumes du Moulin Rouge

     
    A 30 ans, après 10 ans de pistes, de primes et de chutes, André raccroche. Son carnet d'adresse bien rempli lui permet de continuer à évoluer dans les milieux parisiens du sport et du spectacle mais il sait que dans ce domaine, quand on n'est plus sur le devant de la scène, on voit les « amis » s'éloigner et que, comme sur la piste, on ne peut vraiment compter que sur soi même.

    Oh, il a bien pensé à gagner sa vie de différentes manières! Il touche sa bille aux cartes et est capable de gagner pas mal d’argent en une nuit à une bonne table mais ne se voit vraiment pas passer ses nuits à fumer clope sur clope au dessus d’un tapis vert… en tous cas, pas en tant qu’activité principale. André à une belle gueule et une forte personnalité, il sait qu’il pourrait offrir ses services à des femmes mûres et solitaires ou faire travailler pour lui de jeunes pouliches…mais on ne fait pas de longue carrière de gigolo et l’âge d’or des macs est passé. Fini l’époque où les meilleurs vivaient bourgeoisement et menaient grand train dans leurs luxueuses villas de Nogent sur Marne…

    Loulou Barrier, un admirateur de l’époque du Vel d’Hiv qui est aussi l’impresario d’Edith Piaf, lui propose de s’associer à son affaire. André accepte, lui qui a toujours été son meilleur agent dans les milieux du sport, le devient naturellement pour les autres dans le milieu du Spectacle: Joséphine Baker, Henri Salvador, Petula Clark, Eddie Constantine, Johnny Hallyday, Mouloudji et Philippe Clay bénéficieront de ses services.

    André, à droite, avec Elvis Presley et Nancy Holloway

    C’est finalement Jo France, un copain qui dirige le Moulin Rouge, fatigué d’entendre André lui faire des remarques sur la qualité du show, qui lui propose d’en devenir le directeur artistique.   André y restera 12 ans pendant lesquels il assurera également et occasionnellement le programmation de nombreux établissements : l’Olympia, le cirque Médrano, Bobino, le Liban, le Gaumont, le New Frontier à Las Vegas, le Parque Florida de Madrid.

    Son activité l’amène à revoir Edith Piaf, ils se souviennent de leur première rencontre à New York, bavardent, Edith tombe sous le charme et propose de dîner….puis de finir la soirée chez elle. Ils resteront 8 mois ensemble, une aventure qu’André raconte mieux que personne, précisant qu’au classement des « Piaf Boys », il se positionne entre Eddie Constantine et Jack Pills.

    C’est à cette époque qu’il sympathise avec Charles Aznavour qui fait partie de la « bande » d’Edith, auteur de chansons à succès pour elle, il assure la première partie des concerts en chantant des textes plus personnels, pour le plus grand étonnement du public de l’époque, plutôt conservateur...

    Cette vie de spectacle et de voyages conduira André dans tous les cabarets du monde, perpétuellement à la recherche de nouveaux numéros plus époustouflants que les précédents. Des montreurs d’ours, des dresseurs de chats savants, des acrobates, des danseurs : les Boliana Ivanka Four, the Froggy’s Sister, les Napoléon’s Brothers…les noms des artistes annoncent d’eux même la couleur et le spectacle.

    Devenu un pilier de la vie nocturne parisienne, André est un personnage connu et respecté. Il anime une émission de radio sur Europe 1, « La musique à Papa » qui lui permet de diffuser le meilleur des années 30 / 40. Dés le début des années 60, il saisit au passage la vague Yéyé et ouvre une boîte à Pigalle : la Locomotive, une belle affaire qu’il anime avec brio, dans laquelle se produiront toutes les vedettes de l’époque : Michel Polnareff, Eddy Mitchel, Claude Nougaro, Tom Jones, les Who….et où défileront également tous ses amis du cinéma franç

      

    ANDRE POUSSE, cycliste puis acteur...(1)ais.

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  • ANDRE POUSSE, cycliste puis acteur...(1)

     

    Années 40: poursuites sur les Falaises de la rue Nélaton
                   
    C’est ainsi que débute une belle carrière, André commence par s’entraîner sur route bien sûr, mais c’est sur la piste qu’il fera parler de lui, puisqu’ après quelques années dans un club amateur, il passe professionnel et accède au saint des saints.

    Qui se souvient aujourd’hui du Vélodrome d’Hiver de Paris, le fameux Vel d’hiv et de ses courses de 6 jours ? Pour rafraîchir la mémoire des plus anciens et pour éduquer les autres, rien ne remplace la description qu’en fait André lui-même:

    « Le Vel d’Hiv avait été construit dans le quartier Grenelle (…) dans un vieux bâtiment de l’Exposition universelle de 1889(..), c’est là que se déroulaient les « 6 jours » de Paris, qui sont des courses à l’américaine (…) inventées par les Américains, d’où leur nom, vers la fin du 19è siècle. C’était très populaire là bas. Le coureur était seul, sans équipier, et il devait pédaler six jours et six nuits de suite. Cela finissait souvent à l’hôpital. Pour stopper l’hécatombe, on a créé les équipes de 2 coureurs se relayant à volonté. C’est devenu plus humain.

    L’ambiance des 6 jours au Vel d’Hiv, c’était quelque chose. Du folklore populaire à l’état pur, surtout le samedi soir. Sous la lumière des lampes à arc, les sprints, les chasses se succédaient au son de l’accordéon qui sortait des hauts parleurs, tandis que la foule hurlait dans les tribunes pleines à craquer. Près de 20 000 personnes venaient avec des saucissons, des camemberts et du gros rouge…Des couples emmenaient même les mômes et leurs pots de chambre.(…)

    En plus des coureurs qui tournaient sans relâche sur la piste aux virage tellement relevés qu’on les avait surnommés « les Falaises », il y avait un second spectacle qui changeait tous les jours, ça se passait dans les loges de pelouse, au milieu de la piste, où était installé un restaurant de luxe. Le Tout-Paris venait y souper en smoking et en robe du soir. On pouvait aussi y voir les artistes à la mode,(…) et c’est là qu’avait lieu l’élection de Miss 6 jours.

    A tout ce monde parisien, on peut ajouter le gratin de la voyoutocratie locale : les macs, leurs gagneuses et les malfrats de tout poil, ce qui faisait dire à certains qu’il y avait de quoi remplir quelques voitures cellulaires et que si on avait collé à chacun 6 mois de cabane et 5 ans d’interdiction de séjour, personne n’aurait eu l’idée de faire appel. »
    C’est là qu’André passe ses 20 ans, même si la guerre constituera une parenthèse de taille dans sa carrière. Il est mobilisé comme tout la monde pour aller faire la « drôle de guerre », avant de subir l’exode puis de revenir à Paris en 1941. Il reprend le vélo et retourne s’entraîner au Vel d’hiv qui est resté ouvert.

    André Pousse au départ d’une course au Vel d’Hiv

    Il connaîtra ses meilleurs moments sur la piste entre 1942 et 1949 avec ses différents équipiers : Victor Delvoye / Amédée Fournier / Daniel Dousset / Alvaro Giorgietti. Il affronte les coureurs Flamands, assure le spectacle, régale le public, gagne le respect du Milieu et fait rêver les gamins qui se bousculent pour tenir les vélos des champions avant le départ. Un de ses jeunes admirateurs de l’époque aura son heure de gloire quelques années plus tard, un certain Alain Delon.

    L’année 1948 est marquée par un voyage aux USA comme on peut difficilement les imaginer aujourd’hui. Après l’arrivée grandiose dans le port de New York sur le De-Grass, un 4 étoiles flottant, André est immergé dans le sport/spectacle américain, il multiplie les « 6 jours » et les rencontres. C’est lors de ce séjour qu’il sympathise avec Marcel Cerdan et qu’il fait connaissance avec sa célèbre partenaire à la ville : Edith Piaf.

    La chance ou la malchance frappent parfois là où on les attend le moins : quelques mois plus tard, il avait prévu de faire un dernier trajet en avion avec son ami Marcel Cerdan, avant de changer d’avis et si ce voyage a scellé le destin tragique du boxeur, il a été pour le pistard un tournant vers une nouvelle carrière

    Marcel Cerdan devient champion du monde en battant Tony Zale aux USA en 1949

    André reste en effet un an aux USA, croisant entre 2 courses quelques mafieux notoires, avant de revenir courir en 1949 ses derniers 6 jours de Paris et de mettre un terme à une brillante carrière. Excellent sprinteur, il affiche un beau palmarès et est toujours détenteur du record du tour du Vel d’Hiv, ce qui inspira à Jean Gabin une réplique inimitable : « T’as bien fait de faire détruire le Vel d’Hiv Dédé, comme ça t’es sûr qu’on te piquera pas ton record du Tour »....André Pousse reste avant tout un Pistard de grand talent.

    Vel d’Hiv (1948), André propulse son équipier

    Vel d’Hiv (1949), André Pousse, à gauche

    Vel d’Hiv: les viragesANDRE POUSSE, cycliste puis acteur...(1)

     

    Vel d’Hiv: les tribunes populaires

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    Le courage est la résistance à la peur.

    Mark Twain

      

     
    Une grande partie des lycéens, étudiants, collègiens, jeunes paysans et apprentis n'acceptent pas cette abdication des plus âgés face à l'ennemi nazi ; c'est pourquoi ils décident, dès le mois de Novembre 1940, de contredire la population qui s'enfonce jour après jour dans la collaboration.
     
    Collèges, lycées, facultés, universités, de la ville à la campagne, naît alors un mouvement de révolte, de refus.

     
    Le 11 Novembre 1940 sera la première grande manifestation de la Jeunesse ; à Paris, plus de deux mille cinq cents jeunes seront réunis sur les Champs-Elysées. Et même s'ils n'ont pas encore élu leur "leadership", leur objectif consistera à déposer des fleurs sur la tombe du Soldat Inconnu.
     
     
    L'information de ce rassemblement, avant la date, se fera par tract, petits papiers ou encore à l'oral, le tout circulant entre jeunes, de bouche à oreille, promettant un grand rassemblement.
     
     
     
    Jeunes résistants. © A. D. Allier
     

         
      
      
    Mais ils ne se rendront pas compte de l'impact à l'échelle mondiale qu'eût ce 11 Novembre 1940, le général de Gaulle les félicitera vivement depuis Londres pour leur bravoure qui donne encore espoir à un avenir français ; d'ailleurs, des journalistes états-uniens, présents à Paris (les Etats-Unis n'étant pas en guerre) avaient pu relater l'évènement à leur pays.
     
     
     

         
    Cette manifestation représentera "l'introduction" d'un vaste mouvement étalé partout en France: naissent alors dans des établissements scolaires des réseaux de Résistance dont l'âge s'échelone de 14 à 18 ans. Le plus surprenant sera surtout leur entrain, leur maturité et leur à-propos qui les pousseront à agir sans reculer face au danger, sans le moindre sentiment d'effroi.
     

         
    Pourtant ils paieront un lourd tribut pour cette lutte contre l'occupant nazi: otages, torturés, emprisonnés ou même fusillés, les Nazis resteront impartiales même devant leur jeunesse ; ils ont souvent le seul droit d'envoyer une dernière lettre à leurs proches, prouvant sans verser une quelconque larme leur courage et leur sérénité avant la dernière heure, qu'ils se seront battus à mort pour leur chère patrie au rêve français.
     
     
     

         
      
      
    C'est d'ailleurs la même Jeunesse que l'on retrouve dans les unités combattantes de l'armée de libération, après la formation militaire dont elle a bénéficié à l'Ecole des Cadets de la France Libre.
     


     
    Désormais des questions se posent:
      
    Que voient les historiens en ces "mômes" révoltés, qui, pourtant, ont ravivé la flamme de la Résistance française sous la pression nazi ? Les cadets de la République ne mériteraient-ils pas plus de gloire alors qu'ils ont su braver coups, tortures et emprisonnements pour leur avenir ?

     
    Ce blog tient particulièrement à retracer modestement cette jeunesse patriotique qui a su braver cette forte répression sous Vichy dont on ne parle pas suffisament.
     
     
     
     
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    REPRESSION ETUDIANTE dès 1940
      
      
      
    11 Novembre 1940, une Manifestation estudiantine fortement réprimé.
     

    L'envie d'agir ce jour s'est agrandi à la suite d'interdictions promulguées par le préfet de police Roger Langeron sur ordre des autorités d'Occupation. Vingt ans après la manifestation, "L'Aurore" publie un article de témoignage, ils justifient leur présence à ce rassemblement :
      
    "Pourquoi y étais-je ? Vingt ans après, je peux vous dire que c'est sans doute parce que deux jours avant, le proviseur du lycée Buffon était passé dans les classes pour nous dire de ne pas manifester le 11 Novembre".   
      
    Ainsi pour préparer la manifestation les jeunes se passent des tracts de collèges en lycées, d'universités en facultés, tous avec le même message : "Etudiants de France Le 11 Novembre est resté pour toi jour de fête nationale. Malgré l'ordre des autorités opprimantes, il sera jour de recueillement.
      
    Tu n'assistera à aucun cours. Tu iras honorer le Soldat Inconnu, à 17h30.
     
    Le 11 Novembre 1918 fut le jour d'une grande victoire. Le 11 Novembre 1940 sera le signal d'une plus grande encore. Tous les étudiants sont solidaires pour que Vive la France !
    Recopie ces lignes
    Et diffuse-les."
     
     
    ---------------------
     
    Cinq heures du matin, arrivée des premiers groupes manifestants.
      
    Ils se forment aux quatre coins de Paris, dans le même but de se rejoindre sur les Champs-Elysées. Chacun dépose sa gerbe de fleurs, et même si le portrait du Général de Gaulle déposé par un manifestant disparaît mystérieusement, les policiers laissent tout le monde se recueillirent, en s'exclamant calmement "qu'il ne faut pas former d'attroupements car c'est interdit".
      
    On pourra noter un incident en fin de matinée, un groupe d'une centaine de jeunes filles défilant bruyamment avec une cocarde tricolore fut immédiatement dispersé par les policiers et durent toutes enlever ce qu'elles arboraient à la boutonnière de leur veste. Un professeur de sciences naturelles du lycée Lakanal, René Baudoin, dissimulé au milieu du groupe, proteste bruyamment contre l'arrivée de la police ; il fut embarqué et conduit au poste de police.
           
    C'est enfin vers 16 heures que les premiers groupes de lycéens font leur apparition, de ce fait la tension monte progressivement.
           
    18 heures. Arrivée d'une section d'infanterie allemande qui prend position au rond-point des Champs-Elysées. Les soldats sont armés : baïonette au canon d'un fusil mitrailleur d'une bande souple, ils sont démesurément impressionants. Leur arrivée soulève un cri de colère parmi les lycéens et les étudiants ; les insultes et quolibets fusent, des jeunes Français en aucun manque de courage s'approchent des soldats, prêts à les braver, en les provoquant.
     
    Le face-à-face explose en bagarre ; les Allemands chargent en premier : coups de crosse et coups de poing pleuvent des deux côtés.
     
    Aucun passant n'est épargné, des femmes s'évanouissent, des hommes cherchent à protéger leurs enfants. Indénombrable est le nombre de visage portant des marques et des plaies sanglantes. La police française vient prêter main-forte aux soldats allemands et procèdent à des arrestations parmi la jeunesse et les badauds. La bagarre d'amplifie de plus en plus, opposant la jeunesse estudiantine aux forces de l'armée française et aux Allemands.
     
    Mais bien évidemment les manifestants n'ont ni le matériel ni l'expérience de leur ennemi et sont pour la plupart collés face au mur, mains jointes sur la tête, ou traînés vers des camions militaires après avoir été fouillés préalablement.
     
    Des camlions allemands débouchent alors de l'avenue Georges V, s'immobilisent sur les Champs-Elysées et desquels sortent des soldats.
      
    Ces derniers se précipitent et réprimandent tout ce qui peut ressembler à un étudiant français. Des rafales de coups de poing s'abattent sur les visages, des corps sont jetés et martelés au sol, cassant des côtes sous leurs gros sabots, la victime aux multiples fractures et saignements peine à se relever.
     
    Les trottoirs sont soudainement envahis par de petites voitures militaires allemandes, poursuivant les manifestant en zigzagant à vive allure. Les voiturettes heurtent volontairement les passants, les projetant face contre le bitume, et roulent sur les corps tombés.
     
    Des coups de feu retentissent ; la confusion sur la chaussée et sur les trottoirs est totale. On se précipite à l'abri dans les immeubles, ceci n'étant pas encore dotés de digicode on pouvait s'y introduire sans problème.
     
    C'est la folie. Tout le monde court dans tous les sens, se cognant entre eux, faufilant au passage quelques insultes, la peur broie le ventre de chacun.
     
    En quelques minutes, les rues sont désertes. Alors que les policiers avaient laissés s'installer et grandir des files composés de badauds et de manifestants, ils décident d'évacuer la Place de l'Etoile, où chacun attendait dans le silence le moment où il pourrait déposer son bouquet de fleurs sur la tombe du Soldat Inconnu.
     
    Les forces de l'ordre décident sans crier de les disperser, cependant personne ne bouge.
     
    Des agents tentent alors de repousser les gens de l'Arc de Triomphe, sans toutefois y parvenir.
      
    La colère monte : faisant appel à leurs collègues qui accourent des rues voisines, ils sont prêts à entrer en action.
      
    Le choc entre la police et la foule est d'une grande violence. Après l'arrivée des soldats, la révolte monte d'un cran : les occupants sont poussés hors du terre-plein à coups de crosse de revolver, à coups de pieds et aux gifles.
     
      
     
     
      
    Peu à peu, le nombre de victimes s'amplifient et certains résistent encore.
      
    Traînés, battus, ensanglantés, jetés dans des camions, les manifestants ont éprouvé de la surprise face à l'aggressivité déployé par la répression allemande.
     
     
    Les archives (ou du moins ce qui est consultable à la préfecture de police)
      
    et les témoignages - même si le dossier concernant la manifestation du 11 Novembre 1940 a été vidé - permettent de connaître quelques chiffres:
      
    le nombre de manifestants enregistré ce jour-là est estimé à deux mille cinq cents ; les arrestations, elles, à mille quarante et un.
      
     

    On compterai officiellement quinze blessés parmi les lycéens et les étudiants.
     
     
     
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    L'histoire de Violette

    La vie sous l'occupation a Paris

     

      Photographie de Violette en 1943 Il y eut des jours plus tristes que d'autres, avec des couvre-deu a 18-19 heures, ou les gens montaient sur les sieges du metro archi-bonde pour rentrer chez eux. Ils alternaient avec ceux pleins d'espoir, car on ecoutait de Londres "les Francais parle nt aux Francais".

    Les paroles d'Hitler n'avaient pas d'impact ; meme le geste du retour des cendres de l'Aiglon (le fils de Napoleon), un sombre dimanche d'hiver, laissait indifferent.

    Les records de privation ont ete en 1944 ou gaz, electricite manquaient. Mecanographe a l'epoque, je travaillais la nuit. Pour cela, je prenais le dernier metro vers 9-10heures et rentrai par le premier vers 6-7 heures du matin. On nous donnait un cass e-croute a minuit fait d'un plat de haricots blancs cuits a l'eau, et ce, pendant 5 ou 6 semaines. Les journeaux n'avaient qu'une page, voire une demie. Plus de papier a machine blanc, mais une vulgaire pelure rosee.

    Les faux tiquets se vendaient a prix d'or et pour augmenter la valeur en poids du ticket de pain par exemple, un employe grattait les chiffres et en dessinait d'autres a longueur de journee. J'en achetais pour nous, pour ma famille dans l'Yonne, dans l'Herault et meme pour un ami boulanger afin de satisfaire ses clients et son meunier!

    Dans Paris aussi, la vie a continue, et ce, 5 annees durant. Les Parisiennes tres elegantes, quand meme, faisaient des miracles ; avec des riens on s'habillait ; on retournait robes et manteaux, l'envers etait moins use que l'endroit ; avec des semelle s em bois articule, on avait des chaussures a talons, magnifiques ; on s'enduisait les jambes d'une pate qui donnait l'impression d'avoir des bas, et pour plus de verite on tracait une ligne sombre imitant la couture. La coiffure, les chapeaux etaient des echafaudages faits de tulle, de violettes, de fleurs, de plumes recuperees. Avec 4 ou 5 vieux sacs a main, on en faisaitfaire un grand, tres chic.

    Bref, Paris etait toujours Paris. Les femmes elegantes s'affrontaient sans complexe avec les "souris grises" allemandes, femmes soldats en uniforme. Les theatres, les cinemas, les cabarets montnartrois etaient pleins, en depit des alertes pendant lesquel les on gagnait les abris les plus proches. Il n'y avait pas de lumiere ; peu importe, les theatres ouvraient leur plafond et on jouait a la lumiere du jour. Les occupants aimaent aussi les beaux spectacles. Je me souviens d'une matinee a l'Opera ou l'roch estre, les 1er-2e-3e balcons etaient occupes uniquement par les uniformes verts. En sortant, les crois gammees nous rappelaient a la realite, si on avait pu, une seconde, s'evader dans ce lieu superbe qu'est la salle Garnier.

     

     

    Violette Wassem
    Juillet 1997

     

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    ou plutôt 37 semble t'il . Au départ, chanson italienne ("Tornerai" - 1937 - paroles de Nino Rastelli, musique de Dino Olivieri, sur un air inspiré de

    Madame Butterfly de Puccini).

    - Un certain Jacques Larue la traduit presque immédiatement en français sous le titre de "Soirs d'amour" et c'est à Jean Sablon que revient l'honneur de la créer mais sans trop de succès, aux États-Unis. - Louis Poterat en fit une autre adaptation, et une italienne, immigrée en France, s'en empare.

    - Quand Sablon revint d' Amérique, il la reprit. - L'italienne s'appelait Rina Ketty. La chanson eut un immense succès en 39 quand toutes les femmes attendaient le retour des hommes partis à la guerre , et plus encore pendant l'occupation et l'atente sans fin du retour des 1 500 000 prisonniers des camps allemands...

     

     

    interprétation : Rina Ketty (1938) http://fr.wikipedia.org/wiki/Rina_Ketty

    J'attendrai
    Le jour et la nuit, j'attendrai toujours
    Ton retour
    J'attendrai
    Car l'oiseau qui s'enfuit vient chercher l'oubli
    Dans son nid
    Le temps passe et court
    En battant tristement
    Dans mon coeur plus lourd
    Et pourtant, j'attendrai
    Ton retour
    J'attendrai
    Le jour et la nuit, j'attendrai toujours
    Ton retour
    J'attendrai
    Car l'oiseau qui s'enfuit vient chercher l'oubli
    Dans son nid
    Le temps passe et court
    En battant tristement
    Dans mon coeur plus lourd
    Et pourtant, j'attendrai
    Ton retour

    Les fleurs pâlissent
    Le feu s'éteint
    L'ombre se glisse
    Dans le jardin
    L'horloge tisse
    Des son très lents
    Je crois entendre ton pas
    Le vent m'apporte
    Des bruits lointains
    Devant ma porte
    J'écoute en vain
    Helas, plus rien
    Plus rien ne vient

    J'attendrai
    Le jour et la nuit, j'attendrai toujours
    Ton retour
    J'attendrai
    Car l'oiseau qui s'enfuit vient chercher l'oubli
    Dans son nid
    Le temps passe et court
    En battant tristement
    Dans mon coeur si lourd
    Et pourtant, j'attendrai
    Ton retour
    Et pourtant, j'attendrai
    Ton retour
    Le temps passe et court
    En battant tristement
    Dans mon coeur si lourd
    Et pourtant, j'attendrai
    Ton retour.

      

      

     

      

     

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  • Les Normands & leurs libérateurs

      

      

    Dans les régions libérées, Les Normands découvrent ces soldats qu’ils attendaient depuis si longtemps. Mais les combats, et surtout les bombardements, ont accumulé trop de ruines et de deuils pour que partout la joie explose sans retenue.

     

     

    Pourtant la population fait bon accueil à ses libérateurs. On confectionne à la hâte des banderoles à leur gloire, des drapeaux et même des robes aux couleurs de l’Union Jack ou de la Bannière étoilée.

      

    Confection à la hâte d’un drapeau américain.

      

    Jeune couturière qui coud un drapeau Américain

    Partout, la première rencontre est scellée autour d’une bouteille ou d’un pichet. Les caves s’ouvrent largement. Les Alliés découvrent le cidre et cette rude boisson qu’est le calvados. Les Normands, eux, retrouvent le goût du chocolat ou du tabac et s’adonnent au plaisir nouveau de mâcher du chewing-gum.

     

     

    Accueil « arrosé » pour les libérateurs d’Arromanches.

    ARROMANCHES - Le verre de la Liberté

      

      

    Les rapports sont cordiaux avec les Britanniques ; franchement chaleureux avec les Canadiens français. Avec les Américains, les premiers contacts ont été plus prudents. Mis en garde par leur gouvernement, ceux-ci se sont d’abord montrés méfiants.

      

    Amis ? Ennemis ? Qui pouvait le savoir exactement ? Plus d’un Gi fera d’abord goûter le plat ou le verre qu’on lui tend avant que la réserve s’estompe et laisse place à une franche amitié.

     

    A Cherbourg, première grande ville libérée par les Américains à peu près intacte, des scènes de liesse extraordinaires ont lieu fin juin. Lors de la percée, fin juillet, les colonnes américaines reçoivent partout un accueil triomphal sur leur passage et doivent souvent s’arrêter quelques instants pour recevoir fleurs, embrassades et chaudes poignées de main;

     

    Un lieutenant canadien offre des friandises aux enfants du village de Villons-les-Buissons.

      

    Canadiens Français et les enfants

      

    Un lieutenant canadien offre des friandises aux enfants du village de Villons-les-Buissons.

     

    SOURCES :

     

    http://www.normandiememoire.com/histoire.page.php?

    rubrique=normands&page=normands_liberateurs

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • CHRONOLOGIE DE L'OCCUPATION

    A CAEN DE:

    1940-1941-1942-1943- 1944

     

    ANNÉE 1940

    Régiments formés à Caen de l'été 39 à l'été 40: 36°RI, 129°RI, 22°RA, 43°RA et 222°RA.

    A partir du 12 septembre 1939, les deux quotidiens locaux du soir: "Le Journal de Caen" et "Le moniteur du Calvados" forment une édition commune de guerre qui paraitra jusqu'au 4 juin 1944 sous le titre de : "La Presse Caennaise".

    "Photos Archives municipales de Caen". Constructions de tranchées-abris place Saint-Gilles et promenade Saint-Julien.

    Pendant toute la drôle de guerre, les élèves des Ecoles normales de filles et de garçons de Caen sont contraints de se replier sur la te, à Arromanches, pour y suivre leurs cours. Ces derniers leur sont dispens dans deux hôtels de la station balnéaire, réquisitionnés pour l'occasion.

    Avril: Le Journal de Normandie, fondé à Rouen en 1785, installe à Caen une édition locale quotidienne qui sera diffusée jusqu'au débarquement, journal bien entendu favorable à la politique de collaboration.

    16 mai : Le conseil municipal de Caen s'inquiète de l'afflux de réfugiés

    Au début du mois de juin Caen accueillait dans ses trois hôpitaux plus de 300 blessés, ils étaient 1 300 à la fin de mois.

    27 mai : Caen devient zone des armées

    fin mai: Prières publiques à l'église Saint-Etienne.

    1 juin : L'ordre de ne pas évacuer la ville est donné

    2 juin: A Saint Etienne, une cérémonie pour la France en présence de Mgr Picaud évêque de Bayeux et Lisieux et de toutes les autorités.

    10 juin: Un énorme nuage de fumées noires obscurcit le ciel durant plusieurs heures au milieu de l'après-midi ensoleillé, c'est l'incendie volontaire des installations pétrolières du Havre, rive droite de la Seine.

    11 juin: 5 000 réfugiés arrivent par bateaux et sont en partie hébergés dans les cinémas.

    Source: Collection V. et A. Benhaïm, photo présentée page 18 de ce livre, l'exode Bd Bertrand le 16 juin au soir

     Source: annexe de ce livre; André Detolle Henry Graux 

    18 juin : A 06H00 les Allemands venant de Falaise entrent dans une ville déserte. Une brève fusillade éclate rue des Coutures: un officier français et un soldat allemand sont blessés. Les soldats en uniformes rencontrés en ville sont désarmés et conduits à la caserne Hamelin, seul bâtiment gardé militairement par les Allemands.

    Anecdote celui qui reçoit officiellement le premier officier allemand est Joseph Poirier adjoint au maire celui qui recevra le 9 juillet 1944 le premier officier allié à se présenter à la Mairie le major britannique Helmuth.

    Les salles de cinéma sont fermées.

    Trente pillards (sur le port et à la gare SNCF) sont arrêtés et jugés le 20 juin par le tribunal correctionnel.

    19 juin: Quatre jeunes filles de Caen - Mlles Alice Taburel, 21 ans et Thérèse Beaufils, 20 ans, du Vaugueux, Yvonne Angot, 22 ans, et Madeleine Orel, 20 ans, de la rue Saint Pierre, - sont surprises à écrire à la craie, sur les murs, des injures antiallemandes. Elles seront "sévèrement admonestées". C'est sans doute le premier geste spontané de résistance à Caen.

    20 juin : Installation de la 216e division allemande dans les magasins de manutention militaire (En 2009, rue de Valleuil à Mondeville dans les locaux actuels de la Pharmacie aux Armées)

    Les centraux téléphoniques sont investis par la  Feldnachrichten-Kommandantur 25. La F. NaKdtr. 25 a été créée le 18.04.1940 à Hanovre. Le commandant était du 18/04/1940 au 01/08/1941, l’Hauptmann Heydeck, qui a été remplacé par le Major Blum. La compétence de la NaKdtr F. 25 s’étendait de Caen, aux îles Anglo-normandes. Dépend du Commandant militaire allemand en France occupée (le Militärbefehlshaber in Frankreich, MBF). A la rubrique Mai 1942, le Nachrichtenführer, un Major de la Luftwaffe, il pourrait s'agir du Major Blum.

    Le Flughafen-Bereichs-Kommando 8/VII,Luftwaffe installe son E-M au 168 rue Caponière dans l'Ecole Normale d'Instituteurs.

    Les 150 agents de la Défense passive (DP) sont versés dans la police auxiliaire de la ville sous les ordres d'un adjoint au maire Julien Lenoir .

    22 juin : Une mutinerie éclate à la Maison Centrale de Beaulieu vers midi. L'administration pénitentiaire doit faire appel aux pompiers avec leurs lances à eau (aux Allemands selon une autre source) pour rétablir l'ordre.

    Source: Collection V. et A. Benhaïm, photo présentée page 18 de ce livre, défilé des troupes d'occupation juin 1940.

    Source: photo présentée page 7 de ce livre, les Allemands rue des Jacobins devant le porche de la Sainte Famille, institution tenue par des religieuses, pour jeunes filles seules et nécessitantes, repas du midi et du soir avec un dortoir.

    23 juin : Installation de l'Orstkommandantur 630 au 9 rue Georges Lebret (1er étage) avec l'Hauptmann Schweikart.

    Tampon Orstkommandantur von Caen

    La Kreisskommandantur 884 au 9 rue Jean Eudes dans les locaux de l'hôtel de Ville avec l'Hauptmann Jamin.

    Le préfet du Calvados est convoqué au château de Balleroy par le Generalleutnant Hermann Böttcher commandant des troupes d'occupation pour l'arrondissement de Caen.

    juin : La Feldkommandantur 723 (FK 723) s'installe à l'hôtel Malherbe, place Foch .

    A droite l'hôtel Malherbe réquisitionné, siège de la Feldkommandantur 723.

    24 juin : L'heure allemande remplace l'heure française, communiqué dans la Presse quotidienne caennaise: "Avance de l'heure; Afin d'unifier l'heure, la Kommandantur a prescrit d'adopter cette nuit à Caen l'heure de l'Europe centrale; à minuit, il faudra donc avancer d'une heure les montres et les horloges." (source)

    juin: Actes de pillage allemands: des chaises et des tables au Lycée Malherbe. L'Institution Saint-Joseph, rue des Rosiers, est réquisitionnée (elle le sera jusqu'en juillet 44). Un hôpital militaire (Kriegslazarett) est installé dans le Lycée de Jeunes Filles, rue Pasteur, jusqu'en avril 44.

    Pillage, par ses employés, d'un commerce du boulevard des Alliés - il a fallu une camionnette pour charger le butin, - et du magasin de vêtements du Centre d'Accueil des Réfugiés, à la gare Saint Martin : 3 arrestations dans chaque cas, Et 6 condamnations de 3 à 8 mois de prison ferme pour tentative de vol d'effets militaires dans des wagons en gare de Caen. Arrestations de 14 mineurs de 11 à 16 ans et d'un majeur de 24 ans pour le même motif.

    Les commerces abandonnés sont réquisitionnés et gardés par les volontaires de la Défense Passive. Ils seront ouverts quand les stocks du concurrent le plus proche seront épuisés, et leurs marchandises seront vendues à prix coûtant

     

    "Photo collection François Robinard avec son aimable autorisation »

    Boulevard Bertrand (entre les 2 marchés est-il indiqué au dos) le 12 juillet 1940. Photo prise par un pigiste du Journal "l'Eveil Normand" (qui cessera sa parution quelques jours plus tard, refusant la collaboration)

     

    19 juillet : Réouverture des salles de cinéma (sauf pour le Trianon qui attendra jusqu'au 15 septembre, le Majestic est réservé à l'occupant.

    21 juillet: Le Journal de Normandie publie la liste des camps de prisonniers français à Caen: les casernes Decaen et Hamelin (en entrant dans Caen le 18 juin, les Allemands ont fait prisonniers tous les jeunes qui étaient en instance d'incorporation caserne Hamelin; une partie, les plus avisés, l'avaient quittée)

    Source: Collection Télitchko, couverture et pages de garde de ce livre, officiers place Saint-Pierre et devant la pharmacie du Progrès à l'angle de la Place Saint-Pierre et de la rue Saint-Jean.

    Il y a deux camps de regroupement des prisonniers de guerre français à Caen : le quartier Claude- Decaen et les locaux de la Foire-Exposition, place d'Armes. Des jeunes gens se proposent comme commissionnaires pour acheter en ville des denrées réclamées par les P.G., mais ils empochent les billets et disparaissent. Certains reviennent dans l'espoir de trouver une nouvelle dupe: ils sont reconnus et arrêtés.

    Pas de bus urbains: ils ont été réquisitionnés pour transporter du ravitaillement à Paris.

    6 août : La Gestapo perquisitionne la Loge Maçonnique Thémis rue Neuve Saint Jean ainsi que les domiciles des trois principaux dignitaires de la loge.

    août: Epidémie de typhoïde, 30 morts.

    La Kommandantur ordonne le départ de tous les réfugiés non domiciliés à Caen, sauf les malades et ceux qui ont trouvé une embauche, avant le lundi 12 à midi.

    16 août: Le conseil municipal de Caen vote la création d'une boucherie municipale pour réguler les prix de la viande ( ce sera un échec fermeture un mois après), et un programme de travaux pour lutter contre le chômage et donner du travail à 400 ouvriers : creusement de tranchées place Gambetta, réfection de chaussées et trottoirs et... désherbage de la Prairie.

    Outré par les sifflets qui ont accueilli, dans un cinéma, une parade des troupes du Reich présentée aux actualités, le lieutenant-colonel Elster, chef de la Kommandantur 723, ordonne une couvre-feu de 20h à 5h du matin et interdit la programmation de films.

    Des Allemands dans le château. A gauche le clocher de Saint Pierre. A droite photo Bundesarchiv. Deux soldats allemands sur le rempart ouest surplombant la rue de Geôle, les deux clochers dans le lointain sont ceux de Saint Etienne et celui à droite est celui des Bénédictines rue Elie de Beaumont. Voir 4 ans plus tard en juillet 1944. Des graffitis photographiés en 2011.

    Source. Le portail sud de la salle de l'Echiquier du château, inscription allemande au-dessus du tympan. On peut déchiffrer : Beim Pferd wie bei den Frau muß man auf Rasse schaun. Que l’on peut traduire par : Chez les chevaux comme chez les femmes, on doit regarder la race. C’est une expression assez connue en Allemagne à l’humour de garnison, ce qui est le cas ! Il faut un peu d'explication: 1. La "race" dans ce sens n'a rien à voir avec des théories sur les races ou le racisme. On dit d'une femme qu'elle est "rassig" ou qu'elle a de la race ("sie hat Rasse") quand elle a du chic, est belle et a de classe. 2. "schaun", proprement écrit "schau'n" est une abréviation de "schauen" = regarder, voir. 3. Pour que ça rime, il faut dire "Beim Pferd wie bei den Frau'n muß man auf Rasse schaun'n" ou "Beim Pferd wie bei den Frauen muß man auf Rasse schauen" ou "Bei Pferden wie bei Frauen muß man auf Rasse schauen", parce que "schau'n" ne rime qu'avec le pluriel de "Frau" (merci à Ernst von Heydebrand). Avant. De nos jours.

    24 août: Le conseil municipal vote 30.42 millions de francs (plus de 10 millions d'euros) de travaux supplémentaires de construction et d'aménagement pour lutter contre le chômage.

    21 septembre: Rétablissement de la ligne SNCF Caen-Paris par Lisieux interrompue depuis le 17 juin.

    La Compagnie des Tramways Electriques de Caen annonce une modeste reprise des lignes de bus urbains: elle n'a plus que 4 véhicules et manque de carburant.

    Les accidents avec des véhicules militaires sont de plus en plus fréquents et souvent graves. Soumise à la censure, la presse ne mentionne pas la nationalité des véhicules, mais personne ne peut s'y tromper : les seuls véhicules militaires qui circulent sont allemands.

    Un rapport vétérinaire signale un cas de rage canine: la divagation des chiens et chats est interdite.

    Rappel de la Kommandantur: les lampes de poche et les phares de vélos doivent être de couleur bleue ou orange, le rouge et le vert étant réservés à la Police. En conséquence, les feux rouges arrières doivent être camouflés en orange.

    Source. Place du 36e, entre la garage Renault et le garage Peugeot sur la droite de la rue du 11 novembre (derrière les pancartes) , dans le fond le Monument aux morts de 1914-1918.

    Pancarte supérieure: Verpfl Amt = Verpflegung Amt = Bureau de l’Intendance

    En dessous: Heeres Kraftfahr Park 50? Aussenstelle = Antenne (succursale) d'une unité technique de réparation de véhicules de l'Armée de Terre allemande (Heer) peut être 503 ?

    A gauche, en haut:  FMV = Funk Militärverwaltung = Transmissions de l'administration militaire (certainement le grand bunker de télécommunications Wn 111 type R618 sur la place Gambetta entre la Préfecture et la Poste)

    En dessous: Kriegs Lazarett = Hôpital militaire, l'hôpital civil avenue Georges Clemenceau réquisitionné par les Allemands

    En bas: MVSt = Militärverwaltungstab = Etat-major de l'administration militaire

    Source photo de gauche - Photo de droite coll. franavia. Le Monument aux morts de la guerre de 1870 (Aux enfants du Calvados) à l'entrée du Quai de Juillet (place du 36e RI). La statue de bronze a été fondue durant l'Occupation (après ce cliché) et le reste entièrement détruit dans les bombardements de 1944.

    14 et 22 octobre: La Gestapo perquisitionne le domicile et interroge le vénérable de la loge Thémis.

    21 octobre : Tracts distribués à Caen reproduisant un discours de Churchill .
    octobre : Henri Leveillé , agent de Caen-Central, organise la résistance des P.T.T. qui couvrira une grande partie du département à partir de mai 1941

    Réouverture du théâtre de Caen, avec un illusionniste et un chansonnier montmartrois.

     

    La Feldkommandantur interdit les Chantiers de la Jeunesse , les Compagnons de France (deux organisations de jeunes créées par Vichy) et le scoutisme.

     

    24 octobre: Pour la première fois le terme "marché noir" est utilisé dans "La Presse Quotidienne Caennaise".

     

    25 octobre: "la Presse Quotidienne Caennaise" devient "la Presse Caennaise" tout court, sur deux à quatre pages grand format.

     

    L'Hauptmann Schweikart, commandant l'Orstkommandantur 630 de Caen, annonce que 100 PV ont été dressés en une semaine pour infraction au camouflage des lumières.

     

    30 octobre: obligation est faite aux restaurateurs d'exiger les tickets d'alimentation correspondant aux repas qu'ils servent.

     

    Tout est contingenté avec des tickets

     

    La municipalité exige que les ordures ménagères soient incinérées avant d'être mises dans les poubelles, pour gagner du volume et économiser du carburant pour leur enlèvement. Mais avec quel combustible?

     

    Source: Collection Télitchko, page 15 de ce livre, Allemands dans un camion près de l'église St Pierre

    novembre: La ville de Caen acquière 8 000 stères de bois dont les trois quarts pour les boulangeries et les commerces.

    Les Juifs de Caen sont invités à se présenter au service étranger du commissariat munis de leur carte d'identité.

    A la demande du médecin-chef de la Kommandantur, le maire interdit de déverser les eaux usées dans les caniveaux, pour raison d'hygiène. Beaucoup d'immeubles de Caen ne sont pas encore raccordés au tout-à-l'égout.

     

    11  novembre: manifestation publique et spontanée de résistance à l'occupant, avec une cérémonie improvisée au Monument aux morts de 1914-18, place Foch ... devant l'hôtel Malherbe, siège de la Kommandantur. Des participants sont arrêtés et inscrits sur une liste de suspects à emprisonner en priorité comme otages. En 1940, plusieurs seront arrêtés à ce titre, en représailles d'attentats, et envoyés dans les camps de concentration nazis, dont beaucoup ne reviendront pas. (pas une ligne dans la presse locale, qui évoque en revanche la manifestation sur la tombe du Soldat Inconnu, le même jour à Paris)

     

    Source - Le quartier Lorge dans le fond le clocher de la chapelle de la Visitation et à gauche les flèches de Saint Etienne.

     

    Le premier Foyer Municipal de la Jeunesse est créé dans les locaux du Patronage Saint Pierre, rue des Cordes

    Faute de chauffage et d'éclairage, la préfecture fixe les heures d'ouverture et de fermeture des' bureaux, usines, ateliers, commerces, établissements d'enseignement  et et administrations à 9h30 et 18h. Seuls les magasins d'alimentation sont autorisés  à ouvrir à 8h30 et à fermer à 19h.

    28 novembre: le conseil municipal de Caen vote des crédits de 600 000 Fr. (près de 200 000 euros) peur constituer des stocks de bais, de pommes de terre et de légumes secs, et de 1,25 million de Fr. (plus de 400 000 euros) pour une réserve de farine.

     

    28 novembre: Coupure de câbles téléphoniques route de Falaise. La Kommandantur interdit la circulation de 19h à 8h du 2 au 10 décembre, mais le maire obtient une "rallonge" de deux heures. Tous les hommes de 18 à 60 ans sont réquisitionnés pour garder le câble sur 2 km. Le maire, ses 5 adjoints, des conseillers municipaux, l'ancien député et ministre Camille Blaisot prennent la première garde.

     

    Source: annexe de ce livre

    décembre: La ville essaye de constituer des stocks de bois soit en s'en procurant 4135 stères dans la forêt de Balleroy et 4 500 autres provenant des coupes des Domaines soit en décidant l'abattage des arbres du Cours Caffarelli pour 2 500 stères.

     

    Source: annexe de ce livre

    Des "queues" de 300 à 400 personnes embouteillent les trottoirs devant les permanences de quartier qui distribuent les cartes de ravitaillement. Par décision municipale, ceux qui ne se présentent pas au jour fixé passeront leur tour jusqu'à la prochaine distribution.

    Déclaration obligatoire des stocks privés de pommes de terre au dessus de 25 kg.

     

    Police française et Feldgendarmerie provoquent des rafles contre les prostituées, 34 femmes suspectes sont envoyées au service sanitaire.

    Le recensement des Juifs effectué par l'administration française est remis à la Feldkommandantur.

    "Photo Archives Municipales de Caen" Une prise d'arme devant la caserne Lefebvre dans l'enceinte du château

    31 décembre : Ouverture à Caen d'un nouveau cinéma «le Normandie» rue Saint Pierre.

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    ANNÉE 1941

     

    Janvier 1941, la police caennaise regrette que des soldats allemands vivent en concubinage avec des prostituées et dénonce certaines maisons de la ville qui « sont de véritables officines de débauche échappant à tout contrôle, car occupées exclusivement par des militaires allemands ».

    Janvier: Installation d'un délégué du Commissariat général aux Sports.

    Janvier: La Prairie est gelée.

    21 janvier. Câble saboté rue des Jacobins, la Feldkommandantur ordonne qu'il soit gardé par des requis.

    L'Orstkommandant ordonne la garde des câbles téléphoniques du Bd des Alliés à la place du 36é.

    27 janvier: La police caennaise procède à l'arrestation de 6 militants caennais des Jeunesses communistes : deux autres ont réussi à s'enfuir.  Les autres, dont Roger Bastion, 27 ans, forgeron à la S. N. C. F., et André Montagne, 18 ans, électricien, écopent de 4 à 8 mois de prison et 1 000 Fr. d'amende (281 euros). .

    Les Courriers Normands décident le passage au gazogène, une usine à charbon de bois est installée dans une annexe de la gare Saint Martin.

    Soldats allemands au marché Saint-Pierre.

    Source. Un groupe de 5 soldats allemands rue Basse devant la venelle Maillard à l'Est de la Tour Leroy. Ce sont des Fliegern (soldat de seconde classe) de la Luftwaffe (cf les pattes de col)

    2 février : Par suite d'un acte de sabotage commis dans la rue des Chanoines, l'Oberstleutnant Elster ordonne la garde des câbles, et l'interdiction de circuler entre 20 heures et 6 heures

    6 février : Le Maire de Caen tente, dans un communiqué, de dissuader de toute tentative de sabotage sur les câbles

    Réquisition pour le 9 février de 14h à 16h pour garder les câbles téléphoniques allemands.

    10 février : L'Oberstleutnant Elster, commandant de la Feldkommandantur 723, ordonne la levée de garde des câbles dans les rues des Jacobins et du 11 Novembre, mise en place le 21 janvier. Levée aussi de l'interdiction de circuler entre 20 heures et 6 heures.

    Source: Collection Télitchko, page 13 de ce livre, les Allemands occupent la caserne Hamelin.

    février: L'occupant présenté une demande, jugée injustifiée, de 88 000 francs de travaux à la brasserie Chandivert.

    L'Orstkommandantur annule les laissez-passer permettant de circuler la nuit: pour empêcher les fraudes, les nouveaux "Ausweis" porteront le numéro d'immatriculation du hicule autorisé.

     fin février : Sabotage d'un câble de l'armée allemande sur le boulevard Bertrand à hauteur des Etablissements Binet .Mise en place d'un service de garde pour la surveillance des câbles de jour et de nuit à partir du 2 mars à 18H.

    mars : Naissance du mouvement « Ceux de la Résistance» à Caen et Argences

    mars: Suppression des conseils municipaux, remplacés dans les villes de plus de 10000 habitants par une municipalité nommée par le ministère de l'Intérieur. Élu en 1925, André Détolle est maintenu maire.

    mars : Le tribunal Correctionnel de Caen condamne 8 jeunes qui avaient transporté des tracts et des papillons contre le gouvernement de Vichy à des peines de 8 mois à 3 ans de prison.

    Câble coupé boulevard Bertrand : les Caennais mâles adultes sont requis pour monter la garde toute les nuits, à raison de 25 sentinelles espacées de 50 m.

     

    30/31 mars : Un câble est coupé à l'entrée de la ville de Caen. Mise en place le 2 avril de 16 postes de garde

    4 avril : L'affaire Degrelle devant le tribunal de la Feldkommandantur de Caen

    Source: Collection V. et A. Benhaïm, photo présentée page 121 de ce livre, la cour martiale allemande va se réunir, rassemblement près du Palais de Justice, le 4 avril 1941.

    Léon Degrelle, chef du Parti fasciste belge Rex est arrêté sur ordre des autorités de son pays le 10 mai 1940, le jour-même de la grande attaque allemande à l'Ouest. En raison de l'invasion rapide de la Belgique, il est remis à la Gendarmerie française cinq jours plus tard. Degrelle est alors intégré dans un convoi, comprenant principalement des personnes suspectées d'être des espions appartenant à la Cinquième colonne, qui est évacué de prison en prison vers le sud devant la poussée de la Wehrmacht. Parti de Lille, escorté par des gardes mobiles, il passe par Rouen, Évreux, Lisieux et Caen, pour aboutir plus tard au Puy.

    Libéré après la défaite de la France, Degrelle porte plainte auprès des Allemands pour les corrections qui lui ont été infligées par certains gardiens à Lisieux et Caen.

     Source: annexe de ce livre

    Un surveillant de la maison d'arrêt de Lisieux, Georges Bihoreau, et deux de ses collègues de la maison centrale de Caen, Louis Philippe et Pierre Laignel, sont ainsi traduits devant le tribunal de la Feldkommandantur de Caen le 4 avril 1941.

    Louis Philippe est condamné à deux ans de prison, déporté le 22 juillet 1941 à la forteresse de Mannheim, il y décède un an plus tard.

    Pierre Laignel est condamné à deux ans et demi de détention. Il est déporté en Allemagne le 23 juin 1941 et interné dans les prisons de Sarrebruck et Francfort. Libéré le 22 août 1943, il regagne la France.

    Source: Collection Télitchko, page 19 de ce livre, Allemands Boulevard des Alliés

    12 avril : La garde des câbles est levée

    14 avril : Sabotage d'un câble à la périphérie de Caen (rue de Falaise et Bd Dunois). l'Oberstleutnant Elster ordonne de nouvelles gardes.

    16 avril : 20 postes de gardes sont établis. Interdiction de circuler pour la population entre 20 heures et 6 heures

    26 avril : Nomination par Vichy du Conseil municipal.

    Source: Collection V. et A. Benhaïm, photo présentée page 24 de ce livre, fanfare et défilé allemands Place Saint-Pierre devant quelques curieux.

    29 avril : Circulation publique rétablie, garde des câbles boulevard Dunois supprimée, mais maintien route de Falaise.

    29 avril: Deux Caennais: Denys Boudard, 19 ans et Jean Hébert, 21 ans décollent de Carpiquet aux commandes d'un Bücker-Jungmann 131 de la Luftwaffe direction Christchurch à l'est de Bornemouth (Dorset-Angleterre)..

    mai : Sabotages de câbles à Caen

    mai: Vol de 3 tonnes de sucre dans un entrepôt du quai de Juillet.

    12 mai: départ su premier train de travailleurs volontaires pour l'Allemagne.

     

    15 mai : L'inhumation d'aviateurs anglais abattus près de Caen, provoque une véritable émeute. La chapelle de l'hôpital fermée aux Français est pleine de fleurs envoyées par des Caennais. Très nombreux sont les habitants qui se sont rassemblés, beaucoup tenant à la main un bouquet de fleurs. Défense est faite de suivre le convoi mais la plupart des assistants se dirigent vers le cimetière où doivent être enterrés les aviateurs. Surgissent alors six policiers allemands qui d'autorité font évacuer les Caennais. Les jardiniers du cimetière eux-mêmes doivent sortir. Une femme qui ne s'exécute pas assez vite reçoit un coup de poing asséné par un officier allemand. Cependant la foule poussée sans ménagement hors du cimetière se réfugie sur les voies adjacentes ; pourchassée jusque dans les immeubles, elle essaie encore de se maintenir sur les lieux. Une vingtaine d'arrestations sont effectuées. Comble de brutalité un policier monte en auto et fonce sur les groupes de jeunes gens massés sur les trottoirs. En dépit de ces violences, les fleurs seront portées dans l'après-midi sur les tombes, en présence d'une foule silencieuse et recueillie.

     

    29 mai : Dans la nuit du 28 au 29, un commando dirigé par l'agent britannique John Hopper , commet un sabotage spectaculaire dans un garage de la rue Robillard, cantonnement allemand de la 323.ID. Après avoir neutralisé et ligoté les hommes de garde, le groupe déroba les roues d'une partie des véhicules, cisailla les pneus des autres, rendit inutilisables les batteries et versa de l'acide dans les réservoirs, tout en emportant la plupart des pompes et 200 litres d'essence dans une camionnette. Cet exploit valut à la ville de Caen d'être frappée, en représailles, d'une amende d'un million de francs. Les roues des motos furent retrouvées au début du mois d'août 1941, lors d'une perquisition de la police, dans un garage (un simple hangar) loué par Hopper, rue du Gaillon, où il entreposait ses prises.

     

     

    Source: Collection particulière, page 20 de ce livre, rencontre autour du Bassin Saint Pierre.

     

     

    Source. Un allemand armé et deux pêcheurs Bassin Saint Pierre

     

    fin mai: La DP organise un important exercice dans le quartier Sainte-Thérése. Le maire et son conseil ainsi que la autorités allemandes suivent l'exercice. A cette époque la DP dispose de 900 agents.

    23 juin: Note préfectorale relative aux nouvelles rations de viandes .

    24 juin : Arrestation par la police municipale de Caen de 2 personnes détentrices de tracts communistes

    29 juin: Nouvelle manœuvre de la DP dans les secteurs centre-ouest et sud-ouest, mise en état d'alerte aérienne.

    25 juillet : Dans la nuit, vers 1 h 15, premier bombardement de Caen, la Royal Air Force lance 15 bombes incendiaires sur le quartier de la gare à Caen. 2 tués, un couple de commerçants.

    Source: Collection Télitchko, page 10 de ce livre, le drapeau nazi flotte sur l'Agence Havas. Source: Photo Georges Marie, page 14 de ce livre, des Allemands rue des Jacobins devant le porche de la Sainte Famille.(photo prise clandestinement dans la rue de la Gesatpo !)

    juillet : Coupure d'un câble rue de Falaise. La ville de Caen est condamnée à une amende d'un million de francs pour sabotages répétés.

    L'amende de 50 000 RM (1 000 000 de francs) infligée à la ville de Caen en juillet 1941 est répartie entre les habitants suivant les modalités d'application de la contribution mobilière.

    25 juillet: Ouverture dans les locaux du Lycée Malherbe d'un centre départemental d'accueil pour les prisonniers libérés.

    25 juillet : Visite à Caen de Jean Borotra, ministre des sports dans le gouvernement de Vichy .

    29 juillet : Condamnation à mort de Lucien Frémont par un tribunal allemand à Caen où il reste incarcéré jusqu'en mars 1942. (voir 11 avril 1942)

    Source: photo de gauche, photo de droite. Eglise Saint Pierre, à gauche vue de l'entrée du château; à droite de l'entrée de la rue Saint Jean, remarquer l'extrémité de la pancarte Soldatenheim (foyer du soldat) à l'hôtel d'Angleterre.

    1 août: Institution de la carte de tabac et forte augmentation, le paquet de gris passe de 4.50 francs à 6 francs (+33%)

    Carte de tabac

    28 août : Création d'une section spéciale à la cour d'appel de Caen, présidée par M. Riby , pour juger les crimes et les délits contre l'occupant

    1 septembre: Restriction des heures de circulation qui est interdite de 22 à 5 heures

    2 septembre: Prestation de serment de fidélité au maréchal Pétain prononcé par le Premier Président au nom de tous les juges : « Je jure fidélité à la personne du chef de l'État. Je jure et je promets de bien et honnêtement remplir mes jonctions, de garder religieusement le secret des délibérations et de me conduire comme un digne et loyal serviteur «

    septembre: Les parents de Paul Colette qui habitent quai Vendeuvre sont interrogés et soumis à une surveillance sévère.

    Arrestation d'un trafiquant en gare SNCF, l'enquête révèle qu'en un mois et demi, il a expédié plus de trois tonnes de beurre dans des malles étiquetées "linge et pièces mécaniques".

    du 6 au 21 septembre: exposition "La Normandie" au musée de la ville (l'introduction est signée par un certain A. Gessner, conseiller culturel allemand ?)

    Le musée de l'hôtel de ville

    20 septembre: Première audience de la section spéciale.

    25 septembre: Visite du Secrétaire général aux Anciens Combattants, François Musnier de Pleignes .

    A la fin du mois et au début d'octobre, reprise des courses de trot sur la Prairie: autrefois blanches, les tribunes ont été repeintes en vert pour un meilleur camouflage.

    A l'automne, la police caennaise est épurée : le commissaire central M. Charoy muté à Brest, un inspecteur de la sûreté révoqué, deux inspecteurs rétrogradés et remis en tenue et des auxiliaires licenciés.

    20 octobre: Restrictions de déplacement dues à la situation géographique du Calvados dont toute la partie Nord, bordée par la Manche, constitue l'un des maillons du Mur de l'Atlantique. En conséquence, est déclaré « zone côtière interdite» tout le territoire limité au Sud par une ligne qui commence, à l'ouest du département, sur la Vire, à hauteur de Saint-Fromond, se poursuit jusqu'à Vaucelles, au nord de Bayeux, longe la RN 15 jusqu'à l'Ouest de Saint-Germain-la-Blanche-Herbe contourne Caen par le Nord, inclut les communes de Cuverville et d'Hérouville, passe au Nord de Troarn et rejoint la sortie Ouest de Pont-l'Évêque qu'elle évite par le Nord pour se terminer à l'ouest de Beuzeville.

    Deux Ausweis délivrés par la préfecture du Calvados: celui de gauche du 11 décembre 1941 est valable hors zone côtière interdite, celui de droite du 16 novembre 1941 est valable pour tout le département.

    novembre : Série d'arrestations qui frappent le réseau de Résistance « Hector ». Jacques Dugardin, André Michel et Gaston Renard , jugés en mai 1942 par la cour martiale de Caen, seront condamnés et exécutés. Les autres seront déportés

    11 novembre : Manifestation devant le Monument aux Morts de Caen.

    Place Foch, au centre le Monument aux Morts, à droite l'hôtel Malherbe siège de la Kommandantur 723.

    Parmi les manifestants les frères Colin Marcel et Lucien et le professeur Desbiot . Arrestations de 11 étudiants caennais ayant participé à la manifestation du 11 novembre

    Au cours de mois de novembre, 153 personnes sont embauchées par la FK723.

    novembre: Un ancien coureur cycliste crée un vélo-taxi.

    Des lycéens caennais créent une association "Les Jeunes du Maréchal": le siège est 10 rue Jean-Romain.

    décembre: Visite du préfet Jean-Pierre Ingrand , représentant du ministre de l'Intérieur en zone occupée.

    8 décembre : La Gestapo fait irruption dans le café Guérin, une pension de famille rue de Vaucelles et y tend une souricière dans laquelle vont tomber en quelques jours la plupart des responsables de la Résistance communiste du département.

    15 décembre : Exécution à Caen de 13 personnes dont le journaliste de "l’Humanité", Lucien Sempaix, et Michel Farré de Colombelles , arrêté pour distribution de tracts par les gendarmes français

    décembre : Le recteur, M. Daure , est relevé de ses fonctions. A son retour de déportation, il deviendra préfet du Calvados à la Libération.

     

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    ANNÉE 1942

     

    Un groupe de sabotage particulièrement actif fonctionne sous la direction d'un ingénieur électromécanicien, Georges Gallet des ateliers électromécaniques Lavalette-Bosch. Le groupe électrogène servant au balisage du terrain de Carpiquet est saboté ce qui occasionne l'arrêt pendant près de deux mois les vols de nuit.(Pas d'indication de date).

    janvier: 17 maisons de tolérance prospèrent à Caen, 4 maisons clandestines sont fermées et 51 prostituées sont expulsées.

    Place Saint-Sauveur: la statue en bronze d'Elie de Beaumont est démontée pour être fondue.

    Plus de 2 000 paquets de cigarettes sont volés à la gare.

    février: La police caennaise est étatisée.

    Les 6 "Fourneaux économiques" de Caen ont servi 70 000 repas en janvier 1942 contre 24 000 en janvier 1941 et 6 500 à leur création en juillet 1940.

    4 février: par -24° dans d'atroces conditions, Jean-Louis Cartigny , condamné à mort est fusillé au stand de tir de la caserne du 43ème Régiment d'Artillerie.

    14 février : Gérard Fuzellier, condamné à Nancy, et un commerçant de Deauville, Levy dit Sasportas, arrêté pour la détention d'un poste de T.S.F., sont fusillés à Caen à la caserne du 43e Régiment d'Artillerie

    1 mars : Sabotage de câbles route de Caen à Ifs

    6 mars : Un service de garde de nuit est prescrit à la population de Caen et d'Ifs . Mesure levée le 10 mars

    Source: photo de gauche, photo de droite - Gare de Caen - Départ pour Bordeaux du Major Almenröder - Mars 1942

    9 mars : Un bombardement de la R.A.F. atteint le quartier de Vaucelles . L'église Saint-Michel est touchée

    Source: Collection Télitchko, page 39 de ce livre, Allemands devant l'église St Pierre.

    11 avril: A l'église Saint-Jean, un service religieux célébré avec la discrétion nécessaire à la mémoire de Lucien Frémont , maire de Lasson, fusillé le 31 mars, attire une foule nombreuse et recueillie.(M. Frémont avait recueilli, en juillet 1941, deux agents de la France libre, parachutés au dessus de la région, Henri Labit et Jean-Louis Cartigny de la mission "Torture".)

    du 18 avril au 20 mai: En représailles de l'attentat d'Airan les 4 salles de cinéma de la ville sont fermées jusqu'au 20 mai.

    L'agglomération caennaise est classée "centre urbain prioritaire" ce qui permet d'obtenir des rations supplémentaires.

    Source - Caserne Hamelin - Pendant la parade du 20 avril 1942 pour l'anniversaire du Führer.

    29 avril: Ouverture devant le tribunal de la Feldkommandantur, du procès de treize membres du réseau Hector, trois résistants sont condamnés à mort, les dix autres à de lourdes peines de travaux forcés.

    1 mai: Arrestation entre autres du Dr Raphaël Pecker comme otage juif en représailles des sabotages commis contre des trains de permissionnaires allemands à Airan. Les otages sont rassemblé au Petit Lycée.

    Début mai: Inhumation au cimetière Nord-est des soldats allemands tués lors du second sabotage d'Airan le 1 mai 1942.

    La sortie de l'hôpital civil, avenue Georges Clémenceau réquisitionné en Kriegslazarett et l'inhumation au cimetière Nord-est. Agrandissement.

    7 mai : De nouvelles arrestations ont lieu à Caen : une vingtaine de personnes parmi lesquelles le professeur Musset , doyen de la Faculté des Lettres, les frères Colin Marcel et Lucien et M. Desbiot professeur d'Anglais. Ces derniers sont coupables d'avoir participé à une remise de gerbe au Monument aux Morts le 11 novembre 1941

    Réquisition du 11 mai 1942 pour garder les voies ferrées de la ligne Paris-Cherbourg suite aux sabotages à Airan. D'autres réquisitions.

    9/14 mai : Dugardin , Michel et Renard , résistants du Groupe "Hector", sont fusillés dans la cour du 43e d'artillerie.

    Le théâtre municipal affiche "Marché noir" une pièce d'actualité de Steve Passeur.

    Source - Montage de 3 photos. Mai 1942. Bureau du Nachrichtenführer. Il s'agit d'un major de la Luftwaffe. A Caen, la Feld-Nachrichten-Kommandantur 25, adresse inconnue, elle investit les centraux téléphoniques dès le 20 juin 1940. Sous réserve le Major Blum.

    12 juin: Visite du secrétaire général à la Jeunesse, Georges Lamirand .

    27 juin: Au théâtre une conférence d'un prisonnier libéré vante "la collaboration avec l'Allemagne dans l'honneur et l'indépendance"

    29 juin : Départ du préfet Henry Graux révoqué à la demande des Allemands.

    Après un essai raté en 1941, la municipalité décide de transformer en cultures potagères les 50 hectares de La Prairie.

    Création d'un service civique: il faut des jeunes volontaires pour assurer la moisson, en l'absence des agriculteurs prisonniers.

      En juin 1942, un centre des Gardes des Communications fut installé à Caen dans des locaux précédemment occupés par une loge maçonnique. Dotés d'un uniforme noir avec une francisque aux pointes du col et d'une casquette ornée d'un G, ces gardes avaient une mission de contrôle du service de la garde, mission alors dévolue à la Gendarmerie. Ce Corps civil était placé sous les ordres sous l'autorité du Secrétariat général de la Police. Quel effectif ?

    Les hommes âs de 18 à 60 ans étaient quotidiennement requis au service de la garde surtout des voies ferrées, mais aussi de nombreux points sensibles comme les terrains offrant un site favorable aux parachutages ou les bureaux de placement allemands.

    Ordres de mission, réquisition pour la surveillance

    6 juillet : Environ 2/3 des otages caennais internés au camp de Royallieu sont déportés à Auschwitz, avec le premier convoi de déportés politiques français.

    Découverte d'une fabrique clandestine de savon.

    La Ligue du Coin de Terre annonce qu'elle a créé 1 100 jardins familiaux dans l'agglomération caennaise.

    1 août : L'Oberstleutnant Elster est remplacé en tant que Feldkommandant par l'Oberst Bülcke.

    12 août: Les 11 premiers prisonniers calvadosiens débarquent en gare dans le cadre de la relève.

    28 août 1942: Prise de fonction du préfet Michel Cacaud ,antérieurement préfet du Gers, nommé le 17 août par le gouvernement de Vichy en remplacement du préfet Henry Graux. Il le restera jusqu'à sa suspension le 10 juillet 1944, sa conduite pendant la bataille de Caen sera honorable.

    Source: Collection Télitchko, page 18 de ce livre, Allemands Place St Pierre. 

    Dans la nuit du 9 septembre, tandis que sa camarade Gisèle Guillemot fait le guet, Marius Sire , l'un des responsables de la Résistance communiste du Calvados, réussit à pénétrer dans un hangar de la foire-exposition, place d'Armes, où sont entreposés des stocks de fourrage destinés aux chevaux de l'armée allemande. Il allume un incendie qui fait partir rapidement en fumée près de 400 tonnes de paille, de foin et d'avoine.

    La seconde tour du château à droite de l'entrée principale est transformée en blockhaus par les Allemnds, voir ici.

    septembre: Le déboisement de la ville de Caen se poursuit, c'est au tour des ormes et des frênes de la rue du général Moulin menant de Caen à la Maladrerie.

    septembre: Une exposition artisanale attire 50 000 visiteurs en 15 jours;

     Source: annexe de ce livre

    mi-septembre: l'adjoint au maire M. Joseph Poirier , directeur urbain de la Défense passive, convoque plusieurs entrepreneurs pour organiser des équipes de sauvetage et de déblaiements en cas de bombardements aériens.

    25 septembre : Retour de 9 prisonniers calvadosiens à Caen .

    octobre: Visite su Secrétaire général aux Communications, Robert Gibrat .

    10 novembre : Distribution de tracts du Parti Communiste qui traitent des événements d'Afrique

    10/22 novembre : « Semaine du Prisonnier » organisée à Caen au profit du « Centre d'entraide des Prisonniers », sous la présidence d'honneur du Préfet du Calvados et du Maire

    11 novembre : Arrestation d'Henri Brunet qui a transmis de nombreux plans de l'armée allemande à un réseau de résistance, il sera fusillé le 20 septembre 1943.

    25 novembre : 37 prisonniers sont arrivés au titre de la « Relève » en gare de Caen .

    27 novembre : 14 prisonniers arrivent en gare de Caen.

    novembre: Le cadavre d'un soldat allemand tué d'une balle dans la tête est découvert.

    Une affaire de pillage en gare SNCF: arrestation d'une quarantaine de personnes.

    Au cours du second semestre de 1942 plusieurs arrestations de juifs étrangers; certains magasins caennais sont investis par des mouvements collaborationnistes, voir ici.

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     ANNÉE 1943 

     

    3 janvier: Vers 20 heures, le train express Paris-Cherbourg est mitraillé en gare: deux morts et plusieurs blessés dans le même wagon. aucun Allemand n'est touché dans les wagons réservés à la troupe.

    22 janvier : Vers 21H15, l'un des membres du groupe de sabotage FTP. Émile Julien, place une bombe de sa fabrication sur l'embranchement de la voie ferrée conduisant de la gare de Caen aux bassins du port et au dépôt allemand installé dans un bâtiment de la foire exposition. L'explosion, qui se produit à hauteur du début de la rue Neuve du Port, détruit un aiguillage et brise de nombreuses vitres dans le quartier.

    Fin janvier: M. Lazare Chesneau, cafetier place Courtonne et trafiquant notoire avec les Allemands est condamné à 8 mois de prison pour complicité dans un trafic de marché noir avec Paris.

    L'Oberst Bulcke ordonne des tours de garde à La Maladrerie, à la suite d'un sabotage de câbles.

    10 février : Vers 11 heures du matin, bombardement des rives de l'Orne, de Vaucelles et de la Demi-Lune. 10 morts, 39 blessés et plus de 100 maisons atteintes . Des entrepôts sont pillés dans la nuit

    19 au 20 février: Dans la nuit, au cours d'une ronde, deux gardiens de la paix découvrent rue Saint-Jean, un engin explosif déposé dans le caniveau à hauteur du café de Paris, établissement fréquenté par les Allemands. Il s’agit d'un cylindre métallique bourré d'explosifs, dont la mèche, allumée, s’était malencontreusement éteinte. Compte tenu de la nature de l'engin, semblable à ceux que confectionnait Émile Julien de Mondeville, cette tentative semble bien devoir être mise au compte des FTP.

    1 mars : Un sabotage est tenté sur la ligne Paris-Cherbourg à Moult. Il échoue par suite de l'arrivée d'un garde-voie. Les cinq résistants s'enfuient, l'un d'eux est arrêté à un barrage de Gendarmerie à Caen et livre des informations qui vont entraîner le démantèlement de la Résistance communiste dans le Calvados

    2 mars : Joseph Étienne, contremaître dans une usine textile à Lisieux, un des membres du triangle de direction du P.C.F. du Calvados, est grièvement blessé au cours de son arrestation par la police française, place Courtonne. Criblé de balles il est transporté à l'hôpital Clemenceau d'où il s'échappera miraculeusement le 8 mai, malgré la garde des Allemands.

    2 mars: grand concert au théâtre municipal au profit des P.G. et de leurs familles

    M. Renaudin, Commissaire Général à la Famille, prononce à Caen, au cours de la « Grande Semaine Familiale du Calvados », une conférence sur la « Restauration nécessaire des foyers français »

    5 mars: Visite du colonel Bonhomme , officier d'ordonnance du maréchal Pétain venu apporter un message se soutien du chef de l'état aux sinistrés après "les lâches bombardements de la RAF" du 10 février.

    Source: Collection Télitchko, page 18 de ce livre, deux Feldgendarmen Place St Pierre.

    11 avril: Exercice de Défense passive en présence du Feldkommandant.

    13 avril à 16h35: Bombardement de la rive droite de l'Orne, rue d'Auge, rue d'Hérouville ; 5 morts, 2 blessés .Les incendies sont combattus avec l'aide des pompiers allemands.

    du 15 avril au 30 mai 1943: Un Caennais tient la liste des alertes aériennes .

    17 avril : Bombardement de Caen

    18 avril à 18h45: Bombardement avec des bombes: rue d'Hérouville, avenue Georges Clemenceau, cours Montalivet, rue des Maris, rue d'Auge, le pavillon N°4 de l'hôpital est atteint par des bombes incendiaires, en tout 5 morts.

    20 avril : Bombardement de Caen

    avril: Les autorités caennaises décident l'évacuation totale des certains quartiers (rue d'Auge et Sainte-Thérése) et partielle du quartier de Vaucelles, 628 familles soit près de 1 700 personnes sont relogées.

    6 mai: Visite de M. Bourlet chef de cabinet du ministre de la Production Industrielle Jean Bichelonne qui vient présenter le bilan de la situation économique à deux cents industriels et commerçants du département.

    13 mai : Service religieux à la mémoire des victimes de la RAF .

    Source: photo de droite, photo de gauche. Fête en l'honneur de la promotion du colonel (Oberst) von Lidl - Mars 1943.

    L' Oberstleutnant (lt-col.) Valentin von Lidl est le Kommandeur du Flughafen-Bereichs-Kommando 8/VII à Carpiquet du 20 juin 40 au 1 août 41, l'E-M au 64 rue Caponière.

    30 mai : Nouveau bombardement de Caen et du quartier de la Demi-Lune et de Mondeville. 7 morts, 7 blessés

    18 juin: Un train, venant de Cherbourg passe en gare avec des requis, porte des inscriptions "Vive de Gaulle" sur les voitures, quant aux voyageurs ils chantent La Marseillaise et l'Internationale.

    juillet: Visite d'Abel Bonnard , ministre de l'Education Nationale.

    20 août: Recensement des bicyclettes, ordonné par l'occupant. Nul ne pouvait circuler à bicyclette sans avoir le récépissé délivré par la mairie.

    Le 29 août 1943, recensement du vélo Thomann de René Marie.

    septembre: Des "Cahiers de Libération" , brochure clandestine de 60 pages (contenant le Chant des partisans), sont adressés par La Poste aux habitants.

    Source - Rond point de la Demi-Lune

    9 octobre: Arrestation de Jean Letellier à son bureau Bd des Alliés par Brière, il sera déporté et ne reviendra pas.

    15 octobre: Au café Normandie, boulevard des Alliés première réunion préparatoire du CDL du Calvados.

    23 octobre: Arrestation de juifs étrangers et Français.

    4 novembre: Visite de François Hulot, chargé de mission au cabinet de Pierre Laval venu exposer la politique préconisée par le chef du gouvernement.

    13 novembre au soir: Pour se procurer le matériel nécessaire à la frappe des tracts, les responsables du Front national ont décidé de dérober des machines à écrire aux Galeries Lafayette, boulevard des Alliés. Le coup demain, prévu, a été confié à un petit commando formé de Michel de Boüard , Bernard Gilles, Marcel Morel et Paulette Vallerie . Leur camarade Joseph Déan , employé des Galeries, a pris contact avec le veilleur de nuit et obtenu sa complicité afin de pouvoir pénétrer sans difficulté dans les locaux. Malheureusement, l'homme a été remplacé au dernier moment par un collègue qui ignore tout du projet. Ayant ouvert la porte, il refuse de laisser entrer le petit groupe et tente de résister en faisant des moulinets avec sa lampe à pétrole, blessant Bernard Gilles à la tête. Dans la mêlée, un coup de pistolet part touchant mortellement l'infortuné veilleur. Le commando prend alors la fuite sans avoir pu mener à bien l'opération prévue.

    novembre: Arrestation de deux juifs selon un rapport de police, ensuite les arrestations furent directement traitées par la Gestapo sans en tenir informé la police française.

    10 décembre : Arrestation de responsables du Front National dans une souricière de la rue de Vaucelles à Caen

    11 décembre : Arrestation à son domicile de Michel de Boüard , professeur d'Histoire à l'Université de Caen, responsable du Front National.

    L'eau de la ville ne sera plus javellisée en raison de difficultés passagères pour obtenir l'eau de Javel; il est expressément recommandé aux habitants de faire bouillir l'eau destinée à la consommation.

    Trois auxiliaire du centre de tri des PTT sont arrêtés pour avoir détournés des lettres et des colis et s'être servi de sacs postaux pour expédier à Paris des denrées contingentées.

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    ANNÉE 1944

    début janvier : Arrestation à Caen de Valentin Debailly , nouveau responsable des F.T.P.

    L'impôt sur les bicyclettes passe de 25 à 40 francs.

    11 janvier: Une rafle à la sortie de trois cinémas effectuée par la Feldgendarmerie, plusieurs jeunes gens sont retenus mais heureusement relâchés après une nouvelle vérification.

    27 janvier: Une vingtaine de requis pour le STO chantent la Marseillaise dans les rues entre le petit Lycée et la gare, malgré la surveillance de soldats allemands armés et de membres de l'Organisation Todt .

    janvier: Le Tribunal Correctionnel juge 24 personnes accusées de pillage en règle dans les wagons stationnés en gare.

    Un contrôleur des contributions indirectes caennais recherché pour de graves détournements prend la fuite.

    janvier: La Feldgendarmerie arrête 145 prostituées pour vérifier leur identité et leur état de santé.

    Facture de gaz: décembre 43-janvier 44

    février : Arrestation d'un grand nombre de personnalités et de notables du département, tels les maires de Caen, de Mézidon, Falaise, le chef de la Sûreté urbaine, deux architectes caennais, le député de Caen Camille Blaisot . Plusieurs sont déportés au début du mois de mars

    février: Annonce que la vente des postes de TSF sera interdite à compter du 1 avril, motif: "la nécessité d'assurer la sauvegarde des troupes d'occupation dans une région menacée d'invasion étrangère"

    Des Feldgendarmen accompagnés de gardiens de la paix, réquisitionnent les pneus, les chambres à air et les batteries automobiles.

    16 mars; Visite de Louis Dramard, préfet régional de Normandie.

    31 mars: Interdiction de la possession de postes de TSF, la remise d'environ 10 000 postes s'organise en une semaine par ordre alphabétique à la salle des fêtes de l'hôtel de ville.

    M. Laurent Marie dépose, le 31 mars 1944, à l'Hôtel de ville, son poste de TSF Philips

    3 avril: l'heure légale est avancée d'une heure à deux heures (décret du 29 mars 1944). Ce changement d'heure fera que l'heure alliée et l'heure en France sera la même, contrairement à ce qui est indiqué dans de nombreux livres et revues.Voir ici.

    10 avril à 03h30 : 11 bombes sur le quartier de la Gare (voies, gazomètre, maisons endommagées): 1 cheminot tué et 11 blessés.

    13 avril : 350 bombes, 300 maisons endommagées. 9 tués et 18 blessés

    17 avril : 5 tués

    du 18 au 22 avril: 120 équipiers de la DP sont à Rouen pour aider les secours sur place suite aux bombardements de la ville.

    avril: Le Calvados est déclaré zone de combat.

    30 avril au 1er mai 1944: Dans la nuit, des résistants du dépôt de la gare SNCF parviennent à faire dérailler une locomotive dans la fosse du pont transbordeur et à en lancer une autre dans la plaque tournante, bloquant ainsi le trafic de la gare pendant plusieurs jours. Provoquant une belle pagaille, l'action d'éclat met les Allemands sur les dents. Ils chargent l'un de leurs agents français, Serge Fortier , de mener son enquête. Il est l'homme idéal pour cette mission ayant vécu toute son enfance dans le milieu des cheminots, vivant comme eux dans le faubourg de Vaucelles. Il les connaît bien et a recruté une équipe de collaborateurs acharnés dans ce quartier, comme Albert Baot ou Gilbert Bertaux. Il va en même temps exploiter cette occasion pour se venger de tous ceux à qui il pouvait en vouloir et dresse une liste de personnes à arrêter.

    A la sortie du château un Unic P 107 ou Somua, Leichter Zugkraftwagen 

     P107 (f) de la 21. Panzer Division.

    3 mai : Brière, ancien repris de justice, et agent français de la Gestapo, est exécuté, à Caen, par le réseau "Arc-en-Ciel" 

    11 mai: Le conseil municipal décide l'ouverture de crédits supplémentaires en vue "d'assurer aux sinistrés immédiatement après un bombardement massif tous les secours nécessaires".

    15 mai : La Gestapo, aidée de la bande â Hervé, procède aux arrestations de plusieurs cheminots. Tous sont relâchés à l'exception de Colbert Marie , Désiré Renouf et Georges Madoret. Les arrestations se poursuivent toute la journée et même une partie de la nuit. Sont ainsi capturés: Louis Renouf , Achille et Michel Boutrois et Maurice Arrot le propre beau-frère de Serge Fortier.

    1er juin : La Gestapo s’empare des cheminots Joseph Picquenot et de son fils Bernard .

    19 mai et 27 mai: Opérations de recensement des jeunes gens nés entre le 1er janvier et le 31 décembre 1925, ce recensement de la classe 44 provoque des remous. Les Caennais pensent qu'une bonne partie de ce contingent devra partir en Allemagne.

    2 juin: dernière audience de la section spéciale.

    5 juin: Le Decauville de la Compagnie des Chemins de fer du Calvados (CFC) effectue son dernier voyage, il rallie la gare Saint Pierre place Courtonne à la gare de Luc-sur-Mer où il s'immobilise.

    5 juin: Au théâtre municipal représentation de Véronique, l'opérette d'André Messager dernière représentation avant longtemps !

    Source page 131 de ce livre. En juin 44 le Feldkommandant est von Heydebrand avec comme adjoint le Major Nerlich (il mourra dans la nuit du 6 au 7 juin), autre membre le Hauptmann Knolle et le Doktor Meyer.

    6 juin: Vers midi moins le quart, le préfet Cacaud rédige son dernier télégramme officiel, à destination du gouvernement de Vichy.

    Après avoir décrit le dernier bombardement et ses effets, le fonctionnaire de Vichy ajoute:

    « La population digne et calme est repliée ans l'îlot Bon-Sauveur-Abbaye aux Hommes dont j'ai instamment demandé le respect par les deux armées en établissant un plan en accord avec M. le maire de la ville de Caen, qui a été remis au Stadtkommandant (Note de MLQ: commandant de la ville ou Kampfkommandant, identité inconnue) . L'aviation a jusqu'ici respecté cet îlot. Quelques obus seulement ont orné des bâtiments. Je dispose d'un ravitaillement suffisant pour 15 jours. L'état sanitaire est satisfaisant.

    Évacuation irréalisable maintenant: je n'ai d'ailleurs reçu aucun ordre et l'autorité d'occupation n'a fait aucune liaison avec moi depuis 48 heures.

    Présent à mon poste au milieu d'une population qui a souffert et qui n'admettrait pas un départ qui, en ce moment, serait une désertion, j'assumerai quoi qu'il arrive toutes les responsabilités de ma charge, avec la conscience d'avoir toujours servi et défendu les intérêts strictement français. »

    6 juin : 80 à 90 résistants détenus à la prison de Caen sont exécutés par les Allemands le matin et l'après-midi.

    Lire également: Le LIRE EGALEMENT calendrier de la collaboration

    Source:

    De la guerre à la liberté, les années 40 en Normandie,

    Hors-série Liberté Le Bonhomme Libre, Juin 2004.

      et et et et et et et et et

    et cet article.

    Remerciements/

    - à M. Laurent Marie pour les documents de son grand père.

    - à jeepo' pour les photos des graffitis allemands.

    - à Fred_Bayerlein pour la photo du blindé allemand.

    -à Dominique Zuccolini pour le décret du 29 mars 1944.


    SOURCES - SUPERBE BLOG -

    http://sgmcaen.free.fr/chronique-occupation.htm



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  • La Rose blanche


    Ces jeunes Allemands qui ont dit NON au nazisme

     

    Dès l'été 1942, un groupe d'étudiants de l'université de Munich passent à l'action clandestine. Sous le nom de la "Rose blanche", ils dénoncent le régime hitlérien en diffusant des tracts d'abord destinés aux universitaires puis à la population de Munich et de ses environs.

    Le 25 février 1943, Josef Goebbels, ministre de la propagande national-socialiste, notait en passant dans son journal : " À Munich, quelques étudiants ont été démasqués comme ennemis de l'État. Ils ont mené une vaste campagne contre la guerre, ont été traduits devant le tribunal et condamnés à mort. J'approuve que les sentences capitales soient exécutées."

      

    Et trois mois plus tard, alors que Hans et Sophie Scholl et leur compagnon Christoph Probst avaient déjà été exécutés, le procureur général du Reich, Ernst Lautz, s'opposa catégoriquement devant le Volksgerichtshof (Tribunal du peuple) à gracier Alexander Schmorell, Willi Graf et le professeur Kurt Huber : "Le procès a pour objet une affaire qui traite sans doute du pire des cas de haute trahison propagandiste que le Reich ait connus pendant la guerre."

     

    Alexander Schmorell - septembre 1940 lors d'une visite chez son amie Angelika Probst - Source : Gedenkstätte Deutscher Widerstand Berlin

     

     
     

    La Rose blanche, un mouvement de résistance étudiant

    Les cinq premiers nommés, tous étudiants à l'université de Munich, constituaient le noyau dur d'un mouvement de résistance étudiant qui avait choisi lui-même son nom " Weiße Rose " (la Rose blanche). Un nom d'ailleurs dont l'origine n'est pas tout à fait claire.

      

    L'éventail des hypothèses possibles s'étend de la parabole du grand inquisiteur de Dostoïevski dans son roman les Frères Karamasov où la rose blanche qui décorait le cercueil d'une petite fille est le symbole de la renaissance, en passant par La rose blanche de B. Traven, roman socio-critique dont l'action se déroule au Mexique, ou par l'image de la " rose du ciel " dans la Divine comédie de Dante jusqu'à l'insigne de l'organisation de jeunes " dj.1.11 ", un groupement de la jeunesse allemande " confédérée " (Bündische Jugend), dissous par l'État national-socialiste en 1933, dont Hans Scholl avait été membre.

      

    Le musicologue et professeur de philosophie Kurt Huber - bien qu'il fut en quelque sorte un mentor et un conseiller, avancé en âge - ne s'associa au groupe d'opposition que relativement tard.

     

      Willi Graf - début 1940 - Source : Gedenkstätte Deutscher Widerstand Berlin

      

    Des jeunes d'horizons politiques et culturels variés

    Qui étaient ces cinq jeunes amis qui formaient le noyau de la " Rose blanche " ? C'étaient tous des étudiants en médecine à l'université de Munich, en deuxième ou troisième année d'études, sauf Sophie Scholl, inscrite en biologie et en philosophie.

      

    Certains s'étaient liés d'amitié depuis longtemps, par exemple Christoph Probst et Alexander Schmorell qui se connaissaient depuis 1935, mais le groupe ne se constitua que peu de temps avant l'été 1942.

      

    Ils étaient tous d'origine bourgeoise, mais leurs familles représentaient divers horizons politiques et culturels : les convictions libérales des parents Scholl, l'orientation plutôt national-allemande du père de Schmorell ou bien les positions catholiques et national-conservatrices du professeur Huber.

      

    Ils avaient été formés par la culture classique allemande et étaient tous unis par une foi chrétienne profonde bien que de confessions différentes : Hans et Sophie Scholl venaient d'une famille protestante, Willi Graf d'un milieu catholique, Christoph Probst était croyant mais sans appartenir à aucune église, le demi-russe Alexander Schmorell avait été élevé dans la religion orthodoxe russe.

      

    Après deux ans ou plus de service de travail ou de service militaire, ils faisaient partie de diverses associations étudiantes et pouvaient se consacrer à leurs études ou, ce qui était plus important encore, à

     

    leurs intérêts artistiques, politiques ou philosophiques : concerts, soirées de lecture ou de discussions, etc. Là, s'ouvrait déjà une voie possible pour se soustraire à l'emprise de l'appareil du parti national-socialiste et de sa propagande.

    Christoph Probst. Source :

    Gedenkstätte Deutscher Widerstand Berlin

     

     

    Sophie Scholl. Source : Gedenkstätte Deutscher Widerstand Berlin
    Les raisons du passage à l'action

    Pour comprendre les raisons de leur passage à l'action clandestine au cours de l'été 1942, il faut se remémorer la situation politico-militaire de l'époque. L'arrêt de l'assaut allemand devant Moscou lors de l'hiver 1941-42, la fin de l'offensive d'Erwin Rommel en Afrique du Nord à l'été 1942 et l'intensification des bombardements contre les villes allemandes avaient suscité dans la population des doutes sérieux quant aux progrès militaires futurs. La confrontation à un pouvoir politique de plus en plus intolérant, également envers le milieu étudiant, a stimulé peut-être une certaine attitude d'opposition. Et il est très probable que Willi Graf, engagé sur le front russe en 1941-42, se fit l'écho des agissements meurtriers des " groupes d'action " (Einsatzgruppen) de la SS et de la police de sécurité à l'arrière du front auprès de son cercle d'amis, ce qui fut un facteur de leur prise de conscience.
    Les premiers tracts sont diffusés à l'été 1942

    Les quatre premiers tracts de la " Rose blanche " furent rédigés et distribués par Hans Scholl et Alexander Schmorell à l'été 1942, en deux semaines seulement. Les tracts faisaient appel à la " culture chrétienne occidentale " et à la responsabilité de l'"intelligentsia allemande ". Envoyés par la poste, ils étaient surtout destinés à des universitaires parce qu'on voulait mobiliser les intellectuels - professeurs, écrivains, directeurs d'école ou chargés d'enseignement, libraires, médecins... -, à Munich et dans ses environs, en plus des restaurateurs, des propriétaires de cafés et d'épiceries. Pour se faire entendre par cette classe " cultivée ", Hans Scholl et Alexander Schmorell utilisaient sciemment un langage bourgeois classique en citant Goethe, Schiller, Novalis, la Bible mais aussi Lao-Tseu et Aristote. Le tirage était encore très restreint - guère plus de 100 exemplaires chaque fois - et les tracts se terminaient par un appel à les faire circuler.

    En finir avec le national-socialisme

    Pendant trois mois au cours de l'automne 1942, Hans Scholl, Alexander Schmorell et Willi Graf, qui se rendaient utiles sur le front russe en apportant leur assistance médicale , furent confrontés à la détresse de milliers de soldats allemands grièvement blessés et mutilés, soignés dans des conditions désastreuses.
    Hans Scholl. Source : Gedenkstätte Deutscher Widerstand Berlin

    Le groupement d'opposants s'était entre-temps étoffé avec l'arrivée d'amis et de connaissances et avait gagné des sympathisants et complices dans d'autres villes universitaires allemandes notamment à Hambourg.


    Fin janvier 1943, le cinquième tract paraissait. Intitulé " Tract du mouvement de résistance en Allemagne ", il s'adressait à " tous les Allemands ", les exhortant à en finir avec le national-socialisme avant qu'il ne soit trop tard sinon " les Allemands subiraient le même sort que les Juifs ". Le langage était clairement plus " politique ", propageant pour l'Allemagne un fédéralisme sain et s'attaquant au centralisme et au militarisme prussiens.

      

    Dans ces formules, l'influence de Kurt Huber ainsi que l'opposition virulente de l'écrivain catholique Theodor Haecker (1879-1945) à l'hégémonie de la Prusse protestante se manifestaient. Le tirage fut beaucoup plus important, entre six et neuf mille exemplaires, et le tract fut diffusé par la poste à Augsbourg, Stuttgart, Francfort-sur-le-Main, Salzbourg, Linz et Vienne. Pour réduire les frais d'affranchissement, Sophie Scholl et Alexander Schmorell prirent alors le risque de transporter eux-mêmes le courrier.

     

      

    En raison du manque d'enveloppes, le tract fut diffusé à Munich dans des actions encore plus risquées : fin janvier-début février, Hans et Sophie Scholl, Willi Graf et Alexander Schmorell diffusèrent entre 2 000 et 5 000 tracts dans le centre de Munich, principalement autour de la gare centrale, dans des cabines téléphoniques, sur des voitures en stationnement...

     

      

    Le dernier tract de la Rose blanche

    Le sixième - et dernier - tract fut une réaction à la terrible défaite allemande de Stalingrad annoncée officiellement le 3 février dans les journaux et sur les ondes.

      

    Ce tract, titré "Camarades d'études" (Kommilitoninnen ! Kommilitonen !), évoquait surtout la défaite de Stalingrad, en appelait aux principes de liberté personnelle et de dignité de l'homme violés par le parti national-socialiste, et incitait les étudiants à se libérer tout de suite du système nazi en suivant l'exemple des guerres de libération contre Napoléon en 1813.

      

    Le texte atteignait son apogée avec une citation de l'appel de Theodor Körner de 1813 à la jeunesse allemande : "Debout mon peuple, les flambeaux fument !". Pour ce dernier tract de la "Rose blanche", le tirage est estimé entre 2 000 et 3 000 exemplaires. Pendant trois nuits, les jeunes résistants le diffusèrent à Munich et inscrivirent des slogans, comme " A bas Hitler "avec des croix gammées barrées, " Liberté " et " Hitler - massacreur des masses" sur des murs et des bâtiments publics, en particulier à l'entrée de l'université.

     

      

    Arrêtés par la Gestapo

    Le 18 février, Hans et Sophie Scholl déposèrent plusieurs piles de tracts dans les couloirs de l'université et la jeune femme lança finalement le reste des tracts du deuxième étage par-dessus la balustrade dans la cour centrale (Lichthof). Lors de cette dernière action, Hans et Sophie Scholl furent identifiés par le concierge de l'université, interpellés puis livrés à la Gestapo.

     

     


     

    Au cours de deux procès devant le Tribunal du peuple, les six acteurs principaux de la " Rose blanche " furent condamnés à mort et pour la plupart immédiatement exécutés. Leurs aides et complices, une quarantaine, eurent des peines de six mois à dix ans de détention.

    La " Rose blanche " va au-delà de la résistance désespérée d'une poignée d'étudiants face à la guerre totale et à la terreur totale d'une dictature criminelle. À côté du " Cercle de Kreisau " et de l' " Orchestre rouge ", elle représente, par son opposition au régime nazi, une des rares tentatives parmi la jeunesse, en temps de guerre, non seulement de résister, mais également de triompher par l'esprit sur la violence des armes.

     

      

      

    Source : Hartmut Mehringer, Directeur des archives de l'Institut für Zeitgeschichte, Munich-Berlin. Revue "Les Chemins de la Mémoire n° 126 - Mars 2003 pour Mindef/SGA/DMPA

     

    Les bibliographies associées

    Sophie Scholl, la rose de la liberté

     

     

    Sophie Scholl, la rose de la liberté

    Histoire de Sophie Scholl et de son frère Hans, fondateur du mouvement de résistance au nazisme en juin 1942, appelé la Rose blanche

     

     

     

     

     

     

     

    sources http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichepage.php?idLang=fr&idPage=2557
     
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  • Les résistants aident à la libération 
     
     
      
      
    En septembre 1943, les résistants corses ont déclenché une rébellion qui a libéré leur île avec l'aide de commandos qui sont venus d'Afrique du Nord.
     

    Début 1944, les groupements armés issus des différents mouvements de résistance se sont regroupé au sein des Forces fran?aises de l'intérieur (FFI)
     
     
     
    A partir de juin 1944, FFI (Forces Française Intérieur) et FTP (Francs-tireurs Partisans groupe résistants) ont aidé à la libération des autres départements français.
    Pour freiner l'arrivée des renforts allemands au lendemain du débarquement de Normandie, les résistants ont mis en place des plans de sabotage et des moyens de communication :
      
    Plan vert pour les voies ferrées, Plan violet pour les lignes téléphoniques et Plan bleu pour les installations électriques.
      

    Ils on été aussi mobilisé dans l'application du Plan Paul, qui visait à détruire les dépôts allemands de munitions et de carburants, à malmener les renforts allemands et pour préparer l'arrivée des alliées.
      

    Les FFI et FTP ont subi l'assaut de la Wehrmacht aidé par la Milice française au cours des combats meurtrie livrées dans les Alpes sur le Vercors et le plateau des Glières
     
     
    Elles ont déclenché la révolte parisienne qui a libéré Paris le 25 août 1944 avec l'appui de la 2ème Division blindée du général Leclerc
      

    Elles ont libéré la plus grande partie du sud-ouest et du centre de la France, et favorisé dans le sud-est l'avancement de la 1ère Armée française du général de Lattre de Tassigny débarquée en Provence en août 1944.
     
     

    Bilan de l'action de la résistance  

      

    Lorsque se termine la libération de la France au printemps 1945,le bilan est dur : 20 000 FFI ou FTP tués au combat, 30 000 fusillés, plus de 60 000 déportés, dont près de la moitié sont morts dans les camps.

      


    Mais le sacrifice de tout résistants n'a pas été moindre et l'action de la résistance qui a été une force d'appoint mais a bien servi la France.

      


    Cette action a été reconnue par le commandant en chef des armées alliées en Europe, le général Eisenhower, et a contribué ainsi à dispensé à la France d'être soumise à l'AMGOT ( Allied Military Government for Occupied Territories - Administration militaire alliée des territoires occupés ).
      

      

      

    sources : http://appeldu18juin1940.perso.sfr.fr/pages/5.html

      

      

     

     
     

    http://ekladata.com/les-sanglots-longs-des-violons.eklablog.com/mod_article43187200_4f53ba236d884.jpg

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    Pour écouter et regarder cette vidéo ( cliquer sur le logo central de DEEZER, colonne de gauche, en bas) le fond musical du blog sera supprimé.... pom pom pom pom...

      

      

    Verlaine:
    Les sanglots longs des violons de l'automne
    Blessent mon coeur d'une langueur monotone.
    Tout suffocant et blême quand sonne l'heure
    Je me souviens des jours anciens et je pleure
    Et je m'en vais au vent mauvais qui m'emporte
    De çà , de là, pareil à la feuille morte .

     

     

    « Veuillez écouter tout d'abord quelques messages personnels. »

     

    Les Français parlent aux Français fut une émission quotidienne radiophonique en français sur les ondes de la BBC (Radio Londres). Elle fut diffusée du 14 juillet 1940 au 31 août 1944.

    Après la défaite française et la signature de l'armistice le général de Gaulle réfugié à Londres lance l'appel du 18 Juin pour poursuivre la bataille. Dans la foulée, une émission quotidienne, indépendante de la France libre est diffusée à partir du 14 juillet, date de la fête nationale française appelée « Ici la France » puis à partir du 6 septembre 1940 « Les Français parlent aux Français ».

    Cette émission a joué un très grand rôle pour faire connaître les nouvelles du front expurgées de la propagande nazie, transmettre des messages codés à la résistance intérieure française mais aussi soutenir le moral des Français.

    Ont participé à cette quotidienne :

    Ils seront rejoints par : Franck Bauer, Pierre Dac, Maurice Diamant-Berger et Maurice Schumann qui sera le porte-parole officiel de la France Libre.
    Le Général de Gaulle s'exprimait aussi dans l'émission en moyenne une fois par semaine.

    Messages en clair

    Dans un premier temps, les messages personnels diffusés par la BBC permirent aux soldats séparés de leur famille et de leurs proches d'échanger des nouvelles.

    Messages codés :

    Tout le monde a déjà entendu ces fameux messages codés énumérés par Franck Bauer, souvent amusants, sortant de tout contexte. Mais derrière ces phrases, se cache une signification importante, telle que :

    • transmettre un mot d'ordre, dans le cadre de la préparation d'opérations de résistance,
    • accuser réception d'envois en provenance du terrain ;
    • communiquer une information secrète sur l'action ;
    • remercier ou féliciter les agents pour leur action ;
    • permettre aux agents sur le terrain d'apporter aux personnes avec qui ils sont en contact la preuve de leur authenticité et de leur sincérité ;
    • leurrer l'ennemi : noyés sous le flot des messages, les services de renseignements allemands étaient occupés, pouvant aussi bien se concentrer sur des opérations fictives aux contours indéfinis que de passer à côté de messages importants. En effet, les Nazis ne disposaient pas d'un nombre infini de postes radios ni d'un nombre d'opérateurs suffisant.

    L'idée d'utiliser les messages personnels pour transmettre des messages codés est due à Georges Bégué, officier français du SOE (le service secret action britannique), premier agent de ce service parachuté en France en mai 1941.
    Près de 2000 agents du SOE ont été envoyés en mission sur le continent, souvent par voie aérienne mais aussi par la mer. Beaucoup furent démasqués et exécutés.

    Si les Français, et les réseaux de résistance notamment, étaient à l'écoute des messages codés, c'était aussi le cas des nazis et du régime de Vichy. L'occupant mit en place un système de brouillage, mais il ne parvint jamais à couvrir l'indicatif sonore emprunté à la 5e symphonie de Beethoven. En morse, cette mesure représente la lettre « V » pour victoire. Il n'arrivait que rarement à décrypter et à comprendre la nature des messages. Quand il y parvenait, l'opération commanditée dans ces messages avait déjà eu lieu ; il décida donc de lutter contre ces messages par un autre moyen.

     
    Opération Overlord

    Pour activer la résistance juste avant le débarquement en Normandie, plusieurs centaines de messages codés ont été diffusés par Radio-Londres :

    • le 1er juin, à titre de mise en alerte des réseaux,
    • le 5 juin, à 21 h 15, pour déclencher l'action la nuit même.

    Comme exemple célèbre souvent cité, la première strophe du poème Chanson d'automne de Verlaine a été utilisée pour le plan rail du réseau VENTRILOQUIST de Philippe de Vomécourt en Sologne (celui-ci avait pour mission de saboter les voies ferrées allant vers la Normandie, afin de les rendre inutilisable pour l’envoi de renforts allemands), sous une forme légèrement altérée[1],[2] :

    • le 1er juin « Les sanglots longs des violons d’automne… » (Verlaine écrit : « … de l'automne »), invite les saboteurs ferroviaires de se tenir prêts.
    • le 5 juin « Bercent mon cœur d'une langueur monotone. » (Verlaine écrit : « Blessent mon cœur ... »), donnait l’ordre au saboteurs d’agir la nuit même.

    Contrairement à une idée répandue, ces messages étaient bien destinés à VENTRILOQUIST uniquement, chaque réseau ayant reçu deux messages spécifiques.

    Notes et références :

    1. Source : Foot, Des Anglais dans la Résistance, Tallandier, 2008, p. 521.
    2. Selon le compte rendu allemand de l’écoute des message, visible au musée du 5 juin 1944 à Tourcoing, le texte des messages aurait été conforme au poème de Verlaine, sans altération.

     

     

    En 1940, la BBC ouvre ses ondes aux premiers résistants qui ont fui l'occupation allemande. Radio Londres est née et va devenir le rendez-vous quotidien des Français pendant quatre ans avec l'émission « Les Français parlent aux Français ».

    Rompant avec le style emphatique de la radio française, de jeunes chroniqueurs (Jacques Duchesne, Jean Oberlé, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Pierre Bourdan et Pierre Dac) insufflent un ton nouveau sur l'antenne et inventent la radio de proximité avec messages personnels, sketches, chansons, blagues et publicités détournées. S'ouvre alors une guerre redoutable contre Radio Paris ou Radio Vichy, démagogiques et ouvertement antisémites. Preuve de son succès : les Allemands tenteront de faire interdire son écoute en confisquant les postes et en punissant lourdement les auditeurs. Car Radio Londres est devenue une véritable arme de guerre. Elle est également avec l'émission « Honneur et Patrie » et Maurice Schumann[1], la voix de la France libre du général de Gaulle qui, dès le 18 juin, a appelé ses compatriotes à résister : en encourageant les Français à s'insurger contre l'occupant, il entend contrer la désinformation des radios collaborationnistes. En 1944, le triomphe des Alliés sonne la fin de l'épopée Radio Londres.

     

    sources : wikipedia - photos google

    D.R. - blog -

    http://dona-rodrigue.eklablog.com/la-france-libre-c840791#!/les-francais-parlent-aux-francais-pom-pom-pom-pom-a5579017

      

      

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